Skip to main content

Full text of "Bulletin du Musum national d'histoire naturelle"

See other formats







*s 



, .«* 



■*ft r y* 1 



■ 



^1 JL*ÉV' 



v."S». T 




'/itiliHiiitHitiii 






»*.:# *i 




.-^* 






BULLETIN 



DU 



MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE 



MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE 



BULLETIN 



DU 



MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE 



TOME ONZIÈME 



1905 




LIBRARY 
NEW YORK 
BOTANICAL 



PARIS 



IMPRIMERIE NATIONALE 



m ()<;<:<:<: v 



MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE 



BULLETIN 



DU 



MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE 



ANNEE 1905 

N° 1 







PARIS 

IMPRIMERIE NATIONALE 



MDCCCCV 



SOMMAIRE. 



Puges. 

\. les officiels. Nominations. Distinctions honorifiques. \)^rr^ i 

Correspondance. Lettre de M. le D 1 Rivet. Dons à la Ménagerie. Présenta- 
tion d'ouvrages 

E.-T. ELvar. I'i<' \ll au Muséum (i* Nivôse an \m-x janvier i8o5)... 5 

— Les Tchouang 7 

K. Oostalkt. Catalogue des Oiseaux rapportés par la Mis-ion Gbari-Lac 

Tchad ( 3 e partie ) io 

II. do lit is-o\. Sur quelques Elatérides du Muséum 16 

II. Coutibbb. Notes sur <|uel(]u<^ \lj>ln'iilœ recueillies par M. G. Seural a 

Marutea (îles Gamnier) iti 

.1. PIbbz. Hyménoptères recueillis dans le Japon central par M. Harmand 

i partie : Wellifères) •■>■'•*> 

Hyménoptères nouveaux du Mexique »Q 

Cm. Gravier. Sur le> Annélidea Polychètes de la mer Rouge (Girratuliens, 

Spiomdiens, \ i • i * • i • * 1 1 s i is 

— Sur le Ptychodera erythreea Spengel 'i'» 

M. -A. Hkrubbl. Sur un nouveau Siponcle de la collection du Muséum 

(Sipuncultu Joubini nov. sp. ) 5> 

|{. Koirur. Note préliminaire sur les Ophiures du Travailleur et du Ta- 
lisman •'•' 

A. Pbttit. Gontentif pour Poissons (Squatidés) on 

M \. Drzbwiha et M. \. Pbttit. Sur des hyperplasies tissulaires consécu- 
tives à l'ablation de la rate chei les Ichthyopsidés >; 

Ed. Bonhbt. Contribution à la flore fossile des grès éocènes de Noirmou- 

liers 5 9 

H. Hua. Surirais tcanthacées de la Haute-Guinée cultivées an Muséum.. 6o 



BULLETIN 

DU 

MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE. 



ANNEE 1905. — N° 1. 



80" RÉUNION DES NATURALISTES DU MUSÉUM. 

3l JANVIER 1Q05. 

PRÉSIDENCE DE M. EDMOND PERRIER, 

DIRECTEUR DU MUSEUM. 



CD 
CD 



M. le Président dépose sur le bureau le huitième fascicule du 
Bulletin pour Tannée io,o4, contenant les communications laites 
dans la réunion du 27 décembre 190^1 et la Talde des matières (\v. 
tome dixième. 

Par arrêté du 30 janvier 1905, M. Vaillant (Léon), Professeur 
d'Herpétologie au Muséum, est nommé Assesseur du Directeur du- 
dit établissement pour l'année hjo5. 

Dans sa séance du i3 décembre 190^, M. Joubin, Professeur de 
Malacologie, a été nommé Secrétaire de l'assemblée (U^ Professeurs 
du Muséum pour l'année 1905. 

M. le Directeur annonce à la réunion que M. Malloizel (Gode- 
froy), Sous-Bibliothécaire du Muséum, est décédé le 8 janvier 1900; 
il fait l'éloge de ce collaborateur compétent et dévoué. 

Par arrêté du 12 janvier 1905, M. de Nussac (Louis) a été 
nommé Sous-Bibliothécaire <\u Muséum en remplacemenl de M. Mal- 
loizel, décédé. 

\ll SÉUM. — XI. 1 



■) 



Par arrétd du 27 décembre 190&, onl été nommes, à dater du 
I er janvier 1 905 : 

MM. Gbbômb (Joseph), Jardinier en chef titulaire; 
Labhoy (Oscar), Chef des serres titulaire; 
Poupiou (Jules-Alphonse), Sous-Chef des serres titulaire; 

Ijayk (tîoorjjes), Chef de oarré titulaire; 
Caille (Octave), Chef de carré titulaire; 
Page (Jean), Chef de carré titulaire; 
Bbll&nger (Louis), Chef de carré titulaire; 
Houhaud (René-Marie), Ghef de carré titulaire. 

Par arrêté du 20 janvier i()o5, M. Gallaud (Ernest-Isidore) est 
nommé Stagiaire du Muséum pour la période du i' r janvier au 
r r novembre 1905. 

M. Perbieb (Edmond), Directeur du Muséum, a été récemment 

nommé Président de la section d'Histoire naturelle du Comité de 

r r 

patronnage de l'Ecole pratique des Hautes Eludes (Membres : 
MM. Van Tibghim, Guigrard, Bqnribb et Lévv 1 Michel). Il vient 
également d'être nommé Associé étranger de la Société loologique 
de Londres. 

Par arrêté du 3i décembre 1906, MM. Serre (Paul) et Bavai 
sont nommés officiers de l'Instruction publique; M"" Gaibrgel, 
MM. Wagner (E.), Yional, Miron et Gossbt (IL)- officie» d'Aca- 
démie. 

Par arrêté du 1/1 janvier njo5, M. Pbbbibb (Edmond), Direc- 
Leurdu Muséum, est nommé Chevalier du Mérite agricole. 



CORRESPONDANCE. 

Par lettres des h et g novembre L90&, M. le docteur I ï 1 \ 1 : 1 an- 
nonce Penvoi de caisses el colis contenant des collections diverses. 



— ■> 



L'Académie royale i\i^ sciences de Turin transmel une circulaire 

du I e ' janvier 1906. annonçant qu'un concours est ouvert auquel 
seront admis les savants et les inventeurs de toutes les nations, con- 
cours avant pour but de récompenser le savant ou l'inventeur, à 
quelque nation qu'il appartienne, qui, durant la période qua- 
driennale de 1903-1906 , frau jugement de l'Académie des sciences 
<lc Turin, aura fait la découverte la plus éclatante et la plus utile, 
ou qui aura produit l'ouvrage le plus célèbre en fait de sciences 
physiques et expérimentales, histoire naturelle, mathématiques 
pures et appliquées, chimie, physiologie et pathologie, sans exclure 
la géologie, l'histoire, la géographie et la statistique». Ce concours 
sera clos le 3i décembre 1906. La somme fixée pour ce prix, la 
taxe de l'imposition mobilière déduite, sera de 9,600 francs. 



Dons : 

1 Ours à collier (Ménagerie), donné par le docteur Aunac, médecin des 
colonies. 

1 Ours brun (Ménagerie), offert par M" 1 " Segond-Weber. 

2 Chèvres (Ménagerie), offertes par M. MorloI , commis à la Ménagerie. 



PRESENTATIONS DOIVUAGES : 

M. Menegaus dépose sur le bureau de l'assemblée pour être offert 
en son nom et au nom de MM. Bailière, éditeurs, les 7 derniers 
fascicules de son ouvrage sur les Mammifères. 

Le fascicule \k, Codions et Hippopotames , renferme k planches en cou- 
leurs et 5 photogravures: 

Le fascicule i5, traite don Bœufs, Buffles et Bisons en 5(5 pages, avec 
6 planches et 8 figures : 

Le fascicule 16, Moutons et Chèvres, contient 'i planches et 10 figures: 

Le fascicule 17. traite des Antilopes et des Chamois, quelques-uns de ces 
jolis animaux sont tigurés dans 8 belles planches et dans 18 photogra- 
vures; 

Le fascicule 18, Cerfs et Chevreuils, renferme h planches et 20 figures; 

Le fascicule 19, triate des Chcvrotins , des Chameau. r et des Cirafrs; 

Quant au 20 e et dernier fascicule, il est consacré uniqucmeul aux groupes 
si curieux des Marsupiaux et aux Monotrènes; il renferme 3 planches et 
l3 ligures. 

i . 



L'ouvrage esl ainsi complet en •> volumes, coraprenanl plus de 1,100 
pages de texte, 81 planches en couleurs cl environ a&o photogravures. 



Ri. Gaudrt (Alberl | s'exprime dans les termes suivants : 

J'ai l'honneur d'offrir au Muséum on mémoire qui a été composé dans 
le Laboratoire de Paléontologie el porte pour titre : Fossiles <!>• Patagonie', 
Dentition de quelques Mammifères. 

Tons les Bavants dn Muséum savent qu'on a découvert en Patagnnie 
d'admirables gisements <le Mammifères tertiaires, et (juc M. André Tour- 
nouër a fail des fouilles qui ont enrichi nos collections d'une multitude <!«■ 
fossiles absolument nouveaux pour nous. Il a déjà fail quatre voyages en 
Patagonie et il vient d'y retourner encore. 

Les fossiles rapportés par M. André Tournouër sont si nombreux el si 
volumineux, que M. le professeur Boule ne sait comment il va les intercaler 
dans la galerie de Paléontologie déjà très remplie. Ils sont d'une grande 
importance, non seulement parce qu'ils appartiennent à des genres diffé- 
rents de tous les nôtres, mais parce qu'ils représentent des états d'évolu- 
tion qui ne concordent pas avec ce que nous ;i appris l'étude de l'hémis- 
phère boréal. Ainsi ils soulèvent des questions d'un vif intérêt pour les 
naturalistes philosophes. Mais, avant de raisonner sur eux, il faut bien 
déterminer leurs caractères. Quoique. , : t l'étranger, plusieurs paléontologistes 
aient l'ait des travaux pour reconnaître les genres et les espèces des Mam- 
mifères tertiaires de la Patagonie, nous avons eu beaucoup de peine à les 
distinguer les uns des autres et à marquer leur rang soit dans les Béries 
zoologiques, soit dans la succession des âges de la Terre, .le ne suis plus 
chargé de classer les collections du Muséum; mais, comme je le dis en 
commençant ma publication, il m'est doux d'aider à mon tour dans sa 
vaste besogne mon dévoué and M. Marcellin Boule, qui longtemps m'a 
tant aidé pour l'arrangement de notre galerie de Paléontologie. Je lui ai 
donc proposé de classer avec M. \mlre Tournouër les collections que notre 
vaillant voyageur a réunies. 

Ce premier mémoire que j'ai l'honneur de présenter au Muséum e^l une 
élude sur les dentitions. Les nombreuses et consciencieuses gravures laites 
par l'habile préparateur de Paléontologie, M. Papoint, rendront, je l'es- 
père . ce travail de quelque utilité. 



Présentation par M. le D' Troubssart (E.-L.), (\u Catalogue des 
Mammifères vivants et fossiles (supplément), fascicule III. IQO&. 

Le second fascicule de ce Supplément ayant paru pendant les vacances, 



M. le professeur Oustalel a bien voulu se charger de le présenter, des la 
rentrée, à la Réunion des professeurs du Muséum. Ce fascicule de 3 56 pages 
esl entièrement rempli par l'ordre des Rongeurs. On peul juger par ce 
l'ail de l'augmentation toujours croissante des espèces nouvelles dans ce 
groupe déjà si nombreux. Celle augmentation est due en grande partie 
aux recherches d'un américain, le D r \V. L. Abbott, qui, monté sur un 
yacht qui lui appartient, parcourt depuis plusieurs années la Malaisie et la 
mer de Chine, explorant successivement les archipels si nombreux de cette 
région. Les récoltes de ce zélé voyageur ont montré que presque chacune 
de ces îles possède ses espèces particulières. 

Le troisième fascicule , que j'ai l'honneur de présenter aujourd'hui, est 
consacré au vaste groupe des Ongulés et accuse une augmentation non 
moins considérable. Parmi les espèces vivantes, la famille si remarquable 
des Girafes s'est accrue du genre Okapia voisin de VHeltadotherium, et d'une 
véritable Girafe à cinq cornes, que les naturalistes n'avaient pas encore 
distinguée des autres Girafes d'Afrique. Parmi les types fossiles nouveaux, 
beaucoup plus nombreux, il convient de signaler les genres de Probosà- 
diens éocènes, découverts par M. C. \v. Andrews dans la haute Egypte, el 
qui permettent de relier le Dinotherium, les Mastodontes et les Eléphants 
plus modernes, au Pyrotherium de Patagonie, jetant ainsi pour la première 
fois quelque lumière sur la phylogénie de ce groupe, un des plus intéres- 
sants et des plus spécialisés de la classe des Mammifères. 



COMMUNICATIONS. 



Pie VU au Muséum 
(18 nivôse ;in xm-S janvier i8o5), 

par E.-T. Hamt. 

On chercherait en vain dans les actes du Muséum la moindre trace de 
l'événement, pourtant unique dans l'histoire de cet établissement, dont la 
date du <S de ce mois marque le centenaire. Le 8 janvier i8o5, en elfet. 
le pape Pie VII, qui avait présidé le t>. décembre à Notre-Dame la céré- 
monie du sacre de l'Empereur et visitait la capitale avant de retourner 
dans >es Etats, se présentait au Muséum où il était reçu par Fourcrov el par 
ses collègues. 

El cependanl ni les procès-verbaux de l'Assemblée, ni les dossiers de 
pièces qui s\ rapportent, ni les liasses de la correspondance ne renferment 



— G — 

la moindre allusion à celte visite «In pontife romain, «il le secrétaire, si 
pressé d'ordinaire de relever l<-s noms des personnages «le marque venus 
au Muséum et qui, même en 181 4, consignera avec un visible plaisir les 
témoignages de satisfaction d'un Alexandre «le Russie ou d'un Frédéric- 
Guillaume «le Prusse, le secrétaire, dis-je, qui est pour i8o5 If professeur 
Indre Tliouin. reste muet sur la présence du Pape et ne souille mot de sa 
visite au Jardin. 

Je m'expliquerais volontiers ce silence du procès-verbal en me rappelant 
que notre Assemblée compte alors dans son sein des hommes en certain 
nombre qui ont été directement mêlés aux événements «les dernières 
années, que leur président a été un membre très actif de la Convention natio- 
nale et «pie certains professeurs se sont volontiers associes aux manifes- 
tations «les Théophilanthropes 

Quoi qu'il en soit, le Moniteur, moins discret que nos registres, a rap- 
porté ce qui s'était passé lors de celte mémorable visite, et on lira , je crois, 
avec curiosité, le r« ; cit officiel «le la réception faite au pape Pie \II par 
Fourcroy et par ses collègues. Le discours de l'ancien membre du Comité 
«lu Salut public, dont l'article du jourual officiel reproduit la traduc- 
tion presque textuelle (il a été dit en latin), est surtout particulièrement 

curieux. 

1» Le Pape, dit le M<>niicur {V . a été hier 18 visiter le Muséum d'histoire 

nal nielle. Il a d'abord été introduit dans la bibliothèque où M. le conseiller 

d'État Fourcroy, directeur «lu Jardin «les Plantes, accompagné «le MM. les 

professeurs, lui a adressé un discours latin dont voici à peu pics la sub- 

stance : "Très Saint l'ère, un des jours les plus heureux qui aient lui 

(t pour nous est celui où Votre Sainteté, après avoir versé l'onction sainte 

irsur le front de notre Auguste Monarque, après avoir visité les différens 

ir temples que celte ville renferme, en vient visiter un A'un genre différent. 

-Ce ne sont pas seulement les (lieux «pu racontent la gloire «le Dieu, c'est 

cria nature entière: mais le voyageur naturaliste rencontre séparément les 

rr divers objets (le son étude, tantôt en retirant de la terre les minéraux «pie 

rrson sein resserre, tantôt eu cueillant les plantes qui ornent sa surface, 

rr tantôt en observant les divers animaux qui habitent la terre, l'air et les 

.-eaux : ici ces objets réunis sous un même point de vue «'i disposés avec 

-méthode proclament encore plus hautement la puissance «lu Créateur. 

irQu'il est flatteur pour nous. Très Saint Père, «i<' pouvoir étaler à vos 

•veux ces iiionuim'iis de la sagesse d'un Dieu dont VOUS êtes ici-bas une 

irimage si Gdèle par votre dignité et par vos vertus! Daigne/ agréer l'cx- 
-pression «le notre reconnaissance dont le sentiment sera immuable comme 
-h nature elle-même." 

rtSa Sainteté, continu'' le Mwiiicur. a témoigné dan-, sa réponse latine 

Gaz. nat. ou le \ionit. muni-*. Jeudi ao Niv. an 1 i-i . n 110, p. Soi, 



— 7 — 

combien ces sentiments religieux lui causaient une vive satisfaction, surtout 

lorsqu'ils étaient exposes par des savants d'un mérite si distingué. 

if Le Pape a parcouru ensuite les galeries: les différents professeurs ont 
lixé chacun l'attention de S. S. sur ce qu'il y a de plus remarquable dans 
la partie dont la direction lui est confiée. Le S. P. a tout considéré avec un 
vif intérêt qu'il a souvent manifesté par des questions sur les objets qui le 
frappaient le plus, et il a témoigné sa satisfaction en donnant de nouvelles 
preuves de son affabilité et de sa bonté. Le tems et l'humidité du terrain 
ayant empêché que S. S. ait vu le jardin et les serres, elle reviendra un 
autre jour, » 

Tout content qu'il fût du discours de Fourcroy et de l'accueil des natu- 
ralistes du Muséum, Pie VII ne revint pas, ainsi qu'on l'avait espéré. Il 
partait pour Lyon le k août i8o5, chargé de présents magnifiques parmi 
lesquels avaient pris place un certain nombre d'objets précieux enlevés 
naguère à Rome ou à Lorette par les armées de la République, puis déposés 
au Muséum et que Napoléon avait voulu rendre à l'Eglise. J'ai déjà raconté 
ici même l'histoire du plus illustre de ces joyaux, Yémeraude du pape 
Jules II {1 \ fixée sur la tiare ollerte au pape par l'empereur au moment de 
son départ pour Rome. Le Muséum rendait en même temps les magni- 
fiques pièces en cristal de roche, burettes et bénitier, de la Casa Santa, 
remises au Souverain Pontife par ordre supérieur. 



Les Tchouang, 

ESQUISSE ANTHROPOLOGIQUE, 

par M. E.-T. Hamy. 

J'ai reçu, il y a quelques temps déjà, par l'entremise du Ministère des 
affaires étrangères, trois têtes d'indigènes Tchouang *tués, disait la lettre 
d'envoi, pendant la rébellion » et que M. François, consul de France, «Hait 
allé -dénicher dans la caverne du Tié-Mao-Chan (!) r>. 

Le peuple, mal connu, des Tchouang, que ces pièces, jusqu'à présent 
uniques, vont représenter dans notre collection d'anthropologie, est un de 
ceux qui se réclament, comme les Yao, les Miao-tse et les Tchouang-jen , 
de Pan-hou, serviteur de race barbare de l'Empereur Ti-Kou. 

Cet empereur, qui régnait de 2667 à 2367 avant notre ère, s'affligeant, 
rrdit Ma-touan-lin , des maux que causaient à ses sujets des barbares placés 
aux frontières occidentales de la Chine, fit publier dans tout l'Empire que, 
s'il se trouvait un homme capable de lui apporter la tête de leur chel, il 

W Cf. Bull, du Mu»., 1890,1,. Z18-01. 

W Extrait d'une lettre de M. François à M. H«>nri Cordier, de Lieou-tcheou-fon , 
27 mars 1899. [C. II. Soc. de Géogr., 1899, p. 270-271.) 



— 8 — 

lui donnerait sa lille cadette en mariage pour le récompenser dignement. 

Or, Ti-kou complaît parmi ses serviteurs un barbare nommé Pan-hon qui 
apporta la tèle mise à prix et devint l'époux de la jeune princesse. . . Il 
l'emporta sur ses épaules, continue Ma-touan-lin. dans les montagnes de 
la préfecture actuelle de Tchao-lcheou du llounan et fut l'ancêtre de la race 
Pan-hou (, T), à laquelle appartiennent notamment les Tchouang (pii font 
l'objet de cette comte note. 

\ prendre cette légende au pied de la lettre, les Tchouang seraient 
donc un peuple mixte, tenant à la fois des Chinois et des barbares, c'est- 
à-dire des montagnards indigènes du Hou-nan . du kouang-si, etc. Mai- 
leur ethnographie se complique d'autres éléments encore, indiqués en pas- 
sant par Chouzy , l'un des rares Européens qui les ail visités. Pour ce mis- 
sionnaire, en effet, qui traversait leurs territoires, il y a une vingtaine 
d'années, les Tchouang-Kou (c'est ainsi qu'il les nomme) ont bien le cos- 
tume, la religion, et presque entièrement les mœurs des Chinois propre- 
ment dits, mais en se rattachant, au moins par la langue, «h la race sia- 
moise-. Et il ajoute qu'aujourd'hui, surtout dans le centre du Kouang-si, 
ils sont bien loin d'avoir rreonservé leur homogénéité - , et que f beaucoup 
de familles qui tirent leur origine du Kouang-ton ou du Hou-nan se sont 
laissé absorber par l'élément prédominant de la population avec lequel 
elles se sont confondues, toul en conservant leurs traditions particulières . 

L'examen des trois crânes de Tchouang de la collection François ncus 
met. en effet, en présence de types fort différents, et si le Chinois ne 
marque guère son empreinte dans celte courte série, le type siamois d'une 
part, et de l'autre celui (pie j'ai essayé de distinguer sous le nom ^indoné- 
sien, y sont très nettement juxtaposés. 

Le premier de ces trois crânes est d'apparence bien trop ancienne 
pour provenir d'une victime des derniers troubles. Profondément décom- 
posé . il remonte à coup sûr à une date relativement éloignée. 

C'est un crâne d'homme fort incomplet, ayant dépassé l'âge d'adulte, et 
qui se lait remarquer au premier abord par une dolichocéphalie inconnue 
jusqu'ici dans ces parages. Son diamètre antéro-postérieur atteint o m. 180, 
et le transverse ne dépassant pas m. 1 3 3 . l'indice est de 73.88. On sait que 
les Chinois du Sud ont, en moyenne, un indice céphalique de plus de 77. 
et que, pour trouver des dolichocéphales vrais dans cette partie de l'Asie, il 

faut aller chez les Khâs du haut Laos, qui , seuls jusqu'à présent, offrent 
des indices voisins de 70. Les dimensions en hauteur, que la mutilation de 

(n Ma-todàh-lu, Ethnographie de» peuplée étranger» à /« Chine, Irad. d'Hervey 
de Saint-Denys, t. Il , p. 1. 

W Cnouzr, Quatre cent» lieue» à traven /<■ Kouang-teheau et If Kouang-ti. (Le* 
Mùriont Catholique», l. Wll, p. 33, 16 janvier 1 885.) 



— 9 — 

l,i hase nous empêche de préciser, (levaient être relativement considérables; 
le bregma, en effet, quelque peu surélevé en avant, dessine une sorte 
d'ogive. Les arcs soureiliers sont vigoureusement accentués, les bosses 
frontales et pariétales sont, par contre, assez peu visibles: la saillie occi- 
pitale, bien que fort adoucie, est néanmoins bien apparente. Les sutures, 
simples, ont été déjà oblitérées en avant, bien qu'elles demeurent toutes 
ouvertes en arrière. Ce qui reste de la face nous montre une certaine étroi- 
lesse de la région frontale (d. front, max., 0,102), des orbites plutôt 
carrés, des pommettes médiocres, enfin un nez à la voûte étroite et aplatie. 
Les crânes n os 2 et 3 de la collection François sont d'aspect moderne , et 
tout autorise à leur attribuer l'origine que leur assigne le savant explorateur. 

Le n° 9 a toute la morphologie du o° 1 . C'est un petit crâne de femme 
(cire, horiz., 488 millimètres; cap. cran., '180 cent, cubes); son indice 
céphalique en V descend à 78.8 (d. a.-p., 178 millimètres; d. tr.-max.. 
1 2<) millimètres), et il est exactement aussi haut que large. L'indice facial 
se chiffre par 06. 3 (d. bizygom., 122 millimètres: haut, lace, 81 milli- 
mètres) : l'indice orbilaire est de 83.3 (larg. , 36 millimètres ; haut. , 3o mil- 
limètres) et l'indice nasal atteint 56.5 (nez, larg., 26 millimètres; haut., 
'16 millimètres). Ces mêmes rapports se chiffrent, chez les Khâs, par 67.3, 
96.5 et 54.0. Broca s'était déjà montré frappé de trouver un chiffre sem- 
blable chez les peuples indo-chinois considérés en général, et il attribuait 
celle platyrhinie, provisoirement, à l'influence de quelque croisement 
ûégrito (,) . Nous savons aujourd'hui que c'est à la race primitive des Sau- 
vages bruns des montagnes ( K hâs , Penongs , Mois ) qui traversent et bordent 
la péninsule, que ce caractère particulier appartient en propre. 

Le crâne n° 3 de la collection François, moderne comme le précédenl, 
en diffère par presque tous ses caractères. Moins allongé (d. a.-p., 172 mil- 
limètres) et plus dilaté (d. tr.-max.. i4i millimètres), il donne l'indice 
céphalique 81.97. et comme il est d'ailleurs à peu près aussi haut que 
large (d. bas.-bregm., 1 Ao millimètres), l'indice vertical est tout voisin 
de 1 00. Les mesures de largeur sont beaucoup plus grandes que sur le 
crâne n° 1, et le raccourcissement est manifestement en rapport avec la 
descente brusque et comme à pic de la courbe de profil, qui commence au 
milieu des pariétaux. C'est là un trait qui se rencontre fréquemment chez 
les Thaïs (Siamois et Laotiens) et que j'ai maintes fois observé sur le vivant 
et sur le squelette. 

La face de ce troisième sujet est à la fois plus haute et surtout plus large 
que celle du n° 2; l'indice facial monte à 70.8. L'orbite se développe dans 
le même sens (larg., 36 millim. 5; haut.. 34 millimètres) et son indice 

(1 ) P. Rroc\, Recherche» sur l'indice, natal (lier. d'Anthrop., t. I, p. a3, 187;'.). 



— 10 — 

atteint 98.1. Le nez, un peu moins large, est beaucoup plus haut (larg.. 
■>.r> millimètres; haut., ».'> millimètres) et l'indice nasal. 47. 1, est à la 

limite supérieure de la leplorhinie. 

Si courte qu'elle soit, la petite série des crânes Tchouang recueillie, non 
sans quelque péril, par M. le consul François, confirme donc les témoi- 
gnages des voyageurs sur l'état mixte de cette population montagnarde, 
et quelques-uns des (rails morphologiques qu'on y relève viennent à 
l'appui des données recueillies dans son précieux ouvrage sur la frontière 
sinoannamile par le regretté Devéria ' . 



Catalogue des Oiseaux i\appotités pab la mission Chari-lac Tchad, 

PAR M. OuSTALKT. 

(TnoiSlKMK I'AHTIK.) 

() ( .). PaiONOPS P0LI0CBPHALU8 Stanl. 

lîeiclienow , Die Vôgél Afrikas, t. II, part. 2, p. 5.°>i , n° 11 10. 

Deux individus dont une femelle tuée à Beso, en septembre 190a. Cet 
Oiseau avait les pâlies d'un jaune orangé, les yeux gris cerclés de jaune 
d'or. 11 ne diffère pas d'un spécimen de la collection du Muséum prove- 
nant de la région du Nil Blanc et envoyé, il y a une cinquantaine d'années. 
par M. d'Arnaud. 

Le Prionops à tête grise, que l'on croyait cantonné dans l'Afrique orien- 
tale, s'étend donc jusque dans le centre et même un peu dans l'Ouest du 
continent. 

70. Nicator ciu.oris Less. 

Reichenow, op. cit., t. II. part. •>. p. 554, n" 1 134. 

Une, femelle tuée à linpf'ondo en août 190a. Yeux el pattes noirs. 

71. LaNIARM S ERVTIIROCASTR! Kretzsclllll. 

Reichenow, op. cit., t. Il, pari, a, p. 58G, n" 117-7. 

Deux mâles tués à Fort-Archamliaull en janvier el février 1 903. Le pre- 
mier avait les yeux jaunes, le second les yeux gris, les pattes étaient noires 
chez tous deux. 

72. Drvoscopos gahbbnsis Lient. 

Reichenow, op. rit., t. II, part, a, p. -"'mB, n" 1 179. 
Un spécimen de Fort-Archarabault, janvier 1903. 

e> <i. Dkvi.iih, La frontière nino-anttamite , Paris, 1880, in-8", p. 9a, 9/1, etc., 
avec a portraili cliinoîs. 



— Il — 

73. Lanii s in u br a lis Smith. 

Reichenow, op. <it. , t. II. part. 2 ; p. (ho, n° i 192 h. 

Une femelle de Krébédjé, décembre 1902. ^eux d'un {fris bleu, plies 
noires. 

Chez cet individu, la queue est moins fortement marquée de Manc à 
l'extrémité que chez un Lanius humeralis mâle pris à Porto-Nuovo 
(Dahomey) par M. Miegemarque et envoyé au Muséum en 1895. 

~h. Lanius bxcobitorids Prév. et Des Murs. 

Reichenow, <>p. cit., t. II, pari. 2, p. 61 5, n° 1200. 

In spécimen pris à Djimtilo, le 18 aoûl 1903. 

Le Lanius excubitorius n'est sip;nalé par M. Reichenow que dans l'Afrique 

orientait'. 

75. Dicri r.us afer A. Lichl. 

Ueichenow, op. cit., t. II. part. 2. p. 646, n° 123s. 

Quatre spécimens, savoir : un mâle et une femelle tués à Reso 1 nu 
Bessou), eu septembre 1902; une femelle tuée à Fort-Archambault, en 
fé\ rier 1 903 , et un mâle tué à Krébédjé. Les pattes étaient noires chez Ions 
ces individus, mais la coloration de l'iris variait d'un sujet à l'autre : les 
\eux, en effet, étaient noirs chez la femelle de Beso, roses chez le mâle de 
la même localité, rouge-orange chez la femelle de Fort-Archambault et 
chez le mâle de Krébédjé. M. Reichenow indique, de son coté, l'iris comme 
(•tant rouge chez le Dicrurus afer. 

In individu de cette espèce avait été obtenu, en 1891, à liangui 
(Congo), par M. J. Dybowski. 

76. Oriolos ai ratis V. 

Reichenow, op. cit., t. II, part. 2. p. 655, n° i9.3q. 

Deux femelles de Krébédjé, décembre 1902. Veux roses, pâlies noires. 

77. Sl'REO pdlcher P. L. S. Midi. 

R. B. Sharpe, Cat. Birds llrit. Muséum, t. XIII, p. 191; Reichenow, 
op. cit., t. II, part. 2, p. 675, n° 12 13. 

I n spécimen de Djimtilo, 18 septembre 1903. 

78. LaMPROCOI.I1 S SPI.KNDIDl s Rou. et V. 

R. B. Sharpe. Cat. Birds Brit. Muséum, t. XIII, p. 1 72 , et pi. "S" T I . lig. '1 : 
Reichenow, op. cit, t. II, part. 2. p. 793, n" 1269. 

Trois individus dont deux portent, comme indications : Kouka. 16 sep- 
lembre 1 qo3, el le troisième Sao, i3 septemhre 190)). 



— 12 — 

7'.». LiMPBOTOBNIS i wlmti» St. Miïll. 

Reichenow, "/>. cit., I. II, part, a, p. 708, n" 1991. 

Trois spécimens de kousri. 

80. Plocepassbb sopbbciliosus Cretzschm. 

Reichenow, op. cit., t. III, part. 1. p. 1 '1 . n" i3o8. 
I n spécimen deFmda, décembre 1903. 

si. Spobopipes fbontams Daud. 

Reichenow, op. cit., t. III. part. 1. p. 17. n" toi 1. 

Deux exemplaires, sans indication précise de localité, sont semblables 
.111 type du Séaégali à fronl pointillé de Vieillot, type oui, après avoir fait 
partie de la collection du comte de Riocour, se trouve actuellement dans la 
collection donnée par M. Boucard au Muséum d'histoire naturelle. 

81. PlOCEDS (HvPUAvri lt<;us) OCDLABIDS var. BBACHYPTBBUS Sw. 

Reichenow, op. cit., t. III. paît. 1, p. '17. n" ^'^ , ^- h. 
Un spécimen. 

82. Ploceus (Hyimiantorms) collaris V. 

Beichenow, op. cit., t. III. part. 1. p. 61. n" i.3Co. 

Un exemplaire (mâle adulte), tué par M. le D r Decorse à Brazzaville, 
au mois d'août de l'année 1903. est semblable à un autre Oiseau du même 
sexe, obtenu précisément dans la même localité, en 1891. par M. J. Dy- 
bowski. Le Tisserin tué par M. Decorse avait les yeux rouges et les pattes 
couleur de chair. Ce sont aussi les couleurs indiquées par M. Reichenow. 

S.'}. Ploceus (Sitagba ) monàchcs Sharpe. 

Beichenow, op. cit.. t. III, part. 1. p. 75, n° 1 377. 
Un mâle et deux femelles de Kousri. (1 août 1 <)o.">. 

84. PLOCEUS ^SlTAGlu) HeIGLIM BcllW. 

Reichenow, op. cit., t. III. part. 1. p. 8/1. n" i386. 

I n mâle de Kousri, 6 août 190;!. 

Cette espèce, découverte dans l'Afrique orientale, avail déjà < ; ti : signalée 

dans la Haute-Ouinée. 

85. Pi.ocei s (Ploceus) supebciliosi s Shell. 

Reichenow, op. cit., I. III, part. 1. p. 9(i. n" i!h|S. 

Cinq femelles de Fort- Archambault, février 190:!. 



_ 13 — 
86. Plocbds (Xanthopiiilus) aureoflavus A. Sm. 

Reichenow, op. cit., t. 111, paît, i, p. 91. n" i3gi. 

Un spécimen tué par M. Decorse à Bangui, en aoûl 190a, ne diffère 
pas d'un exemplaire tué par M. J. Dybowski, dans la même localité, 
en 1891. 

87. QlELEA S\M;l IMROSTRIS L. 

Reichenow. op. rit., t. III. part. 1, p. 108. if A09. 
Trois individus, dont deux sont évidemment des mâles et le troisième 
une femelle, ont été tués par M. Decorse. à Djimtilo, en septembre iqo3. 

88. PïROMEI.ANA FLAHHICEPS S\V. 

Reichenow, op. cit., t. III. part. 1, p. 118, n° i4ai. 

Un mâle, de Fort-Possel, 3 septembre 1902, avait les yeux noirs à 
reflets rouges et les pattes d'un rouge brunâtre clair, tirant au rouge chair. 
Il ressemble absolument à un spécimen pris à Conakrv. par M. le D' Ma- 
claud. Les indications fournies par M. le D' Decorse. relativement à la colo- 
ration de l'iris et des pattes, concordent parfaitement avec celle que nous 
donne M. Reichenow. 

89. PvROMELAXA FRANCISCANA Isert. 

Reichenow, op. cit., t. III, part. 1. p. 122. n° i^25. 
Trois spécimens de Kousri, août 1903. sont, les uns en plumage de 
noces complet, le troisième en plumage de transition. 

1)0. C0LIUSPAS8ER macrurus Gin. 

CoKuspasser macrura Reichenow. op. cit., t. III, part. 1. p. 1Ô8. 
n° 1A37. 

Un spécimen de Krébédjé, novembre 1902. ne diffère pas d'un spécimen 
obtenu antérieurement à Conakry par M. le D' Maclaud. Il avait l'iris et 
les (jattes noirs. 

'.)l. Am\[>ina fascîata Gm. 

Reichenow, op. cit., t. III, part. 1. p. i46, n" i'i65. 
Lu exemplaire semblable à un spécimen faisant partie de la collection 
Houcard et provenant du pays des Bogos. 

92. Aidemosvne cantans Gm. 

Px'iclienow. op. cit., t. III. pari. 1. p. i56, n° 16.V1. 
Un spécimen. 



— I/l — 

93. Hvpargos Miintkiiu llarll. 

Reichenow, op. cit., I. III. pari. i. p. i58, m" l'i.'iy. 

Un spécimen semblable à un exemplaire venant du Congo. 

94. ESTBILDA i IM RI \ V. 

Reichenow . op. cit. ,t. III . part i, p. 1 8a . n" i ioo. 

Deux individus tués à Kousri, le (i août 190!?. 

!•."). LAGONOSTICTA NI6RICOLLI8 Ileugl. 

Lagonosticta nigricollis R. B. Sliarpe. Cat. liirds llrit. Muséum, t. Mil. 
j). 2 80; Estrilda nigricollis Reichenow, op. cit., t. III. part. 1, p. 191, 
n° i5o6. 

Un mâle adulte et un jeune mâle (?) sans indication précise de loca- 
lité et une femelle (?) tuée sur les bords de la lisière Gribingui. en dé- 
cembre i(|o3. Le mâle adulte répond bien à une description donnée par 
Hcuglin et par Reichenow; l'individu, que je considère comme un jeune 
mâle ou comme un mâle au plumage d'hiver, n'a point de rabat noir, mais 
seulement une tache noirâtre sous le menton: enfin la femelle (?) ne pré- 
sente pas exactement les couleurs indiquées par Reichenow d'après Uexander 
t Bull. Br.ornith., Club., 1891. I.MI. p. 12, et Ibis, 1902, p. 3oi); elle a 
la poitrine et les lianes d'un roux isabelle, un peu plus foncé que le milieu 
du ventre et n'offre point de points blancs sur les côtés de la poitrine: les 
parties supérieures du corps sont brunes et la queue est fortement teintée 
de rouge comme chez le mâle adulte. 

Par son système de coloration, cette espèce me parait renlrer plutôt dans 
le genre Lagonosticta, où Ileuglin el Sharpe l'avaient placée, que dans le 
genre Estrilda. 

96. Lagonosticta rara Autiu. 

Reichenow, op. cit., t. III, part. 1, p. :>.oi, n l5aa. 
Un spécimen. 

\)1. Ur£GIRTHUS BENGAL08 L. 

Reichenow, op. cit., I. 111, part. 1 , p. 207, n° 10 «9. 
Deux mâles et quatre femelles. 

98. Ihl'OCIIKRA 1LTKAVARINA Gm. 

Reichenow, «p. cit., t. III, part. 1 . p. ai3j n" i53&. 

lu spécimen adulte de Djimtilo, 18 septembre iqo3; un autre sans 
indication de localité. Ces deux Oiseaux par leur costume noir à reflets bleus 
el non pas verts appartiennent bien à l'espèce //. tUtnmimrina de l'Afrioue 
orientale el non s l'espèce //. chalybeatn du Sénégal. 



— 15 — 

\) { X VlDUA B8RBNA L 

Reichenow . op. cit., t. III, pari. 1 , |>. i>iy, n° 1 53g. 
I ii mâle prisa lîangui en août 1903. Yeux et pattes noirs. 

100. Steganura paradisea L. 

Reicbenow, op. cil., t. III, pari. 1. p. -3-Jto, n" i542. 
Un individu adulte de Krébédjé, novembre 1902. 

101. Passer griseus V. 

Reicbenow, op. cit., t. III, part. 1 , p. a3o, n" 10/10. 
Un spécimen semblable a un exemplaire oblenu par M. J. Dybowski, à 
Brazzaville, en 1891. 

102. Serimjs Hartlaii.i Bolle. 

Reichenow, op. cit., t. III. part. 1 , p. -jyj, n° i5(J9- 
Un spécimen. 

103. Fringillaria stiuolata Lichl. 

Reicbenow, op. cit., t. III, pari. 1 , p. 292, n° îGaS. 
Un exemplaire de Fort-Arcbambaull. 

L'espèce était considérée jusqu'ici comme étant propre au Nord-Est de 
l'Afrique et à l'Ouest de l'Asie. 

104. Tirtlr Shellevi Salvad. 

Reichenow, op. cit., t. I, part. 2, p. du, n° 338. 

Un mâle de Kousri, août igo3. Yeux roux, pattes claires. 

105. OEna capensis L. 

Reicbenow, op. cit., t. I, pari. 2, p. 4 29, n° 355. 
! n spécimen. 

106. Francolincs Ai.tlmi Fisch. et Reicben. 

Frmeelmm Hildebrandti Reicbenow, op. cit., t. H, part, y, p. '177, 
n° 3g5 (part.). 

Une femelle tuée à Beso, en septembre 1 909. Veux d'un brun roux pâle: 
pattes d'un jaune vif. 

Cet Oiseau ressemble tout à fait, sauf pour les dimensions et pour la 
teinte générale des parties inférieures du corps, qui sont ici plus fortement 
lavées de roux, au Francolin qui a été décrit et figuré par M VI. Fischer 
et lit'icbenow sous le nom de Fnmcolinus Altumi cl que, par la suite. 
M. lîeiclienow a cru identifier au F. Htldebrandtî Cabanis. Kvidenimenl 



— 16 — 

M. l'.eichcnow doit, mieux que personne, être Gxésur la valeur de l'espèce 
qu'il ;i fait connaître, conjointement avec M. Fischer: néanmoins il me reste 
encore des doutes sur l'identité des deux espèces, doutes que vient aug- 
menter l'examen du Bpéciroen tué par M. le D r Decorse. En effet, le Fran- 
colinus Hildebrandtx figuré par Cabanis (Jowrn.f. Ornith., 1878, p. 206 et 
•>'i.'! et |il. IV) et que M. Keichenovt considère maintenant comme la 
femelle du F. Altumi Fisch. Reichen. [Joum. f. Ornith., 188/j, p. 170, et 
pi. II) a un éperon à une patte et diffère complètement par son plumage 
du F. Altumi, tandis (pie le spécimen qui a « : l* : olttenu par M. le D* Decorse 
et qui est indiqué positivement comme une femelle n'a pas d'éperon et offre 
sur les parties inférieures du corps la teinte rousse que l'on observe géné- 
ralement chez les femelles de Francolin, tout en ressemblant au mâle par 
lr dessin de sa livrée. Il me semble donc plus naturel de supposer que ce 
dernier Oiseau est bien la femelle du FrancoUnus Ulumi, qui alors consti- 
tuerait une espèce distincte, tandis (pie la F. Hildcbrandti serait le mâle 
non adulte d'une autre espèce. 

Les dimensions de la femelle tuée par M. Decorse sont les suivantes : 
longueur totale. m. 3oo; longueur de l'aile, o m. 170; longueur de la 
queue, o m. 080; longueur du tarse, o m. o5o. 

107. P1.UVIAM S EGYPTII s L 

lieichenow, op. cit., t. I, part. 1. p. i5o, tt" 1 3 1. 
I n spécimen. 

Le Pluvian d'Egypte avait déjà été rencontré à Bangui par M. .1. D\- 
bowski en 1 8g 1 . 



Sua ni BLQl ES ÊlATÉRIDBS DO MlJsÉl 1/ . 
l'Ait M. II. DU BuYSSON. 

\\anl reçu en communication quelques Élatérides restés indéterminés 
dans les collections du Muséum d'histoire naturelle de Paris, je suis heureux 
de t\nu\\cv a ce sujet quelques remarques qui serviront à l'histoire de celle 
famille de Coléoptères. 



1 . Agriotes rubidicinctus 



nov. 



Oblong, curvilinéairement rétréci eu arrière a partir du milieu des éiy- 
Ires, ce qui lui donne une forme acuminée assez notable. D'un brun de 
poix, peu luisant, bordé plus ou moins largement, selon les individus. 



— 17 — 

de ferrugineux rougeàtre sur tous les segments <lti dessous cl du dessus 
du corps; In tète parfois à peine marquée de ferrugineux sur les côtés du 
front: angles postérieurs du pronotum, cotés des élytres et des segments 
abdominaux plus largement teintés que la suture et la base des élytres. 
Ecusson, pattes et antennes en entier ferrugineux. — Tête assez convexe, 
densément et fortement ponctuée sur toute sa surface. (A un fort grossisse- 
ment de loupe, les points sont ombiliqués. ) Antennes n'atteignani pas le 
sommet des angles postérieurs du pronotum, avec les 2 e et 3" articles 
obeoniques. plus étroits que les suivants: le -? c plus long que le 3 e . Prono- 
tum plus long que large, un peu plus épais et un peu plus convexe sur- 
tout en avant, parallèle sur les côtés, brièvement rétréci au sommet, 
marqué près de la base d'un sillon médian court et obsolète; sillons basi- 
laires latéraux très courts; couvert d'une ponctuation dense et forte sur 
toute sa surface (1) ; angles postérieurs très développés, larges à la base, 
longs, aigus, légèrement divergents, fortement carénés. Elytres à peine 
plus larges que le pronotum, leur profil suturai déprime' 1 sur la première 
moitié de leur longueur tout au plus, légèrement élargi jusque vers le 
milieu, ensuite curvilinéairemenl atténués jusqu'au sommet; stries très for- 
tement creusées et ponctuées; intervalles légèrement convexes, couverts 
d'un pointillé ruguleux, formant des rides fines, transversales, uniformes, 
sur presque toute la longueur de l'élytre. Hanches postérieures assez for- 
tement rétrécies en dehors. Longueur : 7,f>-8: largeur : a, 1-2, 5 mill. 

Son mode de coloration rappelle un peu celui de A. marginipennis Luc. 
et surtout celui de A. neglcctus Schw. , mais le ton est plus rouge. Très 
distinct par ses stries plus considérablement creusées et plus fortement 
accusées, par son pronotum plus long, à angles postérieurs plus allongés, 
plus aigus et plus divergents; par la forme bien plus courte des élytres, 
qui sont arqués sur les côtés, par la convexité antérieure plus forte de son 
pronotum et la base de celui-ci brièvement et obsolètement sillonné. — 
Mandchourie: région du lac Ha.nk.a(Bohnhof,-iqoo): collections du Muséum 
de Paris. 

H. Calambus bipuslulalus L. v. epipleuralis var. nov. 

Comme le type, mais avec la tache rouge bien autrement développée, 
envahissant en dessous du calus humerai depuis la base et colorant le der- 
nier intervalle jusqu'à hauteur de la partie postérieure atténuée de l'épi- 
pleure, celle-ci également rouge sur toute sa longueur, ce qui produit un 
effet digne de remarque. — Monts Altaï, don du Musée de Saint-Péters- 
bourg en 1867: collections du Muséum de Paris. 

(u Vuo ;ï un fort grossissement do loupe , elle est ombitiquée sur les côtés et en 
avant. 

MlSKI m. — 11. -J 



_ 1S — 

3. Drasterius bimaculalus Rossi. 

Les exemplaires de cette espèce de provenance égyptienne se font re- 
marquer surioul par leur Forme plus courte el pins obtose que ceux d'Eu- 
ropeou d'Algérie, el aussi par une ponctuation prothoracique plus grosse. 
plus régulière et plus espacée. 

(le sont ceux que M. Desbrochers avail désignés en collection sous le nom 
mgyptiacus Bans s'occuper «I» 1 la coloration, toujours très variable. Cepen- 
danl la plupart des exemplaires répandus dans les collections ont le prono- 
tum largement marginé de rouge ou même parfois entièrement ou presque 
entièrement rouge. 

On pourrait croire qu'il s'agit ici du D.Jiguratus Germ.décril d'Egypte; 
mais celui-ci esl bien différenl par sa pubescence plus fine et plus dons<\ 
et par la ponctuation prothoracique nettement inégale, presque double, 
plus dense et bien moins grosse. Au D. figurai»* Germ. nous avons rap- 
porté des Draslerius pris en nombre par M. le D' Normand en Tunisie, 
à Kébilli, et comme variété on doit lui rapporter le D. biskrensis Desbr., 
qui se rencontre aussi ;i kébilli. 

Observations. — Nous a\ mis eu tort, pensons-nous, de regarder le I). 
"•gi/ptificus Desbr. ^ Revue d'Entomol. ; — Elm. gallo-rhénans . p. 260 ) comme 
synonyme de D. immacuiatus Paulino, qui se rapporte seulement à la colo- 
ration entièrement sombre du D. bimaculalus, tel que nous l'avons en 
France on en Europe. — Je conserve le nom de Desbrochera pour désigner 
h forme trapue el à grosse ponctuation prothoracique qui parait propre à 
l'Egypte, selon les nombreux exemplaires recollés jadis par Letourneux. 



Note sur qi elqi es Alphbid/E recueillis* par 1/. G. Sbi rât i l/i/?' teâ 

( Îles G 1 1/ 1:11:1;). 

PAK M. II. Coi TIKRK. 

<ii;\;::. ArctC StIMPSOS. 

Arête Maruteensis uov. sp. 

A. nousAi.is i'\(nir.is. Bull. Mus., Paris, n" 2, p. 58, IQOÛ. 

A. Maruteensis OOV. sp.. Fauna miil QvOgr. <>/' tltr MnMirr and l.nr- 
■ <■ irchip. (Alpheidte) , p. 864, 1905. 

En étudianl les Upheidm recueillies aux Maldivesel Laquedives par l'ex- 
pédition .1 .-St. Gardiner, j'ai du revoir la systématique du genre Arête, ré- 
duit depuis Stimpson à l'unique espèce I. dorsalis, el qui en comprend 
aujourd'hui quatre au moins . 



— 19 — 
On peut exprimer leurs caractéristiques dans le. tableau suivant 



trè^ développées ; pas d'épipodil i sur Les pattei thora- 
ciques, daclvlopodites simples 1. -1. Borradailei H. G. 

égal au pédoncule antenaulaire . 3 l'ois 
aussi long que large ; article aulennu- 
iaire média» très court, carpocérile 
plus court et plus faible que le pédonculi 
antenaulaire ; méropodites 3. 'i . épineux ; 
rame externe de t'uropode à bord courbe 
vers le dehors 2. I. Indiens II. (',. 



Épines supra- 
eornéennes . 



art 

et d'aulre 
du rostre 



nulles 

ou a peu près 

nulles . 

rostre 



, / as-i'/. long! 
égal a lia du pe- ,. 

nii'ropodi 
d meule anten- 

nulaire, i fois 
i a aussi long 
que large; ar- 
ticles aiilennu- 

laires . égaux . , 

< courts et Irai 
carpucerite plu 

long que le pé- 
doncule anten- 
uulaire ; rame 
externe de l'uro- 
podeà bord droit, 
péréiopodes 3, 5 



asseï longs et grêles , 
podite 3 un peu 
épineux à l'apex (lis- 
tai inférieur, i.6 lois 
plus long que large . 
rostre isocèle 3. .1. dorsalis Stimpsou. 



)us . me- 
ropodite 3 avec uni; 
trace d'épine à l'a- 
pex ilistal inférieur, 
3.-Ô fois plus long 
que large , ro.itre èi 
câtée convexes . deve- 
nant parellèles 



U. A. Miinileensis H. C. 



Cette dernière espèce est celle sur laquelle j'ai publié ( Bull. Mus. , 
Paris, loc. cit.) les notes que m'avait adressées M. Seurat, au sujet de 
son commensalisme avec YHeterocenlratus mamillatus Klein; je l'avais d'abord 
identifié avec ¥ Arête dorsalis pacifiais = Arelc dorsalis Stimpsou, mais je 
crois maintenant que Y Arête indiens , Y Arête dorsalis, enfin ï Arête Maru- 
leensis sont parfaitement distinctes comme espèces, ce que la grande rareté 
des spécimens connus ne m'avait pas permis d'établir antérieurement. 

Il est infiniment probable que celte extension du genre Arête n'est pas 

close: le spécimen jeune provenant d'Amboine et décrit par de Man (Arck. 

f. Vatûrg., I, p. 53-2, 1887) so,,s ^ nom d? Arête dorsalis Stimpsou est 

peut-être le type d'une nouvelle espèce encore, ses caractères différant par 

plusieurs points de la diagnose de Stimpson. 

L Arête Maruteensis ressemble beaucoup à Y Arête dorsalis par la forme 
trapue des appendices céphaliques. f>e rostre court et épais, une fois et 
demie aussi long que large, en diffère toutefois par ses bords nettement 
convexes eu dehors, parallèles dans leur moitié proximale, bordés d'un 
sillon large et très faible sur la face dorsale. Les épines supracornéennes, 
qui ont totalement disparu cbez Y A. dorsalis, sont ici encore nettement 
indiquées (iîg. 1 ). 



— -20 — 

L'article antennnlaire médian ».'si un peu plus long que L'article distal , 
ou lui est an moins égal; ce détail, la forme du scaphocérite à épine laté- 
rale forte el large, celle du carpocérite très volumineux, plus long que le 
pédoncule antennulaire, sont autanl de caractères (pii distinguent II. Ma- 
ruteensis , aussi bien que II. dorsalis, de IM. Indiens II. ('.. 

Stimpson décrit les pinces de la première paire, chez VA. dorsalis, 
comme à peu près égales, et les doigts comme inermes. J'ai constaté ce 
dernier caractère sur un spécimen 9 de Nouvelle-Calédonie, doni une seule 
pince est présente ; sur cel appendice, lerapportest i.i5 entre la longueur 
de la paume el celle des doigts. Peut-être le type de Stimpson est-il une 9. 

Le seul spécimen 3* sur lequel j'ai pu étudier les pattes de la i™ paire 
prmieni de l'atoll de (loidu (Coll. J.-St. Gardiner). Encore un seul de ces 
appendices est-il présent (le plus petit?). Le nord tranchant du doigl fixe, 
crénelé , présente vers son tiers distal une échancrure régulièrement semi- 
circulaire, puis une seconde, moins profonde et plus irrégulière, dans 
laquelle passe la pointe courbée du iloigl mobile. 

Sur les trois exemplaires de V Arête Maruteénsis (a d*. i 9 ovée), 1rs 
pattes de la première paire étaient détachées, sauf la plus grande chez la 9. 
Grâce a cette dernière circonstance, en lenanl compte aussi delà provenance 
droite ou gauche des pinces détachées et de la grandeur des surfaces 
d'autotomie, je pense avoir pu faire de façon exacte la redistribution de ces 
membres et établir leurs différences sexuelle-. 

Chez le d\ les deux pinces de la première paire sont sensiblement symé- 
triques comme forme et dimensions. L'axe de la paume fait un angle assez 
prononcé avec celui des doigts. Mesurés suivant ces axes respectifs, les 
doigts et la portion palmaire sont égaux; la plus grandi; hauteur de la 
paume égale aussi sa longueur, son bord supéro-externe est marqué d'un 
profond sillon Iransverse. près de l'articulation du carpe (lig. 2). 

Le doigt mobile es! fortement courbé, surtout à sa pointe. Le doigt lixe 
présente, sur la moitié prôximale de sa longueur, un lobe rectangulaire 
dont le bord supérieur est crénelé, contigu au doigt mobile: un large hia- 
tus lui fait suite, irrégulièrement semi-circulaire, puis une seconde el 
plus faible dépression laissant passer la pointe du doigt mobile. C'est à 
peu pies l'armature que présentent les doigts chez I irete dorsalis c?,où le 
lobe rectangulaire est plus long que haut et l'hiatus plus réduit. De plus, 
chez I I. Maruteénsis, on remarque une crête de renforcement large el ob- 
tuse, longitudinale et médiane, sur la face palmaire inféro-externe (fig. a . 

Le carpe est court, sa hauteur dépasse sa longueur (rapport 1.39 envi- 
ion : sa face Bupéro-interne, qui offre uur linea impressa ovale, est 
limitée par un bord en forme d'S dont les deux moitiés sont très inégales. 

Le méropodite est un peu plus long que haut 1 rapport 1 ..'!."> i, rectangu- 
laire but sa face interne; l'ischiopodite est près de ■• fois aussi haut que 
long, il présente deux lobes saillants épineux (fig. 3). 



— 21 — 

Chez la 9 (iig. h), les deux pinces sont asymétriques comme forme el 
dimensions. La pins grande rappelle celles du d: elle en diffère surtoul par 
la forme du lobe saillant du doigt fixe, qui est irrégulier, bifide, délimitant 
un hiatus plus réduit que chez le o\ et aussi par l'absence de la saillie en 
avant de laquelle passe la pointe do doigt mobile, chez le d. La paume esi 
plus longue que les doigts (rapport de leurs axes respectifs i .35) et aussi 
un peu plus longue que haute. Elle montre, comme chez le / . an sillon 
trausverse supéro-externe. 




Arête Maruteenm H. C. (types). 

Région céphalique. - •-'. L'une îles pinces de la i™ paire du d* • - 
méropodite el carpe, vus en dessous. — 4. Pinces de la i re pairede la * 
de la a" paire. — 6. Patte de ta 3" paire (X la ). 



'. Idem , 
5. Palle 



La pince opposée est un peu plus faible. Les doigts sont égaux à la paume, 
celle-ci un peu plus longue que haute. Le doigt Wxe possède sur presque 
toute sa longueur un bord crénelé, interrompu vers son tiers distal par un 
hiatus étroit et de forme irrégulière. 

La a* paire est très courte. Le rapport entre sa longueur et celle du 
céphalothorax (rostre compris) est seulement 0.8, au lieu de 1.2 chez 
1' I. dorsalis. Le raccourcissement porte surtout sur les k segments du 
carpe, qui mesurent ensemble \.k fois la pince terminale, alors que ce 
rapport dépasse 2 chez 1' I. dorsalis. Le méropodite et l'ischiopodite sont 



22 

beaucoup plus volumineux quelecarpei 6g. 5), alors qu'ils boh1 leulemenl 
uu peu plus larges ebez I I. donalù. 

Les péréiopodef suivants présentent les mêmes caractères. Le rapport 
entre une patte de la 3' paire el le céphalothorax est 1.16 chez VA. Maru~ 
têeniù, i.->'i chez II. dorsalit. Le propoditeel le tnéropodite offrent les 
rapports saivants entre la longueur ci la hauteur : 

A. DOB8ALI8 : propodite 5.5, méropodite 'l.6. 

\. Makdteensib : propodite 'i . méropodite 2.76. 

Le bord inféro-externe du méropodite, à son apex distal, esl mince et 
Iransparenl dans les deux espèces; il se termine chez 1* I. dorsalis par an 
angle épineux bien \isil>le. bien moins saillant toutefois crue '-liez V I. Indi- 
ens. I > * 1 1 1 - la Qouvelle espèce, on ne trouve plus qu'une trace à peine mar- 
quée «le ce! angle épinenx (flg. 5 ). 

Dans les deux espèces, le dactylopodite est bifide, sensiblement de même 
forme; la grille ventrale est parallèle à la griffe principale, mais beaucoup 
plus grêle. 

Sur la rame externe de l'nropode, l'article basai a son bord externe en 
ligne droite, chez l' I. donalù el 1 i. Maruteensis. Au contraire, chez 1' t. 
Indiens, la saillie épineuse terminant ce bord se recourbe vers l'extérieur. 

Les 3 exemplaires de 1" I. Maruteensis | 9 (S, 1 9 ovëe) ont éU> recueillis 
à Marutea du Sud, vivant entre les piquants de la face orale d'un Oursin à 
longues baguettes coniques, d'un beau violet pourpre, VHeterocentrolu 
mamfflatus Klein très polymorphe d'ailleurs quanl à la forme, la (aille el la 
couleur de ces baguettes. 

Gbnbe Synalpheus Sp. Bâte. 

S. pABANEOMERIS 11. (loiilière. 

S. paraneomeris nov. sp. (nomen nudum). Inn. Se. Nat. (6 1. 

S. paraneomeris II. <!.. Fauna and Geogr. oj the Mald. ami Laccadive 
[rchip., Upheidœ, p. 879, pi. LXXI, flg. 7; 1905. 

Marutea, lagon, sur 1rs coraux morts, '1 exemplaires c? et 9. L'espèce 
se rencontre encore , : i Djibouti, à Mascale, à Vfahé,aux Laquedives et Mal- 
dives. 

1 1! m;i \i|»iif>iis PabrîcioSi 

A. Ski rati H. Coutière. 

A. Seurati Dov. sp., Fauna and Geogr. oj the Mald. and Laccadive 
[rchip., Alpheidœ, p. 881 , pi. IAW . Bg. 30-300; 1905. 

Je rappelle brièvement par quels caractères cette espèce se distingue de 
1' I. cottumianus Slimpson : épines orbitaires el rostre moins long--: Btyio- 
céritc arrondi ;i son extrémité au lieu d'être en pointe aiguë, article onten 
nulaire médian an peu plus long seulement que chacun îles deux autres, 
an lieu de a fois. 



s 



— 23 — 

Grande pince à bord inférieur crénelé, épine du comlyle externe peu 
apparente. Paume plus ovale que chez Y I. collumianus. 

Doigts il«' la petite pince (chez le ') plus courts que la paume, surface 
palmaire sans sillons longitudinal el transverse, avec l'épine protégeant le 
condyle interne du doigt mobile seule présente. 

Sur la carpe de la •_>" paire, segmenl proximal plus court que le suivant, 
au lieu d'être plus long. 

Méropodite de la 3* paire sans angle distal épineux ni épines mobiles; 
carpe également inerme. Le membre tout entier a G fois seulement la lar- 
geur du méropodite, au lieu de m» lois chez I' I. collumianus. 

Marulea. 1 exemplaire '. L'espèce se rencontre également à Minikoi 

\loll. 

A. paragracilis il. Coulière. 

A. Paragracilis nov. sp. . Bull. Mus., n n y. p. 3o3; 1898. 

A. paragracilis 11. G., Fauna and Geogr. of the Maldioe and Laçant. 
Airhip.. Alpheidœ, p. 883, pi. LXXVI, (ig. 32-22^-; 1905. 

Marulea du Sud, récif extérieur, 2 exemplaires j. L'espèce se .encontre 
aussi à .Minikoi, Hulule Maie, Goidu Atolls. 

A. parvirostris Dana. 

\. parvirostris Dana, U. S. Expl. Exped., p. F>5i , pi. XXXV, fig. .'!; 
i85a. 

Marulea. lagon, 1 exemplaire d. L'espèce se rencontre très communé- 
ment à Djibouti, Laquedives et Maldives, Mascate, Mahé, Madagascar, Le 
Gap. en Nouvelle-Calédonie, dans l'archipel Malais, les îles Sandwich. Dans 
sa lettre. M. Seurat me dit avoir recueilli des V de celte espèce commen- 
sales de l'Huître perlière. 



Hyménoptères recueillis dans le Japon central, pau M, Haomand, 

MINISTRE PLENIPOTENTIAIRE DE f RANGE À ToKIO, 
PAR J. PÉREZ. 

La liste qui suit comprend, en outre des espèces rapportées par M. Ilar- 
mand et appartenant au -Muséum de Paris, que M. Bouvier a bien voulu 
ine confier, un certain nombre d'espèces, ('gaiement japonaises, qui se 
trouvenl dans ma collection particulière. Il m'a paru bon de réunir et pu- 
blier i 1 !) une noie unique des espèces de même provenance. Un astérisque 
désigne ces dernières, quand elles ne se trouvenl pas déjà parmi celles de 
M. Harmand, el l'indication de leur lieu d'origine est donnée telle que je 
l'ai reçue. La ntion d'une localité' à la suite d'un nom dépourvu d'asté- 
risque indique «pie l'espèce, en même temps qu'elle est comprise dans le 



— 24 — 

lot de M. Ilannaml. fail aussi partie de relies qni se trouvaienl déjà dans 
ma collection. 

Melllfera* 

Bomhis n.MTDs Sni. . Katinowshii Rad. 
Bomhi s IGNITU6 var. bypocrita, dov. var. 

Bombus Harmandi, no\. sp. — Yokohama. 
Bombus Japomcos Dalle Torre, terminait* Sm. — Yokohama. 

BOMBOS CONSOliRIMS Dallll). 
BoMBOS ARDKNS Sm. 
\h.OCOPA APPEiMMCILATA Lep. 

Anthophora soror, nov. sp. - - Yokohama. 
Macrocera Nipponensis, nov. sp. — Yokohama. 
" Eucera spurcatipss, nov. sp. — Yokohama. 
Crocisa centrimacula , nov. sp. 
Osmia Taurus Sm. 

MeGACIHLK SCI LPTIT.AI.IS Sm. 

Meciachile m hilis Sm. 

" Megachile crientalis, nov. sp. — Yokohama. 

LlTllURfil S COI.LARIS Sm. 

* Andrena biscutata , nov. sp. — Yokohama. 
*Andrena sinmlans, nov. sp. — Yokohama. 
" Andrena hebes, nov. sp. — Tokio. 

" Andrena prostomias , nov. sp. Yokohama. 

" Hel ictus "' rimalis, nov. sp. — Yokohama. 
'Halictus angularis, nov. sp. — Yokohama. 

* Halictus laeviventris , nov. sp. — Yokohama. 
' Halictus discrepans, nov. sp. — Yokohama. 

Halictus orientalis, nov. sp. — Tsnshima. 
Nomia Fruhstorf eri , nov. sp. — Tsnshima. 
Colletés patellatus, nov. sp. — Tsnshima. 
Colletés Vogti , nov. sp. — Tsnshima. 

VeupldcBa 

Vespa HONOOLICi André. 

Vespa mongolica, var. so\ -pimclala . HOV. \ar. Yokohama. 

\ b8pa Japorica Guérin. 

Polistes BI6L1 mis F. (diadema Laïc.) var Antennalis n. var. 

Polistes IIkhr ki s Fab. 

* Polistes mandarihios Sauss. — Yokohama. 

'"' M. .1. Vachal b déjè publié dans ce Bulletin 1 ii|n!{. p. ito) les espèces 
iKnivi'lli's df Halichu et de Prosopi* fanant partie de l'envoi dn M. Harmaod. 



— 25 — 

'Polistes Nipponensis, no\. sp*. — Yokohama. 

Eumenes Harmandi , nov. sp. 

Eimenks pratbrcdlds Dalla Torre, fratkrnus Sauss. — Yokohama. 

Eumenes rubronotatus, nov. sp. — Yokohama. 
Discoelius Japonicus, no\. sp. 
Rhynchium varipes, nov. sp. — Yokohama. 
Octobres mgricorris Mor. 

* Odynerus V. flavum , nov. sp. — Yokohama. 

Scoliadse. 

* Discolia signatifrons , nov. sp. — Yokohama. 
"Dielis Lindemi Lep. — Yokohama. 

Tiphia rdfomandibi lata Sin. 
Triphia aoilis Sm. ? 

Pompllidse. 

Priocnemis cyphonotus, dov. sp. 
Pseudagenia pygialis, no\. sp. 
Paeudagenia obtusa, nov. sp. 
Agenia conspersa, nov. sp. 
Pompilus unicinctus, nov. sp. — Tsushima. 
Pompilus exortivds Sm. — Yokohama. 
Pompilus fratellus, nov. sp. 
Planicepa quadricollis, nov. sp. 

Pciiiplire<loni<lae« 

Psen lubricus, nov. sp. 
Mimesa Japonica, nov. sp. 

ftpbegidse* 

* Ammophila marginalis, nov. sp. — Yokohama. 
Ammopiiila infesta Sm. 

Sphex Harmandi, nov. sp. 

* Sphex xanthognathus , nov. sp. — Yokohama. 
Sphex imisrosds Christ. , var. fumosus Kohi. 
Chalybion Japonicum, nov. sp. 

Crabronidse» 

Cerceris Harmandi, no\. sp. — Yokohama. 
Cerceris carinalis, nov. sp. — Yokohama. 



— 26 — 

*Ceratocolus pygialis, nov.'sp. — T-iisliima. 

Crabro iridifrons, nov. sp. 

Crabro tetracanthus , nov. sp. 

Crabro radiatus, nov. s|). 

Mellinus tristis, DOV. -p. 

Hoplisus tricinctus, nov. sp. 

Trypoxylon varipes, nov. sp. 

Des 70 espèces que comprend la liste qui précède, 18, Boil plus des 
deux tiers, sont nouvelles on du inoins m'ont paru telles. Une proportion 
si considérable de nouveautés dil assez combien grand encore est le 
nombre de colles qui restenl à découvrir. On ne possède guère, sur la 
Faune entomologique <ln Japon, <pie les résultats des récoltes faites par un 
nombre assez restreint de voyageurs et de naturalistes el étudies par 
quelques spécialistes. D'autres domaines <\r* sciences naturelles ont déjà 
trouvé cependant, ou possèdent actuellement, dans le pays même, des 
monographes autorisés. L'entomologie japonaise attend encore cette bonne 
fortune. 

Quoi qu'il en soit, on peut déjà se faire une idée de ce que pourra être, 
une fois constituée, cette partie de la faune des des Nippones. On peut, en 
effet, ranger en deux catégories les Hyménoptères qui fonl l'objet de cette 
étude. Sur leur ensemble de 70 espèces, 38 Boni de type francbemeni 
européen, 3^> sonl puremenl asiatiques. Ces rapprochements, dans le dé- 
tail desquels je ne puis entier ici, trouvent leur place naturelle m cours 
des descriptions qui suivent. 

Les termes du rapport que je viens d'indiquer changeraienl sans aucun 
doute, si l'on prenait en considération les espèce s antérieurement décrites 
par divers auteurs, par Fr. Smith en particulier. On voudra bien m'excuser 
de n'avoir tenu compte que des seules formes que j'ai observées et d'avoir 
négligé celles qui sont connues seulement par leurs diagnoses, el dont il 
est par suite difficile, sinon impossible, d'apprécier les affinités véritables. 
Celte réserve faite, on peut dire que, d'une manière générale, la faune 
hyménoptérique japonaise n'esl en quelque suite que le prolongement à 
travers l'Asie de la faune européenne, ou mieux qu'elles ne sont l'une el 
l'autre que deux départements d'une même faune, la faune paléaretiqae. Il 

sullil d'ailleurs de parcourir les listes des espèces décrites, surtout par 

Ferd. Morawitz, pour reconnaître que la faune byménoptérique de I Asie 
septentrionale n'esl que la faune européenne graduellement modifiée, tan! 
par la disparition successive d'espèces occidentales que par l'apparition 
d'espèces orientales. \ Ba limite même, dans l'Extrême-Orient, elle n'a 
point entièrement dépouillé sa physionomie occidentale; si bien qu'un des 
Anthidium les plus répandus dans le Sud-Ouest européen, le têptonupinosum, 
a été signale par Radoszkoweki comme habitant la Corée; je l'ai reçu 



— 27 — 

moi-même «le la Chine orientale, et je puis affirmer que rien ne le dis- 
tingue des exemplaires de nos contrées. 

I no seule de nos espèces , jusqu'à ce jour, a été retrouvée dans le Japon . 
le Polistes diadema, quelque peu modifié, il est vrai (voir plus lias le uom 
de celte Guêpe). Mais telles espèces japonaises affirment si uettement un 
type occidental, qu'on ne serait uullement surpris de les rencontrer en 
Europe; citons seulement Y Indrena simuhm, si étroitement apparentée à 
f I. ferox, 1' I. hebes à I' I. angustior, le Crabo telracanthus aux Cr. spinipes 
et Krieclibaumori. Fonction exclusive du changement dans les conditions 
d'existence, la variation, dans les rejetons d'une même souche, ne l'est 
nullement de la dislance qui les sépare dans l'espace. 

Les relations suivant les parallèles géographiques entre les faunes ré- 
gionales <\'\m même continent ne sont pas les seules. On sait qu'il en 
en existe de semblables dans le sens des méridiens. J'ai montré, il y a une 
quinzaine d'années '. que, dans nos contrées, on voit, aux latitudes 
moyennes, se mêler aux formes septentrionales des espèces de type méri- 
dional. Ainsi en est-il au Japon. Mais tandis que, dans nos contrées, ces 
emprunts méridionaux ne dépassent pas le bassin méditerranéen , le Japon 
nous montre des espèces dont les formes allines, parfois identiques, ha- 
bitent les régions les plus méridionales du continent asiatique, ou même 
les îles de l'Océan Indien : les Sphex xanthognathuê et Hatmandi, le Ghaly- 
bion Japonicum sont de type indien ou javanais; le Lithurgus collaris res- 
semble beaucoup au dentipes indien; les Mogachile dtsjuncta et montieoh, 
déjà connues de l'Inde, ont été retrouvées au Japon. 

Ces faits établissent la communication, à une époque antérieure, des 
terres japonaises, actuellement isolées, non seulement avec la partie septen- 
trionale de l'Asie, si rapprochée, mais encore avec les régions les plus 
méridionales de ce continent. Il ne m'appartient pas d'apprécier jusqu'à 
quel point cette conclusion est en harmonie avec les données actuelles de 
la Géologie. 

DESCIUPTIONS DES ESPECES NOUVELLES. 

BoMBUS ignitus Sm. etB. Kalinowskii Rad. — Radoszkowski a d'abord con- 
sidéré son Kalinowshii comme une variété du lapidarius m . Ultérieurement, 
avant eu la connaissance du d 1 (3) , il constate dans l'organe copulateur de 
celui-ci les plus grandes analogies avec celui du lerrestris. Loin de revenir 
de sa première appréciation des affinités de ce Bourdon, BadoszkowsU 
exprime ' cette manière de voir au moins étrange, que la femelle ressemble 

(>) Catalogue d,:-, Wellifères <l>t Sud-Ouest, dans les Actes de la Soc. Linn, de 
Bordeaux, t. \l,l\. 1 890. 

Horœ soc.ent. Rossicœ, XXI, 1887, p. i3o. 
(- 1 ) Sommairement décrit dans Bull, de la Soc. imper, des naturalistes de Moscou, 
1 9, p. ao4, ol plus en détail dans Horœ, XXIV, 1890, p. 999. 
' Bull, p. soi 



— 28 — 

au lamiarhu, le mâle au terrestris. \ la vérité, Radqszkowski, dans sa 
diîijpioso de l.i femelle, s'étail borné à énumérer les différences qui la dis- 
tinguent de celle «lu lapidarius, el u'avail indiqué aucun autre caractère 
l'en rapprochant que la seule coloration. 

J'ai eu à ma disposition bon nombre de 9 H de 9, Boit du lot de M. Har- 
mand, soit d'autres provenances. Elles satisfont entièrement à la caracté- 
ristique, d'ailleurs bien insuffisante, de railleur russe. Mais i'll<^ boiiI loul 
aussi conformes à la description du B. ignitusSm. ' , el je me trouve ainsi 
amené a conclure que les deux espèces n'en font qu'une. Malheureusement 
la diagnose de Smith est tout aussi peu satisfaisante (pie celle de Radosz- 
knwski et ne nous renseigne pas davantage sur 1rs rapports de Yigrùtus 
avec le lapidarius. 

llandlirscb ,] a comblé cette lacune. 11 compare Yignitus, dont il a étudié 
7 9 et '2 9 du musée de Vienne, au eonjvsus et au lapidarius. Uignilus 
rappelle la \estiture veloutée du premier el se distingue de l'un el de l'autre 
parla tête moins allongée, le funicule plus épais cl plus court, le 1" article 
particulièrement plus petit par rapport au a* «pie chez le lapidarius. Les 
ailes sont plus sombres (pie dans l'un et l'autre. Les mandibules, le labre 
et le chaperon sont comme citez le lapidarius, ce dernier organe: un peu 
plus grossièrement ponctué, les joues (espace oculo-inandibulaire) encore 
plus courtes que dans les deux espèces citées. 

La 9, sauf la taille supérieure, a plutôt l'aspect de la variété noire du 
DerkameUus (pie du lapidarius, moins élancée que ce dernier, moins 
trapue (pie le terrestris. Les poils des segments ventraux sont noirs aux 
trois i c,i , comme chez le lapidarius (eonfusus, roux), roux un peu som- 
bre aux suivants, et plus ou moins mêlés de noirs sur les disques: ceux 
des organes buccaux sont roux. Mandibules rougeàtres \ers le bout: les 
quatre derniers articles des tarses roussàtres, ainsi que leurs poils. 

Tète courte, pas plus longue (pie large. Intervalle oculo-mandibulairc 
plus large que long. Tubercules labiaux différents de coiw du lapidarius, 
en colline étroite, rectiligne. incurvée seulement aux deux bouts, séparés 
par une éebancrure plus étroite que le bord médian du labre: eu avant de 
chaque tubercule, c'est-à-dire vers le bord antérieur du labre, un espace 
brillant, faiblement concave, plutôt qu'une véritable fossette. Dans le lapir 
darius, h-- tubercules, beaucoup plus élevés, séparés par une échancrure 
plus large, demi-circulaire, au lieu d'être en carène rectiligne, sont épais, 
arqués, entamés antérieurement par une fossette profonde. Chez le terres- 
tris, les tubercules s'allongenl en caréné droite, comme chez Yignitus, 
mai- pins élevée vers l'échancrore, h les fossettes sonl plus prononcées. 

Tram. Kni. Soc., London, 1873, p. ao6. 

Die Hummehammlung det !.. !.. noturhisumschen Hofmuieumi , Wien, iSb8. 



I 1 



•j-j). 



— 29 — 

Chaperon 1res bombé, forme du terrestris, mais encore plus convexe. \r- 
ticle '■'> des antennes plus pelii que '\ 5. 6" arceau ventral muni d'une ca- 
rène parfois rougeâtre, couverte en arrière d'un duvet roux velouté (fer- 
restris, id. |. Métatarse postérieur à peu près comme dans cette espèce. 
Partie de la radiale interceptée parla 3' cubitale plus grande que celle inter- 
ceptée par la ■'' (terrestris, l'inverse ou tout au plus égales). 

Ponctuation de même caractère que celle du terrestris, plus fine et plus 
serrée cependant sur le chaperon. 

9. Absolument semblable à la 9, sauf la taille. 

cf. Je possède un exemplaire unique provenant de Trausbaïkalie et non 
du Japon ; mais il présente si exactement les caractères que Radoszkowski 
attribue à son KaKnomskii, que je ne puis avoir le moindre doute sur son 
identité. 

11 mesure 10 millimètres comme ce dernier et ses formes sont un peu 
plus élancées que celles du terrestris. Bien que. par sa coloration, -il res- 
semble beaucoup à la 9 du tricohr Dlbs (Radoszkowski), la structure de 
l'appareil génital le rapproche incontestablement du terrestris. 

La tète, le corselet et les deux 1"" segments de l'abdomen sont revêtus 
de poils jaune-, sauf une bande noire interalaire et la barbe rousse des 
mandibules, et j'ajouterai : quelques poils noirs le long de l'orbite anté- 
rieure, dont Radoszkowski ne parle pas; le 3" segment est noir et les der- 
niers roux; aux pattes, les poils sont en général noirâtres, jaunâtres sur 
les fémurs, roux aux quatre derniers articles des tarses, eux-mêmes fon- 
cièrementroussâlres; en dessous, les poils sont jaunâtres, plus pâles qu'en 
dessus. Ailes proportionnellement plus longues et plus acuminées que chez le 
terrestris, Ifturs nervures notablement [dus grêles, brunes, celles delà partie 
caractéristique, ainsi que les dernières ramifications de celles de l'aile pos- 
térieure, d'un roux clair. La 3 e cellule cubitale est plus longue d'un quarl 
(pie la 2 e sur la radiale, particularité exagérée comparativement à la 9. 

antennes plus longues, le funicule dépassant 5 millimètres, qu'il n'at- 
teint pas chez le terrestris. Tibias postérieurs également dénudés, plus 
convexes dans la partie lisse, la ponctuation moins forte, moins saillante: 
protolarse postérieur plus long et plus grêle, surtout vers la base, son 
bord supérieur moins convexe. 

L'organe copulateur, dont la figure donnée par Radoszkowski présente 
quelques imperfections de détail, est fort semblable, comme il le dit, à 
relie du terrestris. Elle en diffère en ce que la pièce basiliaire du forceps 
si plus largement déprimée en dessus, le lobe interne du 9.' article 
squama) esl plus large el son crochet interne plus aigu, l'article ter- 
minal (liiriiiia) plus dégagé, plus largement éebancré ' . 

!,/ Depuis que ces lignes sont écrites, j'ai reçu en communication trois f du 
Japon, appartenant au Muséum. Ils sont identiques à celui que j'ai décrit. Il-- 



— 30 — 

9 et 9 du Japon | loj Harmand et Yokohama), 5 1 de Transbaïkalie. Les 
divers exemplaires du KaUtunvskii étudiés par Radoszkowski provenaient 
tous <le la Corée. 

11. K. nuls Sin.. var. uypocmta. — Je n'hésite pas à rapporter à l'espèce 
précédente quatre 9 qui reproduisent à très peu près la coloration du d* 
qui vient d'être décrit, mais qai morphologiquement ue diffèrent en rien 
des 9 typiques. 

Une collerette jaune, au corselet, atteignant a peine récaille des ailes, 
descend sur les côtés jusqu'au sternum. Bord postérieur seulement de l'é- 
cusson à poils jaunâtres, plus ou moins mêlés de poils noirs; poils de- 
deux i" s segments jaunes: bous les antennes et sur le chaperon, des poils 
bruns; ceux du dessous du corps noirâtres, brunâtres sous l'abdomen, 
ceux des pattes noirâtres: ceux des tarses roussàtres. Ailes enfumées, a\ec 
les nervures brunes, partiellement roussàtres. mais moins claires que 
chez le d*. 

Trois 9 du Japon, une de Transbaïkalie. 

Remarque. — Les affinités de Vignitus ne sont point douteuses: il est 
étroitement apparenté au tcrveslris et nullement an lapidarius. Mais on 
peut se demander si l'on doit le distinguer spécifiquement du premier ou 
l'y rattacher comme simple race. Bien qu'on ue puisse attacher aujour- 
d'hui à ces sortes de questions qu'une valeur relative, j'estime que i en- 
semble des différences signalées plus haut, et particulièrement la l'orme des 
ailes, leur nervation, les antennes du d\ son appareil copulaleur. caracfc 
risent suffisamment Vignitus et l'éloignent même du type terrestrh plus 
que toutes les formes secondaires qu'on ) a rapportées jusqu'ici pour lui 
valoir le titre d'espèce autonome. Il existe d'ailleurs, dans les régions ex- 
trême-orientales de l'Asie, une l'orme non douteuse du terrestris, le vi- 
duus Er.,qui s'observe jusqu'en Corée et se trouve être ainsi un compatriote 
de Vignitus. 

Bu m ki s IIaiîmandi. — 9. Longueur. 1 a millimètres. Pilosité" longue 
et inégale; en général nuire, passant au noirâtre ou même au brun 
plus ou moins cendré au niélatliorax et en dessous; jaunâtre sur le a' seg- 
ment abdominal, rousse aux trois derniers. Boni des mandibules rougeàlre, 
ainsi que le a" article des antennes et le bout du 1", l'extérieur de l'écaillé 
des ailes, les quatre derniers articles des tarses et la base des ongles. Ules 
peu enfumées, nervures brunes. 

Tête allongée, mais moins que chez le horiorum. Espace oculo-mandibu- 

m'oiii permis de reconnattre : que le ■• Begmenl porte, à son extrême bord, on 
petil nombre «le poils noirs; que la base du crochel «I" •■' article du forceps 
l'élargit en lame mince, hyaline, contre la far.- interne du 1' article. 



— 31 — 

laire plus Ion;; que large. Tubercules labiaux rappelanl ceux de L'espèce 
citée, c'est-à-dire épais, bombés, arqués, séparés par une fossette peu pro- 
fonde, close en avant par la lamelle marginale étroite et peu saillante. 
Chaperon allongé, assez convexe. 3' article des antennes un peu plus long 
que lt> 5", plus court el plus épais que chez le liortorum. Dernier arceau 
ventral sans carène. Prototarse postérieur de largeur médiocre plus étroit 
au bout qu'à la base, son bord supérieur peu convexe. 

Surface des tubercules labiaux en grande partie lisse portant quelques 
gros points. Sur le milieu du chaperon, des points très espacés, moins gros. 
et, dans les intervalles, des petits points presque effacés, qui, chez la 9, 
sont probablement plus nombreux et plus évidents. 

Cette espèce a d'incontestables affinités avec le horiùrum, mais s'en dis- 
tingue bien, tant par le jaune du a' segment, que par les divers caractères 
sns-indiqués. — lokio (Harmand) et Yokohama. 

Aîjthophoba sokor. — cf. Ce mâle est remarquable par sa grande res- 
semblance avec notre vulgaire pilipes. 11 en diffère par le jaune très diminué 
de la face, où le> taches noires du chaperon sont considérablement agran- 
dies, trapéziformes , presque coniluentes dans le haut; les bords des seg- 
ments abdominaux très largement décolores; les tarses plus pâles, plus 
faiblement tachés de noir; ceux des pattes intermédiaires beaucoup plus 
grêles, longs en somme de h millimètres [pilipes, 3.5 millim.): leurs 
cils noirs moins nombreux; le prototarse postérieur moins large et plus 
long, son bord postérieur moins convexe, couvert en dessus de poils bruns 
el non noirs; les poils du dessous du corps d'un blanc sale. Dans l'organe 
copulaleur, la fourche qui termine les deux branches du forceps est plus 
largement ouverte; l'appendice palpiforme interne (squama) plus longue- 
ment velu. — Yokohama. 

Macrocera Nipponensis. — 9. Longueur, i h millimètres. Ressemble sin- 
gulièrement à F irmeniaca. En diffère par les mandibules entièrement 
noires; la brosse fauve pâle et non blanchâtre; le duvet velouté de la base 
des segments 2-5 d'un roux un peu sombre et non fauve cendré; les poils 
des bords du 5 r et de l'anus brun fauve ; l'article 3 des antennes évi- 
demment au moins égal à h + 5 el non subégal; la ponctuation du cha- 
peron fine et serrée et non grossière et espacée. 

<S Longueur, 12 millimètres; antennes. 12 millimètres. Aspect général 
de F irmeniaca et de la subundulata, mais antennes plus longues. Frange du 
2 e segment presque nulle; poils de l'anus fauve doré; ceux du dos du cor- 
selet d'un rouge vif, liés longs; ceux du i cr segment encore plus longs, 
plus pâles; tous les poils dresses des disques des suivants d'un roux plus 
pale encore; cils des segments ventraux très longs sur les côtes, blan- 
châtres; fauves et très courts au 5", plus longs el plus colorés au G"; cils 



— 32 — 

du dessous îles tarses roux doré; les quatre derniers articles foncièrement 
roux. 

3* articles des antennes égal, antérieurement, au sixième du suivant; 
les derniers grêles et sensiblement arqués. Dépressions de> segments assez 
marquées, largement décolorées. Plaque anale ventrale étroitement et peu 
profondément canaliculée au milieu: sur les côtés, une forte élévation 
obliquement divergente en arrière, émettant, du côté interne , une branche 
obliquement transversale, n'atteint pas le canalicule; bord scarieux, à bout 
arrondi. Prototarse postérieur plus Ionique les trois articles suivants, plus 
grêle à la base qu'au bout, légèrement arqué. 

Ponctuation abdominale Hue, moindre que les intervalles, superficielle, 
transversale, n'atteignant pas le bord des dépressions. 

d* et 9 de Yokohama; d (Harmand.) 

Euceba spdbcatipes. — 9. Diffère de notre kngicornis par les cils du 
dessous du prototarse postérieur noirs et non roux; la frange du 5" seg- 
ment fauve; la ponctuation du chaperon deux lois pins petite, plus serrée; 
celle de l'écusson extrêmement dense et fine, presque sans intervalles, ru- 
gueuse; celle des deux i c " segments plus forte et un peu plus serrée; 
l'épipygium plus étroit, sa sculpture indistincte. 

d Antennes aussi longues mais plus robustes que celles du longicom'u ; 
une frange blanchâtre aux segments A et 5; celle du 11' terne, ainsi que les 
cils de l'anus: duvet velouté des disques des segments 3 et suivants brun 
et non noir. Protolarse postérieur graduellement épaissi vers le bout. Der- 
nier segment ventral largement concave et lisse au milieu, entre deux 
carènes arquées , régulières, non appendiculées extérieurement; bord sca- 
rieux. largement arrondi. Chaperon très finement et très densémenl ponctué 
(différence très caractéristique); abdomen aussi (dus finement et plus den- 
sémenl ponctué que chez le lotifficornis, les points moins élevés et moins 
rugueux. — Yokoama. 

Crocisa cENTRniAciaA. — 9. Longueur, 11-12 millimètres. Dessins 
bleus. Deux taches très distantes sur le prothorax : sur le méso-thorax, une 
ligne médiane antérieure n'atteignant pas le prolhoiax; de part et d'autre 
de cette ligne, et vers le niveau de son bout postérieur, une tache ovale; 
au bord postérieur, deux grandes taches ovales obliques; une très petite 
ligne sur les côtés, au ras de l'écaillé. Un long pinceau de poils blancs à 
l'angle de l'écusson. Chevrons du 1" segmenta branche latérale réduite 
à une ligne étroite, n'empiétant pas sur le bord postérieur, au milieu 
duquel est une grande tache semi-lunaire; sur les côtes des quatre seg- 
ments suivants, nue grande tache allongée, laissant libre à peu près le 
tiers médian du segment; la dernière ovale, blanchâtre, (les dessins de 
l'abdomen sont faite de poils écaillcux appliqués. Poils de la face blan- 



— 33 — 

châtres, couchés: une ligne bleue le long de l'orbite postérieure. Une 
petite tache bleue sous l'insertion des ailes et un autre, très grandi', sur 
les côtés de la poitrine. Devant des tibias antérieurs et in tëmédiaires, moitié 

supérieure des tibias postérieurs bleus; dessus des prototarses blanc. Fond 
unir de l'abdomen avec des reflets irisés. Ailes antérieures très enfumées, 
avec des taches claires dans la partie caractéristique. 

Écusson plus large (pie long; ses côtés régulièrement arqués, sonécban- 
crore postérieure en angle très oblus, les angles postérieurs émoussés. 
5 e segment ventral fortement caréné vers le bout. 

Ponctuation médiocre sur le. corselet et le i cr segment, les intervalles 
[dus grands, luisants: celle des derniers segments de plus en plus forte 
et plus espacée, arrêtée à une distance croissante du bord. Celle du ventre 
plus serrée qu'en dessus, les bords plus largement lisses, jusqu'au h° seg- 
ment; 5 e densément et très finement ponctué, étroitement lisse au bord: 
G c encore plus finement ponctué. 

Mbgachile orientalis. — 9. Longueur, 12 millimètres. A tout à fait 
l'apparence d'un très petit individu de Yhumilis Sm., très différente cepen- 
dant, et immédiatement reconnaissable à la convexité du chaperon et de 
l'écusson frontal, tous deux finement ponctués, le dernier surtout, qui est 
presque mat, tandis que, chez Yhumilis, il est largement aplani, très lâ- 
chement ponctué, avec de larges intervalles brillants. Le reste du corps est 
aussi très finement et assez uniformément ponctué, les bourrelets des 
segments avant seulement la ponctuation plus grosse et plus espacée 
que les disques, et non largement lisses (humilis). Les poils du dos sont 
plus longs et plus vivement colorés, ceux du dessous du corps au con- 
fraire plus pâles, particulièrement la brosse, noire seulement aux deux 
derniers segments, et non sur les côtés du 4 e (humilis): quelques poils 
blancs se voient même à la base du 5 e . — lokohama. 

Ardbjena biscdtata. — 9. Longueur. 1 2-1 3 millimètres. Du groupe Trim- 
merana; quelque chose de l'aspect de YA.fcrox. Dépressions des segments 
brunâtres; écaille et nervures des ailes brunes; tibias postérieurs noirs: 
derniers articles de tous les tarses bruns. Poils d'un roussâtre pâle en dessus , 
d'un blanc sale en dessous: des franges peu fournies, d'un gris blanchâtre, 
largement interrompues aux segments 2 et 3, celle du 1" nulle; l'anale 
d'un brun fauve: brosse tibiale d'un blanc argentin; sillon orbitaire noi- 
râtre. 

Têle plus large que longue, plus large que le corselet. Appendice du 
labre grand, trapézoïde, ses côtés légèrement convexes. Ecusson fortement 
canaliculé. Triangle du méthalhorax médiocre, à côtés très arqués, for- 
tement déprimé au milieu, finement chagriné à la base, lisse et luisant 
vers le bout. 1" segment court, en dôme très surbaissé, les suivants peu 

Muséum. — xi. '■'< 



— 34 — 

comexes: dépassions 1res prononcées, moins larges que la moitié «les dis- 
ques. 

Chaperon dès luisant. 1res fortement et très lâchement ponctué, avec 
une ligne médiane lisse très marquée, mais peu saillante. Dessus du cor- 
selet subopaque, très lâchement et très superficiellement ponctué; le mé- 
tathorax plus densément et rugueusement. Abdomen plus pruineux que 
fcro.i\ par suite dune fine sculpture fondamentale plus prononcée, d'où 
émergent faiblement des points très espacés, plus seusibles au 1" segment. 

d. Longueur. 1 1 millimètres. N'a rien àuferoxj mais les dépressions des 
segments très prouoncées, l'analogie générale des formes, la similitude des 
franges le rattachent à la 9 qui vient d'être décrite. Villosité plus colorée, 
d'un roux assez vif au vertex et sur le dos du corselet; assez longue sur 
tout le corps. Des poils épars sur tout l'abdomen; frange du 5* segment 
très étroite; dépressions un peu rougeàtres; tarses d'un brun plus ou 
moins roussâtre. ainsi que les tibias postérieurs; ailes presque hyalines, 
ncrviu'es et écailles d'un brun roux. 

Tête plus large que longue, plus épaisse que les yeux et assez rélrécie eu 
arrière. Intervalle oculo-mandibulaire deux fois plus long qu'il n'est large 
en arrière, très étroit au milieu. Appendice du labre en trapèze court, 
épaissi à sou bord. 3 e article des antennes plus court que les suivants, ceux- 
ci deux fois plus longs que larges. Métalhorax très rugueux ; triangle peu 
distinct, très rétréci. 

Abdomen très luisant, par suite de l'effacement du chagriné fondamental. 
Ponctuation beaucoup plus forte et plus saillante que chez la 9. — Yoko- 
hama. 

Andrena simclans. d" Extrêmement voisin du/erark. Il en dilï'èrepar la 
face «'gaiement large, haut et bas; la dent juxta-mandibulaire très large, 
recourbée en dedans; les antennes plus longues et plus robustes, leur 
3° article plus long que le 4*, les suivants à peu près deux fois plus longs 
«pie larges, arqu« : s: la tête plus rélrécie en arrière; les dépressions des 
segments à peine marquées, très peu décolorées; les poils du bout de 
l'abdomen d'un roux vif; les tarses bruns et non roux: les ailes enfumées, 
sans trace de roussâtre. leurs nervures brunes. 

Je n'aurais pas hésité à tenir cette espèce pour 1' I. dcntala Sm., aussi «lu 
Japon, bien que l'auteur donne à «ellr-ei les trois i"* segments bordés de 
mu\ teetacé, les tarses d'un ferrugineux pâle, les poils du dessus <l«' ls télé 
el du bout de l'abdomen blancs, tous caractères sujets à variation; mais la 
dent des mandibules est tout autre, ayant la forme «l'une longue épine, ce 
qui me parait repousser toute assimilation. — Yokohama. 

Amuuw i'hostomixn. Hspèci' très remarquable à beaucoup d'égards et 
facile à reconnaître à son chaperon fortement prolongée! relevé au milieu. 



— 35 — 

rabattu sur les cotés, qui rappelle, en l'exagérant, la conformation quejai 

l'ait connaître dans le mâle de VA. rosîcllata (Esp. noue, de MelUfhres, 



... 3- 



?. Longueur, 10 millimètres. Tout le corps, en général, très luisant et 
peu ponctué. Tète très grosse, pins large que longue, presque carrée, vue 
de face: joues plus larges que le Iront, terminées intérieurement par un 
tubercule; condyle des mandibules gros, brun rougeàtre : appendice du 
labre subglobuleux, très saillant. Chaperon très large, très convexe trans- 
versalement , droit vu de profil; les angles de sa partie relevée très sail- 
lants, subaigus. Tubercule frontal continuant la surface du chaperon. 
Écusson très largement et profondément sillonné, fortement biluberculé. 
Métatborax régulièrement arrondi; triangle large et court, sa limite très 
déprimée; par suite, sa surlace convexe, comme soulevée, ainsi que la 
parue du rnétathorax voisine. Abdomen plus large que le corselet, très peu 
convexe, régulièrement elliptique, à peine plus obtus à la base qu'au 
bout; dépressions plus larges que la moitié des disques, brun rougeàtre. 

Poils peu abondants; noirâtres au vertex et au dos du corselet, fauves 
sur la lace et le dessus des pattes antérieures et moyennes, plus pâles au 
métatborax et en-dessous; brosse blanchâtre, très légèrement lavée de 
fauve; aux segments 9-/1 des franges blanchâtres, étroites, très largement 
interrompues; frange anale brune. Ailes un peu rousses: nervures et écaille 
brunes. 

Chaperon très uni, très brillant, n'ayant que quelques points sur le 
disque: sur les côtés, des points plus pressés, mais encore moindres que 
les intervalles; de même au bas des joues. Mésonolum encore plus fine- 
ment ponctué, les intervalles moins luisants. Métatborax presque mal: sa 
ponctuation, dans le voisinage du triangle, plus forte que celle du méso- 
nolum; triangle grossièrement chagriné à la base, très finement vers le 
bout; quelques stries transversalement obliques se voient sur les côtés, très 
fines et vagues près de la limite, ainsi qu'en dehors de celle-ci, sur les 
compartiments latéraux. Ponctuation de l'abdomen très fine et très espacée, 
peu profonde, serrée seulement à la base du a e segment, où elle est aussi 
le plus fine; dépressions ponctuées seulement à la base et très lâchement. 
— ) okohama. 

AsDBEtt hkijes. — 9. Longueur, 9-10 millimètres. Très voisine de 
F 1. mgUêtUtr. En diffère par la vestiture plus claire, les poils de la face 
presque blancs, sans mélange de noirs, la frange anale brune seulement 
au milieu; la brosse blanchâtre; les bords des segments plus décolorés; 
les ailes hyalines, à peine enfumées; le chaperon à ponctuation beaucoup 
plus forte et plus espacée, à intervalles très brillants, déprimé au milieu. 
a\ec une large ligne imponctuée; le milieu du corselet ï ponctuation plus 
espacée, mais plus faible, ainsi que l'abdomen. Tokio. 

15 . 



- 36 — 

Hai.icti s iu.mai.is. — 9. Longueur, 7-8 millimèlres. Du groupe àesmala- 
churus el fasciatettus. Formes grêles; Lêtc plus Longue <|iie large. Franges 
marginales des segments larges, mais très peu fournies; par contre, des 
bandes blanches très marquées à la hase des segments 2 et 3. rélrécies au 
milieu. Bords des segments moins décolorés que chez le fasciatettus ; la 
feule anale d'un roux |>lns vif; tarses plus sombres. Ponctuation du méso- 
thorax plus fine ei plus serrée <|iie chez le malachurus, celle de l'abdomen 
à peine perceptible, surtout sur les dépressions, qui sont très prononcées. 
Triangle non tronqué postérieurement, mais régulièrement arrondi, presque 
exactement semi-circulaire , très grossièrement ehagriné-aréolé, surtout sur 
les côtés. Angles latéraux du métathorax très surbaissés, grossièrement 
aréoles, luisants. Brosse fauve pâle. 

Halictus ang dlaris. — 9. Longueur, 10 millimètres. Du même type que 
le précédent, plus grand et surtout plus trapu. Tête un peu plus longue 
que large, faiblement rélrécie vers le bas. Ponctuation du mésothorax plus 
line: celle de l'abdomen sensible, mais encore très iine sur les derniers 
segments. Métathorax très rugueux en dessus, les angles latéraux saillants. 
aigus; la tranche postérieure plane, peu luisante, très fortement rebordée 
sur les côtés et aux angles, portant des points épars, saillants; triangle 
1res grossièrement aréole, arrondi en arrière, mais son rebord peu élevé. 
Bandes basilaires des segments a et 3 très étroites, mais très fournies, la 
seconde presque régulière; sur les dépressions, qui sont plus larges que 
la moitié des disques, mais moins accusées (pie chez le rimalis, des poils 
roussàtrcs, plus abondants que sur les disques, mais ne formant pas des 
[ranges; poils de l'anus fauves; la fente rougeâtre seulement vers le bout; 
poils du dessous de l'abdomen d'un fauve grisâtre; ceux des pattes un peu 
plus colorés; tarses bruns. Ailes un peu rousses: nervures brunes, pâles 
vers l'insertion. — Yokohama. 

Halictus lkvivkntris. — 9. Taille et métathorax du Jalla.v Mor. , les 
si ries seulement un peu plus fortes et la crête postérieure moins élevée. 
Abdomen presque entièrement lisse, à ponctuation encore moins appareille 
• pie dans le se.niolatiihis. Mésolhorax plus linemenl et plus denséinent 
ponctué, mat. Taches basilaires des segments 2 et 3 confluant en une 
bande simplement rélrécie au milieu. Dépressions des segments à peine 
marquées, plus larges (pie les disques. Tête plus rétrécie el plus allongée 
intérieurement. Nervures îles ailes d'un brun clair. 

Halictus DI8CREPAN8. — 9. Longueur. 8 millimèlres. Dilfèredu précédent- 
par la taille moindre, la tête aussi large que longue, la partie hori- 
zontale du triangle beaucoup plus courte, son rebord postérieur en arc de 
cercle; les stries peu nombreuses el irrégulières: la ponctuation du mé- 



— 37 — 

sothorax un peu plus Forte el plus espacée; celle de l'abdomen très évi- 
dente, moins forte que colle du corselet, mais très espacée, un peu plus 
fine et plus serrée sur les dépressions, dont elle n'atteint pas le bord: 
celles-ci un peu plus marquées, de la largeur des disques, d'un brun 
rougeâtre très sombre. Taches latérales des segments a et 3 peu dévelop- 
pées: poils de l'anus d'un brun roux; brosse à peine obscurcie et non 
noirâtre en dessus; pattes d'un brun clair; ailes hyalines, nervures et 
stigma lestacés. — Yokohama. 

Hàlictus orientalis. — 9. Longueur, 10 millimètres. Ressemble assez 
au clavipes Drs (Lucasius), auquel je le comparerai, sans toutefois pré- 
juger ses affinités réelles. Corps plus robuste. Bandes basilaires des segments 
9.-4 peu fournies, faites de poils écailleux blanchâtres; sur le reste du 
disque et sur la dépression, un très court duvet noirâtre, ne cachant pas le 
tégument; poils du dessus des tibias noirâtres, les autres roussâtres, ainsi 
«pie ceux des tarses; cils du dessous de ces derniers d'un roux très vif; 
dessus du corselet garni d'un duvet très court et très fin; sur le post- 
écusson, un duvet brun très fourni: poils de l'anus noirâtres, ceux de la 
rima brun-clair. Ailes très enfumées, nervures et écaille brunes. 

Tête conformée comme celle du clavipes. Métathorax tronqué el folle- 
ment rebordé : triangle non prolongé angulairement au milieu, irréguliè- 
rement et plus fortement strié. Abdomen plus large que le corselet: dé- 
pressions plus larges que la moitié des disques, peu prononcées. 

Tête ponctuée à peu près de même, plus finement et plus densément; 
l'espace marginal à gros points moins étendu. Ponctuation du dessus du 
corselet plus nette, moins serrée sur les côtés, moins rugueuse; les inter- 
valles plus grands au milieu, non luisants, pruineux. Celle du i ei seg- 
ment abdominal comme celle du corselet, un peu plus fine, surtout sur 
les dépressions; les intervalles également pruineux, partout plus grands 
que les points. Aux segments 3 et h , la base, luisante, présente quelques 
gros points très espacés, très saillants, en râpe; la partie postérieure des 
disques et les dépressions des points beaucoup plus fins et plus serrés 
qu'aux deux premiers, avec des intervalles mats. — Tsushima. 

Nomia Fruhstorferi. — 9. Longueur, 8-9 millimètres. Paraît avoir des 
analogies avec Yopposha Sm. , du Nord de la Chine, qui m'est inconnue. 

\illosité en général blanchâtre: celle du dos du corselet rousse, courte 
et délicate: celle des tarses et du bout des tibias d'un roux doré: aux seg- 
ments 3-5 , une frange assez fournie, une autre à la base des segments 9.-F). 
d'un blanc pur: frange anale fauve: quelques cils très longs sur les bour- 
relets des segments 2-4. Dessous du funicule plus ou moins fauve, ainsi 
que le dessus des deux derniers articles. Bord des segments très largement 
décoloré, scaricux: les trois derniers articles des tarses roussâtres. Ailes 



— 38 — 

faiblement jaunâtres vers la base, enfumées au bout; nervures d'un brun 
roux, pluselaires vers la base, «(Mille d'an roux pâle. 

Chaperon largement déprimé au milieu, vers le bas. 9 article «les 
antennes plus long <pie te 3*. bcusson faiblemenl bigibbeux. Triangle 
réduit ii nu étroil canaiicule transverse, finement striolé. Dépressions 
presque aussi larges que les disques, bourrelets très marqués, quoique peu 
élevés. 

Chaperon grossièrement ei lâchement ponctué, finement à la base. Ecus- 
smi plus finement encore et plus densément. Mésothorax an peu plus for- 
tement ponctué que ce dernier, a\ecles intervalles sensiblement égaux aux 
points. Métathorax plus finement et plus superficiellement pointillé que le 
mésothorax, un peu rugueux. Ponctuation du i cr segment un peu plus 
fine que celle du mésothorax et plus écartée sur le disque; plus espacée sur 
la dépression. Celle des segments suivants plus fine, plus serrée, devenant 
confuse et très rugueuse sur les bourrelets, extrêmement fine et serrée sur 
les dépressions. — Tsushima. Rapporté par M. Frubstorfer. 

Colletés patellatcs. — d. Longueur, 10-11 millimètres. Ressemble 
singulièrement au carùiigcr Pérez (Esp. nouv. de Mellifères). Le 6' seg- 
ment ventral est, comme dans cette espèce, muni d'une forte carène: le 
triangle basilaire, très réduit, n'atteint pas le milieu de la longueur (\u 
segment, et son sommet se prolonge en la carène; de part et d'autre, 
le segment est concave: il se termine en un angle dont l'acuité est aug- 
mentée par une frange de poils fauves presses, qui orne le tiers moyen du 
bord et se prolonge au milieu en an pinceau pointu. Pilosité plus colorée, 
d'an roux vif au vertex, au dos du corselet et aux deux 1"' segments, 
fauve pâle à la face, blanc sale en dessous: franges des segments d'un 
roux sombre un peu gris, 1res étroites, la 6 e sensible: sur les disques des 
segments 3-7, un duvet dresse brun roux, noirâtre vers le bout: sur les 
cotés des cils assez longs et assez abondants, d'un roux sombre: franges 
ventrales plus fournies, plus élargies au milieu, surtout celle du a c seg- 
ment Ailes assez enfumées, nervures et écailles brunes: la '.V cubitale lié- 
rétrécie vers la radiale. 

Tête seulement un peu moins longue crue large; espace oculo-mandibu- 
laire plus de deux fois plus long qu'il n'est large au milieu. Tubercule mé- 
dian du labre et sa fossette plus marqués. Articles médians des antennes près 
de deux fois plus longs que larges. Dépressions îles segments au moins 
moitié plus étroites, précédées d'un bourrelet 1res marqué; leur bord sim- 
plement brunissant. 7' segment plus obtus, liés faiblemenl sinué an milieu. 
Pattes courtes cl robustes, rappelant celles de I [beillei; tibias postérieurs 
renflés; prototarses de la même paire très élargis, à bord antérieur un peu 
concave, le postérieur très convexe, le bout obliquement tronqué, l'angle 
postéro-inférieur en talon arrondi; articles ->-'i de tous les tarses petits, très 



— 39 — 

courts, cordifonnes : le dernier presque aussi long que l'ensemble des trois 
précédents, subturbiné, rougeàtre (cariniger, tarses normaux , très prèles). 
Ponctuation abdominale plus forte, si ce n'est au 1" segment, très nette- 
ment piquée, les intervalles assez luisants, à peu près de même largeur 
que les points. 

Colletés Vogti. — 9. Longueur, 10 millimètres. A l'aspect d'un suc- 
cinctus amoindri, mais ses affinités réelles le rattachent plutôt à Yabeillei, 
mieux encore probablement aux femelles inconnues des carinigcr et patcl- 
latus. 

Franges abdominales grisâtres, les trois 1 r " largement interrompues, la 
basilaire du 2* segment très peu indiquée (usure?); les poils de la base 
«lu 1" non écailleux, très fins, peu abondants. Ailes un peu roussies; ner- 
\ mes brun rougeàtre, éclaircies vers la base; écaille testacée, translucide. 
Les deux derniers articles des tarses d'un rougeàtre pâle. Bord des segments 
décoloré, plus largement en arrière. 

Tête notablement plus large que longue, de la forme de celle de YAbeil- 
lei, plus rétrécie encore dans le bas. Intervalle oculo-mandibulaire très 
étroit, linéaire au milieu, deux à trois fois plus large en arrière. Tubercule 
médian du labre assez gros, mais peu saillant , creusé d'une fossette presque 
ronde. Chaperon peu convexe et faiblement déprimé vers le bas; son bord 
inférieur en retrait largement arrondi sur les cotés, faiblement sinué an 
milieu; sur le bourrelet, une très petite fossette luisante, à margelle lé- 
gèrement surplombante. Dépressions des segments très peu marquées. 
Tarses robustes, surtout le 1" article. 

Sculpture du chaperon de même caractère que dans VAbeillei, mais 
beaucoup plus fine, plus serrée, plus confuse, presque mate. Celle de 
l'abdomen extrêmement fine et dense, transversale, à peine un peu plus 
forte, plus espacée et plus nettement piquée au 1" segment; sensible, bien 
qu'atténuée jusqu'à son bord, presque imperceptible au bord des suivants. 

La taille trop petite , la couleur très claire de l'écaillé des ailes ne per- 
mettent pas de supposer que cette femelle soit celle du patellatus. 

Du, ainsi que beaucoup d'autres Mellifères, à la généroité de M. Oskar 
Vogt, de Berlin. — Tsushima. 

Hymévqptebes nouveaux du Mexique, 
par j. pérez. 

Centris transversa. — 9. Longueur, 12 millimètres. Tête, corselet, 
1" segment de l'abdomen revêtus de longs poils d'un fauve terne, plus 
pâles en dessous, mêlés de noirs au vertex, au front et le long de l'orbite 
antérieure, brunissant à la poitrine, en arrière des pattes antérieures. Poils 
des segments a-6 noirs, abondants seulement aux derniers, dessus et 



— 40 — 

dessous. Aux segments ventraux a et 3, des poils noirs peu nombreux, mais 
longs et forts sur les disques, el, au bord, des franges de poils gris très 
lins, la i' c étroite, la 2 e très large: sur les côtés du 4*, quelques cils blan- 
châtres. Pattes antérieures garnies aux fémurs de poils cendrés, aux tibias 
et aux tarses de bruns et de roussâtres; les intermédiaires et postérieures 
de poils noirs, de cendrés à leur base. Ailes enfumées, un peu cuivreuses; 
nervures noires, écaille brunâtre. 

Dessins de la tête blancs, et composés : d'une grande tache couvrant les 
mandibules, sauf le bout et les deux bords; d'une bande occupant la moi- 
tié basilaire du labre, et une autre, exactement tranversale, un peu au- 
dessus du bord inférieur du chaperon, étroitement interrompue par une 
fine ligne noire, élevée en carène brillante, s'étendanl jusqu'au milieu, qui 
est bombé, presque en tubercule. 

Abdomen très luisant. Sa ponctuation est assez fine et serrée à la base 
des segments, de plus en plus forte et plus espacée vers le bord, où elle 
devient rugueuse, et de plus en plus sur les derniers segments. Chaperon 
lâchement ponctué au milieu, avec des intervalles très brillants. 

d*. Longueur, 1 1 millimètres. Labre et chaperon blancs en entier, sauf 
un liséré brun au bord inférieur de ce dernier et un autre noir, irrégulier, 
à son bord supérieur. Poils blanchâtres sous la tête; 5 e et 6 e segment < 
garnis de longs poils blancs; aux pattes postérieures, les fémurs sont 
renflés, leurs poils d'un gris blanchâtre, les trochanters sans épines; 
l'abdomen est plus velu, moins luisant, sa ponctuation plus grossière, plus 
rugueuse que dans l'autre sexe. 

Le mâle diffère du C. minuta Mocs. , dont il parait très voisin, par l'ab- 
sence d'épine aux trochanters, la face blanche et non jaune. — Téhuacan 
( Mexique); L. Diguet, 1903. 

Centris confiais. — 9. Longueur, ia millimètres. Taille et aspect de 
la transverta, un peu plus robuste. S'en distingue aisément par les dessins 
de la face jaunes et non blancs: le labre coloré en entier: la bande du cha- 
peron non transversale, faite de deux moitiés obliques, en chevron, touchant 
latéralement les orbites, qui sont jaunes aussi, jusqu'à la hauteur des an- 
tennes. Pas de poils noirs à l'orbite, ni de bruns à la poitrine. Au 1" seg- 
ment, des poils fauves seulement sur les côtés; ceux du bout de l'abdomen 
roussâtres, dessus et dessous; 3 e anneau ventral frangé de poils bruns, gris 
au milieu; les h" et 5° garnis de poils roussâtres. Ailes moins sombres, 
écaille testacée. Tête plus forte, mufle moins saillant, chaperon déprimé 
vers le bas, mais son bord relevé, droit au milieu. Ponctuation partout 
plus Une et plus serrée; abdomen moins brillant. — Mexique? 

Goemoxys DlQUETI. — cf. Longueur, 1 1 millimètres. Milieu des mandi- 
bules, écaille des ailes, pattes avec les trochanters postérieurs et le bout 
des moyens rougeâtres, ainsi que «le vagues bandes transversales au milieu 



— 41 - 

des segments ventraux : dessus des tibias et tarses assombri. Poils d'un blanc 
sale un peu fauve sur la face, où ils sont abondants, longs et rabattus, 
arrière delà tète, dessous et côtés du corselet revêtus de longs poils assez 
tournis. Sur le devant du corselet, une bande interrompue au milieu, formée 
de deux parties arque'es, dont les bouts internes, fléchis en arrière, sonl 
un peu dilatés; sur les côtés, une bande élargie vers Pécusson : sur le devant 
de celui-ci, une ligne régulière, n'atteignant pas les latérales. Segments i-5 
portant une frange étroite de poils blanchâtres, subécailleux , légèrement 
élargie sur le côté; à la base du 1", une bande de cils raides, un peu 
ochracés: au ventre, cinq larges bandes très atténuées au milieu. Ailes 
enfumées au bout et dans la radiale, au ras de la côte: nervures noires. 

Antennes très comprimées, plus larges au niveau des articles /i-6 qu'au 
bout, le dernier excavé à l'extrémité. Ecusson un peu élevé dans son mi- 
lieu: son bord postérieur en angle obtus, dont le sommet, à peine sail- 
lant en épine, émet une courte carène sur le disque; épines latérales assez 
longues, mais n'atteignant pas le profil de la médiane, légèrement 
divergentes. Abdomen aussi long que la tète et le corselet, très ré- 
tréci en arrière, presque exactement conique; 6 e segment à peu près une 
fois et demie aussi long que le précédent, cambré-concave sur les côtés. 
Rebord limite entre la partie déclive et la partie dorsale du i" segment liés 
prononcé, tranchant; en arrière, une forte dépression canaliculiforme , dé- 
terminée par un fort bourrelet du disque. Surface des segments peu iné- 
gale; aux 4* et 5°, une faible dépression triangulaire dorsale; bourrelels 
peu saillants en avant des dépressions prémarginales, très étroites ainsi 
que les franges. Une petite épine latérale très aiguë au bord du 5 e segmenl . 
une semblable, un peu plus longue, à la base du 6 e , divergentes: au bout, 
k épines : 2 inférieures , les plus longues , très aiguës ; les supérieures très 
élargies et très divergentes , comme en queue de poisson , séparées qu'elles 
sont, au bout, par une large échancrure, et, en avant, par une longue el 
•profonde fossette n'atteignant pas la base du segment, largement ouverte, 
en arrière, par l'échancrure susdite. 

Ponctuation forle et profonde au vertex et au mésonotum, surtout au 
milieu de celui-ci et de Pécusson, où les intervalles sont plus grands (pie 
les points, très brillants, très étroits, même annulés sur les côtés. Abdo- 
men luisant: sa ponctuation beaucoup plus faible, presque uniforme au 
1 er segment, avec les intervalles plus grands que les points; sur les sui- 
vants, elle est plus grosse au milieu et laisse de grands intervalles lisses, 
plus fine et plus serrée à la base et sur les côtés; 6 e segment très fine- 
ment et très superficiellement ponctué en dessus, plus fortement sur les 
côtés. Au ventre, la ponctuation est plus forte qu'en dessus, presque uni- 
forme. — Tehuacan; L. Diguet, io,o3. 



— 42 — 

Sur. LBB \\\Él.lDES PoLrCHBTMS />B /. I M Kl'. HnlltlR 
( C/RS < //'L/K v> . Si'io UBIMMS . I UCfl vs ) , 

pab M. Gn. Gravikk. 



I. Famille des CIRRATULIENS V. Garus. 
• Ikniu: t'irratulus Lamarck. 

Cirratulus africanus nov. sp. 

Lobe prostomial arrondi en avant, assez réduit, un peu excavé sur sa 
face inférieure. Les 3 premiers segments achètes. Deux paires de filets len- 
taculaires; ceux de la première paire, très courts, à la limite de la sépara- 
lion des 2 e et 3 e sétigères; ceux de la seconde paire, plus rapprochés du 
plan de symétrie, sur le 3 e sétigère. Une première paire de branchies sur le 
V sétigère; une seconde paire sur le 9"; les autres, largement espacées, 
de plus en plus rares à mesure qu'on se rapproche de l'extrémité posté- 
rieure. Ces appendices atteignent, à l'état d'extension , plus de la moitié de la 
longueur du corps. Rame dorsale , 6 ou 7 soies capillaires particulièrement 
saillantes aux 10 premiers sétigères. Les soies aciculaires n'apparaissent 
dans cette rame que vers le Uo° sétigère. Rame ventrale, soies capillaires 
seulement aux 11 premiers sétigères ; à partir du ia e sétigère. mélange 
de soies capillaires et de soies aciculaires; à la partie postérieure, il n'y a 
plus, en général, qu'une seule soie capillaire à chaque rame ventrale. 

7 exemplaires recueillis à Djibouti, en 1S97, par M. II. Coutière. Di- 
mension du type étudié : longueur, 17 millimètres; largeur (maximal. 
1 millimètre; 1 10 segments. 

Paraît se rapprocher de YArchidice patagonica kinberg (I) . 

Genre Audouinia de Qualrefages. 
Audouinia saxatilis nov. sp. 

l'rostnmium à contour arrondi en avant, assez développé. Les 3 premiers 
segments achètes. Le premier présente sur la face ventrale une large éehan- 
rrure correspondant à l'orifice buccal et est presque fusionné avec le second. 
Quant au 3', il s'avance beaucoup vers le prostomium, de façon à réduire 
notablement le second segment sur cette même face. Pigmentation très 
marquée sur la l'ace ventrale, s'atlénuant fortement à partir du 1 •?.' sétigère. 
Du \" sétigère au Mi', à chaque segment, un peu an-dessus de la rame 
dorsale, une longue branehie; au delà du h h' sétigère, ces appendice- » 

C J.-G.-H. Kimim'.i., Annulât.! nova, OJv. af Kongl. Vu. Ikad. Forh., 1 si',;, . 



— fi'S — 

{'uni de plus en plus raies et disparaissent presque dans la partie posté- 
rieure du corps. Au 2' sétigère, 3 (/» chez certains individus) lilels tenta- 
eolairea s'insérant cote à côte sur la face dorsale et dans la région moyenne 
du segment. Aux 7 premiers sétigères, les faisceaux dorsaux et ventraux 
de chacun des segments, uniquement composés de soies capillaires; les 
soies aciculaires apparaissent à la rame ventrale du 8 e sétigère, à la rame 
dorsale du Û2 . A l'extrémité postérieure , orifice anal plissé avec une courte 
languette ventrale. 

1 1 individus recueillis dans deux dragages pratiqués les 9.0 février et 
i5 mars 190/i, entre les récifs du Pingouin et du Météore, dans la haie de 
Djibouti. Coloration de l'animal vivant : jaune brun uniforme, avec pig- 
mentation brun foncé sur la face ventrale, dans la région antérieure <ln 
corps. Dimensions du type étudié : longueur, 00 millimètres: largeur 
(maxima). 9 millim. 3. Nombre de segments : 160 environ, les derniers 
.-tant ditliciles à compter. Espèce voisine : Audouinia (Cirratuhts) graeilis 
Ehr.Grube* 1 ». 

II. Famille des SPIONIDIENS Sars. 
(iksrk Xerine Johnston, Sars rev. sensu Claparède. 

Nerine Lefebvrei nov. sp. 

Prostominm de la forme d'un cône dont le sommet serait un peu étiré; 
se continuant en arrière par une pointe saillante qui s'avance jusqu'au 
milieu du 2* sétigère; k yeux situés sur une ligne transversale, immédia- 
tement en avant de l'insertion des tentacules. Ceux-ci, de section presque 
circulaire, avec un sillon ventral cilié, s'élargissent un peu au-dessus de 
leur insertion, puis s'effdent graduellement jusqu'à leur extrémité. i er seg- 
.inent achète encadrant le prostomium, formant sur la face ventrale un 
bourrelet épais plissé en long, qui entoure l'orifice buccal. Le 2 e seg- 
ment, i cr sétigère, dépourvu de branchies. Celles-ci apparaissent au 2 e sé- 
ligère. A chaque parapode, 2 mamelons sétigères situés en avant de deux 
hmelles qui débordent largement sur ceux-ci. La lamelle dorsale dans la 
partie antérieure du corps, soudée presque complètement à la branehie ; la 
soudure de ces deux organes se réduit graduellement d'avant en arrière, 
en même temps que la crête ciliée dorsale, qui réunit les branchies dans 
chaque segment, devient plus saillante. La lamelle ventrale se divise peu à 
peu d'avant en arrière en deux lobes, dont l'inférieur, beaucoup plus petit 
(pie l'autre, simule un cirre ventral. Dans la partie antérieure du corps. 
;ui\ deux rames, soies plus ou moins incurvées, avec un limbe étroit, des 
ponctuations assez serrées dans la partie terminale et des stries longitudi- 

W Ed. Gbobb, l'.esclireilmnjjon ncuor oder weniger bekannter von Henri Kliren- 
lior;; geaammelter Annclidon des rothen Meeres, Monattber. der Kônigl. jtreutg. 
lhad. der Wissemch. tu Berlin, Bd. XXXIV, 18G9, p. .Wi. 



a 



— Ixlx — 

nales bien marquées; celles «le la partie supérieure du faisceau dorsal, plus 
longues que les autres, forment d'avant en arrière un groupe de plus en plus 
distinct. Au 38' sétigère apparaissent, à la rame ventrale, des soies acicn- 
laires courtes, encapuchonnées, à une seule pointe: les soies [imbées, mais 
beaucoup plus fines que dans la région antérieure, coexistent avec les soies 
encapuchonnées dont la rame dorsale est absolument dépourvue dans toute 
l'étendue du corps. Pygidium demi-circulaire; ventouse anale. 

Une dizaine d'exemplaires recueillis le s3 janvier 190& dans le sable un 
peu vaseux remplissant les fissures des rochers de l'île Maskalle (Iles 
Mnsba); quelques autres individus fragmentés récoltés le a3 février, sous 
les pierres, au Plateau du Serpent, à Djibouti. 

Dimensions des plus grands individus : longueur, de f> à 8 centimètres: 
largeur, de a millim. 8 à 3 millim. 9 : le nombre des segments ne dépasse 
guère i5o. 

Coloration de l'animal vivant : vert sombre uniforme; le prostomium et 
les tentacules de teinte claire. 

Par l'absence de soies encapuchonnées à la rame dorsale, se placerait 
dans le genre Nerinides Mesnil (1) ; mais par les caractères de la lamelle 
ventrale et des soies encapuchonnées à 1 seule pointe, se range dans le 
même groupe que : Nerim Bonnieri Mesnil (2) , Nerim Sarsiana Claparède (S) 
et Nerinefoliosa Aud. et Edwards (4) . 

Je suis heureux de dédier cette espèce nouvelle à M. Lefebvre, Adminis- 
trateur des colonies, ex-chef du secrétariat du gouverneur de la Côte fran- 
çaise des Somalis, qui, par sa connaissance approfondie de la population 
indigène, m'a rendu de grands services pendant mon séjour à Djibouti. 

Genre Jlagdona Fritz Millier. 

Magelona obockensis nov. sp. 

Prostomium en forme de spatule à bords amincis, sans yeux ni aucun 
appendice; a légers sillons ciliés parallèles entre eux dans la région mé- 
diane dorsale; 9. lobes séparés de cbaque côté par une échancrure. Sur la 
face ventrale, de cbaque côté de la boucbe, un long tentacule garni de 
h rangées de papilles cylindriques, musculeuses, à fond déprimé; la face 
ventrale papillifère de cet appendice fortement pigmentée en brun. Partie 

I'. Mbshil, Études de morphologie externe chez les tnnélides. I. Les S|>i<>- 
nidieos des côtes de In Manche, Hall, teient. <l>- la France ri de la Belgique, I. \\l\, 

1 896, p, 1 r> ?» . 

w Ibii., p. 168, pi. X. 6g. 1-12. 

(3) Kd. Glaparbdi, Les ànnélides chdtopodea du golfe de Naples, a" partie; 
Mrm. de la Sur. de phye. el d'hùt. nat. de Genève, t. \\, 1869-1870, p. 7e, 
pi. XXI, fig. h. 

t*> Aiidoiin et M. Edwabds, Hiitoire naturelle du littoral de la France, t. Il, 
I». a63, et pi. VI', fig. 9-i3. 



— 45 - 

antérieure du corps «le largeur sensiblement uniforme dans toute son 
étendue, avec 9 paires de parapodes bi rames qui, seuls, marquent la sec 
menlation. Rame supérieure : un mamelon sétigère avec un éventai] 

de soies limbées en contact immédiat avec une longue lamelle surmontée, 
sauf au 1" el au 9 e sétigère , d'un cirre dorsal. Rame inférieure : le ma 
melon sétigère et la lamelle intimement soudés: celle-ci moins développée 
qu'à la rame supérieure. Soies de même forme, mais moins nombreuses. \n 
9° séligère, les deux rames s'étendent beaucoup plus dorsalem.nl cl ven- 
tralemcnt que dans les 8 premiers segments avec soies spéciales à limbe 
élargi au-dessous du sommet étiré en pointe. Partie postérieure : élargis- 
sement brusque et considérable du corps, ltame supérieure : mamelon séti- 
gère dont la saillie s'élève en s'éloignanl de la ligne médiane dorsale, avec 
un cirre dorsal à l'origine; une seule rangée de 8 crochets bidentés, enca- 
puchonnés; la dent postérieure est double. Au-dessous du mamelon, une 
lamelle quadrangulaire à angles arrondis insérée sur un pédicule étroit 
Rame inférieure : même composition; quasi-symétrie par rapport a la rame 
supérieure; une sorte de cirre ventral immédiatement au-dessous de la 
lamelle. Pygidium arrondi, avec deux courts cirres anaux subterminaux. 
Trompe très volumineuse, avec plis longitudinaux à la partie supérieure. 

Une douzaine d'individus recueillis à Obock, le 5 mars iqo4, dans les 
sables à Balanoglosses, près de la jetée construite par la factorerie Mesmer. 

Dimensions du plus grand de ces exemplaires : longueur totale, 66 milli- 
mètres, dont 8 millimètres pour la première partie; largeur, 1" partie du 
corps, o millim. 85; 2 e partie du corps, 1 millim. 45. Longueur des tenta- 
cules, 12 millimètres. Nombre des segments de la ?. c partie du corps, 1 ■>-. 

Se distingue nettement par ses tentacules à quatre rangées de papilles el 
par la différence relativement considérable de largeur des deux régions du 
corps des deux seules espèces du même genre jusqu'ici connues : Magelona 
papillicornis Fritz Millier (1) et Uagelona longicornis Johnson (ï) . 

W Fritz Mûller, Einiges ùber die Anneliden Fauna der Insel Santa Catharina, 
Arch.Jur Naturgesch. , i858,p. 21"). 

W. C. Mac Irtosh, Beitràge zur Anatomie von Magelona, Zeitsch. fur Wi$s. 

Zn„L, 31" Bd., 1878, p. 101-472, pi. xxix-xxxvm. 

.1. T. GinmnguamandG. A. Ramage, On the Polychœta sedentaria of the Firtb 

of Forth, Tram. Edimb. Soc, t. XXXIII, 1887-1888, p. 64a, pi. XXXVIII. 

fig. 6, 6 A -6„. 

Baron de Saint-Joseph, Les Annélides Polychètes des côtes de Dinard, 3* partie, 
Ann. des Se. nat. Zoologie, f série, t. XVII, p. 83, pi. IV, 6g. io4. 

Baron de Sunt-Joseph, Les Annélides Polychètes des côtes de France (Manche 
.1 Océan), Ann. des Se. nat. Zool, V série, t. V. 1898, p. 354, pi W 
p. t66. 

F. Mksn-il, kc. cit., p. 257, pi. XIV, 6g. 27-33. 

W H. P. Johnson-, The Polychaeta of the Pugel Sound, région, Proceed oj the 
Boston Soc. ofnat. History,t. XXIX, n" 18, 1901, p. il 4, pi. XI, 6g. n5-n8. 



— 66 — 
III. Famille des ariciens Aud. et Edw. (Sars, Mgrn. rev.). 

Gkni;k Aricia Savigny (Aud. cl Edw. rev.). 

\i'.k;ia Chevàlieri Fauvel (,) . 

J'ai recueilli six individus de celle espèce, déjà signalée sur la côte occi- 
dentale d'Afrique, le 11 février 190A, dans les sables vaseux à l'Ouest 
de la Résidence, à Djibouti, et un autre exemplaire, tout près de là, 
cinq jours plus lard, dans les sables du récif au Nord d'Ambouli. 



Sua le Ptychodska ebïtuk.ka Spengel, 

l'Ail M. Cil. GlUVIEIl. 

I 

Lorsque J. W. Spengel s'occupait à recueillir les matériaux qui ont servi 
de base à ses belles recherches sur les Entéropncustes m , il reçut, en 187*). 
du D r 0. Paulson, un exemplaire incomplet, eu plusieurs fragments, d'un 
Ralanoglosse qu'Alexandre Kowalevsky avait rapporté de la mer Rouge el 
offert au Musée zoologique de l'Université de Kiew. On ne connaissait pas 
le lieu de provenance de cet être, dans lequel le professeur de Giessen re- 
connut une forme appartenant au genre Ptychodera Eschschollz, mais se 
distinguant par toute une série de caractères des espèces alors décrites du 
même genre et qu'il appela Ptychodera erylhrœa. L'animal a été dessiné 
par 0. Pelers, de Gôttingen. en grandeur nature, avec la couleur gris- 
verdàtre et des reflets de teinte rouille qu'avaient pris les fragments con- 
servés dans l'alcool. Spengel a indiqué par un trait en pointillé la forme 
probable de la trompe, dont la base seule avait subsisté; il manquait égale- 
ment une partie assez longue de la région postérieure du corps. 



(l) Kaivkl, Los Annélidcs Polydièlcs de la Cassinaace rapportées par \l. àug. 
Chevalier, liull. de lu Sur. linnéenne de Normandie, .">" série, l. V. 1901, p. 63, 
fig. a3-a8. 

< 2) J. W. SpbkGKL, Die Enteropnensten dos Golfes von Noit|>e| inid der an- 

granzenden llcerea kbsduaitte, FmmaundFîera dm Gobfm von Nêapel, K Vif I e mo- 
nographie, i8i);<, 7. r ).s pages, 37 planches. 



II 

En mai 190s, c'est-à-dire neuf ans après la publication de l'importante 
monographie de Spengel, C. B. Klunzinger, qui a si fortement contribué 

à nous faire connaître la faune des récifs de la mer Roup-c, a donné, à l'oc- 
casion de la réunion, à Giessen même, des zoologistes allemands, de nou- 
veaux détails fort intéressants sur le Ptychodera crylhrœa Spengel (1) . Il 
pense que l'exemplaire étudié par Spengel a été récolté par A. Kowalevskv 
à Tor, dans le golfe de Suez, en 1870. H trouva lui-même de nombreux 
exemplaires du Balanoglosse à Koseir (au Sud de Tor, sur la côte africaine 1 
<[u'il ne put, bien entendu, déterminer exactement, mais qu'il reconnut 
très bien plus tard dans la description de Spengel; il prit à ce moment 
même des notes et des figures relatives au Ptychodera en question. 

En 1873, à son second séjour à Koseir, Klunzinger recueillit encore 
de temps à autre cet animal vermiforme dans les flaques peu profondes des 
récifs, à fond couvert de sable, là où croissent les plantes marines de la 
famille des Naïadées : Ha/odule, Halophila, Cymodoce, dans la zone que 
Klunzinger appelle la rrSeegraszone". Ces flaques perdent, à marée basse, 
tout contact avec la mer; la température de l'eau s'y élève très haut, en été, 
y descend assez bas en hiver pour produire sur le pied une impression de 
froid sensible. A certaines époques de l'année, une fois en hiver, une ou 
deux fois en été, certains écueils restent à sec jusqu'à deux jours et deux 
nuits. Alors meurent en masse les animaux qui y sont restés; certains 
d'entre eux, qu'on ne voit jamais ou qu'accidentellement en temps ordi- 
naire, quittent alors leur refuge pour venir à la surface : c'est le cas. en 
particulier, pour le Ptychodera erythrœa (i er et 27 août 1872). Tandis qu'il 
ne trouvait l'animal que très rarement, souvent en fragments, après avoir 
fouillé péniblement le sol, il prenait, dans les circonstances qui viennent 
d'être rappelées, au fond de l'eau devenue très chaude, un grand nombre 
d'exemplaires entiers, à peine enterrés dans le sable ou même à la surface, 
encore vivants, mais languissants. Malheureusement, faute de récipients, 
et bien qu'il eût le soin de renouveler chaque jour l'alcool dans les quel- 
ques tubes qui lui restaient alors et où il les avait accumulés, Klunzinger 
perdit entièrement les matériaux qu'il avait ainsi avantageusement ras- 
semblés. Il ne rapporta en Europe que quelques petits exemplaires séparés 
dans des tubes difficiles à retrouver au milieu de sa grande collection 
d'animaux inférieurs de la mer Rouge. Mais, à l'aide de ses notes et de ses 
croquis pris sur le vivant, à l'époque de son premier voyage, le vénéré 
zoologiste a pu fournir de nouveaux documents sur le Ptychodera eryàrm 
Spengel. 

(1 > C. B. Klunzinger, Ueber Ptychodera erylliraea Spengel mm den Rotisen 
Meere, YerharulL der d. Zod. GeselUch., 12 e Vers., 1903, |». 196-803, '1 figure*. 



48 — 



III 

Quelques mois avant la communication de C-B. Kiunsinger, le i5 fé- 
vrier i [)oa , un jeune zoologiste français, A. Krem|)f, recueillait, dans le 
salilc corallien du récif des Messageries (port de Djibouti), la partie anté- 
rieure d'un Balanoglosse d'un blanc crème uniforme, les saillies de la 
région hépatique étant cependant légèrement verdâtres, et qui n'est autre 
que le Plychodera erylhrœa Spengel. La photographie grandeur nature qu'il 
en lit sur le vivant et <jui est fidèlement reproduite ici (fig. 1) est intéres- 
sante à tous égards, car elle permet 
de se rendre compte de la physio- 
nomie de l'animal en activité et de 
comparer les dimensions des diverses 
parties du corps à l'état d'extension 
et après lixation et conservation dans 
le formol, préférable ici à l'alcool 
pour l'étude morphologique. Ce Ba- 
lanoglosse sécrétait un mucus abon- 
dant jaune brun à odeur d'iodoformc. 
La trompe s'effile graduellement 
d'arrière en avant et se termine à 
l'état de repos en pointe mousse; sa 
longueur est de 1 a millimètres, sa 
plus grande largeur, de 10 milli- 
mètres (lig. 2). La ligure 1 montre 
que cet organe musculeux et fouis- 
seur peut se déformer sensiblement 
lorsque l'animal cherche à creuser 
dans le sable. Sur les deux faces 
dorsale et ventrale, un sillon médian 
(jui s'approfondit d'avant en arrière 
s'étend sur la moitié postérieure de 
la trompe, qui repose sur un pédi- 




Fi.r 



Plychodera erythrœa Sjjeiifjel , 
<i après une photographie grandeur 
nature prise sur L'animal \i\ant, par 



M. Krempf. Les parties exactement cule très étroit. Immédiatement au- 

au point sur le cliché ont seules été dessous de ce sillon, sur la face ven- 
conservées. L'animal est m. «le trois lral S(1 vnil ,, (l d(>i; ,| au 

quarts par la lace ventrale. „ . „ °. , ,* ia Q \ 

1 r genre Phjchodcni hscliscnoltz (lig. 6) 

(jui a, chez l'exemplaire décrit ici , un peu moins de 5 millimètres de lon- 
gueur et de '.) dans sa plus grande largeur; il présente une symétrie assez 
nette et se laisse décomposer en un lobe antérieur impair et trois lobes 
pairs; les binirsoulliires arrondies et assez régulières de la surface le font 
ressembler è un Chou-Fleur, comme l'indique Spengel [blumenkohlâhnlichcs 
Organ), ou peut-être mieux à une grappe de lîaisin, comme ledit hlun- 



— 49 — 

r.inger (traubenfôrmiges Organ). Cet organe, d'apparence glandulaire, qui, 
comme Spengel l'a observé, est formé par des évaginatîons de la cavité ven- 
trale de la trompe, prend ici un développement exceptionnel et carat I 
tique: cependant Willey (1 . Spengel et Punnetl s ont Bignalé uu organe 
semblable, mais plus réduit, chez d'autres formes du même genre. 





r. 'j. -- Partie antérieure du Fig. 3. — Partie postérieure de I ;• [rompu, 

corps: force dorsale. avec sou organe annexe. 

T. Trompe. — C. Collier. T. Trompe. — C. Collier. — 0. Organe annexe de la Irompe 

I. Ailes génitales. (Blumenkohlàhnliches Organ de Spengel). 

h, collier qui, comme l'a observe Klunzinger, est sensiblement cylin- 
drique, a, chez l'exemplaire de Djibouti, 9 millimètres de longueur et 
12 millimètres de largeur à la base. Le bord libre esl un peu ondulé-, la 
surface , assez fortement contractée, offre des rides transversales dont le sillon 
collaire ne se distingue pas très nettement: en revanche, le sillon trouco- 
collaire est assez profond et dessine une échancrure de la ligne médiane 
ventrale. 

Les différences entre l'animal vivant et l'exemplaire conservé et cepen- 
dant en très bon état s'accusent ici d'une façon saisissante. Si l'on considéra 



'■> A. VViiAEv, On Ptychodera (lava Eschscholtz , Quart. Journ. oj mû 

Science, II. t., \ol. XL, i8q(), p. l65-l83. 

M J.-W. Spkngkl, Neue Beitràge zur Kenntniss der Enteropneuaten, Zool, 
Jahrb., Abih. fur Anat. und Ontog. der Thiere, 1 8 e ' Bel., 1903, p. 37i-3a6, 
pi. XXIV-XXIX, 5 figures dans le texte. 

; li. C. Pi vnf.tt, The Fourni and Geography of the Waldive and Laceadite 
Archipelagoes. The Enteropiieusta; vol II, pari. H, 190/1 . p. 63i-68o,fol. XXXVII- 
XLVI, fij;. 1 30-121 dans le lexle. 



Muséum. 



xi. 



— 50 — 

la figure i, on voit que le collier, en extension dans sa partie antérieure, 
forme une ample collerette largement ondulée autour de la trompe; dans la 
partie postérieure à demi contractée, qui semble plus large que la région 

précédente et séparée d'elle 
par une rigole circulaire, on 
distingue le sillon collaire et 
le sillon tronco-collaire avec 
sa pointe postérieure ventrale. 
La longueur du collier atteint 
ici 1 5 millimètres en certains 
points; il est vraisemblable 
d'admettre qu'à l'état d'exten- 
sion complète il mesurerait 
de 17 à 18 millimètres, soit 
le double de ce que j'ai noté 
sur l'exemplaire conservé. Je 
n'ai discerné aucune trace des 
bandes longitudinales colo- 
rées dont parle klunzinger et 
qui correspondraient, d'après 
lui, au kragenmark de Spen- 
gel. 

La portion conservée du 
tronc qui, sur la pbologra- 
pbie, mesure 8 centimètres 
de longueur, ne dépasse guère 
(j centimètres chez l'exem- 
plaire conservé dans le for- 
mol et correspond à la région 
branchiale et à la partie anté- 
rieure delà région hépatique; 
les ailes génitales s'étendaient 
au delà du niveau où la rup- 
ture s'est produite. 

Si l'on écarte les deux ailes 
génitales, on remarque 1111 
cordon axial (fîg. 4), c'est le vaisseau dorsal et, de chaque côté, deux i\v>^ 
bourrelets longitudinaux, dont la largeur décroît d'avant en arrière, et de 
part et d'antre de ceux-ci, des masses do disposition en apparence anneléc 
dur vraisemblablement à L'étal de contraction de l'animal conservé, avec des 
stries transversales très marquées; on sait en outre que les fentes bran- 
chiales offrent un allongement caractéristique chez le Ptyekodem cry- 
threea. 




Fig. h. — Partie antérieure du tronc, vue par 
la l'ace dorsale, les ailes génitales A étant 
écartées. 



<:. Collier. 



1I1 



11. Région branchiale. — 1. Vaisseau 
al. — //. Région hépatique. 



— 51 — 

La région branchiale vient se terminer en pointe dans un large tubefor- 
mant comme un cœcuni volumineux de chaque côté d'elle; les deux bour- 
relets médians se continuent en une série de boursouflures qui accompa 
gnent le vaisseau dorsal sur un court trajet. Au niveau où cessent les 
bourrelets, des duplicalures profondes de la paroi granuleuse de cette 
région hépatique donnent à celle-ci, à cause de leur disposition régulière 
par paires, une apparence métamérisée. Les saillies de la surface s'exagèrent 
graduellement d'avant eu arrière: malheureusement, la rupture s'esl pro- 
duite dans ce que Klunzinger appelle la région hépatique antérieure. 

Les ailes génitales sont excessivement développées; à quelque distance 
du sillon tronco-collaire, elles atteignent une largeur de 3a à 33 milli- 
mètres. Elles s'insèrent très près de la ligne médiane ventrale; leur paroi 
épaisse s'amincit sur les bords libres, qui viennent s'affronter dans le plan 
de symétrie et peuvent même se recouvrir partiellement. Elles présentent 
une annulation externe régulière assez serrée. Sur l'animal en activité, on 
voit les sillons de la surface se creuser davantage, grâce à la contraction de 
la puissante couche musculaire longitudinale externe. Les organes génitaux 
forment des masses volumineuses à contour irrégulier, visibles par trans- 
parence, et dessinant, à la face interne des ailes, une sorte de mosaïque a 
grands éléments. 

Celte forme a été recueillie à 'for et à Koseir, c'est-à-dire dans la partie 
septentrionale de la mer Hougc; il est intéressant de la trouver à Djibouti, 
c'est-à-dire dans le golle d' Vdcn, à l'entrée de l'océan Indien, à 1,600 kilo- 
mètres environ au Sud de koseir. 



Sur un nouveau Siponcle de la collection du Muséum 

(SlPUNCULUS JOUBINI I10V. Sp.), 
PAR M. MARCEL-A. HÉRUBEL. 

L'animal dont je vais faire la description provient de la Nouvelle-Calé- 
donie (i 86 8) : 

Extérieur. — Le corps est long et l'introvert court, de couleur blan- 
châtre, uniforme. Des papilles disposées sans ordre couvrent la base de 
l'introvert sur une longueur de 2 cent. a. Les mêmes papilles se retrouvent 
à l'extrémité caudale; mais il n'y en a que sur le corps. La peau est trans- 
parente. Une couronne complète d'environ 18 tentacules entoure la bouche. 

Papilles (fig. I). — Ovoïdes et légèrement bombées, elles Iraiirlinil 
parleur teinte noire sur le fond blanc. Elles consistent essentiellement en 
une hampe axiale d'où rayonnent des sortes d'aiguilles triangulaires, q 
s'insèrent parleur base sur la périphérie de la papille. J'ai dit aiguilles 

h. 



m 



— 52 — 

niais il ne Faudrait pas croire qu'elles sont identiques aux productions pro- 
boseidiennes de nombre de Sipunculides. Celles-ci sont fortement chili- 
oisées ; les premières, au contraire, le sont fort peu. Les unes sont toujours 
isolées, les autres toujours réunies en organe défini :1a papille. C'est peut- 
être, d'ailleurs, pour cette raison qu'elles sont si faibles. 




Fig. 



Panillo de la base de l'introverl. 



L. aiguilles triangulaires. — Mtg. .Muscles tégumentaires 
longitudinaux. — M.ci. Muscles tégumentaires circulaires, 



Taille , principaux remports , <tc. — Les principales dimensions sont les 

suivantes : 

centimètres. 

Largeur de l'interne: I. . .* i,5 

Largeur du corps i 8,3 

Taille de l'animal aa,8 

Diamètre du corps nu niveau des rétraetcurs i,o 

Diamètre du corps an milieu du tiers postérieur o.^* 

Distance directe de la bourbe à l'anus li.o.j 

Distance directe de la bouebe auv pores néphridiens 6,70 



Les pores néphridiens sont donc au-dessus de l'anus de ocent. •?.') [\\g. 11). 

Téguments et muscles réfracteurs. — La cuticule est mince: elle abrite 
des canaux cutanés. Les muscles tégumentaires circulaires, très étroits, 
mais très nombreux, bien nettement délimites, avec des anastomoses, 
épais el compactes. Les muscles tégumentaires longitudinaux, au contraire, 



— 53 — 

sont très largos, — de vrais rubans, — d'épaisseur très faible, peu com- 
pacts, à peu près égaux, sans beaucoup d'anastomoses, même pas dans 
l'introvert. lis sont au nombre de dix-huit (fig. 11 . 



MIJg. 



a —An. 




F if j. II. — Région de l'anus el des népuridies. 

Mljf. Muscle tégumentaire longitudinal. — M. cp. Muscle circulaire. — ■ 
\mt. Anastomose musculaire. — An. Système de fibres entou- 
rant l'anus. - — R. Rectum. Np. Néphridie. 



Les quatre muscles rétracteurs de l'introvert ont la même structure que 
ces derniers : rubane's minces' 11 , etc. Les deux ventraux prennent naissance, 
le droit sur les 2 e et 3 e muscles légumentaires longitudinaux ; le gauche, sur 
le .'5 e el 4 e '■-'. Les deux muscles dorsaux, plus faibles, se détachenl , à droite 
des U% 5 e et 6 e muscles tégumentaires longitudinaux, à gauebe des '■'< 
et 5". La course des ventraux mesure i5 cent, i; colle des dorsaux, 
10 cent. 2. En d'autres termes, les rétracteurs couvrent un peu plus de la 
moitié delà longueur du corps. Us sont libres dans la presque totalité de 
leur trajet. Un peu au-dessous de la couronne tentaculaire ,*les deux dor- 
saux se jettent dans les ventraux et se fusionnent avec eux (fig. III). 

L'appareil digestif est une double spire d'environ 29 tours lassés les uns 
sur les autres. Les dix-huit tentacules minces et flasques qui entourent la 
bouebe, communiquent par l'intermédiaire de l'anneau péripharyngien 
avec un ccecum contractile de Poli unique ; il court sur la génératrice 
dorsale de l'œsophage, étroit et pourvu de petites digitalions (fig. Ml Le 
muscle de la spire s'attache en haut au-dessus de l'anus. \ l'extrémité 



1 Mais cependant moins que les longitudinaux du tégument. 
M On énumère les muscles tégumentaires longitudinaux en partanl du cordon 

nerveux. 



— M 



postérieure, il s'épanotiil sur le péritoine par quatre expansions princi- 
pales très nettes. De sa sortie de la double spire à sa terminaison , il est 
libre sur une longueur de 6 cent. 5. Le rectum sans divirlicule est sur- 
monté, h l'endroit où il se jette dans l'anus, d'un grand nombre de libres 
niusculo-conjonctives en éventail japonais. Il n'y a que fort peu de brides 
pariélo-visrérales | Gg. II). 




Mrd. 



mrs. 



Mrv. 



Fip. III. — Les réfracteurs, l'œsophage et le canal dorsal île Poli, 
[."[eu de fusionnement des rétractcurs dorsaux Mrd ol des 
réfracteurs ventraux Mrv. — ■ Un mésentère mrx réunit 
l'œsophage <>(• aux muscles. — cd.P. Canal dorsal de 

Poli. — di|f. Di||italion. 

Les deux nèphridies courtes, mesurant 9 cent. 3, sont libres dans le 
coelome (tig. II). 

Le système nerveux ventral se présente sous la forme d'un ruban. Il n a 
pas de renflement à son extrémité postérieure (1) . 

Us œufs sont ronds, mais je n'ai pas trouvé de glande génitale : l'ani- 
mal n'était probablenenl pas en période de reproduction au moment où il 
a été lixé. 

\ffinites. — J'ai décrit dans ce même Bulletin^, sous le nom de Sipun- 
eulus Bonhourei, nnSiponclc du golfe de Tadjonra qui présente avec S. .lou- 
bini quelques points de ressemblance. Il en diffère cependant par certains 
caractères que je ne ferai qifénumérer sans les analyser : tentacules, papilles, 
forme des nèphridies, distance du pore néphridien de L'anus, insertion du 
muscle delà spire, brides musculo-conjonctives de l'extrémité antérieure 
de la double spire intestinale. D'autre part, la structure de ses papilles, 
son faciàs général, rapprochent S. Joubini de S. cumanensis vitrants. Mais il 
ne se confond pas avec ce dernier par le détail de ses papilles et l'absence 
de diverticule rectal, etc. Il doit prendre place entre S. cumanensis vitrenu, 
S. Bonhourei d'un cAté et S. edulis «le L'autre côté. 

(') Je prie le lecteur de considérer comme Bynonyraes les tenues antérieur <-t 
supérieur, d'une part , et postérieur, inférieur, caudal, d'an lit- pari, 
w Numéro il'' novembre 1 90a. 



— 55 — 
Note prblimiimkb si n les Qpbii rbs i>i Tra\ lillbdb et di Tamsmxn 

PAR M. R. KOEHLER, PROFKSSKI H \ 1,'U.M VKIIsn K 1)1 | iT n\. 

Les Ophiures du Travailleur et du Talisman ne m'ont été remises qu'en 
190^, et je ne puis donner encore que quelques renseignements généraux 
sur cette collection. 

Le nombre des échantillons est assez considérable, mais la plupart s,. 
rapportent à des espèces déjà connues. Le nombre des espèces nouvelle! 
se trouve diminué par cette circonstance que, pendant les vingl années 
qui se sont écoulées depuis l'époque des dragages des deux bâtiments, 
divers travaux ont été publiés sur les Ophiures abyssales et plusieurs espèces 
ont été décrites, qui, en fait, avaient été découvertes par le Travailleur 
et le Talisman. Je retrouve notamment plusieurs espèces que j'ai l'ail con- 
naître d'après les exemplaires recueillis par le Gaudan, par ia Prineesst 
Alice et par Yhwestigator, postérieurement aux dragages du Travailleur el 
du Talisman. 

Les Ophiodermatidées ne sont guère représentées que par des Peclmura, 
les formes littorales appartiennent à la P. scmicincta Studer, mais les échan- 
tillons abyssaux, de grande taille, forment une espèce nouvelle. 

Les Ophiolépidées renferment de nombreux représentants des genres 
Ophioglypha et Ophiomusium. Outre quelques Ophioglypha nouvelles, je 
signalerai l'O. bullata W. Thomson draguée à lij8 , j-li[)-^ mètres, L'O. con- 
creta Koehler, dont le type a été trouvé dans l'Atlantique, par la Princesse- 
Alice, l'O. Ljungmanni Lyman, offrant sur la face dorsale de son disque 
les petits piquants signalés par Verrill, et l'O. camea Liitken assez ré- 
pandue : ces espèces étaient déjà connues dans l'Atlantique. Parmi celles 
qui n'avaient pas encore été signalées dans cet océan, je citerai les O.fia 
gellata et inomata Lyman, ainsi que 0. démens, dont le type a été trouvé* 
par le Siboga, dans l'archipel de la Sonde. 

Les Ophiomusium sont surtout représentées par de nombreux 0. Lymani 
el par des O.planum; il y a aussi trois exemplaires d'une forme très élé- 
gante, 10. pulchellum Lyman. 

Je signalerai encore dans la même famille un Ophiocten nouveau prove- 
nant d'une très grande profondeur et représenté par de nombreux exem 
plaires, une Ophiozona presque identique à l'O. molesta Koehler recueillie 
par le Siboga dans l'océan Indien . une nouvelle espèce du génie Ophiocrates 
également découverte par le Siboga et enfin quelques échantillons à'Ophio- 
iypa simplex Koehler : j'ai décrit cette Ophiure intéressante d'après un 
individu dragué par YInvestigator dans l'océan Indien: la Princesse- ilice l'a 
retrouvée dans l'Atlantique. 

Les Amphiuridées sont représentées par un Ophiochilon nouveau voisin 
de l'O. ambulator, par plusieurs Ophiactis et imphiura don! quelques-unes 



— 56 — 

sont nouvelles et par une Ophiomyces nouvelle, voisine de VO. spathulifera , 
mais avec des piquants sur le disque. Les formes littorales ou côtières 
comprennent surtout des Ophionereis relîculata Say et Ophiopsila aranea 
Forbes. 

Les Ophiacanth idées sont très nombreuses, notamment les espèces du 
genre Ophiacantha dont plusieurs sont nouvelles. Je citerai particulièrement 
PO. Valenciennesi Lyman représentée par quelques exemplaires et qui 
n'était encore connue que dans l'océan Indien. 11 y a aussi plusieurs Ophio- 
plinthaca et quelques < ipliioscolex purpureus Dïiben et Koren. Je retrouve 
enfin dans la collection YOphiotrema Alberli Koehler; le type, découvert 
par la Princesse- [lice, provenait d'une profondeur supérieure à 4,ooo mè- 
Ires; le Talisman a dragué cette espèce à une profondeur voisine. 

Les Opbiothricidées olfrent diverses formes littorales (YOphiotliri.r fragilis 
et quelques Ophiothriœ nouvelles provenant de profondeurs moyennes. 

Les Streptophiures sont peu nombreuses: il n'y a guère que des Ophio- 
myxa littorales (0. pentagona Lyman) et une belle Ophiobyrsa qui ne me 
parait pas différer de l'O. hystricis Lyman. 

Enfin les Gladophiures ne sont représentées (pie par deux exemplaires 
d'une \strochema voisine, mais différente de VA. salir, et trois istronyx 
Locardi Koebler, identiques au type que le Caudan a découvert dans le 
golfe de Gascogne. 



Coviestif pour Poissons (Squalidks). 
par M. Auguste Pettit. 

Au cours d'expériences l) sur des Squalides, j'ai dû me préoccuper d'un 
moyen de contention assurant l'immobilisation des animaux sans produire 
cependant de traumatismes; ces Poissons sont, en eilet, d'un maniement 
délicat, et des pressions même légères sullîsent pour provoquer des ecchy- 
moses qui exercent une influence très fâcheuse sur leur vitalité. 

Le dispositif suivant m'a rendu d'utiles services pour les vivisections que 
j'ai pratiquées sur des iMuslelus, des Acanlhias el des Scylliums: il se com- 
pose essentiellement d'une planche el de deux barres mobiles: 

a) La planche est horizontale, munie de quatre pieds, de façon à pouvoir 
être posée sur une table de dissection; elle mesure 8o centimètres de 
longueur sur 3o centimètres de largeur et présente une rainure médio- 
longiludinale de 70 centimètres de longueur rétrécie progressivement d'une 
extrémité à l'autre: en outre, de part et d'autre des deux extrémités de la 

"' Ces expériences ont été laites au laboratoire maritime du Muséum ; 
j'adresse, à re propos, mes remerciements à M. Malanl. pour sou aimable con- 
cours. 



— 57 — 

rainure médiane, ont été pratiquées deux autres petites rainures transver- 
sales, destinées à recevoir chacune un écrou à ailettes: 

b) Les barres longitudinales sont quadrangulaires el peuvent être ûxécs 
dans la position convenable au moyen des écrous à ailettes sus-indiqués; 
elles sont munies sur leur face supérieure d'une bande de cuir, portant de 
centimètre en centimètre un crochet-agrafe. 

La contention du Sélacien s'ellèctue de la façon suivante : ranimai, saisi 
par la tête et par la queue, est déposé dans la gouttière formée par la 
planche horizontale et les barres longitudinales, en engageant la nageoire 
dorsale et la partie supérieure de la nageoire caudale dans la rainure 
médio-longitudinale: ceci fait, les deux barres sont appliquées contre les 
parties latérales des Poissons et immobilisées , dès que la pression est jugée 
suffisante, au moyen des écrous à ailettes; puis, au moyen de deux liens, 
on lace les deux extrémités du corps, en réservant l'espace du champ opé- 
ratoire: enfin on coifle le museau d'un petit sac de toile résistante, munie 
de deux cordons qu'on attache à deux crochets fixés aux extrémités des 
barres; ce dernier assure définitivement l'immobilisation el permet en 
même temps de fixer un tube par lequel on assure, dans la cavité buccale, 
un écoulement d'eau de mer. 

Sur des Squalides immobilisés dans ces conditions, on peut faire tout à 
l'aise les vivisections, sans avoir à craindre de traumalismes. 



Sllli DES HTPERPLASIES CONSÉCUTIVES TISSULURKS À 1? Alil.ATIOX I)K LA IUTF. 

(ME/. LES IcBTHYOPSIDÉS, 

par \I" L ' Anna Drzkwina et M. Auguste Pkitjt. 

Dans l'embranchement des Vertébrés, les appareils lymphoïdcs présentent 
un perfectionnement organique sensiblement parallèle au développement 
phylogénélique, et, à ce point de vue spécial, on peut distinguer deux 
grands groupes caractérisés par la présence (Mammifères et Oiseaux) ou par 
l'absence (tous les autres Vertébrés) (1) de ganglions lymphatiques. 

Il est à noter que, en revanche, ces derniers animaux offrent fréquemment 
l'exemple de localisations lymphoïdcs affectant les organes les plus divers 
(cerveau, cœur, foie, intestin, œsophage, rein), et constituant même, 
chez certains types, de véritables appareils anatomiques; cette évolution 
est d'ailleurs insensible, et on peut trouver dans la série zoologique tous 

'' A l'exception peut-être des CrococUliens. Qwen a, en effet, signalé, chez le 
Croeadilm acutux Cuv., la présence d'un ganglion lymphatique (?) mésentérique, 



— 58 — 

les stades intermédiaires entre les simples amas de cellules lymphatiques et 
les orgaues les plus perfectionnés. 

L'étude de la structure histologique des organes lymphoïdes des Ichthyop- 
sidés nous a conduits à étudier leur rôle et à examiner les corrélations 
qui, chez quelques Vertébrés inférieurs, particulièrement favorables à ce 
point de vue en raison d'absence plus ou moins complète de moelle 
osseuse, unissent entre elles la rate et certaines des localisations lymphoïdes 
sus-indiquées. 

Pour des raisons de commodité expérimentale, nous avons choisi l'An- 
guille (Anguilla anguilla L.) et la Roussette (Scyllium canicula L.), dont le 
rein chez celle-ci, l'œsophage chez celle-là. renferment une proportion 
notable de tissu lvmphoïde (1) ; chez ce dernier animal même, la masse ren- 
fermée dans la portion initiale du tube digestif cesse d'être un amas diffus, 
pour se transformer en un véritable organe (2) . 

Sur plusieurs exemplaires de ces deux espèces de Poissons, nous avons 
extirpé la rate (1) avec les précautions habituelles d'asepsie; cette opération 
a été en général bien supportée; les animaux ont été sacrifiés en état de 
bonne santé apparente du quatrième au treizième jour, et leurs tissus étu- 
diés bistologiquement, comparativement avec des témoins. 

Consécutivement à la splénectomie , dans les cas suivis d'une survie 
suffisamment prolongée, on constate une prolifération réactionnelle (1) 
constante, soit du tissu lymphoïde du rein, soit de l'organe de Leydig, 
caractérisée par divers processus dont le plus manifeste consiste dans 
l'augmentation très sensible du nombre des karyokinèses des éléments lym- 
phoïdes. 

D'autre part, les mononucléaires sont le siège d'une évolution que nous 
nous bornerons à signaler ici sommairement. Sur les coupes fixées au 
liquide de Zenker iodé et colorées à l'éosine-orange-bleu de loluidine, le 
cyloplasma de certains de ces éléments cesse d'être basophile et s'im- 
prègne d'une substance dont les réactions vis-à-vis de l'orange présentent 
les plus grandes analogies avec celles de l'hémoglobine. Cette variation 
des affinités chromatiques coïncide avec une modification du cyloplasma 
et du noyau, qui finissent par revêtir les apparences des mêmes formations 
des hématies. 

M C'est en raison môme de leur importance que nous avons choisi, entre plu- 
sieurs autres, ces localisations. 

(1) A. DnziwiNA, Sur l'organe lymphoïde de l'œsophage des Sélaciens. (C. R. de la 
Soc.de Biologie, 190/1, I. l,\l, p. <>.'J7.) 

Pour l'immobilisation des Sélaciens, voir le coutentif décrit dans la note 
précédente. 

('■' Pour le détail des observations et des expéri :es, ainsi que pour les li;;ures 

et la littérature, voir la thèse que M" 1 ' A. Drzewina soumettra prochainement à la 
Faculté des sciences de Paris, 



— 59 — 

L'hyperplasie compensatrice qui, consécutivement à la splénectomie (l 

frappe soit le tissu lymphoïde rénal de l'Anguille, soil l'organ so~ 

phagien du Scyllium, constitue la preuve des corrélations fonctionnelles 
qui. chez les Ichthyopsidés, unissent la rate et certaines localisations lym- 
phoïdes. 



Co\TRim TW\ î L 1 FLORE FOSSILE DES GRES ÉOCENES UE NoiRMOUTÏMS . 

paii M. Ed. Bonnet. 

Signalées dès 1895 par Ami Boue et pins lard par Bertrand-Geslin qui 
les rapportait au crétacé, les empreintes végétales des grès de Noirmoutiers 
n'ont été étudiées qu'à une époque relativement récente; c'est seulement en 
1881 que M. Crié a pu reconnaître, sur des échantillons recueillis par 
M. Viaud-Grand-Marais, deux espèces : Sabalites andegavensis Schimp. H 
iravcarites Roginei Sap. , assez communes dans les grès éocènes du Mans. 
et établir ainsi le synchronisme des deux dépôts m . 

Toutefois, l'opinion de M. Crié, en ce qui concerne le niveau des grès 
du Mans, a été combattue par M. Welsch et a donné lieu, entre celui-ci 
et M. Bigot, à une discussion que l'on trouvera résumée (p. A4i) dans la 
Notice sur la géologie de la Loire-Inférieure publiée par MM. Louis et 
Edouard Bureau (Nantes, 1900). 

Quelques empreintes adressées par M. Viaud-Grand-Marais à M. le pro- 
fesseur Éd. Bureau me permettent d'ajouter deux ou trois espèces à la flore 
fossile, encore si peu connue, de Noirmoutiers et de confirmer, en même 
temps , l'opinion précédemment émise par M. Crié. 

J'ai constaté, en effet, parmi ces nouveaux échantillons , l'empreinte d'un 
fruit de Nipadites, genre (3) de Palmier fossile spécial à l'éocène. en dehors 
duquel il n'a jamais été trouvé; l'espèce, moins bien caractérisée que le 
genre, sur la seule empreinte mise à ma disposition, peut l'tre provisoire- 
ment rapportée au Nipadites ParJeinsonis Bowerb. (4) , dont j'ai. <lu reste, 
reconnu une autre empreinte dans les grès de Belleu (Aisne). 

M Chez le Triton spléncctomisé , J. Jolly n'a cependant pas constat.', d'hyper 
plasie de la couche corticale du foie. 

- ; Cf. Crié, Sur la décomerte, à Noirmoutiers (Vendre), de la flore éocène t 
Sahalites andegavensis (C. R. Acad. des se, XCII, p. 700,) <'t Recherches sur In 
végétation de Y ouest de la France « l'époque tertiaire , flore des grès mm,,* du 
Mans et d'Angers. 

Viaud-Grand-Marais, Cnial. des pi. rase, de Sovrmoutien, y. 9. 

( 3 > Ce j;enre étant compris tel que l'a délimité A. R. Rbndlb : Revis, ofthe fjon. 
Nipadites {Jnurn. Linn. Suc. bot., XXX, p. i43). 

<*) Bowerrank, FossU fruits and seeds of the London Clay, p. t6, lab. IV- V. 
Rendle, loc. cit., p. i5o,tab. VII, %. R-C. 



— 60 — 

Avec ce Palmier. M. Viaud-Grand-Marais a recueilli la feuille d'un Lau- 
rier qui dillère à peine du Laurus attennuta Wat. (l) . des grès éocènesde 
Belleu. telle du moins que cetle forme m'est connue par le type de Wate- 
let conservé dans les collections du Muséum, car il y a lieu de faire remar- 
quer que certaines figures de la Description des plantes fossiles du Bassin de 
Paris ne reproduisent qu'assez imparfaitement les types de l'auteur. 

Les feuilles penninerviées , attribuées au genre Laurus, ne sont pas rares 
dans l'éocène, et il est fort probable que les nombreuses espèces décrites 
répondent à des cas de polymorphisme analogues à ceux que l'on observe 
sur les espèces aujourd'hui vivantes. 

Enfin j'ai encore a signaler, dans le même gisement, un groupe de six 
Carpolithes, rapprochés comme s'ils eussent fait partie d'une grappe; de la 
dimension d'un noyau de cerise chacun, ils sont ovoïdes un peu comprimes 
et paraissent avoir été enveloppés d'un péricarpe fibreux dont on retrouve 
encore quelques traces ; on sait que l'on range, sous la dénomination de 
carpolithes, des fruits et des graines, principalement d'origine tertiaire, 
dont les affinités sont incertaines; pour celte dernière raison, je n'insis- 
terai pas davantage sur ceux de Noirmouliers qui sont, en outre, comme 
la plupart des empreintes du même gisement, d'une conservation fort 
médiocre. 



Si i: TROIS AcâNTHACÉeS DE LA HaVTB-GuINBB, CULTIVEES \l \fvSEVM, 

par M. IIkmii Hua. 

Vers la lin de décembre dernier, M. Labroix, chef des serres, sachant 
que je m'étais occupé naguère d'une curieuse \eanthacée due à M. l'obé- 
guin, le Lepidagathis Pobeguini Hua ", me signala l'existence de jeunes 
plants de cette espèce dans les cultures du Muséum, en même temps qu'il 
me demandait d'identifier deux autres plantes de la même famille dont 
l'une venait de fleurir, dont l'autre se préparait à le faire. 

Il nous a paru intéressanl de présenter à la réunion des Naturalistes du 
Muséum ces plantes qui sont intéressantes à divers points de vue. M. le 
professeur Costanlin a mis la meilleure grâce à me fournir les matériaux 
d'études et à autoriser la sortie des exemplaires vivants pour les mettre 

devant vos \eiix. 

') Watelet, Deicript. de» pi. fot». du Btusin de Paris, p. 187, lal>. 5a, lijj. '.\ 
et h (icônes pessimae). 

IIkmii Boa, une plante problématique de la Haute-Guinée française (Lmw- 

ilajrailiiK Pobeguini n<>\. s|>.). Bull.de lu Soc. bot. de France, I... p. ■>-('> !>8i, 
pi. Wlll. 



— 61 — 

1 . L'une d'elles a été rapportée à une espèce connue : le Pluiybpsis Har- 
tvri T. Anderson; c'est le n° 10 des envois de M. Pobéguin au service des 
cultures, catalogué sous len°556i au f" ao5 des registres. — Trois échan- 
tillons de l'Herbier venant également de ICouroussa, les n°' 608, i3i et 
91 h, paraissent appartenir à la même espèce. 

Par son port général, tel que nous le constatons sur les potées des 
sen-es du Muséum, le Pli. Barteri rappelle un peu \e-Galeopsis Tclrahil L. 
de nos bois, moins les poils raides de celui-ci. ci plus encore un lli/jiocstcs 
habitant les mêmes régions que lui-même. 17/. lalifolia rlochst. . à le! poinl 
qu'avant la floraison, nous avions attribut 1 la plante en question à ce der 
nier genre. — C'est une plante herbacée à liges quadrangulaires presque 
glabres, à entre-nœuds renflés vers la base, plus longs (pie les feuilles pour 
les inférieurs, les supérieurs se raccourcissant jusqu'à devenir presque nuls 
ii la naissance de l'inflorescence terminale. Les feuilles, inégales dans 
chaque paire, ont un long pétiole, un limbe ovale oblong, acuminé aux 
deux extrémités, vaguement crénelé sur les bords, les deux faces presque 
glabres, la supérieure d'un vert intense, l'inférieure plus paie. — L'inflo- 
rescence, qui peut atteindre ici jusqu'à a5 millimètres sur 17. esl formé 
d'un épi compact de petites cymes, 3-5 flores, nées à l'aisselle de bractées 
dont les premières sont les dernières feuilles encore pétiolées de la tige. Ou 
doit remarquer que. dans chaque paire, seule la feuille la plus grande esl 
fertile: et cela continue tout le long de l'épi, quand les feuilles sont ré- 
duites à des bractées lancéolées : de cette façon celles-ci forment h séries, 
dont 2 juxtaposées, restent stériles, les 2 séries opposées étant fertiles. 
— Chaque cyme élémentaire porte deux bractéoles arrondies, ciliées, qui 
l'enveloppent à la base, et à l'aisselle desquelles naissent les fleurs de second 
ordre ; on ne retrouve qu'un rudiment, souvent à peine perceptible, de 
bractéoles de 2 e ordre, même s'il se développe des fleurs de 3' ordre. — 
Le calice à sépale postérieur large, à sépales antérieurs spathulés, à sépales 
latéraux beaucoup plus courts et aigus, dépasse un peu les bractées. Il 
est lui-même longuement dépassé par la portion évasée du tube de la 
corolle. Celle-ci se termine par 5 lobes presque égaux, maisdisposés nette- 
ment en 2 groupes; les deux supérieurs dressas formant une lèvre supé- 
rieure, les 3 inférieurs étalés, simulant une lèvre inférieure : celle appa- 
rence bilabiée est augmentée du fait que. sur le plancher de la lèvre infé- 
rieure, six taches carminées en deux séries se détachent sur le Fond d'un 
blanc pur. Rien à dire de l'ovaire (à 2 1 ovules superposés dans chaque loge 
muni au sommet de quelques poils glanduleux qu'on retrouve sur !<• spmmel 
de la capsule, non plus que du style et des h étamines. 

Au sujet delà couleur de la corolle, j'observerai que des fleurs, recueil 
lies dans les serres à k heures du soir, bien blanches, sauf les taches signa- 
lées, étaient devenues à 8 heures entièrement d'un rose pâle, .le rapproche 
cette observation de la différence signalée par M. Pobeguin entre les 



— 62 — 

n 05 608 et 53i d'une part, mentionnés comme ayant les Heurs blanches, et 
le n" 91 h, comme ayant les lleurs roses. II n'y a sans doute pas, dans cette 
diversité de teinte, matière à distinction spécifique, si d'autres caractères 
ne sont pas révèles par une analyse plus approfondie de ces types. 

Pendant la maturation du fruit, ainsi que nous l'avons vu sur les étalons 
conserves au Laboratoire des graines, les bractëoles arrondies s'accroissent, 
puis se dessèchent. Il en est de même des sépales, qui cachent complète- 
ment la capsule. Celle-ci, oblongue courtement acuminée. comprimée, a 
un cadre marginal épais, élastique, dont les bords s'écartent l'un de l'autre 
lors delà déhiscence, en laissant les parois antérieure et postérieure fen- 
dnes par le milieu se détacher de lui à la base, en même temps, les pla- 
centas se libèrent aussi par la base; par le jeu de ces combinaisons diverses 
d'organes élastiques, les graines sont dispersées au loin. Il y en a ordinaire- 
ment deux venues à bien dans chaque capsule: elles sont lenticulaires, 
aplaties, brunâtres, et garnies de poils hygroscopiques qui, sous l'influence 
de l'humidité, se développent en rayonnant autour du disque. 

Dimensions en millimètres. — Feuilles : p. de 3o à o : 1. de 1 16 sur k 2 
à îa sur 5: bractéoles jeunes, 10 sur 8; mûres, \h sur i4; sépale pos- 
térieur j., 8 sur 3,5: mùr. 10 sur h ; corolle, longueur totale, ta; cap- 
sule, 7 sur 3. 

Le Phmjlopsis liarieri n'avait pas encore été signalé dans une localité 
aussi septentrionale: les exemplaires types avaient été rapportés par Barter 
du Bas-Niger. On l'avait retrouvé au Togo et, en outre, plus au Sud au 
Gabon et vers l'Est, dans leBongou et le Djour. En Sénégambie. Heudelot 
et Perottet avaient récollé le Pli. parrijlorti Willdenow, espèce très voisine. 
mais à Heurs plus petites et à bractéoles plus larges, espèce également ré- 
pandue en Abyssinie et dans l'Est africain. Le Pli. longijolia T. Thomson a 
une aire d'extension analogue. 

Ce sont, eu somme, des espèces vulgaires abondamment répandues. 

2. Il n'en est pas de me'me pour la deuxième espèce qui a Henri dans 
les Serres et appartient au genre llungin : elle est fort différente de* quatre 
espèces africaines jusqu'ici connues; en voici la description : 

Rungia eriostachya nov. sp. 

Gaules tercles tenues, prinium crecti, nio\ prostrali, pubcscniles. inlernorliis 
ijuam lolia brevioribus. 

l'olia petiolata, ovalo-lanccolala , liasi in petîolum paruin ilecurrenlia , marginc 
obscure simiala ; apîce acuta, utrinqae \ i\ pubescentîa. 

Iiifloresrniitiii strobiloidea quadrata elonjfata, bracteû rotundatîs, margine sca- 
rîosa Inlissima, parle centrali -nblanrenlata arula, ulrimpie lanugnUMI. 

Flores in axillis solilarii. rorolla labiis tanluin e\serta, ad basim ?. brarteolali : 
bracteoKfl lanreolatis, acutis, dorso marjjinibusque laniij;inosi>. 



— 63 — 

Sepala 5 linearia acula, aequilonga, dorso lanuginosa , corolhe Lubnm arauantia. 

Gorollae tubas brevis quadratus, poslice carinato; labia aequiionga, poslicum 
erectam acatum apice emarginatum, anlicum, patens, latum breviter 3 den- 
t.itum. 

Staminum filamenta glabra; antherarum locoli obovati ad basim aculi sub- 
mucronali, ad apicem rotundati, supeiior major oxIih minute lubcrculatus. 

Ovarium glabrum, basi in disco immersum. Quoque loculo a ovulato. 

Capsula brevis, ovata, acumînata, compressa , placentis solutfe elaslii o dehiscens. 

Origine : Kouroussa (Haute-Guinée). 

Dimensions en millimètres. — Feuilles : p. o à y, limbe, f>o : a i à 3o : 8 
bractées, o, sur 8; bractéoles, (i : 1 2 ; sépale, h sur o,5 ; corolle, 10 
à 1 2 en longueur ; capsule , 5 : k . 

Cette remarquable espèce est distincte, à première vue, par ses épis 
allongés, serrés, quadrangulaires, pouvant atteindre 1 5 centimètres de long 
sur 1 cent. 5 de large, dont les bractées, sauf leur large bord scarieux el 
presque tuyauté, sont couvertes de longs poils blancs laineux ainsi que 
les bractéoles et le calice, ce qui justifie la désignation qu'en lit l'auteur 
sur ces étiquettes : rfAcanthacée à épis de Heurs plucheuses blanches 1 . .hum 
que le nom spécifique imposé (ep<oi>, laine, erra;/»'», épi). Comme chez la 
plupart des Acanlhacées, les quatre rangées de bractées se divisent en deux 
séries, une stérile, une fertile, disposées ainsi qu'il a été expliqué au sujet du 
Phaylopsis. La fleur blanche avec une tache jaune sur le plancher de la lèvre 
inférieure est très courte, laissant apercevoir, au moment de l'épanouis- 
sement seulement, les deux lèvres. La graine est lenticulaire, épaisse, lisse . 
marbrée de vert el de noir. 

Parmi les documents d'Herbier que nous possédons, seuls deux nu- 
méros de M. Pobéguin peuvent s'y rapporter : le n" 2O venant des pays 
entre Friagbé et Bamhaya, où elle serait commune; le n" '1 /» 7 venant dp 
Kouroussa; tous deux ressemblent étrangement parleur inflorescence an 
type cultivé au Muséum, sinon que les bords des bractées sont plus foncés : 
le collecteur a mentionné pour les (leurs la couleur jaune au lieu de la 
couleur blanche indiquée sur les étiquettes accompagnant 1rs graines re- 
mises au service des cultures, et constatée par nous sur le seul exemplaire 
axant fleuri. De plus, la pubescence est beaucoup plus accentuée sin des 
tiges plus robustes et sur les feuilles, qui sont presque -ensiles ;m lieu 
d'avoir des pétioles pouvant atteindre 7 millimètres. Mais n \ a-t-il pas là 
un ensemble de caractères d'adaptation? La teinte plus sont' nie', la ro- 
bustesse des tiges, le raccourcissement du pétiole, le développement du 
système pileux ne seraient-ils pas simplement causés par la sécheresse 
plus grande et l'éclairement plus intense dans la Btation originelleï 
Déjà le n° ^7, de Kouroussa, est un peu plus grêle que le a 26, venant 
de régions plus hautes. Les fleurs, en elles-mêmes, et les capsules sont 



— 6/i — 

identiques dans ces échantillons et dans ceux qui onl servi «le souche à la 
piaule cultivée. Oïi ne peut pas raisonnablement distinguer deux espèces 
dans de telles conditions, alors (pie la culture en serre modilie si profon- 
dément l'aspect des plantes. 

La Rungia eriostachya parait, comme tant de plantes de ces régions 
sèches de la Haute-Guinée, perdre ses tiges après une période végétative et 
garder en terre une souche d'où partiront les tiges de la saison suivante. 
On peut le constater sur les exemplaires en culture dans les serres. 

3. J'ai fait connaître en détail le Lepidagalhis Pobeguini à&us la note qui 
lui a été spécialement consacrée au Bulletin de la Société de botanique de 
France. Je n'y reviendrai donc que pour signaler sa présence à l'état vivant 
au Muséum, et pour préciser quelques points de l'histoire de son déve- 
loppement, d'après le complément d'échantillons remis à l'Herbier par 
M. Pobéguin depuis la rédaction de. cette note. 

Les échantillons germes au Muséum rappellent absolument par leur 
aspect les jeunes plants récoltés par M. Pobéguin. à Bissikrima. le a 3 juin 
1 909. Ce sont les mêmes petites tourtes, à port de Lycopode, haute de i5 à 
ao centimètres. 

Les tiges ainsi développées à la suite de la germination doivent périr : 
la souche, profondément enracinée dans le sol gréseux, sec et pierreux, 
développe les Unions à écailles larges (pie nous avons décrits, et qui 
s'étalent en rayonnant autour du centre primitif. 

C'est à l'aisselle des écailles de ces turions que naîtront les bourgeons des 
nouvelles liges aériennes, dont la base portera les inllorescences. 

Celles-ci, au nombre de quatre à cinq à la hase de chaque rameau, se 
pressent les unes contre les autres, formant à la surface du sol une sorte 
de gâteau rappelant un nid d'abeilles, des alvéoles duquel émergent parmi 
les poils blancs les corolles pourpre foncé. 

Celle plante curieuse est une plante de terrains sableux, secs, destinée, 
comme on le voit, à s'étaler sur le sol. Pour la conserver dans les cultures, 
il conviendrait de la mettre dans des conditions analogues et d'éviter 
l'atmosphère de sous-bois, qui est la plus commune dans les serres chaudes 
de nos régions. 

Il serait très intéressant de l'amener ainsi à fleurir. 



MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE 



BULLETIN 



DU 



MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE 



ANNEE 1905 



N° 2 







PARIS 

IMPRIMERIE NATIONALE 



MDCCCCV 



SOMMAIRE. 



Pn|;f». 

Actes officiels. Nomination. Décès 65 

Correspondance. Inauguration de la vitrine des grands Carnassiers quater- 
naires offerte par M. Ed. de Rothschild. — Dons 68 

E.-T. Hamv. Document inédit pour servir à l'histoire de la Ménagerie des 

Valois ( i T,6o) 68 

F. Df.lisle. L'Age de Pierre au Congo 70 

A. Menegaix. Sur Taire de dispersion du Felit Temmincki Vig. et Horsf. . . 73 

— Sur l'aire de dispersion de quelques Mammifères envoyés du Tonkin 

par M. Boulan 73 

F. Mocouard. Diagnoses de quelques espères nouvelles de Reptiles 76 

J. Pérez. Hyménoptères recueillis dans le Japon central par M. Harmand, 

Ministre plénipotentiaire de France à ïokio 79 

L. Jodbin. Note sur la collection Malacologique et sur les travaux scienti- 

fiquea de M. Arnould, Locard M7 

Ch. Gravier. Sur les Annélidcs Polychètes de la mer Rouge (Flabelligé- 

riens, Ophéliens, Capitelliens, Chétoptériens) 89 

E. Toi'sknt. Cliothoia Seurati, Clionide nouvelle des lies Gambier 9/j 

A. Billard. Note sur quelques Hydroides de l'expédition du Tin railleur.. . 97 

Pu. Sliiter. Tuniciers recueillis en 1906 dans le golfe de Tadjourah (So- 
malie française ) 100 

Ed. Lamy. Liste des coquilles de Gastropodes recueillies par M. Ch. Gravier 

dans le golfe de Tadjourah ( 1 90/4 ) lo3 

A. Pettit et F. Geaï. Sur la glande cloacale du Caïman (Jacar-etiiifra scle- 

r(ij>H Schneid. ) 112 

A. Pettit et A. Kkohn. Sur l'évolution des cellules de» glandes salivaires 

du Notoneeta /fiança L 1 13 

il. Nei ville et R. Anthony. Première liAe de Mollusques d'Abyssinie (Col- 
lection Maurice de Rothschild) 1 1 5 

C. Pwsalix. Inlluence de l'émanation du radium sur lu toxicité des venins. 1 17 

H. Ili a. Étal actuel de nos connaissances sur la flore de la Guinée française. 1 1 H 

A. Lairent. Sur un Horizon fossilifère nouveau du Keupcr supérieur de la 

Haute-Saône 1 sa 

V. Hasenmutz. Sur les dérivés liromés de In hermine et de la harninlinè*. . 13!) 



BULLETIN 



DU 



MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE. 



ANNEE 1905. N° 2. 

—><§><> — 



81 K RÉUNION DES NATURALISTES DU MUSÉUM. 

28 FÉVRIER lf)05. 



PRÉSIDENCE DE M. EDMOND PERRIER, 

DIRECTEUR DU MUSEUM. 



M. le Président dépose sur le bureau le premier Fascicule <lu 
Bulletin pour Tannée 1906, contenant les communications faites 
dans la réunion du 3i janvier 1905. 

Par arrête' ministériel du ik février 1905, le Laboratoire de La 
chaire de Paléontologie du Muséum est rattaché ;i l'Ecole pratique 
des Hautes Etudes.- - M. Boule (Marceliin), professeur de La chaire 
précitée, est nommé directeur dudit Laboratoire. 

Par arrêté ministériel du h février 190F), M. Caille (Octave), 
chef de carré au Muséum, est mis, à dater du i" r février, à La dis 
position de M. le Ministre des colonies pour accompagner M. L Che- 
valier dans sa mission on Afrique occidentale française. Par ce 
même arrêté, M. Maunaud est délégué dans Les fonctions de chef 
de carré pour la durée de l'absence de M. Caille. 

M. Le Président fait part du décès de M. Ratfi (Kivmcois-Joseph), 
Préparateur de la chaire de Culture du Muséum (3 lévrier 1906). 



in 

MuséoM. - xi. 



— G6 



CORRESPONDANCE. 



M. le Dibectedb du Muséum rend compte à l'Assemblée de l'inau- 
guration par M. le Ministre de l'instruction publique de la vitrine 
• 1rs grands Carnassiers quaternaires offerte par M. de Rothschild 
(Edmond). H a prononcé, lors de cette inauguration, le discours sui- 
vanl : 

Monsieur le Ministre , 

Au nom du Muséum d'histoire naturelle , j'ai l'honneur de vous remer- 
cier de la haute marque de bienveillance que vous voulez bien donner à ce 
grand établissement national, en venant vous-même recevoir des mains de 
M. le baron Edmond de Rothschild le don précieux qu'il a bien voulu faire 
à nos collections. Ce don est rendu plus précieux encore par la spontanéité 
et par la délicate courtoisie avec laquelle il a été offert au créateur de celle 
splendide galerie, à notre vénéré doyen , M. le professeur Albert Gaudry, 
autour de qui surgissent comme naturellement les sympathies les plus 
effectives. 

M. le Professeur Boule vous dira tout à l'heure l'importance du don qui 
nous a été fait par M. le baron Edmond de Rothschild et toute la recon- 
naissance que lui doit le Service de la paléontologie. Ce qu'il ne vous dira 
pas, ce sont les soins qu'il a pris lui-même pour restaurer d'une manière 
aussi parfaite les squelettes de ces terribles Carnassiers contre lesquels nos 
ancêtres eurent à lutter sur le sol même de la France ; c'est l'habileté avec 
laquelle il a su former les artistes qui l'ont aidé dans celte tâche avec une 
rare intelligence et un dévouement sans limite: MM. Marquette et Papoint. 

La Paléontologie , dont nous sommes les hôtes eu ce moment, pardon- 
nera au Directeur du Muséum de vous signaler, Monsieur le Ministre, 
d'autres noms vers lesquels doit également aller notre reconnaissance. Le 
Muséum a été particulièrement heureux depuis deux ans. En dehors de 
l'afflux habituel des dons qui lui viennent des fonctionnaires coloniaux, 
«les olliciers de marine et des voyageurs, il a reçu soit des objets particuliè- 
remenl précieux, soit de vastes collections d'une valeur scientifique inap- 
préciable et dont la valeur vénale atteint aux environs d'un million de francs. 

Le Gouvernement de l'Étal indépendant du Congo lui a ofierl un sque- 
lette complet et une peau de ce grand Mammifère, voisin des Girafes, qui 
reproduit vivanl.de la façon la plus inattendue, cet antique HeUadotherium 
dont M. Vlberl (îaudrv avait extrait les ossements du sol de l'Ai tique, et 
que l'on crovail disparu depuis les temps tertiaires. 

Un ornithologiste des plus connus, M. Boucard, nous a donné toute sa 



— 67 — 

collection d'Oiseaux, comprenant environ aô.ooo spécimens d< t irmi] 
particulièrement précieux pour l'étude. 

Vous admirerez tout à l'heure de prestigieux Papillons devant lesquels 
pâlissent tout à la fois l'éclat «les perles el celui des Heurs; ils fonl partie 
d'une magnifique collection des Papillons de jour de toutes les parties du 
monde, dans laquelle son possesseur. M. Boullet, banquier à Corbie, in- 
tercale la collection du Muséum du coup plus que triplée, en s'engageant 
tant qu'il vivra, à la tenir autant que possible au complet. 

Le fils d'un de nos conchyliologiste. les plus connus, M. Locard, qous a 
annoncé hier le don de la riche collection de coquilles de France el de Por 
tugal que son père avait rassemblée. 

Le petit-fils de M. Cosson, membre de l'Institut, qous a donné l'herbier 
célèbre et la bibliothèque de son grand-père, avec la rente de 5o,ooo francs 
pour l'entretenir. 

Mad' Drake del Castillo nous a, de son côté, fait don de l'herbier de 
plantes tropicales et de la bibliothèque de son mari avec la rente de 
25,ooo francs pour pourvoir à son entretien. 

Ainsi le Muséum devient le légataire des savants les plus illustres, assurés 
que leur œuvre y sera précieusement conservée et pourra servir aux études 
et aux recherches des naturalistes. La confiance qu'on lui témoigne croîtra 
encore lorsque le Gouvernement de la République aura faii les installa- 
tions et réparations dont le Conseil des bâtiments civils el les rapporteurs 
du budget ont proclamé l'urgence absolue. A pari les deux palais de la 
Zoologie et de la Paléontologie, tout s'effondre ou s'effrite autour de nous. 
Il a fallu loger l'herbier de Gosson-Durand dans les combles de celte ga 
l' rie de zoologie de qui un rapport disait qu'elle rendait presque luxueux, 
par son voisinage, le lamentable hôpital de la Pitié. 

Cette maison, Monsieur le Ministre, n'est cependant pas seulement 
illuminée par le reflet des grands noms qu'elle esl fière d'inscrire au 
fronton de ses édifices. Elle vit d'un*' vie intense et dans le cœur de ses 
professeurs et de leurs collaborateurs fermente et déborde l'enthousiasme 
que fait naître la fréquentation quotidienne des œuvres de cette féconde 
Nature qui commence à leur livrer le mystère de ses créations. Ce que 
Ton appelait naguère encore le vieux Muséum esl tout ardent de jeun 
tout rempli de richesses que nous ne savons plus où placer. Il n'j a ici 
de décrépit que nos bâtisses, de miséreux que notre budgel et d'arrién 
que nos règlements financiers, que condamnent déjà les membres les plus 
éminents de la Commission du budget. G'esl toute une rénovation à accom- 
plir. Nous avons la confiance que vous y aiderez de toute l'influence donl 
vous jouissez à si juste titre dans les Conseils do Gouvernement el d'avance 
nous vous en exprimons toute notre reconnaissance. 






— G8 — 

M. Hamy fait connaître brièvement les résultats anthropologiques 
des missions de M. le capitaine Duchemin, dans le bassin de la 
Gambie, et de M. E.-F. Gautier, dans la subdivision d'Aïn-Sefra. 
Sud oranais. Il fait passer sous les yeux de l'Assemblée un cer- 
tain nombre de projections, montrant, d'une part, les tumulus à 
enceintes en blocs de latérite de la Gambie, et, d'autre part, les 
tumulus d'Aïn-Sefra , Môghar-Thatani e( Beni-Ourif, et les produits 
des Touilles qui y ont été pratiquées par MM. Gautier et Dessigny. 



Dons récemment faits au Muséum : 

M. le Colonel Laussedat, membre de l'Institut, directeur bonoraire du 
Conservatoire national des Arts et métiers, offre à la Bibliothèque du Mu- 
séum son ouvrage sur Les Instruments , les Méthodes et le Dessin lopogrn- 
phiijues. 

M. Jacqlemont (Victor), à Pouilly-en-Auxois (Côle-d'Or), lait don au 
Muséum de deux portrails de son oncle, Victor Jacquemont. 



COMMUNICATIONS. 



DOCUMENT 1SÉD1T POUR SERVIS À L HISTOIRE DE LA MbNAGERIH 

des Valois (j56o), 
publié par M. E.-T. Haut. 

J'ai déjà plusieurs fois entretenu les assemblées du Muséum des col- 
lections d'animaux vivants que les rois de France avaient, à diverses 
reprises, possédées à Paris ou dans les environs (l) . J'ai notamment appelé 
l'attention sur celle ménagerie fondée par Philippe VI en i333 dans un 
coin du jardin du vieux Louvre, reconstituée et considérablement déve- 
loppée sous la dynastie des \alois. C'est dans cet établissement que Josse 
de la Planque amenait, en i 5 3 i , les animaux que Pierre Pilon s'était pro- 
curés pour le roi François I" au cours d'un voyage à Fez, irhuict Ghe- 
vaulx, trois Cameaulx, six Auslruces, une Once, ung Lyon, onze pièces 

'" E.-T. IIamy. Les anciennes ménageriei royalei, etc. (Nouv. Arch. du Mus. 
d'Insi. „ui.. 3* Bér., t. V, p. j 7-18. — Cf. Bull, du Mus., i. IX, p. :U-, 
ic|o3). Etc. 



— ( J — 

d'Oiseaulx et huict Lévriers-. C'est an Louvre que devait venir, en i 565 
par les soins du comte de Tende, gouverneur de Marseille, un envoi du 
dey d'Alger au roi Charles 1\, comprenant -dix-huit Chevaux, deux Lions 
et un grand nombre de Chiens et Faucons et un chrestien renié, nommé Cal 
tame. pour les luy présentera. C'est encore pour peupler les loges de ce 
même établissement que , le 2 h mai i50o. deux marchands marseillais, I - 
frères Armand et Georges Valentin, ont signé avec deux Maures, l'un d'Al- 
ger, l'autre de Constantine, le curieux traité qu'on va lire et dont je dois 
la copie à l'aimable empressement de M. Fournier, archiviste adjoint du 
département des Bouches-du-Rhône. 

On verra dans ce document que les animaux sauvages dont les deux 
Maures s'engagent à se pourvoir en Barbarie, dans l'espace de deux ou trois 
mois, sont deux Lions, deux Léopards, deux Chats sauvages, deux au- 
truches, six Moutons à grosse queue, six petites Guenons, quatre Vaches 
sauvages et quatre cents Tortues. 

Les associés doivent amener à frais communs à la cour de France le 
convoi tout entier. Us partageront les bénéfices par parties égales entre eux 
quatre, après que l'on aura déduit les dépenses des Maures, tant pour 
l'achat que pour la conduite des animaux d'Alger à Marseille. 

ffSaiclient tous présens et advenir que l'an de la Nativité Noslre Seigneur mil 
cinq cens soixante et le vingl-quatriesme jour du mois de may, personnellement 
establis en présence de moy notaire royal en le présente ville el cité de Marseille 
soubsigné, et tesmoins cy après nommés, Ainet de Al>dala, d'Argiers '), et Saeta 
Breissan (2) , de Constantino, moros, tous deux ensemble, Pung pour Paultrc el 
chacun d'eulx seul en le tout, ont promis et promettent à Armand el George 
Valentin frères, marchans, demeuraus et habitans audit Marseille, présens el 
stipullans, dans deux ou trois mois prochains, à compter de ce jourd'huy, ad 
mener et conduire des parties de Barberie en ceste ville de Marseille, et consi- 
gner ausdics Valentins, ou à l'ung d'eulx, les anymauh saulvaiges Buyvans, 
sçavoir est : deux Léons , deux Léoparlz , deux Galz saulvaiges s >, deux Austrousses . 
six Mottons à largue queue, le tout apparié en masle et femelle; plus six Mo 
nymes- 4) les plus petites que trouver se pourra, et quatre vaches Bauvaigea el 
d'autres bestes sauvaiges que trouver ilz pourront; plus quatre cens Tortues, I" 
tout pour conduire à la court du Roy nostre sire, et le tout avec les pachea suy- 
vans : assavoir que arrixéz que seront avec les anymaulx en cestfi dite ville de 
Marseille lesditz [moros] donneront compte de l'achepl el fraicti faictz jusqeua 
en ceste ville pour en estre rembourcez après la \ente l'aide, et despuis, tous 
quatre se aideront à les admener et conduire à lad. court à communs despena, 
et, après en avoir receu paiement et oster el rambourcer toute despence el pris 

(1) Ahmed ben Abdallah, d'AI;;er. 

< 2 > Saïd Breissan(?), de Constantine. 

w Chats sauvages. 

< 4 > Diminutif de mono «singe». 



— 70 — 

principal, le gaing se partira esgalleinent entre oulx quatre; et ne pourront 
iceulx Mores vendre ny consigner aucuns desd. anymaulx qu'ilz admèneront 
audit Marseille, sinon ausdits Valentins. 

Et, pour le tout ce que dessus attenir et complir, s'en sont obligés leurs per- 
sonnes el liions à toutes court/., constrainrtos et jurisdictions du monde on besoing 
sera avoir recours, et ont renoncé à tous droictz contraires et l'ont juré, c'est 
lesd. Valentins aux sainctz évangilles nostre seigneur, et lesd. mores par foy de 
leur loy. 

Faict et passé audit Marseille, dans l'estude de la maison de moidit notaire, 
ez présences de M Michel Sauzède, notaire royal, et François Brémnnd, dict 
Tenore, laboureur, dudit Marseille, tesmoingz à ce requis et appeliez. 

[Bonc.AL, notaire jC). 



V Âge de Pierre au Conco , 
par M. le Docteur Fernand Delisle. 

Daus une série de communications sur l'âge de pierre dans nos colonies 
de l'Afrique occidentale, M. le Professeur Hamy (a) vous a montré que 
cette pe'riode de l'industrie humaine s'était développée de la même façon 
que dans notre Europe , mais nos collections ne possédaient encore rien 
de la région du bas Congo. 

MM. Regnault et Waton avaient fait quelques trouvailles entre Ogooué 
et Congo, dans la région qui sépare le Niari de la Loudima (:t) , mais rien 
ne nous était venu delà vallée même du Congo. 

M. Brumpt, ramenant en Europe la mission du Bourg de Bozas, nous 
a remis une petite collection de 29 pièces, instruments en pierre taillée 
récoltés à 3 ou h kilomètres de Tumba, station du chemiu de fer de l'Etat 
indépendant du Congo belge, localité située à 187 kilomètres de Matadi, 
tête de ligne sur le Congo inférieur. 

M. Brumpt n'a pas recueilli les pierres taillées que j'ai l'honneur de 
soumettre à la réunion des naturalistes du Muséum. Elles lui ont été of- 
fertes. 

Cette station archéologique de Tumba, fort riche du reste, est déjà 
connue depuis plusieurs années. De très importantes trouvailles y Fu- 
renl faites par M. Pietro Gariazzo, ingénieur attaché pendant plusieurs 
années au cbemin de fer du Congo belge. 

(1 > Ai-rli. de» Bouches-du-Rfotne , série E, notaire Borgal, reg. de i56o, 

r /i- 7 v°. 

( -' ) E.-T. Haut, Bulletin du Muséum, 1^97, n°7; 1 899 , n°* <> et 7; 1900, 
q° 7: 190 1 , h" 7 ; 1 90Û , n 7 et 8. 

F. ISki.naui.t, L'âge de la pierre grossièrement taillée au Congo français. 
(/>'«//. (/<• la Soc. d'anthropologie, V Bér., t. V, p. 179. Paris, 1N96). 



— 71 — 

Le professeur Antonio Taramelli , de Turin, en a fait L'objet d'un tra- 
vail dans lequel il passe en revue les différents types de pierres taille- el 
polies récoltées non seulement à Tomba, mais dans les autres localités 
visitées par M. Pietro Gariazzo (l) . 

C'est en i884 que les premières pierres taillées rarenl découvertes au 
Cougo par M. Zboinski, commandant d'artillerie au servieede l'Étal indé- 
pendant; depuis ce moment, de nombreux travaux onl été publiés el les 
trouvailles ont été de plus en plus riches et nombreuses. Les collections 
belges sont remarquables par la variété et le nombre des objets récoltes. 

Les pièces rapportés par M. Brumpt, au nombre de 29, la plupart en 
silex, rentrent toutes dans les types décrits et figurés dans les travaux 
déjà publiés. Elles sont taillées à grands éclats, avec quelques retouches 
sur les bords. Leurs dimensions sont assez variables, mais jamais bien 
considérables; aucune ne présente de traces de polissage. Les plus longues 
ont 95 et 96 millimètres, la plus courte 07 millimètres, el , entre le> ex- 
trêmes, on trouve toutes les longueurs intermédiaires; la largeur varie entre 
'19 millimètres maximum et 27 millimètres minimum et les épaisseurs 
sont de i3 à 29 millimètres. 

Les unes sont entièrement taillées sur les deux faces, les autres incom- 
plètement; parfois une seule extrémité est achevée, l'autre présentant la 
surface naturelle de la roche sur une étendue variable. 

11 semble que l'ouvrier s'est borné à exécuter le travail indispensable 
pour l'outil dont il avait besoin, négligeant une perfection de touche com- 
plète qu'il jugeait inutile, car il n'est pas possible d'admettre que ces 
pièces soient des rebuts de fabrication. 

Les pièces terminées aux deux extrémités ont pu servir emmanchées à 
des usages divers, et ne semblent pas d'un emploi commode, tenues à la 
main, à cause de la taille, tandis que celles laissées frustes à une extré- 
mité ont pu servir à la manière des pièces européennes de taille analogue 
désignées sous le nom de coup de poing. 

Les premières, vu leur forme , se rattachent au type des hachettes, ayanl 
les deux faces à peu près également bombées. 

Certaines présentent une face retouchée très bombée, l'autre Hanl a 
peu près plane ou légèrement plan-convexe, fait déjà signalé par le pro- 
fesseur Taramelli; cette surface plane est obtenue par une taille a grands 
éclats. 

Leur forme varie ; les unes sont nettement ellipsoïdales, d'&utres se rap 
prochent de la feuille de laurier un peu raccourcie. Les deux plus petites 

W Antonio Tabamelu, Quelques stations de l'âge de la pierre découvertes par 
l'ingénieur Pietro Gaviazzo, dans l'Etat indépendant du Congo. L'Anthropo- 
logie, t. XII, 1901, p. 3g6 et pi. V et VI. - Congrès d'anthropologie et d'arch 

loftie préhistorique , 12 e session, Paris, if)'»o. 



— ~ri — 

se rapprochent de la vraie pointe et auraient pu servir pour lance ou 
épieu , parce qu'elles présentent une pointe assez bien dessinée. 

Nous ne pouvons dire à quelle période de l'âge de pierre il faut les rat- 
tacher. Les classifications européennes ne sont guère applicables à l'Afrique, 
tout au moins en présence des découvertes connues à ce jour. 



Sun l'aire de DispERsioy de Felis Tehhincki Vig. et Horsf.. 

PAR M. A. MeXEUAUX. 

Felis Temmincki Vigors et Horsfield, Zool. Journ.,\\\, p. 45 1 , 18*28 : 
EHiot Monogr. Felidae, pi. XVI (jeune). 

— moormensis Hodgson , Glcanings in Science, III, p. 177, i83i. 

— ai rata Blylli, P. Z. S., p. i85, i863; Jerdon, Mamrn. of India , 

p. 107; Sclater, P. Z.S., p. 81 6, 18G7, pi. XXXVI (adulte): Mi- 
vart, The Cat, p. 4oi. 

L'animal que j'ai examiné rappelle tout à fait l'adulte ligure par Sclater, 
avec une teinte générale tirant pourtant plus sur le noir vif. La ligne mé- 
diane du dos est foncée à cause de la présence d'un grand nombre de 
poils à pointe noire. Les 9 lignes entre les yeux sont à peine indiquées, 
de même que les 2 bandes longitudinales claires situées sur les flancs et 
formées de séries de taches peu distinctes et allongées. 

Le Chat de Temminck. ou Panthère dorée, a été signalé par les divers 
auteurs dans les monts Himalaya, dans le Sikkim et le Népaul, dans les 
monts Tipperah en Birmanie, dans le Ténasserim , dans la péninsule ma- 
laise, où, dans l'Etat de Pérak. on l'appelle Chat-Chien (Dog-cat), à Su- 
matra (Floirer) et à Bornéo (llose). 

De Pousargues, dans la liste des Mammifères de l'Indo-Chine de la mis- 
sion Pavie (t. III, p. h'ik), l'a signalé vers l'Est, au Siam et au Laos. An— 
derson ne le cite pas dans son ouvrage sur les Mammifères du ^ unnan. 
Pourtant M. Gervais-Courlellemont m'en a soumis un échantillon qui pro- 
venait du Vunnan, sans indication plus précise de localité, et M. Gaston 
Péronne, récemment, vient d'en rapporter une peau plate d'Atenlse, où 
il a séjourné •:>. mois, et qui est situé à 3,170 mètres d'altitude pies du 
haut Mékong et du haut Kin-Cha ou Yang-tse-kiang. 

Dans le Thibet oriental, à Li-Kiang, à i5 journées de marche au Sud, 
il rst très fréquent, car M. Péronne la souvent aperçu. H est donc certain 
qu'il \it aussi dans les massifs du Se-Tchouen occidental. 

D'autre part, le Muséum possède une peau qui a été envoyée de Chine 
par Fontanier en 18G7, et qui me parail être la Tonne mélanique signa- 
lée par Hodgson. 



— 73 — 

L'aire de dispersion, de cette belle espèce de Felis esl donc beaucoup 
plus étendue qu'on ne le croyait, puisqu'elle comprend toute la région 
himalayenne depuis le Népaul et les massifs élevés qui la continuent vers 
l'Est, sans qu'on puisse encore préciser ses limites orientales en Chine. !tu 
Sud, elle s*étend sur toute la presqu'île indo-chinoise el l'Insulinde. 



SuR L AIRE DE DISPERSION DE QUELQUES 1/ 1I/U//7 /;/■> 
ENVOYÉS 1)1 TONKIN PAR M. Bol TAN, 

par M. \. Menegaux. 

M. Boutan, directeur de la mission scientifique permanente en Indo 
Chine, a envoyé d'Hanoï au laboratoire de Mammalogie un certain nombre 
d'animaux dont la présence n'avait pas encore été signalée au Tonkin. 

1. HlPPOSIDERUS ARMIGER HodgSOU. 

PlHINOLOPHUS ARMIGERA IlodgSOIl , JoUVU. As. SoC. Betlg. , IV, tS;'»."). 
p. 629. 

Phvllorhina armigera Dobson, Cat. of Chiropt. , p. i35, 1878. 

Cet animal a été signalé dans l'Himalaya, à Ceylan, en Gochinchine, 
dans l'ile Pinang et en Chine. 11 n'est donc pas étonnant de le rencontrer 
au Tonkin, où, d'ailleurs, dePousargues l'a signalé (Mission Pavie, t. III, 
p. 5i8, 1906). 

2. \espertilio (Pipistp.ei.lus) arramus Temminck. 

— abramus Temm., Monog. Mamm., Il, p. a32, pi. LVIII. 
Pipistrellcs Kaup. , Entw. Ges. u. naturl. syst. dereurop Thiere, 1. 1829, 

p. 98. 
\esperugo arramus Dobson, Cat. o/Chiropt., p. 22 6, 1878. 

La Pipistrelle abrame occupe toute la région orientale depuis l'Inde 
jusqu'au Japon, l'Insulinde jusqu'aux îles Salomon et le Nord de I bis 
tralie. Sa présence au Tonkin ne peut donc nous étonner. En été, Blasiua l'a 
signalé même dans l'Europe moyenne. 

3. Kerivoula picta Pallas. 

Vespertiuo picta Pallas, Spicil. zool., fasc. NI, |>. 7. 
Kerivoula picta Dobson , Cat. Ghiropt.; \>. 33a, 1M78. 

Ce joli Kirivoule peint, si caractéristique avec son corps rous ••! Bea ailes 
noires, dont les doigts sont bordés de blanc jaunâtre, habite I Inde, Ce) 
, la Birmanie, la Cochinchiue (de Pousargues, Mission Pavie, t. NI, 



— 7/i — 

p. 5 18), Sumatra et Java. Dobson, dans son Catalogue des Chiroptères, 
admet qu'il se trouve dans toute la région orientale. 

L'échantillon envoyé par M. Boutan provenant de Laokay, sur la fron- 
tière du Yunnan, vient confirmer en partie cette supposition, et il est pro- 
bable que l'espèce doit aussi exister au Yunnan, bien qu'Anderson ne la 
cite pas dans ses Recherches sur les animaux du Yunnan. 

h. Crocidlra (Pachvura) coerula Kerr. 

Sorex coerclels Kerr, Ann. King., 179°., p. 207. 

Cet animal a été signalé, avec ses diverses variétés, dans l'Inde méri- 
dionale, à Ceylan, dans la Birmanie, l'Arrakan et l'Insulinde, jusqu'aux 
îles Soulou, Ternate, Batjan, Amboine. 

Il existe donc aussi plus à l'Est , au Tonkin , et il est probable que son 
aire d'habitat est plus étendue encore dans l'Extrême-Orient. 

On le rencontre même dans l'Afrique orientale, où il a été introduit, 
ainsi qu'à l'ile Maurice et à Madagascar. 

5. Pteromvs Lylei Bonhote, P. Z. S., 1900, p. 192 , pi. XVIII. 

Ce Ptéromys a été décrit par Bonhote, sous le nom générique de Pé- 
taiirisla, d'après 2 échantillons provenant de Mg Nan sur le Ménam su- 
périeur dans le Laos siamois. Son aire de dispersion comprend donc aussi 

le Tonkin. 

L'adulte porte une chabraque blanche assez nette, pour qu'on puisse 
à peine voir la couleur du pelage en dessous, où se trouvent des poils noirs 
et courts. Cette apparence provient de ce que les longs poils du dos por- 
tent tous un anneau blanc d'environ h millimètres, assez près de leur 
pointe, qui est noire. Sur le parachute, l'anneau blanc est remplacé par 
un large anneau d'un roux ferrugineux et, sur les bords, comme Bonhote 
l'a signalé, réapparaissent les anneaux blancs. 

En dessous, la couleur est d'un châtain vif sur le pourtour, plus pâle 
au milieu. Le duvet est ardoisé à la base, puis devient roussàtre. La tête 
paraît plus rousse, car les poils sont moins longs; il y a réduction de la 
longueur de l'anneau blanc et de la pointe noire, ainsi que du nombre 
des poils noirs. La queue est noire, roussàtre à la base, là où la base des 
poils est rousse, et les poils deviennent plus longs vers la pointe. 

Les dimensions prises sur cette peau séchée étaient les suivantes : 

centimètres. 

Tête et corps 44,5 

Oreilles 4,5 

Queue (^-ans poils) 5 '••» 

Queue (avec le pinceau terminal) 6a,o 

Pattes postérieures (avec les ongles) 8,0 



— 75 — 

Il se rapproche des Pt. oral., philippmensis , et eineraeeus, mais il esl de 
taille plus grande. Il est très voisin du Pt. yunnanensis, dont il diffère par 
sa chabraque blanche et par ses parties inférieures d'un roux vit. 

A l'envoi, M. Boutan avait joint un jeune mâle dans l'alcool, dont je 
donne ici la description, puisque Bonhote n'en a pas eu à sa disposition : 
La tête et le corps avaient 10 centimètres, la queue i5, les pieds 
3 cent. 5 , y compris les griffes, et la membrane vers le milieu du dos attei- 
gnait 5 cent. 5. 

La couleur fondamentale de ce jeune est le noir brunâtre, mais il pré 
sente déjà un capuchon bordé de noir à la nuque, tiqueté de blanc et de 
noir avec une tache rousse nette au-dessus de l'œil. Le museau est noir, 
les joues tiquetées de blanc, le bord antérieur des membres, le menton, la 
gorge, la poitrine sont noirs; l'abdomen est roux, le pourtour de l'anus 
et le scrotum sont glabres et incolores. 

Les oreilles ont déjà la moitié des caractères de l'adulte, car la pointe 
en avant est rousse, et il n'y a que la moitié antérieure de la face posté- 
rieure qui soit d'un roux fauve; les poils noirs de l'arrière se continuent 
par ceux de la gorge et de la nuque. 

En arrière du collier apparaît la tiqueture blanche et elle se prolonge 
par des poils roux au milieu de la face externe des k membres, qui sont 
noirs dans leur partie inférieure. La cuisse et le bord d'attache de la mem- 
brane sont roux; cette dernière, d'ailleurs, en dessus et en dessous, parait 
glabre, car les poils noirs n'y sont visibles qu'à la loupe. 

Si, sur le dos, on relève les longs poils noirs, on aperçoit la tiqueture 
blanche et rousse. En effet, le duvet est formé de poils fins noirs, avec 
d'autres présentant un anneau roux, tandis que les jarres sont aussi de 
•2 sortes. Ce sont les jarres noirs qui apparaissent les premiers, et les jarres, 
avec anneau blanc subterminal de 2 à h millimètres, qui si; forment en 
second lieu. Lorsqu'ils s'allongent , leur base devient très mince et alors 
la chabraque signalée chez l'adulte apparaît peu à peu. 

Le capuchon céphalique est dû à l'absence de longs jarres noirs, et les 
poils à anneau blanc y sont courts. La queue est régulièremenl cylin- 
drique, couverte de poils noirs, mais courts, sans pinceau terminal, donc 
différente de celle de l'adulte. 

Dans les Galeries du Muséum, on peut voir un jeune de l'espèce ) un- 
nannensis; il est d'une taille un peu plus forte que celui que je viens de 
signaler; mais il porte des poils blancs par faisceaux disposés comme di 
flocons sur le dos. Anderson dit même (Zool. Res. Yunn., 1879, p. ' 
que dans cette espèce le petit esl plus blanc que l'adulte, c'est donc I in- 
verse chez P. Lijlei. 

6. Sciures griseimanus A. Milne-Kdwards. Rev. :<><>!.. juin 1867, p. '''■>• 
Rnch. mamm., 1868, p. i64. 



— 76 — 

L'exemplaire envoyé par M. Boutan est un adulte mâle bien caractérisé 
par son dos tiqueté, son abdomen roux vif et ses pattes d'un blanc pur. H 
provient de Nhatrang, tandis que le type décrit par A. Milne-Edwards 
venait des environs de Saison en Cocbinchine. 

Anderson dit que son babitat s'étend vers le Nord jusqu'au Cambodge et 
aux montagnes du Laos. Blanfbrd, eu 1891 , dans sa faune des Mammifères 
de l'Inde, en signale un échantillon provenant de Kyoug Myoung dans la 
Birmanie supérieure; Bonhote, en 1901 , le signale à nouveau en Cocbin- 
chine et de Pousargues, au Siam, au Cambodge et au Laos. 

L'aire d'habitat de cette espèce parait donc comprendre toute la presqu'île 
indochinoise, le Tonkin, et il est probable qu'on peut aussi y admettre le 
Yuunan. 



Dl.lGSOSES DE QUELQUES ESPECES NOUVELLES DE REPTILES, 

par M. ¥. Mocquaud. 

Ophisaurus Ludovici nov. sp. 

Membres nuls; orifice auditif plus petit que la narine; 3 inlernasales: 
3 paires de préfrontales, sans préfrontale impaire; frontale presque aussi 
large en avant qu'en arrière: interpariétale triangulaire; occipitale plus 
petite que les écailles dorsales qui la suivent: 5 susoculaires, dont les 
3 antérieures bordent la frontale. 

Ecailles dorsales en 16 séries longitudinales, les 8 moyennes carénées; 
•railles ventrales lisses, en 10 séries longitudinales, celles des h séries 
moyennes 3 fois aussi larges que longues. Queue mutilée. 

(Jris de sable avec de petites taches noires en dessus; face ventrale brun 
uniforme, plus foncé sur les lianes, avec des prolongements anguleux vers 
la face dorsale. 

Un seul spécimen mesurant î&o millimètres de l'extrémité du museau à 
l'anus et provenant de Bao-Lac dans le Haut-Tonkin, par M. le D' Louis 
Vaillant, à qui j'ai le plaisir de dédier celte nouvelle espèce. 

Coluber Vaillanti nov. sp. 

Rostrale plus large que liante: frontale aussi longue que sa distance de 
l'extrémité du museau, notablement plus courte que les pariétales: 1 pré- 
oculaire, avec 1 petite sous-oculaire, et 9 postoculaires: 3 temporales 
eu 1'" rangée, les suivantes disposées irrégulièrement; 9 supérolabiales , 
la 5* el la 6* bordant l'œil. 

l'.'-nillcs du tronc en 23 séries longitudinales, carénées; a56gastrostèges; 
anale divisée; îoli urostèges, les ». 3" H V entières. 



— 77 — 

Teinte fondamentale gris cendré en dessus, olivâtre sur la tôte, avec 
une bande noire longitudinale sur la région temporale; dans le tiers ant 
rieur du tronc, une série de taches noiivs en formed'Het, plus en arrière, 
une bande médio-dorsale claire qui sépare •> bandes noires latérales occupant 
toute la hauteur des lianes et se continuant jusqu'à l'extrémité de la queue, 
coupées, dans le tronc, par des slries transversales blanches. Face ventrale 
blanc grisâtre. Sous la queue, une raie médiane brun sombre. 

Un spécimen mâle mesurant 1 m. ai de longueur totale, donl 26 *-« -n li- 
niètres pour la queue, et provenant de Cao-Bang (Haut-Tonkin), par 
M. le D r Louis Vaillant. 

Il m'est particulièrement agréable de dédier ce nouveau Coluber à M. le 
professeur Léon Vaillant. 

Typhlops acutirostris nov. sp. 

Museau très saillant, à bord horizontal tranchant et terminé en une 
pointe non recourbée. Narines inférieures, presque en contact avec la ros- 
trale, dont la largeur en dessus égale sensiblement la moitié de celle de la 
tête. Sillon nasal partant de la -? labiale supérieure et divisant complète- 
ment la nasale. Une préoculaire un peu plus étroite que l'oculaire, qu'elle 
sépare complètement de la nasale. Pas de sous-oculaire. Œil invisible 
ou à peine distinct. Préfronlale, susoculaires, pariétales et interpariétale 
agrandies transversalement, la préfrontale ('tant très largement en contact 
avec la roslrale: h supéro-labiales, la postérieure beaucoup plus hante 
cpie la 3°. 

Diamètre du tronc contenu environ 55 fois dans la longueur totale. Queue 
un peu plus longue que large, terminée par une écaille conique non épi- 
neuse. a8 séries d'écaillés au milieu du tronc. 

Jaune chamois uniforme. 

Deux spécimens provenant du Choa (Abyssinie), par M. Didier. Le plus 
grand mesure 5i3 millimètres de longueur totale. 

Cette espèce se distingue de T. somalicus, rioulenger' 1 ', par son museau 
terminé en pointe, par sa longueur beaucoup moindre relativement au 
diamètre du tronc, par le nombre plus élevé des séries d'écaillés (28 au 
lieu de 24), enfin par sa coloration. 

Elle diffère aussi de T. -prœocularis , Stejneger «, en ce que l'oculaire ue 
touche pas a la nasale et n'atteint pas le bord labial. 

Calamelaps Mironi nov. sp. 

Tête non distincte du cou: corps robuste: queue assez courte. Museau 
arrondi: rostrale près de 2 fois aussi large que haute, sa parti.; supérieure 

(i) Proc. Zool. Soc, 1895, p. 536, pi. XXX, 6g. 1. 
W Proc. Un. St. Nat. Mus., i. XVI, 1894, p. 709. 



— 78 — 

égale aux deux tiers de sa distance à la frontale; internasales beaucoup 
plus larges que longues, la suture cpii les sépare étant égale à la moitié de 
celle entre les préfrontales: frontale hexagonale, à angle postérieur aigu, un 
peu plus longue que large , un peu plus courte que sa dislance de l'extré- 
mité du museau, notablement plus courte que les pariétales: sus-oculaire 
petite , aussi longue que large : narine ouverte entre 2 nasales , dont la pos- 
térieure, la plus grande, se termine en pointe en arrière: pas de frênaie ni 
de préoculaire, la préfrontale étant en contact avec la 3 e supéro-labiale. 
OEil petit, à pupille ronde, suivi d'une très petite postoculaire: temporales 
1 + 1 , l'antérieure séparée de la posloculaire par la 5 e supéro-labiale qui 
touche à la pariétale: 7 labiales supérieures, la 3 e et la k° bordant l'œil: 
les h premières inféro-labiales en contact avec les sous-mandibulaires anté- 
rieures, qui sont plus larges et plus longues que les postérieures. 

Ecailles lisses, sans fossettes apicales, en 17 séries: i33 gastrostèges: 
anale divisée; 09 urostèges en double série. 

Une longue dent sillonnée située un peu en arrière du niveau de l'œil 
et précédée de h dents pleines allant en croissant d'avant en arrière. 

Teinte ardoisée uniforme; les intervalles entre les gastrostèges jaune 
sale. 

Un spécimen mâle mesurant une longueur totale de 432 millimètres, 
dont 76 pour la queue, et provenant du Haut-Natal, par M. Miron. 

Cette espèce présente tout à fait l'aspect extérieur d'un Atractaspis. 

Elle se distingue de Calamelaps unicolor, Reinhardt, par 7 labiales supé- 
rieures au lieu de 6, par un nombre de gastrostèges beaucoup plus faible 
(i33 au lieu de 170 à 208, teste Boulenger), par 2 temporales au lieu 
d'une seule, enlin par le nombre des inféro-labiales qui s'élève à 7 et dont 
la 5 e , et non la h% est la plus grande. 

Elle ne semble différer, d'autre part, de VAorislodon concolor, Smith (1) , 
qu'en ce que le corps n'en est pas grêle, que le nombre des séries d'écaillés 
s'élève à 17 au lieu de 1 3 (2) et que les sous-mandibulaires postérieures 
sont plus courtes et non plus longues que les antérieures. 

Naja Morgani nov. sp. 

Celte espèce diffère de N. Iripudians, Merrem, par les particularités sui- 
vantes : 

Le museau est plus saillant, non busqué: 

La longueur de la partie supérieure de la roslrale égale les deux tiers de 
sa dislance à la frontale, <'l non le quart ou la moitié: 

Les internasales ne touchent pas à la préoculaire, dont elles sont sépa- 
rées par les préfrontales, qui forment une suture avec la nasale: 

"' ///. Ziinl. 11J ihc Simili \jrirn. Reptiles. Appendice, p. 1K. 
( ' 2) Ce chiffre de i3 serait à vériBer. 



— 79 — 

La frontale est sensiblement plus longue que sa distance de la rostrale: 

Les pariét aies sont borde'es, en dehors, par 3 temporales (et non a 
dont la postérieure est la plus grande. 

La 5 e labiale supérieure est presque toujours en contact avec les 9 pos- 
toculaires inférieures, et non avec la plus inférieure seulement; 

Le cou ne parait pas dilatable; 

L'anale est divisée (et non entière), et les urostèges au nombre de io à 
46 sont en partie simples. 

La coloration est un brun uniforme, très sombre en dessus, pâle en des- 
sous. 

Cinq spécimens, dont 3 mâles et 2 femelles, le plus grand étant un 
mâle qui mesure 902 millimètres de longueur totale, dont i3o pour la 
queue. Ils proviennent de Perse (Arabistan), par M. Morgan. 



Gerrhonotos Deppii var. Digueti. 

Dune teinte un peu plus sombre en dessus que Gerrhonotus Deppii, 
Wiegmann, les taches jaunes en rangées transversales étant plus petites, 
cette variété est caractérisée par l'absence de préfrontale impaire» 

Il m'a été impossible de découvrir d'autres caractères différentiels. Il 
semble donc bien démontré que la présence ou l'absence de préfrontale im- 
paire ne peut servir de caractéristique à un genre, et que c'est avec raison 
que M. Boulenger a rejeté le genre Bmssia Gray, qui ne reposait sur au- 
cune base et que Gope avait cependant conservé. 

La belle variété que je viens de nommer est représentée par h spécimens 
provenant de la Sierra de Zacapoaxlla, État de Puebla (Mexique), où elle a 
été découverte par le collectionneur émérite, M. Léon Diguet, à qui je me 
fais un devoir de la dédier. 



Hl'MÉXOPTBRBS RECUEILLIS DAIS LE JAPOS CENTRAL PAR M. HaRMAND, 

ministre plénipotentiaire db France a Tokio, 
par j. pérbz. 



Deuxième partie. — Vespidee et Seoliides. 
Vespides» 

Vespa Mohgolica André, var. Seuhjnctata. — 9- Longueur, 29 milli- 
mètres. Diffère notablement du type décrit par Ed. IndrfU Tête d un 

W Ana. Soc ent. de France, 188/1. Btttt., p. '•'*• 



— 80 — 

jaune orangé plutôt que jaune, surtout en arrière. Antennes entièrement 
orangées et non brunes en dessus, avec de simples annulations un peu 
sombres à la base des articles. Prothorax n'ayant de noir que sa partie 
postéro-latérale, et non noir avec deux petites taches orangées peu visibles. 
Deux grandes taches presque rondes sur 1 ecusson, le couvrant presque en 
entier; deux longues taches transverses, presque confidentes, sur le post- 
écusson; au métathorax, deux taches plus grandes que celles de l'écusson. 
Dans le type, l'abdomen a le i er segment étroitement bordé de jaune, les 
suivants plus largement, cette bordure, festonnée sur les 2 e et 3", en- 
fermant, sur les k e et 5 e , une petite tache allongée. Dans notre Q, le 
i er segment est orangé, sauf une très grande tache en as de pique renversé, 
sur la partie déclive, et une bande dorsale unie à la tache sur les côtés et 
en dessus. Aux segments 2-0 , une très large bande marginal» 1 portant, au 
milieu, une petite échancrure angulaire, et, sur les côtés, une large échan- 
crure remplie par une tache d'un orangé plus sombre. Le 2 e porte, en 
outre, dans la partie noire basilaire, des îlots de couleur orangée sombre, 
circonscrivant vaguement un espace arrondi, qui serait un point noir dans 
la bande marginale, si ces îlots étaient contigus entre eux et avec celle-ci. 
Aux segments ventraux, les bandes orangées, également très larges, régu- 
lières, la 2 e seulement remontante sur les côtés, portent, à la place ordi- 
naire, des taches latérales incluses, de couleur plus sombre. Pattes orangées 
presque en entier: les trochanters noirs seulement à la base et les fémurs 
en avant, sur les deux tiers basilaires, et non noires avec la partie supé- 
rieure des tibias et les tarses jaunes. Ailes rousses et non un peu jaunâtres. 

Pilosité très longue, fauve, brune et non noire sur le mésonotum, noi- 
râtre au vertex seulement. Tout le corps est recouvert , en outre , d'un fin 
duvet, court, soyeux, appliqué, d'un fauve pâle, plus sombre sur le mé- 
sonotum, le vertex et le milieu du 2 e segment, très évident et chatoyant 
sous uni' incidence oblique. 

La ponctuation, dont Ed. André ne dit rien, est partout très fine, sur- 
tout dans le haut du chaperon, où se distingue une vague striation: très 
serrée sur L'abdomen. Celle de la V. Crabro est au moins trois fois plus 
grosse sur le chaperon, plus forte aussi et beaucoup plus lâche sur l'ab- 
domen. 

La sculpture du tégument, la nature de la pilosité, rattachent la Mon- 
golien non à la V. Crabro, comme le dit André, niais plutôl au type des 
V. velutina Lep. et auraria Sm. , de la première surtout, 

Vespa Japonica Sauss. [Revue et Mag. de zoologie, t. \. 1808, p. 261). 
— Cette espèce paraît assez variable. Une femelle et une ouvrière de x oko- 
liama n'ont pas le dessous du scape blanchâtre, comme il est dit pour le 
type. Cette même femelle est dépourvue de tache au métathorax; l'ouvrière 
la présente, mais extrêmement réduite el située tout à fait bas. D'autres 



— 81 — 

exemplaires, qui possèdent, au contraire, ces particularités, le dessin étant 
chez elles, d'une manière générale, plus développé, ont aussi les bandes 
abdominales plus larges et, par suite, marquées de sinuosités et d'échau- 
crures. Les tarses, que la diagnose dit blanchâtres comme les tibias, sont 
plus ou moins roussâtres et obscurcis vers le bout, le dernier même noir 
parfois. 

La femelle susdite a tous les poils d'un blanc sale, à peine assombris au 
verlex. Parmi les ouvrières, les poils sont en général blanchâtres, Doirâtrea 
ou noirs sur le dos du corselet et au verlex. Gomme tontes les I espa . celle 
espèce présente, en outre des longs poils dont il vienl d'être parlé, un 
court et fin duvet chatoyant. Il est brun sur les parties sombres du tégu- 
ment, gris sur les parties claires et même blanc argentin sur le blanchâtre 
de l'orbite postérieure.. C'est à l'agglutination de ce duvet par un liquide 
quelconque, probablement l'alcool, qu'il faut attribuer l'aspect iftrès liin- 
ment strién de l'abdomen observé par de Saussure sur quelques exem- 
plaires^ 1 . 

La 1 . Japonica existe en Chine et doit subir dans ce pays de nombreuses 
variations. Des ouvrières de Kouey-Tchéou ont le dessin très augmenté i ! 
de couleur jaunâtre; au chaperon, la tache noire typique en T renversé, 
qui parfois, chez les sujets japonais mêmes, n'est qu'une ligne verticale, se 
réduit à un point à la base du chaperon ou s'efface entièrement; les bandes 
de l'abdomen sont très élargies et fortement échancrées, et le premier eg- 
ment porte, en outre, une étroite bande basilaire, interrompue au milieu 
et raccourcie sur les côtés. 

De Saussure rapproche cette espèce de la borcclk d'Europe. Elle me parait 
plutôt se rattacher à la consobrina Sauss. du Canada, qui a la même taille, 
le même dessin général, blanchâtre sur fond noir, mais se distingue aisé- 
ment par l'absence de taches au postécusson et au métathorax et par la 
réduction ou l'effacement de la base de la tache en T du chaperon. 

Polistes Hebr.eus F. var. — Tous les exemplaires provenant du Japon 
que j'ai observés (lot Harmand, etc.) diffèrent du P. ) okohamœ Rad. . qui 
est bien certainement une variété de YHebrœus, en ce que le bas du meta 
thorax est sans taches et (pie le dessus des antennes n'est pas noirâtre. 

Un des exemplaires de M. Harmand est remarquable par l'absence de 
points jaunâtres en avant de l'échaucrure latérale des bandes, aux Beg- 
ments 3-5. 

Polistes biglcmis F. (diadema Lalr.), var. ihtbkhàlis Pérez , Chinensis F.?, 

M H n'est pas rare de constater cette fausse striolalion sur les Byménopl 
des groupes les plus varies, et de Saussure n'est pas le seul auteur qui I ail mire 
duite dans une diagnose. (î'est ainsi que Dours, par exemple, avail donné le nom 
de rugosa à une Meleçta déjà décrite par Smith, la juneraria. 

Muséum. — XI. 



— 82 — 

non Saussure. — Dalla Torre donne le P. Chînensis F. comme synonyme 
du biglumis; il en fait autant du Chinensis de Saussure et de celui de 
Smith. J'ignore quel est ce dernier (Trans. ent. Soc., London, V, 1868, 
p. cviii). Mais la Guêpe de Fabricius ne saurait être celle de Saussure. 
L'auteur du Systema Piezatorum dit en effet : rrNigra flavoque varia, 
antennis pedibusque ferrugineis. « Si vague que soit cette caractéristique , 
elle ne peut s'appliquer à l'espèce de Saussure, où la couleur jaune est exu- 
bérante et variée de roux, et que l'auteur lui-même compare à YHebrœus 
(Monogr. des Guêpes sociales, p. 56). 

Je possède trois ouvrières du Japon et une femelle de Chine qui peu- 
vent bien être le P. Chinensis de Fabricius, ce qu'il me parait impossible 
de décider. Je les décrirai sous le nom {Vantennalis. 

Malgré les antennes colorées comme celles du P. Gallicus, c'est-à-dire 
entièrement jaune orangé , sauf le dessus des deux premiers articles et un 
petit point à la base du 3°, noirs, c'est bien du biglumis (diadema) qu'il 
s'agit. La gracilité des formes, la striation presque effacée des métapleures 
ne laissent aucun doute à cet égard. 

Quant à la coloration , indépendamment de ce qui vient d'être dit des 
antennes, elle est conforme, dans son ensemble, à celle du biglumis, tout 
en affectant quelques particularités propres : les mandibules sont tachées 
de jaune ; la bordure interne du prothorax n'est pas interrompue ; les 
taches de l'écusson sont à peine séparées , celles du postécusson réunies par 
un trait étroit ; le point latéral du 1 er segment, très petit et libre sur un 
individu, est uni à la bande dans deux autres ; les pattes sont d'un jaune 
roussâtre, avec les fémurs noirs en partie, roux au milieu, jaunes au bout. 

Dans la femelle de Chine, le dessus du funicule est très légèrement 
assombri; un épàtement du jaune existe dans l'angle de confluence des 
deux bordures du prothorax ; les taches de l'écusson sont largement unies 
au milieu, ainsi que celles du postécusson. 

3 Ç du Japon {ex Staudinger), 9 de Kouéy-Tchéou. 

Polistes MANDARiNius Sauss. — Connu jusqu'ici du Nord de la Chine 
(Saussure). Un exemplaire du Japon se rapproche de la variété, signalée 
par l'auteur lui-même, dont le métalhorax est sans taches jaunes, ainsi 
que les segments abdominaux, à l'exception du \". H a, en outre, le cha- 
peron jaune et non roux, le funicule noir en dessus à partir du 3 e article, 
l'écusson roux. — Yokohama. 

Poi.istes Nipponensis. — 9. Longueur, 10 millimètres (l) . Corps soyeux, 
surtout l'abdomen, comme chez le mandarinius , mais le duvet plus délicat, 

u) Pour cette Guêpe, comme pour les suivantes, j'adopte la méthode de de Saus- 
sure (Etu tir* sur hit ]phj)iiIph. ^'partie), qui consiste, dans l'évaluation de la taille, 
à faire altstraction des serments abdominaux au delà du 9*. 



— 83 — 

très court, d'un roux doré. Formes moins trapues; métathorax non 
épaissi. 

Mandibules jaunes , rousses ensuite, les dents noires; une bande jaune 
irrégulière au-dessus de leur insertion. Sont jaunes encore el plus ou 
moins variés de roux : le chaperon; le devant du Bcape; l'orbite antérieure 
jusi|u"à l'échancrure; les bords antérieur el interne du prothorax : le tuber- 
cule humerai ; une petite tache sous l'aile: deux taches aux angles anté- 
rieurs del'écusson: deux autres sur le devant du po>h hism m, atténuées du 
coté interne et souvent conlluenles -.deux longues lâches sur le métathorax; 
une .assez large bande au bord du i" segment, coupée obliquement Mu- 
les côteV, aux a', 6" et 7 e segments, une bande régulière; aux 3' el V. 
une bande échancrée au milieu en avant, sinuée vers les cotés. Dessous du 
funicule roux; segments ventraux a-5 bordés de roux mêlé de jaunâtre ; 
fémurs noirs en dessus: tibias et tarses, sauf les derniers articles, roux. 
Ailes assez rousses, non enfumées. 

Ponctuation du chaperon trois fois plus fine que chez le mandarini 
celle du mésonotum plus fine aussi, peu profonde, varioleuse el i' 
espacée: métathorax très finement strié: abdomen très finement pointillé, 
mat. — \ okohama. 

Je crois devoir donner ici la diagnosc d'une espèce chinoise, à cause 
de sa très grande ressemblance avec la précédente, d'autant plus que le 
mâle m'en est connu. 

Polistes Megei. — 9. La taille est la même. Le dessin est plutôt orangé 
que jaune. Mandibules entièrement roussâlres; de>sus du scape non 
marqué de noir; l'orbite postérieure largement orangé sombre, cette cou- 
leur envahissant entièrement la moitié inféro-poslérieure de la tête; partie 
dorsale du prothorax orangée et non pas seulement son bord interne; 
écusson entièrement orangé ; bandes des segments i-'i plus larges, plus 
régulières , à peines entamées sur le devant. Ailes à peine rousses, enfu- 
mées. Ponctuation encore plus petite et plus superficielle que chez le 
Mpponensis. Stries du métathorax moins nombreuses et plus fortes. Ponc 
tualion abdominale indistincte. Duvet plus paie en général, plus sensible 
en dessous parce qu'il est blanchâtre, ainsi que Bur les pattes. 

d*. Longueur, 9 millimètres. Sont jaunes : les mandibules, la lace de 
puis le bas du front; l'orbite antérieure (large) jusqu'au fond de l'échan- 
crure oculaire, l'orbite postérieure (étroite) jusque près du rertex; I' 1 
devant du scape, les bords antérieur el interne du prothorax, une 
longue tache antépectorale, le dessous des hanches el trochanters des deux 
impaires, seulement une tache me ceux de la 3' : deux taches, parfois 
absentes, au postécusson et au métathorax; l'extrémité du Begmenl mé- 
diaire. A l'abdomen , les segments 1-6 portent des bandw, les première! 
larges, les dernières plus ou moins amincies, parfoit nulles, d an jaanltw 

0. 



_ 84 — 

lavé de roux. Le dessous du fuuicule, le devant des fémurs et tibias sont 
d'un jaune sombre lavé de roussâtre. Ailes hyalines, peu enfumées au 
bout. 

Tête et corselet couverts d'un duvet plus abondant et plus long que dans 
l'autre sexe, brillamment argentin au mélalliorax et sous le corselet. Ponc- 
tnalion de la tète et du corselet plus forte et plus serrée que chez l'ou- 
vrière; intervalles saillants, rugueux. 

Tète plus large que longue antérieurement: yeux gros, globuleux, plus 
larges, vus de face, que le chaperon: celui-ci trapéziforme , son bord anté- 
rieur presque droit. Antennes longues et grêles , pouvant atteindre le 
poslécusson, graduellement atténuées vers le bout: •¥ article à peine plus 
court que le scape, le dernier un peu plus long (pie le précédent, légère- 
ment comprimé et recourbé. — Kouey-Tcbéou. Dû à l'obligeance de 
M. l'abbé Mège. 

Eumenes Harmandi. — 9. Du type de notre unguiculus, dont il a la 
la taille, avec des formes un peu plus robustes, la sculpture un peu plus 
grossière. 

La couleur foncière est noire; les genoux, les tibias, les tarses en partie, 
étant seuls roux; le bord des segments 3-5 n'a qu'un étroit liséré d'un 
rougeâtre obscur. La couleur jaune est la même sur la tète que dans Yun- 
guiculus; mais l'abdomen n'a de jaune qu'une bordure, bilobée au milieu, 
sur le 1" segment, et au 2", une bordure moins large que chez Yungui- 
culus; segments 3-5 étroitement lisérés d'un rougeâtre obscur. 

Bord du chaperon coupé presque droit, à peine arqué, a" segment avec 
un rebord aminci, en retrait, précédé d'un bourrelet large mais peu sail- 
lant, précédé lui-môme d'une dépression linéaire. Pétiole plus court que 
celui de \'un<pticulus, renflé dès avant le milieu et plus épaissi; plus large 
avant l'étranglement prémarginal qu'au bord même, faiblement sillonné 
en long à l'arrière de sa partie renflée, le sillon dilaté avant le bord en une 
fossette; de part et d'autre, deux fossettes plus grandes. 

Ponctuation très grossière, confluente sur le dos du corselet, avec quel- 
ques intervalles en stries saillantes, longitudinales, plus larges, planes et 
li-scs du côté de l'écaillé, ('-arène de l'écusson atteignant le milieu. Ecrasons, 
métatborax, mésopleures extrêmement rugueux. Sur l'abdomen, des points 
espacés, superficiels, de plus en plus forts et rapprochés sur les derniers 
segments. 

d*. Aussi grand et robuste que la 9. Dessins jaunes semblables. Du roux 
se \<>il sur le poslécusson e| sur les bas-côtés du mélathorax ; aux pattes, le 
TOUS tire plus ou moins au jaune, (lhaperon étroitement érhanrré en arc de 
cercle. Dernier article des antennes non en crochet , niais en l'orme de petit 
globule obeoniqueau bout du précédent, qui lui-même est en cône légè- 
rement arqué, de sorte que son profil antérieur est convexe; et beaucoup 



— 85 — 

plus long (jue le postérieur, qui est concave. Ponctuation comme dans 

l'autre sexe. 

ElJMENES RUBRONOTATUS. (5*. Longueur, 10 millimètres. Cliapirnn gauf 

un fin liséré marginal, une tache au-dessus des antennes, une petite ligne 
au milieu du bord antérieur du prothorax et un petit point de part el d'au- 
tre, à quelque distance, une tache sous l'aile, une bordure aux i 
•t." segments, la -2 e arrondie, rouges. Dépression des segments ventraux 
•i-G d'un brun rougeàtre, un peu scarieuses. Tibias et tarses bruns; 
les I e ". aux pattes antérieurs, un peu jaunâtres. Dernier article du funicule 
brun en dessous, crochet brun rougeàtre. Ailes très enfumées, un peu 
rousses, nervures brunes, écaille noirâtre. 

Chaperon fortement échancré, bidenté; aminci inlérieuremcnl, très 
bombé au milieu. Crochet terminal des antennes très aigu. Ecusson assez 
bombé antérieurement, postécusson peu saillant. Partie dilatée du pétiole 
plus courte et plus bombée que chez le coarclatus ; fossette postérieure el 
liséré terminal peu prononcés. Hourrelet prémarginal du a" segment épais 
el saillant, précédé d'une dépression médiane assez profonde; rebord en 
retrait plus large et plus creux. 

Ponctuation de la tête, du corselet et des deux i" 5 segments extrême- 
ment grosse et profonde, avec, ça et là, des intervalles luisants, plus 
grands que les points, rugueuse au 2 e segment; celle des segments sui- 
vants aussi fine que dans le ccarctalus, superficielle et très espacée. — 
Yokohama. 

Discoelids Japonicus. — 9. Longueur, i5-i<S millimètres. Bord inté- 
rieur du chaperon, deux très petits points au bas du Iront, une étroite 
bordure aux deux i°" segments, une ligne sur le devant des tibias anté- 
rieurs jaunes. Ailes très enfumées avec un léger reflel violacé. Formes «lu 
zonalis. Angles du prothorax un peu plus saillants. Sculpture de la tête el 
du corselet beaucoup plus grossière , les points plus forts du double el plus 
espacés, les stries des intervalles, sur le corselet, très saillantes <•! très lon- 
gues; sur l'abdomen, la ponctuation est à peu près la même. 

Rhïnchidm varipes. — 9. Longueur, 16-1H millimètres. Diflère dajla- 
vopunctalum Sauss. , dont il pourrait n'être qu'une variété, par le chaperon 
jaune en entier, et non pas seulement dans le haut: le prothorax presque 
en entier de celte couleur et non pas seulement sur le devant; l'écusson 
portant une large bande jaune souvent échancrée antérieurement; les bor- 
dures des deux i" s segments plus étroites. Les pattes sont tantôt brun- 
noiràtre , variées de rougeàtre, tantôt rougeàlrcs avec la base seulement des 
fémurs noire; une lâche ovale jaune existe toujours sur le côté externe des 
fémurs antérieurs, avant le genou. Dans le type décrit par de Saussure, 



— 86 — 

les pattes sont noires avec ies genoux bruns. L'auteur indique en outre 
deux taches jaunes aux angles postérieurs du 9 e segment, en dessus seule- 
ment, ce qui pourrait être un lapsus ou une faute d'impression, la tache 
existant dans tous les sujets que j'ai sous les yeux, mais en dessous. Enfin 
de Saussure parle d'une dépression sur le vertex large et peu profonde, 
presque lisse. Dans mes exemplaires de Yokohama, aussi bien que dans 
ceux rapportés par M. Harmand, cette fossette est partagée en deux par 
une carène antéro-postérieure irrégulière, et. à l'état frais, le fond en est 
couvert d'un duvet brun velouté. — Yokohama. 

Odyneros V-flavlm. — d*. Très voisin du Dantici, dont il semble, à 
première vue. n'être qu'une variété. Jaune très diminué et déteinte moins 
vive. Ligne du devant du scape très étroite; tache au-dessus des antennes 
très petite; orbite antérieure entièrement noire; un très petit point der- 
rière les yeux; bordure du prothorax à peine élargie sur les côtés; pas de 
tache sous les ailes ; une ligne sur le postécusson ; pas de bordure au 5° seg- 
ment; les précédentes très étroites, non élargies sur les cotés; une étroite 
bande plus ou moins interrompue au 2 e arceau ventral; une ligne et 
non une tache aux hanches postérieures; deux lignes confluentes en Y et non 
deux petites taches aux hanches intermédiaires; cuisses noires sauf le bout 
seulement; tibias rayés de noir en dessous; dernier article des tarses noi- 
râtre. Ailes enfumées, non roussies; nervures brunes, ne jaunissant pas vers 
lï user lion. 

Postécusson étroit et peu saillant, non crénelé, non rugueux. Côtés du 
prothorax non arrondis, les angles antérieurs nullement saillants. Ponc- 
tuation moins profonde que dans le Dantici; celle de la tête el du corselet 
un peu moins forte, les intervalles plus évidents; celle de l'abdomen plus 
espacée, beaucoup plus grossière sur les bourrelets des segments 3 -k, plus 
fine sur les segments suivants, presque effacée au dernier. — Yokohama. 

Scoliidesa 

Discolia siGNATiFROxs. — 9. Longueur, 20 millimètres. Voisine de l'ery- 
throcephela. Une grand»? tache jaune au front, n'atteignant ni l'ocelle anté- 
rieur ni les orbites, ni le bord antérieur de l'écusson frontal: une bande 
jaunâtre, atténuée et interrompue au milieu, près de la base du 3 e ser- 
ment. Ailes rousses, plus claires: nervures plus colorées. Poils peu abon- 
dants, noirs: roux sur les taches jaunes. 

Ponctuation analogue à celle de Yerythrocephala , moins forte et plus 
sevrée sur le mésothorax, avec les intervalles saillants par places, mais 
sans les deux espaces lisses allongés du milien du dos. qu'on voit dans l'es- 
pèce occidentale. Ponctuation de l'abdomen moins forte, moins abondante, 
atténuée, puis arrêtée avant le bord du 1" segment, et tout aussi espacée; 
très fine et très serrée, au contraire, dans l'espèce citée. — Yokohama. 



— 87 — 

Tiphia rdfomandibulata Sm. — 9. Les sujets examines diffèrent de la 
description en ce que les mandibules sont brun-rougeâtre |tlutùt que ferru- 
gineuses, les écailles des ailes noires et non ferrugineuses. En outre, 
Smith dit la ponctuation délicate et très distante sur les deux r" segments; 
die est assez forte sur le 1", mais extrêmement écartée, réduite à quelques 
points ça et là. 

Des trois carènes du mélathorax, la médiane est obsolète, à peine dis- 
tincte de la sculpture ponctuée-chagrinée des compartiments qu'elle sépare, 
sensible parfois dans le tiers ou le quart basilaire de sa longueur, et alors 
très fine et très peu élevée. 



Note sur la collectios Malacologique 

ET SUR LES TRAVAUX SCIENTIFIQUES DE M. ArSOULD LoCARD. 

PAR M. L. JOLBIN. 

J'ai l'honneur de porter à la connaissance de cette assemblée que M. le 
D r Edmond Locard , de Lyon, vient de faire don au Muséum de la magni- 
fique collection malacologique, rassemblée pendant près d'un demi-siècle, 
avec une science aussi éclairée que féconde, par son regretté père M. Arnould 
Locard, décédé le 28 octobre 190 4. 

M. le D r Edmond Locard veut bien y ajouter, pour le laboratoire de 
Malacologie du Muséum, la splendide bibliothèque spéciale de son père: il 
y met cependant cette condition, que cette bibliothèque ne nous viendra 
qu'après lui: aussi comprendra-t-on que je fasse des vœux pour que cette 
échéance ne se produise que dans un avenir lointain, dépendant je crois 
devoir dire dès maintenant que j'espère ne pas toujours végéter dans les 
locaux dont je suis pourvu actuellement, et que si, quelque jour, mon suc- 
cesseur ou moi, nous obtenons une amélioration sous ce rapport, il faudra 
tenir compte de l'installation de la bibliothèque Arnould Locard dans le 
futur service de la Malacologie. Les bibliothèques de Laboratoire sont des 
instruments de travail trop précieux pour qu'elles n'aient pas droit à la 
place d'honneur dans des services où passent chaque année des milliers 
d'échantillons à étudier. 

J'ai accepté la donation du D r Locard avec reconnaissance et j'espère que 
l'assemblée des professeurs ratifiera ma décision. 

\rnould Locard. en dehors de sa grande réputation de malacologue, 
avait avec notre Muséum des liens scientifiques assez étroits pour que je 
vous les rappelle en quelques mots. C'est à lui, en effet, qu'Alphonse 
Milne Edwards avait confié l'étude des Mollusques du TrawiUew el du 
Talisman; ilenavait tiré les deux magniliques volumes in-4", accompa 
de '10 planches que chacun ici connaît. A ce titre, nous pouvons considérer 



— 88 — 

A. Locard comme l'un des principaux et des plus utiles collaborateurs bé- 
névoles du Muséum, et peut-être est-ce au souvenir de celle fructueuse col- 
laboration que nous devons le don précieux que le fils du savant naturaliste 
vient de nous faire. 

Mais ce grand ouvrage n'est qu'un fragment de la quantité considérable 
de travaux publiés par A. Locard de 1 8 5 à 1903. Plus, de cent notes . 
mémoires ou volumes composent la liste bibliographique de son œuvre. Je 
ne voudrais pas les énumérer. je me contenterai de vous en citer deux ou 
trois plus particulièrement importants. 

A. Locard. admis en 1860 à l'Ecole Centrale, en sortit comme ingénieur 
des arts et manufactures: ses travaux métallurgiques le conduisirent à di- 
verses recherches minéralogiques dans les localités les plus variées de la 
France, delà Corse et de l'Oural; partout il recueillit des fossiles qui lui 
fournirent les matériaux d'intéressantes publications paléontologiques et lui 
valurent plus tard d'être Président de la Société géologique de France. 

Mais c'est surtout en Malacologie que ses travaux oui été importants et 
nombreux: avec une patience, une méthode et un ordre impeccables, il a 
rassemblé une merveilleuse collection des Coquilles de France dont il a pu- 
blié le catalogue critique, les diagnoses, la répartition et les ligures en 
trois gros volumes: les Coquilles terrestres, d'eau douce et marines. 

Nous n'aurons pas la peine de faire ici le catalogue de la collection Lo- 
card: il nous suffira de placer chacun de ces volumes dans la vitrine cor- 
respondante pour trouver immédiatement l'échantillon relatif à la description 
de l'auteur. 

Il en est de même pour sa collection malacologique du Portugal, qui est 
aussi complète qu'on peut le souhaiter et accompagnée des volumes où 
elle est minutieusement décrite. Locard ne s'est pas contenté d'être un ob- 
servateur aussi patient qu'ingénieux. Il a su tirer de l'ensemble de ses 
éludes des considérations générales sur la distribution géographique des 
Mollusques. Sa collaboration aux travaux du Travailleur et du Talisman et 
aux dragages du Caudan lui a fourni des aperçus très originaux sur les 
habitants des grandes profondeurs de la mer et les relations des Faunes 
abyssales avec celles de la surface et du littoral. 

Je vous citerai, pour terminer, son intéressante notice sur la faune mala- 
cologique des conduites d'eau de la Mlle de Paris. 

Je n'ai fait qu'indiquer très succinctement dans l'œuvre d'Aruould Lo- 
card le- ouvrages qui sont plus particulièrement importants pour le Muséum, 
soit par suite de sa collaboration, soit parce que les collections qui leur 
oui servi de base vont entrer ici. 

Mon rôle o'esl pas de parler de l'homme, que je n'ai connu que pendant 
les derniers mois de sa vie, J'avais eu le plaisir de lui confier des matériaux 
de travail qui oui été les derniers qu'il eût utilisés; c'était, dans ma pensée, 
le commencement d'une participation active à l'étude des immenses réserves 



— 89 — 

de mon service; je l'espérais longue et fructueuse pour le Muséum. La 
mort Ta fait cesser dès son début; mais le fils d'Ârnould Locard a voulu 
qu'elle se prolongeât d'une manière durable. Le don qu'il dous l'ail réalise 
un de mes vœux les plus ardents en fondant ici une collection malacolo- 
gique de France qui nous faisait totalement défaut. Nous aurions mis peuU 

être trente ans à la créer: d'un seul coup celte partie de mon program 

se trouve terminée d'une façon magistrale; le Muséum va entrer en |" 
sion d'une des plus belles, sinon de la plus belle collection malacologique 
de France. Je liens à en exprimer toute notre gratitude au l) r Edmond Lo- 
card et à m'associer, au nom de mon service, à L'hommage qu'il a entendu 
rendre à la mémoire de son savant père, le naturaliste français Arnould 
Locard. 



Sur les AyyÉLiDES Polvciietes de la mer Roi ci: 

(Fi.ABELLWÉRIESS. OphÈiAESS. CaPITELHBNS, CbRTOPTBBIESS ). 

par 1VI. Gh. Gravier. 



I. Famille des FLABELLIGÉ3IENS de Saint-Josepb. 
(Pherijsea Grube, Gulorémiens de Quatrefages, Siphonostomace* Johnston.) 

Genre Slylarioicles Délie Chiaje. 

Pherusa Oken, de Blainville. Trophonia Milne-Edvvards. Lopiiiocepiiala 
Costa. 

Stylarioides (Trophonia) Capensis Mac Inlosh, (W. G. Mac [ntosb. 
Annelxda Polychaela Challenger, i885, p. 36:5. pi. XLIV, fig. 7-8, 
pi. XXXIII A, fig. 1-. )). — (W. C. Mac [ntosh, Marine Annelids 1 Poly- 
chaeta) of South Africa, 1Q04, Part. I, p. 5a.) 

Un exemplaire enlier de cette espèce a été rapporté en 1890, de Périm, 
par M. le D 1 Jousseaume; l'animal enroulé sur lui-même mesure m. 66 
environ de longueur, h millim. 5 dans sa plus grande largeur; le nombre 
des segments est de 1 1 0. 

II. Famille des OPHÉLIENS Grube 
(incl. Poi.vopiitiialmie.ns de Quatrefages). 

Genre Annandla Filippi. 

Armandia melanura nov. sp. 

Prostomium en forme de languette effilée en avant. Be continuant en 
une sorte d'antenne antérieure. Deux yeux céphaliques avec un cristallin 



— 90 — 

parfois discernable. Deux organes nucaux lobés. Pas de limite postérieure 
nette au proslomium qui semble fusionné avec le premier segment métas- 
tomial. La segmentation n'est indiquée que par les parapodes; chaque seg- 
ment est subdivisé par deux ou trois sillons qui sont beaucoup plus régu- 
lièrement distribués dans la partie antérieure du corps que dans la partie 
postérieure. La bouche s'ouvre au niveau des organes nucaux ; la trompe 
à laquelle elle donne issue se présente . lorsqu'elle est complètement déva- 
ginée, sous forme d'une masse globuleuse étroitement pédiculée à sa base 
et excavée à sa face inférieure. 

Le corps insensiblement effilé en avant, de 98 millimètres de longueur, 
compte 29 segments sétigères; les parapodes des i", 28 e et 29' segments 
sont réduits au mamelon sétigère. Sur le mamelon prolongé par deux lèvres, 
dont l'antérieure est la plus développée , s'insère une longue branchie cir- 
îiforme terminée en pointe; deux faisceaux de soies simples qui sont en 
contact en profondeur, à la base interne du mamelon. Soies simples de 
deux types : celles du faisceau supérieur courbées assez fortement vers 
le haut , très longues , se terminent en une longue pointe très grêle ; celles 
du faisceau inférieur sont droites, beaucoup plus courtes, finement striées 
en long comme les précédentes. Au niveau du parapode, dépression laté- 
rale parfois assez profonde , s'étendant tout le long du corps. 

Du 6 e au i5 c segment, de chaque côté, une tache oculiforme circulaire, 
de même teinte que les yeux prostomiaux. Le 1" œil de la série est nota- 
blement plus petit que les 9 autres. 

Le corps , en arrière , s'effile pour se terminer en une sorte d'appendice 
cirriforme allongé. La partie postérieure est d'ailleurs enveloppée par une 
gaine qui . échaucrée sur la ligne médiane ventrale , est , de chaque côté , 
pourvue sur son bord libre de trois paires de papilles et fortement pigmentée 
en brun rouge très foncé. 

Trois exemplaires de cette espèce ont été rapportés de Djibouti, en 1 897, 
par M. H. Goutière. J'en ai moi-même recueilli de très nombreux indi- 
vidus, dans la même localité, au Sud du plateau du Serpent, sous les 
pierres et surtout dans les fissures des rochers de la côte, à mer basse. 
Leur couleur rosée, leur prostomium conique, leur façon de s'enrouler, la 
vivacité et la vigueur de leurs mouvements les font ressembler, à première 
vue, à des Glycères. 

Par ses yeux céplialiques apparents et par divers autres caractères, l'es- 
pèce décrite ici se rapproche de VArmandia oligops Marenzeller fl) . Elle 
en dilfère parla forme de son prostomium, et aussi par les caractères du 

(') E. von Marennelleb, Zut Kenntniss der ndrialischcn Anncliden, Sitoungêber. 
,1er À. Akad. Wissensch. zu Wien, i. LX1X, 187Û, S. Al.l., p. 64, pi. VII, fig. 4. 
— P. Lawgebhars, I)ir> Wurmfauna von Madcira, Zeitsch. fur miss. ZmA.. 
I. \\\l\, 1X80, p. 101,01 pi. IV, % i3. 



— 91 - 

pygidium qui la séparent de toutes les autres espèces du même genre : à 
cause même de cette extrémité postérieure fortemenl pigmentée qui la rend 
immédiatement reconnaissable, nous proposons d'appeler celte nouvelle 

espèce Armandia mclanura m . 

G es hé Polyophthalmus de Quatrefages. 

Polyophthalmus picTtis Dujardin. (Dujardin, Observations sur quelques 
Aunélides marines, Ami. des Sciences naturelles, 2 série, t. XI, i83q, 
p. 293, pi. VII, %. 9-12.) 

Cet Ophélien, qui a été décrit par Dujardin sous le nom de Nais picla, 
vit dans la Méditerranée, où, suivant Monticelli (2) , on Ta désigné sous les 
noms de Pohjophtlialmus pictus , P. Ehrenbergi de Quatrefages, P. dubius de 
Quatrefages et P. pallidus Glaparède, qui ne correspondent très vraisem- 
blablement qu'à une seule espèce. 

Il existe également daus l'Océan Atlantique, comme l'a signalé récem- 
ment M. de Saint-Joseph (:i) . H est probable aussi, comme l'a présumé 
W. Kùkenthal (,) , que le Poh/ophtalmus ceylonensis Kiikenthal se confond 
avec le P. pictus Dujardin, qui, en tout cas, existe dans le golfe d'Aden, 
puisque j'en ai recueilli 16 exemplaires dans un dragage, par 6 mètres de 
fond environ, au nord d'Ambouli (près de Djibouti). 



III. Famille des CAPITELLIENS C.rube. 
(Halelminthea V. Carus.) 

Genre Das.vbranchiis Grube. 

Dasybranchds caducls Grube. (Ed. Grube, Beschreibung neuer oder 
wenig bekannter Anneliden, Arch. fur Nalurgesch. , 1866, t. I, p. i66, 
pi. V, fig. 3 et k.) 

Ce Polychète cosmopolite, décrit par Grube sous le nom de Dasymallus 
caducus, a été signalé dans la Méditerranée : Grube (île Lussin), Glaparède 
(Port-Vendres), Stossicb (Cherso), Eisig (Naples); dans l'Atlantique : 
Langerhans (Canaries), baron de Saint- Joseph (Goncarneau et Sainl-Jean- 
de-Luz); dans les Philippines : Grube (Bohol); dans les mers du Japon : 

W De fiéXaa, noir, ovpî, queue. 

( 2 ) F. S. Monticelli, Osservazioni sui Polyophtliulmus, Hnll. Soc. Nat. <l, 
poli, t. X, 1896, p. 35-5o, pi. I. 

M Baron de Saint-Joseph, Les Aunélides Polychètes des Cotes de France, Inn. 
des Se. natur., Zool., 8 e série, t. V, 1888, p. 385. 

W W. Klkentaal, Die Opheliaceen der Expedilion (1er Vettore Pisani, Je- 
nai$che ZeiUch.fûr Wedicin und SatwrtO., t. XXI, 2" série, l. \l\. 1887, p. 870, 
ïaf. a 1, 6g. 9 et 10. 



— 92 — 

Mac Intosh (au sud de Vedo); dans l'Océan Indien : Grube (JNangkaouri, 
îles Nicobar). Tout récemment, W. C. Mac Intosh a mentionné la présence 
de ce Polycbète dans ses études sur la faune marine du cap de Bonne- 
Espérance (1) . 

J'en ai moi-même recueilli 5 exemplaires incomplets dans les tissures 
des rocbers de la côte à l'île Maskalle (iles Musba). L'un des exemplaires 
mesure de 1 5 à 1 6 centimètres de longueur, avec une largeur qui n'excède 
pas h millimètres. La forme est donc plus grêle que d'ordinaire. Mais, dans 
sa magistrale monographie, Eisig' 21 a signalé la variété étonnante des faciès 
de ce Gapitellien. 

Genre Scyphoproctns Gravier. 

Scyphoproctus D.iiBoiTiENSis Gravier. (Ch. Gravier, Sur un type nouveau 
de la famille des Gapitelliens , Scyphoproctus nov. gen. djiboutiensis nov. sp., 
Bulletin du Muséum d'histoire naturelle, 190^1, n° 8, p. 557-5Gi, 7 fig. 
dans le texte.) 

Deux exemplaires de ce type nouveau ont été dragués entre les récifs du 
Pingouin et du Météore, dans la baie de Djibouti, par 20 mètres de fond 
environ. 

IV. Famille des CHÉTOPTÉRIENS Aud et Edw. 

Genre Ciuvtoptcrus Cuv. (Tricœlia Renier). 

Ch/Etopterus variopedatus Ren. (Renier, Osservazioni postume di Zoo- 
logia Adrialica, p. 3o,fide Claparède (3) .) 

Je rapporte, avec quelque doute, à cette espèce cosmopolite trois Ché- 
toplériens dragués le 26 février 190 A , au Récif du Météore, par 20 mètres 
de fond environ et dont le plus grand, bourré d'œufs à l'état de maturité, 
mesure à peine 3o millimètres de longueur. Ce serait une forme ou peut- 
être même une variété naine du Chœtopierus de nos côtes, qui peut atteindre 
une vingtaine de centimètres de longueur. En outre, le nombre des seg- 
ments de la région postérieure du corps est ici de 10 seulement, tandis 
qu'il oscille entre 27 et Ao chez celui des côtes de la Manche; les variations 
dans le nombre des segments de cette région du corps n'ont, sans doute, 
qu'une importance relative, mais l'écart est ici trop considérable pour 
n'être pas rappelé. Je dois ajouter que, récemment, Mac Intosh-, qui 

(1 ) \V. G. Mac Intosb, Marine Innelids ( Polyclm-la) oj ' touth \frica, l'art II, 
içjoi, p. 70. 

) II. Eisig, Die Gapitelliden des Golfes von Neapcl, Fatum und Flora de» 
Golfe» von \eapel, 16" Monographie, 1887, p. 8:?r>. 

' Voir pour la synonymie : Baron de Saint-Joseph, Les Annélides Polycliètes 
des <l"tes de Dinard, Ann. ili 1 * Se. nat., Zool., 7* série, t. XVII, 189A, p. 1 '17. 
W \\ . G. Mac Intosh, Marine Aiuielids (Polychaeta) of touth [frica, Paît II, 
190/i, p. 6l. 



— 93 — 

mentionne l'existence <le Cheetopterus variopedatos Renier au Cap de Bonne- 
Espérance, fusionne avec celte espèce le Cheetopterus hamalus Schmarda de 
la même provenance, qui ne possède que i5 segments dans la région p ■ 
lérieure du corps. J'ai signalé ailleurs (,) le singulier organe annexe de la 
néphridie que j'ai observé chez celui de ces Chéloplères qui était parvenu à 
l'état de maturité sexuelle au moment où il a été capturé. 

Geinhe Telepsavus Costa (Clpd emend). 
Telepsavus Bonhourei nov. sp. 

Prostomium recouvert par les antennes, enveloppé dans une gaine 
formée par le premier segment, en forme de languette arrondie en avant. 
Deux taches oculaires arrondies. En arrière de celles-ci, insertion des an- 
tennes, dont la longueur égale le tiers environ de celle du corps et dont 
la face ventrale est creusée d'une rigole profonde, ciliée, bordée de cliaipie 
coté d'une bande pigmentée en jaune brun. Deux organes nucaux (2) en forme 
de petites languettes ciliées situées entre les bases des antennes. i'° partie 
du corps composée de 9 segments sétigères pourvus seulement d'une raine 
dorsale. Le i er sétigère qui enveloppe ventralement et latéralement le pros- 
tomium ne porte qu'un petit faisceau de soies. Au -2 e et au 3 e sétigère , 
faisceaux de soies un peu plus développés, orientés obliquement par rap- 
port au plan de symétrie. Au 4 e sétigère, 1 seule soie très forte de chaque 
côté et située un peu plus ventralement qu'aux segments précédents. -V et 
6 e segments semblables aux 3 premiers. 7 e , 8 e et 9 e segments beaucoup 
plus longs que les précédents. Dans toute celte première région, soies sim- 
ples lancéolées, élargies à leur extrémité libre. 

Au delà du 9 e sétigère. tous les sétigères ont une rame dorsale el nue 
rame ventrale insérées tout à fait à la partie postérieure des segments. — 
Ha me dorsale formée de deux lames foliacées bilobées, réunies à leur base 
par une mince membrane, à bord épaissi pigmenté el fortement cilié. La 
membrane reliant les deux lames dorsales forme de chaque côté un feston 
cilié sur son bord libre et se continue ventralement par un double tore 
caractéristique des Chétoptériens. Chacun de ces tores porte un nombre 
considérable de plaques onciales très petites, portant sur leur bord libre 
une rangée r^ctiligne de i5 à 18 dents el disposées parallèlement au plan 
de symétrie, mais non en rangées régulières. 

3 exemplaires ont été recueillis dans les sables vaseux situes au pied 
même de la Résidence, à Djibouti. L'animal est enfermé dans un tube 

W C11. Gbavier, Sur la morphologie des Chétoptériens, Compte» rend. Ac. iet 
Sciences, 1906, p. 545. — Sur un organe externe annexe des Néphridies chez le 
Chétoptère, C. R. Assoc. jranç. pour Vavanc. de» Sciences, 1904, séance du 

G août 190/1. 

W Sur l'organe nucal des Cliétoplériens, M., 190/1. 



— 94 — 

parcheminé annelé, très grêle, de longueur triple de la sienne. Type étudié : 
longueur du lobe, 187 millimètres; largeur uniforme. 1 millimètre. Lon- 
gueur de l'animal. 68 millimètres, dont 16 pour les tentacules et 52 poul- 
ie corps. Le nombre de segments est très difficile à indiquer exactement, 
à cause de l'état imparfait de conservation de l'extrémité postérieure de 
l'animal, dans laquelle le liquide fixateur (Perenyi) n'a sans doute pénétré 
que très difficilement; il ne dépasse vraisemblablement pas la soixantaine. 

La forme de Djibouti se distingue très nettement par les caractères de la 
région thoracique de la seule espèce connue jusqu'ici du même genre : 
Telepsa vus Costarum (1) Claparède. 

Plusieurs espèces nouvelles du genre voisin Phijllochactoptcrus ont été 
décrites récemment par C. Grossland (S) . 



ClIOTIIOSA SeURATI, C LION IDE NOUVELLE DES ILES d.lMlUER, 

par m. e. topsent, 

Maître de conférences a la Faculté des sciences de Gaen. 

Thoosa Hancoclà Tops, s'écarte un peu des autres Thoosa connues par 
les caractères assez particuliers de ses deux sortes d'amphiasters* 3 '; ses as- 
ters noduleuses, en effet, restent plus simples et surtout beaucoup moins 
nombreuses que celles de ses congénères; ses asters grêles, de leur côté, 
se font remarquer par les crochets qui terminent leurs longues actines; des 
tylostyles, de type banal, complètent sa spiculation. L'Lponge est répandue 
par de faibles profondeurs dans la province Indo-Pacifique. Je Pavais dé- 
couverte dans l'épaisseur de \alves de Tridacne de provenance indéter- 
minée. Lindgren l'a retrouvée' 4) dans des Goralliaires perforés de Java. Je 
l'ai moi-même revue, en ces derniers temps, dans un fragment de Poly- 
pier recueilli à marée basse par M. J. Stanley Gardiner, sur l'atoll Maie 
(Tes Maldives). 11 règne, au sujet de la distribution de ses diverses sortes 
de spicules, un désaccord complet entre ma description et celle de Lind- 
gren, cetle dernière donnant les tylostyles et les asters à actines grêles et 

(1) Kd. Claparkde, Annélides Gliélopodes du [jolfe de Naples, Mem.de la Sur. de 
Pky$. rt d'hist. nat. de Genève, t. XX, i86(j, p. 80-S'i . pL W . 1%. 1. 

( J) Cyril Crostland, On the marine fauna of Zanzibar and Brîtish Easl kfriea 
from Collections made by Cyril Crossland in the years 1001 and 190a. — Poly- 
ch.Tta, Proceed. "/ the Zool. 8ocietyof London, ioo3, vol. 1, p. 169-176, Pi. \\1- 
XVII. 

M Topskut (E.), Contribution " Y étude des Ctionidee, p. 81, pi. ML lip. îa 
C.br/i. de Zniil. e.iji. et gin. (s), \ l>>», 1880) ei Dnuriènut contribution n l'étude 
dex (Humide*, p. 58o (lbid. la), IX, 1891). 

'*' Lindgren ( N. G.), Beitrag sur Kenntnie* der Spongienfauna dee \ltil<njt*clien 
Archipel» and der chinesiechon Meere, p. 3ao (Zwd. lnlu/>.. M. léua, 1898). 



— 95 — 

mucronées comme serrés au sommet des papilles. L'examen du spéeimende 
la collection Gardiner confirme, au contraire mes observations antériei 
les asters grêles font complètement de'faut dans les papilles; Bénies, les 
lers noduleuses y accompagnent les tylostyles, s'y accumulant ootablement 
mais sans toutefois former de croûte dense. Une tell» 1 distribution des 
microsclères se trouve seule conforme au plan de constitution des '/'/,., 
où les amphiasters noduleuses jouent le rôle de microsclères somiques, au 
sens de Sollas, c'est-à-dire de microsclères répandus par tout le corps, 
taudis que les amphiasters à actines longues et grêles demeurent parement 
choanosomiques. 

Il était nécessaire de remettre ainsi les choses au point pour faire appré- 
cier l'intérêt de la Clionide que je me propose de décrire. Elle possède des 
amphiasters à actines longues, grêles et mucronées, de même type exacte- 
ment que celles de Thoosa Uancocki et, comme elles, localisées strictement 
dans le choanosome. Mais elle se montre complètement dépourvue d'am- 
phiasters noduleuses. aussi bien dans ses papilles que dans si chair. 
M. Seurat, qui m'en avait envoyé un premier spécimen dans un l"t de 
Pohpierset de coquilles perforés des îles Gambier, a eu l'obligeance d'en 
recueillir encore à Mangareva plusieurs autres qui me permettent d'être 
absolument affirmatif. En l'absence d'amphiasters noduleuses. L'Eponge 
n'est pas une Thoosa; ses amphiasters grêles ne la rattachent d'ailleurs 
qu'à une Thoosa un peu aberrante. Elle n'appartient pas non plus au genre 
Ctiona. Lindgren qualifie bien de spirasters les asters à actines grêles de 
Thoosa Hancocki, mais il s'agit, en réalité, d'amphiasters, et si la Thoosa 
pouvait laisser quelque doute à ce sujet en raison de la conformation bou- 
vent irrégulière chez elle de cette catégorie de microsclères, la Clionide 
nouvelle lèverait désormais toute hésitation, les actines s'y disposant tou- 
jours, dans les spicules en question, en deux groupes au\ extrémités d'un 
axe long et nu. Remarquons, du reste, que l'absence de eesmicrosdè i - 
sur les papilles serait sans exemple chez les Clionides s'ils se rapportaient 
au type spiraster. 

Ne pouvant prendre rang ni parmi les Thoosa ni parmi les CUona, plus 
proche cependant des premières que des secondes, comme le prouvent set 
amphiasters. l'Éponge de M. Seurat devient le type d'un genre nouveau, 
le genre Cliothosa, défini de la manière suivant'' : 

Genre Clîolhosa. 
Clionides dépourvues de microsclères somiques: les asters rlionnosonu«|nes 

sont des amphiasters. 

Dans la première espèce connue, que je crois juste de dédier a M 
rat en remerciement de la peine qu'il a prise à m'en procurer 'le- spéc 
mens, les mégasclères sont des tylostyles. et il u'existe qu'une catégorie 
unique d'amphiasters. 



— 96 — 
Voici , d'ailleurs , sa description : 

Cliona Seurati nov. sp. 

Eponge perforante, jaune d'ocre à l'état frais dans toutes ses parties 
(note de M. Seurat), brune à Mat sec. Coloration due principalement, 
comme celle de Thoosa Hancochi, de Cliona celata et de plusieurs autres 
Clionides, à des cellules sphéruleuses, de o millim. 008 à uiillim. 01 
de diamètre, très abondantes, à petites sphérules renfermant une matière 
grasse jaunâtre qui brunit en s'oxydanl. Galeries très spacieuses mesurant 
souvent de 5 à 7 millimètres de largeur el de 12 à 20 millimètres de pro- 
fondeur, desservies par plusieurs papilles. Orifices pour le passage des pa- 
pilles, circulaires, grands, ceux des papilles inhalantes ayant de 1 millim. 3 
à 1 millim. 8 de diamètre et ceux des exhalantes pouvant dépasser 3 milli- 
mètres; ces orifices, nombreux, se tiennent distants seulement de 3 à 
h millimètres. Papilles minces, se rétractant au fond de leur puits calcaire au 
cours de la dessiccation. Chair molle s'appliquaut à l'état sec en un revête- 
ment mince des parois des galeries, ou tendant en outre ces galeries de 
légers voiles membraneux. 

Spirales. — I. Mégasclèiies : 1. ïylostylcs. — Tête ovale, toujours 
prolongée en une pointe obtuse plus ou moins longue, el, d'une façon 
presque constante, présentant un petit groupe de vacuoles en son centre, 
au niveau de la terminaison du canal axial. Tige un peu fusiforme, légère- 
ment courbée, à cou épais, à pointe graduellement acérée. Longueur 
moyenne, o millim. 3y5; épaisseur, millim. 008 à o millim. 01a. Sans 
ordre dans la chair; verticaux dans les papilles, la pointe en dehors. Ces 
tyloslyles ressemblent davantage à ceux de Cliona celata, par exemple , qu'à 
ceux de Thoosa Hancochi qui, d'après mes spécimens, ont une tête plus 
généralement globuleuse (Lindgren aussi la dit ronde), sans dilatation du 
canal axial en son centre , et portée sur un cou un peu plus aminci. 

II. Microsclères : 2. Amphioslcrs. — Un axe lisse, long deo millim. 01, 
('•pais de o millim. O0i5 à o millim. 002. porte à chaque extrémité 
un verticille de trois ou quatre aclines grêles, longues de o millim. 01 . un 
peu courbées en dehors et terminées par deux (quelquefois trois) petits 
muerons divergents. Abondantes, mais seulement à l'intérieur du corps. 

Habitat. — Baie de Kirimiro ( île Mangareva); dans des Polypiers: pro- 
fondeur, 10 mètres. 

Conformément au désir exprimé par M. Seurat, je remets les meilleurs 
spécimens de CJiothosa Scarali entre les mains de M. If professeur L. Jou- 
bin pour la collection du Muséum. 



— 97 — 
Note sur quelques Hïdroïdes de l'expédition do Travailleur. 

PAU AI. AlUIAND HlLLAKD. 



Halecilm filicdla Allman. 
1877. Mon. Mus. Harvard, vol. V, p. i5, pi. XI, Gjj. 1-6. 

Dans les échantillons que j'ai examinés, la plupart des hydranthophoi 
avaient été rompus vers le milieu de leur longueur et avaient subi une ré- 
paration consécutive à la rupture. Au-dessus de la ligue de rupture très 
nette, on peut voir un ou deux anneaux, comme à la base de l'hydrantho- 
phore; parfois il en existe plus de deux. 

Allman n'a pas observé le gonosome, or heureusement un des échantil- 
lons du Travailleur portait une gonothèque globulaire, hérissée d'épines 
mousses (fig. 1). 

Localité. — kh°li'3o'\ lat. N.; q°27'3o", long. 0.; sable, gravier; 
12 juillet 1882 (sur le Pohjplumularia Jlabellala Sars). 




^> . 




bOOji 



Fig. 1. HaleciumJUieida Allm. (Gonothèque). — Fig. a. Zygophylax 
biarmata nov. sp. : ri, dactylothèques. — Fig. 3-4. Gladocarput 
sigma Allm.; r, repli- intrathécaux ; 0, orifice de communication 
de l'hydrothèque avec l'hydroclade. 

Zygophylax biarmata nov. sp. 

Colonies ramifiées (1 centim. 5 à 2 centimètres de hauteur) donl les 
tiges et les branches sont polysiphonées , les tubes secondaires n atteignant 
pas leur extrémité. Les hydruthèques (fig. 2) sonl supportées parmi courl 
pédoncule dont elles en sont nettemenl séparées. Le pédoncule s'insère sur 

W A. Billard. Contribution à l'étude dos Hydroïdes ( Inn. Se. SaL, roi. XX 

[8], p- 9)- 



MosécM. 



VI. 



— 98 — 

une apophvse du tube principal et cette apophyse porte deux dactylo- 
thèques (lig. a, d), une de chaque côté; l'une est en général plus longue 
que l'autre : il est vrai qu'elle montre alors souvent une à quatre stries 
d'accroissement. Ces dachlothèques se détachent très facilement, aussi ue 
les observe-t-on pas toujours, mais alors on peut voir, comme trace de leur 
existence antérieure , une ouverture au point où elles étaient insérées. 

L'orifice de l'hydrolhèque est évasé et très souvent on y remarque des 
stries d'accroissement en nombre variable. L'hydrothèque peut, après avoir 
été brisée accidentellement, s'être reformée par suite du développement 
d'un nouvel hydranthe. La ligne de rupture se voit très nettement sur 
l'hydrothèque réparée qui peut aussi montrer des stries d'accroissement. 

Cette espèce est très rapprochée du Zygophylax prq/unda Quelch (l) , mais 
en diffère par la forme de ses hydrotbèques et par ses dactylothèques 
moins allongées; elle diffère aussi du Z. operculata Jiiderholm (2) par l'ab- 
sence d'opercule. 

Localité. — La même que pour l'espèce précédente, également sur le 
Polyphimulariajlabcllata, et aussi : 35° 36', lat. N.; 8° 39', long. 0. (sur 
une Éponge). 

DlPHASIA ALATA Hincks. 

i855. Hincks, Ann. Nat. Ilisi., vol. XV [5], p. 127, pi. II. 

1868. Hincks, A history of the british hydroid Zoophytet , p. 258, pi. XLVIII, 

1900. M. Bedot et A. Pictet, Rés. cnmp. scient. Prince de \fonaco, fasc. xviii, 
p. ai. 

J'ai eu affaire à une variété qui diffère de l'espèce type de Hincks. La 
tige et les branches sont polysiphonées dans leur région inférieure et je 
n'ai pas observé sur mes échantillons l'arête signalée par Hincks. J'ai ob- 
servé des gonothèques femelles renfermant des œufs à leur intérieur. Il 
n'\ a pas de chambre marsurpiale et ces gonothèques sont en tout sem- 
blables aux gonothèques mâles représentées par Hincks. 

Les hydrothèques munies d'un opercule adeaulinaire sont opposées, mais 
sur les colonies jeunes elles sont alternes dans leur région inférieure, ce 
qui n'avail pas été signalé. 

J'ai trouvé celte espèce en grandes colonies indépendantes et al teignant 
jusqu'à 1.") centimètres de hauteur: je l'ai trouvée aussi formant «le petites 
eolonies livres sur le PolypltmwlariaJlabeUata Sars. 

Localité. — La même qne pour Yllalecium fiUcuïa Mlman. 



(') Ann. Nat. Ihst.. w>L \\l [5], 1 885. 
<») Ark. Zool, Bd. 1906. 



— 99 — 

Gladocarpi's sigma Allmaii. 
1877. Aglaophenia sigma \llm.\>. Wém. Mus. Harvard, vol. \ . pi. XXVI, p 

1900. Cladocarpus sigma Mlin. Nitting, Smithson. Instit. I . S. \ ■•.-. 1/ S 

cial Bulletin, pi. XXVI, p. 111, fijr. t -a. 
1900. Cladocarpus sigma Allm. Bedot, Ré». Camp, «cient. Prince de Mon 

p. '17, pi. VII. fig. 7-9. 

C'est en faisant des réserves que j'attribue les échantillons <lu Travail- 
leur m Cladocarpus sigma Vllinaii. En effet, comme ceux décrits par Bedol 
auxquels ils sont identiques, ils présentent des différences avec l'espèce 
type. Bedot n'a pas fait ressortir ces différences, qui sont cependant assez 
marquées. En effet, chez l'espèce type, le bord de l'hydrothèque est per- 
pendiculaire à l'axe de l'hydroclade et uc déborde pas sur l'article suivant . 

le repli inlrathécal présente une forme en S très régulière, la courl si 

continue; les épaississements du périsarque au nombre de oeuf atteignent 
le bord dorsal de l'article. Dans les individus du Travailleur, le bord de 
l'hydrothèque est oblique et parvient au moins à mi-hauteur de la dacty- 
lothèque médiane de l'hydrothèque suivante ( fig. 4); le repli intrathécal 
présente un point anguleux plus ou moins accentué; les épaississements 
du périsarque au nombre de sept n'atteignent pas en général le bord 
dorsal de l'hydroclade. D'après les dessins de Nutling et de Iîedul, les go- 
nothèques seraient aussi différentes. Mais pour décider qu'on a affaire à 
deux espèces distinctes, il faudrait pouvoir comparer un grand nombre 

d'échantillons des deux formes et voir si leurs variations per lient leur 

rapprochement ou leur séparation. Dans tous les cas, les échantillons ré- 
coltés par le Travailleur et Y Hirondelle constituent au moins une va- 
riété intéressante de l'espèce type: celte variété appartient à la zone 
littorale occidentale européenne (golfe de Gascogne) et l'espèce type à la 
zone littorale orientale de l'Amérique du Nord (Floride) à peu près mui- 
la même latitude. 

La forme européenne présente de petites variations. Les dactylotbèques 
latérales qui. en général, restent au-dessous du bord de l'hydrothèque 
(lig. 4), peuvent atteindre ce bord et même le dépasser légèrement. L bydro 
thèque qui, en général, s'élève jusqu'à la moitié de la dacthylothèque mé- 
diane de l'hydrothèque suivante, peut la recouvrir en entier. Les épaissis- 
sements de l'hydroclade atteignent parfois son bord dorsal. 

Le bord de l'hydrothèque présente cinq dents de chaque côté el nne 
médiane plus ou moins pointues. La médiane esl en général plus larj 
plus haute que ses deux voisines qui peuvent cependant I égaler. 

Pour terminer, je signalerai les particularités suivantes <|ni n'ont pas été 
indiquées par Bedot : 

L'hydrothèque, comme le montre la figure '•'> qui représente une sur 

7- 



— 100 — 

de face. <>st largement ouverte en arrière dans sa partie libre. Les deux 
replis intrathécaux (fig. 3 et 4, r.) ne sont pas de la même hauteur et de 
la même largeur, ils ne se rejoignent pas sur la ligne médiane, mais se 
prolongent vers le haut par une arête interne. Enfin, la cavité de l'hydro- 
clade est mise en communication avec celle de l'hydroclade par un orifice 
assez petit (fig. 3, o.). 

Localité. — La même que pour VHalecium flicula Allm. et aussi : 
43°26', lat. N.; î i°3q'3o', long. 0.: sable, gravier; 17 juillet 1882. 



TVNICIBRS HBCVEILL1S Bti ÎQOÙ PAR M. Ch. G RAVIER 
DANS LE GOLFE DE TaDJOURAH (SOMALIE FRANÇAISE) 

DÉTERMINÉS PAR C. Ph. SlUITER , 

Professeur dk Zoologie à l'Université d'Amsterdam ,l \ 

La collection de Tuniciers que M. Ch. Gravier a recueillie dans le golfe 
de Tadjourah (Somalie française) en iqo4, bien qu'elle ne soit pas consi- 
dérable, renferme cependant plusieurs espèces nouvelles intéressantes et, 
en outre , quelques formes décrites par Savigny et qui n'ont jamais été 
retrouvées depuis l'expédition d'Egypte. Elle complète ainsi d'une manière 
heureuse la collection faite par Max Weber dans l'Afrique du Sud et étu- 
diée par le professeur C. Ph. Sluiter dans les Zoo logischc Jahrbûcker (t. \l . 
1898, p. 1-6&). Parmi les 18 espèces rapportées par M. Ch. Gravier, 8 
sont nouvelles pour la science; quelques-unes de celles-ci présentent un 
intérêt particulier à cause de leur structure analomique , tel est le cas no- 
tamment de Polyandrocarpa violacea n. sp. , Styela proliféra n. sp. et Halo- 
cynthia spinosa n. sp. Parmi les espèces déjà connues, il faut citer celles 
qui ont été nommées par Savigny : Ascidia nigra Savigny, Halocynthia 
gangelion Savigny. Halocyuihia momus Savigny. Deux autres espèces seu- 
lement ont été recueillies aussi par Max Weber dans l'Afrique du Sud : 
Bolrylloides mœandrmum Sluiter et Bolrylhidcs gregalis Sluiter. 

EcTEiNASciniA Moorei Herdman. (Herdman, On the Genus Ecteiuasci- 
dia,etc, Transact. biol. Soc. ofLiv er pool, vol. V, 1800. p. 1 55.) 

M M. le professeur C. Ph. Sluiter a bien voulu se charger, sur ma demande, 
de l'éliub' des Tuniciers «pu' j'ai recueillis en iqo'i dans le golfe de Tadjourah; 
je tiens à l'en remercier ici très vivement. Le tra\ail de ce ravanl zoologiste, ac- 
compagné de 9. planches, est trop considérable p ' être inséré dans ce Bulletin i 

il paraîtra procliainement dans les Mémoire» <lr lu Société de toologie. J'ai tenu à 
en extraire le résumé ci-dessus pour le Bulletin du Muséum. Noie de M. Ch. Gra- 
vier.) 



— 101 — 

Obock : deux colonies recueillies ii mer basée, sur I»- récif il»- la Clochet- 

terie. 

Ecteinascidia Thdrstom Herdman. i Herdman. On the Geaofl I. 
ridia, etc., Trœvaet. biol. Soc. o/Lwerpool, \ol. Y. 1890, i5i.) 

Baie de Djibouti : une petite colonie de 6 individus. 

A-'.idia iigba Savigny. l' Savigny. Mémoire sur les animaux umt vertètn 
II Part., 1816, p. i63. — Lesson, Journal Ac Nat. Se. Pkiladelpkia, 
vol. III, p. 2, 182.3. — Traustedt, Vidensk. Medd. fra naturk. Foren. i 
Kjôbenhanv , 1881. p. 278. — Herdman. s Challenger* Report m the Tuni- 
cala, Part. I. p. 210. — Sluiter. Mémoires de la Soc. zool. de Franci . 
t. \I. p. 5. 1898.) 

Baie de Djibouti : 5 exemplaires. 

Ascidia Obocki DOT. sp. 

Djibouti: Obock, dragage dans le port, à une profondeur de 10 à 
20 mètres. Par la distance relativement considérable qui sépare le- deux 
oriGces du sac branchial, V Ascidia Obocki se rapproche de 1 [seidia lapidosa 
Sluiter, de 11. tricuspis Sluiter et de quelques antres formes des Indes orien- 
tales. 

Ascidia somaliensis nov. sp. 

finie de Djibouti. Intérieurement , cette espèce ressemble beaucoup à la 
précédente, mais les caractères anatomiques sont tellement différent 1 ; d;ms 
les deux formes qu'on ne saurait les réunir dans une même espèce. 

Botbylloidss meandri.mjm Sluiter. (Sluiter, Tunicaten von Sud Afrika, 
Zool. Ja.hrb. herausgegeben von ./. W. Spengel, Abth.fûr System., Bd. XI, 
p. 48.) 

Obock, dragage dans le port, a une profondeur de 12 a 90 m.tres: 
cette même forme a été recueillie à Sea Point, près de Capetown p r 
Max Weber. 

Botrvlloides oBEOALis Sluiter. (Sluiter, Tnnieaten von Sud \frica,/ 
Jahrb., herausg. roui. W . Spengel , Abth. fur Syst., Bd. \l. p. '■■ 

Baie de Djibouti: une colonie draguée à une profondeur de 6 mè 
au nord d'Ambouli. Celte espèce a été recueillie précédemment but I 
de Mozambique. 

Polyandrocarpa violacea nov. sp. 

Baie de Djibouti, dragage à 10 mètres de profondeur. Une colorie 



— 102 — 

cohérente, assez grande, fixée sur des branches d'Antipathes mort. Les 
Ascidiozoïdes , longs de a à k millimètres , larges de 1 à a millimètres et demi , 
sont serrés les uns contre les autres et dessinent des saillies en dôme au- 
dessus du niveau général. D'après la manière de voir de Michaelsen, cette 
forme rentre dans le genre Polijandrocarpa, quoiqu'il n'y ait que k poly- 
carpes de chaque côté. Mais la situation de l'ovaire, par rapport aux testi- 
cules , est en sens inverse de ce que l'on observe chez le P. lapidosa Herd- 
man , d'après la description de Michaelsen. 

Styela miniata nov. sp. 

Ile Musha; grand récif. Fixé sur des Polypiers morts. Sous plusieurs 
rapports, cette forme très intéressante, intermédiaire entre les Styélines et 
les Polyzoines, ressemble au Monandrocarpa tritonis Michaelsen, qui fut 
placé par Michaelsen. et avec doute, dans la famille des Polyzoines. Mais il 
s'agit ici d'une forme solitaire ou tout au plus agrégée, et absolument pas 
coloniale. 

Stolonica proliféra nov. sp. 

Obock ; récif de la Clochetterie ; recueilli à mer basse. Cette forme est 
très intéressante, car il s'agit ici d'un Styélide qui se multiplie par bour- 
geonnement au moyen d'un stolon vrai. Le faciès de la colonie rappelle de 
près celui des Glavelines. D'autre part, les gonades ressemblent beaucoup 
à celles du Metandrocarpa d'après Michaelsen, dont l'aspect est d'ailleurs 
très différent de celui du Stolonica d'Obock ; d'autre part , celui-ci offre des 
similitudes incontestables avec le Stolonica socialis Hartmeyer, que Lacaze- 
Duthiers et Delage ont décrit, en 1899, sous le nom de Stolonica agregata. 

Riiabdocvxthia pallida Heller. (Heller, Sit:. ber. Kais. Akad. der Wiss., 
Bd. xvii, p. 96. — Herdman «Challenger» Report on Tunicata , P. 1, p. i45. 
— Sluiter, Die Tunicaten dcr Siboga Expédition, 1 896, p. 5A et autres pu- 
blications.) 

Ile Musha; Obock; récif de la Clochetterie; baie de Djibouti. Couleur : 
rose vif. 

Halocynthia gangelion Savigny. (Savigny, Mémoires sur les animaux sans 
vertèbres, 11 Part., 1816, p. 1A7.) 

Baie de Djibouti, récif du Météore; dragage : i5 mètres de profondeur. 

Halocynthia momus Savigny. (Savigny, Mémoires sur les animaux sans ver- 
tèbres, II part.. 1816. p. 1A7.) 

Baie de Djibouti ; récif des Messageries. 

Halocynthia spinosa nov. sp. 

Baie de Djibouti: récif du Météore; dragage. 



— 103 — 

Cette espèce est très curieuse à cause des épines qui recouvrent toul l<> 
corps et qui rappellent celles qu'on observe chez C. échinât a L. et C. lus- 
pida Herdman. 

Aplidium africanum nov. sp. 

Baie de Djibouti; récif du Météore; dragage. 

La tunique externe gélatineuse, mais imprégnée de grains de sable, 
ferait placer cette espèce dans le genre Psammaplidium Herdman: niais la 
séparation des deux genres Aplidium et Psammaplidium ne parait pas jus- 
tifiée au professeur G. Ph. Sluiler. 

Leptoclinum bistratum nov. sp. 

Obock; dragage dans le port, de 10 à 20 mètres de profondeur. Les 
colonies forment des plaques minces fixées sur une valve de Pinna. Par 1rs 
caractères de sa tunique externe, pourvue de corpuscules calcaires extrê- 
mement nombreux, cette espèce se rapproche du L. Moseleiji Herdman. 

Leptoclinum psammatodes Sluiter. (Sluiter, Tunicaten in : Semon Zoo- 
logische Forschungsreisen , Jenaische Denkschriften.Bd. VIII.) 

Deux colonies recueillies à Obock, à mer basse, sur le récif de la Clo- 
chette rie. 

Leptoclinom albidom Verrill var. lutcolum Verrill. (\errill, American 
Journal qf Sciences and Arts, ser. 3, vol. I, p. i43, 1871. — Herdman. 
Challenger Pteport on Tunicala, p. 290, 1886.) 

Baie de Djibouti; couleur rouge orangé. Cette espèce cosmopolite est 
connue maintenant sur les cotes du Maroc (Baie de Tanger), de l'Amérique 
du Nord, aux îles du Cap Vert, au Cap de Bonne-Espérance, aux Phi- 
lippines et à Djibouti. 



Liste des coquilles de Gastropodes recueillies pàb M. Ch. Gra\ h R, 

DANS LE GOLFE DE TlDJOURAIl (igoâ), 

par M. Edouard Lamy. 

Parmi les coquilles de Gastropodes marins provenant des récoltes mala- 
cologiques de M. Ch. Gravier sur la côte française des Somalis. les Gérithea 
ont déjà fait, dans ce Bulletin, l'objet d'un travail de M. L Vigual (, \ H 
M. le professeur A. Vayssière a accepté de déterminer les Cypréw. 

C) L.Vignal, Coquilles de la famille des Cerithidés recueillies parM. Ch. Gravier 
à Djibouti , Bull. Mus. iiisttnat., 1906, n° 6, p. 354. 



— 104 — 

(les deux groupes mis à part, la liste suivante comprend encore plus 
•l'une centaine d'espèces. Bien que la faune conchyliologique de la mer 
Rouge et du golfe d'Aden dût être considérée comme bien connue par 
suite des nombreux travaux qui lui ont été consacrés (I) , cependant plu- 
sieurs des formes rapportées par M. Gravier n'avaient pas encore été signa- 
lées dans ces régions; c'est notamment le cas pour bon nombre des petites 
espèces qui ne peuvent être obtenues que par dragage et que M. Gravier a 
plus spécialement recherchées, s'abstenant avec raison de ramasser les 
coquilles volumineuses qui, elles, ne sont que trop souvent uniquement 
recueillies par les voyageurs. 

Mais le résultat le plus heureux de la mission de M. Gravier sera surtout 
de faire entrer dans les collections du Muséum de nombreuses formes inté- 
ressantes qui y faisaient totalement défaut et d'y constituer pour la Somalie 
française une collection locale d'autant plus nécessaire que nos connais- 
sances sur la Conchyliologie de celte colonie se bornaient jusqu'ici aux 
renseignements fournis par M. le D* Jousseaume sur quelques coquilles 
<rObock (2) , et par M. II. Fischer sur des Mollusques de Djibouti ' 3) . 

En raison même de l'insuffisance des matériaux que renfermaient pour la 
Mer Rouge les collections du Muséum, la détermination des échantillons 
que nous avait remis M. Gravier, nous eût été rendue quelque peu pénible, 
sans la bienveillance avec laquelle M. Ph. Dautzenberg nous a permis 
d'examiner, dans sa riche collection , de nombreux et précieux éléments de 
comparaison. Nous avons eu aussi recours, notamment pour les Triforis, 
à l'obligeance de M. le D r Jousseaume : le don fait antérieurement au 
Muséum par ce dernier savant de spécimens de plusieurs espèces de la Mer 
Rouge, créées par lui, mais non figurées, nous a été également d'une 
grande utilité. 

1. Terkrra babylonia Lamarck. 

i8-!->. TiTi'bra babylonia Lamarck, Anim. s. vert., t. VII, p. ^87. 

18A7. T. babylonia Lk., Soweriîy, Thés. Conch., vol. I, pi. XLI1I, fig. (17. 

Djibouti : 2 individus, — Aden (Shopland, 1902), Mer Rouge (Stu- 
rany, 190.8). 



(l ' A citer notamment deux mémoires récents : 

E. R. Shopland, Marine Shells from Aden, Proceed. Halacol. Soc. London, 
vol. V, 1902, p. 171. 

lî. Stdrant, (i;istrnpouVn Rothes Meeres. Exped. «Pola-. Denkech. \kad. Wûê. 
Wien., H.l. LXX1V, i 9 o3. 

( 3 ) I)' F. Joi SSI m he, Mollusques recueillis par le D r Faurot dans la Mer Rouge 
et le golfe d'Aden, \fém. Soc. Zool. France, vol. I, 1888. 

(s) H. Fischer, Coquilles recueillies par M. île Genues à Djibouti, Jowm. de 
Conch., vol. XLIX, 1901. 



— 105 — 

'2. Tebbbea stràminea Gray. 

i834. Terebra stràminea Gray, Proc. Zool. Soc, London, pt. •• . p. 

18/17. T. * tram * nea Gray, Sowebby, Thés. Conch., vol. 1, pi. \l.ll, li;;. . - :{. 

Djibouti (récif du Météore) : 1 ind. - - Aden (Shopland, 190a). 

15. Gonds (Lithocoms) tessellatds Born. 

1780. Conus tessulatus Bohn, Test. Mus. Cas. Vind., p. 1 5 1 . 
1 843. C. tessellatits Born, Reeve, Conch. ïcon., vol. I, ». (Juin*, pi. WVIII. 
fig. i63. 

Djibouti : k iud. — Mer Rouge. 

h. Concs (Dewdrocokos) qdercinu8 Hwass. 

1799. Conus guercinus Ewass, Bbuguière, Encl. Méth., \cr-~, vol. 1. p. 681. 
i843. C queixinus Hw., Reeve, Conch. Icon., vol. I, g. Conus, pi. XXVI, 

fig. l'iS. 

Djibouti : 6 iud., dont deux jeunes spécimens où les fines lignes trans- 
versales brun rougeâtre, caractéristiques de cette espèce, sont très dettes. 
— Mer Rouge. 

5. Concs (Pdncticulis) arenatcs Hwass. 

1 7 g ^ - Conus arenatus Hwass, Rrugeière, Encl. Méth., Vers, vol. l,p. 621. 

1 843- C. arenatus Hw. . Reeve, Conch. Icon., vol. [,g. (joins, pi. XVII, li;;. ga. 

Djibouti : i5 ind. — Obock (Jousseaume, 188K . 

6. Conus (Coronavis) tematds Hwass. 

1792. Conus tœniatus Hwass, Rriglièue, Encl. Méth., Vers, vol. 1, p. 6 

1 843. C. tœniatus Hw., Reeve, Conch. Icon., vol. I, g. Conus, pi. \l\, li;;. 107. 

Djibouti : 5o ind. — Mer Rouge. 

7. Conus (Coronaxis) pdsillds Cbemnitz. 

1796. ConUS fUSÏlluS ClIEMMTZ. SySt. Conch. Ctih.. vol. XI, pi. CLXXXIII, 
fig. I788-I789. 

i843. C.pusiUus Chemn., Reeve, Conch. Icon., vol. 1. g. Conus, pi. XXVII, 
fig. 1 54. 

Djibouti, îles Musha : ô ind. — Mer Rouge. 

8. Gonds (Leptoconds) icdminàtos Hwass. 

1799. Conus acumimiius llwa-s. Bbuguièbe, Encl. Méth., Vers, vol. I. p. ' 
1866. C. acuminatus Brug., Sowerby, Thés. Conch. , vol. III , pi. CXC\ , fig. 

Djibouti : 3 ind. — Mer Rouge. 



— 106 — 

'.). Conos (Chelyconus) magus Linné. 

1768. Conus magusLimi, Syit. nui., io* t-d.it. , t. ["', p. 716. 

1 s '1 ;i . C. magus L., Reeve, Conch. Icon., vol. I., g. Conus . pi. XXXV, fig. 190 a. 

Djibouti : 1 ind. — Océan Indien. 

Cet unique échantillon, qui, par sa forme générale et par ses lignes 
transversales articulées de blanc et de brun, correspond bien à la ligure 
190 a de Reeve, est orné de taches brunes et blanc bleuâtre, qui se ré- 
duisent par places à des lignes longitudinales en zig-zag. 

10. Conus (Cheliconcs) Keatii Sowerby. 

1866. Conu» Keatii Sowerby, Thés. Conch., vol. III, pi. CCVI, fig. ^1 -7 * > - 
1875. C. erythrœensis Beck, Weikkauff, Syst. Conch. Cab., a e éd.,Bd IV, fam. 
Conidae, pi. VI, fig. 6. 

Djibouti : 7 ind. — Cameran (Jousseaume, 1888). 

Les exemplaires rapportés par M. Gravier, avec leur forme allongée et 
leurs lignes transversales de taches ponctiformes ou subquadrangulaires, 
qui deviennent eà et là longitudinalement confluentes , mais seulement par 
deux ou trois rangées, correspondent exactement à la ligure 6 de la 
planche VI du Conch. Cab., qui, d'après Weinkauff (loc. cit., p. i48), 
représente une grande forme de C. enjthrœensis , comme aussi à la figure 
donnée dans le Thés. Conch. par Sowerby pour son C. Keatii. 

11. Conus (Chelyconus) catus Hwass. 

179s. Conus catus Hwass, Bruguère, Encl. Méth., Vers, vol. I, p. 707. 
18/43. C. calus H\v., Reeve, Conch. Icon., vol. I. g. Cornu, pi. \\, 6g. 79 />. 
1866. C. nigropunctatus Sowerby, Thés. Conch.. vol. Ill.pl. CCI, fig. 3àa. 

Djibouti : 2 ind. — Mer Rouge. 

Ces 2 échantillons, par leur forme subcylindrique et par leurs fines 
lignes transversales brunes interrompues de points blancs, se rattachent à 
la variété niyropiinctatus. 

I '2. Conus ( Asprella) acutanguli s Chemnitz. 
179"). Cornu acutangulus Chbmiutz, Syit. Conch. Cab., vol. XI, pi. CLXXXII, 

fig- ! 77-'" 1 77 ;i - 
1866. C. acutangulus Chemn. , Sowbrby, Thés. Conch., vol. lll.pl. CCL1, 6g. 356. 

Djibouti : 1 ind. 

Cet unique exemplaire, d'une espèce appartenant à l'Est de l'Océan In- 
dien, et non encore signalée dans la Mer Rouge, est conforme à la figure 
i|>' Sowerby. mais avec une spire un peu plus allongée. 



— 107 — 

13. GoNUS (Hermès Werehra Boni. 

1780. Conux terebrn Bon». Test. Mu*. Cees. \in<l.. p. 

1866. C. terebellum Martini, Sowbbbt, Thés. Conch., vol. 111, pi. CGIX, !i ■;. 

Djibouti : 2 ind. — Mer Rouge. 

14. Gonds (Hermès) mssatei.i.a Linné. 

1 7 58. Conus ntutatella Lnmi, Syst. nat., 10' éd., t. I", p. yiti. 

1866. C. nussatella L. , Sonerby, Thés. Conch., vol. III. pi. CCIX, fig. 554. 

Djibouti : 2 ind. — Obock (Jousseaume, 1888). 

15. Conus (Ndrecila) Cdvieri Crosse. 

i8A3. Omus Deshatjesi Reeve, Conch. lcon.,\o\. I, jj. Conus, pi. V, Sg. 
1 858. C. Cuvieri Crosse, Observ. sur le g. Cône, Rev. el \tag. Z00L, a'sér., 
t. X, p. ia3. 

Djibouti : 2 ind. — Djibouti (H. Fischer, 1901). 

16. Gonds (Cylindrds) vicabios Lamarck. 

1822. Conus vicarius Lamarck, Anim. s. vert., t. MI, p. '182. 
18/13. C. vicarius LL, Reeve, Conch. Icon., vol. I, g. Conus, pi. XXXVIII, 
tig. 210. 

Obock (récif de la Clocbetterie ) : 3 ind. — Obock (Jousseanme , i8f 

9 

17. Pleorotoma tigrina Lamarck. 

1822. Pleurotoma tigrina Lamauck, Anim. s. vert., t. VII, p. <)•>. 

i843. PL tip-ina Lk., Reeve, Conch. Icon., vol. I, g. Pleurotoma, pi. I. Kg- •">• 

Djibouti : a ind. — Aden (Shopland, 1902). 

18. Pleorotoma (Gemmdla) imabilis Jickeli. 

1875. Pleurotoma amabilis Jickeli mss., Weiitkabff, Syst. Conch. Cth. t \ 

vol. IV, g. Pleurotoma, pi. VI, i\\' t . S. 

i 9 o3. PL amabilis Jick., Stobabt, Gastrop. Roth. Meer. Exp. tPoia», D> 

Akad. Wiss. Wien, Rd LXXIV, pi. III, 6g. 3o-c. 

Djibouti : 1 ind. — Mer Rouge. 

19. Clathdhella Reeveana Deshayes. 

,863. Pleurotoma Reeveana Dbshaïbs, Cat. Ml. Réunion, p. i"' ; . I» 1 - *»< 
fig. 5-7. 



— 108 — 

Obock : 1 individu de cette petite espèce de ia Réunion , déterminé par 
comparaison avec des exemplaires de la collection de M. Dautzenberg et 
chez lequel les sillons transversaux sont particulièrement nets. 

20. Clathdrella tessellata Hinds. 

i843. Clavfitula tessellata Hinds, Proc. Zool. Soc. London, pi. XI, p. hh. — 
18Û/1. Hinds, Zool. Vorj. «Sulphur», Moll., pi. VII, fig. 17. 

Obock : 1 individu, dont la détermination a pu être faite également 
grâce à l'obligeance de M. Dautzenberg et où les taches brunes , indiquées 
pour cotte coquille par Hinds, qui l'a signalée du détroit do Macassar, 
sont plus petites et plus rares que ne le montre la figure de cet auteur. 

21. Gancellaria (Trigonostoma) scalarina Lamarck. 

1822. Cancellaria scalarina Lamarck, Anim. s. vert., t. VII, p. 11 3. 
l855. C. scalarina Lk. , Sowkrisy, Thés. Conclu, vol. II, pi. XCVI, fift. 87. 

Djibouti : 2 ind. — Aden (Shopland, 1902). 

Ces deux exemplaires sont de couleur blanche et présentent sur le der- 
nier tour deux étroites bandes orangées transversales. 

22. Oliva (Carmione) inflata Lamarck. 

1822. Oliva inflata Lamarck, Anim. s. vert, t. VII, p. /129. 

1878. 0. inflata Lk., Weinkaiff, Conch. Cab., 2 e éd., vol. V, pi. II, fi|j. 10, 11. 

Djibouti : 12 individus, dont plusieurs appartenant à la variété uicincla 
Lmk. (Sowerby. Thés. Conch., vol. IV. pl.GGCXL. l\fr. 189). — Mer Rouge. 

23. Ancillaria ventricosa Lamarck. 

1822. Ancillaria ventricosa Lamarck, Anim. s. vert, t. VII, p. I\ 1 3. 
1878. 1. variegata Sowerby, Weinkauff, Sijsl. Conch. Cab., •>' éd., vol. V, v. 
[ncillaria , pi. Il, fi<j. 7-8. 

Djibouti : 6 ind. — Mer Rouge. 

24, Ancillaria acumwata Sowerby. 

1866. Ancillaria acutninata SoWEBBY, Thcs. Conch.. vol. III, p|. CCXIV, 
fig. 66-67. 

Djibouti : 12 ind. — Djibouti (II. Fischer, 1901). 

25. Marginella ((ïiurerula) monilis Linné. 

17^8. Voluta monilis Linné, Syst. mit.. 10 e éd., t. I, p. 7.30. 

iS'17. \iarginella monilis L., Sowebbt, Thés. Conch., \ol. I, pi. LXXVI, 

l85l. H. Terveriana Pf.tit, Journ. de Conch., t. II, p. /19, pi. Il, fijj. •>. 
Obock : 1 2 ind. — Mer Rouge. 



— 109 — 

26. M.ARGIXELLA (VotVABIà) T.EX1ATA SoNt'lln. 

1867. Marginella tteniata Sowebby, Thés. Conch., vol. I, pi. IAWI. 

6g. 128-129. 
1870. M. verdensis, E.-A. Smith, Ann. Mag. Nat. Hist., V sér., I. XVI, p. 

Djibouti : 13 nul. — Aden (Shopland, 1902). 

27. Mitra (Cancilla) interuru \ Reeve. 

iSA'i. Mitra interlirata Reeve, Conch. Icon., vol. 11, g. Mitra, pi. \, lij;. -o. 
Djibouti : 5 ind. — Adeu (Shopland, 190a). 

28. Mitra (Chrysàmb) taras 1 la Lamark. 

1822. Mitra taùaintla Lamarck, Anim. 8. vert., I. \II, p. ;>•>."{. 

1880. M. tabanula Lk., Sowerbt, Thés. Conch., vol. IV, pi. CCCLV1, 

Hg. 280-281. 

Obock : 8 ind. — Aden (Shopland, 1902). 

29. Mitra (Stigatella) maculosa Reeve. 

i844. Mitra maculosa Reeve, Conch. Icon., vol. II, };. Mitra, 8p. 17"». 

1880. M. maculosa Rve. , Sowerbt, Thés. Conch., vol. IV, pi. CCCLXX11, 

flg. A'J2. 

Djibouti : 1 ind. — Mer Rouge. 

30. Mitra (Costellaria) ldbens Reeve. 

i844. Mitra Jubens Reeve, Conch. Icon.. vol. II, jj. Mitra, pi. XXXIX, fig. 33i. 

Djibouti : 1 ind. — Aden (Shopland, 1902). 

C'est de cette espèce de Reeve que se rapproche le [tins, par sa forme 
et sa sculpture, cet échantillon malheureusement unique; cependant sa 
partie basale est d'un brun rongeâtre et l'intérieur de boii ouveriun 
violacé intérieurement. 

31. Mitra (Pisia?) fi i.vosui.r.ATA Melvill. 
1888. Mitra fulvosulcata J.-C. Melvill. Journ. of Conchohgy, vol. V, p. ■ 

pi. Il, lijf. 2 5. 

Djibouti : 1 ind. - - lie Maurice 1 Melvill). 

L'exemplaire, de petite taille (7 miliim.), rapport.' par M. Gravier, a 
été déterminé d'après des spécimens de la collection de M. Dauteenbery. 



110 — 



32. Mitra (Cylindromitra) crenulata Gmelin. 

1790. 1 ulula crenulata Gmelin, Syst, nat., i3 c éd., t. I, p. 345a. 
1908. Cylindra crenulata Gm., Stcbany, Gastrop. Roth. Meer. Exp. ePola*, 
Denksch. Akad. Wiss. Wien, Rd LXXIV, pi. V, 6g. 11 a-b. 

Djibouti : 2 ind. — Mer Rouge. 

33. Fasciolaria trapezium Linné. 

1758. Murex trapezium Linné, Syst. nat., 10 e éd., t. I, p. 7Ô5. 
18/17. Fasciolaria trapezium L. , Reeve, Conch. Icon., vol. IV, g. Fasciolaria, 
pi. Vil, sp. 16. 

Djibouti : 10 ind. — Mer Rouge. 

3/t. Latircs polygonus Gmelin. 

1790. Murex polygonus Gmelin, Syst. nat., 1 3 e éd., t. I, p. 3555. 
18A7. Turbinella polygonus Gm. , Reeve, Conch. Icon., vol. IV, g. Turbinella, 
pi. I, fig. 1 a-/>. 

Djibouti : 2 ind. — Mer Rouge. 

35. Peristerma nassatula Lamark. 

1823. Turbinella nassatula Lamakck, Anim. s. vert., t. \I1, p. 110. 

18A7. T. nassatula Lk., Reeve, Conch. Icon., vol. IV, g. Turbinella, pi. IX, 

fig. 45 a-b. 
1876. T. nassatula Lk., Kûster, Syst. Conch. Cab., 2 e éd., vol. III, g. Turbinella, 

pi. V, fig. 10-11. 

Djibouti, îles Musba : i5 individus, dont les uns ont l'ouverture vio- 
lette, comme dans les figures de Reeve, tandis qu'elle est rose cbez les 
autres, qui sont alors orne's de bande de même couleur, ainsi que le mon- 
trent les figures du Conchylien-Cabinet. 

36. Cynodonta cornigera Lamark. 

182:!. Turbinella cornigera Lamaiick, Anim. s. vert., vol. VU, p. io5. 
1862. Turbinella cornigera Lk., Kiener, Coq. riv., Canalifères, 2* part. , Turbi- 
nelle, pi. 1. 

Djibouti : !\ ind. — Mer Rouge. 

37. Melongena paradisiaca Martini. 

1777. l'yrum paraditiaaun Maiitini, Syst. Conch. Cab., vol. 111, pi. XCIV, 



— 111 — 

18/17- Pyrula poiadiisiaca Mari., Reeve, Conch. Icon., vol. 1\. ;;. Pyrufaj pi, Y, 
fig. 1 7 a-b. 

Djibouti : 12 ind. — Djibouti (H. Fischer, 1901). 

38. Canthaui s 11 mo>i s Dilhvyn. 

1866. Buccinum pioteus Reeve, Conch. Icon., vol. III, ;;. Buccintm, pi. \ll, 

fig. 5i c. 
1881. Cantharus jumosus Dillwyn, Tiuo», Man. of Conch., vol. III. [>. l55. 

Djibouti : 1 ind. — Mer Rouge. 

39. Cantharus robiginosus Reeve. 

18/16. Buccinum rubiginosum Reeve, Conch. Icon., vol. III, g. Buccinum, pi. \ll. 

fig. 67. 
1875. Pallia rubiginosa Rve., Tapparone-Ganefri, I»». Mm*. Ctv. s r. 

Genova , Vil, p. 622. 
1888. Tritonidea rufina Jousseaime, Mém. Soc. Zool. France, vol. 1, p. 178. 

Djibouti : 20 ind. — Djibouti (H. Fischer, 1901). Obock (Jousseaume, 
1888). 

Ces -20 échantillons appartiennent à la forme minor, unicolor, dépour- 
vue de bande claire, qui a été distinguée par Tapparone comme variété et 
par le D r Jousseaume comme espèce distincte. 

'iO. Pisania Crosseana Souverbie. 

i865. Fusus (Pisania) Crosseanus Souverrie, Joiirn. de Conchyl, vol. Mil. 
p. 1C0, pi. V, fig. 6. 

Djibouti : 5 ind. — Aden (Sliopland, 1902). 

41. F\<.n\ trifasci ata Reeve. 
1866. Ricinuh trifasciata Reeve, Conch. hum., vol. LU, g. Bicinula, pL V, 
fig. Ai. 

Djibouti : 10 ind. — Mer Rouge (Sturany, 1908). 

à'2. Engina mendicaria Linné. 

1708. Voluta mendicaria Linnb, Syst. nat., 10 e éd., t. I, p. 781. 
18/10. Columbeïïa mendicaria L. , KlENER , Coq. viv.. PurpW ijen 
lombelle, pi. VI , li;j. 1. 

Djibouti : 5o ind. — (II. Fischer. 1901.) 

I nui 



- 112 — 

Sur la glande cloacale du Caïman (Jacaretinga sclerops Sch\eid.), 
par MM. Auguste Pettit et François Geay. 

La rareté des documents relatifs aux glandes à musc des Grocodiliens ' 
nous engage à consigner ici quelques observations sommaires que nous 
avons pu faire relativement à la structure de la glande cloacale dite glande 
à musc du Jacaretinga sclerops Schneid.' 21 . 

Cette dernière comprend : 

a. Une enveloppe conjonctive formée de faisceaux circulaires, abondam- 
ment vaseularisée ; 

b. Une couche épithéliale. Celle-ci se fait remarquer par son épaisseur 
(a-3 millimètres au minimum , 5 millimètres en moyenne) et par les sinuo- 
sités frangées qui la délimitent du côté de la lumière centrale; en outre, il 
est à remarquer qu'elle présente une grande analogie avec un revêtement 
épidermique. 

Les cellules qui la constituent sont volumineuses, déforme polyédrique, 
et renferment un abondant cyloplasma ainsi qu'un noyau muni d'un ou 
de deux nucléoles. 

Suivant le mode de préparation, l'aspect des cellules varie profondé- 
ment ; sur les pièces qui n'ont subi que l'action du formol , le cytoplasma 
est imprégné d'une .substance grasse fixant intensivement le Sudan III; au 
contraire, sur les coupes déshydratées et traitées par le xylol, le toluène ou 
la benzine, le spongioplasma affecte l'apparence d'un réseau à larges mailles 
inégales, vides. 

Les cellules en question sont le siège d'une évolution régressive centri- 
pète; au voisinage de la lumière, elles offrent un aspect ratatiné; leur 
noyau est nécrosé, et elles dessinent trois à quatre assises qui se détachent 
successivement. 

A proprement parier, il n'existe pas de liquide de sécrétion: la cavité 
centrale de l'organe est. en effet, occupée par une masse huileuse, formée 
presque exclusivement de cellules encore reconnaissables, présentant des 
vestiges de noyau et bourrées de la substance signalée précédemment; cette 
dernière dégage un parfum musqué, alors que, chez la plupart des autres 



m La question vient dY'Ire très exactement mise au point par R. DissEi.nonsT, 
in OfpeYi LeJtrbuch, IV, 190a. 

' Le matériel utilisé provient d'un Jararelinjja mâle, adulte, de 0. ni. 5o do 
longueur, tué à Mana 1 Guyane); il a été fixé par Geay dans le formol à 10 p. 100; 
des circonstances indépendantes de sa volonté l'ont empêché de faire les antres 
fixations nécessaires pour une étude approfondie. 



— 113 — 

Grocodiliens . le produit do la glande cloacale a une odeur franchement 
nause'abonde. 

Enfin nous signalerons une disposition assez spéciale : la couche con- 
jonctive périphérique émet de place en place des rameaux anastomosés qui 
cloisonnent les cellules glandulaires et qui s'avancent fort avanl au milieude 
celles-ci; ils renferment, en général, des vaisseaux sanguins qui, en cer- 
tains points, peuvent affecter des rapports très étroits avec les éléments 
épidermiques; les capillaires s'observent à peu près à tous les niveaux, seule 
la couche desquamante en est dépourvue. 

En résumé, la glande à musc du Jacarctinga sclerops est une invagina- 
tion de fectoderme dont les caractères essentiels persistent encore el sa 
sécrétion consiste essentiellement en l'accumulation de cellules ayanl Bubi 
une métamorphose graisseuse spéciale, se desquamant à la façon du Btratum 
disjunctum de l'épiderme; elle doit donc être considérée comme un stade 
primitif de la série des appareils glandulaires. 



Sur l'Évolvtjos des cellules des glandes salivairbs 
du \0t0necta glauca l. , 

par MM. Auguste Pettit et Alfred Kroiin. 

Les présentes observations 1; sont relatives aux éléments qui, chez le 
Notonecta glauca L., constituent les deux volumineuses glandes salivaires 
(?, Dufour), situées dans la région frontale, en avant et au-dessus des glan- 
glious cérébroïdes. 

Examinées à l'état frais, soit dans le sérum artificiel, soit encore dans la 
solution acétique de vert de méthyle, ces glandes se montrent formées par 
de volumineuses cellules de forme polyédrique, disposées radiaiemen! au- 
tour d'un canal central et affectant des aspects variables, que relient les 
uns aux autres des transitions insensibles. Toutes, cependant, offrent ce 
caractère commun de renfermer un noyau formé de très fines granulations 
basophiles irradiant irrégulièrement dans le cytoplasma el groupées sans 
ordre autour d'un corpuscule réfractaire à l'action du vert de méthyle. 

Le cytoplasma est constitué par une trame très apparente, dont les 
mailles sont remplies par un hyaloplasma fluide: il affecte un développe- 
ment inégal suivant les éléments envisagés. Dans certains de ceux-ci, il 

W Pour le détail des observation- et les figures, voir le travail in exteruo à pa 
raître dans le prochain fascicule des \rchive$ tfanatomie microscopique. 

Miskim. — ■ II. 



— 1U — 

représente la majeure partie du volume total , alors que dans d'autres il est 
réduit à quelques travées réunissant le noyau à une couche pariétale ; les 
intervalles intertrabéculaires sont alors remplis par une substance plus ou 
moins granuleuse. 

L'étude des coupes traitées par les procédés usuels complète ces pre- 
mières indications : 

La glande est enveloppée par une capsule conjonctive, dont émanent de 
minces septa , qui séparent les cellules les unes des autres ; ces dernières , 
sur les coupes transversales, dessinent schéinatiquemeut des triangles iso- 
cèles, à base périphérique; leur sommet est en rapport avec le canal excré- 
teur, qui occupe assez exactement le centre de l'organe. 

Le spongioplasma dessine une trame à larges mailles , dont le contenu 
disparaît partiellement au cours des manipulations ; il a une réaction acido- 
phile, mais il est parsemé de corpuscules sidérophiles. Les deux parties 
essentielles qui constituent le cytoplasma affectent un développement cor- 
rélatif du slade fonctionnel : le spongioplasma diminuant progressivement 
jusqu'à la fin de la période de mise en charge, où il se trouve réduit à 
deux minces couches, l'une pariétale, l'autre périnucléaire , réunies entre 
elles par de minces tractus irréguliers. 

Les espaces libres sont occupés par des produits d'élaboration plus ou 
moins granuleux, en tout cas plus fortement acidophiles que le spon- 
gioplasma, et s'accumulant finalement dans la portion apicale de la cel- 
lule. 

Le noyau siège dans la masse cytoplasmique centrale ; il se distingue 
par su forme irrégulière, rameuse, et par l'absence de contours précis. 11 
est formé par un gros corpuscule autour duquel sont éparses de très nom- 
breuses granulations ; il irradie en divers sens et fuse dans le cytoplasma 
sous forme de traînées, dépourvues de ligne de démarcation nette. 

Ces deux espèces de corpuscules présentent des réactions chromatiques 
différentes : le corpuscule central est assimilable à un nucléole véritable, 
acidophile ; les fines granulations , à des grains de chromatine. 

Les faits sus-indiqués établissent que les cellules de ces glandes salivaires 
sont le siège d'une élaboration active. A ce propos , il importe de signaler 
le fait que, chez la larve, où le cytoplasma est ou homogène, ou peu diffé- 
rencié, le noyau, bien qu'également constitué par un gros nucléole acido- 
phile et de nombreux et lins grains de chromatine, diffère cependant 
manifestement de celui de la forme adulte par son moindre volume, par 
sa forme sphérique ainsi que par sa limitation précise. 



— 115 — 

Premiers liste de Molli soles d'Abyssinib ' 

(Collfj:tio\ Mal iule de Rothschild), 

par MM. H. Neuville et R. Anthony. 



1. Famille des LiMNAEIDAE. 

Pyrgophysa forskali Ehr. 

Trois exemplaires de Goro Gomotou (région du Haut-Aouache). 

PvRGOPHTSA SCALARIS Dkr. 

Un exemplaire de Ne'go (rivière Modjo, région du Haut-Aouache). 
Plusieurs Pyrgophysa sp.F, très jeunes, de Goro Gomotou. 

2. Famille des STENOGYRIDAE. 
' Stenogyra Rothschildiana nov. sp. 

Testa elongata, subulata, alba, épiderme florescente et strigala induta : anfract. 
io,convexi, lente et regulariter crescenles; lineis incrementi obliqai >triiti, *ul> 
lente slriis spiralibus confertis microscopicis sculpti: sutura obliqua, subprofunda; 
apex obtuse rotundatus ; apertura albida, subovata, supra et infra acuminata, 
longit. totius î 3 aequans : colurnella bene arcuala, callo albo induta, anlice 
oblique truncata. 

Longit. ^9 millim. 5 ; diam. i5 millim. ; apertura i(5 longa et 7 1/2 lata. 

Un exemplaire de la grande foret de Kounhi (Tcherch<i . 
Cette espèce est une des plus belles des Sténogyrr-s africaines, à la Fois 
comme taille et comme aspect général. Nous la dédions à M. Maurice de 

PlOTHSCHILD. 

Elle est à rapprocher de la Stenogyra mamboinensis E.-A. Sm., recueillie 
a Mamboia par Emin Pacha (î) . Mais elle en diffère par l'aspecl général. 
qui est moins grêle, les derniers tours décroissant plus régulièrement flan- 
la S. Rothschildiana , et par la forme du périslome. 

M Celle première liste, ainsi que celle qui la suivra et comprendra le 
des Mollusques recuedlis au cours du voyage de M. Maurice de Rothschild, n esl 
que préliminaire. Une étude complète, avec figures, synonymie et références, 
sera publiée ultérieurement dans le Bulletin dt ! été phthmathique de i 

Les locabtés seront portées sur la carte générale du voyage, carte que M. I" 
lieutenant Victor Chollet doit prochainement publier. 

W Voir E.-A. Smith, List of Land- and Fres&water-Shells collected bj Dr Emin 
Pasha in Central Africa, witb Description of new speeies. btn. and Ma ;;. "at. 
HixL, 1890, p. 1 iO. 

8. 



— 116 — 

3. Famille des HELICIDAE. 

Bulimus Olivieri Pfeiff(type). 

Trois exemplaires de la grande forêt de Kounhi. 

Bclimds Olivieri Pfeiff. var. major. 

Un exemplaire provenant d'une petite falaise tout près du bord de la ri- 
vière Bourka (Tchercher). 

h. Famille des LIMACIDAE. 

VlTRINA MANS Rupp. 

Cinq exemplaires provenant de la localité précédente. 

5. Famille des TESTACELVLIDAE. 

Ennea Turennei nov. sp. 

Testa pupiformis, cylindracea, perforata, alba, oblique striala : spira ad apicem 
rolundafa; anfract. 8, lente crescentes, superiores convexiusculi, duo ultimi pla- 
niusculi; sutura angnstissima, valde striata -, apertura média, rotunda quadran- 
gularis, longit. totius ifh superans; perist. album, incrassatum et reflexum, den- 
tibus 7, albis, valde inaequalibus munitum. 

Long. 8 millim. ; diam. 3 millim. ; apertura 2 1/2 longa et lata. 

Un exemplaire provenant de la même localité que les deux espèces pré- 
cédentes. t 

Cette espèce, que nous dédions à M. le comte Louis de Turenne, est à 
l'approcher notamment de YEnnea somaliensis E.-A. Sm. , recueillie par 
Donaldson Smith dans le Somaliland (l) . Elle en est très voisine, mais s'en 
distingue principalement par la forme du péristome et surtout par la den- 
lilion qui, dans notre espèce, se compose de sept dents au lieu de six, ayant 
des rapports respectifs tout différents de ceux qui s'observent dans YE. So- 
maliensis. 

6. Famille des MELANIIDAE. 

Melania tuberculata Bgt. 

Un exemplaire de Ouardji (Haut-Aouache). — Plusieurs exemplaires de 
Hera (Haut-Aouache ). — Plusieurs exemplaires de Endessa (Haut-Aouache i. 

7. Familli: des GYRENIDAE. 

CoRlUCl LA FI.UMINALIS MÙll. 

Un exemplaire de Hera (Haut-Aouache). 

Nous tenons, en terminant celle première lisle, à remercier M. Daul- 

M E.-A. Siuitu, On some Land sholls from Somaliland. Journ. ofMalac., 1899, 
p. 5 7 . 



— 117 — 



zenbergde l'obligeance avec laquelle il a bien voulu mettre a aotre dispo- 
sition, pour la détermination dos espèces, à ia fois sa haute compétence 
on Malacologie et sa riche collection personnelle. 



ISFLUE\CE I)E l'ÉM.ISATIOX DU RADIUM SUR LA TOXICITÉ DES FB/V/JTS, 

par M. C. Phisalix. 

Dans une précédente communication (1) , j'ai montré qu'une solution de 
venin de Vipère exposée aux radiations du radium pendant 5o à 60 heures 
perd complètement ses propriétés toxiques et vaccinantes. 

Grâce à l'obligeance de M. Curie, j'ai pu compléter ces premières indi- 
cations et étendre mes expériences à d'autres venins. 

Le venin de Cobra, dont la résistance à la chaleur est beaucoup plus 
élevée que celle du venin de Vipère, est également détruit par les radia- 
tions du radium. Mais il n'en est pas de même des venins de la Salamandre 
terrestre et du Crapaud commun ; le radium n'exerce sur eux aucune 
influence modificatrice; les solutions de ces venins irradiées pendant 
72 heures ont déterminé la mort de la Grenouille dans le même temps el 
avec les mêmes symptômes que les solutions témoins. 

11 était à prévoir que l'émanation du radium, source de la radiation, 
pourrait agir sur les venins d'une manière beaucoup plus rapide. Pour le 
vérifier, voici comment on opère : 

Une solution aqueuse de venin de Vipère à 1 p. 1.000 est versée dans 
un tube à robinet de façon à n'en remplir que le tiers du volume. On l'ail 
le vide à la trompe et on introduit ensuite l'air chargé de l'émanation. On 
ferme le robinet, et on laisse le venin en contact avec l'émanation pendanl 
un temps variable. Si, au bout de 2 4 heures, on retire la solution, on 
constate qu'elle est devenue opalescente et qu'elle a perdu toute toxicité : 
on peut en inoculer deux ou trois fois la dose mortelle sous la peau d'un 
Cobaye sans déterminer tout d'abord le moindre symptôme local 00 général. 
Toutefois le liquide n'est pas complètement inoffensif; il provoque uo 
amaigrissement assez marqué et les animaux mettent plusieurs semaines a 
revenir à leur poids initial. 

La destruction (Tes principes toxiques ne peut pas être attribuée h 
une pullulation microbienne, à laquelle fait d'abord songer le trouble 
du liquide. 

En effet, le bouillon reste stérile quand on l'ensemence avec du venin 
irradié, tandis qu'il donne une culture abondante avec le venin témoin. Du 



(i) 



C. R. Soc. Binl., 27 fév. 190/i. 



— 118 — 

reste celte action microbicide du radium a déjà été constatée par MM. Curie 
et Dany6z sur différentes Bactéries, notamment sur la Bactéridie charbon- 
neuse (,) . 

En réalité, l'opalescence de ia solution radiée est due à une agglutina- 
tion de fines particules qui restent en suspension dans le liquide. Cette 
solution émet en outre une faible odeur qu'il est difficile de définir. 

A quoi peut-on attribuer ces modifications qui altèrent si profondément 
les propriétés des principes actifs ? sont-elles dues à une oxydation sous 
l'inlluence de l'ozone, ou bien , si l'on admet la nature matérielle de l'éma- 
nation à une combinaison entre les molécules de radium et celles des albu- 
mines toxiques? De nouvelles recherches sont nécessaires pour déterminer 
le mécanisme intime de ce phénomène. 

On sait que l'énergie de l'émanation, d'après la loi formulée par 
MM. Curie et Danne, décroît de la moitié de sa valeur en k jours; mais 
comme j'ai pu l'observer, elle est encore suffisante au bout de 7 jours pour 
inactiver une nouvelle solution contenant 3 milligrammes de venin. 

La rapidité avec laquelle agit l'influence atténuante du radium varie sui- 
vant diverses conditions, en particulier suivant la nature du dissolvant: 
tandis que le venin dissous dans l'eau distillée est en grande partie détruit 
au bout de 6 heures, le venin en solution dans l'eau glycérinée à 5o p. 100 
n'a subi pendant le même temps qu'une très légère atténuation. 

Tous les venins ne sont pas aussi sensibles à l'émanation que celui des 
Serpents : les venins de la Salamandre terrestre et du Crapaud commun, 
inattaquables par la radiation, peuvent rester plusieurs jours dans une 
atmosphère radio-active sans subir le moindre affaiblissement dans leur 
virulence. Comme les principes actifs de ces deux venins ne sont pas de 
nature albuminoïde, on peut en induire que l'action chimique du radium 
s'exerce seulement sur les substances albuminoïdes. S'il en est ainsi , l'em- 
ploi de l'émanation pourrait servir à élucider la nature de certains venins 
que l'analyse chimique n'a pu encore déterminer. 



Etat :<;tiiel ni: vos consaissasces sur la flore 

1>B LA GvivÉE FRASCAISE. 

par M, Henri Hua. 

La Guinée française ne fait pas partie, si on envisage les caractères de 
la végétation, de l'ensemble géographique réuni par les anciens géographes 
sous le nom di- Guinée et qui comprend la région côuère, depuis la Répu- 
blique de Libéria jusqu'au Sud des bouches du Congo. Ainsi, pour nous 



(1) 



Comptes rend. Ac. Se., 1 fi fév. 1903. 



— 119 — 

borner à l'indication de types bien connus, capables d'intéresser même le 
grand public, les Lianes du genre Landolphia, dont certaines fournissent 
le caoutchouc africain, et qui, au Nord, appartiennent nui espèces /.. Heu- 
delotii A. D. G. et senegaletisis Kotschy, font place seulement à l'extrême 
Sud de la Guinée française aux L. owarie>isis P. de B. et florida Benth., 
dont l'aire de dispersion, très vaste, s'étend sur toute la côte de Guinée. 

Quoi qu'il en soit, notre colonie est l'un des points les plus intéressants 
pour la géographie botanique du continent africain. Nous venons de dire 
que, dans la région côtière, elle présente le point limite entre le type de 
végétation du Sénégal et celui de la Guinée vraie. 

Dans l'intérieur, elle est entièrement constituée par le massif monta- 
gneux du Fouta Djallon, cet appui occidental delà zone soudauienne, dont 
l'appui oriental se trouve dans les derniers contreforts du massif abyssin. 
Des cours d'eau s'écoulent dans toutes les directions, plus importants vers 
le Nord et l'Est, — Gambie, Sénégal et ses affluents; Niger et ses affluents . 
— moindres vers l'Ouest et le Sud, à cause de la proximité de l'Océan. La 
comparaison delà végétation des diverses vallées ne manquera pas d'être 
des plus intéressantes. La haute vallée du Niger (cercle de Kouroussa) la 
fait participer de la région soudanienne proprement dite. 

Les plateaux desséchés sont caractérisés par l'abondance des plantes à 
souches ou racines tubérisées , ou adaptées par quelque autre manière à la 
sécheresse. Citons seulement comme exemples diverses Asclépiadacées tubé- 
reuses, dont M. Pobéguin a rapporté les parties souterraines rappelant do 
petits navets ou des bulbes de cyclamens, alors que les tiges sont des 
réduites : le tubercule du Dissous grandiflora, Mélastomacée dont cette 
partie est usitée par les indigènes pour la préparation de certaines sauces : 
celui de ïlcomum paradoxum, Labiée à feuilles alternes décrite naguère iei 
môme. Rappelons l'adaptation particulièrement xérophile du Lepxdagothis 
Pobeguini que nous présentions à la réunion lors de la dernière séance. 

C'est en Guinée française qu'on trouve à l'Ouest, comme en Abyssinio 
à l'Est, la limite septentrionale du genre Prolea, caractéristique pour la 
presque totalité de ses espèces de la végétation si spéciale propre à l'ex- 
trême Afrique australe au Sud du désert du Kalahari. 

Ces aperçus très sommaires sur la structure géographique de la Guinée 
française et sur quelques types végétaux qui lui sont propres suffisent à 
montrer combien est désirable la connaissance aussi complète que possible 
de la Flore de ce pays dans son ensemble. On peut être assuré que la 
science générale en tirera des résultats plus féconds que le simple enregis 
trementdes formes végétales recueillies, quelque nombreuses Bûientrelles, el 
même que la description de types inconnus, si intéressants soient-ils. 
comme ceux que nous citions tout à l'heure. 

Aussi devons-nous savoir gré aux hommes tels que M. Pobéguin qui 
n'oublient jamais , dans leurs séjours professionnels aux colonies, les inté- 



— 120 — 

l'èls de la science pure; qui le font comme lui avec plein désintéressement, 
sachant bien que la pierre apportée par eux à l'édifice ne saurait avoir 
toute sa valeur que si, jointe à d'autres, elle forme un ensemble, et atten- 
dent avec patience les résultats définitifs, qui peu à peu se précisent à 
mesure que les documents se multiplient. 

Grâce à ceux qui, comme lui, ont depuis vingt ans exploré la Guinée 
française, et dont les collections sont réunies à l'Herbier du Muséum, nous 
commençons à être à même de dresser des productions végétales de cette 
belle colonie un inventaire qui pourra être autre chose qu'une liste de 
noms. 

Aussi est-ce justice d'indiquer la part apportée par chacun à cette œuvre 
d'ensemble, en ce qui touche la Guinée française, un des plus intéressants 
chapitres de l'exposé général de la Flore de nos possessions d'Afrique tro- 
picale dont nous poursuivons la réalisation. 

Un coup d'oeil jeté sur la carte publiée par M. Vallol en i88r>. dans le 
Bulletin de la Société botanique de France^ montre qu'à cette époque tout 
était à faire. 

Les documents botaniques concernant ce qui devait être plus lard la 
Guinée française consistaient uniquement dans les plantes rapportées par 
lleudelol, dès 1887, des bords du Rio-Nunez. Documents intéressants, car 
ils renferment certaines espèces n'existant pas au Sénégal et que les explo- 
rateurs subséquents ont retrouvées : ainsi, pour n'en citer que quelques- 
unes, une belle Gapparidacée grimpante, Ritchiea fragrans Br. : la Liane 
indigo, Lonchocarpus cyanescens Benth.; de curieuses Acanlhacées : Lepida- 
gatkis Heudelotiana Nées et Anobrya Nées. 

Pendant plus de quarante ans, aucun échantillon nouveau venant de 
celte région n'entre dans les collections du Muséum. C'est seulement en 
1880 et 1 885 que le D r Bayol d'abord, puis le D r Bellamy ont, par le 
Sénégal, pénétré dans le Foula Djallon. .Malheureusement, leurs récolles ne 
peuvent rendre tous les services qu'on en aurait pu attendre, à cause 
de l'absence de toute indication de localité et de station sur des étiquettes 
jointes aux échantillons. 

Il faut attendre encore dix ans avant d'avoir des documents précis. La 
plupart sont dus à MM. le D' Maclaud , Paroisse et Pobéguin. 

Tous trois ont contribué à nous faire connaître la Flore de l'en omble 
de la colonie. Mais si nous considérons à part les diverses régions, nous 
voyons la Flore des environs de Conakry plus spécialement fouillée par 
M. Paroisse, qui, en i8q3, en rapporta une centaine d'espèces, et par 
\l. Maclaud qui, en 1895 et 1897, nous enrichit de 5oo environ. D'autres 
collecteurs comme MM. Dybowski en 189Ô, Bonery en 1899, Lecerf en 

M J. Vallot, Études sur la Flore du Sénégal. (Bull. Soc. bot. cfa Fr., XXIX, 
p. 168, avec une carte.) 



— 121 — 

1900 , Eugène Poisson en 1901 ont contribué à nous faire connaître les 
environs du port. 

M. Paroisse a consacré une année à explorer spécialement les Iles Tris- 
taô et en rapporta en i8cj5 une centaine de types, entre autres le Brachyp- 
teris borealis A. Juss. , Malpighiacée grimpante que jusqu'alors on croyait 
propre à l'Amérique centrale. Il est possible d'ailleurs que les graines de 
celte espèce, enveloppées dans un péricarpe résistant en forme de sabot, 
aient traversé l'Océan. 

Le Fouta Djallon a été parcouru en tous sens par le I) Maclaud au 
cours de sa mission de 1898-1899; 45o espèces ont été le fruit de celle 
campagne. M. Paroisse, dès 1893, en avait recueilli près de 300. 

Tout récemment, en qualité de représentant du Gouvernement français 
dans la commission de délimitation des Gainées portugaise et française, le 
D' Maclaud a complété ses envois précédents par un apport de 1 y5 numé- 
ros arrivés en 1908 et 190^. Le vaillant explorateur poursuit son œuvre 
patriotique et scientifique encore à l'heure actuelle, et le passé nous garantil 
de sa part de nouveaux envois pour l'année courante. 

En ce qui concerne la Haute-Guinée, la première connaissance précise 
que nous ayons acquise est due au D r Miquel qui, en 1897. envoya un petit 
paquet faisant soupçonner l'intérêt botanique du pays. Depuis, le D r Maclaud 
séjourna dans la même ville en 1902; M. Paroisse y était passé en se ren- 
dant à Kouroussa, d'où il a l'apporté -m numéros en 1898. Parmi ceux-ci se 
trouvaient les échantillons qui nous ont alors permis de préciser la véri- 
table origine du caoutchouc du Soudan. Enfin M. Auguste Chevalier a 
visité Kouroussa, Kankan et les environs au cours de sa première mission 
au Soudan 1898-1899. 

Ces divers collecteurs n'ont pu apporter à la Flore de ces régions que 
des contributions de détail. C'est à M. Pobéguin que nous devons la plus 
complète et la plus importante. Au cours de deux campagnes successives 
1899-1901, et 1 902-1 90^, il explora avec soin la région de Timbo, 
Kouroussa et Kankan, et y récolta près de 1,200 numéros, prépares avec 
le plus grand soin, étiquetés avec la plus grande précision. Pour donner 
une idée de la valeur de ces collections, disons que, sur 77 graminées, 
1 1 ont été trouvées nouvelles par M. 0. Stapf, de l'Herbier royal de k.» . 
qui en a entrepris l'étude et dont nous espérons pouvoir remettre le ma- 
nuscritdans une des prochaines séances. 

Non content de rapporter fies herbiers, d'un transpoli relativement 
facile, M. Pobéguin a récolté à l'appui de ses échantillons «les fruits con- 
servés par voie sèche ou par voie humide, et dont il a contrôlé l'identifica 
tiou avec nous au cours de cet hiver. Rien que dans l'alcool. 7.) espèces sonl 
représentées. 

Enfin, accomplissant un vœu souvent formulé, il a rompu avec l'usage 
ordinaire des voyageurs de négliger les aspects de la nature, pour b'occu- 



— 122 — 

per exclusivement de l'homme et de ses œuvres architecturales; au lieu de 
braquer son objectif presque uniquement sur les indigènes, il l'a dirigé 
sur le paysage, et a rapporté une très remarquable collection des aspects 
de la végétation en Haute-Guinée dont il va présenter à la réunion les plus 
intéressants. 

Je ne saurais trop le remercier, comme botaniste : avec les facilités 
qu'offre aujourd'hui la photographie, il était fâcheux de ne connaître la 
végétation exotique qu'à l'état fragmentaire dans les herbiers. 11 est bon 
que des vues prises sur place nous donnent l'aspect naturel des plus remar- 
quables parmi les végétaux de chaque région, et celui de leurs associations 
les plus caractéristiques. 



Sur on Horizon Fossilifère wvveav ou Kevper supérieur 

he i.i Haute-Saône, 

pau M. Armand Laurent. 

(Laboratoire de M. Marcëllin Boule.) 

Il existe dans le Keuper supérieur des environs de Jussey (Haute-Saône) 
un horizon fossilifère qui, à notre connaissance, n'a pas encore été" si- 
gnalé. 

Thinia (1) a montré que, dans cette région, la partie du Keuper située 
au-dessous du grès moyen de cet étage peut se subdiviser en o parties qui 
sont, de haut en bas : 

3. Marnes bariolées où domine le vert, puissantes d'environ :>.o mètres, 
avec quelques couches dolomitiques. Elles sont surmontées par le grès du 
Hhétien et forment le Keuper supérieur de Thirria. 

2. Assise de Dolomie en bancs bien stratifiés et d'une épaisseur de 
10 mètres environ. Elle correspond sans doute à la Dolomie de Baumont 
(Lorraine), et serait l'équivalent du troisième banc de Dolomie des géo- 
logues francs-comtois (S) . 

1. Marnes bariolns d'épaisseur variable où domine la couleur ronge. 
Mlles renferment dans leur partie inférieure un niveau à végétaux siliciliés, 
qui a été indiqué récemment 

C'est dans l'assise 3, vers sa base, (pie se rencontre le nivau fossilifère. 

On en observe une coupe très nette dans une carrière située entre Mon- 

O Thihria, Statistique minéral, et géol, du la liante-Saône ( 1 833 ). 
M Hbrbt, L'Infralias en Franche-Comté (Thèse Besançon), in Mém. Soc. 
Emul. ilu Doubt, i ^ 7 r> . p. 38o. 

M M. Pirootet et \nu. LAURENT, Sur un niveau fossilifère nouveau du Keuper 

francomtois. G H. At, So, de Paru. 1908, CXXXVIL 



— 123 — 

tigny-les-Cherlieu et Chauvirey, sur le flanc S. de la cote 3i3, où l'on 
voit bien à la fois les bancs supérieurs de la Dolomie (a) et la partie infé- 
rieure des Mailles (3). 

La portion de ces marnes visible dans la carrière peut se diviser, nom 
plus de clarté', en 3 assises, que nous appellerons, de bas en liaul : \ 
(épaisse d'env. î m. 5o),B(id.),C (jusqu'au sommet delà carrière). Seules, 
les marnes B sont fossilifères. 

Les marnes A sont vertes ou brunes, mal stratifiées. Leur partie infé- 
rieure se débile en fragments noduleux durs, à cassure condioïdale. On \ 
rencontre, disséminés dans la masse, de nombreux grains de quartz rou- 
lés, blancs ou rouges, dont les plus gros atteignent la grosseur d'un pois; 
ils sont surtout communs vers la base. 




"Dolomie 



Les marnes B comprennent un ensemble de h couches, qui sonl, de 
haut en bas : 

à. Marnes gris verdàlre, avec taches lie-de-vin, d'aspect caractéristique. 
Elles se débitent en plaquettes; leur épaisseur est de o m. -\o environ. On 
y trouve en grande quantité les individus d'une grande espèce à'Estheria, 
ayant comme dimensions : longueur, 10 millimètres; largeur, O-7 milli- 
mètres. Je crois, après beaucoup de recherches, que celte espèce n'est pas 
encore décrite. 

c. Couche marno-dolomitique jaune , peu épaisse (5 centimètres). Par 
sa couleur et sa résistance plus grande, elle tranche nettement sur les 
couches voisines, qu'elle permet de retrouver au premier coup d'oeil. 

h. Marne vert-clair, bien stratifiée , sans fossiles, épaisse de i. r )-90 centi- 
mètres. 



— IU — 

a. Marne verte, bien stratifiée, se débitant eu plaquettes et renfermant 
à profusion (sur 1 m.-i m. 10 d'épaisseur) des empreintes d'Algues. 

M. Fliclie, qui a eu la bonté d'examiner quelques échantillons de ces 
Algues, les rapporte au genre Cysloseiritcs , et les considère comme voisines 
dune espèce qu'il a trouvée dans le Muschelkalk des environs de Lunéville (1) , 
où elle est très abondante: toutefois, à cause de l'état très morcelé de la 
marne, nous n'en avons pas d'échantillon assez complet pour permettre de 
les identifier avec cette espèce. 

Entre (a) et (b), nous avons rencontré de rares écailles de Poissons, de 
forme rhomboédrique , et deux fragments d'os longs , de la grosseur du doigt. 

Quant aux marnes C. elles ne présentent aucune particularité qui doive 
être signalée ici. 

La même succession d'assises se retrouve, avec les mêmes fossiles, dans 
deux autres carrières de la région : l'une, au Nord de Melin. l'autre 
au bord du chemin qui va de Fouchécourt au moulin d'Atre, et qui longe 
un affleurement important du Keuper (non indiqué sur la carte au 
1/80, 000 e ). 

Elle s'observe encore, mais dans des conditions moins favorables, dans 
différents ravins (Bougey, Melin, Cherlieu, etc.). 

En résumé, l'existence de ce niveau fossilifère, avec les caractères dé- 
crits, nous permet de formuler les conclusions suivantes : 

i° La ressemblance des Cysloseiritcs avec ceux du Muschelkalk sapé- 
rieur de Lunéville confirme l'analogie, mise en évidence par MM. Blei- 
cher et Fliche, entre les fossiles du Keuper de l'Est de la France et ceux du 
Muschelkalk supérieur de la même région (2) ; 

9 L'absence presque générale de fossiles dans les marnes bariolées des 
différents niveaux du keuper (ainsi que dans celles qui surmontent le Hhé- 
tien, dans la même région) semble tenir, non à la nature même de ces sédi- 
ments bariolés (car les fossiles que nous venons de signaler vivaient bien là 
où se déposait la marne verte et rouge), mais surtout au modo de stratifi- 
cation de celle-ci. Dans les gisements fossilifères, la marne se débite en pla- 
quettes dures assez épaisses; dans presque tous les niveaux stériles, elle 
est soit dépourvue de stratification nette, soit divisée en très petits feuillets 
minces et friables; 

3" Le fait que dans les divers points où nous avons vu ce niveau ses 
caractères sont remarquablement constants nous porte à croire qu'il se re- 
trouvera sur une grande dislance. Mais quand on ne le soupçonne pas, 

( " P. Fliche, Sur les corps problématiques et les Algues du Trias en Lorraine. 
C. R. Ac. Se. de l'avis, mars iqo3, p. 897. 

M Bleicheîi et Fi.iciik, Sur l'existence des BactryUium dans le Keuper de la 
Lorraine, C. R. Ac. Se. Paris, 1892, CX1V, p. io38. 



— 125 — 

l'observation n'en est pas facile à cause de la rapide altération de la surface 
de la marne, qui, eu se délitant, détruit en même temps toul vestige des 
fossiles délicats. 



Sur les dérivés bromes de là habmine et de la uarmaline, 

PAR M. V. HaSENFRATZ. 
(Laboratoire de M. le Professeur Arnaud.) 

Les alcaloïdes de la graine du Peganum harmala, découverts par (loi tel 
| [nnalen, XXXVIII, 363), ont fait l'objet de travaux importants de la part 
de chimistes allemands, notamment Fritzsche, 0. Fischer et ïiiuber. Ayant 
pu me procurer une certaine quantité de ces graines, assez rares, j'ai en- 
tropris, sur les conseils de M. le professeur Arnaud, des recherches sur 
ces deux alcaloïdes. 

Voici, au sujet du Peganum harmala, quelques renseignements que 
nous devons à l'obligeance de M. Poisson, assistant au Muséum : 

Peganum harmala L. Plante (sorte d'Arbrisseau) de la famille des Zygophyllées , 
originaire de l'Orient et de la région méditerranéenne. L'odeur de la plante est 
forte et sa saveur acre la défend de la dent des animaux. 

Les graines de Harmel étaient réputées par les médecins grecs pour les mala- 
dies des yeux. Puis on les a préconisées comme omménagogues au moins à l'égal 
de la Rue. Cependant ces graines, en Turquie, servent de condiment, et leur em- 
ploi passe pour rendre de belle humeur ceux qui en font usage. 11 parait que ces 
graines, dans les mêmes régions, sont susceptibles de produire une belle couleur 
rouge durable et d'une teinte très recherchée. 

Avec les feuilles, on fait un topique efïicace pour combattre l'inflammation des 
pieds. Enfin, en Perse, on considère cette plante comme anthelininthique. 

Pour extraire la harmine et la harmaline, les graines de Peganum 
passées au moulin sont traitées par la méthode indiquée par Fritzsche 
(Annalcn cler Chemie und Pharmacie, LX1V, 36o). On épuise méthodique- 
ment les graines par l'eau contenant 5 p. îoo d'acide acétique. Les li- 
queurs acides obtenues, colorées en brun, sont additionnées de chlorure 
de sodium. Au bout de quelques jours, il se produit un précipité brun 
formé en majeure partie des chlorhydrates de harmaline et de harmine 
impurs, lesquels sont très peu solubles dans l'eau saturée de sel marin. 
Pour les purifier, on les dissout dans l'eau pure et on les précipite par le 
sel. Cette Opération, répétée à plusieurs reprises, fournit, finalement un mé- 
lange des deux chlorhydrates, d'une belle couleur jaune. Pour séparer la 
harmine et la harmaline, on dissout les chlorhydrates dans l'eau, on traite 
par le noir, et la solution filtrée chaude, colorée en jaune, est additionnée 



— 126 — 

d'ammoniaque avec précaution. La harmine se précipite d'abord, puis la 
harmaline. La harmine se déposant sous l'orme d'aiguilles , et la harmaline 
sous forme de feuillets à bords dentelés, il est assez aisé de reconnaître au 
microscope le moment où , la totalité de la harmine étant précipitée, il com- 
mence à se déposer de la harmaline. On recueille alors la harmine, et la 
liqueur filtrée fournit la harmaline par addition d'un léger excès d'ammo- 
niaque. 

Les deux alcaloïdes, à l'état de pureté, sont blancs, et ont pour for- 
mules : C ,3 H u Az 2 pour la harmaline , C 13 H 12 Az 2 pour la harmine. 

Ce sont les dérivés bromes de ces deux alcaloïdes que nous avons 
obtenus. 

Bromoharmaiine : C 13 fFAz 2 OBr. — On dissout 8 parties de har- 
maline dans aS parties d'eau additionnées de 5 parties d'acide acétique 
cristallisable. On verse dans la solution obtenue Co parties d'acide acé- 
tique contenant 10 p. îoo de brome. Au bout de quelque temps, il se 
produit un précipité cristallin jaune qu'on dissout à chaud dans une 
grande quantité d'eau. La solution filtrée, précipitée par l'ammoniaque, 
donne un précipité amorphe de bromoharmaiine impure. Celle-ci , mise en 
suspension dans l'eau, est dissoute par addition ménagée d'acide chlorhy- 
drique. On ajoute ensuite à la solution un léger excès de ce dernier ; du 
jour au lendemain, il se dépose alors un précipité cristallin de chlorhydrate 
de bromoharmaiine. Par dissolution de ce dernier dans l'eau et précipi- 
tation par addition d'acide chlorhydrique, on obtient, en répétant plusieurs 
fois cette opération, le chlorhydrate de bromoharmaiine pur et bien cris- 
tallisé. 

Pour avoir la bromoharmaiine, on ajoute à la solution aqueuse tu 
chlorhydrate une certaine quantité d'alcool à 95 degrés et on précipite à 
chaud par l'ammoniaque. Il se dépose alors lentement par refroidissement 
de belles aiguilles de bromoharmaiine. C'est un corps blanc bien cristallisé, 
insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool. Chauffé au bloc Maquenne, il se 
décompose sans fondre au-dessus de 200 degrés. 

Nous pensions obtenir, par ce procédé de bromuraiion, un dérivé 
d'addition de la barmaline; l'analyse a montré qu'il n'en était rien et qu'il 
faut considérer la bromoharmaiine comme un dérivé monoflubstitué de l'al- 
caloïde, résultant du remplacement d'un atome d'hydrogène par un atome 
de brome. 

La formule de la bromoharmaiine est donc C u II u AzH)l>r. 

o gr. 2Ôi5 de matière ont donné, par la méthode ordinaire de dosage 
du brome dans les matières organiques, o gr. 108 de bromure d'argent ; 

Trouvé Br p. i<><> vj.SB 

Calcul.'- pour <;"H l:, Az 2 OBr Br p. 100 •j;.3o 



— 127 — 

Chlorhydrate de bromoharmaline : C 13 H" Az 2 OBr, HG1 + a H 2 0. — S'ob- 
tient en traitant la bromoharmaline en suspension dans l'eau par la quan- 
tité strictement nécessaire d'acide chlorhydrique. Il faut se garder démettre 
un excès de ce dernier, car le chlorhydrate de bromoharmaline est insoluble 
dans l'eau contenant de l'acide libre. Si la solution neutre est assez concen- 
trée, elle dépose par refroidissement le chlorhydrate de bromoharmaline 
sous forme de belles aiguilles d'un jaune d'or. C'est un corps soluble dans 
l'eau, mais qui se précipite de ses solutions aqueuses à l'état cristallin par 
addition d'un peu d'acide chlorhydrique. 

L'analyse montre que le produit séché dans le vide a pour formule : 
C 13 H 13 Az 2 0Br, HC1 + 2H 2 0. 

o gr. 2269 perdent à 120 degrés o gr. 022 d'eau. 

Trouvé H 2 O p. 100. 9-69 

Calculé pour G" H 13 Az 2 OBr. HC1 + a H 2 . . H 2 p. 1 00 . 9 . 84 

o gr. 1796 de matière ont donné gr. 1788 d'un mélange de bro- 
mure et de chlorure d'argent. 

Trouvé ( Br -f- Cl ) p. 100.. 34.68 

Calculé pour C 13 H 13 Az 2 OBr, HC1. . (Br + Cl) p. 100.. 35.0.') 

Chloroplatinate de bromoharmaline : (G 13 H 13 Az 2 OBr, HCl) 2 PtCl\ — 
S'obtient en précipitant une solution chaude de chlorhydrate de bromohar- 
maline par le chlorure de platine. Le chloroplatinate se présente sous 
forme de petites aiguilles barbelées de couleur jaune orangé. Sa formule, 
justifiée par l'analyse, montre qu'il résulte de l'union de 2 molécules de 
chlorhydrate de bromoharmaline et de 1 molécule de chlorure de platine. 

o gr. 3190 ont donné par calcination o gr. 0622 de plaline. 

Trouvé Pt p. 100. 19. A g 

Calculé pour ( C" II 1 • Az 2 OBr, HCI f Pt CI' . . . Pt p. 100. 1 9 . 4g 

Bromoharmine : G 13 H 11 Az 2 OBr. — S'obtient d'une manière analogue à 
la bromoharmaline; 8 parties de harmine sont dissoutes dans 5o parties 
d'eau additionnée de 5 parties d'acide acétique. On verse dans la solution 
obtenue 60 parties d'acide acétique contenant 10 p. 100 de brome. Au 
bout de quelques minutes, il se produit un abondant précipité jaune qu'on 
dissout dans une grande quantité d'eau. On précipite la solution par l'ammo- 
niaque, et on a ainsi la bromoharmine impure. On la purifie en formant le 
chlorhydrate et en précipitant à chaud la solution aqueuse, additionnée 
d'alcool par un léger excès d'ammoniaque. On obtient ainsi la bromohar- 
mine cristallisée. 

La bromoharmine est un corps blanc, insoluble dans l'eau, soluble dans 
l'alcool , qui se présente tantôt sous forme de cristaux orlhorhombiqucs épais 



— 128 — 

el courts, lautôt sous forme de longues aiguilles très fines. Les premiers se 
disposent dans l'alcool fort, les dernières dans l'alcool faible. 

L'analyse prouve qu'on doit considérer la ltromoharmine comme un dé- 
rivé monosubstitué de la harmine. 

o gr. q648 ont donné o gr. 1708 de bromure d'argent. 

Trouvé Br p. 100 27.39 

Calculé pour C 13 II" Az J OBr Br p. 100 a 7 . /1 9 

Chlorhydrate de bromoharmine : C 1 ; H" Az 2 OBr, I1C1 - aH*0. — S'ob- 
tient en dissolvant la bromobarinine dans la quantité strictement suffisante 
d'acide cblorbydrique. lia solution concentrée abandonne par refroidissement 
lecb'orbydrate sous forme d'aiguilles, de couleur jaune serin. Il est soluble 
dans l'eau chaude. Sa solution aqueuse additionnée d'une goutte d'acide 
chlorhydrique fournit un précipité gélatineux, alors que dans les mêmes 
conditions, le chlorhydrate de bromoharmaline donnait un précipité cris- 
tallin. 

L'analyse nous conduit à la formule C 13 H 11 Az s OBr, HC1 + 2 H 2 0. 

ogr. 1965 de chlorhydrate séché à l'air ont perdu par dessiccation dans 
le vide, puis à l'étuve à 125 degrés, o gr. 0191 d'eau. 

Trouvé eau p. 1 00 . 9-72 

Calculé pour C 13 H 11 Az s OBr, MCI -f aH s 0.. .eau p. 100. 9-90 

Le corps séché dans le vide perd une molécule d'eau et a donc pour 
formule G 13 H 11 Az 2 OBr, HC1 + H 2 0. 

o gr. 1965 de produit ont perdu dans le vide o gr. 0097. 

Trouvé : perte en eau p. 1 00 h . 93 

Perte p. 1 00 calculée pour II- h . 96 

gr. 177A de chlorhydrate ont donné o gr. 1797 de chlorure et bro- 
mure d'argent. 

Trouvé : (Cl + Br) p. 100.. 35.i5 

Calculé pour C 13 H 11 Az s OBr, IIC1. . .(CI + Br) p. 100.. 35. a6 

Chloroplatinate de bromoharmine : (C ls H"Az s OBr, I ICI) 2 PUT. — S'ob- 
tient comme celui de bromoharmaline en traitant à chaud une solution 
aqueuse de chlorhydrate do bromoharmine par le chlorure do platine. 
C'est (iii corps jaune pâle, cristallisé en aiguilles, insoluble dans l'eau. 

o gr. 0.39.5 de chloroplatinate ont donné par calcination gr. o45a 
de platine. 

Trouvé Pt p. 100.. 1 9. .">:> 

Calculé pour (C 13 H" Az 1 OBr, BCI) ï PtCli..Pt p. loo.. 19.57 



MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE 



BULLETIN 



DU 



MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE 



ANNEE 1905 



N° 3 




PARIS 



IMPRIMERIE NATIONALE 



MDCCCGV 



SOMMAIRE. 



, . Pa|»e*. 

Actes officiels (Nomination. Démission) 129 

Con-espoittlaiicr. Envois. Dons. Inauguration de la vitrine des grands Car- 
nassiers quaternaires 1 3o 

Yuachei v. Quelques renseignements sur le voyageur naturaliste Stanislas 

Levillain (1774-1801) t36 

Léon Vaillant. Remarques sur le développement d'une jeune Tortue char- 
bonnière ( Testudo carbonaria Spix), observée à la Ménagerie des Rep- 
tiles du Muséum d'histoire naturelle 1 3q 

Jacques Pellegrin. Catalogue des Mormyridés d?s collections du Muséum 

d'histoire naturelle de Paris 1 4i 

— Poisson nouveau du Mozambique 1 45 

Selrat. Sur le Crabe des Cocotiers, Birgus latro L 1 46 

J. Pérez. Hyménoptères recueillis dans le Japon central par M. Harmand. . 1 48 

D r Norili. Décapodes nouveaux des côtes d'Arabie et du Golfe Persique 

( Diagnoses préliminaires) 1 58 

Cockerell. Une nouvelle Abeille du Mexique » 65 

A. Vayssière. Note sur les Cypraidés recueillis par M. Ch. Gravier à Dji- 
bouti, on ioo4 i65 

Edouard Lamy. Liste des coquilles de Gastropodes recueillies par M. Ch. Gra- 
vier dans le golfe de Tadjourah (190/1) [suite] 170 

Ch. Gravier. Sur un Polynoïdien (Lepidastltenia Digueti nov. sp.) com- 
mensal d'un Ralanoglosse de Rasse-Californie 177 

— Sur les genres Lepidasthenia Malmgren et Lepidametria Webster 181 

R. KoEiii.ER. Kchinides, Asléries et Ophiures recueillis par M. Gravier dans 

la Mer Rouge 1 84 

Ci. h ment Vaney. Holoturies recueillies par M. Ch. Gravier sur la côte fran- 
çaise des Somalis 186 

Armand Krempf. Liste des Hexanthides rapportés de l'Océan Indien (golfe 

de Tadjourah) par M. Ch. Gravier 191 

H. Nedvill et R. Anthony. Seconde liste de Mollusques d'Abyssinie (Col- 
lection Maurice de Rothschild) 196 

R. Anthony et L. Calvet. Note sur les Penella BàUenoptera recueillies sur 

le Balœtwptcm Physalua L. de Cette (1904) 198 

Paul Gaubert. Sur les divers états cristallins du soufre et sur la transfor- 
mation du soufre mou en soufre cristallisé 200 

H. Arsandaiix et H. Neuville. Résultats pélrographiques du voyage de 
M. Maurice de Rothschild dans le pays Somali-Dankali et en Abys- 
sinie 2o4 



BULLETIN 

DU 

iMUSÉUM D'HISTOIKË NATURELLE. 



ANNEE 11)05. N" 3. 



-}<S>Q- 



82" RÉUNION DES NATURALISTES DU MUSÉUM. 

28 MARS Ujo5. 
PRÉSIDENCE DE M. EDMOND PERRIER, 

DIRECTEUR DU MUSEUM. 



M. le Président dépose sur le bureau le deuxième fascicule du 
Bulletin pour Tannée iqo5, contenant les communications laites 
dans la réunion du 2-8 février 1906. 

Par arrêté ministériel du 2 mars io,o5, M. Poisson (Louis- 
Henri) est nommé Préparateur de la chaire de Culture du Muséum, 
en remplacement de M. Ratii, décédé. 

Par arrêté du Ministre des Colonies, M. Perrier (Kdmond), 
Directeur du Muséum, est nommé membre du Conseil de perfection- 
nement de l'Ecole coloniale, pour y représenter le Muséum, en 
remplacement de M. Cornu, décédé. 

M. Cbosnieb de Varigny (Henri), Préparateur de la chaire de 
Pathologie comparée du Muséum, donne sa démission desdites 
fonctions à dater du 3i mars 1905. 



Muséum. — xi. 

CD 

en 



— 130 — 



CORRESPONDANCE. 



M. \ 16S Guillaume), à Andrada (97 janvier 1906), donne des 
renseignements sur ses récoltes et ses recherches. 



M. Bertin-Mention (R.), par lettre do aâ février 190.5. fait con- 
naître son intention d'aller rejoindre bientôt son cousin. M.Wagrei 
1 Emile), chargé de mission dans les Hautes terres de l'Argentine, 
et offre de contribuer à l'accroissement des collections du Muse'um. 



M. Chevalier (Aug.) écrit de Konakry (28 février 1900) à M. le 
Directeur, pour le mettre au courant de ses travaux el de ceux de 
M. Caille. Il annonce l'envoi de collections diver--. 



Dons et envois récemment parvenus au Muséum : 

M. Raclot, de Marseille, transmet au Muséum trois caisses 
d'herbes sèches, dont deux sont envoyées de Kouytcheou par les 
P. P. Cavalerie et Fortunat. et une expédiée du Thibet par le 
P. Soulié. 



M. de Morgan. Délégué général en Perse du Ministère de l'Ins- 
truction publique, l'ait parvenir au Muséum i45 caisses (fos- 
siles, etc.j contenant les collections recueillies au cours de sa 
mission en Perse. 



M. Chaffarjoh, chargé de mission à Singapour, envoie au Muséum 
six caisses d'Orchidées vivantes, récoltées au cours d'un voyage qu'il 
\ient tle faire à Rornéo. Sumatra et Ja\a. 



M. Cnsi wjer 1 lug.)fail parvenir an Muséum deux caisses de col- 
lections diverses recueillies dans la Guinée française. 



— 131 — 

M. le Gouverneur de la Guyane française envoie une caisse de 
minéraux provenant de la colonie. 



M. le Baron de Baye fait don au service de l'Anatomie comparée 
d'un crâne de Félidé de Java. 



M. Gbat envoie de Madagascar plusieurs caisses de collections 
diverses (Plantes vivantes, bois, fossiles, Echinodermes et Mol- 
lusques). 

M. le Professeur Joubin informait l'Assemblée, lors de la dernière 
séance, du pénible embarras dans lequel il se trouvait, relative- 
ment à la riche collection de Coquilles léguée au Muséum par 
M. Vrnould Locard, la chaire de Malacologie étant mise dans l'im- 
possibilité, faute de fonds disponibles, de recueillir ce précieux 
héritage. Il est heureux d'annoncer aujourd'hui que M. le baron 
Alphonse de Bothschild, ayant eu connaissance de ces difficultés, 
s'est empressé, avec sa libéralité habituelle, de les lever toutes en 
envoyant la somme nécessaire, pour que le Muséum puisse entrer 
immédiatement en possession de ces nouvelles richesses. 

M. le Professeur Joubin est certain d'être l'interprète des sentiments 
unanimes de l'Assemblée en adressant à M. le baron Alphonse de 
Rothschild ses plus chaleureux remerciements pour celte généreuse 
intervention. 



Dans le dernier fascicule du Bulletin (n° a) ligure, à la Corres- 
pondance, le texte du discours prononcé par M. le Directeur du 
Muséum, lors de l'inauguration par M. le Ministre de l'Instruction 
publique de la vitrine des grands Carnassiers quaternaires offerte 
par M. le baron Edmond de Rothschild. En raison de ne'cessités de 
mise en page, il n'a pas été possible d'y joindre les explications 
fournies à M. le Ministre par M. Boule (Marcellin), Professeur de 
Paléontologie. En voici le résumé : 

La nouvelle vitrine, offerte par M. le baron Edmond de Rothschild, dit 
M. Boule, renferme, dans des attitudes variées, comme ;i l'étal de vie, les 



— 132 — 

squelettes de trois Ours, de trois Lions, d'uaé Hyène el d'un LoupTfdes 
Cavernes. 




Je ne croie pas qu'aucun autre musée paléontologique possède une col- 
lection si complète de grands fauves préhistoriques. Nous avions, déjà deux 
des squelettes d'Ours; le troisième, qui est le plus grand, faisail partie de 



— 133 




Fi;;, i. — Grand ' > i rnc dri i m on cant. 



— 134 — 

la collection Filhol; il a été oftert au Muséum par M. Edmond do Rothschild. 
Nous possédions aussi les squelettes d'Hyène et de Loup trouvés, avec 
le petit Ours, dans la caverne de Gargas (Hautes -Pyrénées), par 
M. F. Regnaull. Les squelettes de Lions sont des pièces magnifiques entrées 
tout récemment. 

En 10,00, Alphonse Milne-Edwards nous légua le squelette à peu près 
complet d'un grand Chat trouvé dans la caverne de Vence( Alpes- Maritimes), 
par Bourguignat. En 1902, M. A. Serres, agrégé de l'Université, nous lit 
parvenir une caisse d'ossements fossiles recueillis dans une poche de terre 
phosphatée près de Carjac (Lot). Cet envoi comprenait le squelette entier 
d'un énorme Félin. Le troisième squelette est celui qu'Edouard et Henri 
Filhol avaient retiré de la caverne de L'Herm (Ariège). M. Edmond de 
Rothschild a hien voulu l'acquérir également pour le Muséum. 

J'ai employé, pour les reconstitutions de ces animaux, un nouveau 
système de montage. Autrefois, les diverses parties d'un squelette étaient 
soutenues par des barres verticales en fer. J'ai fait remplacer ces piliers dis- 
gracieux par des tiges d'acier aussi minces que possible, épousant la cour- 
bure des os et constituant une armature peu visible. Si j'ajoute que les 
dessins de ces reconstitutions ont été faits d'après des photographies in- 
stantanées d'animaux vivants voisins des animaux fossiles, on comprendra 
que nous soyons arrivés à obtenu 1 un résultat plus artistique et surtout plus 
vrai qu'au moyen des anciens procédés. 

M. Albert Gaudry et moi avons publié un mémoire avec planches sur 
l'Ours, l'Hyène et le Loup de Gargas (1) . Les caractères et les affinités de ces 
Carnassiers sont aujourd'hui bien connus. Tandis que l'Ours des cavernes 
est une espèce distincte, l'Hyène des cavernes n'est qu'une variété de 
l'Hyène tachetée actuelle et le Loup des cavernes est identique au Loup 
actuel. 

Au contraire, les opinions les plus diverses ont été exprimées au sujet 
des grands Chats des cavernes. On les a tour à tour considérés : comme 
ne différant pas du Lion: comme représentant une race de Lion actuel : 
comme se rapprochant du Tigre: comme étant une espèce distincte. Ces 
divergences tiennent surtout à ce que, jusqu'à présent, les paléontologistes 
n'avaient eu à leur disposition que des pièces isolées ou des squelettes in- 
complets, reconstitués avec les os de plusieurs sujets. Comme chacun des 
deux squelettes de Vence et de Cajarc est formé, au contraire, d'ossements 
d'un même individu, leur ('tuile doit conduire à îles résultais certains. 

L'examen du squelette de Cajarc, du squelette de L'Herm et des autres 
échantillons de nos collections provenant des localités les plus diverses m'a 
montre que, par son crâne, par ses membres, par >es pattes, etc., le grand 

0) Matériaux pour Vhùtoire <le* temps quaternairei, Fascicule '1, Paris. Masson 
et C". 



— 135 — 

FeUs des Cavernes offre tous les caractères du type Lion el ne présente 
aucun des traits particuliers au Tigre. Le Lion des cavernes ne différait du 
Lion actuel que par de plus fortes proportions. Celui de Gajarc et celui de 
L'Herm avaient une taille supérieure d'environ i/8' à celle des plus grands 
Lions et des plus grands Tigres de l'époque actuelle I in- mandilmle pro- 
venant de Grenelle dénote un animal encore un peu plus fort. 

Le squelette de Vence avait reçu de Bourguignat le nom de Tigris 
Edwarsi, en l'honneur de l'ancien Directeur du Muséum. En réalité, ce 
n'est pas un Tigre, et toutes ses affinités sont encore avec les Lions. Mais 
comme il offre quelques traits particuliers indiquant un animal plus lourd 
et plus trapu et que, d'un autre côté, il paraît remonter à une époque un 
peu plus reculée des temps quaternaires , je crois qu'on peut le considérer 
comme une forme ancestrale du véritable Lion des cavernes et le désigner 
sous le nom de Felts leo var. Edwarsi. 

A quelle époque les Lions ont-ils disparu de nos pays? Nous trouvons 
leurs débris jusque dans les dernières assises des terrains quaternaires, et 
on ne les rencontre plus dans les dépôts néolithiques. Cela est certain. On 
a dit souvent que, suivant Hérodote, des Lions attaquèrent en Péonie les 
Chameaux de l'armée de Xerxès. D'après M. Salomon Reinach, ce témoi- 
gnage d'Hérodote peut s'appliquer à d'autres animaux que le Lion, et 
ff parmi les autres textes relatifs aux Lions de la Grèce, il n'en est pas un 
qui supporte l'examen». Pour notre savant collègue, les légendes grecques 
où figure le Lion sont toutes d'origine orientale, comme les héros tueurs de 
Lions qu'elles célèbrent. 

Grâce à M.Edmond de Rothschild, le public qui se presse, tous les 
dimanches et tous les jeudis, dans nos Galeries du Muséum, recevra une 
nouvelle et belle leçon. La vue de ces curieux squelettes leur inspirera un 
sentiment d'admiration pour nos ancêtres préhistoriques qui durent se me- 
surer avec de tels ennemis. 

En terminant, M. Boule présente à M. le Ministre les plus belles 
pièces des phosphorites du Quercy, de la collection Filhol, égale- 
ment offertes au Muséum par M. Edmond de Rothschild. Ces docu- 
ments, d'une conservation admirable, sont du plus haut intérêt 
pour les recherches relatives à l'évolution des Mammifères. 



M. le Directeur a le regret d'annoncer le décès de M. Ilibbrt 
(J.-P.), ingénieur, donateur du trophée de, graphite exposé dans 
les galeries de Géologie el de Minéralogie du Muséum. 



— 136 — 

\\. Denikeb signale quelques dons faits récemment à la Biblio- 
thèque. 

Le Ministère de l'Instruction publique nous a accordé un exemplaire du 
magnifique travail de M. A. Lacroix, membre de l'Institut, professeur au 
Muséum: l.n montagne Pelée et ses éruptions, Paris, iqo4, grand in-4°, 
avec nombreuses cartes et planches. 

La Société Royale de Londres, sur la demande personnelle de M. le Bi- 
bliothécaire, nous a envoyé les deux volumes parus de documents publiés 
en petil nombre d'exemplaires el se rapportant à la pêche des Huîtres 
peiiières dans les eaux qui baignent l'île Ceylan (W. Herdmann, Pearl 
oyster fisheries of Ceylan, London, 1908-1906, 9 vol. in-4°, av. a8 pi.). 

Le Comité des pêcheries de l'Ecosse ( Fishery Board /<»■ Scotland) nous a 
envoyé toute la série de ses Reports depuis 1888, les années précédentes 
étant épuisées. 

M. Deniker annonce aussi l'apparition de nouveaux volumes se rappor- 
tant à la Chimie, à la Botanique, à la Géologie, à la Paléontologie et à la 
Minéralogie du Catalogue international de Bibliographie scientifique, publié 
à Londres. 

Tous ces volumes sont à la disposition du personnel du Muséum 
et du public à la Bibliothèque. 



COMMUNICATIONS. 



Quelques renseignements sur le voyageur naturaliste 
Stanislas Lbvillain ^tnnà-1801), 

PAR M. VuACHEOX. 

Le naturaliste-zoologiste Stanislas-Benjamin Leviliain esi né au Havre, 
rue de l'Hôpital (actuellement rue Ma/an), le ai avril lyy'i 1 ''. 

<" Acte de baptême <le Stanislas Leviliain. Registre de relise de Nuire-Dame 
du Havre. 

-•m avril 177^1, le dit jour a été baptisé par M. Baillehache, vicaire, Stanisla 
Benjamin, né d'aujourd'hui du légitime mariage de Pierre Nicolas Leviliain, ca- 
pitaine de navire, <•! de Marie Elisabeth Sence, >im épouse, de celte paroisse, 
le parrain Iran Joseph Ambroise Avril, son oncle maternel en loi, la marraine 
\ 1 1 » j « ■ Magdelcine Gauvain, épouse de Jean Patrice Sence, -a tante en loi, qui onl 
signé, le père absent. n 

rGauvain, feœ Sehcb; J.-J.-A. \\nii,: 

I.. l'un lui \> be, vicaire.» 



— 137 — 

Il s'embarqua le 9 vendémiaire an v (3o septembre 1796) à bord de 
la Bâte de l'État, la Belle-Angélique, commandée par le capitaine de 
vaisseau Baudin. 

(',.■ bâtiment, qui avait commencé son armement le 1" thermidor an i\ 
(îg juillet 170,1» 1. arriva à Ténériffe le îii brumaire an \ 1 3o octobre 1 796 
à la Trinité le 28 germinal an \ 1 17 avril 17*171. à Saint-Thomas le •»<> flo- 
réal an \ (ag avril 1797), à Saint-Jean-de-Porlo-Rico le 29 messidor an \ 
1 17 juillet i< s ',)7)- à Fécamp le 29 prairial an \i (7 juin 1798), et à Dieppe 
le 28 messidor an \i (16 juillet 1798), où il fut désarmé. 

Dans une lettre e'crile au citoyen Eyriès lils aîné, négociant rue de la 
Vierge, au Havre de Grâce, frère du célèbre géographe J.-B. Eyriès, Levil- 
lain nous a laissé une courte relation de ce voyage. 

An bord de la QAle de la République la Belle-Angélique, 
rade de Dieppe, le 18 prairial an 6* (<> juin 1798) ' . 

Citoyen et amy, 

J'ai le plaisir de vous annoncer notre arrivée icy après être venu jusque sous les 
feux de la Heu-, conduit cepend par une bombarde anglaise, mais la Division qui 
croise dans cette partie malgré noire passeport qui a été vise cl revu bien des 
fois en route n'a point voulu nous laisser passer, vu les ordres strie qu'il ont de 
il.' laisser aucune communication avec le Havre. L'amiral auquel un nous a con- 
duit nous a donné celui de nous rendre au port de Dieppe, mais que p' le Havre 
la chose était impossible. 

On a dû nous reconnaître à nos pavillons français et parlementaire nous avons 
été Longtems au milieu de la division. 

Si tout ce que Les Anglais nous ont dit sur Le Bavre est vray notre vill I 

dans une malheureuse circonstance. Nous ne pouvons y croire vu que cela non 
paraît extravague. Puisse d'heureuse nouvelle nous confirmer cette idée. 

Nous arrivons de Pu-erto-Rico, lieu de notre d™ Relâche après 55 jours de tra- 
versée assez pénible, nous sommes chargés de plantes et arbustes et autres objets 
d'histoire naturelle des plus précieux mais toutes ces contrariétés peuvent un peu 
leur être préjudiciable, nous espérons (.■pendant que quelques jours de terre 
pourront reparer tout cela. 

l'apporte de mon coté comme amaleur quelques objets que j'ay recueilli dans 
divers isles de l'Inde occidentale que nous avons visités. 

J'espère, si la tranquilité peul nous permettre île nous occuper encor de science, 
vous en faite part. 

.h- présume que celte lettre vous trouvera et votre famille en heureuse dispo 
sition. Veuillez leur présenter mon respecl et souvenir. 

Mille amitiés aux compatriotes lloursel frères et à M' leur père, sans oublier 
votre frère Alexandre qui peut-être à présent regrette de ne pas avoir lait le 
voyage. Cependant il aurait \u en nier de la misère car peu de jours après notre 
départ du Havre nous manquâmes dans une tempête affreuse de nous perdre, le 
coup de -eut fut long et si terrible qu'aux Mes Canaries desquels nous pouvions 



'Il 



Bibliothèque du Havre, manuscr. 211, fol. 175, 1 7G. 



— 138 — 

être à i5o lieues a peu près, beaucoup de maisons et d'arbres lurent enlevée : il 
aurait vu encore bien d'autre événements. 

Depuis notre départ d'Europe nous n'avons reçu aucune espèce de lettre de 
France, nou< ne savons rien des aflaires politiques. 

En attend 1 le plaisir de voir-; embrasser, veuillez me croire avec amitié 

S' ' Le Villaw. 

N'ayant aucune connaisse icy si vous me donnez un mot de réponse, adressez 
moi votre lettre cbez le C r " de marine en mettant du n'° la Belle Angélique. 

En 1800, lorsque le capitaine de vaisseau Baudin procéda à l'armement 

des corvettes Je Géographe et le Naturaliste, il se souvint de Stanislas Le- 
villain et le fit embarquer à bord du premier bâtiment qu'il commandait. 

Le départ de celte expédition de découvertes aux terres australes eut lieu 
le 19 octobre 1800. 

Arrivé à l'île de France, Levillain passa à bord du Naturaliste commandé 
par le capitaine de frégate Hamelin, le aa avril 1801. 

Quelques mois plus tard, le g thermidor, décembre 1801. ce savanl 
mourait en mer. 

irPéron, dans sa Relation du Voyage des découvertes au.r terres australes. 
nous a retracé les derniers moments de son ami. tfLe y thermidor 1801 
termina les douleurs et l'existence de mon collègue Levillain. \ la dyssenterie 
mil le poursuivait depuis Timor s'était joint une fièvre pernicieuse diapho- 
nique, au quatrième accès de laquelle il succomba. Son corps fut aban- 
donné à l'Océan qui par une fatalité bien malheureuse avait déjà servi de 
tombeau à son père et à son frère aîné. La mort de Stanislas Levillain né 
au Havre affligea sincèrement tout le monde à bord des deux vaisseaux, il 
était, en effet, d'un caractère extrêmement doux et paisible qui l'avait rendu 
cher à tous ses compagnons. 

cr Pendant son séjour dans la rade de Dampier, il avait fait une belle collec- 
tion de Coquilles pétrifiées qui forment des bancs très étendus sur ces 
rivages qui sont d'autant plus intéressans à bien étudier (pie la plupart 
semblent avoir leurs analogues vivants au pied même des roches qu'elles 
composent. Levillain avait parfaitement étudié tout ce genre de Coquilles 
pétrifiées. Ses manuscrits sont perdus el sa belle collection est au Musée 
Britannique <le Londres: il a été impossible de la faire venir en France.» 

Tels sont les renseignements (pie j'ai pu recueillir sur le naturaliste Sla- 
ni-las Levillain. 



— 139 



Remarques sur le dÉi eloppement d'une jeune Tortue charbonnière 

(TeSTI DO CARBONARIA SpIz) , OBSERVEE i M MÉNAGERIE DES REPTILES 

du Muséum d'Histoire naturelle, 

par M. Léon Vaillant. 

Les observations sur la croissance et la nutrition des Reptiles sont rares , 
aussi depuis longtemps avons-nous cherché à recueillir, à titro documen- 
taire, les laits que peut, dans cet ordre d'idées, fournir la Ménagerie des 
Reptiles. 

Le h octobre 1896, M. le D r Leseaux fit don au Muséum d'un exem- 
plaire jeune du Testudo carbonaria, qu'il s'était procuré à la Guadeloupe. 
L'animal, à cette époque, ne lut ni pesé, ni mesuré; il pouvait avoir la 
grosseur du poing et ne paraissait présenter rien d'anormal dans l'aspect 
de sa carapace. Ou ne fit pas d'ailleurs grande attention à cette entrée, les 
Tortues de cet âge en général ne prennent d'aliments qu'avec difficulté et 
vivent quelques mois à peine. 

Celle-ci cependant, malgré la saison défavorable dans laquelle elle arri- 
vait et simplement installée dans une des cages de la salle d'entrée de la 
Ménagerie, cages où le système de chauffage n'élève que très modérément 
la température, fit exception à la règle ordinaire; elle accepta très volon- 
tiers la nourriture qu'on lui offrit et mangeait avec régularité. Aussi la 
vit-on graduellement grossir et elle mourut le 5 octobre 190/i, après neuf 
années de captivité. 

Pendant cette période, la dossière s'était déformée d'une singulière façon. 
Les écailles du disque, aussi bien '"vertébrales que costales, se sont toutes 
graduellement bombées , formant aujourd'hui autant de pyramides tron- 
quées à quatre, cinq ou six pans, suivant la forme de l'écaillé , hautes d'à 
peu près 10 millimètres, la troncature supérieure, formée par l'écaillé 
grenue primitive, ayant conservé la teinte jaunâtre. Il existe dans nos ga- 
leries sur d'autres carapaces, dont une appartenant à celte même Tortue 
charbonnière, des exemples de ce fait, mais exceptionnellement, au*si doit- 
on y voir une sorte de monstruosité (non compris naturellement le Testudo 
geometrica Linné, et quelques types voisins où le fait est habituel el 
normal). 

Les dimensions de cette carapace (qui porte le n° individuel o/i-63 1) 
sont actuellement les suivantes : 

millimètres. 

( en ligne droite 177 

" ( en suivant le contour s 20 

en ligne droite 12/1 



Large 



ur 



en suivant lf contour aïo 



Hauti'ur 82 



— 140 — 

Au boul île la première année, comme on constatait un accroissement de 
taille évident . la Tortue fut pesée par M. Bruyère, commù delà Ména- 
gerie, qui continua avec beaucoup île soins. a certains intervalles, de noter 
le gaîa acquis successivement par ranimai. Pendant la durée du séjour, 
vingt-huit pesées furent laites et accusèrent une augmentation constante, 
sauf tout à l'ait dans les derniers temps. Le tableau suivant donne un cer- 
tain nombre de ces chiffres, choisis de manière à faire apprécier l'augmen- 
tation à peu près annuelle. 

PESÉES. 
DATBS. I v. 

grammes. 
18%. . . h octobre 

1896. . ■ i3 avril io5 

1897. . . i5 juillet 172 

1898. . . a'i janvier ig5 

1899. . . i mars a8o 

1 900 ... i (i janvier 3 9 5 

1**01 . . . ig janvier 5ig 

1 902 ... 13 février R6o 

1903. . . a6 février 8oo 

i i 7 février 1070 

1904 î i 9 " iai ' °' ,:! 

; 1 h septembre 11 00 

5 octobre 060 

Gomme on le voit, celte Tortue, dans l'espace de huit ans, est (tassée de 
io5 grammes au poids de no5 grammes, c'est-à-dire au décuple. L'ac- 
croissement , qu'on peut évaluera 53 ou . r >'i grammes pendant la seconde 
année (1896-1897), s'est élevé à 270 grammes environ en iqo3-iqo&. 
I. 'augmentation a ensuite continué pendant sept mois, de février à sep- 
tembre 190^, toutefois avec amoindrissement, puisqu'elle n'a été en toul 
que de 35 grammes (a3 grammes acquis pendant une première période 
de trois mois, 1 •>. grammes dans une seconde); puis dans les trois der- 
nières semaines , une perte subite de i&5 grammes, presque moitié de ce 
qu'avail acquis ranimai pendant l'année 1 i|oi»-i 90 '1 . a été constatée, à la 
suite de laquelle la mort, survint. 

Pour celle dernière diminution, relativement si considérable, la perte 
du liquide aqueux contenu dans la vessie, lequel, on le sait, peul être 
1res abondant chez «es animaux, entre probablement pour une part sen- 
sible dans le poids perdu, mais la dénutrition, sans aucun doute, n'y est 

pas non plus étrangère. 

Bien que ce développement régulier dût faire supposer un étal de réelle 
sanlé. la nutrition générale n elail pas aussi parfaite qu'on aurait pu le 
croire. Que ce soit un résultai des conditions défavorables de la captivité 



— 1M — 

que ce soit dû au manque d'une substance alimentaire qu'on ne lui procu- 
rai! [tas en quantité suffisante, lorsqu'on eut retiré de la carapace les par- 
ties contenues, il lut constate que cette enveloppe osseuse était notablement 
plu- légère ou plus exactement moins dense que d'habitude. \ la main, la 
clins,' est sensible et. en effet, elle no pèse que i64 grammes, tandis 
qu'une carapace, exactemcnl <lo même dimension (il es! vrai, d ? une autre 
espèce, quoique appartenant au même genre : T. pusilla Schaw), pèse 
a56 grammes, soit le rapport approché :: 7 : 11. 

Celte observation vient à l'appui dos considérations présentées ici autre- 
fois ' sur la raréfaction du tissu osseux chez les Ghéloniens dans certains 
cas nu l'alimentation est incomplète, nous montrant que le plus ou moins 
d'épaisseur do la boîte osseuse peut tenir à dos conditions biologiques par- 
ticulières; aussi cette différence ne doit-elle être employée qu'avec réserves 
comme caractère spéciûque. 

Ces laits n'ayant été reconnus que sur la carapace vidée et séche'e, les 
os du splanchnosquelelte n'ont pas malheureusement êtê conserves, et il 
est impossible de savoir s'ils avaient également été atteints par cette dénu- 
trition osseuse. 



Catalogue des Mormyridés des collections du Muséum 

D'HISTOIRE \ ITURELLE DE PARIS , 
PAB M. LE I)' JACQDES PeLLEURIN. 

Avant achevé la revision des Poissons de la famille des Mormyridés des 
collections du Muséum d'histoire naturelle, j'ai pensé qu'il pourrait être 
intéressant de donner un catalogue complet des spécimens possédés par 
cel établissement (2) . J'ai fait d'ailleurs connaître dans un certain nombre 
de notes précédentes, parues ici-méme, les types nouveaux de la famille 
qu'il contient '. 

Dans une revision assez récente des Mormyridés. M. G.-A. Boulenger 
admet 73 espèces, réparties en 1 1 genres. Depuis l'apparition de ce mé- 
moire, le nombre des espèces s'est accru encore d'une trentaine environ, de 

C») Léon Vaillant, 1898, Altérations pathologiques do squelette observées à la 
Ménagerie du Muséum chez les (Jhéloniens (Bull. Muséum Hist. uni., t. IV, 
p. 261). 

Les premiers chiffres ou groupes de chiffres indiquent les numéros cl entre.- 
de la collection du Muséum, les chiffres entre crochets le nombre de spécimens 
po-sédés, ensuite vient l'indication de la localité, puis celle du donateur. 

Cf. J. Pellegiun, Bull. M»*. Hitt. nat., 1899. p. 36a; 1900, p. :'>'<!,: 
1901, p. 3a8; tgo3, p. 327; 1904, p. 3ia et 3A8, etc. 
• /'r. Zool. Soc Lond., 1898, p. 77') ii 8ai. 



— 142 — 

sorle que l'on -peut évaluer à l'heure actuelle à une centaine les formes 
connues de cette intéressante famille de Malacoptérygiens africains. 

Le Muséum possède des représentants de to genres et de 53 espèces. 
Il y a lieu de signaler comme échantillons présentant nue réelle valeur 
plusieurs spécimens rapportes d'Egypte par Et. Geoffroy Saint- Hilairc, 
datant de 1799 et qui, malgré plus d'un siècle de conservation en alcool, 
sont encore en assez bon état, enfin une certaine quantité de types de 
Guvier et Valenciennes. 

Morm>ro|is J. Millier. 

delicIosds Leach. — Coll. Mus. 90-1 4-i5 [a] Congo : Thollon: 95-5g 

[1] Haul-Oubanghi : Viancin; o3-3oi-3oa [2] Ouellé : Mission du 

Bourg de Bozas. 
anguilloides Linné. — A. 9620 [1] Egypte : Geoffroy Saint -Hilaire 

(Type de Cuvier et Valenciennes); A. 9621 [1] Egypte : Joannis (i<L). 
masi iam's Boulenger. — 86-3o4 [1] Mokaka (Congo français) : Mission de 

l'Ouest africain (M. de Brazza). 
Boclengeri Pellegrin. — 86-325 à 327 [3] Diele (Alima) : Mission Ouest 

africain (Types). 
nigricans Boulenger. — 86-3io-3n [a] Diele : Mission Ouest africain 

(Types de M. Vaillanti Pellegrin); oi-5o£ [1] Bas-Ogôoué : Haug; o3- 

3o3 [1] Ouellé : Mission du Bourg de Bozas. 
attenuatus Boulenger. — 92-113 [1] Banghi (Congo français) : J. Dy- 

bowsky. 
furcidens Pellegrin. — 86-337-338 [2] Diele : Mission Ouest africain 

(Types). 

Petroceplinlus part. , Marcusen. 

mne Lacépède. — A. 908 [1 1 Egypte : Geoffroy Saint -Hilaire (Type 
de M. banc C. V.); A. 909 [1 ] Egypte : Geoffroy Saint-IIilaire (Type de 
Mormyrus Dequesnc C. V.); A. 9622 [1] Egypte : Joannis (id.); A. 910 
fi] Nil : Joannis (Type de M. Joannisii C. V.); A. 9623 [1] Nil : Elu-en- 
berg (Type de M. Ehrenbergu C. V.); A. 907 Egypte : Geoffroy Saint- 
IIilaire (id.?): A. 827 [1 monté] Nil : Geoffroy Saint-Hilaire : 0/1-102- 
io3 [2] Chari : Chevalier-Decorse. 

Sauvagei Boulenger. — 90-13 [1] Congo : Thollon. 

Ansoiu;ei Boulenger — 00-107-108 [a] Niger : Toutée. 

Bovei Cuvier et Valenciennes. -- A. 906 fa] Nil : Bové (Types de Mormyrus 
BoveiC. V.); 1967 la] Egypte : Geoffroy Saint-Hilaire: h ko h [11] id. 
1 id.); A. 107.*) [1] Egypte : Musée de Cambridge; 3-3 0.4 [1] Ouellé : 
M. du Bourg de Bozas; 00-109 [1] Niger : Toutée. 

Balavi Sauvage. — A. 6297 [1] Congo : Balay (Type): oi-5o5 [1] Bas- 
( )gAoué : Haug. 



— U3 — 

bous Sauvage. — A. 892 [2] Ogôoué : Marche Typt >-3i4 à ;:,y 

[4] id. : (Mission de l'Ouest africain;: oi-5o6 [îj Bas-Ogôoué : Haug; 
85-4 11 [1] Cap Lopez : Boisguilhnnnr'. 

GLiBOiDBS Yincigucrra. — 84-10 46 a io48 [4] Somalis : Révoil. 

Isi« l.«h>s Giil. 

Herbyi G31. — X'j-So [3] Majumba (CoDgo) : Petit. 

« 

'lai 'cusenias Gill. 

Marchei Sauvage. — A. 891 [2] Ogôoué : Marche (Types); 86-3 1 2-3 1 3 
[2] Adonma (Ogôoué) : Mission Ouest africain. 

sphekodes Sauvage. — A. 89.8 [2] Ogôoué : Marche (Types); 86-3o3 [1] 
id. : Mission Ouest africain. 

BP.ACHVHisTRs Gill. — 96-2 45 à 248 [ 4 ] Libe'ria : Frank: oi-5oy à 5og 
[3] Ogôoué: Haug: 9 1-7 ^O-y^iy [2] Congo: Dybowski; 8 4-4 g [1] 
Majumba (Congo 1 : Petit. 

5Igp.ipin.ms Boulenger. — 8O-.309 [1] Diele de l'Alima : Mission Ouest afri- 
cain: 92-7 [1] Ogôoue' : Pobe'guin. 

Lhutsi Steindacbner. — o4-io4 [2] Chari : Cbevalier-Decorse. 

Disrop.HwcHt- Pelers. — 86-3o5 à 3o8 [4] Mokatka : Mission Ouest afri- 
cain. 

Isidori Cuvier H \ alenciennes. — A. £209 [1] Nil : Geoffroy Saint-Hilaire 
(Type de Mormyrus Isidori C. \. ?); A. 2612 [3] Alexandrie : Letour- 
neux. 

Stomathorinus Boulenger. 

Walkeri Giinther. — A. 89 4 [1] Ogôoue' : Marche ( Type de Pelroeephalus 
ajinis Sauvage). 

(inathonemus Gill. 

fuscls Pellegrin. — 90-8-9 [2] Congo : Thollon (Typ 

Moobbi Giinther. — 84-46 à 48 [3] Congo : Petit; 86-3:>v>-3:'.3 [2] 
Ogôoué : Mission de l'Ouest africain. 

LàMBODBi Pellegrin. — 80-3 1 9 ' 1 Diele : Mission de l'Ouest africain ( Type): 
86-3 a4 [1] Alima : id. 1 id. . 

Friteli Pellegrin — 86-320 [1] Diele : Mission Ouest africain ( Typ> 

macrolepidotts Peters. — o4-2.5o à 202 [3] Victoria-Nyanza : Alluaud. 

1 h'Rinoides Linné'. — A. 9616 [1] Nil: Geoffroy Saint-Hilaire 1799 I Type 
de M. ryprinoides C. V. : A. 9617 [1] id. [id. ; \. 9618 [l] id. : Khren- 
berg (Type de G. \ . : \. 9892 [1] Egypte : Joannis (Type de M. abbre- 
tiaius C. \ . : 92-iog [1] Banghi (Congo) : Dybowski; o3-3o5 1] 
Ouellé (Congo; : M. du Bourg de Bozas; o4-io5 [1 Kousri (Chari) : 
Cbevalier-Decorse. 



\ 



— lâà — 

senegalensis Steindachner. — 6176 [1] Bakel : Musée de Vienne; 06-106 

à iO(S [3] Charri : Ghevalier-Decorse ; o4-258 [1] Haut-Niger (Guinée 

française > : Pobéguin. 
stanleyanus Boulenger. — 8(j-.*î-ï 1 [1] Nganchou : Mission Ouest africain. 
Bboyerei Pellegrin. - 9/1-396 1 1] Côte d'Ivoire : Pobéguin (Type). 
mento Boulenger. -- 04-298 1 1 1 Gasamance : D r Maclaud. 
Miminw Gùnlher. — 90-7 [1 1 Congo : Thollon. 
Petersi Giinlhcr. — 90-1 1 1 1 1 GoDgo : Thollon; o3-3o6 1 1 1 Ouellé : M. du 

Bourg de Bozas: 99-153-1 5 6 | (> | Lac Tanganyika : Foa. 
kutuensis Boulenger. — 80-3 18 1 1 1 Diele : Mission Ouesl africain. 
tamandda Gùnther. — ()o'i [3| Congo : Thollon; 00-110 |i| Niger : 

Toulée; o4-iog ( 1 1 Ghari : Chevalicr-Decorse. 
Miius Boulenger. — 86-334 1 1 | Brazzaville : Mission Ouest africain. 
elephas Boulenger. — 86-332-333 | 2] Mokaka : Mission Ouest africain; 

92-i 1 1 1 1 1 Banghi (Congo) : Dybowski. 
ci RvinosTRls Boulenger. — 92- 1 1 2 [îj Banghi : Dybowski. 

florin yniM pari., Linné. 

Hasselqdisti Guvier et Valenciennes. — A. 9619 [t] Nil : Geoffroy Sainl- 
Hilaire 1 799 (Type); 4387 [3 | id. : id. (id. ). 
caschive Hasselquist. — A. 9626 | 2 | IX â 1 : Geoffroy Sainl-Hilaire 1799 

(Types de C.V.); 1963 [1] Egypte; id.; §U-3$U-3$5 [2] Côte d'Ivoire : 

Pobéguin. 
niloticds Bloch Schneider. A. 962.5 [îj Nil : Geoffroy Saint-Hilaire 

1799 ( Type de 1/. Geoffroyi C. V.). 
Ji belini Guvier et Valenciennes. ■ — A. 9.36 ( i] Sénégal : Jubelin 1 Type |; 

00-1 1 1 [1] Boussa (Niger) : Toulée; o4-i i3-i i4 [2] Ghari : Chevalier- 

Decorse. 
ri me Cuvier et Valenciennes. — A. 9626 [1] Sénégal : Jubelin ( Type). 
kanmime Ferskrik — A. 826, \. 9627 |i monté + 1] Nil: E. Geoffroy 

Saint-Hilaire 1799; A. ()628 |i | Nil : Joannis [Type de M. oncyrhymhm 

G. V.). 
Bozasi Pellegrin. — o3-3o8 1 1 1 Ouellé : M. du Bourg de Bozas ( Type ). 
cDRviFRoiis Pellegrin. — o6-335-336 [2] Mokaka : Mission de l'Ouest 

africain ( Types). 
caballi s Boulenger. — o3-3o7 [1 | Ouellé : M. du Bourg de Bozas. 

ll>|H-ro|>isii» liill. 

Bebe Lacépède. — 1959-1960. \. 9629 [7] Nil : Geoffroy Sainl-Hilaire 
(Typé de M. dorsaîis Geoffr.); \. 9680, \. 9Ô3i [a] Nil : Joannis 
(Tifprs dr M. dorsalis G. V.). 



— U5 — 

TENiiicAiDA Pellegrin. — o4-ui~iia (Fort-Archambauit) Ghari : Gheva- 
lier-Decorse [Types): o'i-i 10 Kousri (Ghari) : Itl. 

Wenyoniyriis Boulenger. 

Domnyi Boidenger, — 90-38 [1] Congo : Thollon; 86-3a8 à \V.\\ [ h \ 
Mokaka : Mission de l'Ouest Africain. 

(■ymnarclitis Ciivior. 

niloticds Guvier. — A. 9580. A. 7B/17 [1 monté + 2] Sénégal : Perrotet; 
00-186 [1] Sénégal : Musée des Colonies; oo-a53 [1 monté. Longueur 
1 m. 29 j Sénégal : Section Sénégal Exposition 1 900 ; oh-\ i5 [1] Ghari : 
Clievalier-Decorse. 



Poisson youvEAU du Mozambique, 
par M. le D' Jacques Pellegrin. 

M. Guillaume Vasse a envoyé récemment au Muséum trois spécimens 
d'une curieuse petite espèce de Poissons cyprinoïdes, recueillis durant la 
saison d'hiver et de sécheresse dans les trous peu profonds où ils vivent en 
bande du ruisseau de Muza, au Mozambique, à 82-0 mètres d'altitude. Ces 
exemplaires paraissent devoir constituer un genre nouveau. 

Xeiiopomiclithys nov. gén. (1) . 

Corps modérément allongé, recouvert de petites écailles. Tête nue. Ligne 
latérale complète, à peu près médiane, occupant le milieu de l'extrémité 
du pédicule caudal. Museau arrondi , bouche infère, transversale. Barbillons 
absents. Sur l'opercule appareil en forme de cupule circulaire, égalant les 
dimensions de l'orbite. Membrane branchiostègc complètement unie à 
l'isthme. Ouverture branchiale limitée à un étroit orifice situé au-dessous 
et en arrière de la cupule operculaire. Ecailles du corps disposées en rangées 
lamelleuses en arrière de l'orifice branchial , sur une étendue un peu supé- 
rieure à la surface occupée par la cupule elle-même. Nageoire dorsale 
courte, sans épine, débutant légèrement en arrière des ventrales. Anale 
courte. Pectorales horizontales, insérées très en avant. Ventrales à 8 rayons. 
Caudale fourchue. Intestin allongé décrivant de nombreuses circonvolu- 
tions. Péritoine foncé. 

t'J Étymologie : i-évos, étrange, vtSfta, opercule, i^dùs poisson. 

Muséum. — si. ' ° 



— 140 — 

Xenopomichthys auriculatus nov. sp. 

Hauteur du corps égalant la longueur de la tête et comprise U lois i/>. 
dans la longueur sans la caudale: museau arrondi à peine inférieur au 
diamètre de l'œil qui est contenu 3 l'ois environ dans la longueur de la tête, 
i fois 1/2 dans l'espace inlrorbitaire. Largeur de la bouche égale au diamètre 
de l'œil. Mâchoires édentées, l'inférieure avec un bord tranchant net. OEil 
Latéral, visible du dessus et du dessous de la tête. Dorsale composée de 

10 rayons dont 8 branchus, commençant à égale distance du bout du 
museau et de l'origine de la caudale. Anale de 8 ou 9 rayons dont 6 ou 7 
branchus. Pectorales de i5 rayons, le premier non branrhu, inséré presque 
au-dessous du centre delà cupule operculaire. Ventrales à 8 rayons. Pédi- 
cule caudal moitié moins haut que long. Caudale profondément échancrée. 
Environ 60 à 05 écailles en ligne longitudinale. Pas d'écaillé agrandie à 
la base de la ventrale, ta rangées d'écaillés environ, entre la ligne latérale 
et la ventrale. 

Coloration gris jaunâtre avec une bande foncée latérale courant le long 
des flancs. Parties supérieures du corps plus foncées. De minuscules points 
noirs plus ou moins distincts à l'origine de la dorsale, fies ventrales et de 
l'anale. Dessous de la tête et du pédicule caudal, blanchâtre; péritoine 
donnant par transparence une teinte noirâtre à l'abdomen. 

D. 10: A. 8-9; P. i5; V. 8; L. long. 6o-65. 

N° 05-119. Coll. Mus. - Riv. de Muza (Mozambique). Guillaume 

Vasse. 

3 spécimens de 38 + 9 = £7, 35 + 8 = 43 et 21+6^27 millimètres. 

Ce curieux petit Cyprinidé, surtout remarquable par son appareil oper- 
culaire bizarre, semble devoir être rapproché des genres Tylognathus et 
Abrostomus des mêmes régions. Il présente aussi, peut-être, certaines affi- 
nités avec le groupe des Homaloptères et avec la petite famille de Kneriidée; 

11 est regrettable que les matériaux ne soient pas suffisants pour permettre 
une anatomie un peu complète de ce genre nouveau et que l'on ne puisse 
pas être fixé sur le rôle physiologique de l'appareil singulier surmontant 
l'opercule. 11 est d'ailleurs à noter que celui-ci est relativement bien moins 
développé chez le plus petit des spécimens types. 



Si'R le Crabe des Cocotiers, Birgus latro L. 
(Extrait d'une lettre de M. Seuràt a M. lk Professeur Bouvier). 

Nom vulgaire : Kaveu (Tuamotu); Kovcu (Mangareva); m vahi haari 

(Tahiti). 



— 147 — 

J'en ai pris S exemplaires, an jeune, bleu; Localité ilc \niaim; unautre, 
jeune, marron, île Hao (près de la passe). 28 novembre 190/1: un 3 e , 
adulte, pris sur le motu qui limite la passe à l'Est. Ce Crustacé avait son 
terrier au pied d'un Galae (Pisonia umbellifera) de grande taille, entre les 
racines principales; il n'a pu être extrait de sa retraite qu'après beaucoup 
d'efforts et une de ses pattes a été endommagée; une autre a été coupée 
par le Kaveu près de son insertion (autotomie), au bout de deux jours de 
captivité. 

Le chloroforme incommode ces animaux mais ne les tue pas ; le moyen le 
plus sur de les tuer est de les mettre dans un grand récipient en fer-blanc 
(boite à biscuit) et de les laisser au soleil pendant une journée. J'ai vidé les 
3 spécimens et les ai badigeonnés de savon arsenical. 

Le gros Birfjus était le dieu d'une vieille femme, mariée au sorcier indi- 
gène, habitant seule ce motu avec son mari, et ayant conservé les vieilles 
traditions. Elle va prier sur le marae (autel) et il paraît qu'elle invoquait 
le Kaveu pour obtenir une bonne pêche. La capture de ce beau Pagurien , 
dont j'étais très fier, m'a attiré toute la haine de cette pauvre vieille , qui s'est 
répandue en malédictions. J'espère qu'un autre Kaveu ne manquera pas 
de s'approprier le trou désert, procurant à cette femme tout le Poisson 
qu'elle peut désirer (I) . 

Je n'ai pas besoin de vous dire que le Crabe des Cocotiers est un animal 
très dangereux par ses pinces; il paraît qu'on peut lui faire lâcher prise en 
le grattant sur la partie ventrale de l'abdomen. Le plus simple est de ma- 
nier ce Crustacé avec prudence ; il suffit qu'il saisisse le bras avec une patte 
pour qu'il le ramène immédiatement à portée des pinces, qui font le 
reste. 

Les Kaveu marchent très facilement à reculons ; c'est d'ailleurs en mar- 
chant ainsi qu'ils cherchent à s'échapper quand ils sont surpris. L'extré- 
mité des pattes seule touche le sol; les pinces servent très peu dans la 
locomotion, ainsi que la 4 e paire de pattes thoraciques; ce sont celles des 
2 e et 3 e paires qui jouent le plus grand rôle. 

Ayant mis un de ces animaux au pied d'un Cocotier, j'ai pu constater 
qu'il grimpe sur cet arbre, avec la plus grande facilité , en s'aidaut de ses 
pinces et de la à" paire de pattes. 



Cl) Je viens d'apprendre que la vieille femme dont je vous ai parlé a retrouvé 
son Kaveu, dans son trou : même taille, même couleur, le bruit a même couru 
ici que mon Kaveu était reparti dans son motu (à 6 milles d'ici); bref, je suis 
en possession d'un Crabe des Cocotiers, et la vieille pomotu est satisfaite. (tEnde 
gut, ailes fpil !», 



1 0, 



— 148 — 



I]yui:soi'Ti:r,Es recueillis dans le Japon central par M. Harmand, 
Ministre plénipotentiaire de France i Tokio, 

par J. Pkrkz. 



Troisième partie. — Pompilidcs, Pemphrédonidcs, 
SplM égides « et Crabronides. 

Pompilidcs. 

Pbiocnemis cYPiioNOTcs. — 9. Longueur, 1 1 millimètres. Aisément re- 
connaissable à son mésonotum présentant une gibbosilé longitudinale 
cariniforme. 

Mandibules en partie rougeâtres; anus, tibias et tarses bruns, le pre- 
mier garni de poils de cette couleur. Ailes hyalines avec des fascies sombres 
et un point blanc analogues à ceux du Pogonioides, les premières plus 
obscures. 

Chaperon subsemilunaire, vaguement et étroitement tronqué. Corselet 
très long et très étroit. Échancrure postérieure du prothorax très arquée, 
subanguleuse. Ecusson grand et gibheux. Métathorax une fois et demie 
plus long que large, son profil très peu convexe, s'abaissant en courbe 
régulière, sans distinction de faces dorsale et postérieure, faiblement et 
largement déprimé au milieu, i" segment long et grêle, évidemment pédi- 
cule. Épines des tibias postérieurs au nombre de 7 à 9, plus fortes que 
chez le Pogonioides. 

Tête et corselet à peu près mats; abdomen très luisant. Tout le corps, 
en général, très finement pointillé. Il n'existe de gros points qu'au bas du 
chaperon, avec des intervalles très luisants, et sur les côtés réfléchis du 
prothorax, où ils sont moindres qu'au chaperon et superficiels, avec des 
intervalles peu brillants. Tête et corselet garnis de poils couchés, courts, 
grisâtres, ne formant pas un revôtemcmenl pruineux continu. En arrière 
(le l'insertion des ailes, quelques très fortes stries transversalement obliques, 
leurs intervalles luisants. Métathorax rugueiisemenl chagriné, tout à fait 
mat, sans sculpture évidente. Abdomen pointillé jusqu'au bord des seg- 
ments. 

Pski dagbota pygialis. — 9. Longueur, 1 1 millimètres, Se distingue im- 
médiatement de la Ps. punciuiu par l'anus peu convexe, parsemé de gros 
points, îi bout jaunâtre et largement arrondi. Duvet en général plus déve- 
loppé, formant, aux bas cotés du métathorax, deux tacites argentines à 
peine indiquées chez la punctum. 



— 149 — 

Antennes plus longues, le 3° article particulièrement, plus long d'un 
quart. Chaperon soulève au milieu , mais sans tubercule. De chaque côté 
de la face, une petite fossette à fond luisant. Prolhorax court, largement 
arqué en arrière, avec une très faible échancrure médiane. Métathorax 
marqué d'un sillon longitudinal assez large mais peu profond, le raphé à 
peine sensible; toute sa surface mate, très finement chagrinée, sans stries 
évidentes, et parsemée de gros points varioleux, peu profonds, à bords 
assez saillants , dont le fond tranche par un certain éclat sur la matité de 
la surface ambiante. 

Pseudagenia obtusa. — 9. Longueur, 10 millimètres. Diffère de la pré- 
cédente par le pygidium aplani au milieu, encore plus largement arrondi 
au bout, d'un brun rougeàtre dans sa partie aplanie, sa surface parsemée 
de quelques points petits et allongés: l'échancrure médiane du prothorax 
plus prononcée, par suite le bord postérieur un peu en accolade; le méta- 
thorax plus fortement et plus lâchement ridé en travers que chez la carbo- 
naria, sans dépression médiane; les taches argentées du métathorax encore 
plus grandes que dans l'espèce précédente; la face également plus argentée. 
Ponctuation plus forte et plus espacée à la tête et au corselet ; celle de l'ab- 
domen plus fine, graduellement effacée vers les bords. 

Agenia conspersa. — 9. Longueur, n-ia millimètres. Ailes un peu 
rousses: les deux bandes ordinaires peu obscures, la i ro très réduite; pas 
de point blanc vers le bout: toute la surface comme saupoudrée de pous- 
sière par les poils, très petits d'ordinaire, qui garnissent ces organes et 
(jui , dans cette espèce, sont très apparents, étant assez forts et de couleur 
blanc sale. Formes assez élancées: corselet particulièrement étroit et al- 
longé. Ponctuation en général d'une extrême finesse, sensible seulement à 
une forte loupe, métathorax fortement canaliculé, presque lisse en avant, 
finement pontué-chagriné en arrière , avec quelques cils à peine sensibles. 
Sur la tête et au métathorax, quelques longs poils grisâtres; à l'anus, des 
poils noirâtres. 

Pompilus dhicinctds. — 9. A tout à fait la taille et l'apparence de 
Yalerrimus Rossi,donl il se dislingue cependant à première vue par la 
bande basilaire rougeàtre, bilobée postérieurement, qui orne le 2" seg- 
ment, le 3' étant tout à fait noir. De plus, l'échancrure du chaperon est 
évidemment plus profonde, surtout plus étroite; le bord postérieur du pro- 
thorax est en courbe plus surbaissée, exactement arquée, sans tendance à 
une échancrure angulaire. Pas de trace du sillon longitudinal, faible, mais 
cependant évident, que présente le métathorax de Yalerrimus, 

Le P. \siaticus Mor. , dont l'auteur n'a connu que le d\ a la même colo- 
ration que la 9 qui vient d'être décrite: mais il dit son prothorax coupé 
en angle en arrière. — Tsushima. 



— 150 — 

Pomimi.i s fratem.us. — 9. Ne diffère du melanarius d'Europe que par le 
chaperon faiblement sinué au bord antérieur: le prolhorax distinctement . 
quoique peu profondément échancré en angle; le métatborax plus étroit. 
moins convexe, [tins évidemment canalicule. Pourrait être considéré comme 
une race de l'espèce européenne, 

Planiceps orADRicoi-Lis. — 9. Longueur, 1 1 millimèlres. Entièrement 
noir, sauf une faible teinte rougeâtre à l'extrême bord du 2° serment, le 
milieu des mandibules rongeâtre, le bout de l'anus brun. Quelques reflets 
irisé-, bleuâtres, sur l'abdomen, d'ailleurs à peine luisant; le duvet brun 
fuligineux. Prolborax plus long (jue large, coupé presque droit en arrière, 
un peii pins étroit vers le milieu qu'en avant. Métatborax imperceptible- 
ment strié en travers, très grossièrement sur sa tranche postérieure. 

Pemplircdonul»'». 

Psi:\ lubricos. — 9. Longueur, G millim. , 5. Funicule brun fauve 
en dessous, et de plus en plus clair du 5* article au dernier; boni du 
5 e segment Brun rongeâtre: anus rongeâtre, dessus et dessous, testacé tout 
à l'extrémité; tibias et taises bruns, le devant des tibas antérieurs un peu 
jaunâtre: toutes les articulations des pattes plus ou moins décolorées: 
épines tibiales blanchâtres: écaille brune, son bord plus clair. Sur la tète 
et le corselet, d'assez longs poils grisâtres, peu nombreux: face couverte de 
poils couchés, argentés. 

Face à prolil très convexe; chaperon non soulevé; le milieu de son bord 
relevé en une lamelle sinuée au milieu, subbidentée: entre les antennes un 
fort tubercule; le 3 e article de celles-ci à peine plus long que le h'. Triangle 
du mélathorax très étroit, se continuant sur la tranche postérieure en \u\ 
canalicule très profond; à sa base, quelques très grosses rides longitudi- 
nales: dans le canalicule, de très fines rides transversales; de part et d'antre 
du triangle, le métatborax, très convexe, est absolument uni et brillant, 
les métapleures finement chagrinés ridés, lisses en avant Pédicule de 
l'abdomen près de deux fois plus long que l'arceau dorsal qui le suit, aussi 
large au bout que le fémur, très fortement canalicule dans lonle sa lon- 
gueur; 

Haut de la tête 1res finement ponctué, les intervalles très grands. Abdo- 
men sans sculpture perceptible. 

Mimbsa Japomca. — 9. Diffère de la bicolor, dont elle a la taille el les 
formes, par l'abdomen presque entièremënl noir, le 1* segment avant seule- 
ment le dessous de la partie postpéliolaire brun rougeàlre . ainsi <|iie le 

boni postérieur; les tarses bruns seulement; le tubercule prémarginal du 
ebaperon plus élevé, semi-lunaire, très convexe en dessus, plan en des- 



— 151 — 

bous; le métathorax beaucoup plus grossièrement sculpté, sa fossette posté- 
rieure [)lus large et plus profonde; le pédicule plus large et plus court . 
bords latéraux relevas, tranchants, sa surface très fixement chagrinée, ren- 
due inégale par quelques très gros points irréguliers, un peu bombée entre 
les côtes saillants dans sa partie moyenne, concave près de la partie renflée 
du segment : l'épipygium plus large, un peu convexe; la ponctuation plus 
petite du double et plus espacée, les poils de la face argentés, un peu 
dorés; ceux de l'anus longs, d'un brun grisâtre. Antennes conformées et 
colorées de même. Ailes légèrement enfumées , nervures et écaille brunes. 

Sphégides. 

Wmopiula marginams. — 9. Longueur, 20 millimètres. Voisine de notre 
sabvlosa. Bout el dessous du a e segment, le 3°, les bords des suivants ron- 
gea très; les articulations des pattes plus ou moins de cette couleur. Ailes 
très enfumées, un peu rousses. Pas de taches de duvet argenté sur le tho- 
rax: rien que les quelques cils épars, d'un gris fauve, qui se voient chez 
la sabulosa, el, en outre, un duvet pruineux extrêmement ténu , visible seu- 
lement sous un certain jour. 

Chaperon très convexe. Prothorax sans impression médiane. Ecusson 
très petit transversalement. Aire supérieure du métathorax peu atténuée en 
arrière, très finement, mais très nettement striolée, non chagrinée en 
avant, peu rugueuse. 

Ponctuation du chaperon très nette et très espacée au milieu, non ru- 
gueuse vers \ehout (sabulosa) ; vertex assez luisant, et non mat et rugueux. 
Mésonotum sans stries évidentes, même en arrière; distinctement», mais 
très lâchement ponctué. Ecusson faiblement strié. Flancs du corselet très 
luisants; mésopleures très fortement et très lâchement pondues; méla- 
pleures finement chagrinés-ridés , assez luisants. — Yokohama. 

Spiiex IIar.mandi. — d*. Longueur, 20 millimètres. Diffère, d'après la 
diaguose, du triodon Kohi, de Java, par le labre canaliculé, les bords du 
canalicule terminés en avant chacun par une petite dent; les mandibules 
subquadiïdentées, une dent rudimentaire existant à la base de la dent api- 
cale; le chaperon caréné, coupé droit, muni d'un limbe lisse légèrement 
relevé, bidenté au milieu; la ponctuation du dos du corselet très espacée; 
le prototarse rougeàtre, ainsi que le fémur et le tibia, aux pattes posté- 
rieures; cette couleur assez claire et non foncée; le corselet présentant, aussi 
bien que l'abdomen, des irisations bleuâtres. Face couverte d'un très fin et 
très court duvet argenté, appliqué, ne cachant pas le tégument, et ayanl 
en outre quelques très longs cils noirs. 

Spiiex xahthoohathds. — (S. Longueur, 18 millimètres. Du groupe ho- 
dontia, comme le précédent, mais très différent. Mandibules tridentées; très 



— 152 — 

élargies vers le bout, la 1" dent plus grande que la 2*: labre lisse; bord 
du chaperon arqué; 3 e article des antennes plus grand que chacun des 
pédicule de l'abdomen plus long que le fémur suivant; postérieur, aussi 
long (pie les deux segments dorsaux suivants; a* cellule cubitale aussi 
longue que la 3% beaucoup plus longue que haute, légèrement trapézi- 
forine. 

Noir avec des irisations bleuâtres; mandibules rougeâlres sauf la base et 
le bout. Ailes un peu jaunâtres, très enfumées au bout. Face couverte d'un 
duvet argenté, faiblement doré, cachant complètement le tégument, avec 
quelques longs cils d'un blanc jaunâtre, qui existent aussi sur le vertex et 
le corselet, plus courts sur le mésonotum, plus longs et plus et plus abon- 
dants au métathorax. Abdomen couvert d'un duvet pruineux, visible sur- 
tout obliquement, ne cachant point le tégument; un duvet semblable, mais 
moins délicat, couvre les pattes. 6 e et 7 e segments abondamment garnis 
de poils noirâtres; segments ventraux, à partir du a\ couverts, au moins 
au milieu, de poils semblables, dressés, entremêlés de quelques cils blan- 
châtres plus longs. 

Ponctuation fine et très espacée au vertex et au mésonotum: plus forte, 
plus serrée, plus profonde sur les mésopleures; très fine et très serrée sous 
l'insertion des ailes. Suc l'abdomen, indépendamment d'une ponctuation 
presque imperceptible, moindre que ses intervalles, qui est l'origine du 
duvet pruineux, quelques gros points çà et là, peu profonds, plus nom- 
breux sur les bourrelets, peu prononcés aux derniers segments. — Yoko- 
hama. 

Gh#lvbion Japonicum. — 9. Longueur, 18 millimètres. Ressemble le plus 
au Bcnfjalensc , de toutes les espèces qui me sont connues: mais s'en dis- 
tingue aisément par la taille supérieure, la couleur d'un bleu plus obscur, 
les ailes plus sombres; les formes plus robustes; le chaperon très convexe, 
fortement caréné et tridenté; le pédicule très courbe, à peine plus long que 
le premier arceau dorsal; le duvet argenté de la face plus fin et plus court, 
ne paraissant que sous une certaine incidence; les taches argentées du cor- 
selet absentes; la ponctuation plus fine et plus serrée, rugueuse au front: 
la sculpture du métathorax aussi plus Wnc, mais plus dense et plus ru- 
gueuse. 

Cet exemplaire présente aux deux ailes une anomalie que je crois ne pas 
devoir passer sous silence. La 1"' nervure transverso-cubitale se bifurque 
au milieu de sa longueur, de manière à déterminer en arrière une petite 
cellule surnuméraire de forme triangulaire. 

CrabronMMa 

Cerckius Harmahdi. — 9. Longueur, 10 millimètres. Très voisine de 
[iiiiijhscinta Sin.. du Nord de l;i Chine, mais s'écarte de la diagnose en ce 



— 153 — 

que la face est jaune depuis les antennes, sauf un lin liséré noir au bord 
inférieur du chaperon, et non pas seulement sur les côtés: le prothorax 
entièrement noir, ainsi que le mélathorax; la postécusson non jauue en 
entier, mais portant une courte et étroite ligne interrompue; les trochanters 
jaunes non à toutes les paires, mais seulement aux postérieures; les tibias 
postérieurs jaunes comme les autres , tous tachés de noir en arrière et non 
de ferrugineux: le prototarse postérieur jaune; le 5° segment orné d'une 
laroe bande jaune dorsale, formée de deux ovales confluentes: les bords des 
segments 1 et -2 très étroitement lisérés de brun , le k* de jaune ; le troisième 
segment ventral , et non tous , bordé de jaune. 

La ponctuation, dont Smitli ne dit rien, est faite de gros points ronds, 
très profonds, confluents par places, séparés par d'étroits intervalles sail- 
lants; sur le dos, des points plus écartés laissent quelques espaces lisses, 
brillants; au 5 e segment, dans la bande jaune, les intervalles sont beau- 
coup plus grands que les points. Triangle du métalhorax fortement cana- 
liculé, avec 7 ou 8 grosses stries obliques sur les côtés. 

Chaperon prolongé inférieurement en une très courte lame non relevée, 
;i angles latéraux oblusément arrondis , et bordée d'un fin cordonnet sail- 
lant, le liséré noir susdit. Base du o. c segment ventral portant une saillie 
semi-lunaire, rappelant celle de la Rybiensis. Article 3 des antennes un 
peu plus long que 5. Epipygium en ovale allongée, tronqué au bout, mat 
et finement grenu. 

C?. Longueur, 9-1 millimètres. Pas de large bande au 5' segment, mais, 
aux segments /i-o , ordinairement un très fin liséré jaune , irrégulier, parfois 
nul; scape noir le plus souvent, ainsi que l'écaillé des ailes; le jaune des 
pattes très réduit, particulièrement les tarses postérieurs noirs. Dernier 
article des antennes de forme normale, à peine plus long que le précédent. 
Epipvgium subparallèle, presque aussi large au bout qu'à la base, large- 
ment tronqué. Ponctuation plus forte, surtout à la tête et au corselet. Epi- 
pygium chargé, à la base, de quelques gros points saillants, plus petits et 
très espacés vers le bout, avec des intervalles luisants. Stries latérales du 
triangle plus fortes, plus longues que chez la 9, au nombre de 5 ou 6. 
— Yokohama. 

Gebckbis cawnalis. — 9. Longueur, 9 millimètres. Voisine de la précé- 
dente; mais n'a de jaune que la moitié basiliaire des mandibules sauf le 
bord postérieur, les joues, les pourtours du chaperon, la carène interanten- 
naire, le devant de l'écaillé, le bord du 3 e segment, le devant des tibias et 
tarses antérieurs et intermédiaires; le bout des hanches postérieures et leurs 
trochanters. Tarses et dessous de l'abdomen bruns. Dessous du funicule 
fauve. 

Lame du chaperon plus petite mais relevée, un peu arquée, tranchante; 
bord libre du chaperon muni de cinq dents globuliformes. Triangle du 



— ISA — 

métathorax presque entièrement lisse, très convexe, fortement canali- 
cnlé. Épipygiilm comme dans la Harmandi, mais largement arrondi au 
boni, non tronqué. Elévation basilaire du 9." segment ventral presque 
effacée. 

Ponctuation de même caractère, mais moins forte et moins profonde et 
aussi moins serrée; en outre, elle B'attérrae et devient plus dense aux A" 
cl .Y' segments, surtout à la base de celui-ci. — Yokohama. 

Ceratocolus pvgialis. — 9 Longueur, çj millimètres. Diffère de Yochoti- 
cus Moi., basalis Sm. par la taille moindre, le 2 e segment non entiè- 
rement rouge, ayant une bande noire au bord postérieur; les macules 
jaunâtres du prothorax et de l'abdomen plus petites: le quatrième article 
des antennes coloré; la télé plus longue que large; le bord médian du cha- 
peron non prolongé et coupé droit, mais presque arrondi; l'épipygium 
lies re'tréci, terminé par deux petites dents. Ponctuation de la tète plus 
fine et, plus serrée; celle du dos du corselet plus fine aussi et les stries moins 
prononcées; celle de l'abdomen, au contraire, plus forte et plus espacée. 

d* Longueur. 9 millimètres. Tète subovale , une fois et demie plus longue 
que large: antennes longues et grêles, les articles moyens non ventrus, 
deux fois plus Longs que larges; tarses antérieurs conformés comme chez 
ïalatus, mais les bords latéraux de l'aile membraneuse du prototarse moins 
courbes; tache du I e ' segment nulle, les suivantes plus petites que 
chez Yalatus, celles du U* conlluentes: parfois le postécusson tache 
de jaune; les pattes variées de jaune, mais moins que chez Yalatus. Ponc- 
tuation très serrée sur le corselet, presque sans stries: celle de l'abdomen 
li eaucoup plus forte, plus espacée que chez Yalatus; a* segment ventral 
très fortement et assez densément ponctué (alatus, quelques petits points 
épars). 

A supposer qu'il existât des variétés de la 9 ayant la base de l'abdomen 
toute noire, la sculpture beaucoup moins grossière du corselet, la largeur 
plus grande du sillon médian du métathorax les distingueraient aisément 
de la 9 de Yalatus. 

Crabro ibidifbons. — 9 Longueur, 1 '\ millimètres. Rappelle, par la 

sculpture du corselet, le G striants IL Sch. Dessins jaunes très diminués 
et de couleur pâle. De cette couleur sont : le scape, les mandibules saut 
l'articulation et le bout, une ligne interrompue sur le prolhorax, le tuber- 
cule humerai, une petite tache sous l'aile, deux petites taches sur le devanl 
de l'écusson pouvant confluer, deux autres sur les appendices latéraux; 
deux bandes étroites, dilatées sur les côtés, aux segments •>-."». la pre- 
mière simplement amincie sur le dos, les trois autres étroitement interrom- 
pues, le, dessus de Ions les lihias et les prolotarses, les fémurs antérieurs 

et intermédiaires, tachés de roux et plus ou moins aussi Les devants dei 



— 155 — 

tibias îles deux i r " paires. Face, au-dessus (\c* antennes; avec des irisai- 
lions verdâtres; Ailes enfumé, s. nervures brunes. 

Chaperon à carène peu élevée, le milieu de son bord prolonge' en 
une tivs petite lame; vertes très bombé; tête peu rétrécle derrière les 
yeux; funicule épais: prothorax court) peu saillant, les angles latéraux 

effai 

Ponctuation de la tète plus forte et beaucoup plus espacée que chez le 

siri/itus ; strialion du mésonotum et de l'écusson plus forte, les stries trans- 
versales de l'ayairt occupant une plus grande ('tendue; sculpture du méta- 
thorax plus line au contraire, le canalicule médian plus étroit; ponctuation 
Ar l'abdomen très évidente (striatus, insensible), plus espacée au 1" seg- 
ment, les intervailles très luisants. 

Grarbo radiatds. — c? Longueur, 9 millimètres. Devant du scape, une 
étroite ligne interrompue sur le prothorax, une tache sur les côtés des seg- 
ments 2-/1. une tache aux tibias intermédiaires, près des genoux, une 
antre, plus grande, avant le bout des tibias postérieurs jaunes. La tache 
du deuxième segment, la plus grande, est elliptique, oblique, son bout 
antérieur plus rapproché de la base du segment que son bout postérieur 
ne l'est du bord: celles des segments 3 et h sont transversales, plus 1 ap- 
prochées de la base que du bord; au tiers postérieur du 1" segment 
est un très petit point jaune, probablement non constant. Tarsesd'un brun 
idiigeâtre. Ailes enfumées, nervures brunes; appendice de la radiale long 
mais peu apparent. 

Tète plus large que longue, peu épaisse, très rétrécie en arrière. Cha- 
peron beaucoup plus court que chez le striatus II. Sch. ou le lifuratus Pz., 
peu convexe au milieu, son boni médian peu prolongé et inégal. An- 
tennes de 1-2 articles; 0-7 ventrus en dessous, 3 au moins deux fois plus 
long que h. Prothorax moins développé que chez le striahis. EcusBOD plus 
saillant el plus convexe. Triangle bien limité, à stries rayonnantes mé- 
diocres; canalicule peu profond , luisant; Abdomen assez court, ovalàire, 
très convexe. s c segment le plus large. 

Ponctuation de la tète assez forte, les intervalles très sensibles, luisants: 
celle du mésonotum serrée, rugueuse, à intervalles presque nuls; strialion 
ordinaire peu évidente. Écusson plus fortement strié; les mésopleures plus 
encore, mais les intervalles trois a quatre fois plus grands que les points, 
lisses et brillants. Métapleures luisants, a stries longues el un peu. ondulées, 
plus marquées aux deux bouts. Sur l'abdomen, la ponctuation nesl guère 
sensible qu'au 2* segment, plus forte et plus espacée que dans les deux 
espèces citées. 

Ckabbo tetràîcahthob, — (^Longueur, 12 millimètres. Ou groupe desCn 
goinfres Mot. et Kriechbaumeri Kohi. Il a comme eux une épine au boni 



— 156 — 

des trochanters et à la base des fémurs antérieurs. La coloration, à elle 
seule, suffirait à le distinguer de ces deux espèces. 11 n'a de jaune que le 
devant du scape, deux taches en triangle émoussé au a c segment; 
les tarses sont bruns, les épines tibiales rousses, les ailes uniformément 
enfumées, avec les nervures d'un brun roussàtre. Bord des segments ven- 
traux étroitement décoloré, à duvet velouté, brun, plus abondant en 
arrière. 

Tète très épaisse, bombée et peu rétrécie en arrière; une faible dépres- 
sion transversale précédant le bord postérieur le rend un peu saillant en 
bourrelet. Chaperon caréné, son bord médian un peu prolongé, tridenlé. 
Antennes de douze articles, gibbeux inférieureinent du 3 e 3117°, le 3 e seu- 
lement au bout et faiblement, le 4' vers le milieu, et fortement, presque 
en angle émoussé. le 5' plus encore et plus angulairement; 6 e et 7 seule- 
ment ventrus. Prothorax assez développé, mais transversalement court. 
Lcusson peu. postécusson très convexe, en bourrelet demi-cylindrique. 
Abdomen plus court et moins large que le corselet, un peu plus large à la 
base qu'au bout, qui est tronqué. 

Ponctuation assez forte, inégale et un peu rugueuse, peu serrée au 
front; très fine et très dense au vertex. qui est tout h fait mat. Mésonotutn 
finement strié, avec des petits points allongés , dans le fond des stries , dont 
les longitudinales s'étendent fort en avant et suppriment au milieu les 
stries transversales. Stries de l'écusson plus fortes , celles du postécusson 
beaucoup moins. Métathorax mat, strié transversalement en arrière; le 
triangle aréolairement chagriné, le sillon médian ridé en travers. Ponc- 
tuation abdominale très nette, plus forte en arrière, moindre que les 
intervalles. 

Mellwds tiustis. — 9. Longueur, 10 millimètres. Peut-être une simple 
variété du M. obscurus Handl. , de Corée . dont il dilfère par les caractères 
suivants : une petite tache jaune aux mandibules, après le milieu: au bord 
antérieur du chaperon, une ligne de cette couleur, très amincie et trois 
fois interrompue au milieu : une très petite tache aux angles latéraux du 
prothorax, et non une bande interrompue; dessus des tibias, aux pattes 
antérieures et intermédiaires , leurs genoux . devant de leurs tibias d'un jaune 
rougeâtre et non jaunes ; le dernier article des tarses, les épines tibiales 
d'un rougeâtre clair et non jaunes, les autres articles plus ou moins bruns. 
Ailes hyalines, à peine enfumées, nervures brunes. Kpipygium finement 
strié dans sa moitié postérieure seulement; vers la base existent quelques 
points très gros et très profonds. 

La fossette dorsale du métathorax est sensiblement plus étroite que chez 
le sabulosus, son fond plus grossièrement chagriné en avant, la margelle 
qui l'entoure luisante seulement en arrière. La ponctuation est plus faible 
et plus espacée que dans cette espèce. Je ne distingue pas la ponctua- 



— 157 — 

tiou frtrès subtile, mêlée de points plus gros*, dont parle Handlirsch 
pour Yobscurus. 

Hoplisus tricinctus. — 9. Longueur, \k millimètres. A des rapports 
éloignés avec le quadrifascialus. Chaperon, orbites antérieures, scape jaunes; 
devant du fuuicule fauve jaunâtre : une bande étroite aux trois premiers 
segments, la 1" rougeâtre, les deux autres jaunes, amincies au milieu; 
bout des fémurs , devant des tibias et des prototarses antérieurs et inter- 
médiaires d'un jaune plus ou moins roussâtre : bout des fémurs et dessus 
des tibias postérieurs roux ; derniers articles des tarses antérieurs et moyens 
roussatres. Ailes un peu rousses, très enfumées dans la radiale, moins 
dans la 9 e cubitale; nervures et écaille brunes, stigma roussâtre. 

Bord médian du chaperon très étroitement sinué, subbidenté au milieu. 
Yeux très saillants, peu convergents inférieuremeut, front déprimé, con- 
cave entre les yeux et les ocelles et en arrière de ceux-ci, d'où l'occiput 
assez saillant. Ocelles rapprochés ; l'intervalle des postérieurs moindre que 
leur distance aux yeux. Métathorax très rétréci, très grossièrement cha- 
griné-aérolé , avec 6-7 grosses stries irrégulières, un peu divergentes, 
dans le triangle. Flancs du corselet, sauf la partie tout à fait postérieure, 
luisants, imperceptiblement pointillés. 1" segment plus étroit que dans le 
quadrifasciatus ; -2 e rétréci à la base et continuant à peu près le 1", puis 
brusquement élargi, plus large que le corselet, ainsi que le 3 e . Epipygium 
grand, fortement rebordé, obtus et décoloré au bout, son disque bombé 
au milieu, vers la base. 

Chaperon assez luisant, avec quelques points espacés et de nombreux 
points très petits dans les intervalles. Haut de la face très finement et très 
superficiellement pointillé, peu luisant. Mésonotum à très gros points 
allongés, confluents ça et là, leurs intervalles saillants, plus ou moins stri- 
giformes, pruineux, presque mats, par suite d'une sculpture fondamen- 
tale très fine. Ponctuation de l'écusson trois à quatre fois plus petite, très 
superficielle. Celle de l'abdomen, dont les deux i e " segments sont très 
luisants, sensible seulement sur les derniers, où elle se distingue du i\n 
pointillé du fond, qui, joint à un duvet délicat, rend ces segments presque 
mats: de gros points se voient seulement sur les bourrelets, assez pro- 
noncés , des segments U et 5 , précédant de très étroites dépressions brunes. 
Épipvgium à ponctuation très inégale, très irrégulièrement semée, allongée 
et profonde. 

Trvpoxvlon vai'.ipes. — 9. Longueur 9-10 millimètres. Bouche, bord 
postérieur du prothorax, toutes les articulations des pattes, tibias plus ou 
moins roussatres; devant des tibias antérieurs un peu jaunâtre. Ailes un 
peu rousses, faiblement enfumées ; nervures et écaille brunes. 

La coloration rapprocherait cette espèce du cluviccrum, mais la srulp- 



— 158 — . 

turedu mélathorax est très différente. La base du triangle a de fortes stries 
obliques, divergentes: la dépression longitudinale est plus profonde, rélrécie 
et obliquement striolée en avant; en arrière, des stries transversales, à 
peine perceptibles, s'étendent en dehors de la fossette sur les côtés (clàvi- 
cerum, fossette canaliculiforme, à stries transversales très marquées). Carène 
frontale très longue et très saillante. Ponctuation plus forte et plus serrée, 
mésonolum mat. 



Décapodes nov 7 eau j r>i;s côtes d'Arabie et nu Golfe Peesiqa g 

[DlÂGSOSES PnÛLI MIS AlIiES) , 

PAR M. LE D r NoBILI 

(Musée de Zoologie et d'Anatomie comparée, Turin.) 

MM. J. Bonnier et Gh. Pérez, au cours d'une mission au Golfe Persique, 
ont recueilli une riche série de Décapodes et Stomatopodes. dont M. le 
professeur E.-L. Bouvier a bien voulu me confier l'étude. 

Je donne dans cette note les diagnoses préliminaires de 18 espèces nou- 
velles. Les descriptions étendues et les figures seront publiées dans un tra- 
vail qui, grâce à l'amabilité de M. le Professeur Alfred Giard, paraîtra 
dans le Bulletin scientifique de la France et de la Belgique. 

NATAKTIA. 

PENAEIDAE. 
Genre IMctapcnaeus W. M. 

Metapenaeus perlarum nov. sp. 

Appartient au groupe de M. Velutinus. Corps entièrement couvert d'un 
duvet court et serré. Rostre arrivant à peine à l'extrémité du deuxième ar- 
ticle du pédoncule des antcnnules, armé de huit dents en dessus. Épine 
|)t< ; rygostomiale très petite et placée plus haut que l'angle ptérygostomien. 
Pattes de la première paire armées d'une épine sur le basi-et l'isehiopodite; 
paltes de la deuxième paire armées d'une seule épine bien formée. Épines 
slernales petites. Exopodite présent sur toutes les pattes tlmraciques. Dos 
de la carapace non caréné. Segments 1I-V1 de l'abdomen carénés, le seg- 
ment II incomplètement, III à carène double. Telson liïlurqué à l'extré- 
mité, armé latéralement de trois paires de longues épines mobiles. Pétasma 
asymétrique, l'une des verges grosse et creuse, embrassant l'autre qui 



— 159 — • 

est grêle ei prolongée en corne ramifiée. Thelycum à cavité : lames infé- 
rieures soudées, lame supérieure quadrangulaire. Longueur, 70 milli- 
mètres. 



LATREUTIDAE. 
Genre Latreutes Slimpson. 

Latreutes phycologus nov. sp. 

Côtes d'Arabie, Sur une algue brune flottante. 

Carapace avec une seule épine sur le dos: rostre court, non dénié en 
dessous, denté seulement près de la pointe en dessus. Bord apical tronqué 
obliquement et armé de 5-6 dents. Pattes de la deuxième paire courtes; 
premier article plus long que le deuxième et le troisième (5,5 : h : 3). 




PONTONIIDAE. 
Genre Perielinienes Costa. 

Periclimenes Borradailei nov. sp. 

Golfe Persique. 

Rostre court, atteignant à peine l'extrémité du premier article du pédon- 
cule des antennules. Bord supérieur convexe, armé de cinq dents, bord 
inférieur inerme. Veux 1res gros. Carapace sans épine susorbitaire. Pattes 
courtes et toutes inermes. Pattes de la deuxième paire plus courtes que 
celles de la première, entièrement dépourvues d'épines et de dents: doigts 
plus courts que la paume. 

Periclimenes potina nov. sp. 

Côtes d'Arabie. Sur une algue brune flottante. 

Rostre droit, sublancéolé avec 5/i dents, dont aucune n'est placée sur la 
carapace, à peine plus court que le pérloncule des antennules. Pas d'épine 
susorbitaire. Pattes de la deuxième paire dépassant le scaphocérite <\<' la 
longueur des doigts, absolument inermes: carpe très court, à peine plus 
long que le quart de la main. Doigts plus longs que la paume. Différé de 
P. parvus Borr. par son rostre droit et par ses dactylopodites simples. 



— 160 — 

Genre llarpiliu» Dana. 
Harpilius Gerlachei nov. s|). 

Golfe Persique. 

Rostre notablement plus long - que le pédoncule des antennules, presque 
aussi long que le scaphocérite, portant quatre dents en dessus cl une eu 
dessous. Carapace dépourvue d'épine hépatique. 1" article du pédoncule 
des antennules armé (en plus du stylocérile et de l'épine terminale du bord 
externe) d'une épine placée sur le côté interne. Pattes de la 1" paire dé- 
passant le scaphocéïite d'une portion du carpe; ce dernier plus long 
que le méropodite et presque deux fois et demie aussi long que la main: 
doigts plus courts que la paume. Pattes de la 2 e paire dépassant le scapbo- 
cérite d'une portion du méropodite, 1res longues. Le carpe est égal aux 
hjh du méropodite et aux A/7 ( ' e ^ a paume. Doigts un peu plus courts 
que la paume, arqués et bien dentés. 

REPTANDIJL. 

SGYLLARIDAE. 
Genre Seyllaru» Fabr. 

Scyllarus sordidus nov. sp. 

Golfe Persique, io-i5 brasses. Banc d'Huîtres perlières cuire •.>..">" îo'N., 
55°io'E. — 2 /»°55'N.. 54°4o'E. 

Carapace un peu plus large que longue, pourvue de quatre saillies sur 
la ligne longitudinale médiane, une subrostrale, une gastrique, une entre 
les deux, et une cardiaque. En avant de la saillie subrostrale il y a une 
petile pièce élargie en marteau. Rostre découpé en avant en six dents ob- 
tuses, et avec deux dents divergentes sur les côtés. Espace entre la ligne 
médiane et les crêtes latérales lisse. Antennes internes atteignant l'extré- 
mité du k' article des antennes externes (le dépassant avec une partie de 
leur fouet). 2" article des antennes externes portant trois dents sur le bord 
externe et 5-(> sur le bord interne, sa pointe ne dépassant pas le k*\ ce 
dernier pourvu de sept dénis, dont deux sont placées sur le côté interne. 
Extrémité antérieure du sternum échancrée. Propodite de la ■>" paire de 
patles slylilorme; propodite de la '.V paire dilatée: 5" paire subcbéli forme. 
Crêtes du '.V et du h' article de l'abdomen assez saillantes. Longueur, 
36 et 87 millimètres. 

PAGURIDAE. 
GbHHB TroglopaguriiN lli'inl. 

Troglopagurus persicus nov. sp. 

Golfe Persique. 



— 161 — 

Voisin de T. manaarensis. Saillie frontale très petite: bords antérieurs, 
en dehors dn pédoncule des antennes, denlicnlés. Ecailles oculaires petites, 
à bord externe concave, pourvues de six dents. Pédoncules oculaires rejoi- 
gnant la moitié du dernier article des antennes internes, (les dernières rela- 
tivement courtes. Acicule spiniforme, Ion;;, arrivant jusqu'aux a/3 de 
L'avant-dernier article, poilu et pourvu de h-h épines du côté interne. 
Fouet des antennes pourvu de longs poils tirant sur le blonds, chélipèdes 
très inégaux, portant de longs poils semblables cpii ne cachent pas les or- 
nements; carpe denté, main denticulée sur le bord inférieur et dentée sur 
le bord supérieur. Propodites des pattes 11-111 plus longs que les dach- 
lopodites. Longueur de la carapace, 3 millim. \/k. 

PORCELL ANID AE . 
Genre Polyonyx Stimpson. 

Polyonyx parvidens nov. sp. 

Golfe Persique. Dans les polypiers au nord-est de l'île Aryana. 

Voisin de P. obesulus Wh.. Front comme celui de cette espèce, mais à lobe 
médien plus saillant. Carapace aussi longue que large, blanchâtre, délica- 
tement réticulée de rose. Chélipèdes inégaux et lisses. Méropodite pourvu 
de 2-3 dents spiniformes sur sa face inférieure, et d'un lobe denticulé sur 
son bord supéro-interne. Carpe à bord supéro-interne saillant, découpé 
en trois denticules peu saillants. Mains non carénées supérieurement , à 
bord inférieur caréné et denticulé. 

Longueur, U millimètres; largeur, k millimètres. 

Polyonyx pugilator nov. sp. 

Golfe Persique: aussi en mer Rouge. 

Carapace plus large que longue, granuleuse et poilue sur les côtés; 
armée latéralement de trois épines en arrière de l'orbite, et de cinq sur le 
bord branchial. Chélipèdes inégaux, le plus gros lisse, l'autre hérissé 
d'épines et de poils. Méropodite du gros chélipède armé inférieurement 
de 2-3 petites dents spiniformes, en avant pourvu d'un lobe bidenté, en 
arrière de deux dents. Carpe armé en avant de a-3 dents émoussées, 
inerme sur le boni postérieur. Main convexe et lisse, sans crêtes. Méropo- 
dite du petit chélipède armé inférieurement comme celui du gros chélipède, 
pourvu en avant d'un lobe à dents spiniformes, traversé en dessus par une 
crête épineuse et poilue. Carpe armé sur le bord antérieur de trois dénis 
spiniformes, denticulé sur le bord postérieur; sa surface, ainsi que celle de 
la main, hérissées de poils et de granules spiniformes disposés en A-5 sé- 
ries. Main aplatie, à bord supérieur pourvu de 4-5 épines, bord inférieur 
denticulé. 

MUSÉDM. XI., 1 ' 



— 162 — 

OXYSTOMATA. 
Genre Leucosia Fah. ■ 

Leucosia hilaris nov. sp. 

Golfe Persique; aussi Djibouti (M. Jousseaume). 

Appartient au groupe de Cumingii et sima; carapace large, en forme 
d'urne, bord épiméral visible dans toute son étendue. Carapace aussi 
large que longue. Front médiocrement saillant, concave en dessus, à bord 
antérieur tronqué-sinueux. Régions hépatiques formant une forte saillie 
angulaire. Bords latéro-poslérieurs granulés jusqu'au-dessus de l'insertion 
de la i rc paire de pattes ambulatoires. Bord postérieur droit. Sinus thora- 
cique entièrement indéfini en avant, poilu, contenant quatre larges gra- 
nules perliformes. Paume un peu plus longue que les doigts, à bord externe 
caréné. Méropodite des pattes ambulatoires orné en dessus et en dessous 
de deux lignes de granulations relativement grosses. 

Longueur, 10 millimètres. 

Genre Philyra Lcach. 

Philyra granigera nov. sp. 

Golfe Persique. 

Carapace aussi large que longue, convexe, fortement granulée, avec 
deux sillons longitudinaux très profonds. Facette hépatique nette. Sillon 
gastro-cardiaque très distinct. Régions cardiaques et intestinales fusionnées , 
saillantes, offrant, ainsi que la région gastrique, des granules perliformes. 
Bord postérieur droit. Chélipèdes deux fois et demi aussi longs .pie la 
carapace (dans le mâle); bras finement granuleux, carpe sans lignes gra- 
nulées; main sans crêtes ni lignes granulées; doigts sillonnés, denticulés. 
Abdomen du mâle à sixième article séparé, sans tubercule. 

Longueur et largeur de la carapace, 8 millimètres: longueur des chéli- 
pèdes, 21 millimètres. 

XANTHIDAE. 
Genre llaliinede De Ilaan. 

Halimede Hendersoni nov. sp. 

Golfe Persique. 

Voisine de //. Thuntoni llend.. Carapace rlmmbique, bien lobulée. à lo- 
bules Baillante; sa longueur égale les 'i/."> de sa largeur. Borda latéro-anté- 

lïeurs <|ii;idriluhés cl prolongés jusqu'au cadre buccal Comme dans Me- 
ttants , chélipèdes connue dans Thurstoni. Pattes ambulatoires aenUculéej en 



— 163 — 

dessus. Abdomen du mâle composé de sept articles, le dernier très long et 

effilé. 

Longueur, 16 millimètres; largeur, '20 millimètres. 

Genre Actnmnu§ Dana. 

Actumnus Bonnieri nov. sp. 

Golfe Persique ; aussi mer Rouge. 

Voisin de A. verrucosus. Carapace finement tomenleuse; lobules nets et 
bien saillants, couverts de granulations bien visibles; lobules protogas- 
tiimies entiers, non divisés eu vi/ comme dans verrucosus. Front quadri- 
lobé, pourvu de denticules aigus. Dent extraorbitaire bidentée et denticulée; 
dents épibranchiales aiguës , denticulées. 

Longueur de la carapace, 11 millimètres; largeur, 16 millim. 5. 

Genre Piluumus. 

Pilumnus propinquus nov. sp. 

Golfe Persique ; aussi en mer Rouge. 

Carapace hérissée de poils de deux sortes; soies et longs poils clavi- 
formes, aréolation faible, convexité médiocre; pas de granulations appa- 
rentes, excepté sur les côtés; front à deux lobes saillants, arrondis, denti- 
cules; lobes externes spiniformes. Bord orbitaire supérieur à deux fissures; 
angle externe spiniforme; bord inférieur denticulé. Dent subhépatique 
et dents épibranchiales spiniformes. Chélipèdes hérissés de granulations co- 
niques, aiguës et brunes, s'étendant sur la seule moitié supérieure de 
la grosse main et sur presque toute la face externe de la petite. Méropo- 
dite des pattes ambulatoires denticulé en dessus. 

Paraît voisin, mais distinct, de P. hirsutus Sun. (Voir Rathbin, Bull. 
Mus. C. Z. Ilarv. Coll. XXXIX, n° 5, 1902, p. 129.) 



PORTUNIDAE. 
Genre Neptunus De Haan. 

Neptunus (Hellenus) arabicus nov. sp. 

Golfe Persique; aussi en mer Rouge. 

Voisin de V '. haslatoides , mais sa carapace est moins large, |tlus convexe, 
à granulations plus grosses, avec deux saillies granulées sur la région car- 
diaque, et quatre tubercules granulés entre les régions branchiales et la 
région cardiaque. Dents mitoyennes du front plus courtes que les laté- 
rales, qui s'avancent beaucoup au delà des lobes susorbilaiivs interne-. 
Angles postéro-latéraux simplement carrés, non spiniformes. 

1 1 . 



164 — 



Genre Tlialamita. 



Thalamita Giardi nov. sp. 

Golfe Persique. 

Longueur extrême du i" article du pédoncule des antennes presque 
égale à la largeur de l'orbite. Même article armé d'un gros lobe dentiforme 
qui se divise en deux épines. Front découpé en six dents (abstraction faite 
des lobes orbitaires) arrondies en avant et nettement séparées par de larges 
échancrures. Carapace glabre ; lignes saillantes à peine marquées. Bords 
latéro-antérieurs armés de cinq dents, dont la a* est rudimentaire. Mains 
lisses, sans côtes, armées de deux épines sur le bord supérieur et d'une 
épine à l'articulation du carpe. Méropodite des pattes natatoires non sillonné. 

Largeur de la carapace, 60 millimètres; longueur, 46 millimètres. 

PINNOTÉRIDÉS. 
Genre ©stracoteres Edvv. 

Ostracoteres spondyli nov. sp. 

Golfe Persique. — Dans les Spondyles. 

Carapace quadrangulaire , convexe, rétrécie et comprimée. Front glabre, 
très peu saillant. Maxillipèdes externes glabres, à derniers articles bien déve- 
loppés, fouet de l'exopodite avec un seul article basilaire. Chélipèdes égaux 
et très grêles; main triangulaire, doigts à extrémité concave. Pattes ne 
différant pas sensiblement de longueur, à articles cylindriques et à dactylo- 
podites crochus, tous d'égale longueur. — Largeur, 10 millimètres; lon- 
gueur, 9 millimètres. 

Genre Pinnoteres Latr. 

Pinnoteres Pérezi nov. sp. 

Golfe Persique. — Dans une Phohs. 

9. Dactylognathite court, réduit, ne dépassant pas le prognathite qui 
est ovale arrondi. Bord interne du méro-iscliiognalhite concave, bord 
externe angulaire au milieu. Carapace un peu plus large que longue, de 
forme plutôt quadrangulaire. front peu saillant: yeux pauvres en pig- 
ment. Chélipèdes médiocres, paume plus longue que les doigts; chaque 
doigt avec une grosse dent ; pointes des doigts se croisant ; paume presque 
deux fois aussi longue que haute, avec une ligne de poils du côté interne. 
Pattes ambulatoires courtes et décroissant en longueur de 1 à IV ; dactylo- 
poditea 1-II-1V crochus et également longs, presque glabres; dactylo- 
podite III un peu plus long, approchant de l'aspecl styliforme, poilu.— 
Longueur de La carapace, 7 millimètres; largeur, 7 millim. 75. 



— 165 — 

Use nouvelle Abeille du Mexique. 

PAR M. T. D. A. CoCKERELL. 

Triepeolus Digueti nov. sp. 

9. Longueur, 12 millimètres. Noir, avec l'écusson , les pattes excepté 
leur base, la base des antennes (jusqu'à la base du lx e article), le labre, 
une marge étroite antérieure sur le clypeus et les écailles, entièrement 
rouges; pubescence, particulièrement celle des taches claires de l'abdomen, 
fauve ; hanches et trochanters avec des mouchetures de poils blancs 
soyeux , mais aucun sur la face ; clypeus densément et finement ponctué , 
avec quelques gros points épars ; fouet noir, excepté la base ; mésothorax 
noir, grossièrement rugueux, ponctué, sans lignes ni bandes de pu- 
bescence , excepté une petite moucheture au-dessus de chaque aile ; ailes 
fuligineuses, la région des cellules submarginales plus claire; dents des 
côtés de l'écusson noires, très courtes; écusson proéminent, bilobé d'une 
manière peu apparente, la bande antérieure et la postérieure du premier 
segment abdominal égales et largement interrompues, l'aire médiane sémi- 
lunaire noire finissant latéralement en pointe aiguë ; segments 2 à h cbacun 
avec une courte bande fauve, celle du 2 e un peu plus largement inter- 
rompue au milieu; les côtés du 5 e segment, grisâtres. 

Patrie. — Mexique, Etat d'Oaxaca, basse Mixtèque, environs de 
Sylacayoapam. Ce Triepeolus a été rapporté par M. L. Diguet. Il volait en 
nombre autour de l'entrée des nids d'une colonie de Tetralonia exquisita 
(Melissodes exquisita Cresson). Il se distingue aisément du T. fhwofnscialus 
Sm. , dont j'ai examiné le type au British Muséum, par la bande postérieure 
du 1" segment abdominal qui est très largement interrompue au milieu 
(chez le T. jlavofasciatus, elle n'est pas interrompue). Il diffère également 
du T. totonacus Cresson par l'absence de pubescence soyeuse sur la face et 
de lignes chamois sur le mésothorax, par l'écusson rouge, etc. Le dernier 
segment ventral est parfaitement normal. 



Note sur les Cyprjeides recueillis par M. Ce. Gravier. À Djibouti. 

en igoâ, 

par M. A. Vayssière, professeur a la Faculté des sciences 

de Marseille. 

Les côtes de la baie de Tadjourah. d'Obock à Djibouti, sont très riches 
en Cyprœa. 

A différentes dates j'ai reçu dans l'alcool, soil du D r Jousseaume. de 



— 166 — 

M. Imouclia ou de M. Bonhoure, de nombreux individus appartenant à ce 
groupe de Mollusques ; l'envoi que M. Gravier m'a fait de toutes les 
espèces de Cyprœa prises par lui pondant son séjour de quelques mois 
(janvier à avril 1906), à Djibouti, est venu compléter la liste déjà assez 
longue de ces types de Gastéropodes. 

Le nombre des espèces recueillies par M. Gravier s'élève à i3 pour les 
Cyprœa, plus quelques individus de Triria pcUucidula. Gomme on le voit. 
dans un temps relativement court et en poursuivant des recherches zoo- 
logiques de tous genres, ce naturaliste a pu se procurer \k espèces de 
Gypraeidés, et parmi elles un type (G. tigtag) qui n'avait été signalé par 
aucun de ses prédécesseurs. 

Les espèces appartenant à ce groupe et habitant cette région seraient 
cependant beaucoup plus nombreuses; dans les ouvrages iconographiques 
de Conchyliologie (Reeve, Sowerby, Martini et Tryon), l'on signale comme 
étant spécialement de la Mer Rouge une douzaine d'espèces, auxquelles il 
convient d'ajouter uu nombre double de types que Ton rencontre à la fois 
dans la Mer Rouge (ou près de l'entrée de celle-ci), et dans la partie 
occidentale de l'Océan Indien. 

Issel, dans son ouvrage Mulacologia del Mar Rosso, publié en 1 869 , en 
donne une liste de 21 espèces. Le D r Jousseaume, qui a parcouru toutes 
ces côtes de 1880 à 1900, m'a commuuiqué la liste de celles qu'il a 
prises pendant ses différents séjours, liste qui contient plus d'une trentaine 
de noms. 

Il est vrai que parmi les espèces signalées par ces divers naturalistes 
certaines sont excessivement rares, et leur existence dans ces parages ne 
repose parfois que sur une ou deux coquilles qui auraient été recueillies 
mortes en ce point. 

Mais même en laissant de côté les quelques espèces dont la présence ici, 
est plus ou moins douteuse , bien qu'on leur attribue la Mer Rouge pomme 
habitat {('.. gullata Gray, et leuostumn Gask), ainsi querelles qui sont si 
rares que l'on n'en a trouvé réellement que quelques coquilles moites 
(C. nutppa L. , Macandrei Sowb. , pulchella Sowb. , cripraria L. , esontropia 
Duel., Bëcki Gask., . . .), le nombre des Cyprœa que Ton peut pêcher avec 
l'animal , le long de ces côtes . s'élève encore à près d'une trentaine d'es- 
pèces. 

La faune Gyprœidéeoj de relie région est donc l'oit riche, et ce n'est que 
dans certains groupes d'îles du milieu de l'Océan Pacifique (Nouvelle-Calé- 
donie, Hébrides, Viti, Salpmon ). qu'il est possible dp cpnstater une 

abondance d'espèces de Cyprœa égale ou, supérieure à celle-ci. 

Voici la liste des espèces récoltées par M. Gravier, avec les indications 
accompagnant chaque bocal : 

(Jvi'KKi ANMii.is L . 1111 indiviilu pris ;iu\ iles Musha. (îles Mussaha ou 



— 167 - 

Musha des caries marines) situées à l'entrée <lu golfe de Tadjuurali. 
sur des Polypiers vivants \ un individu pris sur un récif au Nord 
d'Ambouli. et une quinzaine de coquilles vides sans Indication de 
localité. 
Ci pk.ea akabica L., un individu (grosseur moyenne) , sur le récif du Pingouin , 
a -20 mètres de profondeur : un autre individu (grosseur moyenne), 
sur les récifs de Polypiers des îles Muslia; trois individus (de petite 
taille, teinte foncée), sur le récif de Lachlochéterie (récif de la Clo- 
chetterie ou Lachlochéterie, suivant les cartes que l'on consulte); à 
Obock : un jeune individu pris à Djibouti, et douze coquilles vides. 

— carneola L. , un individu péché aux îles Muslia, sur divers Polypiers 

vivants, et sept coquilles vides. 

— cadrica L., trois individus pris sur des Polypiers aux îles Musha: deux 

individus pris sur le récif du Munagries ; un jeune individu pris 
sur le récif du Météore, à i5 mètres de fond. 

— erosa L. , var. nebrites Melv. , quatre coquilles vides , mais bien fraîches. 

— erosa L., un individu pris sur le récif du Météore, à i5 mètres ; un in- 

dividu pris aux îles Musha, sur les Polypiers. 

— felinà Gmel. , un individu pris sur le banc-récif de Lachlochéterie à 

Obock. 

— fimbriata Gmel., un individu de grande taille, pris sur le récif du 

Météore, à i5 mètres; douze individus, surtout petits, pris sur des 
Polypiers vivants aux îles Musha , et cinq coquilles vides. 

— unxL., deux coquilles vides, sans indication de localité. 

— pantherina Soland. , trois coquilles vides, sans indication de localité. 

— tigris L. , un jeune individu pris dans la baie de Djibouti. 

— tirdus Lamk. , dix individus, de tailles diverses, pris sur des Polypiers 

vivants des îles Musha; un individu pris sur le récif du Météore, 
à i5 mètres de fond, et seize coquilles vides. 

— zigzag L., un individu pris sur le récif du Météore, à i5 mètres. 

— trivia i'ëllucjdola Gask. , un individu péché dans la baie de Djibouti. 

et six individus péchés aux îles Musha. 

A ces espèces reçues de M. Gravier, je puis joindre les suivantes que 
l'on m'a envoyées dans l'alcool : 

Cypiîf.v wteu.us !.. (pie j'ai obtenue à deux reprises (envoi Imoucha, huil 
individus; envoi Bonhoure, un individu). 
- krytiirekxsis, lîk. T\ pe dniil j'ai Irouvé un bel exemplaire dans 

l'envoi Bonbon ic 

M. le 1) .lousseaume a pris vivante assez fréquemment celle dernière 

espèce, ainsi que les Cyprœa pulchra Gray et exuata Sow.: el eu étendant 

un peu au delà de la baie de Tadjnurah ses investigations, il a recueilli 

beaucoup d'autres espèces qui paraissent habiter de préférence la côte aux 



— 168 — 

environs de Massaouah, on qui s'abritent au milieu des récifs de coraux 
entourant l'ile de Périm ou longeant la cote Sud-Ouest de l'Arabie. 



Voici la liste de toutes les espèces 
se procurer pendant ses différents et 

Cypr.ea aknosa Jouss. var. plus renflée 
et plus globuleuse de la gangre- 
nosa. 

— annulus L. 

— arabica L. (et ses variétés). 

— Bkcki GasL 

CARNEOLA L. 

— cadrica L. (plusieurs variétés). 

CLANDESTINA L. 

CRIBRARIA L. 

— chrysalis Kiener. 

— erosa L. et sa variété nebrites, Melv. 

ainsi qu'une variété albinos bleu- 
cendré pâle <le cette dernière. 

— erythr.eensis Rk. et sa variété al- 

binos avalilensis Jouss. 

ESONTROPIA Duel. 

EXDSTA SOW. 

— felina Gmel. 

F1MBRIATA Gmel. 

GANGRENOSA Dil\V. 



ou variétés que le D r Jousseaume a pu 
assez longs séjours dans cette région : 

Cyprsa helvola L. 

IsABELLA L. 

LYNX L. 

— Macandrei Sow. 

— mappa L. un seul échantillon (co- 
quille vide). 

— melaivostoma Leatb ( ou camcU>i>(n- 
dalis, Perry). 

— microdon Gray. 

— PA!\THERINA Sol , Dîlw (ttgrtfia (le 
Lamk). 

PULCHELLA SoW. 

— pulcura Gray. 

— pum:tata L. 

TABESCENS Sol. 

TALPA L. 

TIGI.IS L. 

— turdus Lamk. 

— vARioi.ABU Lamk. 

— - V1TELLUS L. 



A cette liste il faut ajouter la C. zigzag L.; nous aurons ainsi la liste 
de toutes les espèces trouvées dans celte région; quant aux Cyprwa guttata 
Gray. leucostoma Gask, Listeri Gray, ascllus L. et moneta L. , leur présence 
dans ces parages est trop incertaine pour avoir le droit de les faire figurer 
ici. 

Si l'on vient à comparer maintenant la liste des espèces de Cyprœa récol- 
tées dans la Mer Rouge et golfe d'Aden, d'une part, et celle que Edgar- A. 
Smith donne pour les archipels des Maldives et Laquedives (l) , îles situées 
presque sous les mêmes longitudes, mais de 1,000 à 2,000 kilomètres de 
distance ;'i l'Es! , nous constatons qu'il existe des différences assez considé- 
rables dans cette partie de la faune malacnlogique. Sur les a8 espèces qui 
oui été Irouvées par les naturalistes dans l'exploration de ces îles, 10 sont 
spéciales à ces dernières; ce sont : C. argus L. , asellus L. , caput-serpentis L. , 
hirundo L. , Lamarcki Gray, mauriùana L. , minoridens Melv. , moneta L. , 
poraria L. , Wallceri Gray. 

' l) Thr Fnunn and Geograpluj <>f the Maldives ami Laccadive» Archùtelagoet , 
vol. II, part. 9. (iqo3). 



— 169 — 

Par contre, ii espèces se trouvent dans la Mer Rouge et golfe d'Aden 
et ne se rencontrent pas aux Maldives et Laquedives : C. ckrysalis, cn/- 
ihra'ensis , esontropia, e.rusta, jimbriata, mappa, melanostoma , microdon 
pantherina, pulchella, pulchra, punclata, tabescens, turdus et variolaria. 

Si nous comparons de même la liste des Cyprœa de la Mer Rouge et 
golfe d'Aden et celle des îles Seychelles, de Madagascar et de Maurice que 
von Martens et Mobius ont donnée en 1880 rrBeitragezurMeeresfauna der 
Insel Mauritius und der Seychellen», nous trouvons encore une différence 
notable. Sur les hq espèces signalées par les naturalistes, a& sont com- 
munes aux deux stations, et nous en avons a3 différentes sur lesquelles 
8 habitent aussi aux Maldives et Laquedives et une quinzaine paraissent 
être spéciales aux Seychelles et surtout à Madagascar, Bourbon et Maurice. 
Ces dernières sont : C. Broderipi Gray (Madagascar), cernica Sow. (Mau- 
rice), citrina Gray (Madagascar et Maurice), cylindrica Born. (Madagascar 
et Maurice), erronés L. et olivacea Lk. (Madagascar et Maurice), Listeri 
Gray, Menkeana (Réunion), neglecta (Maurice), onyx L. (Seychelles), 
scurra Chemn. (Madagascar et Maurice), stolida L. (Maurice), festidunaria 
L. (Maurice), undata Sol. (Maurice et Seychelles), ursellus (Réunion, 
Maurice et Seychelles), ventriculus Lamk. 

De ces diverses comparaisons, l'on peut tirer les conclusions sui- 
vantes : 

i° Que les espèces qui sont communes à ces diverses localités (Mer 
Rouge, — Seychelles et Maurice, — Maldives et Laquedives) possèdent 
toutes une aire géographique très étendue, puisque leur présence a été 
signalée aussi dans la partie orientale de l'océan Indien et dans une bonne 
partie de l'océan Pacifique (toute la moitié occidentale). 

2 Que certaines espèces de Cyprœa (Becki, erythrœensis , exusta, gut- 
tata, Macandrei, melanostoma (ou camelopardalis) , pulchra et turdus) 
paraissent être propres à la Mer Rouge et au golfe d'Aden, et n'ont été 
pêchées jusqu'à ce jour que dans cette région du globe. 

A ce dernier point de vue , l'étude de cette Faune offre un intérêt scienti- 
fique, puisqu'elle nous montre une localisation déformes que la plupart des 
espèces de Cypraea ne possèdent pas, le contraire paraissant être le propre 
de ce genre de Mollusque gastéropode. 

L'on constate aussi par cette courte nomenclature combien sont favora- 
bles aux Cyprœa les côtes coralligènes, et particulièrement celles de la mer 
Rouge et du golfe d'Aden, puisque dans un espace relativement si restreint 
l'on trouve presque le quart des espèces vivantes. 



— 170 — 
Liste des coquilles de Gastropodes recueillies par M. Cn. Gravier 

DANS LE GOLFE DE TâDJOURAH (igoÙ) [ Slli H» ] , 

par M. Edouard Lamy. 

43. Nassa coronata Bruguière. 

1792. Buccinum covonalum Bruguière, Encl. Méth., Vers, vol. I, p. ao'7. 

1 853. Nassa coronata Lk., Reeve, Conch. Icon., vol. VIII, g. Nassa, pi. III, 

fig. 30 C. 

i853. N. Bronni, Philippi, Rbeve, id., pi. XXII, fig. 1/19. 

Djibouti : 2 individus correspondant respectivement à chacune des li- 
gures citées de Reeve. — Djibouti (II. Fischer, 1901). 

44. Nassa pullus Linné. 

1768. Buccinum pullus Linné, Syst. nat., 10 e éd., t. I, p. 7^7. 
i853. Nassa pullus L., Reevb, Conch. Icon., vol. VUI, g, Nassa, pi. I\, 
lig. aa a-b. 

Djibouti : 2 5 ind. — Djibouti (H. Fischer, 1901 ). 

45. Nassa (Alectrion) crbnilata Reeve. 

1 853. Nassa creuula ta Reeve (non Brugnière), Conch. Icon., vol. VIII, g. Nassa , 
pi. 1, fig. 9 a-b. 

Djibouti : 10 ind. — Océan Indien. 

46. Nassa (Zki xis) umcolor Kiener. 

1822. Buccinum unicolorum Kieneh, Coq. viv. , l'urpuri fèves, 3' partie. Buccin, 

p. 60, pi. XIX, fig. 69. 
1 853. Nassa unicolorata Knr. , Reeve, Conch. Icon., vol. VIII, g. Nassa, pi. III, 

fig. 17. 

Djibouti : 1 individu. 

Cet exemplaire présente la forme allongée de celte espèce australienne; 
ses lours supérieurs sont plissés longiludinalcinent, les inférieurs étant 
lisses, sauf le dernier, (jui est sillonne à la base, et le labre est dentelé inté- 
rieurement comme dans la ligure de Reeve, mais sa coloration e>l blanche, 
mélangée de fauve, et ses tours deviennent 1res anguleux à la suture. 

hl . Nassa (Niotha) albescens Dunker. 

is'oi. Buccinum albeëcens Dohkbr, Zeitschr. f. Malakoz., p. 17M. — Philippi, 
Abbild. Conch., I5d. III, Buccinum, pi. Il, fig. i5. 
Djibouti : a5 ind. — Aden (Shopland, 1902). 



— 171 — 

48. Coi.l MIÎELLA PARDALINA Lailiarek. 

1822. Cohmbella pardalina Lamarck, Anim. ». vert., t. VII, p. 20,5. 

1 8 A 7 . C. pardalina Lk., Sowëiiby. Ï7ie«. Conch. , vol., 1, pi. XWV11I, lig. 90-91. 

Djibouti : 1 individu très semblable aux figures de Sowerby. — Océan 
Indien. 

A9. Columiiella vi lpecola Sowerby. 
1867. Columbella vulpewla Sowbrbv, Thés. Conch., vol. I, pi. XXXVIII, lig. 93. 

Djibouti : 1 exemplaire conforme à la ligure donnée par Sowerby pour 
son espèce, regardée par Tryon [Man. of Conch., vol. V, p. 108) comme 
synonyme de C. pardalina. 

50. Columbella (Mitrella) azora Duclos. 

1861. Columbella azora Duclos, Kiener, Coq. viv., Purpuri/ères , 2" parti.'. 

Colombelle, pi. VI, lig. 9. 
l85i. C. albinodulosa Gaskoin, Pror. Zool. Soc. London, pt. XIX, p. 3. 
i858. C. albinodulosa Gask., Reeve , Conch. Icon. , vol. XI, g. Columbella, 

pi. XXIII , fig. i38. 

Djibouti : 5o ind. — Mer Rouge (Jousseaume, 1888). 

Parmi les nombreux échantillons rapportés par M. Gravier, les uns cor- 
respondent aux ligures données par Kiener pour le C. azora, c'est-à-dire 
présentent, sur le dernier tour, trois fascies formées d'une série de petits 
points brunâtres, mais dans d'autres spécimens les deux fascies supérieures 
se dédoublent cbacune en deux rangs détaches, et alors il s'y ajoute près de 
la suture une autre bande de points colorés: en même temps, dans cette 
région, des nodules d'un blanc opaque, peu apparents chez les premiers 
échantillons, sont très saillants chez ceux-ci, qui offrent par conséquent bien 
plutôt les caractères du C. albinodulosa, tout au moins tel que le décrit 
rTeeve. Comme on trouve d'ailleurs entre ces deux catégories d'exemplaires 
des formes de passage, on peut se rallier à l'opinion de Tryon (Man. of 
Conch., vol. V, p. 1I7 ) qui réunit ces deux espèces. 

51. Columbella (Atilia) galaxias Reeve. 

1859. Columbella galaxig» Rbeve, Conch. Icon., vol. XI , g. Columbella, pi. X\\\ I , 

lig. 229 a-b. 
1876. C. Carolinœ E.-A. Smith, Journ. Lin. Soc, vol. XII, p. 5&l, pL XXX, 

%• 9- 

Djibouti : 2 individus, répondant exactement à la ligure et à la descrip- 
tion données par Reeve pour son espèce, dont il faut faire synonyme Ç. 



— 172 — 

Carolinœ, d'après Tryon (Man. of Conch. , vol. V, p. i4(i), qui a eu des 
exemplaires originaux de cette dernière espèce, des îles Garolines. ' 

52. Columbella ( Atilia) Fauroti Jousseaume. 

1888. Atilia Faurofi Jousseaume, Mém. Soc. Zool. France, vol. I, p. 177. 

1901. Columbella Fauroti Jouss. , H. Fischer, Journ. de Conch., vol. XLIX, 

p. 109, fig. 7. 

Djibouti : 1 individu déterminé par comparaison avec des spécimens 
donnés au Muséum par le D r Jousseaume. — Obock (Jousseaume, 1 888) , 
Djibouti (H. Fischer, 1901) (1) . 

53. Columbella (Conidea) tringa Lamarck. 

1892. Mitra tringa Lamarck, Anitn. s. vert., vol. VII, p. 3i3. 

18/11. Columbella undata Duclos, Kiexer, Coq. vie., Purpurifère», impartie, pi. XII, 

fig. 3. 
1867. C. tringa Sowerbï, Thés. Conch., vol. I, pi. XXXVII, fig. 6a. 

Djibouti : 5 ind. — Mer Rouge (Sturany, 1903). 

Sauf un , ces exemplaires de Djibouti , en raison du développement des 
taches longitudinales de couleur foncée et de la réduction des portions 
blanches formant de simples linéoles, correspondent à la forme figurée 
par Kiener (fig. 3) comme une variété de C. undata, espèce synonyme, 
d'après Tryon (Man. of Conch. , vol. V, p. 182), de C trinffa. 

54. Murex tribulus Linné. 

1 7 "» S . Murex tribulus Linné, Sijst. nat., 10 e éd., I. I, p. 7/16. 

1880. M. tribnlus L. , Sowerby, Thés. Conch., vol. IV, pi. 3No, fig. 3. 

Djibouti (Récif du Pingouin) : 1 ind. — Mer Rouge. 

55. Murex (Ciucoreus) angulikeius Lamarck. 

i8->2. Murex anguliferus Lamarck, Anim. ». vert., vol. VII, p. 171. 
i8'i5. M. anguliferut Lk., Reeve, Conch. Icon., vol. III, g. Murex, pi. XI, 
fig. 43 a. 

Djibouti : 8 ind. — Djibouti (II. Fischer, 1901 ). 



M Récemment M. H. Fischer (Journ. de Conch., vol. LU, 190&, p. 5ç)) a lait 
remarquer que c'est cet Atilia Fauroti que M. Sturany a figuré sous le nom er- 
roné de Columbella Terptichore Suw. dans ses Gattropoden Rothes Mètre», Exp, 
«Polar i 1 903 ). 



— 173 — 



56. Murex (Ghicoreus) ramosus Liuné. 

1758. Murex ramosus Linné, Syst. nat., 10 e éd., I. 1, p. 7Û7. 

i845. M. ramosus L., Reeve, Conch. Icon., vol. III, g. Murex, pi. I, fig. 3. 

Djibouti : 2 ind. — Mer Rouge. 

57. Murex (Homalocantha) rota Sowerby. 

i8âi. Murex rota Sowerby, Conch. III., Murex, fig. 119. — 1880. Sowerby, Thés. 
Conch., vol IV, pi. 3p,4, fig. lui. 

Djibouti : 2 ind. — Mer Rouge. 

58. Murex (Homalocantha) varicosus Sowerby. 

18Û0. Murex varicosus Sowerby, Proc. Zool. Soc. London, pt. VIII , p. i45. — 
1880. Sowerby, Thés. Conch., vol. IV, pi. 396, fig. 13g. 

Djibouti : 1 ind. — Mer Rouge. 

59. Murex (ocinebra) contractus Reeve. 

1846. Buccinum contractai» Reeve, Conch. Icon, vol. III, g. Huccinum, pi. VIII, 

fig. 53. 
igo3. Murex (Ocinebra) contractus Rve, Sturany, Gastrop. Roth. Meer. Exp. 

trPola», Denhschr. Akad. Wiss. Wien, Rd. LXXIV, pi. VI, fig. 1 a-b. 

Djibouti : 1 ind. — Golfe de Suez et d'Akabah (Sturany, 1903). 

60. Purpura (Thalessa) hippocastanum Linné. 

1758. Murex hippocastanum Linné, Syst. nat., 10 e éd., t. I, p. 7^1. 
1892. Purpura hippocastanum L., Lamarck, Anim, s. vert., vol. VII, p. 238. 
18/16. P. hippocastanum L., Reevb, Conch. Icon., vol. III, g. Purpura, pi. VIII, 
fig. 34 a-b. 

Djibouti : 20 ind. — Djibouti (H. Fischer, 1901). 

61. Purpura (Thalessa) mancinkuua Linné. 

1758. Murer mancinella Linné, Syst. nat., 10 e éd., I. I, p. 75 1. 
i835. Purpura mancinella Lk., Kiener, Coq. rie, Purpuriferes , 1 r * partie, 
g. Pourpre, pi. XVI, lig. /16. 

Djibouti : 6 ind. — Aden (E. A. Smith, 1891; Slmpland, 1902). 



174 



62. Iopas sehtim Bruguière. 

179'. Buccinwn terium Brugoière, Encl. Méth., \ ers, vol. 1, p. alia. 
i83."). Purpura sertum Lk., kiBNBR, Coq. viv., Purpurijères , i rt partie, g. 
Pourpre, pi. XLI. 

Djibouti, îles Musha : 6 ind. — Mer Rouge (Sturany, 1903). 

63. Ricinula lobata Blainville. 

i83a. Purpura lobata Blainville, Nouv. Ann. Muséum, t. 1, pi. IX, fig. 7. 
18/16. Ricinula lobata Desh., Bbeve, Conch. Icon, vol. 111, g. Ricinula, pi. I, 
fig. a b. 

Djibouti : 5 individus, dont un très jeune dépourvu de lobes spathuli- 
fonnes sur le labre. — Aden (Sbopland, 1902). 

64. Ricinula tuberculata Blainville. 

i83a. Purpura tuberculata Blainville, Nouv. Ann. Muséum, t. 1, pi. IX, fig. 3. 
1866. Ricinula tuberculata Blv., Beeve, Conch. Icon.,\o\. III, g. Ricinula, pi. Il, 
fig. il. 

Djibouti : 2 ind. — Aden (E. A. Smith, 1891 : Shopland, 1902). 
65. Ricinula anaxeres Duclos (1) . 

1835. Purpura ana.nres Duclos, Kiemeh, Coq. riv., Purpurijères , 1" partie ;;. 

Pourpre, pi. VII, lig. 17. 
18/16. /'. anaxeres Duel., Reeve, Conch. Icon, vol. III, g. Purpura, pi. XII, 

fig. (il. 

Djibouti : 2 ind. — Obock (Jousseaumo. 1888). Djibouti (H. Fischer, 
1901). 

66. Ricinlla elata Blainville. 

i83a. Purpura elata Blainville, Nouv. Ann. Muséum, t. I, pi. XI, fig. 1. 

1 835. P. elata Blv., Kiener, Coq. vn\, Purpurifères , 1" partie, g. Pourpre, pi. X. 

fig. a 7. 
18/10. Ricinula spectrum Bbkve, Conch. Icon., vol. 111. g. Ricinula, pi. III, 

fig- '9- 

Djibouti : 20 ind. — Obock (Jousseaume, 1888). 



'') 11 existe, dans les collections du Musi-um, cinq exemplaires dé celte espèce 
étiquetés, do la main de Blainville, /'. turbinelln, nom repris par Kieuer pour une 
autre espèce de tticïnule. 



- 175 - 

67. RiCINULA CA1U0SA W OOfl. 

1828. Murex eariosus Wood, Suppl. Ind. Testac, pi. V, fig. aa. 
i832. Purpura elongata Blainville, Nouv. Ann. Muséum., t. I, j>l. \. fig. 9. 
1 846. Ricinula elongata Blv., Beevb, Conch. Icon., vol. III, g. Ricinula, pi. IV, 
fig. a 5. 

Djibouti : 7 ind. — Djibouti (H. Fischer, iqoi ). 

68. Ricimla riciniloïdes Quoy et Gaimard. 

i83a. Murex ricinuloïdes Quoy et Gaimard, I oy. Astrolabe, Zool,, t. Il, pi. XXXVI, 

fig. 1 3-1 û. 
l845. Murer derussntus Beeve, Conch. Icon., vol. III, g. Murex, pi. XXXI, 

iig. i53. 

Djibouti : k iud. — Djibouti (H. Fischer, kjoi ). 

. 69. Ricinula concatenata Lamarck. 

1899. Murex concateitatus Lamarck, Anim. s. vert., t. VII, p. 1 7*>- 

i83a. Purpura fragum Blainville, Nouv. Ann. Muséum, t. I, pi. IX, fig. IV. 

i835. P. fragum Blv., Kiener, Coq. viv. , Purpurifères , i" partie, g. Pourpre, 

pi. VIII, fig. 21. 

1866. Ricinula concatenata Lk., Beeve, Conclu Icon. , vol. III, g. Ricinula, pi. III, 

fig. 18 a. 

Djibouti. îles Musha : fio individus, qui offrent dans leurs tubercules 
peu saillants la disposition figurée par Kiener pour le R. fragum , espèce 
réunie par Reeve au R. concatenata. 

70. Ricinula chrysostoma Deshayes. 

18/1/1. Purpura chrysostoma Deshayes, Mag. de Zool, 9 e sér. , vol. VI, Mollus- 
ques, pi. LXXXV1. 

Djibouti : 1 ind. — Mer Rouge. 

71. Triton (Simpulum) pilearis Linné. 

1758. Murex pifoare Linsé, Systi mit., 10 e éd., t. I, p. 769. 
i8'i4. Triton pilearis L., Beeve, Conch. Icon., vol. Il, g. Triton, pi. VII, fig. a3. 
Djibouti : 5 ind. — Mer Rouge. 

72. Triton (Linatella) cingulatus Lamarck. 

iSaa. Cassidaria cingulata Lamaiick, Anim. s. vert., t. VII, p. aifi. 
1843. Triton undoMm Kiéntfc, Coq, M., Cnnalifères , 3° partie, g. Triton, pi. \l . 
fig. 2. 



— 176 — 

iS6/i. Triton cingulatus Rbbye, Conch. Icon., vol. II, g. Triton, pi. XI, fig. 35. 
Djibouti : 1 jeune individu. — Aden (E. A. Smith, 1891 ). 

73. Triton (Gutturnium) trilineatus Reeve. 
i8hh. Triton trilineatus Reeve, Conch. Icon., vol. II, g. Triton, pi. X, fig. 3l. 
Djibouti : 1 ind. — Mer Rouge. 

Ih. Triton (Epidromus) maculosus Chemnitz. 

1780. Buccinum macvlosum Chemnitz, Syst. Conch. Cab., vol. IV, pi. GXXXII, 

fig. i9.")7-ia58. 
1790. Murex maculosus Gmelin, Syst. nat., i3" édit. , 1. 1, p. 3548. 
i863. Triton maculosum Lk., Kiener, Coq. viv. Canalifères, 3° partie, g. Triton, 

pi. XVII, fig. 1. 

Djibouti : 2 jeunes individus. — Mer Rouge. 

75. Triton (Epidromus) bracteatls Hinds. 

iShlx. Triton bracteatus Hinds, Proc. Zool. Soc. London, pt. XII, p. 31. — i846. 
Hinds, Zool. Voy. trSulphur», Moll., pi. IV, fig. 5, (i. 

Djibouti, îles Muslia : 2 individus déterminés par comparaison avec des 
spécimens de la collection de M. Dautzenberg. — Mer Rouge. 

76. Ranella (Argobuccinum) concinna Dunker. 
186a. Bursa concinna Dunker, Novit. Conch., pi. XVIII , fig. 3-'i. 
Djibouti : 6 ind. — Mer Rouge. 

77. Dolidm olearium Bruguière. 

1799. Buccinum olearium BruguiÈre, Encl. Méth., Vers, t. I, p. 3&3. 
18^19. DoUum Deshayesi Reeve, Conch. Icon., vol. V. y t . Dolium, pi. MU. 
fig. i3 a. 

Djibouti : 1 très jeune individu qui, par sa coloration, se rapproche 
du I). Deshayesi, <|ue Tryon (Mon. of Conch., vol. VII, p. 262) rattache 
comme variété au D. olearium. — Aden (E. A. Smith, 1891 ). 

78. Ovula marginata Sowerby. 

i83o. Ovulum marginatum Sowbbbï, Spcc Conch., vol. I, pt. 1, p. 5, li/j. i5-i6. 
— i855. Sowerry, The». Conch., vol. Il, pi. XCIX, li;;. 9-10. 

Djibouti : 1 individu de cette espèce de Chine, reconnaissable à sa bande 
orangée le long du bord. 



— 177 — 



79. Ovula pudica A. \<lams. 

i.s.Vi. Imphipei'ai pudica k. Adams, Proc. Zool. Soc. London, p. i3i. 
i8l>2. Ovulvm pudicum Ad., Reste, Conch. lmu., vol. W, ;f. Orulum, pi. 11, 
6g. 6. 

Djibouti (récif du Météore) : 1 individu de cetle forme néo-calédo- 
nienne, de couleur rose avec deux bandes transversales blanches. 

80. Erato (Eratopsis) nana Duclos. 
i865. Erato nana Duclos mss., Reete, Conch. Icon., vol. XV, g. Erato, pi. III, 

fi e- 18 - 

1866. E. nana Duel., Sowerby, The». Conch., vol. III, pi. CCXIX, lig. ia-i3. 

Djibouti : 1 ind. — Mer Rouge. 

(A suivre.) 



Sur vn Polynoïdibn (Lepidasthenia Digueti nov. sp.) commensal 
d'us Balasoglosse de Basse-Californie, 

par M. Ch. Gravier. 



Au commencement de Tannée ioo4, l'un des plus dévoués voyageurs 
naturalistes du Muséum , M. L. Diguet, a recueilli dans les sables de la 
baie de la Paz (Mexique, golfe de Californie) une collection fort intéres- 
sante d'Entéropneusles, dont l'étude sera publiée prochainement. 

L'une de ces formes appartenant au genre Balanoglossm Délie Chiaje 
Spengel char. emend (1) compte parmi les géantes du groupe, car elle peut 
atteindre, d'après M. L. Diguet, 1 m. 5o de longueur et est comparable 
par conséquent, par sa taille, au Balanoglossus gigas Fr. Miïller. Comme 
chez toutes les espèces du môme genre, la région branchiale et la partie 
antérieure de la région hépatique sont recouvertes, sur la face dorsale, par 
deux replis insérés latéralement, renfermant dans leur épaisseur une 
grande partie des cellules reproductrices et que Spengel (2) a désignés, 
pour cette raison, sous le nom d'ailes génitales (Genitaîflûgei). Ces replis 

W J. W. Spengel, Die BenenauDg der Enteropneustea Gattungen , Zool. Jahrb., 
Abt. fur Syst. , Geogr. und Biol. der Thiere, i5" Bd., 1902, p. 209-218. 

J.W. Spengel, Die Enteropneusten des Golfes von Neapel und der angren- 
zonden Meeres-Abschnitle , Fauna und Flora dei Golfes von Neapel, W III Mono- 
graphie, 1893, 768 p., 27 pi. 

Mi SKI II. — \I. ' " 



— 178 — 

circonscrivent une cavité tabulaire spacieuse ouverte vers le haut, le long 
de la ligne médiane dorsale, suivant laquelle ils s'affrontent. 

La plupart des exemplaires trouvés par M. L. Diguet donnaient asile à 
un Polynoïdien commensal appartenant au genre Lepidastkenia Malmgren, 
dont il est une espèce nouvelle et qui représente l'une des plus grain les 
formes actuellement connues du groupe auquel il se rattache. En outre, 
l'un de ces Polynoïdiens portait, li\é sur son dos, un très curieux Stpma- 
topode également nouveau, du genre Lysiosquilla Dana (l) et qui offre un 
fail intéressant de mimétisme. L'ornementation de sa face dorsale fortement 
pigmentée rappelle celle que l'on observe chez le Polynoïdien; de plus, à 
sa partie postérieure, il existe (\oa\x taches circulaires de teinte foncée qui 
ressemblent beaucoup aux élytres du Polychète co-comrnensal. 

On peut remarquer que le tube dorsal limité latéralement par les ailes 
génitales du Balanoglosse constitue un gîte des plus avantageux pour le 
Polynoïdien. L'eau s'y renouvelle constamment pour les besoins de la res- 
piration de l'hôte; le courant est entretenu par le jeu des cils vibratiles <\t^ 
parois de la région branchiale située en avant. D'autre part, les Polynoï- 
diens sont des animaux paresseux, d'allure lente; les élytres donnent à leur 
corps une certaine rigidité. Le commensal trouve donc chez son hôte non- 
seulement un abri très sûr, d'où il est très facile de sortir et OÙ il est tout 
aussi aisé de pénétrer, puisqu'il suffit d'écarter les bords des ailes génitales 
llottantes, mais encore un véhicule commode qui le transporte dans le 
milieu où il trouve lui-même les éléments de sa nourriture. Le Balano- 
glosse est loin d'être un animal sédentaire: il peut se déplacer rapidement 
dans le sable vaseux où il vil, M. L. Diguet n'a pas vu trace du tube en U 
qu'il habite, dit-on; j'ai cherché moi-même en vain de tels tubes à Obock, 
dans les prairies de Cymodoce où j'ai recueilli une autre forme de Balano- 
glosse. Il est probable que, dans beaucoup de cas tout au moins, la partie 
profonde, du soi-disant tube en U a une forme bien vague. 

Le Polychète ne doit pas souffrir de l'odeur d'iodoforme que dégage le 
mucus abondamment sécrété par l'Kntéropneuste; il est sans doute adapté 
complètement à cet habitat spécial, l'accoutumance rendant tout familier. 

Ce Polynoïdien est le second Polychète mentionné jusqu'ici comme com- 
mensal des Knlérnpneustes. Alfred (iiard a, en effet, trouvé en 1883 (î) chez 
deux espèces de Balanoglossus des îles (ilémms "'' qu'il nomma sans les dé- 

m L'élude de ce Slomatopode, par M. II. Cotilière, paraîtra prochainement 
dans li' Bulletin île In Société Philomnthiijuo de Paru (190!"}), en même temps ipie 
la description détaillée, avec figures, du Polynoïdien sur lequel il a été trouvé. 

Alfred Giard, Sur un type synthétique d'Annélide (Anoplonenù Herrmanni) 
commensal du Balanoglossus, C. R. Ac. des Se T. g5, i88q, p. 38Q-3gi. 

W Une année auparavant (1881). .1. de Guerne et Th. Barrois (La l'aune litto- 
rale de Concarneau lier, scient, de la France ci <lr l'Etr., 1™ année, 1881, 
p. 35-97) avaient signalé, dans les mêmes parages, ''t sans le décrire non plus, 



— 179 — 

crirc [Balanoglossus salmoiivus = Balanoglossus (Glossobalanus Spengel 
190a) Sarniensis Kœhler 1886; Balanoglossus Robinit* Balanoglossus 
clavigerus Délie Ghiaje 1829], un commensal, VAnopbnereù Herrmanni, 
qu'ii considérait alors comme un ittype synthétique d'Annélide- . comme un 
Lycoridien avant des affinités avec les Hésioniens, les Polynoïdiens et les 
S\ llidiens: quatre ans plus tard (1) . cet auteur reconnut qu'il s'agissait en 
réalité d'un Hésionien typique qui se rattachait au genre Ophiodromus 
Sars ou S'.ephania Glaparède et qui serai! même très voisin de Stephania 
Jlexuosa Délie Chiaje de la Méditerranée. 

De nombreux Polynoïdiens sont parasités par des Entomostracés variés 
que krôyer, Steenstrup et Lulken, Sars, Levinsen, etc., nous ont l'ait con- 
naître; mais, jusqu'ici, on n'a jamais signalé de cas semblable à celui du 
commensalisme superposé que réalise le Lysiosquilla Digucti Coutière 
trouvé sur le Lepidasthenia vivant à l'intérieur du BaJanoglosse du golfe 
de Californie. 

II 

Les exemplaires de ce Polynoïdien commensal du BaJanoglosse sont 
malheureusement tous Fragmentés. L'un d'eux, dont les parties sont restées 
adhérentes Tune à l'autre, mesure 20 centimètres environ de longueur, la 
largeur maxima ('tant de 10 millimètres. Il est difficile de donner d'une façon 
rigoureuse les dimensions de cet exemplaire fortement contracté, dont les frag- 
ments sont enroulés sur eux-mêmes. M. L. Diguet, qui a vu ces Polychètes 
vivants, affirme que les plus grands individus ont de -i.5 à 3o centimètres 
de longueur; ils occupent le tube dorsal du BaJanoglosse à peu près dans 
toute son étendue. 

La forme est plutôt grêle; le corps est déprimé. Sur la face dorsale, 
dans la pailie antérieure du corps, les élytres, de dimensions relativement 
réduites, laissent la plus grande partie du dos à nu, mais son! Imbriquées; 
dans la partie postérieure, elles s'espacent et se réduisent, de façon à être 
séparées assez largement les unes des autres dans le sens de la longueur. 
Ces élytres, avec leur teinte très sombre, formant comme deux séries de 
taches longitudinales , donnent une physionomie spéciale à l'animal. Dans 
l'exemplaire de 20 centimètres de longueur, le nombre des segments 
dépasse 200. 

Le prostomium est hexagonal; une échancrure antérieure assez profonde 
correspond à l'antenne médiane. Les- yeux sont sensiblement circulaires; 

11 11 Balanoglossus de grande taille, de couleur jaune orangé; ce Balanoglossus corres- 
pond peut-être (?) à celui que A. Giard désigne l'année suivante sous le nom de 
B. Salnumeu» nomeu nuduœ, auquel ;i été substitué celui de II. Sarniensis donné 
par Kœhler qui lit de celle espèce une élude approfondie. 

(1) Alfred Gunn, Fragments biologiques. r>. Sur Opbiodromra Herrmanni 
Giard, llull. Se. Dép. du Nord, T. 9, 1886, p. 93-99. 



1 •>, 



— 180 — 

le cristallin est orienté latéralement et en avant pour les yeux antérieurs, 
en arrière, pour les yeux postérieurs. Les antennes, presque cylindriques, 
s'effilent brusquement dans leur partie terminale; elles sont lisses dans 
toute leur étendue. La médiane, un peu plus longue que les latérales, 
s'insère au sommet d'une base déprimée, limitée par deux lignes qui dessi- 
nent une écbancrure dont la pointe est au niveau des yeux antérieurs. Les 
palpes, graduellement étirés à partir de leur base, terminés en pointe 
grêle, sont beaucoup plus longs que les antennes. 

Le premier segment est porteur de deux paires de cirres tenlaculaires 
de même forme que les antennes; les cirres ventraux sont un peu plus longs 
que les dorsaux. 

La base des antennes, la partie postérieure du proslomium, les palpes, 
les cirres tentaculaires sont couverts de ponctuations assez serrées de teinte 
sombre. 

La première paire d'élytres portée par le second segment, insérée beau- 
coup plus près de la ligne médiane dorsale que les suivantes, recouvre 
presque tout le prostomium, la base des palpes et des cirres tentaculaires; 
ces deux premières élytres sont tangentes par leur bord interne. Ces la- 
melles sont sensiblement circulaires, au moins dans la partie antérieure du 
corps; plus en arrière, elles s'allongent parallèlement au plan de symétrie. 
Elles sont fortement pigmentées en teinte très sombre, sauf sur le bord 
postérieur recouvert par l'élytre suivante et sur la surface d'insertion de 
l'élylropbore qui se présente sur l'ensemble comme une tacbe relativement 
claire. 

Jusqu'au a3 e segment, les segments élylropbores sont ceux de rang 
impair, sauf les deux premiers; au delà, les élytres se succèdent régulière- 
ment de 3 en 3 segments , jusqu'à l'extrémité postérieure du corp--. 

Dans le parapode des segments cirrigères, le cirre dorsal porté sur un 
article basilaire large et saillant est conique et assez long. 

La rame dorsale rudimentaire, soutenue par un acicule assez fort, 
ne trahit son existence à l'extérieur que par une éminence à peine percep- 
tible; au-dessous de l'acicule, on voit un faisceau compact de li nés soies 
reclilignes qui restent toutes incluses. 

La rame ventrale qui paraît constituer à elle seule tout le parapode est 
tronquée obliquement vers le bas à son extrémité. 

Les soies qu'elle porte, légèrement coudées, finement striées en long, 
portent dans leur partie terminale une série de cornets qui s'emboîtent 
mutuellement et partiellement: l'étendue de cette légion de la soie et le 
nombre des cornets sont sujets à quelques variations. Le cirre ventral, 
conique, est peu développé, sauf au premier sétigère. 

La pigmentation peu marquée dans les premiers anneaux s'accentue en 
arrière, de façon à former une bande médiane continue assez large. 

A partir du second Bétigère, la face ventrale porte à l'insertion des pa- 



— 181 — 

rapodes, sur une éminence bien marquée, une petite papille néphridienne 
qui conserve de faibles dimensions d'un bout à l'autre du corps. 

Le corps se termine par deux courts cirres anaux, de taille plus consi- 
dérable cependant que les cirres dorsaux des segments voisins. 

La trompe bien développée s'ouvre par une sorte de fente transversale 
dont les deux lèvres sont garnies chacune de i3 papales renflées à leur 
base; en écartant celles-ci, on voit les deux mâchoires dorsales et les deux 
ventrales, en forme de dents recourbées se regardant par leur pointe. 

Chez l'exemplaire de 20 centimètres de longueur, dont il a été question 
plus haut, la disposition des élytres est absolument régulière d'un bout à 
l'autre du corps avec le mode de répartition qui a été indiqué ; il en est de 
même chez trois autres individus dont la taille varie entre 1 2 et 20 centimètres. 

Chez un autre exemplaire, tout est régulier dans les trois premiers 
quarts environ du corps; puis il se produit une sorte de déclanchement , 
par suite de la présence de deux élytres sur deux segments consécutifs, 
d'un même côté du corps; la discordance se maintient jusqu'à l'extrémité 
postérieure, la loi de succession des élytres et des cirres restant la même 
des deux côtés du corps, en arrière du premier segment portant d'un 
côté un cirre et de l'autre une élytre supplémentaire , anormale. 

Chez un autre individu et dans la région postérieure du corps égale- 
ment, on observe une irrégularité du même ordre, par l'inlercalation, 
d'un côté, d'une élytre supplémentaire dans la série normale; mais la per- 
turbation causée par cet appendice est effacée par une nouvelle irrégula- 
rité qui sp produit du même côté. Il y a là un curieux exemple de ce pou- 
voir de -Régulations des organismes mutilés, étudié d'une façon appro- 
fondie par H. Driesch (1897-1902). 

Le Polynoïdien, dont la description précède et qui appartient au genre 
Lepidasthenia Malmgren, se sépare nettement des formes connues du 
même groupe, notamment du Lepidamelria commensalis Webster et du 
Polipioe gigas Johnson; nous proposons de l'appeler Lepidasthenia Digueti, 
en l'honneur du distingué voyageur naturaliste qui l'a trouvé. 



SUB LES GENRES LePIDASTHENIA WàLMGREN ET LePIDAMETRIA WeBSTEB, 

par M. Ch. Gravier. 

1 
Les genres Lepidasthenia Malmgren (,) et Lepidametria Webster {i) serap- 

W A.-.I. Malmgren, Annulatn polycli.. GroenL, Island., el Scand, ÔJvers. af 
Kongl. Aknd. fdrltandl. , 1867, p. 189. 

W H.-E. Webster, On the Annelida Cliœtopoda of tbe Yirfiinian Coast, Trans. 
of ihe Albany ïnatitute, 1879, p. 10, pi. IN, lift. 2.3-3 1. 



— 18l> — 

portent à des Polynoïdiens de forme très allongée, à segments nombreux, 
à corps complètement vêtu par lesélytres, à prostomium pourvu de trois 
antennes , dont les deux latérales ont une insertion marginale et à para- 
podes subbirèmes. 

Or Webster a fait remarquer dans la diagnosedu genre Lepidametria : 
ifln manv respects, il agrées with Lepidasthenia Malmgren, but is exduded 
finni thaï genus by baving Betae in the dorsal ramin. Or l'espèce type du 
genre, le Lepidasthenia elegan» Grube (lJ a précisément une rame dorsale 
rudimenlaire. Il ne reste donc, pour séparer les deux genres en question, 
«pie la répartition des élvtres qui serait absolument régulière dans le genre 
Lepidasthenia et qui présenterait des anomalies variées dans le genre Lepida- 
metria. 

Or l'étude du Polynoïdien commensal du Balanoglossc californien (i) nous 
a montré que. parmi les exemplaires appartenant incontestablement à la 
même espèce, les uns ont leurs élytres disposées très régulièrement, tandis 
que les autres offrent à considérer des anomalies purement individuelles et 
que, chez quelques-uns de ceux-ci, la perturbation n'affecte qu'un nombre 
limité de segments, la ir Régulation» se produisant par l'intercalation 
d'une élytre complémentaire, c'est-à-dire par l'intervention répétée de la 
cause même du trouble introduit dans la répartition de ces appendices. 

II. 1'. Johnson a observé des faits du même ordre chez le Polynoe giga» 
Johnson (S) . Sur g spécimens étudiés par l'auteur. 3 seulement avaient le 
même nombre d 'élvtres à droite el à gauche: deux de ces derniers avaient 
chacun deux segments asymétriques, grâce auxquels la Bymétrie, un mo- 
ment rompue, se trouvait rétablie. Le Lepidonoius Lordi Baird el \'IIm - 
moilioc tuta Grnbe donnent lieu aux mêmes remarques- 4 , l'm outre, une 
anomalie qui rentre encore dans le même cadre a été signalée par S. Or- 
landi '•'-. chez une forme de la même tribu qui offre très généralement une 
constance absolue dans la répartition des segments cirrigères et des seg- 
ments élytrophores, le Lepidonotus ri, ira Mont. Chacun des \- . ig ". ai" 
et ?.;>' segments portait, chez un individu de celle espèce recueilli dans le 



Ki). Gmjbe, ictinien, Echinodermen und Wûrmer, i8Ao,p. 75. E. von 
\l mu nzkli.kii, Zur Kenntniss der adriat. AJtnehden, Sitzungsber. der K. Akad. der 

Wxsb., Bd. (>i) , 1874, |». Uo8,Taf I. fi;;. 1; id., Bd. 7:!. 1 S 7 ."> . p. 11. 

\ oir ce Bulletin . p. 1 77. 

Il.-I'. Johnson, \ preliminarj Accourt of Hi" marine Annelids of the Pa- 
cific Ooast, «itli descriptions of aew Bpecies, Proceed Calif. Acad., vol. 1 , n" 5, 
1897, P 1 - ni - %■ :;:; - ''•'' ''"' I: pl- VIÏI, Sg. '' s - Û8a, 18b, 'i. ( . 

(*) ll.-l'. Johnson, The Polychœta of ilie Puget Sound li";;i<>n, Proceed. of the 
Boston Soc. of. natur. Hietory, vol. ;>.<(, n" 18, i<)<u, | • . : '. s s ,.| 394. 

S Oblarbi, l)i alconi Inellidi Policheti del Mediterraneo , lui délia So- 
ciété Liguêttca <h te. nui. e geogr., 1896, anno 7, rase. 3, p. 5. 



— 183 — 

port de Gènes, à droite, uue élytre, comme d'ordinaire, mais à gauche, 
un cure dorsal. 

Le seoi caractère différentiel fondé sur la répartition îles élylres pour 
séparer les deux genres Lepidasthenia et Lepidametria n'a donc aucune sta- 
bilité. Le genre Lepidametria, fondé par Webster en 1879, est à sup- 
primer: on ne doit conserver que lep;enre Lepidasthenia Malmgren 1867 dans 
lequel rentreraient le Lepidametria commensalis Webster, le Polynoc gigas 
Johnson, le Lepidonolus Lordi Baird et l'espèce de Basse-Californie, com- 
mensale d'un Balanoglosse, le Lepidasthenia Digueti Gravier. 

Il 

La perturbation qui rompt la symétrie dans une région plus ou moins 
étendue du corps chez les diverses espèces du genre Lepidasthenia pro- 
vient, eu somme, de la substitution d'une élylre à un cirre dorsal ou in- 
versement. Or on sait que le remplacement d'un organe par un autre 
complètement différent et inséré au même point a presque toujours pour 
cause un traumatisme. Il n'est donc pas invraisemblable de ramener l'ano- 
malie dans la distribution des cirres et des élylres à un cas à'hétéro- 
morphose m , à une lésion qui se produirait au niveau du cirre ou de l'élytre 
supplémentaire, à l'époque de la formation et de l'individualisation du 
segment correspondant. 

Il n'est pas sans intérêt de rappeler à ce sujet le cas mentionné en 1901 
par Prenliss -, bien qu'il n'ait qu'un rapport indirect avec celui qui nous 
occupe ici. Parmi des centaines d'exemplaires de Nercis virens Sarsrécolti îs, 
en novembre 1899, à l'emboucbure delà rivière Saugus, près de Lynn 
Ma>s. , se trouvait un individu qui offrait une curieuse anomalie s'étendant 
sur 23 segments de la région moyenne du corps et particulièrement mar- 
qué;' dans les premiers d'entre eux; elle consistait en u\\<> véritable dupli- 
cation qui affectait non seulement les parapodes, mais aussi les organes 
internes, la chaîne nerveuse notamment. Le dédoublement s'atténuait 
d'avant en arrière, de façon à ne plus laisser de trace au delà du a3 c des 
segments modifiés. L'origine de la perturbation serait due à une lésion 
flans la région de formation des nouveaux inétamères qui se serait pro- 
duite flans la période post-embryonnaire. Les parties surnuméraires inutiles 
nées de ce stimulus traumatique se seraient peu à peu atrophiées par le 
retour aux conditions normales dans la zone formatrice des segments. 

Il est à remarquer que l'anomalie n'atteint jamais la partie antérieure 

M J. Loeb, Unterauchungen zur physiologischea Morphologie der Thicrc. 
I. I cher Heteromorphose , Wiirzburg, G. Hertz, 1891, 79 p. 

C.-W. Pbbbtiss, A Case «>f incomplète Duplication of Ports ;m<l apparent 
Régulation in Nereis virens, Amer. Natwalùt, t. XXXV, 1901, |>. 563-57«, 
6 fig. 



— 184 — 

du corps; les douze premières paires d'élytres ( et même généralement beau- 
coup plus) qui existent seules chez tant de Polynoïdiens restent à l'abri 
de ces perturbations. 

D'antre part, il y a peut-être une relation, — tout à fait obscure actuel- 
lement, — entre le mode de vie de ces Polychètes et les anomalies qu'ils 
présentent. Tous vivent en commensalisme : le Lepidametria commensalu 
Webster a été trouvé dans le tube de V Imphilrite ornata Verrill; le Polynoe 
gigas Jobnson , dans le tube d'un autre Ampliitrite; ïHarmolhoe tutaGruhe, 
dans le tube du Thelepus crispus; le Lepidonotus Lurdi Baird a été recueilli 
sur divers Mollusques : Fissurella cratitia, Glyphis uspeva , Cryptochilon 
Stelleri et sur un Stelléride : le Dermtuterùu imbricata. 

La cause initiale provoquant ces anomalies est vraisemblablement banale, 
puisqu'elle peut agir à des époques très variables au cours du développe- 
ment, dans les habitats les plus différents. 

On peut enfin observer que la substitution d'une élytre à un cirre dorsal 
sur l'un des côtés d'un segment ne fournit pas un argument en faveur de 
l'homologie de ces organes, comme cela vient naturellement à l'esprit. 
L'ablation de l'œil chez les Décapodes Podophthalmes donne lieu à la pro- 
duction d'organes antenniformes, ainsi que G. Herbst l'a établi en i8q(i (,) 
et confirmé depuis par de nombreuses expériences sur des types variés. 
Mais T. -H. Morgan ' 2) a montré que si l'on sectionne l'œil à son extrémité 
distale, il se régénère une tache pigmentaire évoluant vers un organe ocu- 
liforme, tandis que si l'œil est coupé au niveau de l'insertion du pédoncule 
de façon à atteindre les ganglions optiques, il apparaît on organe antenni- 
forme. Le résultat de J'hétéromorphose n'est donc pas indépendant de la 
nature du traumatisme. 



UCHIN1DES, Astéries et Ophiures recueillis i>ar M. Gravier 
dans i.a Mes Rouge (golfe de Tadjourui ). 

PAR M. R. koEHI.KR, PROKKSSKIR À I. I \I\KRSITK l)K LyOIV. 

La petite collection qui m'a été remise par M. Gravier ne renferme 
guère «pie des formes très répandues dans la mer Rouge. Les Bchinides 
m'ont cependant présenté une forme nouvelle de Gymncchinus , que je dé- 
crirai ci-dessous sous le nom de G. Gravieri. 

C i',. IIkubst, Ueber die Régénération von antennenâhnlichen Organen au 
S tel le Non tugen. 1 Mitlheilung. Ireh. fur Entwicklungimech, der Organùmen, 
•■•■ |'„l. 1896, |». 544-558, Taf. 8t. 

T. -II. MoBOAV, Régénération and linliility to injury. /<»'/. ISnll. Boston, 
vol. 1, 1898, |>. 987-800, »5 6g. 



— 185 — 



Voici rémunération des espèces que j'ai déterminées 



ÉchLnldes. 

Phyllacantiiis imperiaus Lamarik. 
Gidabis baci'losa Lamarck. 

AsTROPYGA RADIATA Leskc. 

Eghihohbtra lucdhtbb Linné. 
Hippoxoe vabiegata Leske. 

GïMNBCHINUS GRAVIERI DOV. Sp. 

Clypeasteu scutiformis Lamarck. 
— hlmilis Leske. 

Astéries. 

Gyhnastbkias cabinifbba Lamarck. 

ASTBOPECTEN POLYACAHTHl S Millier 

Trosehel. 



et 



Ophidiastbb cylindhicus Lamarck. 
Linckia Eurenbergi Millier et Trosehel. 
Stellaster equbstris Retzius (jeune). 
Pbhtacebos mdiucatus Lin< k. 

Ophiures. 

Opuioi.epis cincta Millier et Trosehel. 
Ophiolepis annulosa Blainville. 
OpniocoMA scolopendrina Lamarck. 
Opdiothbis pbopihqua Linné. 
Ophiactis Savignyi Ljunjjmann. 
\sTHoi>iiYTON clavatum Millier et Tros- 
ehel. 



Gymnechinus Gravieri nov. sp. 

Deux éclnmlillons ayant respectivement 12 el i3 millimètres de diamètre. 

La forme du test est arrondie et assez surbaissée. La face dorsale est un 
peu conique dans le plus petit exemplaire et aplatie dans le plus grand; la 
face ventrale est plane. 

Les aires ambulacraires , assez larges, sont très légèrement saillantes. Les 
arcs de pores sont séparés par un petit granule secondaire, el ces granules 
secondaires forment une rangée régulière en dehors de la série principale. 
On observe, dans chaque aire, une série régulière principale de tubercules 
primaires; en dedans de chaque tubercule, et à la même hauteur que lui. 
se trouve un tubercule secondaire; entre ces deux rangées, il existe une 
rangée de tubercules plus petits que les secondaires et alternant avec eux. 

Les aires interambulacraires sont larges. Elles offrent, à l'ambitus, trois 
rangées de tubercules primaires dont la médiane s'étend jusqu'au péri- 
procte: l'interne ne s'élève guère au dessus de l'am- 
bilus et l'externe se prolonge un peu plus haut, de 
telle sorte qu'un peu au-dessus de l'ambitus, le mi- 
lieu des aires interambulacraires n'offre que des tuber- 
cules secondaires ; ceux-ci sont assez serrés. 

La membrane péristomienne, un peu enfoncée, 
offre une couronne de pédicellaires ophicéphales peu 
nombreux. 

Le périprocte (fig. i) est excentrique , mais moins périprocte ot appareil 
que chez les Gymnechinus RobMardi, pulchcUus, etc. , «pi™] if Gymnechinus 

1 , .,, il ' •. i Gravieri, grossi onvi- 

et la différence de taille entre les plaques génitales ron dix fois 

antérieures et postérieures est aussi moins marquée. 

La plaque madréporique est très développée et elle ne porte pas de granules ; 

les autres plaques , qui portent un ou deux granules , sont presque de mêmes 




— 180 — 

dimensions. Le pore génital est très rapproché de l'angle externe. Les pla- 
ques ocellaires sont petites et elles ne touchenl pas le périprocte, excepte la 
postérieure droite qui est un peu plus grande que les autres: elles portent 
charnue un granule. Le périprocte est occupé par des plaques inégales el 
l'anus est situé à une certaine distance du bord postérieur. 

Les piquants sont courts et ils ne dépasseol pas -j millimètres; ils sont 
striés. Leur couleur est blanc grisâtre avec deux ou trois bandes d'un 
rose clair. 

Les pédieellaires ophicéphales , très nombreux, ne présentent pas de ca- 
ractères particulière. Les pédieellaires globulaires renferment des spiculos 
recourbés et épaissis vers l'extrémité rappelant ceux des G. pulchrllus et 
Robillardi; ils portent des glandes sur la tige. Je n'ai pas pu trouver de 
pédieellaires tridactyies. 

La couleur du test dépouillé des piquants est gris-vcrdôtre avec des 
taches vert-foncé. 

Rapports et différences. — Le Gymnechinus Grattneri se distingue facile- 
ment des antres espèces à périprocte excentrique par la constitution de 
l'appareil apieal avec une plaque ocellaire seulement contigué au périprocte 
et par la couleur du test el des piquants. 



Holothuries recueillies par M. Cu. Gravier 

SI R LA CÔTE FRANÇAISE DES SoMAUS , 
PAR M. (ll.ÉMENT VANRY. 

M. Gravier a Lion voulu nous confier l'étude des Holothuries qu'il a 
rapportées de sa Mission sur la côte des Somalis. Cette collection renferme 
dix espèces '. dont deux nouvelles. Parmi les espèces déjà connues, cer- 
taines avaient déjà été signalées, soit dans la Mer Rouge, suit sur la cote 
orientale de l'Afrique; re sont : 

Phtllophords Ehberbergi Selenka; 
Tmovi: BACELLOS Selenka ; 
IIoi.otiiuria impatiens Forskal : 
Hoi.otiii ui\ i>ai;i>\i [s Selenka. 

(') Quelques Holothuries n'ont pu être déterminées, car ''Iles avaient complète- 
ment perdu leurs corpuscules calcaires. Les échantillons avaient lnu> de conservés 
an formol, et ce liquide ne me parait pas être un lion liquide conservateur pour 
les Holothuries. En effet, j'ai observé sur des Mollusques d'eau douée ot dans des 
conditions que j* n'ai pu déterminer, que le calcaire était en çrandc partie dis- 
sous dans l'eau additionnée de formaldéhyde. 



s 



— 187 — 
Trois autres espèces : 

HOLOTHI RU FOSCO-P1 NCTATA Jiigor. 

Mi M r.niA lecanora Jiiger, 

Ghonduoi i.ka (Synapta) striata Sluiter, 
n'avaient pas encore i : l('' trouvées dans cette région; elles semblaient loca- 
lisées dans les parties orientales de l'Océan Indien, et leur découverte sur 
la côte des Somalis étend donc leur distribution' géographique aux cote? 
occidentales de cet Océan. Les Chondrocleea striata recueillies par M. Gravier 
ne se rapportent pas exactement aux types récoltés par Sluiter aux îles de 
la Sonde et retrouvés par Herdman à Geylan; elles constituent, d'après 
nous, une variété de cette espèce, la variété incurvala. Nous avons retrouvé 
cette même variété dans la collection des Holothuries littorales de Ylnvesù- 
gator. Les espèces nouvelles sont : 

Colochirus Gravieri; 
cucumaria transitoria. 

Cucumaria transitoria nov. sp. 

Celte nouvelle espèce est une Cucumaria de petite taille représentée par 
trois exemplaires, dont le plus grand a 16 millimètres de longueur et 2 à 
a millim. 5 de largeur. Le corps est plus ou moins pentagonal; il est de 
couleur marron clair parsemé de quelques marbrures brunâtres; les appen- 
dices sont très visibles, car ils sont entièrement blancs et, de ce fait, leur 
répartition est facile à étudier.' 

Les pédicelles du trivium sont exclusivement localisés sur les radius, où 
ils sont disposés en une double rangée. Les radius dorsaux présentent aussi 
chacun deux rangées d'ambulacres, mais celles-ci ne sont pas toujours très 
nettes et souvent, dans les interradius, quelques appendices sont disséminés 
d'une façon irrégulière. 

Les corpuscules calcaires sont assez nombreux dans les téguments; ils 
constituent, en majeure partie, de petites tourelles dont la base est formée 
d'une plaque ovale perforée de deux ou quatre ouvertures centrales et d'un 
nombre 1res variable de petites ouvertures périphériques; dans la partie 
centrale de celle base s'élèvent deux courts piliers réunis à leur extrémité 
distale et couronnés d'un grand nombre de pointes. On trouve aussi dans 
les parois du corps quelques corpuscules crépus. 

Les pédicelles renfermenl des plaques réticulées, en voie de formation, 
et présentent 2 ou A ouvertures incomplètement fermées. 

Les tentacules sont au nombre de 10, les deux ventraux sont plus 
petits; leurs téguments renferment des bâtonnets à extrémités perforées. 
L'anneau calcaire est composé de pièces radiales offrant un prolongement 
antérieur légèrement échancré et deux prolongements postérieurs assez 
développés et formés dune série d'articles; les pièces interradiales ont une 



— 188 — 

simple pointe antérieure. La vésicule de Poli est unique. Les muscles 
s'insèrent sur le tiers antérieur du corps. 

Cette petite Cucumaria se rapproche des Cucumaria viiis Slniler et citrea 
Semper, nuiis elle s'en distingue par les corpuscules calcaires et l'anneau 
calcaire. — lies Musha; Grand Récif; Dragage, 20 mètres. 

Colochirus Gravieri nov. sp. 

Cette nouvelle espèce de Colochirus a été draguée par 20 mètres de pro- 
fondeur; elle est représentée par un exemplaire unique de 5o millimètres 
de longueur, de 20 millimètres de largeur et de 16 millimètres de hauteur. 

Le corps est plus ou moins pentagonal et à ses extrémités il s'atténue 
légèrement en pointe; sa face dorsale est aplatie et faiblement concave, 
tandis que sa face ventrale est convexe et présente un radius médian sur- 
tout saillant vers les régions buccale et anale. 

Le trivium est d'un gris clair, les pédicelles qu'il porte sont de coloration 
blanchâtre et exclusivement localisés sur les radius, où ils se disposent en 
5-6 rangées sur chacun d'eux; à l'extrémité antérieure du corps . les radius 
sont tivs saillants et de couleur noirâtre; ils renferment alors des papilles. 

Les régions latérales et dorsale du corps sont grisâtres et entièrement 
recouvertes de papilles disséminées irrégulièrement et disposées chacune 
sur un petit mamelon. Les radius dorsaux sont marques de marbrures 
noirâtres et présentent des papilles en plus grand nombre que les inter- 
radius. L'ouverture anale est entourée de papilles noirâtres. 

Les parois du corps sont assez rugueuses et renferment de nombreux 
corpuscules calcaires de deux sortes : 

i° Des plaques ovales perforées de petites ouvertures et constituées de 
travées épaisses portant des mamelons liés saillants; 

2 Des plaques plus ou moins quadrangulaires et à quatre ouvertures 
seulement; leurs travées sont beaucoup plus grêles que celles des plaques 
précédentes et portent de distance en distance de petits tubercules. 

Les pédicelles renferment des bâtonnets aplatis présentant un grand 
nombre d'ouvnjtures disséminées sur toute leur longueur. 

L'anneau calcaire est formé de 10 pièces; les radiales ont k centimètres 
de hauteur et possèdent un prolongement antérieur à extrémité échancrée 
et une partie postérieure fortement découpée; les interradiales, moins 
élevées (pie les radiales, sont munies d'une pointe antérieure et olfrent une 
faible dépression postérieure. Cette espèce possède une seule vésicule de 
Poli. L«'s rétracteurs s'insèrent à 20 millimètres du bord antérieur. Les 
organes génitaux forment deux masses de tubes rougeâtres. 

Cetlf espèce rappelle le Colochirus tubereulosus (Quo\ et Gaimard) par 
la disposition des pédicelles ventraux et par celle des papilles dorsales; 
mais ces dernières sont peu saillantes dans le Colochirus Gravieri et . d'autre 



— 189 — 

part, l'anneau calcaire et les corpuscules calcaires de cette espèce la distin- 
guent bien du Col. tuberculosus. 

Ce nouveau Golochirus est très voisin du Colochirus dispar. Lamp., car 
tous deux n'ont pas de coupes, mais des corpuscules calcaires quadrangu- 
laires à trave'es grêles, et l'anneau calcaire a . dans ces deux espèces, la même 
structure. Mais ces deux Colochirus diffèrent l'un de l'autre par un certain 
nombre de caractères : chaque radius du trivium du Col. Gravieri possède 
5-6 rangées de pédicelles, tandis que l'on en trouve que 2-3 chez le Col. 
dispar. : d'autre part, les plaques mamelonnées sont de taille plus considé- 
rable chez le Col. dispar. que chez le Col. Gravieri, et, de plus, l'insertion 
des muscles rétracteurs se présente sur le i/3 antérieur du corps dans le 
Col. dispar., alors qu'elle a lieu seulement sur les 2/5 chez le Col. Gravirn. 
— Entre les récifs du Pingouin et du Météore: Dragage, 20 mètres. 

Golochirus sp.? 

Un individu jeune, de 1 millimètres de longueur et de 2 à 3 millimètres 
de largeur. La face ventrale est aplatie et de coloration grisâtre; la face 
dorsale est brunâtre et présente, suivant les radius dorsaux ,des rangées plus 
ou moins nettes de papilles. Les téguments renferment des plaques réti- 
culées et des coupes. L'individu doit probablement être une forme jeune du 
Colochirus doliolum (Pallas). — Récif du Météore; Dragage, 18 mètres. 

Thyonf: sacellls Selenka. 

Un seul individu, en état de contraction, de 66 millimètres de longueur 
et de 7 millimètres de diamètre. La région ventrale est brun clair, tandis 
que la région dorsale et les extrémités sont brun foncé. — Récifs du Mé- 
téore; Dragage, 20 mètres, sur les Polypiers. 

Phvi.lophori'S Ehrenbergi Selenka. 

Cette espèce a été décrite par Selenka d'après un exemplaire provenant 
de la Mer Rouge, mais celte Holothurie paraît très commune sur la côte 
des Somalis, car des dragages effectués en différents endroits à 1 5-2 o mètres 
en ont ramené un certain nombre d'exemplaires dont la taille varie de ào 
à 65 millimètres. Le corps de ces divers échantillons conservés au foi-mol 
est de coloration brunâtre; les appendices et tentacules se distinguent par 
leurs extrémités noirâtres. — Récifs du Pingouin et du Météore; dragage, 
i5 à 20 mètres; 3 ex. — Récif du Pingouin et du Météore; dragage, 
20 mètres; 1 ex. - - Récif du Météore; dragage, i5 mètres; 2 ex. 

HoLOTIll IUA PARDAI.IS Seb'llka. 

Trois individus jeunes de 21 à 2.3 millimètres de longueur et de colora- 
tion jaune verdâtre. — Raie de Djibouti, sur Polypiers; 3 exemplaires. 



— 190 — 
HoloThuru impatiens Forskal. 

Un individu de .'o3 millimètres de longueur il de coloration brunâtre. 

— Djibouti, vivant dans le sable: 1 exemplaire. 

HoLOTIlCRIA KUSCO-PCNCTATA JiigeP. 

In exemplaire rétracté de 100 millimètres de longueur. La face dorsale 
rsl d'un noir bleuie et présente de nombreuses taches très irrégulières 
comme forme et comme disposition; la lace ventrale est blanchâtre, poin- 
tillée de petits points noirâtres. Les corpuscules calcaires des téguments 
sont des plaques perforées, à travées très fortes et présentant on nombre 
variable de petites ouvertures; dans certaines, on trouve trois paires de per- 
forations, dans d'autres, six paires, et on constate tous les intermédiaires 
entre ces deux sortes de plaques. — Djibouti: marée basse, dans le sable; 
1 exemplaire. 

Mi i-leria i.ecanora Jâger. 

Un seul exemplaire de i4o millimètres île longueur et de 5o millimètres 
de largeur. Les régions dorsale el ventrale du corps sont bien distinctes 
comme coloration : la première est marron brunâtre, tandis que la seconde 
rsl marron clair. L'aire anale est ici de même coloration <pie le dos. — 
Djibouti: marée basse, dans le sable: 1 exemplaire. 

Ciiondroci.oea (Svnapta) striata Sluiter, var. incurvata nov. var. 

Nous considérons comme appartenant à une simple variété du Chon- 
droclœa strinla Sluiter 7 exemplaires dont la longueur varie de Go à i5o 
millimètres. 

La coloration de ces dilTéienls individus est très variable: elle présente 
un lbndjau:ic grisâtre strié ou veiné de violet. Ces exemplaires traites au 
formol ont bien conservé l'aspect qu'Herdmann ;i observé sur des individus 
vivants de C. striata. 

Les corpuscules calcaires de nos échantillons présentent quelques diffé- 
rences avec ceux des exemplaires recueillis à Java ou à Ceylan. Ces! ainsi 
que les ancres ont leur manche légèrement incurvé vers la poignée, el que 
les deux bras et le manche de l'ancre ne se trouvent pas dans un même 
plan; mais à part ces légères différences, les ancres, vues de face, offrent 
bien les caractères de l'espèce. Quant aux plaques anchorales, elles sonl 
identiques à celles décrites par Sluiter, mais ici l'ouverture placée devant 
l'anse esl pourvue, sur un côté, d'un petit nombre de dents. Cette variation 
a peu d'importance , caries Chondrocltea striata de Ceylan possèdent des 
plaques anchorales Bans aucune denliculation but le pourtour de leurs ou- 
vertures. 

A ces petites différences dans les corpuscules calcaires, nous devons 



— 191 — 

ajouter ce fait beaucoup plus important, c'est que Ions nos échantillons on1 
i5 tentacules, tandis que L'espèce type n'en possède que i3. Ce caractère 
pourrait, à la rigueur, servir pour l'établissement d'une nouvelle espèce; 

mais nous croyons que la variabilité qae l'on a constatée dans les corpus- 
cules calcaires doit s'appliquer aux tentacules : les échantillons de la côte 
«1rs Somalis ne seraient donc qu'une simple variété de la Chondrockea striata 
Sluiter. 

Celle nouvelle variété, que nous désignons sous le nom d'incurvata, se 
distingue de l'espèce type par le nombre de ses tentacules, i5 au lieu de 
10, et par la forme de ses ancres. 



Liste des Hbjantbjdes ' rapportés />/■: l'Océan 7v/>//;v 
(Golfe de T ad jour ah) par M. Ce. Gravier, 

i'ak M. Armand Krempf. 



Note piikuminaiiie. 

Parmi les intéressants matériaux recueillis par M. Cb. Gravier au cours 
de ses recherches zoologiques sur les cotes du golfe de Tadjourah, se 
trouvent un certain nombre d'Hexanthides dont il a bien voulu me confier 
l'étude «. 

. Actinines, Sticbodaclylines, Zoanlhes, Cériantbes, Asclérocoralliaires^, 
Antipathaires , sont représentés dans cette collection. Il n'y a pas d'espèce 
nouvelle: en revanche, plusieurs de ces formes, quoique déjà spécifiées, 
offrent an haut intérêt anatomique et règlent ou soulèvent d'importantes 
questions d'affinité. Au point de vue de la distribution géographique, leur 
existence à Djibouti, nouveau jalon entre les différentes stations déjà con- 
nues de l'Océan Indien et de la Mer Rouge, confirme la notion établi*' de 
l'homogénéité de la faune actinologique de ces deux provinces maritimes. 

O Les nombreux Hexacoralliaires à Polypier récoltés par M. Ch. Gravier ne 
sont pas compris dans cette liste. Ils seront étudiés ultérieurement par plusieurs 
spécialistes. 

M Pour donner un tableau plus complet des Hexanlhides de la cèle française 
des Somalis, je joins à la collection de M. Gravier, dans laquelle elles manquent, 
quatre espèces que j'ai recueillies moi-même à Djibouti, en 1902. 

( 3) Asclérocoralliains : lli-xacoralliaires à squelette nul ou rudimenlaire. (Voir 
ma note sur l'hétérogénéité du groupe des Stichodactylines. Comptes rendus des 
séances de l'Académie des Sciences, i4 novembre lyo'i.) 



192 — 



A<*tiiiin<-s. 

CiiK[ espèces: 

Bunodes stkllula (Hemprich et Ehrenberg i836) Klunzinger 1877. 

Obock, G mars 190 4; dragage dans le port de 10 à 30 moires; (i exem- 
plaires. — Obock. h mars 1906: même habitat; 3 exemplaires. 

Je dois signaler chez cette espèce la tendance remarquable que j'ai déjà 
observer chez plusieurs Aclinines munies de ventouses et qui consiste en la 
réduction de ces petits appareils, réduction qui peut aller jusqu'à la dispa- 
rition complète, lorsque l'animal vit sur un fond où les particules solides 
d'une certaine taille, débris de coquilles, petits cailloux, font défaut, en 
leur grand développement dans le cas contraire. 

Bunodes waridi Garlgren 1900. 

Obock, mars 1902; falaises du cap Obock; ô exemplaires. — Djibouti, 
mars 1902 ; récif Jousseaume. 2 exemplaires; Collection A. Kreinpf. 

Je crois utile de donner quelques indications sur la coloration de celle 
espèce que j'ai pu observer vivante: elles diffèrent sur certains points de 
celles que Carlgren 1900 a donné d'après les nol»s de voyage de Stuhl- 
mann : disque pédieux blanchâtre. Colonne, à la base, blanchâtre avec des 
ponctuations rouge brun; région supérieur!' verdàtre; les ponctuations se 
développent, se transforment en verrues rouge grenat et se disposent en 
séries linéaires verticales. Ces séries linéaires se terminent sur la marge du 
disque buccal par de petites saillies rouge grenat qui donnent à son contour 
un aspect crénelé. Tentacules vert pâle quelquefois parsemés de lâches 
opaques arrondies ou ovales. Sur le disque buccal, des plages triangulaires 
rayonnantes partant de la base des tentacules, colorées en gris bleu cendré 
et cernées d'un liséré noir. La région centrale du disque buccal est verl 
olive. Les abords immédiats de la bouche passent au rouge brique. 

Pheli.ia décora (Hemprich el Ehrenberg i834) Klunzinger 1877. 

1 5 janvier 190&, baie de Djibouti; sur Polypiers vivants ou morts: 
G exemplaires. — 16 février 190/1, sur des Polypiers; récif Ormières; 
3 exemplaires. 

Cai.liactis poi.ypis (Korskal 1776) Klunzinger 1H77. 

Avril 1902: dragage dans le chenal qui sépare l'île Maskallé <\r> lies 
Massaha, 8 à 10 mètres: 9 exemplaires. — Avril 190a; récif Bonhoure, 
3 exemplaires: Collection A. Kivinpf. 

Cette espèce de L'Océan Indien <••>! strictement représentative de Cal- 
liaclis ej/iela de nos côtes. 



— 193 — 

Triactis producta Klunzinger 1877. 

1 5 janvier 1906: fixée sur un Pontes. Baie de Djibouti: 1 exemplaire. 

Cette forme est très intéressante; considérée à tort comme une Sticho- 
dactyïïne et rapprochée de Phymanthus à cause de l'existence de petites 
papilles urlicantes semblables à de courts tentacules disposés en séries ra- 
diales sur les mêmes rayons qu'un certain nombre d'appendices ramifiés, 
simples annexes tenlaculiformes de la colonne , vient en réalité se placer à 
côte du genre Lebrun ia (Dendromelinœ de Me. Munich) dont j'estime ce- 
pendant qu'elle diffère suffisamment pour conserver son autonomie. Je ne 
puis dans cette note préliminaire, pour justifier cette appréciation, que 
renvoyer à la bonne description et aux excellentes figures que P. François w , 
au cours de son voyage en Océanie, a données des caractères extérieurs de 
cet animal étudié par lui à Nouméa. 

Stichodactylines. 

Six espèces : 

Amiieopsis Koseirensis (Klunzinger 1877) Simon 1892. 

11 janvier 1906. Djibouti dans le sable à marée basse. 3 exemplaires 
de la variété macula ta. 

Je n'ai trouvé de tentacules en série radiale et en très petit nombre d'ail- 
leurs que dans un seul de ces trois individus pourtant fort bien conservés 
et de grande taille. Je laisse provisoirement ces animaux parmi les Sticho- 
doclylines oii Carlgren a jugé convenable de les placer, mais je mets for- 
tement en doute le bien fondé de cette manière de voir. 

\ntheopsis crispa (Ebrenberg i834) Simon 1892. 

7 février 190/i. Récif des Messageries. 1 exemplaire. 

Avant observé cette Actinie vivante, je puis affirmer que la disposition 
crispée de ses tentacules reproduite dans la figure d'Ehrenberg et considé- 
rée par Klunzinger comme due à l'action de l'alcool est. au contraire, très 
caractéristique de son port, lorsqu'elle est épanouie; j'ai pu prendre une 
bonne photographie, grandeur naturelle, de l'animal en cet état : elle sera 
publiée ultérieurement. 

A l'examen anatomique, je n'ai trouvé aucun tentacule en série radiale. 
La persistance avec laquelle fait défaut chez cette forme et sa voisine, An- 
theopsis Koseirensis, le seul caractère qui permette d'en faire une Sticho- 
dactyline. ne l'ait qu'accentuer dans mon esprit les doutes précédemment 
exprimés. Dois-je à ce propos en émettre de nouveaux sur la valeur pbylo- 
génétique de la grande division des Stichodactylines? 

P. François, Choses de Nouméa; sur une Actinie. — Archives de Zoologio 
expérimentale et générale, 1891. 

Muséum. — xi. 1 .; 



— 194 — 

Peut-être, on effet, faudra-t-il aller plus loin que je ne l'ai fait récem- 
ment, et cessant de considérer comme naturel ce groupe déjà dépouillé par 
moi d'un certain nombre de ses formes typiques en apparence au profit des 
Hexacoralliaires , songer à un démembrement plus profond et à la réparti- 
tion de ses éléments au sein ou au voisinage de familles d'Actinies à for- 
mule tentaculaire normale. 

Heuanthopsis Ritteri Kwietniewski 1898. 

12 janvier 1904. Djibouti. A marée basse. 1 exemplaire. 

29 février 1906. Récif du Météore; dragage, 18 mètres. 1 exemplaire. 

i3 mars 1906. Récif du Pingouin: dragage, 20 mètres. 1 exemplaire. 

Cette grande et belle Actinie était déjà connue pour ses cas fréquents de 
polysipbonoglypbie, mais jamais, à ma connaissance, il n'avait été signalé 
d'individus aussi remarquables sous ce rapport que les trois exemplaires 
recueillis par M. Gravier. Le premier possède en effet 5 siphonoglypb.es, 
le deuxième 10, le troisième 19; tous bien marqués, très distincts des plis 
parallèles du pharynx et irrégulièrement distribués sur le pourtour de ce 
dernier. Aucun de ces animaux, par la disposition de ses tentacules ou la 
forme de sou disque buccal, ne semblait se préparer à la division. Je n'ai 
pas encore pu me rendre compte si l'ordination de leurs cloisons (la il 
affectée par cette anomalie et de quelle façon elle l'était. 

Stoichactis gujantea (Forskal 1775) Garlgren 1900. 

1 1 janvier 1906. Djibouti, sable, a très beaux exemplaires. 

Stoichactis tapetum (Ehrenberg i836) Garlgren 1900. 

Février 1902. Sur un bloc de calcaire corallien. 1 exemplaire. 
Mars 190a. Rlocs de coraux morts. 2 exemplaires. 
Collection A. Krempf. 

Phymanthus loligo (Hemprich et Ehrenberg 1 834) M. Edvv. et llaime 
i85 7 . 

7 janvier 1906. Baie de Djibouti, sur des Polypiers vivants. G exem- 
plaires. 

16 janvier 190/1. Baie de Djibouti, sur des Pontes. 1 exemplaire. 
7 février 190&. Récifs coralliens, h exemplaires. 

Koanthos. 

Deux espèces : 

Z0ANTHO8 Rektiioi.i.eti (Audouin 1828) Ehrenberg i834. 

6 mars igo4. Ohock; dragage dans le port de 10 à 20 mètres. Petite 
colonie. 



— 195 — 

3 mars 190/1. Obock: fissures de rochers découverts plusieurs heures ;i 
marée basse, 2 colonies. Très nombreux individus. 

Correspond bien à la très bonne figure de Savigny. 

Je distingue dans cette espèce deux variétés fondées sur la coloration : 

i° Zoanthus BertholleU viridis nov. var. , dans laquelle le vert du disque 
buccal prédomine fortement sur les autres couleurs; 

2 Zoanthus Bertholleù cœruleus nov. var., aux teintes plus sobres, à 
disque buccal bleu voilé de gris. 

Palythoa tdberculosa (Esper) klunzinger 1877. 

3 mars 190^. Obock : Récif du La Glochetterie. 

3 mars 1906. Obock : Sur des pierres, récif du La Glochetterie à mer 
basse, à colonies. Très nombreux individus. 

La coloration brune assez uniforme de cet animal, au contact prolongé 
du formol à 10 p. 100, dans lequel il a été fixé et conservé, a viré au rouge 
sans subir de diminution sensible d'intensité. 

C'érianthe. 

Une espèce : 

Cerianthus mada? Garlgren 1900. 

3 lévrier 190^. Djibouti : sables vaseux à l'Ouest de la Résidence. 
2 exemplaires. 

Je rapporte avec un peu d'incertitude ces deux formes à celle que décrit 
Carlgren, 1900, sous le nom de Cerianthus maua Zanzibar. Les caractères 
extérieurs de cette espèce, surtout après séjour dans les réactifs conser- 
vateurs, étant peu nets, l'étude de l'anatomie interne de l'animal permettra 
seule de lever ce doute. 

Hexacorallîaires. 

Conformément à ce que j'ai dit quelques lignes plus haut en note , il ne 
sera question ici que des Hexacoralliaires sans Polypiers ou : 

Asclérocoralliaires. 

Trois espèces : 

Corynaotis GLOBCLiFKBA ( llemprich et Ehrenberg i834). Miine Edw. et 
Haime 1867. 

29 février 190 '4. Récif du Météore : dragage, 20 mètres. 1 exemplaire. 

Malgré l'état de contraction presque complète de cet échantillon, sa 
détermination en est facile pour qui a déjà pu voir se faner et se déformer 
sous l'influence des fixateurs ce délicat animal. 

Rhodacus rhodostoma 1 Ehrenberg i83V). Milue Edw. et Haime 1857. 
6 février 190/1. Récifs coralliens. 3o exemplaires. 

i3. 



— 196 — 

Discosoma nummiforme. Leuckart , 1828. 

Avril 1902. Djibouti. En colonies nombreuses sur des blocs de calcaire 
corallien. Se rencontre rarement. 
Collection A. Krempf. 

Antipathaire. 

Une espèce : 

StICHOPATHES Ef.HINL'LATA Brook 1889. 

7 février 190 h. Dragage au pied du récif des Messageries. 

La découverte à Djibouti de cette espèce, rencontrée pour la première 
fois à Maurice, étend considérablement son aire de répartition géogra- 
phique. 



Seconde liste de Mollusques d'Abyssinib 
(Collection Maurice de Rothschild )V\ 

par MM. H. Neuville et R. Anthony. 

1 . Famille des LIMNAEID^. 

Planorbis abyssinicus Jick. 

Un exemplaire de Gadjia (Sud d'Addis-Abeba). 

Planorbis gibbonsi W. Nels. 

Deux exemplaires de Goro Gomoton (Région du llaul-Aouache). 

Ce Planorbe, brièvement décrit par W. Nelson' 2 ', qui l'avait reçu de 
Zanzibar, ne parait pas avoir été retrouvé depuis. 11 est donc particulière- 
ment intéressant, tant en lui-même qu'en raison de cette nouvelle localité. 

Physopsis africana Krauss. 

Deux exemplaires de Gadjia. 

Les Physopsis ajricana , abyssinien et ovoïdea ne paraissent devoir former 
qu'uni' seule et même espèce, d'apparence très variable, à laquelle se rap- 
portent ces deux exemplaires. Nous préférons employer pour ceux-ci le 
nom spécifique à' africana, en raison de son antériorité. 



G Voir les remarques accompagnant la première liste (Bulletin du Muséum, 
1905, n° 2). Nous avons ici, en outre, à remercier If. Louis Germain pour les 
utiles indications qu'il a bien voulu nous donner. 

w W. Nbuor, Description <>fa new Bpedcs ofPUmorbu. Qunt. Joum. <>f Con- 
fhnl., 1878, p. 179. 



197 



2. Famille des STENOGYRID.Œ. 

Limicolaiua Chefneuxi Bgt var. Jlammifera n. var. 

Quatre exemplaires de la vallée de Kounhi. 

Cetle variété nouvelle diflère du type par la présence de (lammules très 
nettes, persistant même, au moins à la face dorsale de la coquille, sur des 
spécimens âgés. 

Limicolaiua flammea Mull. 

Un exemplaire de la forêt de Kounhi. 

Cette espèce est généralement représentée, dans l'Afrique orientale, par 
la variété estiva. La présence du type lui-même, en Abyssinie, accroît con- 
sidérablement son aire de distribution. 

Limicolaiua flammea Mull. var. globosa Germain. 
Un exemplaire de la forêt de Kounhi. 

Limicolaria flammea Mull. var. sennaariensis Parr. 
Un exemplaire de Kounhi. 

3. Famille des HELICID^ 

Hélix hamacenica Raff. 

Plusieurs exemplaires provenant d'une petite falaise tout près du bord 
de la rivière Bourka (Tchercher). 
Un exemplaire de Baltcbi. 

Bulimus Rothschildianus n. sp. 

Testa umbilicata, subsolida, breviter rimata, ovato-acuminata, in medio sal 
ventrosa, sub diaphana, flavescenti; spira elongata, apice fere acuto; anfractibus 7 
sub inilatis; sutura vix obliqua, alba delineata; ultimo magno dimidiam allitudi- 
nis aoquante , convexo; aperlura fere vertical] (angulus superior subacutus; extre- 
milas inferior ad basin columellae rotunda); columella brevi, recta, supr-rne dila- 
tata, inferne acuminata; peristomate acuto, margine externo exacte convexo, 
sordide albolutescente ; marginibus remotis,separatis. 

Longit. 22 millim.; diam. 10 i/a; apertura îolonga et 5 1/2 iata. 

Ce nouveau Bulime appartient au même groupe que V Abyssiniens Pfr, 
dont il est à rapprocher, mais celui-ci est plus ventru, de même que le 
B. Galinierianus Bgt. Sou périslome, qui le rapprocherait surtout du IL He»h 
prichi Jick, ou du H. Il/ji Bgt, diffère de celui de ces deux dernières espèces 
par les dimensions et la forme. La présence d'un étroit filet blanc, très 
bien marqué, suivant la ligne d'insertion dos tours de spiro. qui est ainsi 



— 198 — 

nettement soulignée, achève. de différencier le B. Rothschildianus des espèces 
•lu mémo groupe. 11 est, en outre, complètement dépourvu de l'embryon 
de dent, plus ou moins développé, qui s'observe à la base de la columelle. 
vers l'intérieur du péristome, dans la plupart des espèces du groupe de 
YAbyssinicus (voir Bourglignat, Malacologie de l'Abyssinie, lig. 59, 60 et 

Les bords du péristome ne sont, sur notre spécimen, reunis par aucune 
callosité ni même par aucun vernis, mais ce peut être là un Caractère 
jeune. 

Bulimus Simonis Bgt. 

Quatre exemplaires de Hieka. 

Un exemplaire delà vallée de Kounhi. 

Ce dernier est caractérisé par la présence d'un rudiment de Carène sur 
le dernier tour, prolongeant en quelque sorte la ligne de suture au delà 
du péristome. 

l\. Famille des LIMACIDiE. 

TUAPSIA EURYOMPHALA Bgt. 

Un exemplaire de la petite falaise de la Bourka. 



Note 8VH les Penella Balénoptère (K. et /).) ntotfËtlUÊB sur le 

BaLENOPTERA PlIYSALUS (Lj.V/V.) DE CeTTE [OGTOliKE IOO«), 

par MM. R. Anthony et L. Calvet. 

Le Balœnoptera p%«rt/ws(Linn.)caplure récemment a Cette, et qui a fait 
l'objet d'une précédente note, était, comme nous l'avons dit, porteur d'une 
grande quantité de parasites fixés dans les téguments de ses lianes depuis 
la commissure buccale jusqu'à la région de l'anus. A un examen wiper- 
ficiel, ces parasites se présentaient sous l'aspect de filaments flottants ter- 
minés par une sorte de houppe, et longs de 10 à i5 centimètres environ. 
Il- étaient profondément iix<-- dans le lard du balénoptère, D'atteignanl pas 
1rs muscles. En dépit de leur aspect spécial, les animaux que nous présen- 
tons ici sont des Crustacés Bntomos tracés , ^' la famille des Lmimda se 
rapportanl à l'espèce PeneMa Bûlœnoptêra \ K. el I).). 

Avec Ii Pêtulla tfaêtimtrnii (St. el Lutk.)que l'on a rencontrée sur YHy 

prrnodoii rOitfOtUi ,'Clienn.), la Pmrlla r„ihnmpierw(kel I).)esl leseul Lernétfl 

connu d'une façon uertaine connue vivant 1 Pétat de parasite rorles Mam- 
mifère* marins. Elle ;i été vue la première fois en i84g par \. Dûben «pu 



— 199 — 

en présenta an exemplaire incomplet à an Congrès de Naturalistes à ' ii-is— 
tiania. Plus tard, korcn et Danielssen en reoueillirent un certain nombre 
d'exemplaires sur Balœnopiera rostrata (Fabr.) qu'ils ont décrits el étudies 
avec certains détails dans la troisième partie de la Fumai littoralù Sorwegim 
de Sars 1877 |. 1 >* * j >t 1 i -^ cette date, il a été signalé de temps en temps la 
présence de Penellessur d'antres balénoptères et même sur d'autres Cétacés, 
voire «les Odoutocètes, sans qu'on y ait porté grande attention. Kn tout 
état de choses, la trop courte notice de Koren et Danielssen reste l'unique 
contribution à l'étude de ces Lernéens qui sont à la fois les plus conside 
râbles et les plus rares du groupe. 

Sur la Penella Balœnopterœ (k. et D.), on peut, au point de vue descriptif 
reconnaître trois régions : 

1° La région céphalique, qui est arrondie, présente à son extrémité une 
assez large ouverture, la bouche. Elle est. sur sa face ventrale, recouverte 
de papilles nombreuses représentant les pièces masticatrices réduites; sa 
face dorsale présente deux papilles solitaires . symétriques, qui ne sont autre 
chose que des rudiments d'antennes. Cette tête présente en outre trois 
longs prolongements divergents, deux latéraux et un dorsal, s'enfonça ni 
profondément dans le tissu cellulaire du Balénoptère; ce sont les crampons 
fixateurs; 

2 La région thoracique, qui est séparée de la tête par un très léger 
étranglement, présente trois subdivisions : 

a. Une région de même calibre que la tête à peu près. EJlle porte sur sa 
face ventrale quatre paires de pattes réduites à de simples crochets cbi- 
tineux: 

jS. Une région très étroite, appelée souvent à toit le col. Elle est très 
allongée; 

y. Une région de même calibre que la région a couverte de stries trans- 
versales, ei à la base de laquelle sont les deux oritices génitaux et sont fixés 
les deux ovisacs, très longs et filiformes. 

3° La région abdominale, qui se termine par l'anus el porte de chaque 
côté une rangée de tubercules sur lesquels s'implantent des cirrhes mulli- 
lides dont les branches s'étendent sur la face ventrale de l'abdomen laissant 
sa face dorsale à nu. 

La tête, la première région thoracique el une certaine partie de la 
deuxième sont enfoncées dans le lard du Balénoptère. Ces parties internes 
sont blanc jaunâtre, alors «pie les parties extérieures sont d an gris bleuté 
foncé s'Iiarmonisaut avec la teinte générale de l'hôte. 

L'animal tout entières! recouverl de téguments chitineux. 

présence dûment constatée sur Baleenoptera Physalus {miuculw) 
[Linné] et dans la Méditerranée mérite d'être signalée d'une façon toute 
spéciale. • 

< ei întéressanl et peu connu parasite, à l'anatomie duquel nous consa» 



— 200 — 

créions une étude, a été présenté et décrit le 20 février dernier à la Société 
Philomathiqae de Paris, qui en publiera prochainement une figure dans son 

bulletin (6m//. Soc. Philomatliique , 1900). Prière de s'y reporter pour les 
figures et les indications bibliographiques. 



Sir les divers états cristallins du soufre et sun la transformation 

DU SOUFRE MOV EV SOUFRE CRISTALLISÉ, 

par M. Paul Gaubert. 

Le soufre est de tous les corps polymorphes celui qui se présente sous 
les états cristallins les plus nombreux. On en connaît actuellement au moins 
huit . et les difficultés qu'il y a à mettre en évidence l'existence de la plupart 
d'entre eux et leur instabilité permettent de supposer (pie ce nombre n'est 
nullement définitif. 

D'après M. R. Brauns, auquel on doit le dernier travail sur les divers 
étals cristallins du soufre, on doit distinguer : 

i° Le soufre orthorbombique. existant dans la nature, le seul stable à 
la température ordinaire et qui est le produit de transformation de tous les 
autres; 

a" Le soufre monoclinique de Mitscherlich. stable à une température qui 
n'est pas trop éloignée du point de fusion. 

Toutes les autres formes passent à cette modification à celte tempéra- 
ture; 

3° Le soufre nacré découvert par Payen et dont les constantes cristallo- 
graphiques ont été déterminées par MM. Mutlnnann et Rrulins. 11 a été 
probablement aussi observé par Pasteur, qui l'a confondu avec le soufre 
monoclinique de Mitscherlich; 

k" Le soufre probablement inonoclinique découvert par M. Mutlnnann: 

5° Le soufre rhomboédrique de Lngel. 

Toutes ces modifications ont été obtenues en cristaux isolés, el les constantes 
cristallographiques ont été déterminées très exactement pour les trois pre- 
mières. Les suivantes n'ont été préparées que sur une lame de verre par 
M. H. Brauns et, bien qu'elles aient des propriétés optiques bien distinctes, 
le système cristallin ne peut pas toujours être déterminé avec sûreté; 

6° Le soufre orthorhombique radié peu biréfringent: 

7 Le soufre monoclinique radié correspondant peut-être au soufre nacre. 

obtenu par voie serbe, de M. (îernez: 

8° Le soufre trichitique, probablement triciinique 

'*' G. Fiur.DKL h (i< ; rrit \uv forme triciinique obtenue accidentellement snr un 

hain (l<- soufre. 



— 201 — 

On verra plus loin qu'il faut ajouter encore une autre modification. 

Le soufre cristallise dans ces différents systèmes : 

i° Par évaporation, à une température déterminée, d'une solution saturée 

de ce corps: 

2 Par solidification d'une masse fondue. Les formes qui se produisent 
ainsi dépendent delà température à laquelle le soufre a été porté, de la durée 
de faction de cette dernière et de la vitesse de refroidissement; 

3° Par condensation de la vapeur. Les conditions de température agis- 
sant dans les cas précédents interviennent ici et dans les deux modes sui- 
vants de production ; 

6° Par précipitation chimique du soufre de certains composés sul- 
furés ; 

5° Par la transformation d'une modification cristallisée ou amorphe en 

une autre. 

Le même état du soufre peut être produit de diverses manières et, 
dans les mêmes conditions, il se forme à la fois plusieurs modifications. 

Ces diverses formes peuvent être distinguées les unes des autres par 
leurs propriétés cristallines s'il s'agit des cinq premières, toutes par leurs 
propriétés optiques et par la facilité avec laquelle elles passent au soufre 
orthorhombique a. ou au soufre monoclinique |3. 

La densité, qui serait un excellent critérium, ne peut pas être déter- 
minée pour la plupart des modifications, et les indices de réfraction, encore 
beaucoup plus précieux, n'ont été malheureusement déterminés que pour 
le soufre a. Mais la biréfringence, le signe d'allongement, la valeur ap- 
proximative de l'angle des axes optiques, le polychroïsme , serviront à 
caractériser les diverses modifications. 

Évidemment ces caractères doivent être examinés avec beaucoup d'atten- 
tion, car les observations sont faites sur des plages cristallines produites 
sur une lame de verre et leur orientation peut être quelconque. Cependant, 
comme les cristaux d'une substance ont une tendance à se développer sui- 
vant la même face, à s'allonger suivant le même axe cristaliographique ou 
les mêmes arêtes, l'étude des faces d'aplatissement fournit des caractères 
suffisants pour les distinguer les unes des autres et, par conséquent, pour 
déterminer à quelle variété elles appartiennent. 

Pour étudier les propriétés optiques de ces faces, je me suis servi dans 
beaucoup de cas de la grande platine de Fedoroff avec laquelle une section 
peut, dans une certaine mesure, être ramenée perpendiculairement à un 
axe optique, à une bissectrice, etc. L'angle de rotation maximum de la 
platine dans l'examen en lumière convergente dépend des dimensions du 
cristal et de L'objectif employé. Ivec le microscope et l'oculaire 5deNachet, 
la plaque peut être tournée de q5 degrés. Une petite lentille placée au- 
dessous et au centre de la platine m'a permis de faire des observations en 
lumière convergente, ce qui est très utile, car plusieurs laces d'aplatis- 



— 202 — 

sèment (les différentes modilicntions montrent dans le champ du micros- 
cope un axe optique ou une bissectrice. 

J'ai passé en revue les caractères des différentes modifications, à l'excep- 
tion de celles du soufre rhoinboédrique de Engel et de la quatrième mo- 
dification de Mutlimaim. Les résultais de ce travail seront publiés dans le 
prochain Bulletin de la Société française (le minéralogie , et ne je vais donner 
ici que les conclusions auxquelles je suis arrivé. Seule la transformation 
du soufra mou en soufre solide va être étudiée ici avec détail. 

TRANSFORMATION DU SOUFRE MOD EN SOUFRE CRISTALLISA. 

Le soufre mou se transforme, comme on sait, plus ou moins rapi- 
dement, suivant que la température à laquelle il a été porté était plus ou 
moins élevée. De tous les corps amorphes connus, c'est celui qui possède 
la double réfraction la plus énergique quand on comprime ou qu'on élire 
les filaments. Sous une faible traction, ceux-ci deviennent biré&ingents et 
présentent toute la série des couleurs à mesure qu'on les allonge et donnent 
très faiblement les blancs d'ordre supérieur. Le plus grand indice de ré- 
fraction, n ff , coïncide avec l'axe du filament. 

En écrasant les filaments, la biréfringence se produit aussi, mais les 
teintes ne sont jamais si élevées. Dans ce cas. n^ est transversal. Par con- 
séquent, le plus grand indice de réfraction correspond toujours avec la 
direction suivant laquelle se fait l'extension. 

Le soufre mou, en se transformant, donne naissance aux trois formes 
cristallines décrites en dernier lieu. Plusieurs méthodes d'observation 
peuvent être employées. Une des plus pratiques est de chauffer une petite 
quantité de ce corps sur une lamelle mince. On peut ainsi le porter avec 
une platine chauffante jusqu'à la température où il s'enllamme au contacl 
de l'air et qui est de 270 degrés. 

Une lame couvre-objet assez épaisse est appliquée sur la goutte <pii, 
refroidie ainsi brusquement, ne commence pas à cristalliser avant une 
demi-heure. 

Il se produit, au bout de ce temps, deux sortes de cristaux. Les uns 
formenl des sphérolites très petits, très nombreux, très peu biréfringents 
et dont l'allongement des fibres est positif. Ils présentent en somme tous les 

caractères du soufre rhombique radié peu biréfringent. Les autres, liés 
biréfringents, forment de petits cristaux rhombiques appartenant au soufre 
trichitique et des amas confus, montrant sur les bords de petites bandes 
aciculaires d allongement négatif et à extinction légèrement oblique. De 
nombreux trichites identiques à ceux décrits et figurés par M. \\. Brauns 
Be raient aussi dans la préparation. Quelquefois des groupements formés de 
cristaux peu biréfringents ei formés par du soufre de (). Lehmann peuvent 
être observés. Au boni de vingt*quatre heures, du soufre amorphe existe 

encore, enveloppant les pallies cristallisées. Mais, par ce procédé, le soufre 



— 203 — 

ne peut pas être porté à une température très élevée. Il faut alors se servir 
des filaments provenant du soufre refroidi dans L'eau par la méthode ordi- 
naire. La transformation commence par la production, à la surface, des fils 
de petits cristaux rhombiques très biréfringents, do plages s'éteignant les 
unes sur toute leur étendue, les autres formées do plusieurs secteurs, 6 ou 8 , 
opposés deux à deux par le sommet et à développement souvent inégal. Le 
plus grand indice de réfraction coïncide avec la direction radiale el ces sec- 
teurs s'éteignent suivant leur bissectrice. Ces cristaux peuvent être rapportés 
sans aucun doute au soufre radié ortborhombique peu biréfringent et les 
losangiques au soufre tricbitique de M. R. Brauns. 

Le soufre mou écrasé sur une lame de verre , de façon à donner une 
couche très mince, peut être aussi observé au microscope dans ses modi- 
fications , mais les cristaux produits sont beaucoup plus petits que les pré- 
cédents et ne sont pas caractéristiques. 

Avec un rasoir, des lamelles très minces de soufre mou peuvent être 
détachées et examinées ensuite sur une lame porte-objet. On peut ainsi se 
rendre compte que, dans les gros filaments, le refroidissement s'est fait 
beaucoup plus lentement à l'intérieur qu'à l'extérieur; aussi la cristal- 
lisation commence beaucoup plus tôt au centre qu'à la périphérie. 

CONCLUSIONS. 

i° Le plan des axes optiques du soufre monoclinique est placé dans le 
plan de symétrie. L'angle aV est égal à 58 degrés environ et la bissectrice 
n p fait, approximativement, un angle de kk degrés avec l'axe vertical. 

'j° Le soufre nacré se présente fréquemment sur une lame de verre en 
cristaux aplatis suivant la face p et perpendiculaires à la bissectrice n p . Les 
fibres radiées sont généralement parallèles au plan des axes. 

3° Le soufre trichitique de M. R. Brauns possède aussi des formes géo- 
métriques régulières, rhombiques et le plus petit indice de réfraction 
coïncide avec la grande diagonale. 

h" Le soufre signalé par M. 0. Lehmann et identifié par M. R. Brauns 
avec son soufre trichitique est distinct de ce dernier. 

5° Le polychroïsme des modifications obtenues sur une lame de verre, 
à l'exception peut-être du soufre trichitique de R. Brauns, parait être due 
à des inclusions d'une variété non encore déterminée de soufre coloré. On 
observe en effet des cristaux ayant la même orientation que ceux-ci, et dé 
pourvus de polychroïsme. En outre, ce soufre inclus dans les formes cris- 
tallisées favorise leur transformation en soufre rhombique a. 

ti Une solution de sulfure de carbone dépose à la température ordi- 
naire, en même temps que du soufre octaédrique, une petite quantité de 
iiistaux de soufre monoclinique f3 et de soufre nacré. Le fait est mis faci- 
lement en évidence en étendant sur une lame de verre porte-objet une 



— 204 — 

couche d'essence de térébenthine sur laquelle la goutte de sulfure de car- 
bone saturée de soufre est ensuite déposée. 

7 Le soufre mou, en devenant cristallin, se transforme d'abord et 
simultanément en soufre rhombique, radié peu réfringent, en soufre tri- 
chitique de H. Brauns et en soufre trichitique de 0. Lehmann. La quantité 
relative de ces trois sortes dépend de la température à laquelle le soufre a 
été porté. 



Résultats pbtrograpbiques du voyage de M. Maurice de Rothschild 

DA\S LE PAYS SoMALI-DAyKAU ET ES AbYSSINIE, 

par MM. H. Aiisandaux et H. Neuvillb. 

M. Maurice de Rothschild a rapporté de son récent voyage dans l'Est- 
Africain, un ensemble de documents d'ordre pétrograpbique , concernant 
l'itinéraire suivant : 

Aller. — De Diré-Daoua (point terminus actuel du chemin de fer de 
Djibouti à Harar) à Addis-Abbeba , par les plateaux Harari et le Tchercher, 
passant l'Aouache au Pont de fer, et, de là, gagnant le Choa par les loca- 
lités de Tadetchamalka et Baldji. 

Retour. — D'Adis-Abbeba à Diré-Daoua , en descendant la vallée supérieure 
de l'Aouache jusqu'au Pont de fer, et de là gagnant le point terminus du 
voyage par la route désertique de l'Assabot. 

Une partie de cet itinéraire a été déjà étudiée antérieurement ., à la suite 
de la mission de M. H. Weld Blundell (1) (1899-1900), puis de celle de 
M. J. Duchesne-Fournet (2) (1901-1909.). Les documents récemment rap- 
portés viennent confirmer les résultats pétrographie] ucs acquis précé- 
demment, et ceux qu'il convient d'envisager plus particulièrement sont 
relatifs au bassin supérieur de l'Aouache, au-dessus du Pont de fer, docu- 
ments qui ont été recueillis par l'un de nous suivant un itinéraire tout à 
fait nouveau. 

L'ensemble de la collection pétrograpbique rapportée par M. Maurice 
de Rothschild met une fois de plus en évidence la prédominance «1rs 
roches éruptives sur les roches sédimentaires dans le basssin de l'Aouache. 

Les roches éruplives sont basaltiques ou trachytiques , leurs relations 
avec les roches Bédimentaires 1 calcaires jurassiques ou crétacés, grès non 
fossilifères) sont rarement saisissables dans le bassin de l'Aouache; cepen- 

(') Petrological notes on Rocks from Southern Ahyssinia, byCatherine A.lUisuf. 
Quart Journ. . 1 qo!S. 

< 5) Compta rendus, a 3 Qovembi I 28 décembre ipo3. Congrès «1rs Sociétés 

savantes de 1 <|o'i. 



— 205 — 

thint. sur les contins du désert Somali, dans les premiers contreforts du 
plateau Harari, on constate que toutes leur sont postérieures. Quant à l'ordre 
de leurs venues, l'un de nous a établi que, dans le bassin inférieur de 
l'Aouache, les rocbes trachy tiques étaient intercalées entre des roches ba- 
saltiques, les unes porpbyroïdes et anciennes, les autres doléritiques et 
récentes; cet ordre de succession doit être vraisemblablement conservé dans 
le bassin supérieur du fleuve, étaut donnée la continuité géographique du 
bassin de TAouaclie, ainsi que l'idendité des divers types pétrographiques 
représentés dans ses deux parties. 

Les rocbes basaltiques, constituées par des basaltes proprement dits et 
par des labradorites , sont porpbyroïdes ou doléritiques, celles correspon- 
dant à ce dernier mode structural étant généralement bien moins magné- 
tiques que les autres; ces rocbes, fort étudiées et bien connues, ne pré- 
sentent aucune particularité remarquable; par contre , les roches tracbytiques 
qui offrent des types alcalins répandus sur une superficie considérable de 
cette région de l'Est-Africain , en constituent une des particularités pétro- 
graphiques les plus saillantes. 

Ces trachytes alcalins ont un caractère minéralogique commun, con- 
sistant dans la présence constante de l'anorlhose dans leur élément felds- 
pathique. Ils sont tous acides, le quartz de première consolidation s'y 
trouvant à l'état constant ou non; dans le premier cas, ils constituent des 
rbyolites , qui , dans leurs termes les plus sodiques , sont caractérisés par la 
présence de minéraux colorés ferrico-sodiques , et se distinguent sur le 
terrain par un rubanement et une sebistosité accentués. Quand le quartz 
est inconstant, ces trachytes se présentent sous l'aspect déroches vertes, 
généralement très vitreuses, lluidales et grossièrement fissiles; ils ren- 
ferment un minéral coloré caractéristique : la cossyrite ; ils correspondent 
alors aux roches connues sous le nom de Pantellérites. 

Au milieu de ces pantellérites existent, en masses plus ou moins impor- 
tantes, des roches vertes, tuffacées, analogues, au point de vue de la compo- 
sition minéralogique, à ces mêmes pantellérites, dont elles ne semblent 
représenter qu'un faciès de dévitrification plus ou moins prononcé, et qui, 
au point de vue de la classification pétrographique , doivent être rangées 
parmi les rbyolites. 

A ces diverses roches tracbytiques vient s'associer, à Ouardji, une roche 
holocristalline qui leur est étroitement apparentée au point de vue magma- 
tique; c'est un microgranite à anorlhose, cossyrite, segyrine et riébcckite, 
tout à fait analogue à celui décrit par M. Prior (l) sous le nom de Paisanite, 
roche dont le gisement est situé au mont Scholoda (Tigré). 

Les différentes roches alcalines qui viennent d'être examinées sont loin 
de se présenter avec des caractères fixes dans le bassin de l'Aouache: il 

M Mm. Mai;., vol. XII, n° 07. 



— 206 — 

existe, eu effet, toute une gamme de termes permettant d'apprécier les pas- 
sages insensibles qui relient soit la roche de Ouardji aux rhyolites alcalines, 
soit les pantcllérites à leur terme extrême de dévilrification. L'ensemble de 
ces observations, qui se trouve être confirmé par l'interprétation des ana- 
lyses en bloc que l'un de nous a effectuées (l) sur de nombreux types de 
ruches alcalines de la région envisagée, permet de considérer ces roches 
comme constituant des faciès de variation d'un même magma acide et so- 
dico-potassique. 

Les roches balsatiques et les roches trachytiques qui viennent d'être 
passées en revue constituent la majorité des échantillons de la collection 
que nous présentons ici. Elles s'y trouvent sous leurs formes ordinaires, les 
roches balsaliques présentant dans leurs types respectifs des caraclrres uni- 
formes, les roches trachytiques, au contraire, offrant des faciès divers : 
pierreux, ponceux, obsidienniques, sphérolitiques, perlitiques; à ces échan- 
tillons de roches, viennent s'adjoindre quelques-uns de leurs produit de 
décomposition : zéolithes, opale, calcédoine, agate, silex, etc. L'énumé- 
ration de ces échantillons est consignée ci-dessous, en regard du nom des 
localités dont ils proviennent, localités dont l'emplacement sera précisé par 
la publication de la carte générale du voyage, que doit publier prochai- 
nement M. le lieutenant Victor Ghollet. 

1. Feldspath orthose. — Environs de Diré-Daoua (route de Harrar). 

1 '. Quartz de pegmatique. — Environs de Diré-Daoua (route de Harrar ). 
I 1 '. Granulile altéré-e. — Environs de Diré-Daoua (route de Harrar). 

2. Argile avec dépôts ocreux. — Hieka (au voisinage des puits). 

3. Argile ocreuse (Latérite). — Entre Irna et Kounhi. 

h. Andésite. — Entre Irna et Kounhi. — Fragments inclus dans l'échan- 
tillon suivant. 

5. Hhyolite. — Entre Irna et Kounhi. — Surmontant l'argile ocreuse 

n"3. 

6. Basalte. — Babasso (près de Kounhi). 

7. Géode de calcédoine avec quartz cristallisé. — Près de Kounhi. 

8. Grès ferrugineux (?). — Caverne, près de kounhi. 

9. Formation stalaclitique calcédonnieuse. — Caverne, près de Kounhi. 

10. Grès rouge à grain (in. — Colline de Makannissa. 

11. Grès jaune à grain fin. — Colline de Makannissa. — Surmontant le 

précédent. 

12. Grès grossier. — Base des affleurements degrés de la montagne de 

Tchalianani. 

13. Grès(?). — Base des affleurements de grès de la monutgne deTcha- 

lin.iiii. 



(i) 



Comptes rendut , i3 février 190;). 



— 207 — 

\h. Basalte altéré (?). — Base des affleurements de grès de la montagne 
de Tchafinani. 

15. Grès grossier. — Base des affleurements de grès de la montagne de 

Tchafinani. 

16. Grès à grain fin. — Sommet de la montagne de Tchafianani. 
16\ Grès ocreux. — Sommet de la montagne de Tchafinani. 

17. Grès grossier. — Intercalé entre les échantillons n et 12. 

18. Grès avec formations siliceuses. — Base de la montagne de Tcha- 

finani. 

19. Panlellérite vitreuse. — Laga Hardine. 

20. Basalte vacuolaire. — Laga Hardine. 

21. Rhyolite altérée. — Près de Katchinoa. 

22. Basalte vacuolaire. — Bord de l'Aouache, au Pont de fer. 

23. Pantellérite pierreuse. — Près de Katchinoa. 

24. Basalte. — Encaissant l'Aouache, au Pont de fer. 

25. Silex résinite. — Près de Katchinoa. 

26. Obsidienne. — Filoa. 

27. Pantellérite pierreuse. — Falaise terminant la plaine du Fantalé , dans 

la direction d'Addis-Abbeba. 

28. Basalte doléritique altéré. — Plateau suddu Kassam(camp de Filoa). 

29. Obsidienne de pantellérite. — - Plateau de Filoa, direction du 

Fantalé. 

30. Obsidienne de pantellérite. — Entre Ouaramalka et Filoa. 

31. Obsidienne de pantellérite. — Entre Ouaramalka et Tadetchamalka. 

32. Obsidienne de pantellérite. — Filoa. 
33 a . Obsidienne sphérolitiquc. — Filoa. 
33 b . Obsidienne perlilique. — Filoa. 

34. Pantellérite altérée. — Encaissant la rivière Gadabourka, à Baltchi. 

35. Pantellérite pierreuse. — Falaise de l'Akaki. 

36. Basalte vacuolaire. — Falaise de l'Akaki. 

37. Pantellérite pierreuse. — Addis-Abbeba. 

38. Panlellérite pierreuse. — Bord de l'Akaki (au sud d'Addis-Abbeba). 
39\ Trachyte altéré. — Entre l'Akaki et Ourbou. 

39 b . Andésite. — Entre l'Akaki et Ourbou. 

40. Pantellérite pierreuse. — Entre Ourbou et Gtidjia. 

41\ Basalte. — Entre Ourbou et Gadjia. 

41\ Obsidienne. — Entre Ourbou et Gadjia. 

42. Pantellérite altérée. — Parsemant la surface du sol entre Ourbou et 

Gadjia. 
42*. Obsidienne. — Parsemant la surface du sol entre Ourbou et Gadjia. 

43. Obsidienne. ■ — Gadjia. 
43*. Rhyolite altérée (?). Gadjia. 

44. Basalte doléritique. — Près do Gadjia. 



— 208 — 

45". Pantellérite. — Gué en cascades près de Gadjia. 
45\ Pantellérite. — Gué en cascades près de Gadjia. 

46. Pantellérite. — Petit gué près de Gadjia. 

47. Tuf balsatique. — Caverne près de la chute de l'Akaki, entre Gadjia 

et Abou. 
/i8. Rhyolite altérée. — Entre Gadjia et Abou. 
48". Obsidienne. — Entre Gadjia et Abou. 

49. Basalte porphyroïde. — Chute de l'Akaki, près d'Abou. 
&9\ Obsidienne. — Près de la chute de l'Akaki. 

50. Pantellériles. — Entre Abou et le confluent de l'Akaki. 

5 I . Rhyolile altérée. — Entre Abou et le confluent de l'Akaki. 

52. Rhyolite et produits d'altération. — Confluent de l'Akaki (rive 

droite). 
52". Obsidienne. — Confluent de l'Akaki (rive droite ). 

53. Rhyolites ponceuses et pierreuses. — Confluent de l'Akaki (rive 

droite). 
53". Rhyolite altérée. — Confluent de l'Akaki (rive droite). 
53\ Obsidienne. — ■ Confluent de l'Akaki (rive droite). 

54. Rasalte dolérilique. — Encaissant l'Akaki à son confluent. 
54". Pantellérite. — Encaissant l'Akaki à son confluent. 

55. Rhyolite altérée. — Surmontant les deux échantillons précédents. 

56. Rhyolites ponceuses. — Au-dessus de l'échantillon 55. 

57. Rhyolite ponceuse altérée. — Entre l'Aouache et la Golba. 

59. Rhyolite altérée. — Entre l'Aouache et la Golba. 

60. Rhyolite ponceuse. — ■ Entre l'Aouache et la Golba. 

61. Grès blanc. — Près de la Golba. 

62. Rasalte. — Près de la Golba. 

63. Agate. — Près de la Golba. 

64. Rhyolites altérées. — Près de la Golba. 

65. Rhyolite altérée. — Près de la Golba. 

66. Rhyolite altérée. — Vallée de Sédène. 

67. Ryolite lufacée. — Mégalithes de Sédène. 

68. Rhyolite tufacée. — Mégalithes de Tiya. 

69". Rhyolite altérée. — Couche superficielle des lombes de Sédène. 
69 b . Argile provenant de l'altération des Rhyolites. — Couche moyenne 

tombes de Sédène. 
69 e . Rhyolite tufacée. — Fond des tombes de Sédène. 

70. Rhyolite tufacée. — Mégalithes de Sédène. 

71 . Trach) te. — Entre Sédène et l'Aouache. 

72. Rhyolite tufacée. — Confluent Akaki-Aaouache (rive droite de 

l'Akaki). 
72". Basalte vacuolaire. — Confluent Vkaki-Aouache (rive droite de 
l'Akaki). 



— 209 — 

73. Rhvolite altérée. — Confluent Akaki-Aouache (rive droite de 
l'Akaki). 

1k. Produit csdcédonieux d'altération des Rhyoliles. — Rive gauche de 
l'Akaki, à son confluent. 

75. Trachyte altéré'. — Confluent Akaki-Aouacke (rive gauche de l'A- 
kaki). 

70. Rhvolite altérée, recouverte d'opale pulvérulente. — Confluent 
Akaki-Aouache (rive gauche de l'Akaki). 

77. Rhyolite altérée. — Confluent de l' Akaki-Aouache (rive gauche de 

'l'Akaki). 

78. Rhvolite altérée. — Confluent Akaki-Aouache (rive gauche de 

l'Akaki). 
78*. Rhyolite altérée. — Confluent Akaki-Aouache (rive gauche de 
l'Akaki). 

79. Pantellérite pierreuse. — Pied du montZyqual. 
81. Pantellérite pierreuse. — Somme! du montZyqual. 
8:2. Trachyte altérée. — Versant ouest du mont Zyqual. 

83. Rhyolite altérée. — Versant ouest du mont Zyqual. 

84. Brèche à grain lin. — Goro. 

85. Cinérite. — Goro. 

86. Pantellérite pierreuse. — Entre le Zyqual cl Goro. 

87. Rhyolite lufacée. — - Entre Goro et Boukrat. 

88. Rhvolite altérée. — Entre Goro et Boukrat. 

89. Rhvolite tufacée. — Boukrat. 

90. Cinérite. — Boukrat. 

91. Obsidienne rhyolitique. — Boukrat. - Encaissant l'Aouache au- 

dessous de sa chute. 

92. Rhyolite tufacée. - Boukrat. — Encaissant la chute de l'Aouache. 

93. Cinérite. — Boukrat. 

9'i. Pantellérite altérée. — Boukrat. 

95. Rhyolite altérée. — Boukrat. 

96. Rhyolite altérée. — Boukrat. 

97. Rhyolite altérée. — Boukrat. — Constituant le plateau qui domine la 

chute du fleuve (rive gauche). 

98. Rhyolite altérée. — Boukrat. — Jonchant le sol du plateau pré- 

cédent. 

99. Rhyolite alléré.«. — Boukrat. 

100. Ponce trachytique. — Boukrat. 

101. Ponce trachytique. — Boukrat. 

102. Cinérite. — Boukrat. 

103. Ponce trachytique. — Boukrat. 
1M. Cinérite. — Boukrat. 

10V. Rhyolite tufacée. — Encaissanl un torrenl entre Boukral et Mitcha. 

Muséum. — xi. i h 



— 210 — 

105. Ginérite. — Mitcha. 

106. Cinérite. Encaissanl la rivière Melka Hieka, près de Goro Go- 

motou. 

107. Basalte porphyroïde. — Goro Gomotoa. 

108. Opale à spiculea d'épongés el j »»*t i l s organismes. — Entre Négo cl 

\ ;iba. 
108*. Rhyojjte ponceuse. — Entre Négoel Yaba. 

109. Ponce trachytique. — Entre Négo et Yaba. — En énormes blocs 

affleuranl à travers l'humus des marécages dans l»'s<|in'ls coule 
l'Aouache. 

110. Pantellérite pierreuse. — Yaba. 

111. Pantellérite pierreuse. - A la base de la falaise de Yaba. 
1 I I'. Pantellérite pierreuse. - \ la hase de la falaise de Yaba. 

I \û. Basalte porphyroïde. — Au sommet de la falaise de \aba. 

I 12*. Ponce trachytique. - ia sommet de la falaise de Yaba. 

I L3. Ginérite. \ la partie moyenne de la falaise de Yaba. 

1 1/j. Cinérite. — A la hase de la falaise de Yaba. 

I I 4\ Ginérite. - A la hase de la falaise de ï aha. 

M 4 b . Basalte porphyroïde altéré. — En gros blocs à la hase de la falaise 

de Yaba. 
Ilô. Pantellérite pierreuse. — Couronnanl celle falaise dans la direction 

de l'Aouache. 
1 Kl. Pantallérite vitreuse. - Couronnanl la falaise au-dessus de l'endroit 

OÙ oui été prises les ciuériles. 

116". Pantellérite vitreuse. —Couronnant la falaise au-dessus de l'endroit 

oii oui élé prises les cinéi'ites. 

I 17. Pantellérite pierreuse. - Couronnant la partie médianede la falaise 
de Yaba. 

118. Rhyolite altérée. — Barco. 

1 19. Ginérite. Barco. 

120. Pantellérite pierreuse. • -Barco. — Formant le massif qui domine la 

chute de I louache. 
120*. Rhyolite tufacée. — Barco. 

121. Rhyolite tufacée. Barco. — Formant la chute de l'Aouache. 
\'2'1. Pantellérite pierreuse. — Barco. — En débris formant le lit de 

I Gouache. 
122 . Rhyolite Lufacée. - Près «le Yaba. 

123. Ponce trachytique. Entre Yaba et Tchorré. 

124. Rhyolite vitreuse. Entre Yaba ci Tchorré. 

125. Opale pulvérulente. — Entre Yaba el Tchorré. 

126. Pantellérite altérée. - Entre Yaba et Tchorré. 

127. Rhyolite tufacée. - Entre Yaba et Tchorré* 

128. Pantellérite pierreuse - Entre Yaba et Tchorré. 



— 211 — 

129. Rhyolite altérée. — Entre ïfaba et Tchorré. 

130. Rhyolite et Pantellérite. — Entre V'aba et Tchorré. 

131. Rhyolite tufacée. — Tchorré. — Formant le lii du torrent. 

132. Basalte doléritiqae. — Entre Tchorré et Soullouké. 

133. Basalte doléritique altéré. - Entre Tchorré el Soullouké. 

134. Pantellérite pierreuse. — Entre Tcliorré et Soullouké. 

135. Rhyolite altérée. — Kntre Soullouké et Roughetti. 
135'. Obsidienne de Rhyolite. — Entre Soullouké el Roughetti. 
I35 h . Rhyolithe rubanée. — Entre Soullouké et Roughetti. 

136. Rhyolite altérée. — Roughetti. 

137. Basalte vacuolaire. — Près de Roughetti. 

138. Ginérite. — Près de Ouardji. 

139. Rhyolite Bphérolithique. — Sources chaudes près de Ouardji. 
139". Rhyolite sphérolithique. — Sources chaudes près de Ouardji. - Les 

sources sortent de cette roche et des deux suivantes plus ou moins 

altérées. 
1 3 9\ Obsidienne rhyolitique. — Sources chaudes près Ouardji. 
139 e . Pantellérite pierreuse. — Sources chaudes près Ouardji. 

140. Opale. — Sources chaudes près Ouardji. Au contact des sources. 

141. Microgranite (Paisanite). — Sources chaudes près Ouardji. 

Constituant une haute falaise en face des sources chaudes, du 
côté de l'Aouache. 

142. Rhyolite altérée. — Près de Ouardji. 

143. Rhyolite altérée. — • Entre Ouardji et Karoma. 

144. Rasalte porphyroïde, altéré. — Entre Ouardji et Karoma. — Bords de 

l'Aouache. 

145. Rhyolithe altérée. Karoma. Encaissant l'Aouache. 

146. Rhyolithe rubanée. - - Karoma. — Encaissant l'Aouache. 

147. Rhyolithe altérée. - Karoma. - Encaissant l'Aouache. 

148. Ponce trachytique. — Karoma. ■ — Encaissant l'Aouache. Mêlée aux 

échantillons précédents. 

149. Rasalte aller*'. - Karoma. ■ — Encaissant l'Aouache. 

149*. Basalte porphyroïde. - Karoma. En blocs éboulés dans les couches 

précédentes. 
149 b . Rasalte porphyroïde. Karoma. — En blocs éboulés dans les 

couches précédentes. 
149°. Pantellérite pierreuse. — Karoma. — ■ En blocs éboulés dans les 

ruuclies précédentes. 
1 50. Basalte ophitique altéré. — Pies de Karoma. 

151. Basalte altéré. Dirouhoria. 

152. Rhyolite tufacée. — Près de Dirouhoria. 

153. Rasalte altéré. — Dallo. 

154. Pantellérite vitreuse. Dallo. 



— 212 — 

15V'. Pantellérite altérée. — Dallo. 

155. ïUiyolite rubanée. — Entre Dalio et Endessa. --Encaissant l'Aouache 

sur les deux rives. 
1 56. Cinérite. — Près du lac Métaara. 

157. Tnf. Près «lu lac Métaara. 

158. Tuf silicifié. - Près du lac Métaara. - Ces trois échantillons (i56, 

107 et i58) formenl les rives da lac du côté de l'Aouache. 
158'. Basalte vacuolaire. - - Au pied du mon1 Fantalé. 

159. Rhyolite altérée. - Endessa. 

160. Basalte porphyroïde. — Endessa. 

161. Sable latésique. — Endessa. Les échantillons 169, 160 el 161 for- 

ment les rives de l'Aouache, peu élevées à cel endroit. 

162. Basalte porphyroïde. in pied d'un cratère secondaire du Fantalé. 
162'. Pantellérite pierreuse. — Au pied d'un cratère secondaire du 

Fantalé. 
162 b . Obsidienne de Pantellérite. — Au pied d'un cratère secondaire du 

Fantalé. 
I (')."). Rhyolite altérée. — Près d'Endessa. 
L6A. Pantellérite pierreuse. — Entre le Fantalé et l'Aouache. 

165. Rhvolite lufacée. — Kottouhi-Dagaga. — Encaissanl l'Aouache. 

166. Rhyolite tufacée. — Kottouhi-Dagaga. — Encaissant l'Aouache. 

167. Rhyolite lufacée. — Eulrc Dagaga et le Pont de fer de l'Aouache. 

168. Rhyolite tufacée. — Entre Dagaga et le Pout de fer de l'Aouache. 

169. Pantellérites. — Bord de l'Aouache (rive gauche), au Pont de fer. 
169*. Basalte porphyroïde. — Bord de l'Aouache (rive gauche), au Pont 

de fer. 

170. Rhyolite tufacée. - Aouache (rive droite), au Pont de fer. 
170". Silé\. — Katchinoa. 

170 b . Jaspe. ■ — Katchinoa. 
170'. Jaspe. — Katchinoa. 

171. Basalte porphyroïde. — Laga Harba. 

172. Pantellérite altérée. — Laga liai lia. 

17:5. Basalte doléritique. Entre Laga Harba el Ouotchocha. 

174. Pantellérite. EntreLaga Harba et Ouotchocha. 

175. Basalte porphyroïde. Entre Laga Harba et Ouotchocha. 
175*. Obsidienne rhyolitique. — Entre Laga Harba el Ouotchocha. 

176. Basalte porphyroïde. — Entre Ouotchocha et la rivière Moullou. 

177. Pantellérite pierreuse. — Entre Ouotchocha et la rivière Moullou. 

178. Basalte porphyroïde. Entre Ouotchocha el la rivière Moullou, 
170. Rhyolite altérée. - Entre Ouotchocha et la rivière Moullou. 

180. Rhyolite altérée. - Entre Ouotchocha el la rivière Moaliou. 

181. Pantellérite pierreuse. — Rivière Moullou. 

182. Pantellérite altérée. Entre Moullou e1 Dalladou. 



— 213 — 

183. Rhyolite. — Entre Moullou et Dalladou. 
18 4\ Silex. — Dalladou. 

185. Basalte porphyroïde altéré. — Dalladou. 

186. Basalte porphyroïde. — Entre Dalladou et Derela. 

187. Ciuérite. — Entre Dalladou et Derela. 

1 88. Rhyolite. — Entre Dalladou et Derela. 

1<S ( .). tirés. — Entre Derela et Gotta. — Formant le lit de la rivière Elabella 

et un massif voisin. 
189'. Tracliy-phonolite. — Entre Derela et Gotta. 
189''. Rhyolite. — Entre Derela et Gotta. 
189 e . Rhyolite ruhanée. — Entre Derella et Gotta. 

190. Pantellérite et produits d'altération. — Entre Derela et Gotta. 

191. Trachyte altérée. — Entre Derela et Gotta. 
191". Silex verts et rouges. — Entre Derela et Gotta. 
191 b . Quartz. — Entre Derela et Gotta. 

192. Trachyte altérée. — Près de la rivière Gotta. 

193. Produits d'altération des Rasaltes. — Rivière Gotta. 

194. Quartz. — Rivière Gotta. 
194\ Silex vert. — Rivière Gotta. 

195. Rhyolite altérée. — Entre Gotta et Hokfallé. -- Encaissant la rivière 

Errer. 
195". Jaspe rouge. — Entre Gotta et Hokfallé.- - Bord de la rivière 

Errer. 
195''. Trachyte altérée. — Entre Gotta et Hokfallé. — Encaissant la rivière 

Errer. 

196. Rasalte porphyroïde altéré. — Entre Gotta et Hokfallé. — Encaissant 

la rivière de Hokfallé. 
196°. Rhyolite altérée. ■ — Entre Gotta et Hokfallé. — Encaissant la rivière, 
de Hokfallé. 

197. Rasalte altéré. —Hokfallé. 

198. Quartz. — Hokfallé. 

199. Calcite. — Hokfallé. 

199\ Rhyolite altérée. — Hokfallé. 
199''. Rasalte altéré. — Hokfallé. 
199. Silex. —Hokfallé. 



MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE 



BULLETIN 



DU 



MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE 



ANNÉE 1905 



N° 4 




PARIS 

IMPRIMERIE NATIONALE 



MDGGGGV 



SOMMAIRE. 



Page.".. 

Actes officiels. Nomination de M. Grébanl comme membre de l'Académie 
de médecinei do M. Edmond Perrier comme membre lionoraire de 
l'Institut égyptien; de MM. Di^iK-t . Camus, Patouillard et Baer 
connue correspondants du Muséum 210 

Correspondance. Dons 916 

Léon Vaillant. Variations observées sur le crâne chez le Tesiudo radiata 

Schaw el chez le Jacaretinga telerops Schneider 219 

E.-L. Bouvier. Notice sur Al. Henri de Saussure 293 

.1. Klxckël d'IIerci lais. Les Lépidoptères ps\ chides et leurs plantes proler- 

trîces aa5 

— Le Monodontomerus phormio Walker, parasite de la Psyché > Chalia) 

h unckelii Hylaerts 227 

II. bu Buysson. Catalogue des Tenlhrédinides du Muséum de Paria aa8 

l) r G. Nobili. Note sur Ocypoda Fabricii Mime Edwards 229 

— Note synonymique sur Actaea Kraussi A. M. E. nec Hell 235 

— Quelques Décapodes nouveaux du golfe Persique a38 

Edmond et Etienne Sergent. Nouvelle espèce de Culicide algérien ((Irabha- 

mia subtiUs) aio 

Maurice Pic. Deux Formicomus africains nouveaux des collections du .Mu- 
séum de Paris ai 2 

Ch. Gravier. Sur une nouvelle espèce de Néréidien d'eau douce des îles 

Gàmbier 2 '1 3 

— Sur les Néréidiens d'eau douce et leurs formes sexuées 9 '17 

Louis Germain. Sur les Mollusques recueillis par les membres de la Mission 

F. Foureau-Lam\ dans le Centre africain 9 '19 

— Liste des Mollusques recueillis par M. E. Foa dans le lac Tanganika et 

ses environs a5& 

Edouard Lamy. Liste des coquilles de Gastropodes recueillies par M. Ch. Gra- 
vier dans le golfe de Tadjourah [Jin ) 261 

A. Railliet et A. Henry. Le Triodontophorus deminntus , nouveau Sclérosto- 

mien parasite de l'homme, et la cachexie africaine :'<>9 

Soijny. In cas de fasciation sur un Cerisier 27a 

— Note de M. Costantin 273 

Pierre Embby. Note sur une coupe géologique relevée pendant les travaux 
de l'ascenseur de la terrasse de Saint-Germain-en-Laye (Seine-et- 
Oise ) ■> 7 '1 

Maqi suifs ei E. Roi s. Constitution île l'amidon 976 



BULLETIN 

DU 

MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE. 



ANNEE 1905. N° 4, 



83 K KEUMON DES NATURALISTES DU MUSEUM. 

3o MAI 1Q05. 

PRÉSIDENCE DE M. EDMOND PERRIER, 

DIRECTEUR DU MUSEUM. 



M. le Président dépose sur le bureau le fascicule du Bulletin pour 
l'année 1905, contenant les communications laites dans la réunion 
du 28 niais ioo5. 

Par décret du 7 avril 1905, le Muséum est autorisé à accepter 
les collections botaniques et la bibliothèque réunies par feu M. Drake 
del Castillo et léguées par M me V ve Drake del Castillo et ses enfants. 

Par arrêté du i!? mai 1905, M. Seurat (Léon-Gaston), rentrant 
d'une mission dont il avait été chargé à Tahiti, est invité à re- 
prendre, à dater du i er mai 1906, ses fonctions de préparateur de 
Zoologie £U laboratoire de Biologie appliquée aux colonies. 

M. le professeur Gréuant a été nommé membre de l'Académie de 
médecine (section d'Anatomie et Physiologie). 

M. Perrieb (Edmond), directeur du Muséum, a été nommé 
membre honoraire de l'Institut égyptien. 

Le 6 avril 1905, M. Loubet (Emile), président de la République, 
rend visite aux collections du Muséum d'histoire naturelle. 

Mi;ski;m. — il. 1 ■> 



— 216 — 

J);ms sa séance du 16 mars 1905, l'assemblée des professeurs 

du Muséum a n mé correspondant du Muséum M. Diguet (Léon), 

voyageur naturaliste, à Paris; dans sa séance du 6 avril iuo5, 
cette assemblée a décerné le titre de correspondant du Muséum à 
MM. Camus (Fernand), docteur en médecine, Licencié es sciences 
naturelles, à Paris; Patouillard (Narcisse), docteur en pharmacie, 
à Vnillv-sur-Seine. el M. (i.-\. Baer, naturaliste, à Paris. 



CORRESPONDANCE. 

Par Ici 1res des 7 et 1 1 avril et 27 mai i<)o5, datées de konakrv. 
M. le gouverneur des colonies Frkzouls, lieutenant-gouverneur de 
la Guinée française, annonce l'envoi au Muséum de deux caisses 
renfermant des roches et des échantillons botaniques el d'un colis 
d'animaux marins et de coquilles recueillis dans la colonie. 



Par lettre du 7 avril i<)o5, M. Serre (Paul), consul de France 
à Batavia, annonce l'envoi de deux caissettes de collections diverses 
el donne des renseignements sur ses recherches. 



Par lettres du 28 mars et du 18 mai 1905, datées de Buenos- 
Ayres. M. Charcot, chef de l'expédition antarctique française, an- 
nonce son prochain reloue eu France, remercie le Muséum de laide 
qu'il lui a prêtée pour mener à bien celte mission el informe cet 
établissement de l'envoi qui lui est l'ail de trois barils contenait! des 
peaux de Phoques. 

Par lettre du 7 mai io,o5, M. Soi lu; (François), propriétaire à 
Salmanac, près Saint-Affrique (Avcyron), demande des renseigne- 
ments sur les collections diverses que son frère, feu le H. P. Soi in.. 
missionnaire apostolique an Thibet, a envoyées an Muséum. 



l'ai- lettre «In a5 février 1 905 , datée de Chillaricha , et par lettre 
du •»«) avril 1906, datée d'AnlUrodra, M. le D' Rivet, médecin- 



— 217 — 

major de 3 e classe, de la mission géodésique de l'Equateur, annonce 
l'envoi de colis renfermant les peaux et ossements de huis Che- 
vreuils, un herbier, des Batraciens et des Insectes. 



Par lettre du ih fe'vrier 1905, M. le !>' Bussière (J.-A.), mé- 
decin-major de •>" classe de l'armée coloniale au consolai de France 
à Bouchir (Golfe Persique), annonce l'envoi au Muséum, par l'in- 
termédiaire de M. le D r Faivre (Paul), rentrant en France, de col- 
lections d'Insectes et minéraux des régions persanes du golfe Per- 
sique. Il offre, eu outre, de continuer ses services au Muséum et 
demande des instructions qui devront être adressées à son corres- 
pondant à Marseille, M. Estrangin (Eugène), rue Grignan, '19. 



Par lettre du 2 mai 1905, datée de Andrada, par Macequece 
(Afrique orientale allemande), M. Vasse (Guillaume) signale les dif- 
ficultésqu il rencontre pour adresser desanimauxvivants au Muséum. 
II donne, en outre, des renseignements sur ses recherches. 



Dons : 

M. le général de division Frky, de l'infanterie coloniale, ollre à 
la bibliothèque du Muséum deux de ses ouvrages traitant de la 
langue annamite. 

Don l'ait à la Ménagerie du Muséum, par M. P. Bastié, d'une 
\11liiope Guib. 

Lue magnifique et nouvelle collection de pierres précieuses et de 
minéraux offerte au service de Minéralogie par M. Pierpont Morgak. 



M. Maurice de Rothschild a fail don au Muséum de plusieurs 
animaux, au sujet desquels M. le professeur Oustalet fait la com- 
munication suivante : 

M. Maurice de Rothschild, qui vient d'effectuer nu voyage d'exploration 
scientifique dans l'Afrique orientale, a bien voulu faire «Ion au Muséum dr 

1 .") . 



— 218 — 

plusieurs animaux très intéressants , les uns vivants, les autres à l'étal de 
dépouilles. 

Parmi les animaux vivants qui soûl venus enrichir notre Ménagerie, je 
signalerai deux jeunes Lions el une Hyène tachetée (Hyaena crocuta). I ue 
Autruche qui f;iis;iit partie du même envoi est morte malheureusemenl au 
momenl du débarquemenl à Marseille. Elle appartenail à l'espèce à cou 
bleu ((Stnttlti» moiybdophanes) dont on peut voir deux spécimens admira- 
blemenl montés Sans nos galeries, espèce ou race qui représente l'Autruche 
ordinaire dans le Çomal et dans l'Afrique centrale. 

I ne Aniiloppe caima ou K/iuid lonie montée et la dépouille d'une Girafe 
mâle, liés adulte, viennenl . d'autre part, prendre place dans nos collections, 
auxquelles M. de Rothschild destine de nombreuses séries de Mammifères 
ei d'Oiseaux qui sonl d'ores el déjà déposées dans mon laboratoire el donl 
M. Neuville, qui a accompagné M. de Rothschild dans son voyage, et moi- 
même allons commencer l'examen. 

La Girafe se l'apporte à la variété Girqffa camelopardalisRothschildi, dont 
le mâle adulte porte cinq cornes, cinq protubérances dont les deux occi- 
pitales sont peu accentuées el ne correspondent pas à des saillies du 
crâne. 

L'Antilope canna offre plutôt les caractères de Canna de l'Afrique aus- 
trale i Taurotragus oreas) que de la variété Livingstoni de l'Afrique orien- 
tale, car si elle a sur son pelage ras et d'une teinte grisâtre quelques stries 
transversales, elle a sur la face des membres antérieurs les grandes taches 
foncées de l'omis. 

M. le Directeur du Muséum voudra certainement joindre les remercie- 
ments de l'Administration à ceux que j'adresse à M. .Maurice de Rothschild 
pour ce qui concerne mon service, au sujet de ces dons généreux el d'une 
si haute valeur. 



M. Clément dépose sur le bureau une lithographie représentant 

la .Maison de Cuvier nu Jardin des piaules. 



M. 1 1 a m ^ appelle l'attention de l'Assemblée sur deux brochures 
récemment publiées, qui intéressent l'histoire du Jardin des 
plantes. 

La première, <|ui a [tour auteur M F. Sadler, a paru dans le> 

Annales de lu Société historique et archéologique du Gâtinais pour i o,o5. 
Bile est intitulée: Les Davisson, seigneurs de Monvillc en Gâtinais (Fon- 
tainebleau, i <|<>. r >, broch. i:.-N" de li i p. , avec lin portrait el un tableau 

généalogique ). C'est l'histoire d'une famille d'origine écossaise, donl 



— 219 — 

le premier chef en France lui ce William Davisson, docteur en 
médecine, intendant du jardin du roi el professeur de chimie de 
iii'17 à i65t, dont j'ai écrit, en 1898, la biographie détaillée 
dans les Nouvelles archives du Muséum (3 e série, I. X, p. i-38). 

La seconde notice, intitulée: Cartes d'entrée au Muséum d'Histoire 
naturelle, est due à M. Henry Vivarez , président de la Société archéo- 
logique, historique el artistique Le vieux Papier ( 6 e ami.. Case. 3o, 
i er mai 1905); l'auteur a collectionné les cartes d'entrée au Muséum. 
imprimées, gravées, lithographiées. Il en possède jusqu'à quinze 
types différents, antérieurs à l'Administration actuelle, et il en a 
reproduit sept, depuis le billet d'Entrée pour voir les Eléphants, qui 
porte la signature autographe d'Antoine-Laurent de Jussieu, jus 
qu'au bon pour quatre personnes avec la griffe de Glievreul. 



COMMUNICATIONS. 



Variations observées sur. le crâne chez le Testi do radiata Schaw, 

ET CHEZ LE JaCARETINGA SCLEROPS ScilNBIDER, 

par M. Léon Vaillant. 

Les Herpétologistes ont aujourd'hui la tendance en taxinomie d'attribuer 
aux modifications que peut offrir le squelette une importance si prépondé- 
rante qu'elle aboutit, jusqu'à mi certain point, à un réel exclusivisme el 
qu'on ne pourrait déterminer un animal si l'on n'en connaît pas lostéo- 
logie dans ses menus détails. Sans aucun doute , cela se justifie jusqu'à 
un certain poinl par le rôle important que joui' l'appareil osseux dans la 
morphologie générale de ces animaux el s'exagère aussi par les applications 
à l'étude des animaux perdus, pour lesquels la nécessité contrainl de n'avoir 
recours qu'aux parties calcifiées de l'organisme. Toutefois, avant à plusieurs 
reprises insisté sur ce que cette méthode peut offrir d'imparfait, je désire 
attirer encore l'attention sur ce poinl à propos d'observations faites au labo- 
ratoire d'Herpétologie sur deux espèces appartenant, l'une à l'ordre des 
Chéloniens, l'autre , ; i celui des Émydosauriens. 

Pour le premier point, il s'agit d'uni' Tortue aussi bien définie comme 
espèce que bien délimitée dans son extension géographique, le Testudo 
radiata, de Madagascar. Nous avons pu. grâce surtout à un envoi impor- 
tant qu'avaient l'ail à la Ménagerie, en 1876, MM. Leroy el Lauratet, en 
rassembler une série de crânes d'au moins une vingtaine, à l'époque où je 



— 220 — 

cherchais sur celle même espèce les variations qu'auraient pu présenter, 
dans la disposition articulaire, les vertèbres cervicales (1880). En exami- 
nante forme du prolongement apophysaire postérieur 1 fig. 1). on constate 
que, chez les uns, il est aplati en lame verticale, à pointe postérieure sim- 
plement mousse, chez d'autres, au contraire, élargi transversalement, avec 
l'extrémité postérieure obtuse ou même tronquée. Entre les deux formes 
extrêmes ici Ggurées, il esl facile d'établir une série d'intermédiaires les 
reliant par transitions insensibles. Bien que l'un des deux individus, celui 
; 'i apophyse aplatie verticalement, soit un mâle, l'autre une femelle, l'en- 
semble «les pièces ne permet pas" de voir dans celle différence une question 
de sexe. 




Fig. 1. — ■ Testudo radiata Shaw. Deux crânes mis par la face ïnféricaro. 

(jranilcur naturelle. 



\l. Gadow, dans un intéressanl travail sur les Tortues gigantesques de 
l'île Maurice (1899), a indiqué, parmi les crânes retirés de la Mare aux 
Songes par M. Sauzier el ne présentant pas trois crêtes molaires aux mâ- 
choires, caractère distinctif (\t\ Testudo triserrata Gûnlher, deux types 
spécifiques (dont un seul est formellement dénommé) basés sur la l'orme 
de l'apophyse occipitale. \j-< différences, d'après les figures données 
par l'auteur (pi. IA1II. li g. 6 el 7) el l'étude que j'ai pu faire moi-même 
de neuf crânes de celle même localité, grâce h l'obligeance de M. Sauzier 
et de MM. Deyrolle, sont moins grandes certainement que celles ici 
données. 

Toutes ces pièces doivenl donc èlre rapportées ;'i lllle seule et llli'llie 



221 

espèce, vraisemblablement Testudo inepta Giinther, muni de deux crêtes 
molaires. 

La seconde observation, plus importante sans doute, a été faite sur deux 
crânes, l'un provenant d'un Crocodilien, <|ni vécul quelques jours à la M< : - 
uagerie, rapporté de la Guyane par M. Merwart, il mesure l5G milli- 
mètres; l'autre, un peu moins long, 1 io millimètres, a été pris sur l'un 
des cinq exemplaires ni peau recueillis par Sumichrasl dans la province 
de Chiapas, el sur lesquels feu Bocôurl a publié, en 1876, un travail spé- 
cial. (les exemplaires sont déterminés Jacarctinga sclerops Schneider, le 
second n'étant regardé, par Bocourl lui-même, nue comme variété sous 
la dénomination de chiapasius. 







Jacaretinga sclerops Schneider. Deux crânes vus par la face inférieure. 
Moitié de la grandeur naturelle. 



Ces deux crânes sont très comparables l'un à l'autre [tour l'ensemble. 
\insi en ce <pii concerne l'élongation, estimée, connue on r-sl générale- 
ment convenu de le faire, par la comparaison de la longueur, mesurée 
de l'extrémité du museau à la partie postérieure de la tablette crâ- 
nienne, à la largeur, prise au niveau du bord orbitaire antérieur, le 



— 222 — 



])lns grand donne un rapport de a. 2/7, le plus petil de 2. /i/o. La diffé- 
rence d'environ i/fi esl insignifiante el dans la limite d'erreurs <pii peu- 
M'iii résulter de semblables mensurations. 




Fig. 3. — Jacaretinga sclerops Schneider. Les deux mêmes 
crùnes vus par la fare supérieure. - Moitié de la grandeur 
naturelle. 



M.-iis si l'on examine la forme de quelques-uns des os, on constate dans 
la disposition des sutures certaines différences auxquelles, avec les idées 
actuelles, on devrail attacher une grande importance taxinomique. 
Ainsi, pour ne parler que des faits les plus saillants, à la voûte palatale 
(fig. 2) la suture transverse intermaxillo - maxillaire est, chez l'un, sensi- 

blemenl si use avec unlobe moyen convexe en avant; chez l'autre, 

ccllt' su 1 11 il- esl sans courbes bien apparentes, à très peu pies rectiligne. 
D'autre part, à la lace supérieure (fig. 3), les ns nasaux, à bord externe 
en ligne droite, donnent dans leur ensemble une forme bexagonale allon- 
gée pour le crâne venant de la Guyane; pour celui du Mexique, ce bord 
latéral externe, d'abord un peu excavé, esl ensuite en courbe nelte- 
nn'iil convexe jusqu'à smi extrémité postérieure, et l'ensemble des nasaux 



223 

donne ici une figure dilatée en arrière, assez comparable à «•elle d'un 
violon ' . 

( >n regardera . si l'on veul , comme très simple , en poussant à l'extrême les 
vues de Bocourt, d'élever, d'après ces caractères , au rang d'espèce ce Jacare- 
ftWa; en cherchant bien, on ajouterait, sans doute, quelques autres différences 
extérieures à celles invoquées par cet herpélologiste pour justifier sa variété 
chiapasius. Il est toutefois douteux quelles lussent d'une suffisante impor- 
tance après les études déjà laites par un savant aussi autorisé. Cette ma- 
oière de trancher le nœud gordien n'avancerai! au reste en rien la question 
pour la prééminence qu'on veut attribuer aux caractères ostéologiques 
quels qu'ils soient, tant que la limite de leurs variations ne sera pas mieux 
étudiée et mieux connue. Quoi (pion en puisse croire, c'est jusqu'ici l'ar- 
bitraire, qui règle le plus souvent le degré de valeur qu'il nous convienl 
d'attribuer à telle ou telle particularité de l'organisme. Aussi dans les dis- 
tinctions laxinomiques. surtout lorsqu'il s'agit d'espèces, il est évidemment 
[dus pratique, je dirais volontiers plus Logique, de donner la préférence 
aux caractères extérieurs, dont nous pouvons apprécier sur tous les sujets 
la permanence ou la variabilité, plutôt que de les faire dépendre de carac- 
tères anatomiques secondaires, lesquels ne paraissent plus constants qu'en 
raison de la difficulté que nous avons de les connaître pour chaque fait 
particulier. En tout cas, y a-l-il une gradation à établir et une mesure à 
observer dans l'emploi des caractères ostéologiques. 



Notice sur M. Hesri de Saussure, 
par M. E.-L. Bouvier. 

Après une longue et noble vie consacrée au culte pur de la science. 
M. Henri de Saussure vient d'être enlevé à sa famille, à ses amis et à ses 
nombreux disciples et admirateurs. Les zoologistes de toute nationalité 
n'apprendront pas sans émotion cette triste nouvelle: ils ont encore dans 
l'esprit le souvenir de ce beau vieillard, qui, à l'issue; du Congrès de Berne, 
leur offrit une réception si grandiose et si cordiale dans sa belle propriété 
du (lieux i!e Genthod. Un an n'est pas écoulé depuis lors, et voilà disparu 
pour toujours le vénéré doyen autour duquel ils s'empressaient à l'envi, 
en une manifestation respectueuse des plus touchantes. 

(,) Autant qu'on en peut jujjer au travers des téguments desséchés, sur les 
quatre autres exemplaires, de tailles variées, complétant l'envoi de Sumîchrast, 
celte disposition se retrouverait chez tous; mais on comprend qu'il n'est pas pos- 
sible, dans de telles conditions, d'être absolument affirmatif. 



— T2â — 

La carrière scientifique de M. Henri de Saussure a été singulièrement 
longue et remplie: elle dépasse un demi-siècle, et grâce à une activité 
constante, ne le cède en rien aux plus fécondes. Vers son début, elle es! 
caractérisée par «1rs Mixages d'études qui semblent avoir déterminé pour 
toujours l'orientation scientifique du savant. Ayant parcouru le Mexique, 
l'Amérique tropicale et les Antilles, M. de Saussure publia d'abord d'im- 
portants mémoires sur les Crustacés, les Myriapodes et les Oiseaux de ces 
dernières régions; puis, frappé sans doute par la variété et les curieux 
instincts des Guêpes américaines, il entreprit et rédigea vers la même 
époque (1 852-1 858) ses belles Etudes sur la famille des Vespidés (3 vol. 
avec un atlas). Ce travail fondamental est le chef-d'œuvre du maître, dont 
il résume toutes les qualités scientifiques : on ne saurait trop en louer la 
rédaction heureuse, la grandiose ampleur et surtout l'admirable précision. 
\u témoignage des plus compétents, c'est vraiment le modèle des mono- 
graphies zoologiques : l'auteur édifie de toutes pièces une classification 
rationnelle, figure et caractérise avec une netteté extrême toutes les Guêpes 
solitaires et sociales jusqu'alors connues, dévoile complètement les mys- 
tères de leur architecture complexe, et ajoute quantité de pages nouvelles 
à l'histoire de leur captivante biologie. Avec la finesse et la pénétration 
d'un précurseur, M. de Saussure a entrevu l'évolution de la famille, dans 
la complexité progressive des formes et des habitudes sociales; à cet égard, 
on doit citer comme particulièrement suggestives les pages consacrées par 
l'auteur aux Guêpes sociales primitives | hchnogasler, Mischocyltarus , etc.) 
et à leurs ressemblances avec les Guêpes solitaires de la tribu des Eumé- 
nides. 

Depuis cette œuvre classique, M. de Saussure a conservé- sa prédilection 
pour les Vespidés, qui le conduisirent, par une extension naturelle, à 
l'étude approfondie de tous les Aculéates ou Hyménoptères supérieurs. C'est 
ainsi qu'après avoir publié son important Synopsis nf American Wasps 
(Masarides et Kuménides), il étudia successivement les Hyménoptères «lu 
voyage de la Novara,les Scoliides recueillies au Turkestan par Fedschenko, 
les Hyménoptères du voyage de Voellzkow à Madagascar. M. de Saussure 
é'tait devenu un maître incontesté dans cette branche des sciences zoolo- 
giques, et comme son ardeur ne le cédait rien à son amabilité' exquise, 
les zoologistes de tous pays avaient recours à ses talents. Au surplus, il 
resta toujours dans la direction qu'il avait prise à l'époque ou furent 
publiés ses Mémoires sur l'histoire naturelle du Mexique et des Antilles ; 

il resta passionné pour l'étude des Myriapodes, mais pour donner libre 
cours à son activité inlassable, il étendit ses recherches au groupe des Or- 
thoptères. Tel est le domaine (pie M. de Saussure a fécondé par ses subs- 
tantiels et fort nombreux travaux. 

Correspondant du Muséum, M. de Saussure eut toujours des relations 
étroites avec notre établissement. Lié aux deux Milne Edwards par une aflfec- 



— 225 — 

tueuse sympathie el en correspondance intime avec Emile Blanchard, 

dont il fut quelque peu l'élève, il prêta conslaminenl an Muséum un con- 
cours précieux, el c'est à son travail que nos collections doivent nue partie 
de leur intérêt. Depuis ses débuts dans la science jusqu'à ses dernières 
années. M. de Saussure lui pour l'établissement le plus actif el le plus 
aimable des collaborateurs; dans ses Etudes sur la famille des Vespidcs, 
il a passé en revue toutes les Guêpes et tous les nids de Guêpes que le 
Muséum possédait alors; ultérieurement, il consacra des mémoires de 
premier ordre à la description des Hyménoptères, des Orthoptères et des 
Myriapodes recueillis à Madagascar par \1. Grandidier: l'année dernière, il 
nous donnait encore un travail sur les Hyménoptères dans l'Histoire natu- 
relle de l'Indo-Chine de M. Pavie; enfin, la mort est venue le frapper au 
moment où il employait sa belle lucidité' et ses profondes connaissances à 
l'examen des collections recueillies en Afrique par M. Charles Allnaud. 

\ ce vénéré zoologiste, à ce travailleur infatigable et à cel ami de tons 
les instants, le Muséum devail rendre un dernier hommage. Je remplis 
ce devoir avec piété, mais non sans tristesse, ayant an cœur le souvenir 
des heures délicieuses passées avec l'illustre vieillard dans son domaine 
Henri du Creux de Genthod. 



Les Lépidoptères psychmes et leurs plantes protectrices, 

PAR M. .1. KÛNCKEL d'HeRCULAIS. 

Les observations que nous avons pu faire sur les mœurs de certaines 
espèces de Lépidoptères Psychides d'Algérie et de la République Argentine 
nous ont permis de découvrir certaines particularités biologiques qui 
méritent d'appeler l'attention. 

Elle est très intéressante lMiisloire de la Psyché (Amict'a) quadranffularis 
Chrisloph; il y a longtemps que l'architecture de la demeure construite 
par la Chenille a fait l'étonnement des Naturalistes. Celle demeure est , en 
effet , un fourreau de soie dont le revêtement extérieur est constitué par 
des brindilles coupées de longueur, mais de longueurs de plus en plus 
«fraudes à mesure que la Chenille acquiert une taille plus considérable: elles 
sont assemblées les unes aux autres parallèlement, de façon à constituer une 
pyramide quadrangulaire. 

Au dire de Christoph <pii le premier (1872) découvrit cette Chenille en 
Perse, près deSharud, el sur les bords de la mer Caspienne, aux environs 
(!'• krasnowodsk, elle se rencontrerait sur I' Uhagi Persarum Boissier (Lé- 
gumineuses, Hédysarées), une Artemisia ( Composées), le Peganum Harmala 
Lim. (Zygophyllacées) et quelques autres plantes des terrains salés. 
Depuis lors, les fourreaux de celte Psychide ont été trouvés en Algérie 



— 226 — 

(Hauts-Plateanx) et oui été l'objet de communications diverses; on les a 
rencontrés sur des touffes de Tamarix (D r Guyon, R. du Bnysson), sur 
XArlemisia herba-alba, \sso (Lallemant, Commandant Hoblingre), sur des 
Salsolacées, notamment sur le Coroxylon articulata Moqu. Tend. (Comm. 
Hoblingre). D'après Christoph, la Chenille emploie à l'édification de son 
fourreau des brindilles empruntées aux diverses plantes sur lesquelles elle 
élit domicile: l'examen des nombreux fourreaux qui font partie des collec- 
tions du Muséum nous a montré qu'elle utilisait aussi bien des brindilles 
de Tamarix, de Caroxy Ion articulata , de Suxda vermiculala , Fôrst et même 
des fragments d'une Graminée, VAristida pungens Desf. 

Si les Chenilles de ÏAmicta quadrangularis font entrer dans la confection 
de leur demeure les matériaux empruntés aux plantes les plus diverses, ce 
qui est certain c'est que, d'une part, l'Alhagi n'existant pas en Algérie, 
elles doivent faire leur nourriture d'une plante différente; c'est que, 
d'autre part, les tentatives d'éducation que nous avons faites ont échoué, 
puisqu'elles se sont refusées à manger aussi bien les Salsolacées que les Ar- 
tetnisia sur lesquelles on les avait recueillies. D'après cela . il était à présu- 
mer qu'elles se réfugiaient sur ces diverses plantes et qu'elles les quittaient 
pour aller à la recherche de leur véritable plante nourricière. 

I ne plante fort répandue dans les régions désertiques des provinces du 
nord de la République Argentine , et qu'on désigne sous le nom vulgaire de 
Mio mio, n'est autre que le Baccharis coridifolia , De Candolc (Composées : 
Uteroïdées): dans la province de Santa-Fé, elle est fort commune et mon 
préparateur à l'Olicina de Entomologie, en tournée dans la colonie de 
Cérès, constata que ces plantes portaient un très grand nombre de four- 
reau d'une Psychide; il en fil une abondante récolte qu'il m'expédia à 
Buenos- Ayres (1900). J'examinai ces fourreaux ; ils étaient Fabriqués 
avec de longues brindilles, disposées longitudinalement, non pas em- 
pruntées au Baccharis, mais à une Graminée. Les Psychés étaient déjà 
transformées en Chrysalides; par conséquent, les fourreaux étaient fixés à 
demeure sur les liges de Baccharis; celle-ci était donc la piaule porteuse cl 
non la plante nourricière. 

De déduction en déduction . nous arrivons à celte conclusion, c'est (pie 
les Chenilles de certaines Ps\chides, celle de la Psyché (Amicta 1 quadran- 
gularis comme celle de la Psyché (J'halia) Kuiichclii l ont l'instinct de se 
réfugier cl même de se grouper sur certaines piaules qui ne sont pas leurs 
plantes alimentaires, choisissant souvent des piaules fortement épineuses 

O Cette Psychide <|u<; j'ai élevée eu nomlire à Buenos-Ayrea a été soumise à 
l'examen «l'un spécialiste, M. Hylaerts, qui a constaté qu'elle constituait une 
espèce nouvelle, doril il donna la diagnose ( Inn. de la Soc. Ent. <lr Belgique, 
t. \l,\, :>;> mars 1901, p. 97) i-t dont la description complète, accompagnée 
d'une planche, paraîtra dans les [rehivBi <Ik Muséum, 



— 227 — 

(Alhagi Persarvm) ou des plantes recelant des principes acres (Peganum 
harmala, Artemisia hcrba-alba) ou vénéneuses (Baccharis coridifolia) ' . qui 
toutes sont respectées |»ar le bétail; elles savent donc chercher un refuge 
sur des plantes qui jouent vis-à-vis d'elles le rôle de véritables piaules pro- 
tectrices. 



Le Monodontomerus Phohmio Wâlkbr, 

PARASITE DE LA PSYCHE (ChALIa) kuNCkELIÎ HïHEMS, 

pau M. .1. Klnckkl d'Herculais. 

La chenille de cette Psychide est souvent attaquée par les larves d'un 
Ghalcidide qui y vivent en famille, à la façon de beaucoup de ces para- 
sites, et j'ai vu sortir des fourreaux de nombreux individus de l'insecte 
adulte. 

J'ai soumis ce Chalcidide à l'examen d'un spécialiste américain des plus 
expérimentés, M. Aslimead, qui a reconnu en lui une espèce intéressante; 
en effet, ce petit Hyménoptère a été recueilli pour la première fois par 
Charles Darwin, aux environs de Valparaiso, lors du voyage autour du 
monde qu'il lit à bord du r><<i<rle (i83i-i836), mais il n'en a pas désigné 
l'hôte. Quoi qu'il en soit, il fut décrit en i8/»9 par Francis Walker sous le 
nom de Tori/inits Phormio^", il doit, en réalité, se ranger dans le genre 
Monodontomerus de Westwood et prendre le nom de Monodonlomirus 
Phormio \\ alker. 

D'après la correspondance échangée avec M. Aslimead, je me trouve 
amené à faire ressortir quelques points de la biologie des Monodontomerus. 
On sait que les espèces de ce dernier genre sortent ordinairement des nids 
des Apides ( Chalicodoma , Osmia, Anthophora), des Vespides (Odyncrus). 
Le naturaliste américain ayant obtenu féclosion d'une espèce de ce genre 
d'une pupe de Diptère trouvé dans le nid d'un Apide pense que ces Chal- 
cidiens attaquent conséquemmenl des larves de Diptères parasites; il en 
déduit que les chenilles de la Psychide devaient être attaquées par des 
Diptères tachinaires, ou bien que les fourreaux des chenilles recelaient, le 
nid dune Abeille ou d'une Yespide qui y avait élu domicile; il en conclut 
qu'il n'y a aucun autre moyen d'expliquer le parasitisme observé par nous 

'' D'après un renseignement qui m'a été obligeamment donne par M. Bour- 
([Molot « professeur à l'Ecole de pharmacie, M. Arata, chimiste dislingue de 
Buenos-Ayres, a reconnu dans le Baccharis coridifolia la présence d'un alcaloïde 
qu'il a nommé la baccharine. 

■-' Francis Walker, cr Description of Chalcidiles discovered by Cli. Darwin, near 
Valparaiso-? [The Annal» and Magazine of Natural Hittory, I. \, l.ondon, i8aa). 



— 228 — 

à Buenos-Ayres, car, d'après lui. non ne connaît aucun Torymide qui suit 
parasite des Lépidoptères». 

L'observation ne confirme nullement les h\ pothèses émises par Ashraead : 
en effet, j'ai pu constater facilement non seulement que les fourreaux de 
la Psyché (Chalia) Kùnckelii ne recelai! aucune pupe de Diptère, niais ne 
contenait aucun" cellule d'Hyménoptères; j'ai reconnu, au contraire, que 
la dépouille des chrysalides parasitées cachail de nombreuses enveloppes de 
nymphes de Monodontomerus Phorm'w Walker. 

Ainsi donc, à l'encontre des suppositions de l'auteur américain, les 
Chalcidides du genre Monodontomerus peuvent être parasites aussi bien 
des Hyménoptères Apides (Chalicodoma, Osmia, inthophora) e1 Vespides 
(Odynerus) que îles Lépidoptères (Psychides). 

Une particularité biologique mérite d'être consignée. Si Ton se reporte 
aux belles études faites par New port sur les mœurs du Monodontomerus 
nitidus Neuporl ' . on constate, les ligures sous les yeux, que ses larves 
sont des parasites externes des larves et des nymphes des Anthophora; 
d'après nos observations, les larves du. Monodontomerus Phormio sont, au 
contraire, des parasites internes, des chenilles el des chrysalides des Psyché. 



CàI ILOGOE DES TSSTUBÉDINÏDES DO MUSÉUM DE PdJSlS , 

PAR M. R. DU BUYSSON. 
PiiKAiiiaiK LISTE. — l*«»r;~ii. 

M. l'V. VV. Konow ayant bien voulu examiner les Tenthrédinides appar- 
tenant au groupe des Perga , conservés dans les collections du Muséum, 
nous pouvons aujourd'hui en donner l'énumération : 

l-crga Leacb , 18 i 7. 

Perga aki'ims Kirby. — Tasmanie(l erreaux, iS'tj): Australie (v. Muller, 
i8g5)\ Nouvelle-Hollande {coll. Sichel, t86"j). 

— castanea Kirby. — Australie ( Verreauœ, tti^j). 

— dobsalis Leach. - Tasmanie (/. Verreaux, iH'i'i, iS'iti; Craunslcr, 

iS'id): Nouvelle-Hollande (eo//. Sichel, /(S'6'7). 

FERROGINEA Leach. — Non velle-l lollande (coll. Sicliel , t86j). 

— Fobhteri Westw, Australie (v. Muller, i8g5; Verreaux, i8ùd)\ 

Tasmanie (Craunster, t8âo; •/. I erreaux, 1866 1; Nouvelle-Hollande 

(coll. Sic/tel, /«S'o'y). 

G. \kw i'iuit, Further Observations on the Habits "I Monodontomerus;... 

Iran». I.inii. Suc, Mil. \\l, i85o, p. 95*101, lab. \. lijf. 1 <i et b. Gg. 1. 



229 

Pbhga Hartigi Weslw. — Nouvelle-Hollande (coll. Sichcl, iSi,-\: l'as- 
manie(/. Verreaux, iS r iï\: Australie (v. MuUer, t8gb). 
Latrbillri Leach. -- Nouvelle-Hollande (coll. Sichel , t86y)\ Australie. 
Victoria, région alpine (v. Muller, t8go). 

— Schiôdtei Westw. Australie (Verreaux, t8âj)\ Tasmanie ( Ver- 

reaux, 18 56 |. 

— Spinolae Westw. - NouveuVHollande (êoll. Sichel, t86j). 

— ventralis Guérin. - Nouvelle-Hollande (coll. Sichel, /.S'6'7). 

Lewisi Westw. Nouvelle-Hollande (coll. Sichel, 1867); Tasmaqie 
(J. Verreaux, t8ââ, t8â6, iS'i-j; Graunstcr, i8ào)\ Australie 
(v. Muller, iS(jô). 

— polita Leach. Australie (v. Muller, t8g6; Verreaux, îSâj); 

Queensland, Rockhampton (Tlwzet, i8jo); Victoria, région alpine 
(v. Muller, t8go); Nouvelle-Hollande (coll. Sichel, t86j). 

ilcpCacoln konou. igo5. 

— Buïssoni konou Ç>c? types. Australie (Verreaux, t8à6, i8ây); 

Nouvelle-Hollande (coll. Sichel, i86j). 



VoTfi SUR OcYPODA FaBRICII MlLNE EdWARDS, 

PAR M. LE D r G. NOBILI. 

(MUSÉES DE ZOOLOGIE ET d\\NATOMIE COMPAREE, TuRIN.) 

En étudiant les riches collections de Crustacés de la mer Rouge conser- 
vées au Muséum, j'ai trouvé un gros individu d'une espèce (VOcypoda, 
recueilli par M. Jousseaume, dans une localité non précisée de cette mer. 
Cette Ocypoda présentait bien les peu nombreux caractères attribués à 
0. Falnicii dans la description de H. Milne Edwards; mais M. le professeur 
E.-L Bouvier avant eu l'obligeance de m'adresser l'exemplaire typique, 
provenant d'Australie, de YO. Fabricii, j'ai pu constater que l'individu de 
la mer Rouge appartient à une espèce voisine mais nouvelle. Depuis sa 
description en 18.87, ^- ^abricii a été mentionnée deux fois, par Hilgen- 
dorf et par Kingsley, et ces deux carcinologisles n'ont pas reconnu l'espèce 
de Milne Edwards. Ortmann, dans sa revision du genre publiée en 1897, 
la déclare nunidentificirbar». Cette espèce est, en réalité, bien distincte, 
mais on ne peut pas l'identifier d'après la seule description , qui ne mentionne 
aucun des caractères de la ligne stridulante, à laquelle on n'attribuait pas. 
en 1837, l'importance qu'on lui accorde aujourd'hui dans la systématique 
des Ocypodes. Je vais donc donner une description nouvelle de celte espèce 
dapies le spécimen type, et j'ajouterai à celte description celle de l'espèce 
voisine île la mer Rouge. 



— '230 — 

Ot*Y|>o<la l :iin i«ii II. Mil ne Edwards. 

OcïPODi Fabbicu II. Milne Edwards. Hist \at. Crus/.. |. Il, i S:'. 7, p. !\- ■. Aun.' 

Se Hat. . Bér. •'> . SX, p. j 63. 
Nec 0. Fabbicu Hilgendorf. Dechen't Rets. Oui. l/i. . Crust., 1869, p. 80-81!. 

pi. III, fig. 1. 
JVec 0. Fabbicu Kingsloy. Proç. Acad. Se. Philadelphie, 1880, p. 18:?. 

La carapace présente sa plus grande largeur au-dessus de l'insertion de 

lavant-dernière paire de paltes, et en ce point elle est un peu moins large 
que la distance entre les pointes des angles orbitaires externes. Sa longueur 
est plus petite que sa largeur. La carapace est couverte en dessus de gra- 
nulations rondes, celles place'es sur les régions branchiales étanl 1111 
peu plus grosses que les granulations situées sur la région gastrique. Le 
Front est granuleux, et les granules sont assez gros. Le bord supérieur îles 
orbites, après un premier trait saillant dont la partie située près du fronl 
est concave, devient oblique, puis se dirige brusquement en dehors ei 
en avant pour former les angles orbitaires, qui sont très saillants et aigus. 




Fig. 1. Ocypoda Fabricii Ivlnie. type du Muséum. 
Angle orbilaire externe, orbite, (iront, e( boni latéro-anlérîeur. 



\insi les bonis sus-orbilaires Boni concaves en avant, (liiez 0. ceratoph- 
tkalma, ces angles soûl presque toujours droits, moins Baillants; une ligne 
imaginaire tracée entre ces angles passerail . chez 0. Fabricii, à la base du 
Iront, chez ceratophthahna plus en arrière, sur la rorapace. Le bord orbi- 
laire est Gnement granuleux ; les granulations sont serrées sur le bord pro- 
prement »lit. el deviennenl grosses et espacées sur les côtés de l'angle. Le 
côté externe Ara' dernier esl oblique en dedans, droit chez ceratophthahna. 
Les \cu\ sont gros et leur pédoncule esl granuleux. Dans l'exemplaire l\ pe. 



— 231 — 

qui est bien adulte, If- yeux n'uni pas de prolongement corniforme; les 
exemplaires de mêmes dimensions d'O. ceratophthalma et d'O. œgypliaca 
ont des cornes bien développées. 0. Fabricii est donc une espèce dont les 
yeux sont dépourvus de cornes. Dans celle espèce, le bord inférieur de 
l'orbite a une petite fissure au milieu. 

La partie du bord latéral qui est comprise entre l'angle orbitaire exlerne 
ri l'angle épibranchial est quelque peu concave par suite de la divergence 
eu dehors de l'angle orbitaire. La largeur de la carapace entre les angles 
épibranchiaux est moindre que la distance extraorbitaire. Si l'on prend la 
longueur linéaire de la carapace entre le bord antérieur du front et le bord 
postérieur de la carapace, et si l'on mesure la distance entre la base de 
l'angle orbitaire et l'angle épibranchial, on trouve que cette dislance est 
de 7 millimètres, contre 38 millim. 5 pour la longueur de la carapace, 
suit moins d'un cinquième de cette dernière longueur. Les angles sont 
donc bien rapprochés, et la longueur du bord antéro-latéral est en con- 
séquence petite. Dans un S d'O. ccraloplillialma de Bornéo, la dislance est 
de ô millim. 5 contre 29 millim. 5 de longueur, soit à peu près la même: 
dans un mâle d'O. \obilii de Sarnwak. on a une dislance de h millim. 5 
pour ai millimètres de longueur. Les maxillipèdes externes tVO. Fabricii 
présentent des granules épars; l'ischium cl le mérus sont sillonnés. Le 
sternum a des granulations aussi grosses que celles de la carapace. 

Les chélipèdes sont inégaux. Le bras est granuleux sur les côtés: son 
bord postérieur porte quelques tubercules s pi ni formes , et son bord antérieur 
des dents et des granulations comme dans les autres Ocypodes. Le carpe est 
grossièrement granuleux et hérissé sur les bords de tubercules coniques, 
subspiniformes. La grosse main mesure 34 millimètres de longueur et le 
doigt mobile 19 millimètres dans le sens horizontal. La hauteur de la 
paume est de a3 millimètres. La face externe de la main est couverle de 
granulations médiocres, parmi lesquelles on en voit d'autres assez nom- 
breuses et plus fortes, qui dépassent beaucoup les granules des régions 
branchiales; ses bords supérieur et inférieur sont armés de gros tubercules 
coniques et subspiniformes. Des granules analogues s'observent aussi sur 
le bord supérieur du doigt mobile, mais font défaut sur le doigt fixe. Les 
doigts sont ornés de deux lignes de granulations saillantes. La ligne stri- 
dulante occupe' presque toute la largeur de la main et a la même forme que 
dans 0. Nobilii. Elle est aussi formée exclusivement de petites lignes saillantes, 
an nombre de i3o environ. 

La petite main est très hérissée de tubercules coniques et couchés: sou 
bord inférieur est grassement denté. Les doigts sont plus longs que la 
paume et ont une pointe aiguë. 

Les pattes ambulatoires ont été malheureusement détachées, puis collées 
à nouveau, sans en respecter Tordre. Il est donc dillicile de dire quelles 
pattes portaient sur les propodites des brosses de poils, niais on peut en 

Muséum. — xi. 16 



— 232 — 

loul cas admettre , avec beaucoup de probabilité .qu'une seule patte « I ■ * cha- 
que côté porte cette formation pileuse (vraisemblablement, la première 
paire). Les daclylopodites son! 1res caractéristiques par leur largeur qui 

es! plus d'un sixième de la longueur. 

Les dimensions de l'individu sont les suivantes : 

Illillillll'IlVS. 

Longueur de la carapace 38,5 

Distance extraorbitaire «o 

Largeur entre les angles épibranchiaux 3g,5 

Largeur au-desBUs de la base dos pal les l\ 3*> (?J 

Longueur ilu durtvlopodite i 8 

Largeur du dactylopodile 



.) 3 •) 




/ 



Fg. i a. — Daclylopodite de Ocypoda Fabricii Edw. 

Par la forme de ses angles orbitaires externes, par la ligne slridulanle 
composée exclusivement «le pflilcs lignes ou stries, par ses yeux sans 
cornes, celle espèce diffère à première vue d'O. ceratophalma Pall., ainsi 
que d'O. aegyptiaca, qui, tout en ayant la ligne slridulanle de même 
forme, a an nombre <le slries beaucoup plus petit . 

Plus grande est son affinité avec 0. Nobilii de Man. Celle espèce présente 

une ligne stridulante de mé forme, mais les slries sonl un peu moins 

nombreuses. Toutefois 0. Nobilii diffère nettemenl d'O. Fabricii : i " par la 

for de ses angles orbitaires; a par sa carapace finement granuleuse , 

dont la plus grande largeur est entre les angles épibranchiaux, qui sonl 
aussi portés plus en arrière: 3° par ses mains finemenl granuleuses et non 
.■pilleuses sur le lioid supérieur, rappelant l'O. corditnana, ainsi que l'a 
justement observé de Man, tandis que les mains â'O. fabricii rappellent 
plutôt les 0. ceratophthalma el aegyptiaca, qui sonl des formes à mains bien 
armées; V la petite main d'O. Nobilii -a les doigts obtus et subtronqués, 
0. Fabricii le* ayant pointus; 5° les dactylopodites d'O. Nobilii sonl plus 
étroits '. Enfin, si je pouvais être sur qu'O. Fabricii n'a qu'une seule 
brosse sur les pattes ambulatoires, il y aurait là une différence de plus, 

(') La largeur moyenne d'une granulation de la carapace, dans 0. Vo6i7iï,esl 
de o,io à 0,19 millimètres, et chez 0. Fabricii, d'au moins o,4a millimètres. 
' 2 > Voici une série de mesures de dactylopodites : 

LOHGI Ml'.. I AIK.I l II. 

millimètres. niiHimèlrw. 

(i. ( F.r.uoi'iiriiAi.MA. -■ de Bornéo «7 a,a 

— ibgyptiaca, ' de la mer Rouge i5,5 1,7 

— Nobilii, - de Sarawak g 

— .loi ssbu «f.i . cf «le la mer Rouge ' '' ' •«■ 



— n:i — 

parce que 0. Vobilii a des brosses de poils sur les patles de la première el 
de la deuxième paires. Os différences ne sont |>;is ducs au jeune âgé, parce 
qu'en comparant des séries d'O. cératophthalma et d'O. aegypiiaca j'ai vu 
que les armatures d'épines et la forme des granules ne varient pas du 
jeune à l'adulte, si ce n'est pour la taille. Pour ce qui est des doigts de la 
petite pince. O.Xobilii paraîtrai) acquérir avec la croissance la forme sub- 
tronquée qui la distingue de Fabricii, les liés jeunes exemplaires de l'espèce 
avant les doigts pointus, \insi. malgré la ressemblance frappante de l'or- 
gane de stridulation, je crois que les deux espèces sont bien distinctes. 

UOcifpoda Fabricii de Hilgendorf ne peut pas être la forme de Milne 
Edwards. Le regretté carcinologiste de Berlin donna de son espèce deux 
caractères : 1" les yeux «mit khiner Hôcker stalt des Hornsv , caractère qui 
peut anlant s'appliquer à 0. Fabricii Edw. où les cornes n'existent pas. qu'à 
luui jeune Ocypode où elles ne sont pas encore poussées; •». " l'organe de 
stridulation est «unregelmàssig aus Punkie bestehend*, caractère <pii dislingue 
l'int de suite la forme de l'Afrique orientale de la vraie 0. Fabricii austra- 
lienne. Les angles orbitaîres, d'après la figure de Hilgendorf, sont aussi 
beaucoup moins saillants. Il est probable que l'espèce de Hilgendorf doit 
être identifiée avec 0. Kuhlii de llaan, espèce répandue dans toute la 
région Indo-PaciGque, el quia été signalée dans l'Afrique Orientale alle- 
mande par Pfeffer et par Ortmann. 

De même 0. Fabricii Kingsley, par Ja surface interne de la main «milh 
minute scattered granules* . ne peut pas être VO. Fabricii Edw. Ortmann l'iden- 
tifie avec 0. cératophthalma. dette identification est peut-être exacte, bien 
que les caractères cites de la ligne stridulante me laissent quelque doute à 
cet égard. 

11 est étrange qu'une espèce si grande et habitant une région fréquentée, 
n'ait pins été retrouvée depuis iti?>-. 

O. Jousseaumei nov. sp. 

L'Ocvpoda érythréenne, qui m'avait conduit à étudier le type d'O. Fa- 
bricii , e^t. en effet, assez voisine de celte espèce, avec laquelle on pourrait 
tout d'abord la confondre, encore qu'après un examen approfondi elle 
apparaisse; bien distincte. Je donne à cette Ocypode le nom du malacologisle 
distingué el du chercheur infatigable, M. Philippe Jousseaume, qui l'a 
rapportée de la mer Rouge. 

L'unique mâle a bien les angles orbitaires externes aussi aigus que ceux 
d'O. Fabricii, mais ils sont un peu plus courts, et la ligne qui les unit passe 
sur la base du front. Les granulations placées sur les cotes de ces angles 

sont moins fortes. 

La carapace es) ornée de tubercules plus gros «pie ceux d'O. cératoph- 
thalma; ceux des régions branchiales égalent en grosseur ceux qui occu- 
pent la même place dans 0. Fabricii, ceux de la région gastrique et des 

16. 



234 — 



régions médianes de la carapace étant plus volumineux < jn«* dans celle 
dernière espèce , où d'ailleurs la différence dans la taille dos granulations 

••si moins forte Les angles épibranchiaux sont portés plus en arrière. Lon- 
gueur totale de la carapace, 87 millimètres; distance entre la base des 
angles extraorbitaires cl les angles épibranchiaux, to millimètres. 

Les veux n'ont pas de cornes. Les bords latéraux sont un peu obliques 
en dedans, et ainsi la distance épibranchiale est égale à la largeur de la 

carapace au-dessus de la base 
des pattes de La quatrième paire. 
Les ebélipèdes sont moins forte- 
ment armés que dans 0. l'a- 
briciï. La ligne stridulante esl 
tout à lait différente, étant for- 
mée de 80 traits environ, dont 
les ao premiers sont des tuber- 
cules qui passent graduellement 
ii des lignes. Les premiers de ces 
traits sont ovalaires et nette- 
ment tuberculiformes, plus lar- 
ges que ceux de ceratophlhakna ; 
les autres prennent peu à peu 
la Tonne de lignes transversales; les derniers traits ne diffèrent des 
Go lignes qui suivent que par leur largeur. 
La petite main a les doigts pointus. 

Les pattes ambulatoires ont une seule brosse qui est située sur celles de 
la première paire: les dactylopodites sont beaucoup plus étroits que ceux 
d'O. Fabriciï. L'espèce diffère donc d'O. Fabriciï par sa ligne stridulanle 
composée d'un nombre plus petit de traits, qui sont en partie tubercu- 
leux et en partie linéaires, par son angle épibrancbial plus éloigné, par ses 
dactylopodites plus étroits, etc. 

0. Jousseaumei lient à la fois d'O. ceratophthalma et ftO.aegypùaca, tout 
en ayant des caractères qui lui sont particuliers. Les affinités et les dillé- 
rences entre ces trois espèces peuvent être indiqués comme il suit : 




ri/', -j. 



Ocypoda Jousseaumei \ob. Type. 



Mer Rouge. 



0. CERÀTOPHTUÀLMA. 

1. Lnglcs orbitaires ;ii|;us. 

iu;ii> peu s;iilliinls. 

2. Yeux à gros prolongement 

coniforme. 

;'». Ligne Btridulante mé- 
diocre, composée dn 
tubercules el de lij;m's 
1 3o io 1. 

'1. Pattes ambulatoires tel II 
avec brosse. 



< '. .loi S8BADMEI. 

1. Angles orbitaires 1res 

aigus el très saillants. 

2. Yeux s;ms prolongement 

coniforme. 

.'!. Ligne stridulante très 
longue composée de 
90 tubercules et (io li- 
gnes ( environ 1. 

'1. I';iiir's ambulatoires de la 
première paire ayant 
seules ilo< lirosscs. 



0. AEGYPTIACA. 

Angles orbitaires obtus él 

tronqués. 
Yeux ;'i prolongement 

l',\'<'-\e. 
Ligne stridulante com- 

|ins iclusivement do 

(io 1 00 lignes. 

Pattes d<> la première 

(iniro ;i\,uil mmiIcs clo- 

b rosses. 



— 235 — 
Les dimensions de l'unique exemplaire sont les suivantes : 

millimètres. 

Longueur de la carapace S7 

Largeur de la carapace au-dessus de la quatrième paire de 



neiviiili 



odes in 



Largeur entre les angles épibranclnaux 'A- 

Distance extraorbitaîre 3g 

Longueur de la main du gros chélipède '.\'.\,~> 

Longueur linéaire du doigt mobile i8,r> 

Hauteur de la main 99 



Note synonymiqub sur Agtaea Kiuussi A. M. E. >ec Heu. 

PAR LE D r G. NOBILI. 
(MuSEEDE ZOOLOGIE ET d'aNATOMIE COMPAREE, TuRIN.) 

M. Alphonse Milne Edwards, dans son élude sur les Crustacés de la 
Réunion publiée en 186a comme appendice à l'ouvrage bien connu de 
Maillard, décrivit une espèce nouvelle (YActaea. qu'il appela Actaea pilosa. 
Trois ans plus lard le même auteur, dans sa classique monographie des 
Cancériens, réunit et identifia son espèce avec YActaea Kraussi, décrite 
par lleller en 1861, et, sous ce nom, il en donna une description nou- 
velle accompagnée d'une bonne figure. Celte identification est erronée. En 
étudiant de nombreuses formes d'Aclées de la mer Rouge, j'ai retrouvé 
la vraie A. Kraussi de Heller, qui est une espèce très différente. M. E.-L. 
Bouvier ayant eu la bonté de m'envoyer le type (YAclaea pilosa, j'ai pu 
me faire une idée précise des deux formes. 

A. pilosa A. M. E. était bien une espèce particulière. Mais le nom 
(Y A. pilosa ayant déjà été employé par Stimpson,en 1 858 , pour désigner 
une espèce de Hong-Kong, un nouveau nom est donc nécessaire, et je pro- 
pose celui (YActaea Alplionsi. 

Je vais donner de l'espèce une nouvelle description qui me parait néces- 
saire, soit parce que la description originale est trop concise, soit aussi 
pour mettre en évidence les différences avec Aclaea Kraussi. 

Actaea Alphonsi Nob. 

1862. Actaea pilosa A. Milne Edward*. Faune carcinol. de i'ile de lu Réunion 
(Maillard. Noie» sur l'île de lu Réunion. Annexe F), p. h. 

Netii. pilota Stimpsou. Proc. Acad. nat. Se. Philadelphia , i858. 
IS(if>. Actaea Kraussi A. Milne Edwards, Et. zool. , Cancériens. Nouv. arch. du 
\Ih*., I, 1 S ( ) r> , p. a65. [.Krausti Nobili. \uu. )lus. civ. St. nat., \L, 
1 89g . ji. >.~>K. 
N<'c .1. Kraussi lleller. S. II. Akad. Wien, 43, 1 80 1 , p. :'>i'i. 



— 336 — 

La carapace de la femelle typique de Tilt' de la Réunion est lougue d'en- 
viron les deux tiers de sa largeur. La lobulalion \ «'si bien nette et les 
lobules monticuleux et saillants sont couverts de granules séparés, non 
coalescents à la base, (les granules sont perlacés el assez nombreux : sur le 
lobe externe de la région protogastrique j'en ai compté ."><i. Parmi les gra- 
nules sont implantés les poils courte el drus qui s'observent dans de nom- 
breuses espèces d' Iclaea. La carapace ayant été en grande partie épiléc, 
je n'ai |tii voir si. parmi les courtes suies, se trouvaient aussi des longs 
poils semblables à ceux qui ornent les pattes; mais \. Milne Edwards 
les mentionne. Les sillons interlobulaires sont larges e1 lisses. La lobu- 
lation de la carapace esl complète. Les lobes épigastriques sont séparés des 
lobes post-frontaux et des lobes protogastriques par un sillon très net; ils 
sonl assez, gros e1 partent en dessus environ vingt-quatre granulations. La 
région protogastrique est très nettement divisée en deux lobes par nu 
large sillon : le lobe externe. nio9uré à son extrémité antérieure, esl deux 
lois aussi large que le lobe interne, niais en arrière il se rétrécit el devienl 
alors une lois H demi aussi large. La région mésogastrique esl liés nette 
niais indivise; la région urogastriorue est marquée par une ligne de gra- 
nules. Le Front n'est pas tel que \. Milne Edwards l'a caractérisé dans sa 
première description : il est divisé en quatre lobes proéminents, les deux 
mitoyens Boni pins saillants <pie les latéraux (non égaux), ils ont le bord 
externe oblique, à extrémité obtuse, et sont séparés par une éebancrure 
large et profonde, en forme de \. Les deux lobes latéraux sont denli- 
l'orines. beaucoup plus étroits que les lobes mitoyens, et leur pointe est 
presque aiguë. Le bord externe des dents mitoyennes forme avec les dents 
externes un angle droit. Les orbites sont nettement granuleuses el leur 
bord supérieur offre les deux sillons habituels. Il n'est pas exactement vrai 
de dire que, dans cette espèce, manque le sillon qui cerne l'orbite dans 
I. hirsutissitna; en fait, l'orbite est cernée et séparée du front el du dos 
de la carapace par un sillon bien net. seulement, ce sillon apparaît 
quelquefois plus fortement dans I. hirautisaima par suite «In renflement 
plus marqué du bord orbitaire. Les bords latéro-antérieurs sont divisés 
en quatre lobes, bien séparés l'un de l'autre, mais arrondis el peu 
saillants, (les lobes oui à peu près la même largeur, le troisième seu- 
lement parait un peu plus large. Chaque lobe porte de nombreux granules. 
Les lobes latéraux (L) sont bien distincts. Les lobes >L. peut-être avec 
une portion de 5L, forment une aire longitudinale en forme de rectangle, 
et aussi large que lé lobe externe de la région prolojjaslriipie: ce <pii lait 
paraître, à première vue, celle dernière région tripartie. Les pallies pos- 
térieures el postéro-latérales de la carapace sonl bien lobulées aussi. Les 
bonis poptéro-latéraux sonl obliques et presque aussi longs que les bords 
latéro-antérieurs ; ils ne sont pas plus concaves «pie dans la plupart des 
\dées. ci beaucoup moins que, dans le groupe de tomontoaa el hirautissùiui. 



— 237 — 

Il n'\ a pas de différence, quanl à la concavité des bords, entre celle es- 
pèce el tanl d'autres Ictées. Lebord postérieur esl plus court que les bords 
postéro-latéraux. Les régions suborbitairea et ptérygostomiennes sont gra- 
nuleuses; les bords externes du sternum sont lisses; la partie antérieure du 
sternum étant cachée sous la colle et le petit morceau de moelle de sureau 
qui assurait cet exemplaire à une planchette, je ne |>eu\ dire, en con- 
séquence, si elle est granulée ou non. Dans un petit mâle de Beagle l'>a\ 
(Nouvelle-Guinée anglaise), dont je parlerai plus loin. le sternum est 
granuleux en avant et sur les côtés. 

Les chélipèdes sont égaux dans cette femelle, et un peu inégaux dans le 
niàle de Beagle Bay. Ils ont le même revêtement de poils et de granu- 
lations tpie la carapace. Les granulations sont très serrées sur la main et 
en occupent toute la surface externe. Les plus grosses tendent à se dis- 
poser en séries. Los doigts sont creusés à la pointe, baillants, sillonnés, 
granuleux et poilus à la base. Les pattes ambulatoires ont une longueur 
médiocre. Elles sont, ainsi que la carapace et les chélipèdes, ornées de 
nombreux granules perlacés et entourés de poils courts, parmi lesquels il 
\ en a d'autres plus longs et blonds. 

Les dimensions du type sont les suivantes : 

iiiillinirtros. 

Longueur de la carapace i a 

Largeur de la carapace fjih 

Distance extraorhitaire 1 0|S5 

Le jeune exemplaire de Beagle Bay (Nouvelle-Guinée anglaise! que 
j'avais attribué avec doute à l'.l. Kraussi telle qu'elle était comprise par 
\. Milne Edwards, parait bien appartenir à la même l'orme, c'est-à-dire à 
l' I. Uphonsi. L'exemplaire est un peu moins granuleux (il y a environ 
:'k) granules sur le lobe externe de la région protogastrique), et les lobes 
sont moins saillants, mais le faciès et les caractères sont les mêmes «pie 
dans I. Aîphonsi. Cette espèce se trouverait ainsi à l'île Bourbon et à la 
Nouvelle-Guinée. 

La forme que Heller décrivit sous le nom <\\\ctaca Kraussi est une autre 
espèce. Je noterai, avant toul . pour ceux qui acceptent le genre Banareia 
M. \. Kdw. . que celte espèce est une Banareia. Dans les exemplaires de la 
mer Rouge que j'ai étudiés, les éebancrures du boni antérieur du cadre 
buccal sont moins larges que dans le type de Banareia armata que M. Bou- 
vier a bien voulu me communiquer. Ce caractère, d'ailleurs, n'a pas 
de valeur générique, parce que M. de Man, dans une Banareia armata de 
Upohl, ne trouva pas plus d'échancrures que dans une \dée. Mais les 
doigts comprimés, minces, eullriformes H tranchants d'/l. Kraussi en foui 
bien une Banareia. De plus , celle espèce dilfère par plusieurs autres ca- 
ractères : les bords anléio-laléraux de la carapace sonl minces el saillants, 

divisés par de petites tissures en quatre lobes de longueur différente, el 



— "238 — 

non individualisés; les régions protogastrique et mésogastrique sont longi- 
tudinalement tripartites. 

ictaea pilosa Stimpsou paraît être aussi bien différente d'A. ilphonsi; 
d'après Stimpson, elle se rapproche plutôt d' I. hirsutissima , e1 se distingue 
d' I. Uphotui par sa carapace non profondément aréolée et par son bord 
postérieur pins long. 



Quatre Décapodes nouveaux du golfe Pbrsiqvb 

(nÉcOLTES DE MM. J. BoNSIElt ET Cb.PÉRBz), 
PAR M. Ci. NOBILI. 



ALPHEIDES. 
Gerbe Alpliem* Fab. 

Alpheus bucephaloides nov. sp. 

Voisin d' ilpheus bucephalw, et ayant aussi rischium des chélipèdes 
saillant en avant. Rostre se prolongeant en crête faible jusqu'au milieu de 
la carapace. Stylocérite dépassant de peu ia moitié du 1" article du pédon- 
cule des antennules. 2 e article du pédoncule des antennules une fois et demie 
aussi long que le 1". Écaille du scaphocérite atteignant l'extrémité du pé- 
doncule des antennules, qui est bien dépassée par l'épine. Pédoncule des 
antennes plus long que celui des antennules, mais le carpocérite est dé- 
passé par l'épine. Doigt mobile de la petite pince du mâle orné d'une sur- 
face subtriangulaire aplatie à bords ciliés; a° article du carpe de la a* paire 
une fois et demie aussi long que le T'; 5" plus court que le i°'. Carpe des 
pattes ambulatoires armé d'une forte épine terminale et de 3-'i spinules. 

Longueur, ig millimètres. 

Alpheus persicus nov. sp. 

Voisin d 1 I. Lntini et d\4. phrygianus par l'écaillé du scaphocérite qui 
est très réduite. Pédoncule des antennules un peu plus long que celui des 
antennes; son a* article un peu plus de 3 fois aussi long «pie le r r . et un 
peu plus de 3 fois aussi long que large. Ecaille scaphooéritique très ré- 
duite, atteignant le milieu du a' article du pédoncule antennulaire; l'épine 
atteint l'extrémité do même article. Rapport entre le a" et le i " articles du 
carpe de la •>' paire : i.."'n. Carpe des pattes de la 3' paire un peu plus 

long que le propodite; celui de la V pins court. 



— 230 — 

OXYRHYNCHA. 
Gbrrb Parahoploplirjs nov. sp. 

Voisin de Hoplophrys Heiul., mais différent par le bord orbitaire supé- 
rieur absolument entier, sans trace même de suture, par la carapace 
entièrement dépourvue d'épines et de tubercules, par l'abdomen composé 

de 7 articles dans les deux sexes. 

Parahoplophrys nodulosa nov. sp. 

Carapace pyriforme, renflée et arrondie postérieurement, à régions 
nettes et bosselées, convexe, poilue, mais absolument lisse sous les poils. 
Régions gastrique, cordiale et intestinale bien délimitées et bombées. 
Cornes rostrales plutôt courtes, déprimées, médiocrement divergentes. 
Angle orbitaire supérieur aigu mais peu saillant. Bord orbitaire supérieur 
entier. Article basilaire du pédoncule antennaire bidenté en avant, la dent 
externe bien visible entre le rostre et les yeux. Antennes dépassant le 
rostre de toute la longueur du fouet. Bords latéraux armés d'une petite 
saillie en arrière des orbites; bord branchial presque semi-circulaire; 
régions branchiales lobulées. Chélipèdes courts et lisses. 

Ressemble beaucoup par sa forme à Pisa fascicularis Krauss. 

Longueur, 8 millim. 5 ; largeur, 5 millimètres. 

PAGURIDÉS. 
Genre Anapagurus Hcml. 

Anapagurus Bonnieri nov. sp. 

Yeux médiocrement gros, plus courts que le pédoncule des antennules 
el que le pédoncule des antennes. Acicule antennaire arrivant à peu près à 
l'extrémité des yeux. Ecailles oculaires petites, à une seule épine. Fouet 
des antennes non poilu. Pattes antérieures très inégales. Mérus de la grosse 
pince caréné-denticulé en dessus, se répandant du côté inféro-interne en un 
gros lobe dentelé, denticulé à l'extrémité du côté inféro-externe. Carpe 
allongé avec une crête denticulée et une autre petite crête assez courte. 
Main subarrondie avec une petite crête dentelée sur le bord supérieur ou 
interne, une autre crête près du bord inférieur el un gros tubercule à la 
base. Doigt mobile faiblement bicaréné. Petite pince très grêle, arrivant au 
milieu de la grosse main; bras dentelé et spinuleux; carpe avec deux 
petites carènes dentelées, main non dentée; doigts plus longs que la 
paume. Pattes ambulatoires grêles et longues; très peu poilues sur les der- 
niers articles; carpes spinuleux en dessous ; propodite imperceptiblement 
spinuleux ou denticulé; doigts plus longs que le propodite. Taille petite. 



•240 



Vo« 1/7././: ESPÈCE DE Ct Liant: ÂLÛBRIBN (GbàBHAMIA SUBTILIS), 

l'Ait MM. KimoM) kt Etienne Sergent. 

Grabhamia subtilis nOY. sp. 

Moustique se rapprochant de Grabhamia dorsalis Meigen, pulchrilarsis et 
pulchripalpis Rondani. Il se caractérise surtout, comme espère nouvelle, par 

la disposition des anneaux l)lancs <|iii décorent ses tarses, par lis dents de 
ses ongles et par les dessins des écailles blanches 8l dorées sur la téta et le 
thorax. La larve présente sur son siphon 2 rangées d'épines et •» touffes de 
6 poils. Les o'iifs sonl pondus en amas 1 nacelle) et non pas isoles, connue 
chez les antres Grabhamia. 

9. Langueur du corps : avec la trompe, 6 millimètres; sans la trompe. 
'1 millini. à. 

Tête. — Couverte d'écaillés courbes ou fourchues, soit blanches, soit 
dorées, les blanches formant une tache brillante sur la nuque, les dorées 
formant deux taches jaunes de chaque côté de celle-ci. Latéralement, 
derrière les yeux, écailles plates blanches. Sur le clypeus et le Iront . 
écailles blanches plates ou courbes. Veux noirs. Antennes noires avec 
quelques écailles blanches, plus courtes que la trompe. Palpes à h articles. 
le dernier étant très petit, le 2 e et le 3' à peu près de mé'me taille. Ecailles 
noires mêlées de «juehpies écailles blanches qui forment un anneau apical 
sur le 3' article et cachent entièrement le A c . Les palpes sont très courts: 
chez le mâle, les palpes sont de la longueur de la trompe, les deux derniers 
articles sonl légèrement renflés et couverts de plusieurs touffes de poils. 
Trompe jaunâtre, avec un anneau noir à la base, et le tiers terminal 
entièrement noir. 



cg i «s 






9 I 



H* 1 ' ; XJ 




Fig, 1. - Dessin formé par lea 
écailles courtes blanches ou 
jaunes Bur la lête et le thorax. 



Fig. 



I.iiilli'- do nervures 

(le> ,'iilcs. 



Thorax. Couverl d'écaillés courbes blanches ou dorées. Les écailles 
blanches fonnenl deux bandes longitudinales de chaque côté de l'axe mé- 
dian, ce qui fail que les écailles dorées forment trois ban< 



les longitudinales. 



— 241 — 

Flanc*. - Couverts de brillantes écailles plates blanches. Scutellum nu, 
bordé d'une double rangé de poils. 
Métanotum nu. 

iiles lum tachetées, mais lis nervures longitudinales sonl pourvues 
d'écaillés latérales larges, les unes noires, les autres blanches. 

Frange blanche. — Cellule sous-marginale un peu plus (''(mite ci un peu 
plus longue que la deuxième postérieure , à égale distance toutes deux de 
la base de l'aile. La nervure transversale postérieure esl située en dedans 
des deux antres, à une, distance (''gale à si propre longueur, 

Pattes. — Le fémur, le tibia et le métatarse sont couverts d'écaillés plates 

blanches ou noires mélangées. Les articles du tarse sont noirs et portent 
des anneaux d'écaillés blanches ainsi disposées : 1"' paire, 1" article. 
anneau basai et anneau apical; les autres articles, anneau basai seulement. 
•>" paire. I e * et 2 e articles, anneau basai et anneau apical; les deux 
antres, anneau basai seulement. 3" paire, les trois premiers articles ont 
nu anneau basai et un anneau apical (celui-ci liés mince au 3' article), 
le dernier article est entièrement blanc. 

Ongles.— - 4 Chez la femelle, ils sont égaux et porteurs d'une dent ù Loulcs 
les pai l'es. Chez le mâle, à la i" paire : inégaux, le pins grand bidenté, 






Fig. 3, A, 5. — Ongles des tarses des î", :>" et 3° paires de patlc 
(liez le nulle. En haut, à fjauclio, ongles de la Femelle. 

le plus petit unidenté; à la a e paire : inégaux, tous deux unidentés: 
à la ii' paire, égaux et nnidenlés. 

Abdomen. Écailles blanches formant sur chaque segment nue bande 




Fi;;. 0. Sogmenl de l'abdomen, face dorsale. 

apicale, une bande basale, une bande médiane. Touffes de poils sur le 
a segment. Ventre couverl d'écaillés blanches. 



— 242 — 

Biologie. - Moustique fort sanguinaire et sachant traverser des mous- 
tiquaires infranchissables pour d'autres Gulicides «le même taille. Il pique 
en plein jour, niais surtout la nuit. 

Œufs. - - Les œufs sont pondus agglomérés en nacelles, et non pas 
isolés, comme c'est le cas chez les autres Grabhamia. L'extrémité inférieure 
de l'œuf est plus grosse que la supérieure. 

Larves. — Gite : à Biskra, trous d'eau creusés aux pieds des Palmiers, 
et où l'eau séjourne dix à vingt jouis, après quoi le trou est à sec; une nou- 
velle irrigation y amène de nouveau l'eau de la séguia pour, à peu près, le 
même temps. 




Fijj. 7. — Siphon do la larvo. 

Le siphon respiratoire de la Larve est court , trapu et légèrement olivaire : 
il porte, à sa partie ventrale (interne par rapport à l'axe du corps de la 
Larve), deux rangées parallèles d'épines, dirigées selon l'axe du siphon. A 
I extrémité apicale de chaque rangée d'épines, il y a un bouquei de 6 poils. 
Les bourgeons anaux sont petits. 

L'attitude de la Larve dans l'eau est oblique, souvent presque verticale. 



DEUX F0RHIC0HU8 AFRICAINS yOUVEAUX DES COLLECTIONS 

du Muséum de Paris, 
par M. Maurici: Pic. 



Forraicomus Bozasi 110 v. sp. cf. 

Mlongé, brillant, modérément pubescent de gris, noir de poix avec les 
antennes et pâlies plus ou moins roussâtres. Tète relativement courte et 
Loge, non sensiblement diminuée derrière les yeux et subtronquée en 
arrière, à ponctuation forte, plus rapprochée antérieurement. Antennes 
moyennes, roussâtres. Prothorax plus long que large, fortement el large- 
ment dilaté-arrondi en avant, presque droit sur la hase, subdéprimé sur 



— 243 — 

le milieu, assez Gnemenl el éparsémeul ponctué. Ëcussou Lriangulaire. 
Élytrea longs, subparallèles, subanguleusement alténués au sommet, 

pres(jue glabres, assez linement et éparsément ponctuées. Pattes rousse;, 
avec les cuisses un peu rembrunies et épaisses, antérieures munies d'une 
grande dent tronquée au sommet, Libias antérieurs difformes, pinson moins 
dilatés on anguleux en dedans et en dehors avant le sommet, qui est 
aminci. 

Longueur, 'i millimètres. - Sud du Ilarar : Moullon (Mont Firké), en 
juin iqo3; rapporté par la mission du Bourg de Bozas. 

Le nom donné à cette nouveauté est destiné 1 à perpétuer le souvenir du 
regretté chef démission, décédé avant la lin de son voyage d'exploration. 
Rappelle F. latro Laf. du nord de l'Afrique, mais plus allongé, dent des 
cuisses antérieures différente, tronquée à l'extrémité. 

Formicomus subrutilus nov. sp. 

Assez allongé, brillant avec l'avant-corps subopaque, entièrement lestacé- 
roussâtre sauf les yeux noirs, pubescent et fasciéde gris. Tète assez longue, 
diminuée et subarquée en arrière, densément et subrugulcuscment ponc- 
tuée. Antennes relativement longues, peu fortes, testacées, parfois roussâtres 
au sommet. Prothorax plus long que large, fortement dilaté-arrondi en 
avant, presque droit sur la base, à ponctuation dense et subruguleuse. 
Ecusson triangulaire. Elylres assez longs, un peu élargis après le milieu, 
faiblement tronqués en oblique au sommet, finement ponctués, ornés d'une 
pubescence grise rude assez longue et espacée avec quelques poils plus 
foncés soulevés, avant une sorte de bande sinuée de pubescence grise 
située avant leur milieu. Pattes testacées ou roussâtres, cuisses antérieures 
robustes avec les tibias un peu sinués, au moins chez 9. 

Longueur, U millimètres. — Ogaden, Vallée du Dakhatto, Teurfadaédi, 
en juillet iqo3. Mission du Bourg de Bozas. 

Par sa coloration rappelle tout à fait bispilifascialus Pic, mais forme 
plus allongée et fascie antérieure grise plus rapprochée du milieu des 
élvlres. 



Sur u\e nouvelle espèce de Néréidies d'eau douce 
des Îles Gambier , 

par M. Ch. Gravier. 

Malgré les recherches actives dont ils ont été el sont encore l'objet , ou 
ne connaît actuellement qu'un nombre fort restreint de Polychèles d'eau 
douce; aussi, la capture d'un de ces Vers annelés olïrc-t-elle toujours un 
grand intérêt. L'espèce rapportée par M. tJ. Seural des îles Gambier mérite. 



— -l'\h — 

, : i divers égards, uue mention loute particulière. L'archipel des Gambiei'se 
compose d'un groupe de montagnes volcaniques entourées par Une cein- 
Lure discontinue, largement ou verte vers le sud-ouest, d'Iles basses eu forme 
de récits allongés ou rrmolous*; In partie sud de l'anneau corailigène 
serait submergée, d'après Darwin l} , qui avait cru trouver là un argument 
en faveur de sa théorie des aires d'affaissement du Pacifique. C'est dans 
l'un de ces -motous-, Tarauru-roa, situé à l'est de l'île Mangareva, que 
M. (i. Seurat a recueilli un nouveau Néréidien l "' appartenant an genre 
Pevinirris Kinberg (Char, cmend.). Il existe dans la région moyenne de ce 
itmotoufl une pièce d'eau stagnante d'une vingtaine de métros de largeur, 
séparée île la mer de chaque coté par nue bande de 100 h i5o mètres 
de calcaire compact, alimentée uniquement par les pluies très abondantes 
dans ces contrées, et dont la profondeur maxime n'excède pas 5o centi- 
mètres. Le fond de cette dépression, situé un peu au-dessus du niveau de 
la mer, est. recouvert par une vase calcaire dans laquelle vil le Néréidien 
en question, sans y construire de tube. C'est sur le bord de ce lac minus- 
cule. sOus une très mince couche d'eau, qu'a été recueilli ce PolyCbèle, 
qui vil au voisinage immédiat des Lombrics. 

Le plus grand des exemplaires entiers rapportés par M. G, Seurat me- 
sure, 11 centimètres de longueur, 3 millimètres de largeur, sans les para- 
podes, 5 millim. 5, ces appendices y compris. Le corps, légèrement dé- 
prime, a une apparence un peu grêle; la largeur varie peu <Yunv extrémité 
à l'autre; il n'y a aucune trace de pigmentation. 

Le proslomium, plus large que long, porte en avant, insérées tout près 
l'une de l'autre, deux antennes coniques dont la longueur excède un peu 
la moitié de la sienne. Les yeux antérieurs, situés dans la seconde moitié 
du proslomium, ont leur lentille orientée en avant et un peu latéralement; 
les postérieurs, un peu plus pelils que les précédents, plus rapprochés du 
plan de symétrie, ont une lentille plus petite, placée un peu en arrière du 
centre. 

Les palpes sont bien développes; larges à leur base, ils se terminent n 
I autre extrémité par un boulon arrondi. 

Les cimes tentaculaires sont grêles et s'étirent graduellement à partir de 
leur insertion; les dorsaux postérieurs, les plus longs de tous, couvrent, 
lorsqu'ils sont complètement étendus sur le dos, les 1 1 premiers sétigères. 

L'armature de la trompe est ainsi constituée dans l'organe exlroversé : 

i° [nneau maxillaire. - Groupe I : ■>. paragnathes coniques situés l'un 

(n Cli. Darwin, The Structure and distribution of coral reefs, .'i' 1 édition, Lon- 
iloii , 1 889, p. 1 711 et 20 1 , pi. I. fig. 8. 

I L'étude de ce Néréidien (avec Bgnres), accompagnée des considérations gé- 
nérale auxquelles elle donne lien, sera publiée dans le Bulletin de /" Société philn- 
matiqun . 190&. 



— 2d5 — 

derrière l'autre; groupe 11 : de 7 à g pwagnathes disposés grossièrement 
en trois rangées longitudinales; groupe III : de 10 à i5 paragnathes, les 
postérieurs un peu plus volumineux que les autres; groupe IV: une rangée 
transversale de 6 ou 7 paragnathes, avec h ou 5 autres moins régulière- 
meni disposés. 

a [iniriai barilaire. — Croupe V : ."> paragnathes coniques, en triangle; 
groupe VI : 1 ou a paragnathes transversaux; parmi les g exemplaires, 
;i avaient 1 paragnathe de chaque côté, .'5 autres en avaient ■> de chaque 
côté; l.s 3 derniers en avaient t d'un côté, 2 de l'autre: groupes \ II el \ III 
fusionnés : nne rangée antérieure de G ou 7 paragnathes coniques assez 
régulièrement espacés; une quinzaine d'autres, moins bien alignés, en 
arrière des précédents. 

Les mâchoires sont presque droites; les dents, au nombre d'une dou- 
zaine, sont de moins en moins marquées en s'éloignanl du sommet; à 
partir de la quatrième, elles sont réunies sur la face convexe par nui' lame 
chitineuse qui n'existe pas sur la face concave. 

Le premier segmenl es1 achète et un peu plus long que les deux pre- 
miers sétigères réunis; les parapodes de ces deux-ci sont uniramés et, par 
conséquent , réduits. 

Dans le parapode complet de la région antérieure du corj)s, le cirre 
dorsal, assez développé, conique, dépasse de chaque côté la rame supé- 
rieure. Celle-ci, soutenue par un acicule assez grêle, à pointe effilée re- 
courbée vers le haut, est constituée par deuv lèvres épaisses, à contour 
arrondi, fortement en saillie sur la rame inférieure; elle ne porte que des 
soies à arête longue. 

La rame inférieure, traversée par un acicule axial plus forl , à pointe in- 
lléchie vers le bas, comprend un mamelon sétigère divisé en deux lèvres, 
l'une antérieure, l'autre postérieure, armé de soies à arête longue el de soies 
en serpe, et une languette inférieure en saillie sur le précédent. Le cirre 
ventral, de même forme que le dorsal, est moins long que celui-ci. 

Les soies à arête longue ont \\m hampe hétérogomphe très grêle, un peu 
renflée au niveau de l'articulation; l'arête est étroite, forl longue, avec une 
serrai ure très marquée. 

Les soies a serpe courte ont une hampe beaucoup plus robuste, nette- 
ment hétérogomphe; la serpe, allongée, presque rectiligne, présente sur 
Min bord concave des cils rigides recourbés vers le sommel de la soie. 

Les parapodes, dont toutes les parties sont très richement vascularisécs 
ne présentent pas de modifications importantes de la partie antérieure du 
corps à la partie postérieure. Cependant, si on considère un parapode ap- 
partenant a celle dei 'iiière région, on constate que la rame supérieure prend 
une prédominance plus marquée qu'en avant, sur la rame ioférieure. En 
même temps, il se développe, à la base h en dedans du cirre dorsal, une 



— 246 — 

glande pédieuse plus ou moins volumineuse suivant les individus, et dont la 
teinte très sombre se détache nettement sur le reste du corps qui n'est pas 
pigmenté. 

Le pygidium porte deux longs cirres anaux insérés au-dessous de Ton- 
lice du tube digestif ; ces appendices, complètement replies sur la lace ven- 
trale, atteignent le niveau du 6" avant-dernier sétigère. 

Par la composition du groupe VI des paragnathes de la trompe, le Né- 
réidien dont la description précède se rapproche à la fois de ses congénères 
dont le groupe \ est Formé par un paragnalhe transversal, et de ceux dont 
le même groupe compte a paragnathes, avec 3 paragnathes coniques au 
groupe V, c'est-à-dire des formes que lî. Horsl ;l) classe dans son tableau 
des espèces du génie Perincrcis dans les divisions B.a et CI». 

Parmi les espèces dont le groupe V est composé de 3 paragnathes 
coniques et dont le groupe VI esl formé par un seul paragnatlie transversal, 
celle qui se rapproche le plus de celle qui a été décrite ci-dessus esl la Pc- 
rincrris cultrifrrn Grube w , de nos côtes françaises de la Manche et de l'océan 
atlantique. Mais, rlie/, celle-ci, la rame dorsale est relativement moins déve- 
loppée; les languettes de celte partie du parapode sont plus étroites el plus 
élirées; les soies ont une arête beaucoup plus courte, relativement ; de plus. 
le groupe I n'a que 2 paragnathes et les groupes VII et VIII sont tout 
autrement constitués. 

Les deux seules espèces connues ayant •:> paragnathes transversaux au 
groupe VI sont la Perincrcis vnneaurica Gruhe ( ' et la Perincrcis. aibuhitensis 
Grube<*>. 

La première de ces deux espèces se dislingue de celle des Gambier par 
tous les autres groupes de l'armature de la trompe, dont les paragnathes 
extrêmement petits sont fort nombreux (il y en a plus de 4o dans le 
groupe II, de 8o dans le groupe III), par les mâchoires qui sont dépour- 
vues de dents et par la hrièveté des antennes et des cirres lentaculaires. 

Quant à la Perincrcis aibuhitensis , elle se sépare très nettement de 
l'espèce décrite ici par la forme de ses paragnathes du groupe VI qui sont 

M H. HoitsT, Contributions lowards llie knowledge of the Annelidn Polycheeta. 
— III. On species <>f Nereis helonftinjj to llie sub-{;emis Perincrcis. Notes from 
ihe Leyden \luseum, t. XI, 1889, p. 161-186, pi. VII et VIII. 

(2 > Ed. Gmjbb, Actinien, Ecliinodermen und Wùrmer, Kônigsberg, 18&0, p. 7/1, 
Gg. (i. Voir pour la bibliographie : Baron de Saint-Joseph , Les [nnélideê Pbly- 
chèles des côte» (!<■ Dinar d, a' partie; Ann. <lcs Se. nui.. Zoologie, 7* série, t. V, 
1888, |>. 360, pi XI, ti;;. 138-139; d' partie, ibid., L XX, i8g5, |>. 31 5; et aussi 
Le» \nnélidei Polychètet des côte» de France, ibid., 8" série, t. \, 1898, p. 317. 

M Ed. <im iik, Annutota Semperiana, Mémoire» de r.\<<nl. imper, de» science» de 
Saint Péteribourg, t. XXV, n° 8, 1878, p. 83. 

Ed. Giubb, Annulaln Semperiana, Mémoire» <!<• V Icad, impér. de» science» de 
Saint-Pétersbourg, t. XXV, p. 89, taf. \, ti;j. •'*. 



— 2A7 — 

plutôl triangulaires qu'aplatis dans le sens transversal, par L'absence de 
soies ''M serpe el par le moindre développement des antennes el des cirres 
tentaculaires. 

Nous dédions à M. (I. Seurat qui a eu la bonne fortune de la découvrir 
aux lies Gambier, cette espèce nouvelle de Néréidien qui portera le nom de 
Perinereis Seurati. 



Sur les Néréidiens d'eau douce et leurs formes sexuées, 
par M. Cii. Gravier. 

Parmi les Annélides Polvchètes, animaux essentiellement marins, la 
Famille des Néréidiensse distingue entre toutes par la plasticité remarquable 
qu'elle possède au point de vue de l'adaptation aux milieux les pins variés. 
Ainsi la Nereis diversicolor 0. F. Miiller de nos côtes s'accommode des 
degrés de salure les plus divers, de celui des eaux sauniàtres à celui des 
Lassins d'évaporation des marais salants. La IScrcis cultcri Webster, la 
Nereis virens M. Sars, la Lycastis quadraticeps Gay et la Lycastis ouana- 
ryensis Gravier donnent lieu à des remarques du même ordre, (i. Ferron- 
nifre (1) a mis en évidence les ressemblances que présentent la faune des 
marais salants et celle des eaux saumâtres et des eaux douces du voisinage. 
Dans le nombre encore fort restreint des Polychèles d'eau douce actuelle- 
ment connus, les deux tiers environ sont fournis par la famille des Néréi- 
diens. 

Le genre Lycastis Savigny (Audouin et M. Edwards rev.) se signale 
entre tous au point de vue qui nous occupe ; sur huit espèces actuellement 
décrites, trois seulement n'ont été recueillies jusqu'ici que dans la mer, 
sur les côtes ; ce sont: Lycastis brevicornis Audouin et M. Edwards , des côtes 
françaises de l'Atlantique (2) : L. littoralis Fritz Miiller et L. abiuma Fritz 
Millier, des côtes du Brésil (S) ; une quatrième, L. senc<>alensis de Saint- 
Joseph, a été trouvée dans des fentes de pilotis, à Marsassoun, sur le Son- 
grougou, affluent de la rive droite de la Casamance (4) , en milieu saumâtre; 



(1) G. Ferronnièrf. , Etude* Inolofriaues -sur la faune supralittorale de la Loire- 
Inférieure, Nantes, R. Guist'bau, A. Dugas , suce. , 1901, p. 7.'5. 

\ 1 1 > ( n; 1 > ni Mii.sk Edwards, Recherches pour servir à l'histoire naturelle des 
côtes de la France, i832-i83/i, p. 201, pi. IV B, lig. 6-12. 

(3 ) Ed. Grube, Ueber die Gatlunj; Lycastis und ein Paar oeuer Arien derselben, 
Jahresber. der schîes. Gesellsch. fur Vaterl. Cultur, 1871, Bresdau, 1872, p. '17-/18. 

W Baron de Saint- Joseph, Sur quelques Invertébrés marins des côtes du 
Sénégal, Ann. des Se. natur., Zool., 8* série, I. XIII, 1901, pi. 8, fig. 1-7. 

Muséum. — xi. \n 



— 248 — 

deux .-mires. L. Gtayi Gravier '' el /-. hawaiietuit il. 1'. Johnson . soi été 
reoaeitties aaiquemeal dani l'eau douce, la première dans la partie haute 
du cours du Ouanary (Guyane française), la seconde aux îles Hawaii; 
enfin ilen\ autres espèces : L. Qttadralicvpi Blanchard et />. Ouantiïtfensis 
OraYier, peuvent vivre dans ions lea milieux depuis l'eau douce jusqu'à 
l'eau de mer; la pn mière ;8] appartient à l' Amérique du Sud | Chili, détroit 
de Magellan), la seconde à la Guyane française** 5 . 

Connue Fr. Millier l'a fait remarquer le premier 1 ', les animaux habi- 
laul la terre ou les eaux douces sont dépourvus de métamorphoses, alors 
que le> formes marines qui leur sont apparentées en présentent encore dans 
leur développement; il y a. eu d'autres termes, accélération embryogé- 
nique ou tachyfténèse (li) , dans le passage dé la vie marine à l'existence dans 
l'eau douce ou dans la lerre (7) . 

Le fait se conlirrae en particulier pour les Néréidiens : deux individus 
femelles de la Lycaslis ownaryemis Gravier recueillis dans l'eau complète- 
ment douce de la partie haute du Ouanar) en 1901, par M. F. Geay, ne 
présentent aucune transformation ni dans le prostomium, ni dans les para- 
podes tout gonflés par les éléments sexuels. II. I'. Johnson a fait la même 
observation sur deux autres espèces d'eau douce : la Nerm limnicota 
H. P. Johnson du Lac Merced près San Francisco et la LycastU hawtdienHs 
H. P. Johnson des île- Hawaii. 

Il n'en est plus absolument de môme pour des exemplaires femelles de 
la Pmnereis Seurati Gravier**' recueillis par M. G. Seurat aux îles Gambier. 

Chez, deux d'entre eux. dont la paiiie postéri e manque, le corps n'est 

plus qu'un sac à oeufs, dont la paroi amincie est semi-transparente, La 
musculature est fortement réduite, de même que le tube digestif. Les 



(•) Ch. Gbavibr, Sur trois nouveaus Polychètes d'eau doues de la Guyane 
française, Bnll. de la Soc. A'hnt. wttw. «f Autan, 1. \IV, 1901, p. 86î-366, 

(*) H. I*. foaasoa, Fwsli'water Nereids from llie Pacific Caaal and Hawaii, witb 
fatnarks on frota-wasar Polyehesta in gênerai, Her* lomwr*orj Votome, 190a, 

(1 . 110, |,l. \\l. !i;j. 1 1-1 o, pi. t\ II, li|f. i-/-'i'-\. 

Voir pour la bibliographie; E.EaLMls, />«■ PolgcluBtÊn de* mapUanUckm i<i«l 
chilenischen Strandes, ein faunisticher Versuch, Berlin, Weidmannsche Burhband- 
lung, 1 901, |>. îai. 

• Ch. Calvin, /'«•. 'I'.. |>. 364-361, lifl. j-i". 

' Fritz Molli*, Fur Darwin, trad. Debray, Batt. i«*an*. dm éUparimttnU >l>i 
\.,ni te, 1 883 . |>. 83. 

M Edmond Panai**, Développement, métamorphose et tachygénèse, (,<>n>piv* 
nuim <li- rtohùot </<■ l« SiciM <i< K eiag W ) 1896 (17 décembi 

\. (iniih. Sur !«■ dérekppemoat oonmere' des type» marin h d'eao d », 

lier, tmm tif ., '■>' lérie, 1680, n" ai, p. 6ag. 
\,.ii 01 Bulletin, |». 9 '1 H . 



— 249 — 

ovales, presque isoles les uns des autres, ont un diamètre qui oscille entre 
960 et a8o p*. 

Un fait très intéressant à signaler chez ces femelles parvenues à un étal 
voisin de la maturité, c'est la légère transformation subie paries parapodes 

dans le sens des formes hétéronéréidiennes. La rame dorsale reste intacte. 
Dans la rame ventrale, le mamelon sétigère présente deux lobes foliacés 
liés richement vascularisés; la base du cirre ventral offre à considérer deux 
lobes semblables. On n'observe aucune modification dans les soies qui con- 
servent la même physionomie que chez les individus dépourvus d'éléments 
génitaux. Il n'y a aucun indice de la division si tranchée du corps eu deux 
régions dans les formes épigames. 

Il parait n'y avoir là qu'une trace, un souvenir de la transformation 
épigamique de l'espèce marine d'où cette forme d'eau douce est dérivée. Le 
développement «les lobes foliacés parcourus par de très nombreux vaisseaux 
sanguins et des soies en palette caractéristiques des Heteronereis correspond 
à un changement complet au point de vue biologique : ces animaux, à 
l'état asexué, rampent au fond de la mer: à l'époque de la maturité sexuelle, 
munis d'appareils locomoteurs puissants, ils gagnent la surface, où ils 
nagent souvent par essaims, à quelque distance des côtes. Un pareil chan- 
gement dans les conditions d'existence n'a pas lieu ici. II est vrai que ces 
appendices ne sont pas exclusivement locomoteurs : leur vascularisation 
très riche montre qu'ils jouent un rôle important dans la respiration: mais, 
chez la Perinereis Seuraii, toutes les parties du parapode sont précisément 
remarquables par la circulation intense dont elles sont le siège. 

Il est très dilïlcile d'indiquer, même d'une manière approximative, 
l'époque de l'émersion de l'île basse où a été capturée la Perinereis Seuraii, 
et encore plus celle où le petit lac dans lequel elle vit a été définitivement 
séparé de la mer. Ces dates sont probablement fort anciennes. La présence 
aux parapodes de ces lobes foliacés épigamiques. dernier vestige des trans- 
formations sexuelles de la forme marine ancestrale, parait indiquer la len- 
teur de certains processus évolutifs. 



Sur les Mollusques 

tlBaOBULIS /'!/; LBS MEMBRES DE L\ Mlssw\ F. FqUREAV-LaVLY, 

da.\s le Centre africain, 
pau M. Loi is Germain. 

Les Mollusques qui font l'objet de cette note ont été récoltés de 180,8 à 
1900. Quoique n'offrant pas d'espèces nouvelles, ils présentent cependant 
un grand intérêt : presque tous proviennent de régions très peu connues 
au point de vue faunique, et un assez grand nombre ont été recueillis snil 

»7- 



— 250 — 

dans les eaux mêmes du Tchad, soit aux environs immédiats de ce lac. Ces 
derniers Mollusques, qui sont principalement des espèces du bassin du 
Nil, montrent une fois de plus l'analogie des faunes de ces deux régions 
pourtant si éloignées. J'ai déjà indiqué précédemment celte analogie ' ; 
le malacologiste Roellger vient d'arriver, plus récemment, aux mêmes 
conclusions 

I.IW1COI.ARIA RECTISTRIGATA Slllilll. 

Achatina (Limicoloria) rectistrigata Smith, in Proceed. zool. Society, London, 
1880, p. 346, pi. XXXI, lig. 1. 

Limnicolaria rectistrigata Grandidier, in llnll. Soc malacol. France, II, juillet 
1 885 , p. 16a: Bourguignat, Mollusques Giraud Tanganika, août 1 885 , p. 28; 
Bourguignat . , Mollutqurs Afrique équator., mars 1889, p. io3; Marlens, 
Beschalte Weichth. Ost-Âfrikas, 1897, p. 1 1 o (3 '. 

Trois échantillons. Environs de Sabaukafi, dans le Damergou. (N° 7O7, 
octobre 1899. I 

Lihicolaiua (;o\m:<;ti:\s Martens. 

Limicolaria connectent Marions, Beschalte Weicht. Osl-AfriUas, 1807. !'• loa 
et 1 îa , Taf. V, fig. 5-6. 

Deux échantillons bien typiques de cette espèce très exactement figurée 
par Martens. Us mesurent les dimensions suivantes : 

Hauteur, 39 millimètres: diamètre maximum, 16 millimètres: hauteur 
de l'ouverture, i5 millimètres; largeur, 9 millimètres. 

Recueillis avec l'espèce précédente. (N* 767, octobre 1899.) 

\c.ll\TIX\ MARUNATA SuaillSOIl. 

Ichatina nuirginaia Swainsoa, in Martini et Chemnitz, Syst. Conchyl. Cab., 
i85o,p. 328, pi. XXIX, lig. 1: PfeilTer, Ifonogr. Helic. vivent., Il, 18Û8, 
p. 2/19, n° i5: III, i8.">3.|>. 48a; IV, 1 8 T> c » , ] » . 600. 

Un seid exemplaire recueilli sur les bords du Gribingùi. 1 a3 mai 

1900.) 

\cii\Tiw Si iiwei>ki rtiii Martens. 

Achatina Schweinfurthi Marlens, in L. Pfeiffer, Novitates Conchologicœ, l\, 
1876, p. ifii, Taf. CXXXII, lig. i-a; Marions, in Malak. Blâtter, XXI, 1873, 
p. fto; Martens, Beschalte Weichth. Osl- Ifrikas, 1897, p. 80 et 85. 

(| ) Gki\main (L.), Note prél. Mollusques mission Chevalier, linll. Muséum 
Paris, 1 9'»û, n" 7, p. h- 1 . 

BoiTTon, In Sachr. malak. Ges., iqo5, p. a5-a6, 

Ce 1 m \ a i I forme un fascicule du lomo l\ des Deulsch-Ost-Ajrika, publiés 
sous 1,1 direction du Professeur Dr. K. Môbius. 



- 251 — 

Le seul exemplaire recueilli par la mission n'est pas le type ligure ilans 
les Novitates : c'est une variété Foureaui intermédiaire entre VAchatina 
Schmeinjurthi etl I. marginata. 

Comparée au type Schwcinfurthi, la variété Foureaui en diffère : par sa 
spire dont les premiers tours sont proportionnellement moins élevés : par 
son ouverture plus élargie à la base el plus largement convexe vers le bord 
externe; par sa columelle plus tordue (cette columelle rappelle à peu près 
exactement celle de I I. marginata)', enfin, par sa taille plus faible. 

Cette variété ne peut pas non plus se rapporter à I' \chalina zanzibarîca 
Bourg. ' . bien qu'elle ail sensiblement les mêmes dimensions; elle s'en 




Fifj. i. -- Achatina Schweinfurlhi Mart., v ar. Foureaui Gcrm. 
9/3 de grandeur naturelle. 



distingue notamment : par sa columelle beaucoup plus tordue (chez VA. 
laniibarica , la columelle est encore moins tordue que chez Y A. Schwein- 
furlhi), mais surtout par son ouverture beaucoup plus élargie à la base, 
ainsi que l'indique la figure ci-dessus (fig. 1). 

Hauteur maximum, 177 millimètres; largeur maximum, 58 milli- 
mèlies; hauteur de l'ouverture, 63 millimètres ; diamètre, 36 millimètres. 

environs de Sabaukafi, dans le Damergou. (N° 767, octobre 180,0,.) 



'' Boergvigrat, Moll. Egypte, Abyssinie, etc., 1870, p. 5. 



252 



LlMN«A AFRICANA Rlippell. 

Lûnnœa africana lînppfll , in Bourguignat, Hiat. molacol. Ibyssinie, iX8!$, 
p. «!•> et ia6, pi. X, lig. 09, et Arm. Soienet» naturelles, 6" série, I. XV, 
1 863 , même pagin. ; Bourguignat , I/o//, \j)iijae vouator., mars 1889, p. 107: 
Bourgnigoat, Hist. \lalaool. Tanganika, 1890, |). 10, et Arm, Se. ont.. 7 e si-iit> , 

t. \, lKgn, p. 1 0. 

Un seul exemplaire répondant bien au type figuré par Bourguignat, 
recueilli avec de nombreux Melmiia tuberculata, sur les bords du Tchad 
Nord-Est, dans la région de Suoulou. (N° 809.) 

Limm.a i:\sert\ Marlens. 

Litnneus natale/mis var. e.rsertus Martens, in Malak. Blàtter, iKGC>. Mil. 
p. km. Taf. III. lig. S- 9 :.)ickeli,iVo//. N.-Ost Ijrîk., iS 7 'i,|). 191. 

Lemneea exserta Bourguignat, Hist. molacol. Abyssinie, 1 8 S ^ , p. 90 el 1 ■•■">, 
el Ann. Se natur., 6° série, t. XV, i883, mime pagin.; Marions , Beschalte 
Weichth. Ost.Ajrik., 1897,1). i36. 

Deux exemplaires provenant de la même localité que l'espèce précé- 
dente. 

Phvsa i Isodora) Randabeli Bourguignat. 

Pln/sfi Randabeli Bourguignat, leonogr, mal. lue Tanganika, 1888, pi- I, 
lig. •• G-î> 7 ; Bourguignat. Hist. Malacol, lac Tanganika, 1890, p. 1 -j . pi. I, 
lig. :>(i-:!7, cl Arm. Se. Nat., 7 e série, t. \, mène pagin. 

Isodora Randabeli Martens, Beschalte Weichth. Osi Afrik., 1^97- p. \ho\ 
Smith, in Vroceed. \lalacol. Society London, VI, pari. 2, juin igoA, p. 9g. 

Les exemplaires du Tchad se rapportent bien, en général, à la figuration 
donnée par Bour;;uignat el au type de l'auteur déposé au Muséum. Mais à 
côté de ces échantillons typiques , il en existe d'antres, provenant du môme 
lot, el qui constituent des termes de passage entre cette espèce el Physa 
[Isodora] strigosa Martens (1) . Cette dernière Coquille, qui a été recueillie 
abondamment dans le Tchad par les membres des missions Chevalier el 
Lacoih, est elle-même très polymorphe, et il est fort probable que de mm 
veaux matériaux permettront de réunir ces deux prétendues espèces. 

Sur le sol . autour des lagunes et des mares du Tchad nord-est; région 
du Suoulou et de Kokodo (n" K09). 

Planorbib Aiiowknsis Bourguignat. 

Planorbis Herbini var. Idowensis Pollonera , in : Bollett. Vusei,.. Torino, XIII, 
'1 mars 1 898, p. n. 

(l) Mai\ti;\s, Beschalte Weichticre Ost-Afrikas(vol. IV des Deutsch-Ost- \frika)\ 

1897, p. 1:19, Taf. VI . Bg. 1 1. 



— 253 — 

Planorbis Adowensis Bourguignat, Descript. esp. nouv. Midi. Egypte, etc..., 
187;), p. 11; Bourguignat, Hist, Malacol. Abyssiniê , 1 8 8 3 , p. 101 cl 138, et 
Ann. Se. natur., 6 e sôric , t. XV, i$8:!. même pag.; Bourguignat, /bon. malt/col. 
Tanganika, 1888, pi. I, fig. 1 - '1 ; Bourguignat, Hist. malacol. Tang., 1890, 
p. 17. pi. I, fig. 1 à 4, el Ann. Sc.nat., 7' ^ ; rii<, X, 1890, mémo pag.; Martcns, 
/,' tchalte Weichth. Ost. AJrik., 1897, p. 1^7; Smith, in : Proccd. Malacol. Society 
Ltmdon; VI, part. •>. , juin igo4, j>. 98; Germain, in : Bull. Muséum Paria, X, 
190^, n" (i . [i. S5o. 

Cette espace parait habiter tout le centre du continent africain : elle a 
été, en effet, rapportée d'un grand nombre de localités fort éloignées les 
unes des autres par les membres de la mission Chevalier, Noua avons déjà 
signalé ailleurs (1) le polymorphe étendu crue présente celte espèce; nous 
aurons à y revenir prochainement en étudiant les riches matériaux qui 
nous ont été communiqués par M. Chevalier. 

I n seul exemplaire, en mauvais état de conservation : bords du Tchad 
près de Suoulou, t <> février 1900 (n" 809 ). 



h.wiinuis I>i;idoi\i Bourguignat. 

Planobis Bridouxianus Bourguignat, Iconogr. malacol. Tanganika, 1888, pi. 1, 
fig. 9 à 12; Bourguignat, Hist malacol. lac Tanganika, 1890, p. 20, pi. I, 
fig, 9 a 1 9 , el Ann. Se. natur., 7 e série, X, même pagin.; Martens, Beschalte 
Il eichth. Ost Afrik., 1897, p. 1^7; Smith, in: Proceed. malacol. Society London, 
[V, part, a, juin 190&, p. 98. 

Planorbis Bridouxi (iermain, in : Bull. Muséum Paris, X, 190/1, p. 3g/j et 
p. 35o. 

Ce petit Planorbe est extrêmement abondant dans les terres qui forment 
les briques de pisé des maisons de Kouka (n° 802) [aA janvier 1900). 
Les exemplaires recueillis sont de grande taille et constituent une variété 
muor (i5 millimètres de diamètre, le type figuré par Bourguignat atteint 
seulement 7 millimètres). Us sont d'ailleurs parfaitement typiques et cor- 
respondent à la variété que j'ai nommée occidentalisa. 

L'aire de dispersion du Planorbis Bridouxi s'étend ainsi de la côte orien- 
tale d'Afriqueau bassin du lac Tchad; c'est, en outre, dans cette dernière 
région qu'il parait le plus abondant (, \ 



(1 > Germain (L.), Sur quelques Mollusques terrestres et flnvintiles rapportés 
par M. Ch. Gravier du désert Som;ili, in : Bull. Muséum Paris; iqoA, X, p. 344- 
354. 

M Germain (L.), loc. cit.. iqo4, p. 34g. 

\i. Gbevalieb a également recueilli cette espèce, en nombreux échantillons, 
dans les régions du Sud-Kst et du Sud-Ouest du lue Tchad. 



— 254 — 



Planorbis SuDANICDS Marions. 

Planorbis Sudanicu» Martens, in : \ialakoz. Blàtter, XVII, 1870, p. 3T>, et 
XXI, 187/I, p. 'n: Pfeiffer, Novitates Concholog., IV, 1871, p. a3, n n 6g4, 
pi. (I\l\. li;;. 6-9 (les figures 8 et 9 sont de beaucoup les plus typiques); dessin, 
Pamil. Limnaeiden, in : Martini et Cbemnitz, Syst. Conchyl. Cabinet, iS8<>, 
p. i35, Taf. XXII, li;{. 5; Bourguignat, Iconogr. mal. Tanganika, 1888, pi. I, 
fig. 1 3—i 5 ; Bourguignat, Hist. malacol. Tanganika, 1890, p. i5, pi. I, fig. i3- 
i5, et ibid, in : inn. Se. natur., 7* série, X, 1890; Martens. Bosch. Weich. 0*1 
Afrik., 1897, p. i46, Taf. I, li<j. 17. 

Un seul échantillon, en mauvais état, se rapportant à la var. minor Mar- 
tens {loc. cit.. 1897, p. 1A6) et provenant de la région du Suoulou. 

Planorbijla Tchadiensi8 Germain. 

Plannvhuhi Tchadiensis Germain, in : Bull. Muséum hist. nat. Paris, X. 190&, 
p. /168. 

Un seul échantillon de cette intéressante espèce, recueilli, avec les Pia- 
norbes précédents , à Suoulou (12 février 1900). L'exemplaire en question 
est d'assez grande taille [grand diamètre: 9 millimètres; pet i l diamètre: 
8 millimètres; épaisseur : 3 millim., 5; diamètre de l'ouverture : 3 milli- 
mètres; hauteur : 3 millim., 5]; il est snbfossile et certainement âgé, 
ayant acquis un épaississemenl considérable du péristomeet presque entiè- 
rement perdu les denliculations qui ornaient son ouverture. 

(A suivre.) 



Liste des Mollusques recueillis par M. E. Fn 1 

DiV.S LE LAC TA\GAXIkA ET SESEN\IRO\S. 

par M. Louis Germain. 

Au retour de son expédition aux grands lacs africains, le regretté M. E. 
Foa adressa au Muséum d'histoire naturelle 1<^ nombreux documents 
malacologiques qu'il avait recueillis dans la région <ln Tanganika. Ces 
matériaux lurent (l'abord étudiés très succinctement par .1. Mw.u.u «|ni pu- 
blia '' une courte notice sur les espèces suivantes qu'il considérai! comme 
nouvelles : 



Rsthohdia Foai. 
SfBltOLOPSIS Koai. 
Assiminka quintana. 



tasminiii Foai. 
GoRBicuLi Foai. 

lîi luoNiA Fuai. 



(,) M a bille (J.), in: Bull. Soc. plulomat. Paris; III, 1901, p. 56-5 



— '255 — 

J'ai repris récemmenl l'élude de ces matériaux e1 j'ai pu constater qu'in- 
dépendamment des espèces thalassoïdes caractéristiques de la faune du 
Taganika il existait, dans cette collection, de nombreuses formes d'eau 
douce dont quelques-unes sont pins spécialement intéressantes parce qu'elles 
augmentent le nombre des espèces habitant à la fois le Tanganika et le 
Victoria-Nyanza. J'ai en outre, parmi ces formes purement lacustres, un 
certain nombre d'espèces nouvelles à faire connaître. Devanl prochainement 
publier un mémoire sur ce sujel , je me bornerai à donner aujourd'hui une 
simple liste des espèces recueillies et quelques indications sur les espèces 
nouvelles. J'accepte provisoirement ici toutes les formes de Lamellibranches 
décrites par Bourguignat dans ses divers travaux sur la faune malacologique 
africaine: je reviendrai plus tard sur cette question eu m'aidant des types 
de l'auteur qui sont conservés au Muséum de Paris. 

1. Cyclostoma lineatcm Pfeilfer. i85-2: un seul exemplaire présentant 
le mode microporus. 

2. Achatina Rodatzi Dunker. i85a: un échantillon. — Tanganika est. 

3. Achatina Randabeli Bourguignat, 1889: 7 échantillons. — Tan- 
ganika est. 

h. Serpaea Foai Germain, nov. sp. 

Cette belle Coquille se distingue du Serpœa Pinloi Bourguignat (1) , la 
seui- espèce dont on peut la rapprocher: par sa spire plus haute, à tours 
plus étages, séparés par des sutures plus profondes: par son dernier tour 
moins ventru ; par sa columelle plus tordue; par son test orné de llammules 
brunes fulgurantes: etc.; 2 exemplaires. — Tanganika est. 

5. LiMICOLARIA RECTISTWOATA Smith. l88<». 

Espèce assez abondante autour du fie: quelques échantillons, de galbe 
plus court, constituent une mutation ventricosa. 

Variété Bridouxi Grandidier, 1880: h échantillons, avec le type de 
l'espèce. 

fi. Limicolaria Martensi Smith, 1880: 1 ô exemplaires jeunes. 

7. Limicolaria Charbonnie ri Bourguignat, 1889; 1 exemplaire. 

8. hivsA (Isodora) Godlboisi Bourguignat, 188H: 2 échantillons de 
petite taille. 

9. Physa (Pïrgophysa) scalaris Dunker, i8ft5. 

Cette espèce n'avail pas encore été, que je sache, signalée dans le Tan- 
ganika: fi exemplaires. 

m Bodbgoignai (J.-lî.|. Mollusques Afrique équator.; mars 188g, p. 86, pi. IV, 
fig. 6. 



— 256 — 

10. Planorbis TANG.wikANus Bourguignat, 1888; 1 exemplaire. 

11. Planorbis Bridodxi Bourguignat; 1 échantillon de petite taille. 
Variété Foai Germain , Bulletin Muséum hist, nat, Paris, 190/1, p. 35i; 

'.) exemplaires, 

12. Planorbis Lamyi Germain, nov. sp. 

Qette belle petite espèce ne peut se rapprocher que du Planorbis apertus 
Martens ' . mais s'en distingue : [>;ir ses tours de spire plus convexes, le 
dernier étant, en outre, proportionnellement plus grand, plus dilaté aux 
enviroos de l'ouverture; par son ombilic beaucoup plus large; par son 
ouverture moins oblique et bien moins ovalaire-transverse; par ses stries 
plus accusées , etc.; S exemplaires. Je suis heureux de dédier celte espèce 

à M. Ed. Lamy, attaché au laboratoire de malacologie du Muséum, 

13. Planorbis choanomphalus Martens, 1897; 9 exemplaires d'une 
forme \<>isine de cette espèce, mais qu'il faudra peut-être distinguer au 
moins comme variété. 

Mx. Segmentina Chevalieri Germain, 190/r. 1 exemplaire de celle espèce 
qui se retrouve jusque dans le lac Tchad. 

15. \mpui.i.aiua gradata Smith, 1881: 3 exemplaires. 

Mi. \\iim i.i.aria OVATA Olivier, 180/r, a exemplaires jeunes et 3 adultes. 

L'un «le ces derniers mesurant - t k millimètres de hauteur pour (i.3 milli- 
mètres de diamètre constitue une variété major, 

17. Laxistes elliptici s Pfeiffer, 1866; •'! exemplaires donl l'un corres- 
pond 1res exactement à la ligure 9, planche IA\, desNovitates Goncho- 
lofficœ , tome 11, 1866. 

18. Lanistes Foai (iermain. nov. sp. 

Cette espèce n'a pas été recueillie dans le lac Tanganika, mais bien dans 

le Haut-Congo, .le la place néanmoins ici. parce qu'elle a élé rapportée par 
M. Foa. 

Le Lanistes Foui est une espèce qui se rapproche surtout du Lanistes 
Vignoni Bourguignat ' . [ /.. Bernardianus Morelet, var. Pfeiffer - 1. mais 
qui s'en distingue oeltemenl par sa spire beaucoup plus déprimée et 



(') MAnTEifs(E. eon), Besch. Weichth. Ost-Afrikas, 1897, p. 1&9, Taf. VI, 
Qg. 17. 

Boubguigkat (J.-R.), Mollusques Ifrique équat., 1889, p. 177. 

Pfbifpbb, Novitates Conchol. , 1866, p. a86, pi. IA\. fig. i-'i (n&nAmpul- 
laria Bemardianu* Morelet). 



— 257 — 

son ouverture plus régulièrement ovalaire. M. Dautzenberg '' avait <lej, : i 
signalé l'existence, dans le bassin du Congo, entre L'embouchure de ce 
fleuve fi le confluenl «lu Kassaï, d'un Lanisîes très déprimé qui pourrait 
bien être aotre espèce. 

19. Vivipara jacinda Smith, 1892. 

Cette espèce, qui n'avait encore été recueillie que dans le lac Victoria- 
Nyanza. habite aussi le sud du Tanganika. Il existe, dans le lac Tchad, une 
forme représentative de cette espèce, à laquelle je donne le nom de Vivipara 
Lenfanti nov. sp. (.Missions Lenfant et Lacoin.) 

20. Vivipara Bridocxi Bourguignat, 1888; 1 exemplaire. 

21. Vivipara Foai Germain, nov. sp. 

Cette petite espèce ne peut être rapprochée que dn Vivipara rubicunda 
Martens \ mois s'en distingue : par son galbe plus trapu: par sa spire 
bien moins allongée à tours relativement moins convexes bien que séparés 
par des sutures plus profondes ; par son ombilic plus large: par son ouver- 
ture notablement plus petite: par sa columelle plus tordue, etc. 

û-2. Cleopatra Guillemeti Bourguignat, 1 885 : 1 exemplaire. 

23. Cleopatra trisulcata (îermain. nov. sp. 

Cette espèce, de grande taille, ressemble à première vue à certaines va- 
riétés figurées par Martens, de son Vivipara cochleuris {: ''>, mais s'en distin- 
gue nettement par les caractères de son ouverture qui en font incontes- 
tablement un Cleopatra et par les trois côtes spirales (ces saillantes qui 
ornent les derniers tours de la spire. 

Var. Foai Germain, nov. var. 

Cette forme diffère du type par sa spire plus franchement conique, à 
tours moins étages, el par ;;i taille plus faible: 6 échantillons — Tanga- 
nika sud. 

'2h. Mr.i.AMA TUBERCULATA Millier, 177/1: 3o exemplaires. 

25. Melania admirabilis Smith, 1880; 1 échantillon en mauvais état. 
— Tanganika ^iitl. 

26. Nf.othaimv Tanganirani m Smith, 1880. — Région centrale du Tan- 
ganika: 3 échantillons. 

( " Dautzemïerg (Pli. | . Mollusques recueillis an (ioiifjo jinr .M. K. Dupont 

Hall. Anal, sriencfs Bflgifjun; 3 e série, XX, 1890, p. 571. 

Mw.tkns (E. von i. in: Site. Ber. Ges. nat. Freunde, 1879, p. îoi. 

W Mahtens (E. voh), Beseh. Weiehth. Ost-A/rikas; 1897, p. 181, Taf. VI, 
fi;;. 1 9-a 1 . 



— 258 — 

Var. Bridouxi Grandidier, 1 885. — Région centrale «lu Tanganika; 
•->. échantillons. 

27. Neothauma euryomphaluai Bourguignat, 1 888 : i échantillon; 
3 autres exemplaires mesurant 6i millimètres de hauteur pour 38 milli- 
mèlres de diamètre, se rapportent à une var. major. — Tanganika sud. 

28. \i:oTi!\in!.\ bicarinatdm Bourguignat, 1888; 3 exemplaires. — Tan- 
ganika sud. 

29. Tiphoma Horei Smith, 1880. 

Le? Tiphobia Jouberti Bourg., T. longirostris Bourg, sont simplement d»s 
formes jeunes, el le /'. Bourguignati Grand. , une. forme sénile du lypeHorei; 
19 exemplaires. — Région sud. 

30. LiMNOTRocens Thomsoni Smith , 1880. 

Les L. Giraudi Bourg., 1888, et L. cyclostoma Bourg., i885, sont des 
formes de cette espèce : le premier est une mutation depressa, le second un 
mode elongata du type normal. On peut représenter delà manière suivante 
les affinités de ces trois formes : 

LlMNOTROCHOS GlBAUD] l.l MNOÏROCIU S CYCLOSTOM* 

[forma depressa\. [forum elongata |. 



Limsotrochds Thomsoni 
| forma norrnalis ]. 

ii exemplaires; Tanganika est. 

31. Ta\<;\mkia (1) (Hauttecœuria) soluta Bourguignat, 1880; s o exem- 
plaires. Je considère les Ihuitt. Brincatiana Homo, et H nuit. Charmetanti 
Bourg, comme synonymes de cette espèce. 

Var. Milne-Edmardsi Bourguignat, 1 885 ; 5 échantillons. 

32. Tanganikia (1I\i ttkcoeuiua) Reymondi Giraud, 1880. 

Les espèces décrites par Bourguignat sous les noms de Ihtuit. Duveyrieri, 
II. Maunoiri, II. Levesnuei et 11. Locardi ne sont, comme je le montrerai 
plus tard, (pie dis modifications individuelles de //. Reymondi et doivent, 
par si ile. tomber en synonymie. '10 échantillons. — Tanganika est. 

33. Giraudia Horei Smith , 1880. 

B01 rguignal ;i créé, pour celle espèce, le genre Rcymondiael, La même 
année (i885 1. le genre Giraudia pour une espèce 1res voisine. Mu réalité, 

U) Le genre Cambieria créé par Bourguignat ( Mollutques Giraud Tanganika, 
1 885, p. Ai) est Bynonyme du genre Tanganikia Crosse [nom. nu. 1. Le genre 
Haullesœuria Bourg, ne saurait être admis que comme section du genre zim- 
ganikia. 



— 259 — 

ces deux genres sont absolument synonymes. J'ai conservé le nom de 
Giraudia [tarée qu'il existe déjà an genre Raymondia, en Entomologie. 
Var. GtraarftBourguignat, i885; 25 exemplaires. — Région sud. 

;>'i. Giraudia Foai Mabille, 1901 (Reymondia); s exemplaires. 

35. Giraudia! Foai' 1 Mabille. 1901 (Assiminea); h exemplaires. 

36. Giraidia! quintana Mabille, 1901 (Assiminea); 5 exemplaires. 

37. Lechaptoisia Poxsobyi Smith , 1889; 5 exemplaires. 

38. Spbkiazonata Woodward, 1809: i5 exemplaires. 

39. Paramblama hassa Woodward, 1859: plages est et ouest: très 
abondant. 

Var. Dautzenbergi Germain nov. var. 

Nassopsis nassa, var. Martel et Dautzenberg, Jauni, de Conchyl, 1899, 
pi. Mil. lig. k (seulement). 

Cette variété . surtout caractérisée par son ouverture régulièrement ova- 
laire, presque entièrement détachée du dernier tour et entourée d'un 
péristome continu fortement épaissi, présente un galbe court, trapu, forte- 
ment élargi dans le bas. Les sutures sont plus profondes que dans le type. 
10 exemplaires. 

Var. nassatiformis Bourguignat, 1888: 00 exemplaires. 

'i0. Paramelania Locardi Bourguignat, i885. 

Je considère le Param. Giraudi Bourg. (i885) comme synonyme de cette 
espèce: 12 exemplaires. 

41. Paramelania arexarum Bourguignat, 1888; 8 exemplaires. 

'ri. Edgaria paucicostata Smith, 1881. 

Je considère les Ed. Monccti Bourg. (1888) et Edg. liUoralis Bourg. 
| 1K88) comme synonymes. Il est fort probable que Y Edg. liUoralis n'est 
(prune forme jeune; 35 exemplaires: Tanganika est. 

\; a r. callopleuros Bourguignat, 1888. — Variété à peine distincte du 
type; 10 exemplaires. 

Wi. Lavigeria Jolberti Bourguignat, 1888; 3 exemplaires. Var. 

minor; 9 exemplaires. 

hh. Syrnolopsis lacistius Smith, 1880, 

Les Syrnoi /kceî/îBourg. (i885) et Syrn. Grandidieri Bourg. (i885) 

(') Il est évident que ce nom déviait être changé, puisque les esprers décrites 
par.1. Mabille comme appartenant au genre Atsiminea sont de véritables Girau- 
dia et qu'il existe déjà un Giraudia Foai décrit par le même auteur. Mais l'es- 
pècedont il est question ici n'est qu'un jeune Giraudia, sur la valeur duquel il <st 
difficile d'èlre entièrement fixé. 



— 260 — 

sont synonymes de cette espèce. La dernière forme est un jeune du S. In- 
custris; is exemplaires. 

15. Sïrnoi.opsis Foi! Mahille, 1901 ; 2 exemplaires. 

.'16. Stbwolopsis mindta Bourguignat, i885. 

Espèce bien distincte du Sym. lacustriê à laquelle il but rapporter, 
comme var. major à denliculations aperturales effacées, le Syrnolopsis 
Giraudi Bourg. (1880): 1 seul exemplaire. 

hl. Anceya admirarilis Bourguignat; 5o exemplaires. Je montrerai 
pins lard que le Anrei/a Giraudi Bourg, est synonyme de cette espèce. 

.'18. Ghytra Kiumi Smith , 1S80: •> échantillons. 

r i9. Umo Chabbonniebi Bourguignat, 1886; ■?. valves. — Tanganika 
nord. 

50. Umo (Grandidieria) Smitiu Bourguignat, i885; 1 échantillon el 
1 valve. 

:> I . IJmd 1 Grvndieria) Hauttkcoki t.i Bourguignat . 1 885; 3 exemplaires. 

•>± Umo (Grandidieria) gratida Bourguignat, i885; 3 valves cl 
;> échantillons. 

Variété' lutescens Germain. 

Test d'un beau jaune doré; nacre très irisée, jaune d'or; 1 exemplaire. 

53. Umo (Grandidieria) rostrata Bourguignat, 1 885 ; 1 valve. 

54. Umo (Grandidieria) Locardi Bourguignat. 1880: 1 échantillon. — 
Tanganika nord. 

55. Umo (Grandidieria) Giraudi Bourguignat, 1880; 8 valves, don! h 
déjeunes individus. 

06. Pliodon (Gameronia) (1) Gharronmeri Bourguignat, 1886; ■>. exem- 
plaires, plages du Sud: .*! exemplaires, plages de l'Ouest. 

57. Pliodon (Cambroma) Bridoixi Bourguignat. 188O; 1 valve d'un 
individu jeune. — Tanganika nord. 

58. Pliodon (Cameroma) Giraudi Bourguignat, 188.*»; 1 valve. 

59. Pliodon (Gameronia) Vyxckki Bourguignat. 1886; 1 valve Ires 
typique. 

<>(>. BoaTOHlA Tani;amk\y\ Smilli, 1880; 3 exemplaires jeunes. — 
Plages de l'Est. 

(il. Birioma la viNGSTo.Ni Bourguignat, 1 883; 1 exemplaire jeune. — 
Plages de L'Est. 

(1) J'expliquerai en détail, dans mon mémoire définitif, pourquoi je n'admets 
le genre Cameronia (pie comme section des Pliodon 



— 261 — 

62. Birtoma Layigbriei IJourguignal, 1866; 5 valves. — Plages de 
l'Ouest. 

G-'5. Bdrtonia Moiheti IJourguignal . 1886; 1 valve. — Plages de 
l'Ouest 

fi'i. Corbicola radiata Philippi , t8&6; •>. exemplaires. 

65. Corbicola Foai Mabille, 1901; 3 exemplaires. 

GG. /Etheria elliptica de Lamarck , 1807; 1 échantillon et 1 valve. 



Liste des coqoillbs /»/•; Gâstbopoûbs hboubilliss par M. Cu, Gravier 

DANS LE GOLFE in: TâDJOURAB (îyo'l) | Fill |, 

par M. Edouard Lamv. 

81. Strombds (Monodactvlds) tricornis Lamarck. 

i8°:!. Strombui tricornii Lamuick. inim, s. vert, I. \ll, p. aoi. 
i845. S. tricoriiin Lk. , Kûstbr, Syst. Gonch, Cab.) 9" éd., vol. IV, Strombea, 
pi. VI, fig.6, 7,8. 

Djibouti: h individus adultes et i5 jeunes. - Obock (Jousseaume, 
1888). 

8~2. Strombds (G anariom) dentatds Liaaé. 

i;."iS. Strombut dentatus Liwk, Syst. nut.. 10" éd., I. I, p, ~'\h. 

1795. S. erythrinus Chemsitz, Syst. Conch. Cab. , vol. Xï , pi. CXCVa, Gg. iS-'i- 

i8 7 5. 
1822. S. plicatus Lahabck, inim. s. vert., vol. \II.p. 210. 
i84.j. S. plicatus Lie. Kdstbîi, Syst. Conch. Cab., s* éd., vol. IV, Strombea, 

pi. XIH,fig.3-4. 
t85o. & dentatus L., Rbevb , Conch. Icon., vol. VI, g. Strombus, pi. IX, fig. 17. 

Djibouti : 80 ind. — Mer Rouge. 

Un de ces exemplaires correspond par sa coloration rouge à la figure 
donnée par Chemnitz pour le S. erythrinus, forme signalée à Djibouti par 
M. H. Fischer ( 1 go 1) et regardée par Tryon (Man. oj Conch., vol. \ II. 
p. 1 19) et par M. Sturany ( 190B) comme une variété de S. dentatus. 

83. Strombi s (Canabium) elegans Sowerby. 

1867. Strombus elegans Sowêbby , Thés. Conch., vol. 1, pi. VU, lijj. 'i3-'i8. 
i85o. S. déganta Sow.. Mkkvf.. Gonûk. Icon., vol. VI. <;. Strombus, pi. XVII, 
lijj. k\ 11. 

Djibouti : 1 individu conforme à la figure de Keeve. — Mer Hougc. 

84. Strombds | Canabii m) plobidi s Lamarck. 

i%::'.>. Strombus Jhridnt Lahabck, Anim. s. vert,, vol. VII, p. 311. 

18 43. S.jlniidu* Lk., Kiknkr, Coq. vir.. Ailées, g. Strombe, pi. XXXII, (ig. 1. 



— 262 — 

Djibouti : 80 individus, dont •> . présentant une couleur uniforme d'un 
jaune orangé, correspondent à la variété représentée dans la figurée de 
Kiener. — Djibouti (H. Fischer, 1901 I. 

85. Strombus (Canarium) gibberulds Linné. 

1 7 r> s . Strombus gibberulus Linné, Syst. nat., io' éd., t. 1, p. -'i'\. 
17 '17. S. gibberulus L., Sowerby, Thés. Conch., vol. I, pi. VI, fjjj. is. 

Djibouti : *a5 ind. — Djibouti ( II. Fischer, 1901 ). 

86. Strombus (Canarium) tereiîfuuatus Sowerby. 
iS'17. Strombus terebellatus Sowbrbt, Thés. Conch.. vol. I, pi. 1\, lijr. s'i. 
Djibouti : 1 ind. — Aden (Shopland, 1902). 

87. Pteuocera i!hvom\ Gmelin. 

1790. Strombus bryonia Gmelin, Syst. nul.. i3 e éd., t. I, p. 35so. 
1833. Pterocera truncata Lamarck, Anim. s. vert. . t. VII, |>. io5. 
i85i. /'. bryonia Gm., Iîkkvk, Conch. /bon., vol. VI, g. Pterocera, pi. i. 

Djibouti : 1 ind. — Obock (Jousseaume, 1888). 

88. RoSTELLARIA CDRTA So\vorb\ . 

1 8 '1 7 . Rostellaria curta Sowerby, Thés. Conch., vol. 1, pi. V, Gg. 1 1. 
Djibouti : 1 individu jeune. - \den (Shopland, 1903). 

89. Trifouis (Viriola | corruoatl's Hinds. 

i843. Triphoris corrugatus Hinds, Ann. Mag. \m. Il, si., vol. XI, p. 18.- is'ii. 
Hihds, Zool. Voy. " Sulphum . \foll., pi. VIlI,fig. 7. 

Djibouti. îles Muslia : 20 ind. Aden (Shopland. 1903), mer Rouge 
(Sturany, i9<>3). 

90. Trfforis (Mastonia) ri ber Hinds. 

iK'i.'i. Triphoris ruber Hims, Ann. \Lag. Nat. Hist., vol. XI, p. 19. \X'\'i. 
IIim)s. Zool. Voy. xSulphur», M 'IL. pi. \lll. fig. i5. 

Djibouti : 1 ind. — Mer Rouge (Sturany). 

91. Triforis (Mastonia) ddcosensis Jousseaume. 

iSS'i. Mastonia ducosensis J01 ssnnii:. Bull. Soc. \ialac. France, I. [ , pi. IV, li/f. 10. 

Djibouti : 1 individu, déterminé par M. le D' Jousseaume, de cette es- 
père Néo-Calédonienne . nconnaissable a ses deux rangs de tubercules, 
colores en vi<dei d;uis la rangée antérieure, en jaune dans la postérieure. 

\)'2. Triforis i Mastonia) Servaini Jousseaume. 
1886. Mastonia Servaini .loi -skaï imb, IShII. Soc.Malac. France, I. I. pi. IV. li/(. 1 1. 



— -263 — 

Djibouti : 3 ind. — Mer Rouge. 

Les exemplaires de cetto espèce caractérisée par ses deux rangs de tu- 
bercules, qui sont blancs, séparés par des points noirs, dans la rangée 
antérieure, et qui sont orangés dans la postérieure, ont été déterminés 
par comparaison avec des spécimens de la collection de M. Dautzenberg. 

93. Trifobis (Mastonia) similis Pease. 
1870. Triphoris similis Pease, Proc. Zool. Soc. London, p. 7 7 A . 

Djibouti : 1 individu. 

Cet échantillon, dont nous devons la détermination à M. le D r Jous- 

seaume, appartient à une espèce signalée par Pease aux îles Hawaii; il 
présente des rangées alternantes de tubercules blancs et de tubercules 
bruns plus petits. 

94. Modulus tectum Gmeliii. 

1790. Trochus tectum Gmelin, Syst. nul., i3" éd., t. 1, p. Ii56y. 
i853. Modulus candidus Petit, Journ. de Conch., t. IV, pi. V, fig. ti. 

Djibouti : k ind. — Mer Rouge. 

95. Pi.anaxis Savignyi Deshayes. 

i%l\k. Planaxis Savignyi Deshayes, Mag. de Zool., -2 e sér., vol. VI, Mollusques, 
pi. 109. 

Djibouti : a5o icd. — Djibouti (H. Fischer, 1901). 

96. Littorina scabra Linné. 

1708. Hélix scabra Linné, Syst. nat., 10 e éd., t. I, p. 770. 

1 ,S Zi 7 . Littorina intermedia Philippi, Abbild. Conch., Bd II, pi. V, fig. 8-9. 

Djibouti : 3 ind. — Aden (Sliopland, 1902). 

97. Toiunia variegata Gmelin. 

1790. Trochus variegatus Gmelin, Syst. nat., i3° édit. , 1. 1, p. 3575. 
18.37. Solarium variegatum Lk., Kjkneu, Coq.viv.,g. Cadran, pi. IV, fig. 7. 

Djibouti : 1 ind. roulé. — Djibouti (H. Fischer, 1901 ). 

98. Rissoi\a spirata Sowerby. 

i83o. Bissoa spirata Sowerdî, Gen. ofrec. and foss. shells, g. Hissoa, fig. 3. 
1901. Iiissoina spirata Sow . , 11. Fischer, Journ. de Conch., vol. XLIX, pi. IV, 
fig. 1-2. 

Djibouti : h ind. — Djibouti (H. Fischer. 1901). 

Muséum. — xi. » 8 



— 264 — 

99. Hissoiw Bouvieri Jousseaume. 
1894. Rùsoina Bouvieri Jodssbaghb, Hall. Soc. Philom. Paris, 3 e sér., I. VI, 

D. 103. 

Djibouti : 1 individu déterminé par comparaison avec «les spécimens 
donnés au Muséum par le D r Jousseaume. — Aden. Djibouti (Jousseaume, 
189&). 

100. NaP.ICA j \ ANIKOHO | LIGATA HecllIZ. 

i844. Narica ligata Recluz, Rev. Z00L Suc. dur., p. 5. 

i845. N. ligota Recluz , Mag. Z00L, 2 e sér. , vol. VII , Mollusques, pi. CXXI, 
fig. 9. 

Djibouti : 1 ind. — Aden (Shopland, 190a). 

101. Natica marochiensis Gmelin. 

1790. Nerita marochiensis Gmelin, Syst. nat., i3° éd., I. I, p. 3673. 
i85o. Natica Gualteriana Petit, Journ. de Conch., t. I, p. 396. 
l855. N. Gualteriana Petit, Reevk, Conch. leon., vol. IX, g. Nattai, pi. \\\, 
fijf. 116. 

Djibouti : 1 individu dont la coloration est assez semblable à la figure 
donnée par Reevc pour N. Gualteriana, une des nombreuses variétés de 
N. marochiensis. 

102. Natica (Mamma) mamii-la Linné. 

17.18. Nerita mammilla Linné, Syst. nat.. 10 e éd., t. I, p. 776. 
1 855. Natica mamilla L., Reeve, Conch. Icon., vol. IX, \\. Natica, pi. Ml. 
lig. 27 a-b. 

Djibouti : 1 o ind. — Djibouti (H. Fischer, 1 90 1 ). 

103. Eolima BREVI8 Sowerby. 

i83A. lui li ma brevis Sowerut, Proc. Zool. Soc. London, part II, p. 7. — l855. 
Soweruy, Thcs. Conch., vol. Il, pi. CLXIX. fig. 3-j. 

Djibouti (récif du Météore) : 1 ind. — Aden (Shopland, 190:2). 

104. Pvramidei.la (liONCii.Ki's) sulcata A. Adanis. 

1 855. Obeliscus sulcatus A. Adanis, Sowbrbt, Thés. Conch., vol. Il, pi. (XXXI, 

fig. 34. 
1 855. 0. teres \. Ad., Sowbrbt, id., Gg. 3i-3a. 

Ohock : a ind. — Mer Rouge. 

(les individus sont conformes aux ligures données par Sowerln pour 
/'. icrcs, « |ii i ne sérail, d'après Tryon [Mon. of Conch., vol. VIII, p. lîoi), 
qu'une forme jeune et décolorée d<' P. sulcata. 



— 265 — 

105. Pyramidella (Otopleura) hitralis A. Adams. 

i853. Pyramidella mitraUs A. Adams, Proc. Zool. Soc. London, p. 177. 

i8r>.">. /'. mitralis A. Ad., Sowehbï, Thés. Conch., vol. II, pi. CLXXII, fig. 9. 

Djibouti : 1 ind. — Mer Rouge. 

106. Nerita albicilla Liuné. 

1 - :. S . Nerita albicilla Linné, Syst. nat., 10 e éd., t. I, p. 778. 

i883. N. albicilla L., Sowerby. Thés. Conch., pnrt'XL, pi. CDL1V, fig. aG-27. 

Djibouti : i5 ind. — Djibouti (H. Fischer, 1901). 

107. Nerita squamulata Le Guillou. 

i84i. Nerita squamulata Le Guillou, Rev. Zool. Soc. Cuv., p. 344. 
1889. N. chamœleon L. var. squamulata Le G., Ed. von Martens, Syst. Conch. 
Cab., 2 e éd., vol. H, g. Nerita, pi. V, fig. i4-i5. 

Djibouti : 1 individu couforme aux figures citées du Conchy lien-Cabinet. 
— Océan Indien. 

108. Nerita Longii Recluz. 

i84a. Nerita Longii Recluz, Rev. Zool. Soc. Car., p. 178. 

i846. N. Longii Red., Reeve, Conch. Icon, vol. IX, g. Nerita, pi. XI, 

fig. 5 a a-b. 
1889. N. Longii Recl., Ed. von Martens, Syst. Conch. Cab., vol. II, g. Nerita, 

pi. IX, fig. i-3. 

Djibouti : i5 ind. — Obock (Jousseaume, 1888). 

Les exemplaires rapportés par M. Gravier correspondent, par leurs côtes 
lisses présentant des taches brunes et noires, aux ligures de Reeve, mais 
non à celle donnée par Recluz (Journ. de Conch. , 1. 1, i85o, pi. 1 1 , lig. h ) , 
ni à celle de Sowerby (Thés. Conch., part XL, i883. pi. A ( i 7 , lig. 90). 
Plusieurs grands échantillons corrodés sont exactement semblables aux 
figures 1 et 2 du Conchylicn-Cahinet. 

109. Nerita (Pila) qcadricolor Gmelin. 

1790. Nerita quadricolor Gmelin, Syst. nat., i3* éd., t. I, p. 3(i84. 

1 855. A : . quadricolor Gra., Reeve, Conch. Icon., vol. IX, g. Nerita, pi. I, 

fig. 4 Orb. 

Djibouti : 8 ind. — Mer Rouge. 

110. Nerita (Odontostoma) Romphii Recluz. 

i84i. Nerita Rumphii Recluz, Rer. Zool. Soc. Cuv., p. 167. 
i855. N. Rumphii Recl., Reeve, Conch. Icon, vol. IX, g. Nerita, pi. XIV, 
fig. 62. 

18. 



— i>66 — 

1889. \. polita L. \;ir. Rumphii Red., Ki>. \o\ MLbtbss, Syst. Çonch. Cab., 
9* éd., vol. II. g. Verita, pi. XIV, Gg. 9. 

Djibouti : 20 ind. — Djibouli (H. Fischer, 1901). 

Parmi ces individus de couleurs variées, on trouve notammenl la va- 
riété c de Reevc, grise à trois bandes roses, dont la moyenne es! dédoublée, 
el la variété rougeâtre à trois bandes sombres . représentée dans la ligure 9 
il 11 Conchylien-Cabinet. 

111. Neritina (Smaraudia) Feuieleti Ludouin. 

1817 Sàvighy, Descr. Egypte, 1 1 isi. mil., Planches, t. Il, Go- 

quilles, pi. V, lig. il. 
1827. Neritina Feuilleti Aodouin , Descr. Egypte, t. XXII, Eist. nat., Expl.somm. 

planrli. Mollusques, p. 179. 

Djibouti : 20 ind. — Mer Rouge. 

112. Piiasianelea (< tuTiioMEsus) varikuata Lnmarck. 

18*2. l'haxianclla rariegata Lamaiick, Anim. s. vert., vol. VII, p. 53. 
18Û8. /'. varicgata Lk. , Kienkr, Coq. viv. s g. Phasianella, pi- IV, fig. 1. 

Djibouti : 200 ind. — Djibouti (H. Fischer, 1901). 

Ces nombreuses coijuilles sont de colorations variées, mais présentent 

Ion jours de fines lignes transverses articulées de blanc et de rouge, avec 

des mandations formant de grandes zones longitudinales brunes plus ou 

moins accentuées. 

1 13. Turbo radiâtes Gmelin. 

1790. Turbo radiatus Gmklin, Syst. nat., i3* éd., I. 1, p. 3596. 
1868. T. Chemnitzianus Rebtb, Conch. Icon., vol. IV, g. Turbo, pi. Vlll. fig. 36. 
i852. T. radiatus Gm. , Philippi, Syst. Conch. Cab., a" éd., t. II, g. Turbo, 
pi. VI, fig. 9-10. 

Djibouti : 2 ind. — Obock (Jousseaume, 1888). 

11 h. Turro pnsTULATUS Brocclii. 

1817 Sami.nv. Descr. Egypte, Hist. nat., Planches, l, II. lio- 

(juilles, pi. V, fig. 26-2. 
1888. Turbo pustttlatUi Nrorchi. Tîuon . Man. of Conch.. vol. X, p. 11117, 

pi. XLIV, Gg. 80. 

Djibouti : 10 ind. — Mer Rouge. 

I I5. Turbo ( Marmorostoma) coronatus Gmelin. 

1790. Turbo coronatus Ghemn, Syst. nat., a' éd.. t. I. p. 35g&. 

i852. T. coronatus Gm., Phimpn, Syst. Conch. Cab., a éd., vol. II, g. Turbo. 

pi. M, Gg. i3. 
180a. T. Hemprichi Troschel, Philippi, id., pi. XVI, fig. 1. 

Djibouti : 1 ind. — Djibouti (H. Fischer. 1901). 



— 267 — 

116. Trochus (Tectos) dentatcs Forskal. 

177J. TrochtU dentattis FoBSKAL, Descr'. [min. Itin. Orient, p. ia5. 

i8'i(). T. dentatus Forsk., Philippi, Syst. Conch. Cab., a éd., g. Trochus, pi. 11. 

fig. i-a. 
1889. T. dentatus Forsk., Pilsbbt, Mon. of Conch., vol. \l, pi. III, fig. a3. 

Djibouti : i) ind. — Mer ttouge. 

117. Trochus (Tfctus) noduliferus Lamarck. 

i8aa. Trochus noduliferus Lamahck, Anim. s. vert., t. VII, p. 18. 
18 '16. T. noduliferus Lk., Philippi, Syst. Conch. Cab., a* éd., vol. Il, g. Trochus, 
pi. II, fig. 3-4. 

Djibouti : 2 ind. — Mer Rouge. 

118. Trochus (Infuwdibulum) erythr.eus Brocchi. 
1817 Savigny, Descr. Egypte, Hist. nat. , Planches, t. If, Coquilles, 

pi. V, fig. 38-39. 

18/16. T. erylhreeus Brocchi, Philippi, Syst. Conch. Cab., a éd., vol. II, g. 
Trochus, pi. XLII, fig. 12. 

Djibouti : -ih ind. — Djibouti (H. Fisclier, 1901). 

119. Clanculus pharaonius Linné. 

1758, Trochus pharaonius Linné, Syst. nat., io° éd., t. I, p. 767. 
i"'i v . T. j/hnraonius L., Philippi, Syst. Conch. Cab., a c éd., vol. II, g. Tro- 
chus. pi. XIV. fig. 1. 

Djibouti : 8 ind. — Djibouti (H. Fischer, 1901). 

120. Clanculus Gennesi H. Fischer. 

t 

1 S 1 - Savigny, Descr. Egypte, Hist. nat. , Planchas, t. 11, Coquilles, 

- pi. III. lig. 3-J-i'. 
1901. Clanoulv* Cennesi H. Fischer. Jour», de Conch., vol. XLIX. n° a, pi. IV, 

lig. 1 1-1 •>. 
1. 1<).';. Euchelus erythrœrmis R. Sturany, Gastrop. Roth. M'-er. Exp. crPola», 

Dmkschr. Akad. IIV.s.s. Wien, Bd LXXIV, pi. V, lig. G. 

Djibouti : h ind. — Djibouti (H. Fischer. 1901). 

Ces échantillons ont été délerminés d'après le type Taisant partie de la 
collection du .Journal de Conchyliologie. M. H. Fischer a démontré dans 
nue note récente (Journ. de Conch., vol. LU, 1906, p. 5g) l'identité de 
V Euchelus eryihrœensis Stur. avec le Clanculus Gennesi. 

121. Gibbdia phasianella Deshayes. 

i8G3. Turin* phasianellut Deshayes, (lut. Mail. Réunion, p. 7/1, pi. 9, fig. i3-iâ. 



— 268 — 

Djibouti, îles Musha : 3 individus qui correspondent bien à la description 
de Deshaves. avec des marbrures brunes et de fines linéoles transverses 
articulées de blanc, et que l'obligeance de M. Dautzenberg nous a permis 
d'ailleurs de comparera des exemplaires de sa collection . provenant de 
Nouvelle-Calédonie. 

122. Gibbdla (Priotrochus) sepilciiralis Melvill. 

189(1. Priotrochuê seputchralis J.-C. Mklvili., Ann. Mac. Nat. Hist., 7 e sér., IV, 
p. 96, pi. 11, fig. 6. 

Djibouti : 1 individu concordant avec des spécimens de la collection de 
M. Dautzenberg. — Golfe Persique (Melvill). 

123. Agagus agagis Jousseaume. 
1896. Agagui "jfdpix Jousseaumk, liull. Soc. Philom. Paris, 8' sér. , t. VI, p. 99. 

Obock : 19 iud. — Baie de Tadjourah (Jousseaume, 1888), Aden 
(Sliopland, 190a). 

La détermination de ces coquilles a été laite par leur comparaison avec 
des échantillons donnés au Muséum, en 1896, par M. le D r Jousseaume. 

124. Gêna varia A. Adams. 

i85o. Gêna varia A. Adams, Pror. Zool. Soc. London, pi. XVIII, p. 37. 
1855. G. varia Ad., Sowirbï, Thés. Conch., vol. Il, pi. GLXXIII, fig. 8. 

Djibouti (Récif du Météore) : 1 individu de couleur rose mélangée de 
blanc. — Mer Rouge (Sturany, i<)o3). 

125. Haliotis scutulum Reeve. 

i846. Haliotis scutulum Reeve, Conch. Icon. , vol. III, g. Haliotis, pi. XVI, 
lig. 63. 

Djibouti (lies Musha) : 6 ind. — Mer Rouge (Sturany, 1903). 

126. Fi8Surklla (Glvphis) RiippELLi Sowerby. 

1 834. Fissurella Riippelli Sowerbï , Proc. Zool. Soc. London, pi. II, p. 128. — 
1866. Sowerby, Thrs. Conch., vol. III, pi. 9/40, fig. 107-108. 

Djibouti (îles Musha): 5 ind. — Mer Rouge. 

127. Subemarginula imrricata A. Adams. 

1 85 1 . Subemafginula imbricata A. Adams, Proc. Z<ml. Suc. London, pi. \l\, 

p. 91. 
1866. Emarginula imbricata Ad.. Sowbrbt, Thés. Conch., vol. III, pi. a/17, 

fig. 70-71. 



— 269 — 

Djibouti (îles Mtosha) : 1 individu, à coquille tirs corrodée, dont nous 
devons la détermination à M. Dautzenberg. 

128. Patella (Helioniscus) rota Gmelin. 

1^90. Paiflin rota Gmelin, Syst. mit.. i3" éd., t. I. p. 3730. 
i854. /'. rota Chemn., Ribvb, Conch. Icon., vol. VIII, g. /W//a,pl. XVII, 
Bg. 39. 
Obock : 1 individu do petite taille. — Mer Rouge. 

129. Atys n vi ci m Linné. 

i7.")S. Huila naucum Linnk. Syst. nat., 10 e éd., t. I , p. 726. 

,-.",:.. /,'. naucutn I.., \. A dams, The». Conch., vol. Il, pi. CXXIV, lijf. 107. 

Djibouti : 1 ind. — Mer Rouge. 

130. Atvs (Alicula) cymnimuca Hellding. 
■ 855. Huila cylindrica HelMin;;, A. \n\us, Thés. Conch., vol. II, pi. CXXV, 

lijr. 11'.. 

Djibouti : 6 ind. — Djibouti (H. Fischer, 1901). 

131. RlLLA AMPULLA Lillllé. 

i7.")«. Huila ampulla Linné, Syst. nat., 10 e éd., t. I, p. 797. 

i8f»r>. /,'. ampulla L., A. Advms, Thés. Conch., vol. Il, pi. CXXII, Tiff. 59-69. 

Djibouti : h ind. — Mer Rouge. 



Lt: Tiuodontophorus deminutus, nouveau Sclerostomien 

PARASITE DE L'HOMME, ET LA CACHEXIE AFRICAINE, 

par MM. A. Railliet et A. Henry. 

Orùce à l'obligeance de M. le professeur Joubin, nous avons pu étudier, 
dans la collection des Nématodes du Muséum, un Sclérostomien fort inté- 
ressant, qui représente un nouveau parasite de l'homme. 

Il en existe seulement deux exemplaires: un maie et une femelle, le 
premier légèrement altéré, tous deux laissant a désirer sous le rapport de 
la transparence. La description que nous allons en donner demeurera par 
suite incomplète sur plusieurs points de détail. 

Dans les deux espèces, le corps après conservation dans l'alcool — 
est blanchâtre, cylindrique, atténué aux deux extrémités, mais plus longue- 
ment en avant qu'eu arrière. 

Le tégument est très nettement strié en travers: les stries ont, en 
moyenne, un écartement de 12 p.. La cuticule ne forme pas d'étranglé- 



— 270 — 

ment brusque en arrière du vestibule oral, mais elle présente, dans la 
région céphalique qui suit, un léger épaississement qui cesse tout à coup 
un peu en arrière de la capsule buccale, à 270 y. de l'extrémité antérieure. 

\ ôoo (i de cette même extrémité, très légèrement en arrière de l'an- 
neau nerveux, existe une paire de papilles cervicales à peine visibles, à 
base hémisphérique et à pointe subulée. 

Le limbe cuticulaire qui forme la paroi du vestibule oral est limité en 
arrière par un simple sinus. Ce vestibule est déprimé d'avanl en arrière: 
il montre une couronne (coronule externe ou antérieure) de •_>. 'i (?) lamelles 
qui prennent naissance très profondément à son intérieur et se dirigent en 
avant et en dedans, de manière à fermer presque complètement l'orifice 
buccal. A la base de chacune de ces lamelles se voit une petite plaque 
n'ayant guère que le tiers de sa longueur, et l'ensemble de ces plaques 
correspond vraisemblablement à la coronule intente. 

Le vestibule oral s'ouvre dans une capsule buccale Bubglobuleuse, 
haute de i5o [i sur une largeur niaxima de 160 fx atteinte un peu au delà 
du milieu de sa longueur. Le bord antérieur de cette capsule, qui porte 
la coronule interne, olfre eu dehors un épaississement circulaire inter- 
rompu par six dépressions qui livrent passage aux nerfs papillaires. Les 
quatre papilles submédianes sont mimes et aiguës, les deux latérales plus 
larges et mousses. La capsule buccale montre, d'autre part, un tunnel 
dorsal assez étroit, aboutissant au bord antérieur de la capsule, à une 
gouttière circulaire qui nous a paru s'infléchir quelque peu en arrière au 
niveau du tunnel. 

La seule armature qu'on remarque dans la capsule buccale émane de 
l'extrémité antérieure de l'œsophage. Le revêtemenl chitineux de la paroi 
triquétre de ce conduit se continue par trois dents faisant dans la capsule 
une saillie de Ao \i. Chacune de ces dents représente un angle dièdre dont 
l'arête regarde l'axe du corps; son bord supérieur n'est pas denticulé, 
mais forme simplement deux saillies arrondies séparées par une incision 
qui correspond à l'arête. 

L'œsophage est relativement court et épais; voici du reste, pour les 
deux sexes, sa longueur, son épaisseur mininia (au tiers antérieur) et 
niaxima (au sixième postérieur) : chez le mâle, 66o. 100 el a36fi; chez 
la femelle, 860, 110 et a5o p. Il olfre une triple valvule à son entrée 
dans l'intestin. 

Le mâle est long de 9 mil!. 5. large de 060 fx. Sa bourse caudale, plus 
large que longue, à bord très finement denticulé. montre deux lobes laté- 
raux assez amples, réunis par un petii lobe postérieur légèrement nnué. 

La disposition des CÔ tes est (oui à lait semblable a celle des OKsophago- 
Btomes. Ces cotes sont ('paisses et massives; les antérieures et postérieures 
externes naissent d'un tronc commun. Les postérieures sont hifurqiiées . à 

branche externe courte, les moyennes el les antérieures sont fendues. Les 



— 271 — 

papilles prébursalea û'onl pu être nettement distinguées. De même, l'ex- 
trémité des spicules, noyée dans une masse opaque, n'a pas été vue; nous 
donnons à ces organes, avec approximation seulement, une longueur de 
900 m: ils sont épais de ao [i environ. 

La femelle est longue de 1 1 mm. 7. large de 65o (x vers le milieu de la 
longueur. Son corps est graduellement atténué en avant, mais demeure à 
peu près cylindrique en arrière jusqu'au niveau de la vulve; il se rétrécit 
alors rapidement de manière à former une courte queue conique, aiguë. 
L'anus s'ouvre à 370 p de la pointe caudale, la vulve à 680 /», sur une 
saillie assez nette. 

Les œufs sont ellipsoïdes; mesurés à travers la paroi du corps, ils sont 
longs de 60 à 65 ».. larges de 38 à 4o \i. 

Quelque incomplète que soit celte description, elle permet cependant 
de déterminer immédiatement le genre auquel se rattache notre parasite. 

11 s'agit sans aucun doute du genre Triodontophorus Looss, 1901, — de 
la famille des Strongylidœ , sous-famille des Sclerostominœ , — caractérisé 
essentiellement par 1ns trois dents qui émergent du fond de la capsule 
buccale et par la denticulation marginale de la bourse caudale (bien que 
cette denticulation soit déjà indiquée chez les Sclérostomes). 

Jusqu'à présent, on n'a décrit que deux espèces de ce genre, habitant 
tonte- deux le gros intestin des Equidés : Tr. minor Looss et Tr. serratus 
Looss. Celle qui nous occupe se distingue très nettement de l'une et de 
l'autre. Elle est de taille uotablement plus petite; ses trois dents sont 
mousses et dépourvues de denticules secondaires; son vestibule oral est à 
peine séparé de la partie antérieure du corps; sa région céphalique forme 
une saillie brusquement délimitée en arrière; enfin, la bourse caudale du 
mâle a des cAtes relativement ('paisses, qui se rapportent au type des 
OEsophagostomes bien plutôt qu'à celui des Triodontophores connus jus- 
qu'à présent. 

En considération de ses dimensions réduites, nous proposerons de la 
désigner sous le nom de Triodontophorus deminulus. 

Les deux exemplaires qui ont servi de base à notre élude sont entrés 
dans la collection du Muséum d'histoire naturelle de Paris, le •><) juillet 
i865, avec cette seule indication: -\er intestinal recueilli à l'autopsie 
d'un noir africain de Mayotte. Don de M. le D r Monestier, chirurgien en 
chef de la Marine impériale." (Flacon n° î^Gli.) 

Mais il parait au moins très vraisemblable que c'esl le noir en question 
dont l'observation a été publiée en 1867 par irle docteur E. Monestier. 
médecin auxiliaire dp 2 e classe», sous le titre: Chloro-anémie. Nombreux 
anchylostomes dans le duodénum et le jéjunum ' . 



E. Mowbstibr, Hôpital de Mayotte. Observations de clinique mé*dica 
(' Irchives de méd. navale, \\\ . p. 009, 1867). 



272 

11 s'agit ici d'un travailleur des champs de race makouu. nomme M<m- 
kéria, âgé d'environ a5 ans, à Mayotte depuis deux ans. Obligé de renoncer 
au travail pour cause de chloro-anémie, il se voit contraint d'entrer deux 
mois plus lard à l'hôpital civil, dans le service de Grenel, où il succombe 
au bout d'un mois. A l'autopsie, faite par Grenet, sept heures après la 
mort, on trouve, en dehors des altérations d'ordre général, des lésions de 
l'intestin ainsi rapportées: ^Le duodénum et le jéjunum présentent une 
forte couche de mucosités sanguinolentes sur une étendue de 1 m. 35 en- 
viron; épaississement considérable des tuniques. Petits caillots sanguins 
Singuliers, avec piqueté légèrement rouge de la muqueuse; beaucoup de 
petits vers de la longueur de o à io millimètres, fixés profondément sur la 
muqueuse, et qu'on en détache difficilement en soulevant la membrane. Ces vers 
vont en diminuant de nombre quand on s'éloigne du duodénum, où ils 
abondent. Tout le long de l'intestin grêle, on remarque des caillots et des 
mucosités sanguinolentes L'examen ultérieur des parasites nous per- 
met de reconnaître Vanchylostome duodénal.n 

C'est ce travail qui est souvent cité comme établissant la présence de 
1" \nkylostome duodénal à Mayotte et les relations de ce ver avec la cachexie 
aqueuse ou cachexie africaine. C'est d'ailleurs le seul de l'époque où il soit 
fait mention de Nématodes intestinaux comparables à celui que nous 
avons étudié. Parlant, il nous parait infiniment probable que les deux 
exemplaires de Triodontophorus du Muséum proviennent bien de la récolte 
faite dans l'intestin du nègre Moukéria. Ces exemplaires doivent même 
avoir été choisis parmi les plus beaux, car l'auteur attribue aux parasites 
de Moukéria les dimensions — évidemment approximatives — de 5 à 
10 millimètres. Cette taille est un peu dépassée dans l'exemplaire femelle, 
mesuré 1res minutieusement, mais elle est notablement inférieure à la taille 
moyenne de l'Ankvlostome duodénal, dont le mâle mesure de H à io milli- 
mètres, et la femelle de 12 à 18 millimètres. 



U\ CAS />/•; FASCIATWb SUR l \ C RM SI EH, 
I>A!t M. SOUNY, ATTACHÉ \U LABORATOIRE DE Cl LTURR. 

D.ns un peiii jardin que je cultive à Champlan, il \ a deux ans un 
jiuii ■ Cerisier fut greffé en fente et en écussou à environ 1 mètre du sol. 
L'opération n'eut pas de succès, mais il sortit à la partie inférieure de 
l'arbre un grand nombre de bourgeons qui forent supprimés, sauf deux 
plac< s ii la partie supérieure. 

Ces deux bourgeons poussèrent avec vigueur el bientôt je remarquai 
sur (eliii placé au-dessous une fascialion très accusée. 



— "273 — 

A une hauteur de o m. 5o, cette pousse se divisa en deux parties, et 
les deux branches conservèrent le caractère fascié qui ne fit que s'accentuer 
au fur et à mesure de leur développement à un tel point qu'à la fin de la 
végétation ioo4, les parties supérieures mesuraient environ quatre centi- 
mètres de largeur (fig. 1). 




Fig. i. 



Cerisier l'ascic à la suite d'un traumalisme. 



Au printemps de 1905, à la reprise de la végétation, la fasciation se 
continua sur les deux branches et sur tous les rameaux de l'année. 

A la fin d'avril, une des branches fut brisée pendant un orage. Je vais 
continuer mes observations sur celle qui reste. 

Note i>e M. Costantin. 



La remarque faite par M. Souny me parait intéressante, car elle s'ajoute 
aux exemples déjà nombreux relevés ces derniers temps par M. Blaringhem, 
d'après lesquels les blessures sont la cause très commune de monstruosités, 



— 274 — 

notamment de fasciation. Une objection vient tout de suite à l'esprit quand 
on envisage les variations produites par les traumatisines. Comment se 
fait-il que tant d'opérations brutales (taille, coupe, pincement, etc.) 
auxquelles sont soumises les plantes ne les déforment pas plus souvent.' 
Le fail signalé par M. Souny montre que ces actions laissent bien plus 
souvent qu'on ne le suppose d'ordinaire des traces durables. Il me parait 
1res important . à l'heure actuelle, de relever tous cas dans lesquels les variétés 
se manifestent à la suite d'une cause déterminée. 



Vote svn vne coin: geoloqiqub relevée pe\i>a\t les travaux de 
l'Ascensbvr de la Teiuiasse de Saint-Gbbmain-bn-Latb (Sbinb- 
bt-Oisb), 

pvii M. Pierre Embry. 

( Laiioratoihe de M. le Professeur Stanislas Meunier.) 

Sur la demande et les encouragements de M. le professeur Stanislas 
Meunier, nous avons l'Iionneur de déposer sur le bureau, à litre de rensei- 
gnement , une note relative à une coupe géologique que nous avons relevée 
à l'ascenseur de la Terrasse de Saint-Germain. 

En 1898. une société s'étant formée pour la construction d'un ascenseur 
au pied de la Terrasse, nous fûmes amenés à suivre les travaux de terras- 
sements et de forage. 

Tout d'abord, les fouilles consistèrent;! ouvrir une tranchée de aâ mètres 
de longueur, sur 8 mètres de largeur et 19 mètres de bauteur maxiina. 

Cela nous permit de relever déliant en bas la coupe ci-dessous. 

Altitude au sommet : + 03 mètres environ. 

r Epoque actuelle. — Terre végétale el remblais, 1 à 9 mètres. 
•>" Lutétien (<?,,). 

I. Calcaire grossier dit à Milioles (Banc royal) de 7 mètres de hauteur 

maxima; ayant donné un échantillon eu mauvais étal de l'fliemtr- 
hynchus Deshayesi d'Agassi/.. 

Quatre fissures verticales divisent ce banc en cinq gros blocs de 
différentes hauteurs. 

M. Stanislas Meunier, à qui nous avons demandé son avis, nous 
a dit que ces fissures devaient résulter Au glissement des couches 
sparnaciennes (dont nous donnons le détail plus loin) lors du 
creusement de la vallée de la Seine. 

II. Calcaire ;;rossier Banc à I mus, de O m. 3o à m. ào d'épaisseur. 



— 275 — 

III. Calcaire grossier à l'étal d'argile sableuse coquillière, très humide, 
contenant de nombreux fossiles rendus 1res fragiles par suite d'une 
circulation d'eau, 1 m. 70. (Cardita planicoslaUs.; Turritella imbri- 
cntiirin Lk: Turritella carinifera, Desh.; dents de s<[iial('s.) 

Forage du puits. — Le forage du puits fui d'abord effectué à la main 
jusqu'à la profondeur de g m. 00. 

Ou atteignit laies sables sparnaciens dits d' luteuil el uno source abon- 
dante jaillit. 

Ce genre de travail fut abandonne pour être repris jusqu'à concurrence 
de 36 ni. 65 de profondeur, à l'aide du forage à vapeur, plus rapide el 
moins onéreux. 

Voici le résumé des divers étages et couches rencontrés successivement 
de haut en bas : 

i° Yprésien (e nr ). — Sables glauconifères (imprégnées d'eau) 3 m. 55. 

2° Sparnacien (e„). — Epaisseur totale: -j-.> mètres. 

I. Lrgile sableuse, m. 70. 

II. Lignites, o m. 3o. 

III. Argile bleue compacte , om. 3o. 

1\ . Argile noirâtre, 2 m. 70. 

^ . Argile bleue très dure, o m. 80. 

M. Sables dits dWuteuil (aquifères), 2 m. .">.">. 

\ II. Argile grise, 1 m. ho. 

VITI. Argile gris-bleuâtre, 3 m. 5o. 

I\. Argile rougeâtre. -2 m. 90. 

X. Argile jaune compacte, 4 m. i5. 

XI. Argile (?), 9 m. 70. 

3° Montien ('?), [c 9]. — Epaisseur totale, 6 mètres. 

I. Calcaire pisolithique très dur, 1 m. 70. 

II. Calcaire pisolithique assez tendre, 2 m. i5. 

III. Marnes montiennes, 2 m. 75. 

k° Sénonien sup' [c8]. — Rencontré sur 6 mètres. 
Craie blanche. 

Il faut signaler, en terminant, l'inclinaison, suivant un angle de 7 degrés 
environ, des couches sparnaciennes situées immédiatement sous le lutétien. 

Ce fait tend à démontrer ce qui a élé dit plus haut, relativement aux 
fissures ipii sillonnent le banc à Milioles. 



— 276 — 

Constitution de l'amidon, 
pab MM. Maquenne et E. Roux. 

On sail que l'extrait de malt liquéfie les empois de fécule ou d'amidon 
el les transforme en une solution limpide, renfermant du maltose et de la 
dextrine. Ce phénomène de ia saccharification forme la base de l'industrie 
de la brasserie. 

Or, si l'on fait agir le malt, non plus sur un empois fraîchement préparé , 
mais sur un empois vieux de quelques jours, ou même de quelques heures, 
on constate la présence d'un résidu inattaquable par la diastase, ne bleuis- 
sant plus par l'iode et dont la proportion s'accroît avec l'âge de l'empois, 
pour atteindre jusqu'à 3o p. 100 du poids de la fécule employée. L'empois, 
en vieillissant, a rétrogradé; le produit résiduel est constitué par une matière, 
entrevue par divers auteurs, qu'on avait appelée amylor.ellu/osc. 

La découverte de ce phénomène de la rétrogradation (1) fournissait donc 
le moyen de préparer cette substance en grande quantité et d'étudier ses 
propriétés. 

L'amylocellulose qu'on obtient ainsi est insoluble dans l'eau à 100 degrés 
et même à 120 degrés, mais à i5o degrés elle se dissout complètement en 
donnant une solution limpide, filtrant sans difficulté: par refroidissement 
delà liqueur, elle se dépose ensuite rapidement. La forme qu'elle revêt alors 
est des plus curieuses, car c'est celle d'une poudre blanche, formée de 
grains qui présentent au microscope tous les caractères d'un amidon na- 
turel, bleuissant par l'iode et se comportant de la manière habituelle avec 
la glycérine, l'acide chromiqu<\ etc. m . On prendrait ces grains pour ceux 
d'un amidon de la famille du riz, du sarrazin, de l'avoine et de l'ivraie m . 

Bien que dérivant de l'amylocellulose, qui ne se colore pas par l'iode, 
comme nous l'avons dit, cet amidon artificiel bleuit cependant fortement 
par ce réactif, (l'est qu'en effet, en dissolvant l'amylocellulose dans l'eau 
à i5o degrés, on a régénéré de l'amidon, et la meilleure preuve çesl 
(pie la solution est devenue entièrement saccharilîable par le malt, mais a 
la condition, cependant, que la diastase ait été ajoutée avant que l'amidon 
artificiel ail eu le temps de se précipiter. De même, ce dernier peut être 
saccharine à son tour intégralement, si on le redissout à i5o degrés et si 
on ajoute le malt avant qu'il ne se soil de nouveau déposé par refroidisse- 
ment. 

De sorte (pie lis amidons artificiels ne ressemblent pas seulement aux 

(,) MujuKNNE, Arm. ('Juin, et de Phy$., 8 e série, t. Il, y. 109. 
(,) E. Roux, Compte» rendue, t. CXL, p. h!\o. 

M C'est l'opinion do M. Eugène Gollin dont 011 connaît la compétence en ces 
matières. 



— 277 — 

amidons naturels par leurs caractères extérieurs, mais encore par leurs 
caractères chimiques, puisqu'ils peuvenl être entièrement transformés en 
dextrines el maitose par la diastase du malt 

Cependant ils s'en distinguent par deux particularités très importantes. 
La première, c'est qu'en les chauffant avec de l'eau ils ne fournissent pas 
d'empois, mais une solution fluide de laquelle ils se précipitent très rapide- 
ment par refroidissement (l . La seconde, c'est qu'en saccharifiant leur solu- 
tion par le malt , dans les conditions où cette diastase possède son maxi- 
mum d'activité, c'est-à-dire vers ôo degrés, on obtient exclusivement du 
maitose sans dextrines, alors que, si Ton opère avec la fécule de la même 
façon, on obtient toujours un mélange d'environ 80 de maitose pour 9.0 de 
dextrines'*'. 

Par L'étude de ces analogies et de ces dilïérences entre les amidons arti- 
ficiels et la fécule ou L'amidon en général, que nous venons d'exposer 
brièvement, nous avons été amenés aux principales conclusions sui- 
vantes (3) : 

La fécule n'est pas une matière homogène comme on L'avait toujours 
cru. 

Elle est formée de deux matières : l'une, qui se sépare lentement et par- 
tiellement des empois, par rétrogradation, sous la forme insoluble et insac- 
charifîabie d'amyloceilulose, mais qui. ramenée à l'état de dissolution par 
chauffage à îoo degrés, bleuit par l'iode et se saccharifîe entièrement 
par le malt en donnant des dextrines et du maitose, ou ce dernier sucre 
seulement, si la température esl convenablement choisie. Elle constitue les 
80 centièmes environ du poids de la fécule. Nous proposons de l'appeler 
amylose, au lieu d'amyloceilulose, nom qui rappellerait seulement la forme 
insoluble sous laquelle elle a d'abord été isolée. 

L'autre matière, qui représente dès lors les 20 centièmes complémen- 
taires, esl celle qui donne à la fécule la propriété de faire des empois. Elle 
ne bleuit pas par l'iode et l'extrait de malt la liquéfie, sans la saccbarilier, 
en la transformant en une matière qui n'est autre cbose que la dextrine 
résiduelle, inévitable dans toutes les saccharificalions de fécule. Nous pro- 
posons de la désigner sous le nom d 'amylopectine (sans rien préjuger de 
sa véritable constitution chimique), ce qui nous conduit à admettre L'exis- 
tence dans l'extrait de malt d'une diastase spéciale, l'amylopeetinase , dont 
le rôle est simplement de produire la liquéfaction de L'amylopectine , c'est- 
à-dire de fluidifier L'empois. 

La preuve directe que L'amylopectine ne doit pas intervenir dans la colo- 
ration bleue que la fécule donne avec l'iode est fournie par L'expérience 

•'■ E. Roi\. Comptes vendus, t. i'io, p. 9 M. 
E. Roux, Compila tendus, t. l&O, p. I2. r )t). 
Ma'.h i.v ne et Roux, Compte» rendus, t. 1&0, p. i3o3. 



— 278 — 

suivante : on ajoute comparativement une même quantité' d'iode à dcnx 
solutions faites à i5o degrés el très étendues io.oooô), de fécule et 
(l'amidon artiGciel, ;*nis on compare les colorations obtenues au colori* 
mètre. On constate alors que l'intensité de la première représente précisé- 
ment les 8/10 de la seconde, autrement dit que la fécule donne une colo- 
ration qui correspond à l'amylose qu'elle renferme. 

Dans le grain de fécule, l'amylose est sous la forme solubie. Elle se dis- 
sout lorsqu'on fait un empois, pendant que l'amylopectine se transforme 
en gelée, puis elle s'insolubilise , mais très lentement, à cause de l'amylo- 
pectine qui, par sa nature visqueuse, gène cette précipitation, laquelle 
n'est en somme qu'une cristallisation. 

Il ne faudrait pas considérer l'amylose comme une substance unique, 
comme ce que nous en avons dit pourrait le laisser croire, mais plutôt 
comme une série de corps représentant les étals successifs de condensation 
d'une même matière. Elle se présente donc à des degrés 1res divers de solu- 
bilité, et cela suffit à expliquer les différences qui s'observent entre les diffé- 
rents amidons naturels, lesquels se gélifient plus ou moins facilement et 
résistent [dus ou moins à l'état cru à l'action du malt. Chez certains (pois, 
haricots), qui donnent des empois opaques, une partie de l'amylose parait 
avoir atteint la forme insoluble, car ces amidons, même fraîchement gé- 
lifiés, laissent à la saccbariticalion un résidu d'amyloso, qui avait passé 
inaperçu jusqu'ici. 

Quoiqu'il en soit de l'état plus ou moins insoluble de l'amylose qu'ils 
renferment, tous les amidons, ou du moins ceux que nous avons exa- 
minés : blé, riz. maïs, pois, haricot, paraissent avoir une composition 
voisine de celle de la fécule, c est-à-dire renfermer environ ao p. 100 
(l'amylopectine el 80 d'amylose. 



MUSEUM D'HISTOIRE NATURELLE 



BULLETIN 



DU 



MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE 



ANNEE 1905 

N° 5 




PARIS 

IMPRIMERIE NATIONALE 



MDCCCCV 



SOMMAIRE. 

P»ge*. 
Actes officiels. Nomination de M. Edmond Perrier comme membre du Co- 
mité d'organisation et de perfectionnement de l'enseignement de 
l'Agriculture, des stations de recherches et laboratoires agricoles, 
institué près le Ministère de l'Agriculture; de M. Perrier (Jean-Oc- 
tave-Edmond), comme Directeur du Muséum, pour une nouvelle 
période de cinq ans; de M. Lalibé ( Paul), comme correspondant du 
Muséum 379 

Correspondance. Dons 2 8o 

E.-T. IIamv. Sur un Anthropoïde géant de la rivière Sangha a8a 

Louis Lapicque. Note sommaire sur une Mission ethnologique dans le Sud 

de l'Inde : la race noire Prédravidienne a83 

F. Mocijdard. Note préliminaire sur une collection de Reptiles et de Batra- 

ciens offerte au Muséum par M. Maurice de Rothschild a85 

— Description de deux nouvelles espèces de Reptiles 288 

D r Jacques Pelleo.rin. Poissons d'Abyssinie et du lac Rodolphe 390 

E.-L. BouviEn. Observations préliminaires sur les Pycnogonides recueillis 

dans la région antarctique par la Mission du «Français» ao,4 

Pieriie Lesne. Note sur un Rostrychide africain (Bottrychopsit rillosula 

nbv. sp. ) 298 

Marcel Baudouin. Nouvelles observations sur le Lemceenicut , Copépode 

parasite de la Sardine 399 

Maurice Pic. Diagnoses de Longicornes asiatiques recueillis par M. J. de 

Morgan • 3oo 

G. de Lapouge. Notes sur les Carabes et Calosomes recueillis par M. Chaf- 

fanjon dans le Nord de la Mongolie 3oi 

— Carabe» et Calosomes du Japon, envoyés par M. Harmand 3o6 

L. Joubin. Note sur quelques Némertiens recueillis en Basse-Californie par 

M. Diguet 3og 

— Note sur un Némerlien recueilli par l'expédition antarctique du D r J. 

Charcot 3 1 5 

Ch. Gravier. Sur les Annélides polychètes de la Mer Rouge [ Cirrotuliens 

(tui te); Maldanien6, Amphicténiens, Térébelliens] 3ig 

Louis Germain. Sur les Mollusques recueillis parles membres de la Mission 

Foureau-Lamy dans le Centre africain (suite) 397 



( Voir m suite à lu page 3 de la couverture.) 



BULLETIN 

DU 

MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE. 



ANNEE 1905. — N° 5. 



-£><§>ç- 



84" RÉUNION DES NATURALISTES DU MUSEUM. 

27 juin 1 go5. 



— «<« 

NEW 
PRÉSIDENCE DE M. EDMOND PERMET., 

DIRECTEUR DU MUSEUM. 



M. le Président dépose sur le bureau le fascicule du Bulletin pour 
l'année 1905, contenant les communications faites dans la réunion 
du 3o mai 1905. 

Par décret du 26 mai 1905, M. Perrier (Edmond), Directeur 
du Muséum , est nommé membre du Comité' d'organisation et de per- 
fectionnement de renseignement de l'agriculture, des stations de 
recherches et laboratoires agricoles, institué près le Ministère 
de l'agriculture. 

Par décret du 5 juin 1905, M. Perrier (Jean-Octave-Edmond), 
membre de l'Académie des sciences, professeur d'anatomie com- 
parée au Muséum d'histoire naturelle, est nommé Directeur de cet 
Établissement, pour une nouvelle période de cinq ans. 

Dans sa séance du 18 mai 1905, l'Assemblée des professeurs 
du Muséum a, à l'unanimité, accordé à M. Lvbbé (Paul), secrétaire 
général de la Société de géographie commerciale, le titre de cor- 
respondant dudit établissement, en reconnaissance des services 
qu'il lui a rendus. 

Muséum. — xi. i»j 



«* 280 — 



CORRESPONDANCE. 

Par lettre du 5 mai 1905, M. Serre (Paul), Consul de France 
à Batavia, annonce qu'il vase mettre en relations avec M. Bernard, 
Chef du Laboratoire de Botanique de l'Institut de Buitenzorg, 
dont la collaboration sera précieuse pour l'enrichissement de nos 
collections; il ajoute qu'il cherche à se procurer les noms malais, 
soudanais et javanais d'un certain nombre d'animaux et qu'il a fait 
un nouvel envoi d'Invertébrés au Muséum. M. Serre a l'ait égale- 
ment parvenir au Directeur de cet Etablissement une e'lude sur les 
Curiosités de Java, accompagnée de vingt-cinq photographies dans 
le texte. 



Par lettre du 30 mai 1905, datée de Bopa (Dahomey), M. Fer- 
lus, Administrateur des Colonies, annonce son installation dans ce 
poste, où il se propose de recueillir de nouvelles collections pour 
le Muséum. 



Par lettre du ik mai 1906, M. Rey, Gouverneur de la Guyane, 
offre de recueillir des collections pour le Muséum. 



Par lettre du a5 mai 1905, M. Gubrin (René), chimiste du 
Gouvernement du Guatemala, annonce l'envoi de graines d 1 Ittatfl 
et l'envoi prochain de nouvelles collections. 



Par lettres du 27 mai et du 7 juin ioo5, M. Chevalier ( \u- 
guste) annonce l'envoi de sept caisses de collections; il vient d'ar- 
river à la Côte-d'I voire, où il va recueillir des documents sur la 
grande foret, et se propose ensuite de visiter les colonies anglaises, 
allemandes el portugaises de la Cote d\\(Yi(|iie. 



Par lettre du 3 juin i'|o. r >, M. Postée (Henri), Consul de la 
République Dominicaine au Havre, signale une véritable invasion 



— 281 — 

de Sangsues dans les marais dos environs de Santo-Oomingo , 
et demande des renseignements sur la façon de détruire ces ani- 
maux. 

Par lettre du 17 juin 1905, datée de Touzer, M. le D r Decorse 
annonce qu'il a recueilli (\^ renseignements zootechniques sur 
L'Autruche, mais que ses recherches zoologiques sont contrariées 
par la grande sécheresse qui règne actuellement dans ce pays. 



M. OusTALET signale l'entrée à la Ménagerie, des animaux sui- 
vants : 

Deux Grues de Chine, deux Grues de Numidie, deux liernaches 
de Hutchins, acquises de M. Hagenbeck, de Hambourg; 

Un Lion, une Lionne, une Hyène tachetée, don de M. le baron 
Maurice de Rothschild: 

Un Lion, dou de M. Pascal, Gouverneur de la Côte française 
des Somalis; 

Un Paca, don de M. G. de Venancoirt; 

I 11 Paca, don de M. Gérailt-Richard, Député de la Guadeloupe; 
Un Cercopithèque moustac, don de M. Piotte; 

Deux Servals, don de M. Sévérat; 

Un Cercopithèque patns, variété albine, don de M. le capitaine 
Picard. 

II signale également la naissance, à la date du 27 mai io,o5, 
d'un Moufïlon de Corse. 

Dons : 

Par une lettre datée du 17 juin iqo5, M. Christian, Directeur 
de l'Imprimerie nationale, annonce la concession gratuite et l'en- 
voi à la Bibliothèque du Muséum, par les soins de M. le Garde des 
Sceaux. Ministre de la Justice, d'un exemplaire des tomes I, Il et 
III de l'ouvrage très intéressant et de grande valeur intitulé : 
Histoire de l'Imprimerie en France. 



\i. Dollfus (Adrien) a l'ait don au Muséum de sa riche collection 
de types cl (!<■ cotypes d'Isopodes terrestres exotiques, qui constitue 
une série très rare et très précieuse. 



19- 



— 282 — 

M. le professeur Bouvier signale l'importance des collections 
entomologiques données au service de l'Entomologie par M. le baron 
Maurice de Rothschild. 



M. le professeur Vaillant (Léon) présente le premier fascicule 
du tome VII de la quatrième série des Nouvelles Archives du Muséum 
à? histoire naturelle; il contient : 

Recherches sur les Lémuriens disparus et en particulier sur ceux qui 
riraient à Madagascar, par M. Grandidier (G.). 

Description des Poissons nouveaux ou imparfaitement connus de la collection 
du Muséum d'histoire naturelle. — Le genre Alabès de Cuvier, par M. Vail- 
lant (Léon). 



COMMUNICATIONS. 



Svr un Anthropoïde géant de la rivière Sangha, 
par M. E.-T. Hamy. 

Voici trois ou quatre fois qu'il est question dans la presse , depuis un an , 
de Singes énormes qu'on aurait vus dans les hautes vallées du Loin et de 
la Sangha et qui auraient, dit-on, à plusieurs reprises attaqué des cara- 
vanes. 

Les détails fournis simultanément aux journaux par des employés de 
factorerie , allemands et français , concordaient de telle façon , que l'existence 
d'un Anthropoïde de fort grande taille, errant dans les forêts limitrophes du 
Cameroun el du Congo français, semblait de moins en moins douteuse. 

Nous en avons la certitude, depuis «pie M. Eugène Brusseaux a rapporté 
la photographie , de face et de profil , de l'énorme bête que vous allez voir 
projetée sur l'écran. Cet animal, que l'examen de son crâne, de sa face, 
de son oreille, de ses pieds montre bien être un Gorille, n'avait pas moins 
de 2 m. 3o de taille, et son cadavre assis atteignait encore la hauteur d'un 
Pahouin debout. Il a été tué près d'Ouessou , le chef-lieu de la moyenne 
Sangha , el faisait partie d'une bande composée de trois sujets dont on a 
parfaitement reconnu les empreintes sur le sol. 

J'ai dit qu'il a tous les dehors d'un Gorille; son crâne très fuyant porte 
une crête très apparente, mais sa dentition semble plutôt médiocre. Les 
mâchoires sont, comme à l'ordinaire, disproportionnées par rapport à la 



— 283 — 

tête et le prognathisme est extrêmement accusé. L'oreille est remarqua- 
blement petite. 

L'animal est presque nu sur la poitrine et le ventre, taudis que ses 
épaules et ses cuisses sont couvertes d'un poil épais et long. 

Sa largeur d'épaules n'était pas au-dessous de 1 m. 1 o, sa main détachée 
pesait i kilogr. ôoo. 

Il ne fallut pas moins de huit tirailleurs pour apporter à la Résidence la 
dépouille à demi décomposée déjà du géant: elle pesait 35o kilogrammes. 
On l'a soigneusement enterrée, et M. Dupont, l'administrateur du Ouesso, 
nous fait espérer que nous recevrons bientôt ce spécimen, qui appar- 
tient, sinon à une espèce, du moins à une race nouvelle de Gorilles. 
M. Brusseaux, l'auteur de la photographie, qui me fournit ces renseigne- 
ments, a vu le Gorille ordinaire G. Savagei, et il est très frappé des diffé- 
rences que présente avec l'anthropoïde du Gabon celui d'Ouessou. 

Un individu pareil à ce dernier a été tué peu après à Bayanga , sur la 
Sangha. par des Sénégalais. 



Note sommaire sur une mission ethnologique 
dans le Sud de l'1\de : la race noire Predravidienne, 

par M. Louis Lapicque. 

Chargé d'une mission du Ministère de l'Instruction publique, je suis 
allé pendant l'hiver io,o3-ip,o4 dans le Sud de l'Hindoustan , rechercher 
la race noire qui parait, d'après une hypothèse de Quatrefages, appuyée 
d'observations nouvelles par M. Hamy, avoir constitué la population primi- 
tive de cette contrée et avoir joué un rôle important dans la formation de la 
population actuelle. 

M. Hamy avait montré, d'après divers documents, que les pentes des 
Nilghirris et des montagnes voisines de Gochin renferment encore des témoins 
de cette population ancienne; ce sont ces tribus que j'ai voulu étudier. 

Je me suis rendu d'abord à Madras, pour me présenter aux autorités 
anglaises et demander leur appui, qui était nécessaire pour opérer dans ces 
régions peu fréquentées; j'ai reçu d'elles le plus bienveillant accueil. Je dois 
mes respectueux remerciements à S. Exe. lord Ampthill, gouverneur; j'ai 
gardé le meilleur souvenir des fonctionnaires, officiers forestiers et collec- 
teurs, qui m'ont témoigné partout la plus amicale et la plus effective obli- 
geance. A Madras, le docteur Thurston, superintendant du Muséum, qui 
a récemment étudié précisément ces tribus des montagnes, voulut bien 
mettre à ma disposition tous les renseignements même inédits qu'il avait 
récollés et m'aider à préciser mon plan de voyage. 

Ma femme m'a constamment suis i et servi de second. 



— 284 — 

Je commençai par le massif des monta iVAnémulé, le moins connu. 
même géographiquement, cl où l'on a signalé la tribu en apparence la 
plus négroïde et la plus sauvage des Indes, les Kader. De Goïmbatour, en 
ho milles vers le Sud, par charrettes sur une bonne; roule, on atteint le 
pied de la montagne, qui es! abrupte. De là, je lis mes excursions à pied, 
avec une charrette pour mes bagages jusqu'aux bungalows forestiers utili- 
sables pour moi. puis avec des porteurs. Je visitai deux groupes de Ka- 
der, pris les mesures anthropologiques complètes de 3a hommes et de 
•>'i femmes adultes: j'ai recueilli trois squelettes complets, et quelques 
autres pièces ostéologiques. Je pris également des mesures complètes de 
deux autres castes ou tribus voisines, les Malasser et les Poulayer, très 
négroïdes aussi . et quelques mesures sommaires sur les Moudower, caste 
plus civilisée et plus leptorhinienne , qui a des cultures dans une vallée au 
cœur même du massif. Ces recherches m'amenèrent à conclure que le type 
nègre primitif, dont l'existence est incontestable, ne peut pas être déter- 
miné par l'élude directe des témoins laissés dans ces montagnes, car ces 
témoins sont tous métissés; la question, notamment, de l'indice crânien. 
qui esl des plus importantes pour savoir s'il faut rattacher ce type nègre 
aux Negritos, est en même temps fort délicate, car ces métis actuels sont 
dolichocéphales et non brachycéphales, comme le supposai! l'hypothèse de 
Quatrefages; mais ils sont métissés par une race hyperdolichocéphale. Une 
conclusion solide ne pouvait être obtenue que par l'étude systématique 
des variations de l'indice en concomitance avec d'autres caractères, dans 
des groupes de population où les éléments primitifs se sont mélangés en 
proportions diverses. 

Le régime des castes , aux Indes, présente les conditions de ségrégation 
relative nécessaire pour une telle étude. 

C'est ce que j'entrepris , m'en tenant à ces trois caractères mesurables, 
indice céphalique, indice nasal et taille. 

J'examinai successivement les castes du pays tamoul qui borde les mon- 
tagnes au Nord ; les castes du pays malabar, qui les borde à l'Ouest: les tribus 
de montagne sur ce versant Ouest. Puis j'allai examiner, pins au Nord, un 
autre massif montagneux qui forme la pointe sud du plateau du Deccan. 
Fatigué par les excursions précédentes à pied, je me procurai deux poneys 
pour cette seconde partie du voyage, qui esl d'ailleurs beaucoup plus fa- 
cile matériellement. Je traversai le Waïnaad en zig-zag, puis je moulai aux 
Vilghirris par l'Ouest, Je retrouvai là des tribus dès longtemps signalées, 
mais dont l'étude était fort insuffisante , el qui me fournirent une vérifi- 
cation des résultats obtenus dans mes recherches but le premier groupe de 
montagnes. Les Panyer sont un peu plus négroïdes que leurs homologues, 
mais toujours métissés; les Todas, non loin deux, offrent, ainsi qu'on l'a 
souvent remarqué, un type purement caucasique; entre eux s'échelonnent. 
par la gradation de leurs caractères physiques, unesérie de races métisses. 



— 285 — 

J'ai mesuré eu tout plus de 800 individus; j'ai rapporté les photogra- 
phiesde la plupart d'entre eux (souvent en groupes )i Outre les squelette* 
déjà mentionnés, j'ai recueilli «S crânes bien authentiques comme caste, 
et 11 dont l'origine est inconnue, mais qui proviennent du pied même de 
la montagne, loin de tout mélange banal. 

Ces Pëcheïchés, effectuées sans perdre un jour, m'avaient pris environ 
trois mois depuis mon départ de Madras. J'arrivais alors à l;t éoncèption 
d'une raiv nègre primitive voisine îles Négrltos, mais distincte par l'indice 
céphalique dolichocéphale. 

Celle race nègre ne serait pas archiaràviaiennë ÇTnurston); elle sérail. 
au contraire, vrédravidiehne; les Todas considérés jusqu'à présent comme 
une énigme seraient, par suite de conditions particulières, un témoin resté 
put* des DfâVidtëns originels Ou" Protodravidiens. 

Je me rappelai alors avoir vu au Muséum de Madras les résultats d'une 
série de fouilles pratiquées dans un cimetière préhistorique, tout au Sud 
de la Péninsule: On trouve là dans de grandes urnes de terre cuite des osse- 
ments, quelquefois des crânes en lion état; la place de celte population dans 
l'ethnogénie de l'Inde est inconnue. Avec une autorisation spéciale de l ad- 
ministration anglaise , j'allai pratiquer quelques journées de fouilles dans 
le gisement réservé ft Adichanallour , près de Tinevelly. J'ai rapporté un spé- 
cimen des urnes funéraires, avec une collection assez complète du mobilier 
funéraire, consistant surtout en poteries diverses, des débris d'ustensiles 
en cuivre, des outils et des épées en 1er. J'ai rapporte aussi un crâne en 
assez bon état et parfaitement de'terminàble. Il est hyperdolicliocépbale et 
s'accorde avec la série que le Service d'archéologie de Madras a déjà réunie. 
Je nen>e que la race d'Adichauallour appartient aux Protodravidiens. 

Cette question a besoin d'être reprise avec de nouvelles éludes sur le 
lerrain. 

Quant il la race Prédravidienne dont le prototype était noir, plalvrliinieu . 
petit, Crépu el dolichocéphale, l'élude attentive de mes documents et la 
discussion critique des travaux de mes devanciers me permettent de l'affirmer 
sans réserve. 



1 
Note préliminaire sur une collection de Reptiles et de Batraciens 

OFFERTE AU MUSEUM PAR M. MaURICE DE RoTIISCllILb , 

par M. F. MocQUAno. 

M. Maurice de Rothschild a l'ail don an Muséum d'une imporlanle collec- 
tion de Reptiles et de Batraciens qu'il a rapportée de son récent voyage en 
Abyssinie. Cette collection renferme quelques formes nouvelles, dont nous 



— 286 — 

allons dès aujourd'hui donner les diagnoses. en attendant l'étude détaillée 
dont elle sera l'objet prochainement. 

Mabuia Rothschildi nov. sp. 

Tête courte: museau peu déprimé, à extrémité obtuse. Paupière inférieure 
avec un disque transparent; une postnasale: internasales séparées par la 
fronto-nasale, qui est plus large que longue; préfrontales formant une su- 
ture médiane; frontale pentagonale, en contact avec les 3 premières sus- 
oculaires: k sus-oculaires, toutes bien développées: 5 surciliaires , la a' 1res 
longue: a fronto-pariétales à peu près aussi grandes que Pinterpariétale, 
qui sépare largement les pariétales à son extrémité postérieure; une paire 
de nuchales; h supéro-labiales en avant de la sous-oculaire, qui n'est pas 
rétrécie à son bord inférieur: orifice auditif arrondi, avec a écailles faisant 
à peine saillie sur son bord antérieur. 34 écailles autour du tronc, celles 
des ilancs les plus petites, les dorsales très légèrement tricarénées. 

Membres bien développés, le postérieur atteignant le poignet du meml m • 
antérieur. Ecailles sur les soles carénées et épineuses; lamelles sous-digitales 
avec une carène médiane; queue conique, un peu plus longue que la télé 
et le tronc. 

Face dorsale brun fauve sur la tête, noire sur le dos et la queue, où 
elle présente de petites taches blanches arrondies, disposées sur le dos en 
6 séries longitudinales régulières. Face inférieure blanc grisâtre uniforme. 

Un senl spécimen 9, d'une longueur totale de \ok millimètres el prove- 
nant d'Endessa (Abyssinie). 

Paracontias Rothschildi nov. sp. 

Museau déprimé, obtus à son extrémité, emboîté dans une grande ros- 
trale présentant latéralement une échancrure en angle droit au sommet de 
laquelle s'ouvre la narine, entre cette plaque et la i'° supéro-labiale; pas 
d'internasales; fronto-nasale arrondie en arrière, aussi longue que la 
roslrale: frontale à extrémité postérieur»; élargie et concave, aussi longue 
que sa distance de l'extrémité du museau; pariétales formant une assez 
longue suture en arrière de l'interpariétale , qui est petite, triangulaire el 
à base convexe; 3 sus-oculaires, la première la plus grande, les a anté- 
rieures bordant la frontale; k surciliaires; œil assez largement ouvert; a frê- 
naies, l'antérieure aussi haute que longue; . r > supéro-labiales , la troisième 
bordant l'œil; k iuféro-labiales , la dernière la pins grande; 16 séries 
d'écaillés au milieu du tronc. 

Une bande médio-dorsale gris de sable, d'une largeur de h écailles, 
s'étend depuis la tête jusque sur la base delà queue; tout le reste du corps 
esl d'un brun très sombre, un peu plus clair sur le museau el smis la 

gorge. 



— 287 — 

Si\ spécimens de très petite taille, le plus grand mesurant 87 millimètres 
de longueur totale, dont 35 pour la queue, et ayant un diamètre un peu 
supérieur à celui d'une plume de corbeau. 

Ils proviennent de Madagascar. 

Typhlops Grandidieri nov. sp. 

Museau modérément saillant , à bord antérieur tranchant , avec une petite 
pointe médiane. Scutelles céphaliques granuleuses: partie supérieure de la 
rostrale discoïdale, à peine convexe et légèrement plus longue que large, 
recouvrant a peu près complètement la face antéro-supérieure de la tête et 
s'élevanl presque verticalement en formant avec la partie inférieure un angle 
assez voisin d'un angle droit; cette dernière beaucoup plus large que longue. 
Narines inférieures: nasale complètement divisée. Pas de préoculaire: une 
oculaire étroite et peu élevée: œil invisible. Préfontale et sus-oculaires très 
courtes . allongées transversalement. 

Diamètre du tronc contenu 71 à 78 fois dans la longueur totale. Queue 

2 fois et demie aussi longue que large. 20 séries d'écaillés au milieu du 
tronc. 

Teinte grisâtre uniforme. 

Deux spécimens de Madagascar, dont le plus grand mesure une longueur 
totale de 268 millimètres. 

Suivant le désir de M. de Rothschild , l'espèce a été dédiée à M. Alfred 
Grandidier. 

Thrasops Rothschildi nov. sp. 

Rostrale beaucoup plus large que haute, sa partie supérieure un peu 
plus que le tiers de sa distance à la frontale; internasales aussi longues que 
les préfrontales; frontale campaniforme , un peu plus courte que sa dislance 
de l'extrémité du museau , un peu plus longue que les pariétales ; nasale 
reposant seulement sur la première supéro-labiale , sans toucher à la 
seconde ; frênaie notablement plus longue que haute; une préoculaire et 

3 postoculaires: une seule temporale triangulaire, à sommet dirigé en 
avant; 8 supéro-labiales. la 4 e et la 5° en contact avec l'œil; h inféro- 
labiales en contact avec les sous-mandibulaires antérieures, qui sont plus 
courtes que les postérieures. 

Ecailles du tronc en 17 séries, pourvues d'un pore apical, les 7 médio- 
dorsales visiblement carénées, les vertébrales non dilatées; i87gastrotèges 
légèrement carénées sur les côtés; anale divisée; i4i urostèges en double 
série. 

Teinte d'un noir uniforme. 

Un spécimen d* d'une longueur totale de 1 m. 60, dont o m. 5-> pour 
la queue. Provient de l'Afrique orientale anglaise. 



— 288 — 

Itotlist-hililiu qovi g. (Ranidarum). 

Pupille horizontale; langue entière, libre eu arrière; pas de dente \<>- 
mériennes ni de tympan. Doigts libres; orteils palmés, terminés comme 
1rs doigts par de petits disques; métatarsiens externes non Séparé» par une 
membrane; une phalange surnuméraire, la dernière terminée en pointe. 
Omosternum et sternum sans stylet osseux, le premier très court el en 
(orme de T, le second membraneux . quadrangulaire. 

\ r.i^iii des genres ChtromantU el Phrynoâerma. 

Rotschildia kounhiensis nnv. sp. 

Forme assez lourde; membres courts. 

Langue entière, très courte; ovalaire et libre en arrière. Museau court 
un peu plus long que le diamètre horizontal de l'œil, arrondi à l'extrémité; 
canthus rostraiis obtus; région frênaie concave; narine beaucoup plus rap- 
prochée de l'extrémité du museau que de l'œil; espace interorbitaire plus 
large que la paupière supérieure; tympan à peine Indiqué, petit. Doigts 
libres, le premier plus court que le second: les :\ orteils externes au tiers 
palmés: tubercules sous-articulaires bien développés; un tubercule méta- 
tarsien interne mousse, peu saillant. Membres courte, le postérieur étant 
dirigé en avant, le talon atteint le tympan. 

Face dorsale couverte de petits granules asses largement espacés: la ven- 
trale, depuis la gorge jusqu'au cloaque, de granules gros el serrés; gorge 
el face inférieure des cuisses lisses, un repli plus ou moins dislincl allant 
de l'œil à l'épaule. 

Face dorsale brun pâle, avec de grandes lâches noires ovalaires et iné- 
gales, à grand axe longitudinal; membres traversés en dessus par des 
barres noires. Face ventrale un peu plus claire que la dorsale, parsemée 
«le petites taches noires. 

Le J 1 pourvu des deux sacs vocaux s'nuvrant sous la gorge, de Chaque 
CÔté de la ligne médiane, par une t'ente transversale large et à bords 
plisses. 

Trois spécimens dofll un tjf, provenant de Ouardji et de la vallée de 
Kounhi en Abyssinie. 

îi 

Description de deux nouvelles espèces de RbptilbS. 

Agama cristata nov. s p. 

Tète étroite, avec un museau anguleux; tronc el queue assez fortement 

comprimés. Narine s'ouvranl sur le canthus rostraiis près du bord posté- 
rieur d'uni' nasale Légèremenl Inbnleiise; écailles siis-réphaliqnes listes. 

l'une d'elles. >nr le milieu du museau, étroite, allongée el saillante: occipi- 
tale agrandie, aussi grande que l'orifice auditif; plus grande que l'ouver- 



— 289 — 

tare interpalpébrale del'œil; tympan presque superficiel; douze supéro- 
labiales; 5 ou 6 écailles plus ou moins anguleuses et saillantes sur le bord 
antérieur de l'orifice auditif; en arrière de cet orifice el sur les côtés du 
cou, des bouquets d'écaillés spiniformes, donl les plus saillantes son! 
aussi longues que le diamètre du tympaa. Replis gulaires, dont un longi- 
ladinal médian, modérément développés. 

Membres fortement constitués , le postérieur dirigé on avant atteignant 
le tympan; tibia notablemenl plus long que le crâne: le k" doigl dépasse à 
peine le 3". de même pour les orteils <ln même rang. 

Écailles dorsales du tronc rhomboïdales , plus larges que longues et 
assez petites, relevées (Tune forte carène terminée par une petite épine el 
dirigée obliquement davanl en arrière vers la ligne vertébrale. Ecailles 
ventrales lisses , plus petites que les dorsales. Ecailles caudales beaucoup 
plus grandes que les dorsales, avec une carène et une pointe terminale très 
Tories, disposées en verticilles réguliers. I ne crête nuchale, une dorsale el 
une caudale eu continuité; cette crête dans son ensemble est basse sur le 
dos, plus saillante sur la nuque et plus saillante encore sur la queue, où 
le- c'cailles comprimées et pointues qui la forment sont aussi longues, sur 
la partie basilaire de la queue, que le plus grand diamètre de l'orifice au- 
ditif; elles diminuent ensuite progressivement de longueur. Le mâle avec 
une rangée de pores préanaux. 

Teinte brun olive pâle; une. lâche noire en avant de l'épaule. 

Un spécimen mâle, de 100 millimètres de l'extrémité du museau à 
l'anus, avec un tronçon de queue d'une longueur de 83 millimètres. 

Il provient du Sankaran (Soudan français), par M. A. Chevalier. 

Lioheterodon Geayi nov. sp. 

Museau très saillant; partie supérieure de la rostrale carénée, un peu 
plus courte que sa distance de la frontale: internasales beaucoup plus 
grandes que les préfrontales , qu'elles séparent sur la ligne médiane, en en- 
trant légèrement en contact avec la frontale, cette dernière un peu plus 
d'une fois el demie aussi longue que large, sensiblement plus longue que 
sa distance de l'extrémité du museau et que les pariétales: frênaie un peu 
plus longue que baute: -2 ou 3 préoculaires et 3 postoculaires: temporales 
irrégulièrement disposées, la plupart petites, une longue bordant en 
dehors les pariétales ; 8 supéro-labiales , la h" et la 5 e bordant l'œil; 5 la- 
biales inférieures en contact avec les sous-mandibulaircs antérieures, qui 
sont beaucoup plus longues que les postérieures. 

Ecailles du tronc lisses, pourvues d'une paire de fossettes apicales et 
disposées en o.'.) séries longitudinales. \y'i gastrotèges, assez nettememenl 
anguleuses latéralement; anale divisée; 68 urostèges, donl les neuf pre- 
mières sont simples. 

Écailles dorsales jaune paille en avant, passant au fauve en arrière, 



— 290 — 

les intervalles qui les séparent étant d'un brun marron et formant parfois 
une sorte de réseau irrégulier; face intérieure d'un blanc crème imma- 
culé sous la gorge, parsemé, sous l'abdomen, de tacbes inégales brun 
fauve pâle, plus ou moins continentes dans la partie postérieure du tronc 
et smis la tpieue. 

Un spécimen d* d'une longueur totale de o,3o millimètres, dont 190 
pour la queue, et provenant de la plaine de Fiherena, où il a été capturé 
par M. Geay. 

RATIFICATION. 

Une erreur s'est glissée dans la description de Lamprophis Rogeri, que 
j'ai donnée dans le Bulletin du Muséum, année 190/1, p. ^07 : les (Vailles 
du tronc sont disposées en -?3 séries et non en tg, ainsi qu'il est dit 
ligne 9.5. 



Poissons d'Abyssime et do Lac Rodolphe 
(CoLLECTioy Maurice de Rothschild), 

par M. le D r Jacques Pellegrin. 

Cette note est consacrée à la très intéressante collection de Poissons re- 
cueillie par l'expédition de M. Maurice de Rothschild dans la région éthio- 
pienne. Cette collection, qui vient d'être donnée au Muséum, renferme 
cinq espèces nouvelles de Cyprinidés appartenant aux genres Discognathus , 
Capoèta et Barbus; elle comprend en outre plusieurs spécimens d'espèces tout 
nouvellement décrites par M. Roulenger (1) et qui n'étaient connues jusqu'ici 
que par les types. 

Ces Poissons proviennent d'Endessa et du Pont de fer sur l'Aouache. 
de la rivière Kassam et de la rivière Akaki, affluents delà rive gauche de 
l'Aouache. des rivières Tchafédonza , Chongkora et Chola près d'Addis- 
Abeba, de la rivière Gotta qu'on peut rattacher au bassin de l'Aouache. des 
rivières Errer et Rourka du bassin de l'Ouebi-Chebeli , et enfin du lac 

Rodolphe. 

On trouvera ci-dessous la liste des espèces rapportées avec l'indication 
des localités où elles lurent récoltées. 

Sllurldm 

Clamas mossambicus Peters. — Endessa, Gotta. 

W Cf. Anu. Mtijr. \al. Hitt., 7, \, 1903, |». 4n. J'adresse à cette occasion 
mes plus vifs remerciements à M. Boulenger, qui a bien voulu me communiquer 
nu certain nombre de planches encore inédites du bel ouvrage «in'il prépare sui- 
tes Poissons du bassin du Nil. 



— 291 — 



< lia rai* i nid»'» 



Hvdrocvon Fobskali Cuvier. — Lac Rodolphe 
Alestes dentex Linné. — Lac Rodolpli» 1 . 

Cypriniilse. 

Labeo cylixdricds Peters. — Errer. 

Discognathus Rothschildi nov. sp. — Gotla. 

Discognatiios qdadrimacolatus Rûppell. — Tchafédonza, Ghongkora, 

Chola, Kassam. 
Capoéta beso Rûppell. — Akaki, Gotta. 
Copoëta Bingeri nov. sp. — Bourka. 
Barbds Rueppeli.i Boulenger. — Akaki. 

— jarsinus Roui. — Bourka. 
Barbus Ilgi nov. sp. — Akaki. 

— Meneliki nov. sp. — Lac Rodolphe. 
Barbus kassàmensis Boul. — Kassam, Endessa. 

— leptosoma Boul. — Akaki , Kassam. 

— Duchesnei Boul. — Errer. 

— Erlangeri Boul. — Aouache (Pont de fer). 

— Gregorii Boul. — Gotta. 
Barbus Neuvillei nov. sp. — Akaki. 
Barbus Degeni Boul. — Kassam. 

— nedgia Rûppell. — Akaki , Gotta , Lac Rodolphe. 

Cichildse. 

Tilapia Zillii Gervais. — Lac Rodolphe. 

Discognathus Rothschildi nov. sp. ( 

Hauteur du corps , h, fois 1/2 à 4 fois a/3 dans la longueur, sans la caudale. 
Longueur de la tète, k fois 2/3 à 5 fois dans la longueur. Museau arrondi, 
dépassant beaucoup la bouche. Espace interorbitaire légèrement convexe, 
un peu inférieur à la 1/2 de la longueur de la tête. OEil supéro-latéral non 
visible en dessous, son centre légèrement en arrière du milieu de la tête: 
son diamètre contenu 5 fois environ dans la longueur de la tête , 2 fois 1/2 
dans l'espace interorbitaire. Lèvre supérieure bien développée, frangée. 
Lèvre inférieure formant un disque mentonnier plus large que long et à 
bord postérieur libre. 2 barbillons de chaque côté, mesurant les a/3 de l'œil. 
Dorsale à 10 rayons dont 7 branchus, également distante du bout du 
museau et de l'origine de la caudale. Premier rayon branchu le plus long, 
dépassant un peu la longueur de la tète. Anale à 7 rayons, dont 5 bran- 
chus; son pins long rayon égalanl la longueur de la tète. Pectorale égalant 
environ la longueur de la tête, terminée bien avant l'origine de la ven- 



— 292 — 

traie, qui débute sous le milieu de la dorsale, k écailles entre la ligne laté- 
rale ri la ventrale, 16 autour du pédicule caudal qui est 1 l'ois 3/4 aussi 
long que liant. Caudale profondément écliancrée. faisant 1 fois 1/8 la lon- 
gueur de la tête. 

Olivâtre, quelques points noirs à la base de la dorsale. 

D. III 7 : A. II 5 : P. 15-16; \ . 8-9 : S,,. 36-37 g ^ |(* - 

Y 05-146 ei 8A7. Coll. Mus. — Rivière Gotts : M. de Hothscl.il. I. 

Longueur: i3o 3o îOoei 100 + 3o = 1 35 millimètres. 

dette espèce, que je dédie à M. Maurice de Rothschild, S( ' rapproche 
surtout de i). makiensis Boulenger, de la rivière Maki (Lac Zwai) ei de 
I). Hindii Boulenger de la rivière Nyiro (Kenya 1. l&kdifière de la première 
par sa lèvre supérieure frangée, son œil plus élevé el plus reculé, de la 

seconde par sa dorsale plus élevée, son pédicule caudal plus allon 

Capoëta Bingeri D.OV. sp. 

Hauteur du corps, 3 fois i/3 dans la longueur. Longueur de la tête, 
3 lois 4/5. Museau arrondi. 3 fois dans la hauteur de la tête. Diamètre de 
l'œil, ."> fois dans la longueur delà tête; espace interorbitaire , 9 fois 3/4. 
Bouche inférieure, sa largeur contenue 2 fois 2/8 dans la longueur de la 
tête. Lèvres très peu développée- . confinées aux cotes. Mâchoire inférieure 
munie d'une arête transversale recouverte d'un étui corné et tranchant. 
Deux barbillons de chaque côté, l'antérieur un peuplas court, le posté- 
rieur un pei] plus Ion;;' .pie l'œil, séparés par un espace égal au 
diamètre oculaire. Dernier rayon simple de la dorsale, fort, rigide, non 
denticulé, faisant à peine plus de la moitié de la longueur de la tête. Dor- 
sale plu-, rapprochée .le l'origine de la caudale que d\i bord postérieur de 
l'œil. Plus long ravon de l'anale faisant les (U>\\\ tiers de la tète, n'attei- 
gnant pas l'anale. Pectorale un peu plus courte que la télé. 9 écailles l/a 
entre la ligne latérale et la ventrale , ta autour du pédicule caudal, qui 
est 1 fois i/3 aussi long .pie liant. 

Olivâtre au-dessus H sur les cotes, clair en dessous. 

D. IV 9; \. III 5; P. îli: V. 9; S,,. 3o ^Ç-. 
y .. 1/-. 

IS° 05-252. Coll. Mus. — Rivière Bcrarka : M. de Rothschild, 
Longueur : 190 60 »5o millimètres. 

Ce Poiaaoa est voisin de fkarbv* (Capo&a) plagio»iamw Boulenger, des 

rivières Colla el Kassam. mais son épine dorsale esl plus ouille, son bar- 
billon postérieur plus long, sa bouche plus large. Je dédie cette intéres- 



— 293 — 

saute espèce a M. Binger. directeur des Affaires d'Afrique an Ministère des 

colonie-. 

Barbus Ilgi nov. sp. 

Du groupe du Barbus Bynni ForskaJ. Hauteur du corps, 3 lois i/o daus 
la longueur. Longueur de la tête, \ fois. Diamètre de l'œil, 'i fois \j-y. 
dans la longueur de la tête. Museau très arrondi, 3 fois dans la longueur 
de la tête, comme la largeur interorbitaire. Bouche inférieure, arrondie. 
Lèvre inférieure interrompue en avant. Deux barbillons de chaque côté, 
l'antérieur taisant les -2/3, le postérieur les 9/4 de la tête. Dernier rayon 
simple delà dorsale, fort, rigide, non denticulé. faisant les 4/5 de la tête. 
Dorsale a pen près à égale distance de l'occiput et de l'origine de la cau- 
dale. Anale n'atteignant pas l'origine de la caudale. Pectorale un peu pins 
courte que la tête, n'atteignant pas la ventrale qui débute sous l'origine de 
la dorsale. 3 écailles entre la ligne latérale et la ventrale, ia autour du 
pédicide caudal, qui est î fois 1/2 aussi long que haut. 

• Hivâtre au-dessus, argenté au-dessous. 

D. IV 9; A. III 5; P. 18; \ . 9; Sq, 3o |^, 

N 05-257. Coll. Mus. — Confluent Akaki : M. de Rothschild. 
Longueur : 1 'i5 + 5o — 1 90 millimètres, 

\ oisiu de B. intermedim Rùppell, du lac Tsana, mais corps plus élevé, 
museau beaucoup plus arrondi, écailles moins nombreuses en ligne longi- 
tudinale. Cette espèce est dédiée a M. Ug, conseiller d'État de S. M. 
Mmélik II. 

Barbus Meneliki nov. sp. 

Du groupe du Barbus Bynni Forskal. Hauteur du corps, 9 fois 9/4 dans 
la longueur. Longueur de la tête, '1 lois. Diamètre de l'œil, h fois dans la 
longueur de la tête, museau 3 fois, espace interorbitaire, presque 3 fois. 
Bouche arrondie, lèvre inférieure interrompue en avant. Deux barbillons 
de chaque côté, l'antérieur faisant la moitié, le postérieur les deux tiers de 
l'œil. Dernier rayon simple de la dorsale faisant 1 fois î/h la longueurde la 
tête. Dorsale ;i égale distance de l'oeoipul et de l'origine de la caudale. 
Lnalefaisanl les 'i/o de la tête et n'atteignant pas tout à fait l'origine de 
la caudale. Pectorale légèrement plus longue que l'anale. Ventrale débutant 
un peu axant la dorsale. 2 écailles 1/2 entre la ligne latérale et la ventrale. 
12 autour du pédicule caudal, qui est environ aussi Ion;; que liant. 

Bleu acier au-dessus, clair au*fUnaoua< 

D. IV 9; A. III 5; P. 17: V. 9; Sq. 29 ■=-% 



— 294 — 

N° 05-275. Coll. Mus. — Lac Rodolphe : M. de Rothschild. 
Longueur : 190+ 45 = 1 35 millimètres. 

Distinct de B. Bynni Forskal par sa lèvre inférieure interrompue. Pré- 
sente aussi certains rapports avec B. oxyvhynchus Pfeffer. A la demande de 
M. Maurice de Rothschild, je dédie bien volontiers celte espèce à S. M. Mé- 
iii'-lik II, empereur d'Ethiopie. 

Barbus Neuvillei nov. sp. 

Du groupe du Barbus Bynni Forskal. Hauteur du corps égale à la lon- 
gueur de la tête et comprise 3 fois 2/3 dans la longueur. Diamètre de 
l'œil, 6 fois 1/2, museau environ 3 fois, espace interorbitaire uo peu plus 
de 3 fois dans la longueur de la tète. Rouche arrondie, lèvre inférieure 
continue, sans lobe très développé. Deux barbdlons de chaque côté, l'anté- 
rieur faisant 1 fois 3/4 , le postérieur 2 fois le diamètre de l'œil. Dernier 
rayon simple de la dorsale faisant un peu plus de la moitié de la longueur 
de la tète. Dorsale un peu plus rapprochée de l'occiput que de l'origine de 
la caudale. Anale très longue, dépassant l'origine de la caudale. Pectorale 
faisant les 4/5 de la tête. Ventrale débutant à peu près sous l'origine de la 
dorsale. 3 écailles entre la ligne latérale et la ventrale, 12 autour du pédi- 
cule caudal, qui est 1 fois t/4 aussi long que haut. 

Rleu acier au-dessus, argenté au-dessous. 

D. IV 8; A. III 5; P. 16; V.9; Sq. 29 j^. 

N° 05-266. Coll. Mus. — Confluent Akaki : M. de Rothschild. 
Longueur : 270 + 80 = 35o millimètres. 

Ce beau Poisson que je me fais un plaisir de dédier à mon collègue 
M. Neuville qui accompagnait l'expédition de M. de Rothschild, offre l'aspi cl 
du B. ajjînis Riippell, du lac Tsana. mais ses barbillons sont plus longs. 
se6 écailles moins nombreuses en ligne longitudinale. Il est aussi allié au 
B. Gregorii Roulenger. 



OliSERVATIONS PRELIMINAIRES SUR LES Pi'CNOGONIDES RECUEILLIS 
DAyS LA REGION ANTARCTIQUE PAR LA MISSION PU tr FRANÇAIS r> , 

PAR M. E.-L. Boi FIER. 

Les naturalistes < In "Français*, ne sont pas restés inarlil's durant la longue 
et pénible campagne effectuée au milieu des glaces antarctiques par la 
mission Charcot; en dépil du froid et des dangers de tontes sortes, ils ont 
recueilli <bs richesses y.oologiques d'une valeur inestimable, qui comble- 



— 295 — 

ronl bien dos lacunes dans les collections de notre établissement. Il esl 
j 1 1 > ( < • de témoigner une \i\e gratitude aux courageux explorateurs, et 
surtout à M. Turquet. dont le zèle scientifique a été au-dessus de tout 
éloge. 

La présente note est consacrée à la description préliminaire de quelques 
Pycnogonides nouveaux recueillis par la mission. 

Colossendeis antarctica nov. sp. 

dette espèce représente, dans la région antarctique, la C. proboscidea 
Sabine des mers boréales. Les caractères qui la distinguent de cette der- 
nière sont les suivants : 

Région frontale légèrement plus étroite que la partie médiane du tronc, 
munie d'un large tubercule oculaire qui s'atténue brusquement en pointe 
obtuse et qui présentée sa base quatre yeux fort distincts. Segment cau- 
dal étroit, à bords parallèles, horizontalement dirigé. Trompe un peu pins 
courte que le reste du corps, \ compris le segment caudal. Palpes de 
9 articles dont les quatre derniers sont subégaux et ensemble à peu près 
aussi longs que le 3 e . Le V article des fausses pattes à peine plus court 
(pie le 6 e . Pattes ambulatoires plus de trois fois aussi longues que la lon- 
gueur totale du corps (y compris la trompe et la queue): leur fémur un 
peu plus court que le i er article tibial, lequel est aussi long que le tarse elle 
propode réunis, et notablement plus court que le 2 e article tibial. Griffe 
terminale puissante, mais un peu moins allongée pourtant que le propode. 
Quelques fortes épines noires au bout distal du a e article tibial, du tarse 
el du propode, et aussi sur la face inférieure de ces i derniers articles. 
Longueur delà trompe, 16 millim. 5; du tronc avec la partie frontale, 
ta millimètres ; de la queue, 6 millim. a 5; des palpes, 3a millimètres; 
d une patte ambulatoire de la 3 e paire, i3o millimètres, dont a5 pour le 
fémur, 27 pour le i cr article tibial et 33 pour le second. Coloration d'un 
brun rougeâtre, dans la liqueur conservatrice. 

Un exemplaire 9 capturé dans la baie Carthage, par ho mètres de pro- 
fondeur, le h avril loo4. Cet exemplaire étant de grande taille et présen- 
tant des orifices sexuels très normaux, doit (-Ire considéré comme parfai- 
temenl adulte. Pourtant, il présente des cliélicères bien développés, 
presque ainsi longs que la trompe et terminés eu pince typique; ces 
chelicères comptent h articles, celui de la base étant pour le moins aussi 
Ion;; que les trois suivants qui constituent le carpe et la pince proprement 
dite: les doigts de relie dernière sont largement écartés et notablement 
plus longs que la portion palmaire. On sait que les Colossendeis typiques 
sont normalement dépourvues de pinces à l'âge adulte, mais (pic certaines 
espèces (C (w/fusta, (]. gracilis) en présentent parfois jusqu'à un âge rela- 
tivement avancé. 

Muséum. — xi. ao 



— 296 — 

Colossendeis? Charcoti bov. sp. 

Cette espè< si très voisine de la C. gibbosa Mobius dont la -I aldioia* 

recueillil deux exemplaires jeunes près de l'ile Bouvet, par i3g el r> ( > y 
mètres de profondeur; elle présente comme cette dernière des bourrelets 
métamériques 1res saillants, (jui masquent la continuité des anneaux el 
forment une proéminence triangulaire du côté dorsal. Les caractères <|iii 
la distinguent de sa voisine sont les suivants : 

Trompe bien plus forte ci plus longue que tout le reste du corps, très 
dilatée à partir de s;i base assez étroite, el à peine rétrécie en avant; 
nn'iii caudal fort peu relevé. V article des palpes atteignant presque 
l'extrémité de la trompe. Prolongements latéraux du troue séparés par de 
fort* intervalles. Deux ou trois épines sur le bord interne <lu propode, 
une sur celui du tarse, el une rangée de spinules but le bord distal de 
l'article tibial Les deux griffes accessoires sont énormément développées, 
surtout celle située en avant, qui dépasse largement le milieu de la griffe 
terminale. M. Mobius ne mentionne pas les fausses pattes de la C. gibbosa; 
dans l'espèce du «Français* f ces appendices se composent de dix articles 
courts et ne dépassent pas l'extrémité delà trompe: dans les femelles, les 
articles 2, 3, 6, 5 sont subégaux et les plus Longs; dans le mile, les ar- 
ticles, a et 3 sont subdgaux, et les deux suivants notablemenl [dus longs 
et plus fortement arqués. Longueur de la trompe. iy nullimètres; des 
palpes, 21 millimètres; du tronc avec la queue, i() millimètres; des 
pâlies de la a* paire, 68 millimètres, dont i() pour le fémur et le i" article 
tibial, 19 pour le •>.". Le propode et le larse mesurent respectivement 1 
et 7 millimètres. 

G'est provisoirement que je range celte espèce dans le genre Colossen- 
deis, Comme la C. gibbosa de M. Mobius, elle ne présente aucun des carac- 
tères du genre Colossendeis, voire de la famille, et se rapproche bien plus 
i\i^ Ammotbéides tels que les a définis M. Sais. Je Bignale, h ce peint de 
vue, l'absence de grillés terminales sur les fausses pattes, le développement 
de grillés auxiliaires ('•normes sur les pattes ambulatoires et la réduction 
extrême du tarse de ces appendices, 

M. Mobius signale et figure des cliélicèresà trois articles, et munis d'une 
pince bien constituée, dans les deux exemplaires jeunes qu'il rapporte à 
celle espèce. J'ajoute que les nombreux exemplaires recueillis par M. Tur- 
quei sont tous adultes 1 parfois munis de leurs paquets d'œufs) el pré- 
sentent tous des ebélicères. Ces derniers sont identiques à ceux figurés par 
M. Mobius, dans l'exemplaire le plus petit dont la trempe (assez atténuée 
en avant) mesure i5 millimètres: ailleurs, la pince prend la lurme d'un 

court moignon ov le doigt mobile, fort réduit et massif, peut à peine se 
mouvoir contra le reste de l'organe. Mais toujours les chéheères existent, 
ce qui est encore on caractère des Ammotbéides. 



— 297 — 

Peut-être démontrera-fc-on plus tard que les exemplaires delà. nValdivia* 
son! lc> jeunes de L'espèce ici décrite! Ed toul cas, je me fais nu devoir 
de dédier cette dernière à M. le l> Gharcot, chef el organisateur de l'expé- 
dition du -Fninniis-. 

Veuf exemplaires, la plupaii femelles, capturés dans la baie Carthage 
par mi-'io mètres, au mois de mars 1904. 

Ammothea antartica qov. s p. 

Cette espèce se distingue des autred bnmothées par la position de son 
segment caudal qui esl conique et presque verticalemenl dirigé, ee qui 
rappelle les Trygœus. Gomme, d'ailleurs, le tubercule oculaire esl également 
conique et dirigé vers le haut, l'espèce présente du côté dorsal *deux ex- 
croissances coniques médianes» comme VA. Wilsoni Schim. , où d'ailleurs, 
vraisemblablement, ces excroissances onl une tout autre signification mor- 
phologique. Les Ammothea habitent surtout les mers de l'hémisphère sep- 
tentrional, et jamais on o'en a signalé dans les mers antarctiques. L'espèce 
()ui Huns occupe a une puissante trompe, renflée et fiisiforme, fortemenl 
inclinée vers le bas - des chélicères de deux articles sans pince terminale 
apparente, des palpes de 8 articles (le second très allongé), des fausses 
pattes très analogues à celles delà Colossendeis ? Charcoli, et des pâlies ani- 
bulatoires for! longues où le fémur égale en longueur le 1" article 
libial, le 2" article tibia! étant beaucoup pins long. Les griffes acces- 
soires sont presque aussi longues que les griffes terminales. Longueur de 
la trompe, a millim. 25; largeur maxima , 1,80; longueur totale du tronc, 
5, 20; longueur de la première patte ambulatoire, Bh mil!.; longueur du 
fémur, 7 millim., du tibia, 9 millim. 

In exemplaire capturé dans la baie Garthage, par 20 mètres, avec des 
Colossendeis? Charcoti. Les métamères du corps sont bien séparés et arti- 
culés dans celle espèce. 

Cordylochele Turqueti QOV. sp. 

Cette espèce représente seule, dans les mers antarctiques, le genre Cor- 
dylochele, dont les trois autres espèces jusqu'ici connues sont toutes boréales. 
An premier abord, elle se distingue de ces dernières par la l'orme et le dé- 
veloppement de sa trompe qui esl beaucoup plus étroite que le tronc, à 
peu près aussi longue que le corps \ compris la queue. , : i bords subparal- 
lèles dans ses deux tiers basilaires el franchement conique dans son tiers 
terminal : elle atteinl la base des doigts delà forte pince qui termine les chéli- 
cères. L'espèce se distingue également : 1 n par la paire de saillies coniques. 
en forme de cornes aiguës, qui s'élève en avant sur le lobe frontal du corps; 
2* par l'absence de toute articulation entre les deux métamères postérieurs 
du tronc et à la base de la queue; 3° par les dimensions relatives des 
fémurs et des deux libias des pattes ambulatoires, articles qui sont uetle- 

riO. 



s 



— 298 — 

ment subégaux; 'i par les rugosités et les granulations qui ornent ces 
mêmes articles. La trompe s'infléchit un peu vers le bas, mais la queue est 
horizontale et à peu près de même longueur que les prolongements appen- 
diculaires du tronc; ces derniers présentent une petite saillie conique, 
subspiniforme , sur leur face supérieure, dans sa partie distale. Longueur 
delà trompe, 3 inill. y.V. du tronc \ compris la queue, 6 1/2; largeur ma- 
xima du tronc. 1.7."»: longueur de ses prolongements appendiculaires , 
1,75; longueur des chélicères, '1.7."); des pattes de la paire antérieure, 
:>'i millimètres. Les doigts des pinces sont beaucoup plus longs que la 
portion palmaire; celui qui est mobile ne présente aucune trace de dénis. 

Une femelle capturée dans la baie Cartilage, n° 88 '1. 

Je dédie cette remarquable espèce à M. Turquet , le zélé et courageux 
zoologiste du «Français*. 



Note sur ux Bostri chide africain ( Bostrycuopsisvillosula mom. /vok.), 

par M. Pierre Lesne. 

Olivier a décrit sous le nom de Bostrychus cephalotes (Enc. Méth., Ins., 
V [1790], p. 108; Eut. IV [1795] n° 77, p. 0. tab. 2, f. 8) un Boslry- 
chide provenant de l'ile de La Réunion et dont le type est perdu. Nous 
avions cherché à identifier cet Insecte et nous avions cru pouvoir le rap- 
porter à une espèce largement répandue dans l'Afrique orientale et appar- 
tenant au genre Bostrychopsis (Ann. Soc. enl.fr., 1898, p. 5ag ). 

Nous devons reconnaître que les faits ne justifient pas celle opinion et 
que l'attribution de l'espèce d'Olivier reste douteuse. Le Bostryckopsis 
cephalotes Lesne (non Olivier) parait être strictement continental: on le ren- 
contre depuis les parties méridionales de l'Afrique orientale anglaise jus- 
qu'au Transvaal, et, du côté de l'Ouest, il gagne, par la Zambézie, les 
régions occidentales de l'Angola; mais il ne paraît exister ni aux Masca- 
reignes ni à Madagascar. 

Pour éviter de perpétuer une assimilation probablement erronée, il 
semble préférable d'abandonner le nom de cephalotes et d'imposer à l'inseclc 
en question un nom spécifique nouveau. Nous proposons celui de Bostry- 
ckopsis vittosula. 

Le Bostryckopsis villosula est un xylopliage redouté en certaines région--. 
M. <!. Vasse. chargé' de mission par le Gouvernement français, nous écrit 
que, dans le bassin inférieur (\u Xambèze, il cause des dégâts importants 
dans les Lois de construction. Les habitants du pays le connaissent sous le 
nom de irBorer». 



— 299 — 



\nl VELLES OBSERVATIONS SUR LE LeRNjEEiMCUS , 
CopÉpode PARASITE DE LA Sardise. 

pah M. Marcel Baudouin. 

Dans les premiers jouis de juin iuo5, sur des exemplaires de Sardines 
péchées en Vendée, dès le début de la saison, et présentant des Lemœeuicus 
parasites, de l'espèce que nous avons déjà signalée (1) , nous avons pu faire 
de nouvelles constatations qui ont un certain intérêt. 

Nous avons noté d'abord que le Copépode femelle, lorsqu'il se fixe sur 
le corps de la Sardine, peut être observé à diverses étapes de pénétration 
dans les masses musculaires de son hôte : ce qui prouve qu'il ne l'attaque 
que lorsqu'il est déjà très développé et que, par conséquent, il s'agit là 
à'ecto-parasitisme vrai, plutôt que de commensalisme. Le parasite ne se dé- 
veloppe pas sur le Poisson qui le porte; il le frappe alors qu'il dispose 
de tous ses moyens. Pendant une certaine période de sa vie, ce Lernœenicus 
femelle vil donc libre dans l'Océan, comme d'ailleurs le mâle qui est in- 
connu jusqu'à présent. 

En effet, nous avons trouvé des exemplaires dont la fêle était pour ainsi 
dire sous les écailles do la Sardine, d'autres où elle n'était qu'à quelques 
millimètres de profondeur, et d'autres où elle était beaucoup plus engagée. 
Bien entendu , la partie rélrécie du céphalothorax est alors plus ou moins 
visible à l'extérieur: et la tète ne parait s'arrêter dans sa marche à l'intérieur 
du Poisson, que quand l'abdomen, plus volumineux, met obstacle, par sou 
renflement, à la pénétration dans l'étroit canal inlra-musculaire où se 
trouve le thorax. 

D'autre part , après un examen attentif de plusieurs exemplaires de ce 
parasite capturés en 1900, nous croyons pouvoir affirmer que, comme 
nous l'avons avancé déjà' 1 ', il s'agit, en réalité, non pas d'une nouvelle 
espèce propre à la Sardine, mais du même Copépode qui a été trouvé sur 
l'Anchois (iïngraulis encrassicolm L.); cet animal ressemble, en effet, 
à la figure donnée par Baird '' pour le Lernœenicus encrassicoli ïurton. 
Et à ce propos, qu'on nous permette une remarque. Quand il s'agit de. 
nommer une espèce animale parasite, qui paraît nouvelle, il devrait être de 
règle, — règle que nous nous repentons de n'avoir pas suivie nous-mênie 
jusqu'il présent, — de ne pas lui donner un nom d'espèce correspondant a 

Marcel Baudouin, C. IL Ac. des Sciences, Paris, 190A, 5 décembre, n° «3, 
p. 998-1000. - - Tiré à part, Paris, 190^1; in-/i°, h pages, 1 figure. 
) C. R. Ac. des Se, Paris, 1905, 3o janvier, n° 5, p. 326-337. 
M M. Baudouin, Les Parasites de la Sardine, dans Rev. Scient., Paris, >Qo5; 
n° fi3, 10 juin, 716-722, h figures. 

W Baird, Brit. Entomostr. , j>. .Vu. pi. XXXV, fig. 11. 



— 300 — 

celui de l'anima] sur lequel elle a été trouvée. Cette habitude a, en effet, 
un grave défaut. Kilo oblige à appeler, par exemple, Lernœenicus encrassi- 
coli 1111 Lernœenicus qui vit, en réalité, surtout sur la Sardine, plutôt que 
sur l'Anchois. 

Enfin, d'une enquête faite récemmenl en Vendée, nous avons acquis la 
certitude que les irPavillons* sont connus des pêcheurs el des femmes qui 
éviscèrenl les Sardines dans les usines de conserves depuis plus d'une tren- 
taine d'années. Dès cette époque, on disait : rr Quand il \ a beaucoup de 
-l'.i\ illons- , il y a des chances pour que la pêche soil bonne». Ce qui n'est 
pas exact. On observe surtout les -• Pavillons- au début des saisons dépêche, 
pflrce qu'alors on capture principalement du poisson qui a passé l'hiver sur 
les cotes, ou qui parait y être né. 



DlAGNOSES DE LoNGICOMBS \SIATIQUES RECUEILLIS PAR M. J. DE I/o/a, i v . 

pab M. Maurice Pic. 

PolyabthrON MiMiiM. — Noir, ou noir de poix avec les antennes plus 
ou moins roussâtres, petit et relativement court, atténué en arrière, an- 
tennes de 25 articles, llabellées à partir de leurs V à 5' articles, les sui- 
vants un peu coudés; prothorax court el large, pubescenl de gris, muni 
d'une petite dent, parfois peu saillante, sur le milieu des côtés; élytres 
relativement courts, à épaules marquées mais arrondies, étranglés légère- 
meiii après le milieu et atténués à l'extrémité: tibias postérieurs à peine 
arqués, non épaissis. Longueur, 2i-a3 millimètres. 

Perse : Chaîne bordière. 

Se rapproche de P. Tschitscherini Sem. (ex description), mai- ce dernier 
esl décrit comme ayant le prothorax inermeet les antennes de as articles. 
donc celte nouveauté en diffère au moins à litre de variété. 

Leptcba Mobgahi. — Presque mal sur l'avant-corps avec les élytres 
légèrement brillants, peu allongé, noir avec la première moitié ou moins 
de la première moitié des élytres fûugeâtre et les l\ tibias antérieurs large- 
ment testacés mais foncés au sommet; antennes toutes noires, grêles el 
longues; prothorax relativement court, subgibbeux en avant, densémenl 
ponctué, faiblement impressionné sur le disque; élytres faiblemenl tronqués 
au sommet : abdomen en partierevêtu 'l'une pubescence argentée. Longueur. 
l 'i- 1 ."> millimètres. 

Perse : Chaîne bordière. 

Voisin de !.. cardinalis Don., mais coloration rougeâtre moins étendue snr 
les élytres, protborax plus robuste, antennes entièrement foncées. Diffère 



— 301 — 

en outre de tripartita Heyd., d'après la description, par L'extrémité de l'ab» 
domen ooir et la forme du prothorax. 

DoHCADlON BSMIARGENTÀTOM. — Assez allongé, noir, un peu brillant avec 

los élytres revêtus d'une pube9cence blanchâtre fine el presque continue; 
antennes entièrement foncées; tête légèrement Billonnéesur le vertox, dé- 
pourvue de bandes pubescentes; prothorax assez court, paraissant glabre, 
fortement et hregulièremenl ponctué, orné, de chaque côté, d'une dent 
médiane assez forte; élytres allongés et étroits, rétrécis aux doux extré- 
mités el surtout au sommet avec les épaules un peu elfacées, ornés d'une 
carène buméraie obhtérée après le milieu, revêtus d'une pubescence 
soyeuse blanchâtre, sans trace <le bandes brunes; pattes entièrement noires. 
Longueur, i a millimètres. 

Perse : massif du Sahend. 

Rappelle un peu I). semiîucens kr.. mais les membres sont foncés et la 
ponctuation <lu prothorax est plus forte el très irrégulière. 

Doecadion TALYScuENSB Gglb. var. MoRnAM. — Je rapporte à l'espèce <lu 

Caucase, à litre de variété, plusieurs exemplaires recueillis sur le plateau 
persan occidental, qui sont un peu variables do forme avec les élytres (par- 
fois nés élargis sur leur milieu) ornés d'une carène buméraie plus ou moins 
marquée et prolongée presque jusqu'à l'extrémité. 

La variété Morgani serait caractérisée par un aspect mat ou presque 
mat, les dessins élytraux qui sont à peu près semblables à talijscltcusr (les 
bandes dorsale el buméraie étant distinctement jointes au sommet), moins 
blancs, mais d'un gris sale ou gris jaunâtre, enfin par la carène buméraie 
plus marquée. 

Quelques 9. entièrement noires, remarquables parla forte el irrégulière 
ponctuation du prothorax , les él vires élargis, faiblement convexes sur leur 
milieu el munis d'une forte carène buméraie presque complète, pourront 
se distinguer sous le nom de var. ardebiense. 



Vote sou les Carabes et C.alosomes 

RECUEILLIS Vif, M. CnAFFANJOS DANS LE \OIiD DE M MoiïGOLlE. 
PAR M. <i. DE LaPOUGÉ. 

M. le professeur Bouvier a bien voulu me charger de déterminer les 
Carabes et Calosomes recueillis par M. Ghaffanjon entre Kbouldja et Tsii- 
sikar. en 1896. Bien que formée en territoire chinois, Dzoungnrie et Mon 
golie, relie petite collection ne comprend aucune espèce des faunes do 
Turkêslan, du Thibel et de le 'mine, 'fouies les espèces sonl sibériennes, 



— 302 — 

représentées en partie par la forme typique, en partie par des races locales 
d'une ph\ sionomie particulière. L'ensemble nous montre donc le faciès le 
plus méridional de la faune sibérienne. J'insiste sur ce fait d'apparence 
paradoxale que la région est, au Nord, séparée de la Sibérie par une haute 
chaîne, et. au Sud, en continuité parfaite de terrain et de climat avec 
l'aire des espèces chinoises et thihétaines. La séparation des faunes n'est 
donc pas faite par les montagnes, mais par le désert, assez relatif, de 
Ghamo ou Gobi. Les Carabes ont d'ailleurs assez Tliahitude de fréquenter 
les deux versants d'une chaîne, même élevée, et de s'arrêter à la limite de 
la plaine. 

G. sibiricds frontosis Lapouge. — Sous-race nouvelle d'obliteratus , 
plus grande et mégacéphale. Tête très grosse, renflée au col, plus volumi- 
neuse que celle de Besseri. Front ridé, dépressions intra-ocuiaires obsolètes, 
l'ourlet sus-oculaire lin. Epistome et labre de conformation normale, le 
menton aussi. Mandibules volumineuses. Élylres finement et confusément 
ponctués, un peu âpres en arrière, sans stries ni intervalles distincts. sauf 
les primaires comparables à une coulure à points peu serrés. Sauf les 
primaires mieux marqués, cette sculpture est identique à celle des oblite- 
ratus et bosphoranus les plus obsolètes; même forme et même ponctuation 
du pronotum, même dessous, l'épisterne métathoracique seulement un 
peu plus échancré en dessous, mêmes palpes, mêmes antennes et mêmes 
pattes. Conleur noire, assez brillante. Taille grande; longueur, 3i milli- 
mètres, largeur, n. Une seule 9, entre Khouldja et Ourga. 

Il est à remarquer que la mégacéphalie. cependant très accusée, n'en- 
traîne pas. comme chez les Cechenus, Pantophyrlus , Calhaicus, une défor- 
mation du labre et du menton. Ges parties ne subissent qu'un agrandisse- 
ment proportionnel, comme chez laïus. 

La sculpture, très obsolète, est conforme à une règle de l'espèce, les 
formes les plus rugueuses habitant le nord de l'aire (Besseri, lunes. 
sibiricus type, Ledebourei . Riphœus), les plus lisses la zone méridionale 
(bosphoranus, campcslris, obliteratus, mandibularis , tibiali$,jrater). 

G. rkgalis Fisch. — Série de k\ ex., Selenga. Faciès local de la variété 
orientale, à coloris decuprinus, quelques exemplaires plus sombres sur 
le disque, ou teintés de vert sur les marges. 

Fischer a, dans le tome I de VEntomographie de lu Russie (p.i oo), décril 
comme regalis type la forme de Harnaoul, plus plate, violette sur le cor- 
selet et les marges des élytres , et comme c«/)c/m/\ var. l'aberration à bord 
vert doré. Ges noms étaient empruntés à Bôber, in litleris. La planche l\ 
ligure le euprinus avec les marges encore un peu violettes. Fischer appela 
ensuite, in litteris, la forme toute bronzée cuivreuse, ;i corselet et marges 
concolores, Pasidnax. La planche <|u'il fil taire pour le tome III i lie 



— 303 — 

ce Pasianax comme dépourvu de tertiaires , ou à tertiaires résolus (pi. VIII). 
C'est, je pense, une faute du graveur, car, à ma connaissance, regalis 
n'a jamais les tertiaires résolus en grains, obsolètes ou dédoublés. Dans le 
texte (p. 160), il passe Pasiana.r en synonymie de cuprinus, qui devienl 
-iliorace elytrisque totis eeneis». Il met eu synonymie sous le type le cyani- 
collis Slevens. 

Dans toute l'aire méridionale et orientale du domaine du regalis, on 
trouve des formes innomées plus convexes, plus étroites, passant du cui- 
vreux au noirâtre, avec le corselet et les marges rarement discolores. Les 
exemplaires de la Selenga se placent, morphologiquement comme géogra- 
phiquement, entre mes séries du sud-est de l'Altaï et celles de Transbaï- 
kalie. Us se caractérisent par les intervalles plus minces, les stries deux 
fois aussi larges que les intervalles, jalonnées de rugosités qui, chez quel- 
nues exemplaires, se rejoignent par place et simulent des rudiments de 
quaternaires. Je reviendrai sur ces formes dans ma Phylogénie des Carabus , 
quand j'étudierai le regalis. 

On ne peut rattacher la série de la Selenga ni au cuprinus , dont le faciès 
est autre, ni au dubius Motscb. Ce dernier est bien plus petit, plus nette- 
ment sculpté; il a les intervalles moins interrompus et le corselet très 
différent, analogue à celui de Henningi, auquel il se rapporte peut-être. 
Je n'ai pas eu l'occasion d'examiner l'apex du dubius. Les ex. de la Se- 
lenga ont cet organe conformé comme chez regalis, c'est-à-dire arrondi 
et d'une forme toute particulière , tandis que celui de renningi est pointu . 
l'étui pénial conformé dans son ensemble comme celui de monilis. 

C. Henningi Fisch. — Série de 1/1 exemplaires, même origine. 

Remarquables par leur grande taille. La plupart ont les pattes et les 
antennes entièrement noires; tous sont bronzés, plus ou moins dorés sur 
les bords. 

Fischer a décrit l'espèce d'après la race bronzée à pattes rougeâtres de 
Harnaoul. longue de cinq à huit lignes. Les exemplaires de la Selenga ont 
le faciès et la sculpture de ceux de Barnaoul, mais atteignent facilement 
20 millimètres et n'ont que par exception les pattes et les antennes rouges. 
Ils peuvent être rapportés à la variété Sahlhcrgi Dej. , qui est la race de 
cette région. J'ai cependani le vrai Henningi du Baïkal (Boucard), et la 
variété violette, à pattes noires de Kultuk (Gbristoph). 

C. Hummf.li Fisch. - - Dieux exemplaires, pris entre Ourga et Tsitsikar, 
appartenant à la forme type. L'un d'eux a cependant le deuxième secon- 
daire de chaque élylre flanqué de rudiments de quaternaires, comme il 
arrive chez les Carabes du groupe Christophi, qui ont des quaternaires à 
ce faisceau, et généralement pas aux antres. 

C. aki'.i i.inosi s Fisch. — Deux exem plaires noirs el trois rufinos. Se- 
lenga. 



— 304 — 

Spasskianus, putois, grypkuê, ina rtus, Ewhholtti, Hermanni Boni autant 
de synonymes de aeruginosus, désignant tout au plus des états indivi- 
duels de sculpture et de nuance d'une même espèce répandue de l'Oural à 
la Mandchouriè. On trouve dans les mêmes localités des exemplaires repré- 
sentant les divers degrés de dégradation de la sculpture figurés sous ces 
divers noms par Mannerheim. In des ruQnos a les intervalles égaux cl 
lisses, les stries fortement ponctuées et profondes: les autres individus 
oui les intervalles plus ou moins interrompus, dont un avec les secon- 
daires nu peu segmentés du Spasskianus ; leurs stries sont peu ponctuées 
et m 'in i profondes. 

Les rulinos mil 1rs élytres couleur de cire. H parait que le nom inexact 
de œreus, donné par Fischer à cette aberration, vient d'une fausse lecture 
du nom très exaet de cercus. 

G. Mwmi'.iikimi Fisch. — Trois exemplaires dont les primaires ne sont 
pas plus marqués que les autres intervalles, l'un un peu mal. en somme 
lies semblables à ceux de la région du Baïkal. Selenga. 

G. arvbnsis coRciLtATOR Fiscti. — Très typique, un peu grandi une 
9 atteint 90 millimètres. Coloration variant du bronzé obscur au noir. 
Selenga, h (S et 3 9. 

D. (iii.x.M 1.A11 s exparsds Lapougc. — Race remarquable du groupe jtn- 
rallelus, géographiqucmenl et morphologiquement voisine de songoricus, 
mais avec les (misses habituellement rouges, comme l'ab. Solskyanus Gob. 
de parallelus , ou la \. confluens Fisch. Distinct, à première vue, de tout 
autre granulatm par sa grande taille, sa (orme aplatie et très large, son 
corselel très court , ses élytres nullement, parallèles, la rugosité et la ponc- 
tuation plus accusées. Bronzé obscur, la tôle et le pronotum presque noirs. 
Le dessous noir avec un faible reflet bronzé sous le pronotum. Tête forte- 
ment ponctuée. Pronotum ponctué rugueux, très large, très court, plus 
arrondi en avant, plus rétréci en arrière, et les angles postérieurs plus 
largement arrondis que chez les autres races de l'espèce. Elytres déprimés, 

à côlés arqués, le fond plus mgneUX que chez les autres races, les inter- 
valles au même degré de développement que chez Yetoensis, médiocre- 
ment lisses, le quatrième secondaire perceptible, les points sécants des 
primaires formant de très petites fossettes plaies, lisses, métalliques. 
Dessous vaguement ponctué sur les flancs, les épisternes métathoraciques 
et la partie latérale antérieure du prothorax presque aussi ponctués que 
cbez Mœander. La plus grosse mesure : longueur totale, ai millimètres; 
du pronotum, h millimètres; des élytres, i5 millimètres; largeur du pro- 
notum, fi millim. 1 '1 : îles élytres, g millim. 1 a. Quatre '" et deux • a 
cuisses et trochanters rouges, une V à pattes noires. Selenga. 



— 305 — 
Y. I Ki au us Mots.— Un exemplaire typique, entre Ourga pi Tsitsikar. 

('.. \Ik\mii.i! Fisch. — Petite race très variable, intermédiaire ou hy- 
bride entre Mœander et granuîatus, associant, d'une manière différente 
suivant les individus , des caractères contradictoires de l'un et de l'autre. 
Couleur du dessus variant du jaune de laiton au noir, parfois avec reflets 
dérouille; du dessous plus cuivreuse que chez granuîatus, moins que 
chez Mœander, métallique même quand !p dessus est noir. Tête petite, ré- 
trécie en avant, mais habituellement plus semblable à celle du granuîatus. 
Antennes du Mœander : scape aplati en dessus, souvent excavé. second ar- 
ticle court, informe, cabossé, martelé; troisième long, très comprimé sur 
la moitié proximale, à bord convexe et presque tranchanl en dedans, comme 
chez les Galosomes. Pronotum à rebords réduits, mais encore assez larges 
en arrière, angles postérieurs de forme intermédiaire, souvent creusés 
comme chez granuîatus, dessus ordinairement inégal, rarement aplani 
comme chez îlœander, plus ou moins ponctué, rugueux plutôt qu'ai ut .acé. 
Élytres à bordure semblable a celle du granuîatus , le rebord continu jus- 
qu'à la base, épaide arrondie comme chez Mœander, ordinairement dé- 
pourvue de la crénulation caractéristique du Mœander. Primaires formés 
de chaînons isolés, luisants, longs ou arrondis, très inégaux d'individu à 
individu et chez le même individu, distants, souvent séparés par des mi- 
roirs plats, très distincts sur le fond alutacé de l'élytre. Secondaires plus 
fins d'ordinaire que chez granuîatus, rarement autant que chez le Mœan- 
der type de Transbaïkalie , souvent abrégés, rarement un peu sinueux, le 
premier très faible, très abrégé en arrière, le quatrième peu visible, très 
marqué chez un seul sujet, toujours abrégé en avant. Quelquefois, par 
places, traces très faibles de tertiaires résolus en grains, festonnés. Ponc- 
tuation très variable sur les lianes, l'épisterne du métathorax et les côtes 
du prothorax. Bordure élytrale de la 9 un peu plus siuuée en arrière que 
chez M mander type, mais nonémarginée comme chez granuîatus. Jonction 
en Y très marquée. Apex un peu [dus long et moins recourbé que chez 
granuîatus. Taille petite, 1/1 h 18 millimètres. Un nigrino a le scape et les 
reliefs de la sculpture couleur vieux bois. Selenga, 9 d é 2 9. 

J'ai étiqueté ce petit lot Mongoliens, mais il est bien difficile de réunir 
sous un même nom et encore moins sous une diagnose commune des in- 
sectes plus différents entre eux que certaines espèces réputées valables. 

I h autre exemplaire, pris entre Ourga et Tsitsikar, se rapproche encore 
[dus des races àe granuîatus propres a la région du Pacifique. Un peu plus 
grand. Tête assez forte, peu rétrécie en avant. Antennes de Mœander. Pro- 
notum à impressions nettes, strie médiane marquée, bords sinués, presque 
aussi relevés que chez granuîatus, arrondis en avant comme chez Dmnirus. 
angles postérieurs presque aussi longs que chez granuîatus. Chaînons pri- 
maires courte, lisses, médiocremenl largesi Secondaires : premier faible, 



— 306 — 

mais entier: second et troisième en fortes baguettes: quatrième abrégé en 
avant. Tertiaires très \ isibles , formés de grains très fins, festonnés connue 
chez granulosus , complets, sauf le dernier externe. Raphé bien marqué. 
Dessous peu ponctué, le prolhorax à peine. Bronzé obscur dessus et des- 
sous. 

Galosoha investigator dauricum Motsch. — - Plus petit et plus court que 
Yinvestigalor, le corselet un peu plus petit, comparable par certains caractères 
à inqumtor. Pronotum un peu plus rétréci en arrière, presque comme celui 
du (Icnticolle , angle postérieur variable, en moyenne un peu plus pointu 
«pie chez investigator, moins que chez denticolle, et non extroversé comme 
chez ce dernier. Sculpture des élylres bien moins forte (pie celle (Yinvcsti- 
gator. Aucun intervalle discernable, les primaires indiqués par quelques 
fossettes. Dessus bronzé clair, à teinte verdàtre, surtout sur les marges, les 
fossettes or pâle. Pattes el pulvilli iVinvestigalor. Selenga, 3 d* et 3 9. 

Ne se distingue que par une légère différence de faciès du Dattrieum de 
Transbaïkalie, lequel n'est lui-même qu'une race plus évoluée et rabougrie 
à'investigator. 



Carabes et Calosomes du Japo.s. envoyés par M. Harhand, 

PAR M. G. DE L.XPOUGE. 

A part deux Calosomes de Ycso, cette petite collection a été recueillie 
en i <|Oi autour de Tokio, et un peu plus au Nord, dans le massif des Alpes 
de Nikko. Elle est intéressante en ce qu'elle présente des formes en généra] 
moins avancées en évolution que celles du Nippon méridional et des îles <h\ 
Sud. 

C. (Damaster) blaptoides var. — Race locale, géographiqnement el mor- 
phologiquement intermédiaire entre les races moins évoluées du Nord el 
celles plus évoluées du Sud. Se distingue des premières (anurus Sem., ru- 
gipennis Motsch., Fortunei Thoras.) par l'absence de pulvilli, des secondes 
(blaptoides Koll., Colin/h Mor. , Lewisi Rye) par le mucro court, la sculp- 
ture assez forte pour permettre de distinguer les intervalles, le corselet 
moins étroit. Tète du rugipennis Motsch, pronotum du même, un tiers 
seulement plus long que large, plus plat que chez les races du Sud, mieux 
rebordé, nettement sinué entre le milieu bien renflé et l'angle un peu ex- 
Lroversé, ce dernier quelquefois un peu prolongé en arrière et abaissé. 
Elytres plus allongés que chez rugipennis et moins que chez les races du 
Sud. épaule moins fuyante que chez rugipennis. mucro plus marqué, 
court mais bien caractérisé, les pointes divergentes et conniventes, obtuses 
ou subaiguës, pluslongues, plus séparées chez le ', très variables suivant les 



— 307 — 

individus. Sculpture des élytres aussi forte chez un individu que chez les 
rugmennis moyens, plus faible chez les autres, frimaires nets, formés 
de grains contigus, formant parfois une ligne crénelée. Secondaires de 
même, mais les grains parfois plus petits et moins serrés. Tertiaires à 
grains plus petits encore, moins serrés, parfaitement alignés sur la région 
dorsale chez un cf, plus ou moins désordonnés chez les autres individus. 
Les espaces qui séparent ces intervalles égaux, deux ou trois fois plus 
larges que les intervalles, finement scabres. Chez plusieurs individus, les 
tertiaires et même les secondaires tendent à se dédoubler confusément, 
les fines pointes des stries se brouillant avec les points de râpe provenant des 
intervalles, ('/est par l'exagération de ce processus et par la diminution 
progressive des éléments que s'est formée la sculpture simplement âpre el 
sans intervalles discernables des races du Sud, Lewisi, Goliath, blœptotdes 
typiques. Taille des petits Lewisi. Teinte noir bleuâtre ou verdâtre sur le 
corselet et sur la tête, d'un bleu violacé sous le corps entier, bleu plus net 
sur les cuisses , les élvtres presque absolument noirs el mats. 

Six exemplaires, assez homogènes malgré les différences individuelles 
de sculpture et de mucro, ne rentrant dans aucune race que je connaisse de 
l'ile Nippon , plus voisins de pandurus par la sculpture , de cyanostola et 
Lewisi par la taille. H n'existe en réalité qu'une espèce de Damaster, avec 
d'innombrables races locales reliées chacune à leurs voisins par des indi- 
vidus intermédiaires depuis Yanurus jusqu'à l'étrange Goliath. 

G. Dehaani cf. Mayasanos Bâtes. - - Trois d\ bronzés, dorés, à stries 
faiblement crénelées, paraissent représenter deux races différentes. Deux 
très petits, 22 millimètres : le corselet, plus sensiblement sinué devant les 
angles que chez les autres formes du groupe; le raphé, formé tic grains 
peu marqués, inégaux, du type Albrechti, mais moins fort, les inter- 
valles au delà du raphé simplement indiqués, la dépression subanale 
peu marquée, peu ridée, le feston subanal simplement indiqué. Le troi- 
sième, dont la tête et le corselet manquent, a les stries plus visiblement 
crénelées, bien moins cependant que Jaconinus, le raphé faible, les inter- 
valles au delà indistincts, le feston subanal bien marqué; la taille est celle 
d' \Hncchti. Les tarses et les tibias sont roussâtres chez les deux premiers, 
noirâtres chez le troisième, peut-être par l'effet d'un séjour prolongé dans 
de l'alcool avarié. L'étui pénial et l'apex sont du type monilis, mais plus 

grêles. 

Le Dehaani est une espèce variable, dont les races se succèdent en con- 
tinuité géographique el morphologique depuis ^ eso {Albrechti Mor. | jusque 
dans la région subtropicale {Dehaani type Chaud.). Elle es! peut-être encore 
en continuité sur le continent avec striatus , protenes , etc. 

C. PRor.RROLOs Chaud. — Trois exemplaires bien typiques. 



— 308 — 

Eu outre, un ' immature, d'une variété indéterminée, peut-être /«;/•- 
rectaturiilus Bâtes, Plus petit, plus étroit, le pronotum moins large, moins 
plan, un peu plus nettement sinué avant les angles postérieurs (presque 
autant que chez arborent), ceux-ci un peu plus relevés en dehors, un peu 
plus étroits, la principale différence réside dans les élytres, un peu plus 
parallèles, avec les épaules un peu plus marquées, sculpture toute diffé- 
rente, aucune trace de quaternaires, tous les intervalles égaux, entiers 
sauf les primaires, faiblement marqués, les stries planes, imponctu 
mates, avec quelques traces de grains très fins irréguliers, non alignés, la 
largeur des stries triple de relie des intervalles. Tout le reste identique 
aux parties correspondantes du tj pe. 

Cette forme est moins avancée en évolution que le type. Je connais des 
exemplaires de transition, à quaternaires très rudimentaires. Tous les 
Leploearabus japonais ne font qu'une espèce, à laquelle il faut rattacher sur 
le continent Vopacw Reitt., passage à'arboreui a Coreanus Reitt., et le Co- 
reanus lui-même. Le canaliculatu*j qui dérive <lu Coreanus ou d'une forme 
voisine, paraîl maintenant is«>l<'. géographiquemenl et morphologique- 
ment, de l'espèce souche. 

G. groupe acbtbscuiptub. — ?St ii i-. 1res faible reflet bronzé à jour Iri- 
sant. Tôte des formes du groupe, mail plus étroite, ruguleuse, mandibules, 
palpes, juliennes du groupe, les art. 5-8 modérément calleux. Pronotum 
remarquable, très étroit, un quarl plu- long que large, en forme de pa- 
rallélogramme, ù peine élargi au premier tiers, la courbure des côtés iden- 
tiques .1 celle de procerulus, ourlet mince, lisse; dessus aplani, plus forte- 
ment ponctué rugueux que chez la plupart des formes à'acutesculpius et 
chez Lo8chnikowi, angles postérieurs courts, mais extrêmement étroits, pa- 
raissant par suite plus longs que larges , à bords presque parallèles, l'in- 
terne joignant le bord externe du pronotum presque a angle droit. Elytres 
de la l'orme de ceu\ dîacutesculptus type, mais avec une sculpture intermé- 
diaire entre celles tfopaculns et de Ghristophi, un peu brouillée. Primaires 
plus larges el plus saillants que les autres intervalles, lisses, segmentés par 
des point- fossettes lie, inégalement espacés, peu nombreux, une dizaine. 
Fossettes plus larges que le primaire , mais n'intéressant pas toujours l'in- 
tervalle adjacent, l'interrompant quand il l'intéresse, mais ne le déviant 
jamais, n'affectant pas la forme transverse des Idsseiies de Chrittophi. 
Secondaires ei tertiaires plus faibles, résolus en grains à l'arrière, les pre- 
mier et deuxième secondaires accompagnés de chaque côté d'un quaternaire 
égal aux secondaires et tertiaires, l'a'; d'autres quaternaires I dans le groupe 

acutesculptus , le troisièi econdaire est d'ordinain accompagné aussi de 

quaternaires i. Stries sans points ni aspérités, subégales aux intervalles. 
Raphé très fort, formé en avant de grains comme chez opaculus, et en ar- 
rière de fragments analogues à ceux des primaires, un peu plus courts et 



— 309 — 

moins larges. Extrémité de^ élytres émarginée , aussi nettement que chez 
cancellatus '. ce qui n'existe chez aucune forme du groupe. Dessous sem- 
blable à celui des autres formes du groupe, sauf l'épislerne métathoraciquc 
qui, en raison de L'étroitesse de la partie antérieure du corps, esl plus 
étroit, el de la forme de procerulus. Apex invisible. Taille d'opaculus. Lon- 
gueur totale, 19 millimètres; médiane du pronotum, à millimètres; des 
élytres, la millimèli'es. Largeur maxima du pronotum, •"> millim. 1 
des i'\\ très, 6 millim. i y a. I n seul '. 

J'hésite à croire que ce Carabe si remarquable, indigène d'un pays ex- 
ploré, soit inédit. Je ne trouve cependant aucune description qui lui soil 
applicable, ni dans le groupe aculesculptus , ni dans le groupe procerulus, 
! il a de6 analogies par l'étroitesse du corselet et la structure de 
l'épisterne métathoracique. Les affinités sonl infiniment plus nombreuses 
avec le groupe acufesculptus qu'avec le group rulus,e\ l'émargination 

des élytres est le seul caractère très distinctif, qui ne 8e retrouve ni chez 
l'un ni chez l'autre de ces groupes. C'esl pourquoi je crois devoir I' 1 ratta- 
cher au premier. 

G. \ \% Volxshi Putz. — l 11 j bien typique. L'exemplaire de hilze\- 
venail de Nikko. 

Cette espèce est peut-être h souche du Yezoensis ei par lui des granu- 
folus asiatiques, les européens se rattachanl au corûcalis. 11 y aurai! lieu de 
chercher dans le nord du Nippon . — el dans les collections, — la forme 
de iran-ilion plus courte, moins parallèle, à corselet moins retroussé sur 
les bords el élytres à intervalles moins égaux. Si la Qliation soupçonnée se 
confirme, elle donnera un exemple rie plus d'origine digène et de conver- 



gence. 



(1. toberci i.osi s Dej. — Un d. Traces (les tertiaires, mêmedu premier. 

Calosoma Màxwowicxj Mor. — Huit individus, dont nu à bordures 
vertes. Un de Yeso, 

C. cuinense i:m;i m Wotsch. Une 9. \ussi un f de Yeso. Forme plus 
allongée qu • celle des individus du bassin de l'Amour. 



\ ri. s i >.: Q 1 B 1 11 E s \ /•' \i /•; /; ri E v s 

recueillis /•;•> Basse-Californie paa )i. Ihari. 
pab M. !.. .loi l!l\. 

Parmi les nombreux el imporl ni- objets rapportés par M. Diguet, cor- 
respondanl du Muséum, de ses voyages en Basse-Californie se trouvenl 
quelque» Némertiens. Ces animaux on! été fixés avec soin tantôl à l'eau 



— 310 — 

chaude, tantôt au liquide de Perenyi, puis conservés dans l'alcool. Sauf 
quelques-uns qui se soûl brisés, accident inévitable chez plusieurs espèces, 
les autres sont en bon état; il faul regretter, toutefois, que leurs couleurs 
aient à peu près complètemenl disparu, mais malheureusement le réactif 
fixateur et conservateur de la coloration des Némertiens est encore à 
trouver. 

La collection rassemblée par M. Diguet contient un assez grand nombre 
d'individus, mais les espèces ne sont représentées que par une quantité 
assez minime. Quelques-unes, en revanche, sont très intéressantes. Cer- 
taines d'entre elles- eussent été nouvelles si la description avait pu en être 
faite quelques mois plus tôt: mais les récentes publications de Coe sur 
les Némertiens de la cote Pacifique américaine contiennent les figures et les 
diagnoses très précises de la plupart d'entre elles. 

1. Toemosama mexicana (Biïrger, 1 8 y 3 ) Goe, 1905. 
Eupolia mexicana Bûrger, i8()3. 

De nombreux exemplaires de celte Némerle ont été recueillis par M. Di- 
guet aux environs de La Paz, golfe de Californie, en 1897 et en 1901. 

Certains d'entre eux dépassent deux mètres de long, et devaient être 
sensiblement plus grands quand ils étaient vivants. Ils ont été fixés au li- 
quide de Perenyi, ce qui leur a conservé leur aspect rubané, ondulé, et 
leur a donné une consistance assez molle. D'autres ont été fixés à l'eau 
bouillante; ils se sont beaucoup raccourcis, ont pris un section ovale, ont 
acquis une épaisseur et une rigidité anormales du corps; mais tandis que 
les premiers ont à peu près complètement perdu leurs couleurs, les autres 
les ont conservées à peu près intactes. Quand on examine ces Némertiens 
fixés par les deux méthodes, on ne pourrait croire qu'ils appartiennent à la 
même espèce, et il m'a fallu le témoignage positif de M. Diguet pour les 
réunir. H n'était pas inutile dé noter ce fait, pour montrer quelles diffi- 
cultés on éprouve et quelle circonspection on doit apporter dans la des- 
cription de ces matériaux conservés quand on n'en possède pas de croquis 
faits sur le vivant. 

Dans ces Némertiens, on observe d'ailleurs des variations de détails; ce 
qui reste de la couleur permet de voir qu'elle doit, suivant les individus, 
être plus ou moins foncée: les anneaux blancs qui tranchent nettement sur 
la teinte générale marron ou brun violet sont plus ou moins larges; chez 
certains, les anneaux foncés sont aussi larges que les clairs; cliez d'autres, 
les anneaux blancs sont très étroits et ressemblent à des lils. 

D'après les renseignements que m'a donnés M. Diguet, cette Némerle 
doit se comporter à peu près comme le Linrus longisstmus de nos côtes: 
son habitai sous les pierres, son aspect, sa couleur, sa longueur, l'en rap- 
prochent beaucoup, fille est. en outre, abondante dausla région centre amé- 
ricaine du côté du Pacifique. J'ai eu, en outre, l'occasion d'en déterminer 



— 311 — 

un magnifique exemplaire, qui devait avoir au moins U mètres de long, 
capturé à Amboine par MM. Bedol et Pictet. Etant un peu étonné de celle 
localité, je l'ai envoyé à M. Bûrger, auteur de l'espèce, qui a confirmé ma 
détermination. Ce fail est intéressant au point de vue de la dispersion géo- 
graphique de celte espèce qui, jusqu'à présent, semblait spéciale à l'Amé- 
rique centrale pacifique et aux îles Galapagos. 

'2. T.KMOSOMA PlNNETTI Coe , lQo'i. 

Un exemplaire trouvé en 1901, par M. Diguet, dans le golfe de Cali- 
fornie 

Celle Némerte est malheureusement complètement modifiée dans sa cou- 
leur par le séjour prolongé dans l'alcool; on peut cependant y reconnaître 
les caractères principaux énumérés par Coe pour Tœniosoma Punnetli, espèce 
trouvée par lui sur la côte de la Californie du Nord. 

Un détail est cependant différent. Lorsqu'on examine à la loupe l'échan- 
tillon de M. Diguet, on voit (pie le pigment, au lieu de former une couche 
uniforme, est comme craquelé longitudinaiement. Il en résulte l'apparence 
de lignes irrégulières très fines , analogues à celles que l'on trouve chez Eu- 
polia curta Hubrecht; la forme du corps se rapproche davantage de celle de 
Eupolia dclineaia Délie Chiaje. Ces deux espèces sont d'ailleurs assez voi- 
sines de Tœniosoma Punnetti; les deux noms de genre Tœniosoma et Eupolia 
sont devenus synonymes. 

L'échantillon étudié avait environ 35 centimètres de long; il a été trouvé 
parmi les Madrépores; les individus étudiés par Coe avaient été dragués 
sur la ente de la Californie, par 35 à 60 mètres, dans les sables coquilliers. 

3(?). LlNEDS FLAVBSCBNS Coe, 1906. 

Deux exemplaires incomplets et totalement décolorés ne me permettent 
• le donner cette détermination qu'avec quelques doutes. Certains caractères 
concordent avec la description de Coe, mais je n'ai pu vérifier les autres. 

Ces deux Némertes ont été trouvées par M. Diguet à La Paz, où elles 
vivaient dans le sable, non loin du rivage. 

h. Linkis WasoNiCoe, 190/1. 

Un exemplaire recueilli en 1901 par M. Diguet sur les cotes de la Basse- 
Californie. 

Cet échantillon conservé dans l'alcool est en grande partie décoloré; il 
correspond non pas au type normal, mais à une variété exceptionnelle, 
signalée du reste par Coe. Dans la forme normale, le corps vert olive a des 
anneaux blancs sur tout le corps: quelquefois ces anneaux cessent plus ou 
moins loin en arrière de la tête. Ici on trouve 8 anneaux blancs seulement 
qui sont interrompus sur la ligne médiane dorsale et le reste du corps est 

Muséum. — xi. 2 1 



— 312 — 

uniformément vert olive. La longueur totale n'est que de G ou 7 centi- 
mètres, mais l'animal vivant devait avoir quelques centimètres de pins. 

Cette espèce a été" trouvée par Coe à Monlcrey (Californie), sous les 
[lierres ou les roches sableuses par h mètres environ, à San Pedro par h à 
ko mètres. L'exemplaire de M. Digue t, trouvé à La Paz. étend donc beau- 
coup au sud Taire de dispersion de cette Némerte. 

5. Lineus Digueti nov. sp. 

I 11 échantillon brisé, d'environ i5 centimètres, recueilli à La Paz, en 
1 895. Deux autres plus petits, de la même localité en 190/1, parmi les ré- 
cils madréporiques. 

Le grand individu diffère à première vue assez sensiblement des deux 
autres; cela tient à ce qu'il n'a pas élé fixé; il faut une attention marquée 
pour retrouver les caractères importants qui permettent de l'assimiler aux 
deux autres. 

Celle Némerte ressemble étonnamment à Lineus geniculalus Délia Gbiaje 
de la Méditerranée, et c'est à celle détermination que je me serais arrêté 

si je n'avais trouvé dans un mémoire publié par 
Punnetl en 1900 un croquis d'un individu à 
peu près semblable. Cet auteur avait fait la 
même remarque au sujet de la ressemblance de 
cette Némerte avec L. geniculatus, mais il a noté 
aussi quelques différences , et ne sachant à quelle 
solution s'arrêter, il a laissé sa diagnose incom- 
plète et ne lui a donné aucun nom d'espèce. Sa 
Némerte provenait de l'île Lifo. 

En combinant l'observation de Punnetl avec 

les miennes, je crois pouvoir arriver à une diffé- 

\ rencialion suffisante el être en droil de donner 

un nom à celle Némerte que j'appelle Lineus l)i- 



f% 



*\ 




guett. 



Vif. 1 . — Lineut Digueti . 
région antérieure grossie 
environ 1 fois. 



Les échantillons que j'ai examinés sont vert 
jaunâtre; le plus grand ne conserve plus <piedcs 
traces de cette teinte qui s'est mieux maintenue 
chez les deux autres. Us ont des anneaux blancs 
sur tout Je corps qui est assez aplati, surloiil 
dans le plus grand individu. Dans le même échantillon . il est strié lonjjitu- 
dinalement et transversalement. Les anneaux blancs sont complets ou atté- 
nues sur la ligne médiane dorsale. Sur la tête, une marge blanche se 
voil autour des sillons latéraux el du milieu des deux supérieures parlent 

deux lignes obliques blanches se rencontrant au sommet de la tête en angle 
ii pointe dirigée en avant. 

Comme le l'ait remarquer Punnetl, le nombre des bandes blanches est 



— 313 — 



plus grand que chez L.geniadalus et les yeux différemment placés; la tête 
est également plus petite dans son ensemble. 

On pourrait encore remarquer que cette Némerte ressemble au Lineus 
pictijrons décrit par Coe en 190&; niais le derrière de la tête et, en parti- 
culier, L'angle blanc médian en diffèrent considérablement. Il est à noter, 
d'ailleurs, que L. pieu/irons est une espèce voisine de L. geniculatus, et 
que ces Némertes, avec L.Diguetiet quelques autres, se rattachent à une 
série dont le L. geniculatus peut être considéré comme le représentant le 
plus caractérisé. 

Langia Vivesi hov. sp. 

Un échantillon recueilli à La l'az. Basse-Californie, dans le sable lin. à 
Balanoglossus , au niveau de la mer liasse, dette Némerte est entièrement 
rouge brique; elle a environ i5 centimètres, après conservation dans 
l'alcool . où elle s'est décolorée. 

Il n'y a que deux espèces de Lan/fia actuellement décrites, L. formosa 
Hubrechl de la Méditerranée, L. obockiana Joubin, golfe de Djibouti. Il 
la 1 1 1 encore citer un fragment signalé par Punnett, 
qui ne lui a pas donné de nom spécifique: il pense ce- 
pendant qu'il peut être rattaché à £. Obockiana, bien 
qu'il ait été trouvé à Gavutu, New-Florida. 

Je n'ai malheureusement pas de croquis de rani- 
mai vivant et je ne puis décrire que l'échantillon 
conservé dans l'alcool, en y ajoutant les indications 
dont M. Diguet a pu se souvenir. 

Ce < 1 11 i frappe tout d'abord, c'est la grande rainure 
dorsale qui s'étend sur tout le corps , depuis la pointe 
de la tête jusqu'à l'extrémité de la queue. Celle, rai- 
nure, étroite sur la tête, s'étend et s'élargit sur le 
dns, où elle devient large et profonde; elle y est li- 
mitée par deux bourrelets qui commencent un peu en 
arrière de la lèle (fig. a), s'accentuent rapidement et 

vont en s'écartant de façon à montrer le milieu du Fig. a. -Langia Kroest. 

1 ri 1 • • . ; 1 i- ; -.i /]• Face dorsale de lu 

dos. Leiui-Cl est occupe par des plis epitlieliaux pa- , . ,, . . 

1 l ... .. région antérieure du 

ralleles et longitudinaux, qui lormenl comme des tus corps. Grossi 10 fois. 

blancs dorsaux posés au fond du sillon. 

Sur La face ventrale, on trouve un sillon qui part du sommet de la tête, 

passe par la bouche, se continue un peu au delà, mais disparait ensuite 

L'épi (hélium cutané forme de gros pus longitudinaux ( fig. 3), surtout dans 

la région ventrale. En outre, de très nombreux petits plis transversaux les 

recoupent à angle droit, ce qui détermine une sorte de quadrillage. Ces 

pbs transversaux sont surtout abondants sur les bords du sillon dorsal et 

Les replis aliformes qui l'entourent. 

ai. 




— 314 



La tête esl relativemenl petite, arrondie, divisée en 'i segments par le 
sillon antéro-postérieur el par les deux sillons latéraux (fig. 3). Un pli 
circulaire marque s;i Limite inférieure dans un rétrécissement correspon- 
dant ;ni cou. La bouche est en dessous de ce cou; elle est grande et bien 
marquée.] 




Fig. ;5. — Langia 1 ivesi. 
Face ventrale de la région 
antérieure. Grossi io fois. 




Fig. h. Langia Viveti. 
Région caudale. Grossi 



io lois. 



La portion caudale est grêle, mais je ne saurais dire s'il \ ;i un appen- 
dice Gliforme. 

Los coupes montrent l'organisation typique du genre Langia; je signa- 
lerai seulement deux on trois particularités intéressantes (fig. 5). 

La musculature est très développée; les muscles longitudinaux externes 
forment un puissant revêtement, qui atteint son maximum sur les doux 
bords <ln sillon dorsal (S). Ceux-ci sonl renforcés encore par ilos faisceaux 
rayonnants qui partent des environs «les i\c\ix nerfs (X) pour aller s'épa- 
noiiir sous la peau (P). 

L'ensemble des viscères esl enveloppe dans un étui musculaire formé de 
libres circulaires [M e. ) très épaisses. L'intestin comprend un canal central 
1 1 ), à bords anfractueux, d'où partent des appendices irréguliers , sinueux , 
coupés par des trabécules fibreux et musculaires. Cette disposition diffère 
sensiblement de <■>■ que l'on observe dans L. oboekiana, où les culs-de-sac. 
beaucoup plus réguliers, oui l'aspect île feuillets parallèles. La gaine de la 
trompe! T) esl assez petite; on remarque un vaisseau parallèle situé en-des- 
sous d'elle (F). Plusieurs autres vaisseaux entourent l'intestin; ce sont 
peut-être «les canalicules du rein (//): la fixation de la pièce n'était pas 
suffisante pour que j'aie pu élucider ce point. 

Ces organes sont enfouis' dans les muscles longitudinaux internes, 1res 

développés, surtout dans les anjdes des culs-de-sac intestinaux; ils sonl 



— 315 — 

répartis en faisceaux par des fibres radiées. Autour de la portion centrale 
intestinale, les fibres musculaires longitudinales sont moins abondantes el 
laissent entre les fibres radiées des espaces conjonctiis creusés de lacunes. 




Fijf. 5. — Langia I ivesi. Coupe à travers la région moyenne. 

I. Intestin. — Mie. Muscles longitudinaux externes. — Mit. Muscles longitudinaux 
internes. -— !/<■. Muscles circulaires. — N. Cordons nerveux. — /'. Peau. — - fi. Ca- 
ii.mx <lu rein. — S. Sillon dorsal. — T. Trompe. — V. Vaisseau. 

Les cerfs sont reportés très haut, sons les renflements marginaux <l u 
sillon dorsal. 

N'ayant qu'un seul échantillon, je n'ai pas voulu faire de coupes dans 
la tête; aussi je m- puis rien dire du système nerveux central. 



}iotf. sur. un Nbmbrtien recueilli pat, l'expédition 

ANTARCTIQUE DU DOCTEUR ./. CrARCOT, 
PAR VI. L. .loi BIN. 

Parmi les nombreux Némertiens recueillis an cours de l'expédition an- 
tarctique du docteur Gharcot, 6e trouvent plusieurs exemplaires de très grande 
taille; M. le docteur Turquet, naturaliste de l'expédition, les a préparés 



— 816 — 

avec grand soin ei a noté que ces animaux vivants mesurenl <\r 60 à 
80 centimètres de long sur .*? à A centimètres de large. Ils sonl d'une cou- 
leur lëgèremenl rosir sur le ventre el absoiumenl blanche Burledos. Ce 
poinl importanl m'a été confirmé par le docteur Charcot. 

Ces Némertiens sonl très abondants à l'île Wandel (<'>."> lat. Su<! ) .>i dans 
quelques lies voisines, et, autant que je puis on juger par une détermina- 
tion rapide, la collection préparée par M. Turquel on renferme an moins 
une trentaine d'exemplaires de tailles variées. 

Us rampent sur le fond, parmi les algues et les galets, depuis la surface 
jusqu'à ao on a5 mètres; loin- voracité es! extrême; ils se jettent sur toul 
ce qu'on mol à leur portée, et l'on en prend à la ligne autanl qu'on en veut. 

Parmi les exemplaires que j'ai eus entre les mains, l'un deux m intri- 
guait par nue déformation de son tiers postérieur toul à l'ail anormale chez 
les Némertiens; l'ayanl ouverte, j'y trouvai une masse charnue grosse 
comme le doigl recouvrant presque complètement un objet métallique. 
C'était un gros hameçon on l'or galvanisé, attaché à un boul de corde de 
cuivre, portanl un morceau de viande de phoque, en partie digéré. La Ne 
merle avait ingurgité le tout par la bouche, qui est énorme, et l'on avait 

dû couper le fi] de enivre <pii sorlail pour la conserver. Je m'étais assure. 

avant d'ouvrir l'animal, que sa peau ne présentait aucune déchirure acci- 
dentelle par laquelle l'hameçon aurait pu pénétrer dans le corps. 

Ce l'ail esi intéressant à signaler, car les Némertes ne passent pas babi- 
tuellement pour dos animaux carnassiers; celle espèce, an contraire, semble 
être fort bien douée à ce point de \ ne. 

La ligure ci-dessous montre, réduits d'un tiers, l'animal et la proie qu'il 
avait avalée. La fente figurée en noir à droite *\>' la figure a été faite artifi- 
ciellement pour retirer l'hameçon. 

J'ai examiné plusieurs exemplaires île colle Némerte; le pins grand a 
environ 45 centimètres de long, les autres un pou moins: ils approchent 
de '] centimètres de diamètre dans la moitié supérieure du corps. La tête 
est, relativement an corps, très réduite; les fentes céphaliques oui environ 
1 centimètre de Ion;;: elles sonl profondes, bien marquées, à bords \<r- 
tilignes, el la portion (\c la tête qui les sépare est triangulaire, étroite, 
allongée, dépourvue d'yeux et aplatie. 

La bouche est excessivement développée. Sur le pins grand exemplaire 
conservé, elle dépasse 35 millimètres de Ion;;: ses bords on bourrelet mus- 
culeux, ondulé, permettent très probablement nue protraction très accen- 
tuée. Elle commence immédiatement on arrière des fentes céphaliques, et 
même la commissure antérieure doit pouvoir chez le vivant B'avancer presque 
jusqu'à la pointe de la tête. 

Le corps es1 arrondi dans la moitié antérieure qui est pins musculeuse 
que la moitié postérieure; celle-ci est très plaie, peu musclée el l'intestin 
l'occupe presque entièrement. 



— 317 — 



La régi sandale esl courte; elle termine brusquement, presque mn 

transition, la portion plate du corps; elle esl dépourvue de filament caudal 
,.i porte un anus très développé. La portion préanale pareil destinée à l'ac 
cumulation des matière fécales donl elle était remplie, sur quelques cenli 
mètres, chez plusieurs i ;emplaires. 




Cerebi-atulu» Charcoti. Exemplaire d'environ ho centiraèlrci 
réduil 'l'un tiei ». 

La figure centrale représente l'hameçon el l'appât, réduiU 
également d'un hen retiré* 'I" corpa de la Némerte 
par la fente que l'on voit A droite sur I» feee rentrai* 

L'intestin, au moins dans la moitié postérieure du corps, esl très large, 
,-i [es cloisons qui. chez beaucoup de Némertea, le divisent en nne 
,1, poehes, »onl ici 1res peu développées; aussi est-il toul d'une venue, 
avec seulement de minces et étroite lamelle tri aie* parallèles, dor- 



— 318 — 

sales, partant d'une arête saillante située sous la trompe et occupée pro- 
bablement par un vaisseau. 

Je n*ai pu élucider encore d'une façon précise les rapports <le l'intestin 
ni <le la trompe dont je n'ai vu que des portions rejetées par divers indi- 
vidus. Ce dernier organe est grêle et n'esl pas en rapport avec le dévelop- 
pement considérable des antres parties du corps. On remarque sur la peau 
de nombreux plis, longitudinaux sur la face ventrale, transversaux sur le 
dos, où il y a en nuire un long sillon médian rectiligne, très net, corres- 
pondant probablement à un vaisseau ou à un nerf. 

L'ensemble des caractères de cet animal en l'ail un membre incontestable 
du groupe si homogène dont le type le plus franc est le Cerebratulus 
marginatus Renier: presque toutes les espèces atteignent des dimensions 
considérables; elles sont assez voisines les unes des autres, et paraissenl 
[l'être que des adaptations à des conditions biologiques variées d'un même 
type primitif. C'est ainsi que ce C. marginatus prend un aspect Ion! spécial 
dans la vase du Pouliguen, au point d'avoir pu être considéré comme une 
espèce et même un genre distincts; on le retrouve avec une autre apparence 
dane la Méditerranée, et l'on peut y rattacher encore le Cerebratulus Panthe- 
rinus 1 lu Inédit . de Naples. II est probable que le Cerebratulus grandis Sars. 
de Norvège, est une variation du l\ pe C. marginatus, ainsi que le C. lacleus 
Leydy des côtes atlantiques des Etals-Unis, et le C. Barentzi Bûrger de 
la mer de Kara. 

Bûrger a décrit dans un mémoire sur les Némertiens de la Géorgie du 
Sud une forme voisine de celle rapportée par le D r Charcot. le Cerebratulus 
Steineni Biirger; elle aussi est de grande taille; mais divers caractères 
secondaires et sa coloration brun rouge la différencient de noire espèce. 

Ces considérations que, dans cette note, je ne veux indiquer que liés 
sommairement feront plus tard l'objet d'une discussion détaillée ; elles per- 
mettent cependant de considérer dès maintenant cette espèce comme re- 
présentai dans la région antarctique les formes diverses de grande taille 
gravitant autour du type C. marginatus. 

Cette espèce est certainement voisine du <!. Steineni Bûrger; elle a avec 
elle des caractères communs, tels que l'aplatissement de la tête, la grande 
dimension de la bouche, le développement général du corps, fille en diffère 
d'abord parla coloration absolument blanche, tandis que C Steineni est 
rouge brun, par la forme cylindrique de la moitié antérieure du corps 
aplati dans sa moitié postérieure , caractères inverses de l'espèce de Bûrger, 
par l'exagération encore pins marquée de la bouche qui est d'un tiers au 
moins plus grande que dans C. Steineni . enfin par l'absence (h'^ yeux qui 
sont assez nombreux dans C. Steineni. 

I es différences sont assez nettes el assez importantes | • justifier la 

création d'une espèce nouvelle à laquelle je donne le nom du I)' Charcot : 
Cerebratulus Charcotx. 



- 319 - 

Sur les Annblides polychètes de r.\ vbr Rouge 
[Cirrjti ubns (suite). Maldâniens, Amphicteniens, Térébelliens |. 

pab M. Ch. Gravier. 



I. Famille des CIRRATULIENS (suite). 

Dodecaceria Joubini nov. sp. 

Prostomium arrondi en avant, épais, smis yeux ni organes nucaux ap- 
parents; la bouche s'ouvre tout en avant, sur la face ventrale: le i or seg- 
ini'iil . achète . lui l'orme comme une lèvre inférieure. Ce premier segment. 
soudé au prostomium, plus long et plus étroit que les suivants, porte une 
paire de gros palpes, dont la face inférieure présente un sillon profond et 
cilié; immédiatement au-dessus de ceux-ci, dorsalement, s'insère la pre- 
mière paire de branchies un peu plus courtes et beaucoup plus grêles que 
les palpes. Les cinq segments suivants portent chacun une paire de 
branchies au même niveau que celles du premier segment. Les deux der- 
nières pains, la dernière surtout, sont notablement plus courtes que les 
autres et aussi plus grêles. Il y a donc en tout \h appendices, dont 2 palpes 
et 1 a branchies. 

Les segments de la partie antérieure au corps sont subdivisés en 3 ou 
h anneaux par des sillons peu profonds: chacun d'eux présente en 
avant un bourrelet assez saillant qui le sépare du précédent. Les 7 premiers 
sétigères sont pourvus chacun de deux paires de faisceaux de soies capil- 
laires, légèrement incurvées, terminées en pointe acérée , avec une serrai 1 ire 
peu marquée sur le bord convexe et au nombre d'une dizaine au plus à 
chacune des rames. En arrière du 7" sétigère, ces soies se mêlent à des 
crochets -en cuiller» un peu recourbés dans la partie distale el renflés au- 
dessus «le leur extrémité profonde; l'excavation rren cuiller * est peu pro- 
fonde et ;i bord entier. La proportion des soies capillaires diminue d'arrière 
en avant au profit des crochets, dans les faisceaux dorsaux comme dans 
les ventraux. Au 29 e sétigère, par exemple, le faisceau dorsal est composé 
de ti crochets et de 3 soies capillaires, le ventral, de A crochets et 1 soie 
capillaire. 

Un seul exemplaire en bon état, mais non entier, recueilli le •>."> janvier 
i<)o^i dans les Polypiers du Grand lîécifà l'est des îles Musha. Longueur, 
1 .S mill.: largeur i maximum |, 1,9; celle dimension va croissant jusqu'au 
1 V sétigère, diminue jusqu'au 26 e , puis grandit du 26' au 33 e ; le corps 
se rétrérii brusquement dans les h derniers sétigères de l'exemplaire étudié 
qui en compte 87. Pigmentation : d'un rouge brun foncé, particulière- 
ment intense dans la partie antérieure du corps et ses appendices. 



— 320 — 

Par Bes l 'i appendices el les caractères des --nies capillaires el des cro- 
chets, cette espèce se distingue nettement du Dodecaeeria concharum < JErsted •. 
il se rapproche beaucoup plus, par la Forme du prostomium et par le 
nombre des branchies, du Dodecaeeria jislidicola Ehlers >} : il s'en sépare par 
les dimensions relatives des appendices (Je la région antérieure du corps el 
aussi par les caractères «les crochets en cuiller. 

II. Famille i>f.s malbaniens Savigny (Clyméniens de Quatrefages). 
Gerbe Clymene Savignj , de SaintJoseph rev. (2) . 

Glymene Watsoni nov. sp. 

Prostomium en forme de plaque ovale entourée <l un limbe <jui est échan- 
cré sur la lare ventrale au niveau du palpode peu saillant et qui présente, 
dans sa moitié dorsale, 10 festons inégalement développés. La carène, 
limitée de chaque côlé par un sillon assez large, esl courte; elle n'atteint 
pas le centre de la plaque prostomiale. Sous le palpode, s'ouvre la bouche 
qui donne passage à un~j trompe volumineuse. 

Le premier segment, intimemenl soudé avec le prostomium, esl séparé 
du suivant, premier sétigère, par une constriction bien marquée. Aux 
trois premiers sétigères, la rame dorsale esl constituée par un faisceau de 
soies capillaires étroitement limbées, étirées graduellement ou as.se/ brus- 
quement en une longue pointe fine, légèrement incurvées; la rame ventrale 
est constituée par de grosses soies aciculaires courtes, à pointe un peu 
recourbée en arrière, au nombre de ■>. généralement à chaque rame-, cer- 
tains exemplaires en ont 3 au 3° sétigère, h au 3°, à chaque rame. 

\ partir du k" segment et jusqu'au 19* et dernier sétigère, la rame 
dorsale possède, outre les soies limitées, des soies pennées dont la lon- 
gueur croil peu à peu jusqu'au io l sétigère. Les tores ventraux en forme 
de bourrelets de plus en plus saillants el étendus vers l'extrémité posté- 
rieure poiieni chacun une rangée d< crochets au nombre d'une cinquan- 
taine dans la région moyenne du corps. La partie externe de ces crochets, 
fortement coudée sur la partie interne qui est renflée dans sa région mo- 
yenne el légèrement courbée dans la partie proximale, porte 5 dents 
superposées de taille décroissante vers le vertex, à pointe tournée vers 
l'extrémité postérieure du corps. Au niveau de la grosse denl inférieure se 
voit uw touffe 1res développée de barbules sous-rostrales. 



O K. Ehlbbs, Die Polycheeten de» magellanischen und chilenisehen Strandes. 
Ein faunùticher Versuch. Berlin, Weidmannsche Buchhandlung, 1901, p. 186, 
Taf.XXV, fig. 5-9. 

Baron db Saint-Joseph, I.cs tanélides polychètea des côtes de Dinard, 
:'.' partie, Ami. de» Se. nui.. Zool., 7" *6rie, t. Wll. 189/i, p. 1S0, 



— 321 — 

Les 3 segmenta qui suivent le 19' sétigère n'ont pas de rame dorsale; 
la rame ventrale es1 représentée par an tore très réduit, sans soies. 

Le pygidium se rétrécit assez fortement avant de s'évaser en un en- 
tonnoir assez profond.au centre duquel s'ouvre L'anus. Le bord de cel 
entonnoir esl découpé en une trentaine de languettes montrant quelque 
inégalité il»' développement; des sillons correspondant aux points de sépa- 
ration des languettes convergent \<m's l'orifice anal. 

L'exemplaire <[ni a servi de type à cette description a été recueilli en 
i8()7 à Djibouti par M. Goutière; il mesurail 78 ndllimètres de longueur, 
1 millini. 1/9 d^ largeur; un autre exemplaire rapporté '*n 1895 de Suez 
par M. le I) Jousseaume, malheureusement incomplet, était do beaucoup 
pins grande taille et devait avoir une vingtaine de centimètres de longueur. 

J'en ai moi-même trouvé une forme jeune sur la base d'un Parités an 
Récif des Messageries, à Djibouti: les 'r, 5 e et 6 a sétigères étaient d'un 
beau rouge vif. J'ai pris au même endroit un autre exemplaire en train de 
régénérer la partie antérieure du corps; le prostomium et le premier séti- 
gère ont été détruits; le moignon correspondant a un diamètre qui est à 
peine égal à la moitié de celui du second sétigère. S. Orlandi (1) a signalé 
récemment des cas semblables de régénération chez les Maldaniens. 

Par la tonne de ers crochets, cette Glymène de Djibouti se rapproche de 
la Clymene (Praxilla) assimilis Mac Intosh ~ de l'ile Kerguelen. Mais celle- 
ci est beaucoup plus grêle que celle de Djibouti: il y a en outre des diffé- 
rences 1res nettes dans les caractères du prostomium. Mac Intosh, qui n'a 
eu entre les mains qu'un fragment, ne parle ni des soies dorsales, ni des 
crochets <\''^ premiers segments. Les caractères du prostomium et ceux du 
pygidium rapprochent également la Glymène de Djibouti de la Clymene 
amphistama Savigny , dont le nombre des segments est plus considérable. 

Je dédie cette espèce nouvelle à M. A. T. Watson (de Sheffield | obser- 
vateur ingénieux, auteur de curieuses éludes biologiques sur les Annélides 
tubicoles en particulier. 

Clymene africana no\. sp. 

Prostomium en forme de plaque ovale tronquée obliquement el limbée. 
La carène, délimitée par deux sillons latéraux assez profonds, s'étend sur 
les deux tiers environ de la plaque prostomiale el se termine ventralement 
par un palpode assez saillant. Le limbe est plus haut dans la moitié ven- 

S, Oblabdi, Rigenerazione cefalica naturale in alcuni Maldanidi, \iii délia 
Societa bigutlica di Scienze naturali e geografche . vol. \l\, IQ03, .'1 p., ?i ug. 
dans le texte. 

W. C. M»' Istosh, Challenger Reports, i885, |>. 4o6, pi. XLVI, fig. 9; 
pl. XX^ ,, Gg. 7. 

W J. G. Saticht, Ann. gravées, Pl. I, li;;- 1. 



— 322 — 

traie * 1 1 1 « - dans la dorsale; celle-ci, avec une échancrure médiane dorsale, 
a sou bord libre presque entier: les crénelures \ sonl très légèremenl 

marquées. 

Vu-dessus du palpode se voit l'oriBce buccal relativement grand, en- 
touré par un bourrelet assez saillant. Le premier segment, achète, est 
fusionné complètement avec le prostomium. 

Dans les trois premiers sétigères, dont la longueur va croissant du t" 
an 3 e , la raine dmsale, peu saillante, est constituée par des soies étroi- 
tement limbées des deux entés el étirées en pointe. \ la raine ventrale, 
il o'existe qu'une soie aciculaire à pointe très légèrement recourbée; 
dans les exemplaires de grande taille, il y a généralement deux de ces 
soies au premier sétigère, 3 au second, U au troisième. A partir du 4' sé- 
tigère et jusqu'au 19 e , des soies pennées à appendices latéraux dès fins 
et très serrés s'ajoutent aux soies limbées. 

Les tores ventraux portent une rangée de crochets ventraux à pointe 
dirigée vers la partie postérieure du corps. La partie externe de ces cro- 
chets est assez longue et rectiligne, comme la partie interne, d'ailleurs, 
qui est seulement un peu recourbée à son extrémité profonde: les cinq 
dents ont des dimensions régulièrement décroissantes vers le vertex; la 
barbule sous-rostrale est peu considérable. Comme dans la plupart Ai'> 
espèces du même genre, à ig sétigères, les parapodes sont situés à la 
partie antérieure de chaque segment, jusqu'au 9° sétigère: à partir de 
celui-ci. ils passent à la partie postérieure «le chaque segment: la sépara- 
tion entre les 8* et 9' sétigères manque de netteté. Les tores uncinigères 
sont particulièrement saillants dans les â ou 6 derniers sétigères; ils sont 
presque au contact l'un de l'autre sur la face ventrale. La limite des seg- 
ments est indiquée par une forte conslriction. 

Dans les trois derniers segments, 1rs parapodes, très réduits, Boni achètes. 

Le pygidium a la forme d'un entonnoir assez profond.au centre duquel 

dél ;he l'anus, et dont le bord est garni d'une vingtaine de languettes à 

peu près également développées. 

\l. le docteur Jousseaume a rapporté d'Obock, en 1895, un certain 
nombre d'exemplaires incomplets de celte Glvmène: M. Coutière en a re- 
cueilli un exemplaire incomplet, mais en bon état, à Djibouti, en 1897. 

Cette espèce africaine se rapproche, par les caractères de ses crochets, de 
la Clymene (Praœilla) occidentalis , Mac fntosh : ' de la côte américaine, près 
New-York. Il esl malheureusement impossible de juger des rapports entra 
les \U'\w formes, d'après la description rudimentaire donnée par Mac Inlosli 
qui n'a eu entre les mains qu'un fragment appartenant probablement au 
tieix postérieur du corps. 



1 W. (',. Mac Ihtosh, Challenger Reports, i885, p. '107, pi. XW\, fig. 10. 



— 323 — 

Glymene (Praxilla) Kerguelensis Mac lntosh (1) . 

Je rapporte avec quelque réserve à celte espèce de l'île Kerguelen décrite 
par Mac Intosh quelques Glymènes que j'ai recueillies en ioo'i. à Djibouti, 
dans les sables vaseux, à l'Ouest de la Résidence, sur les polypiers du récif 
des Messageries, à Djibouti, et sur ceux du Grand Récif, au large de l'île 

Massaha (Musba i. H \ a . entre les deux espèces, de grandes similitudes, 
en ce qui concerne l'ornementation, les soies aciculaires ventrales des trois 
premiers segments, les crochets des tores des segments en arrière du 
3 e sétigère. Il \ a bien quelque différence entre les prostomiums; le limbe, 
dans l'espèce de kerguelen, parait avoir un bord dorsal entier, en arrière 
d'un lésion latéral; il n'en est pas de même pour la forme de Djibouti. 

Mac Inlosh qui n'a eu à sa disposition que des exemplaires incomplets, 
ne parle ni des soies pennées, ni du nombre des séligères , ni de la rosette 
pygidiale. 

Genre Axiothea Malmgren (de Saint-Joseph rev.). 

Axiothea obockensis nov. sp. 

Prostomium en plaque oblique inclinée sur la face dorsale; carène 
s élargissant en avant pour former un palpode en pointe mousse, très 
saillant; les deux fossettes qui la limitent latéralement s'approfondissent 
vers la face ventrale; limbe plus élevé dans la moitié dorsale que dans la 
moitié ventrale; le bord libre de celle-ci est entier. La face inférieure de 
la moitié ventrale du limbe et celle du palpode sont fortement pigmentés. 
La bouche s'ouvre immédiatement au-dessous du palpode. 

Le prostomium et le premier segment intimement soudés l'un à l'autre 
-oui plus longs qui; chacun des quatre premiers sétigères. Le 2 e sétigère, 
plus court que chacun des suivants, porte un faisceau dorsal de soies lim- 
itées et une rangée ventrale de b crochets semblables à ceux des tores un- 
ci uigères du reste du corps; il en est de même pour les 2 e et 3 e sétigères 
qui ont, de chaque côté, de 8 à 10 crochets semblables. La longueur des 
segments ue varie guère jusqu'au i3 c sétigère, où elle commence à devenir 
plus considérable. Les lores uncinigères ne forment, à la surface, aucune 
saillie appréciable jusqu'au 8 6 sétigère; à partir de ce dernier, ils deviennent 
graduellement plus saillants: ils sont courts et restent toujours largement 
séparés l'un de l'autre sur la face ventrale. 

\u\ 5 e , 6 e , 7° et H" sétigères, ou remarque une bande pigmentée en 
rouge brun en avant des parapodes sur ebacun des segments. Jusqu'au 
8 e sétigère, les parapodes sonl situés dans la partie antérieure ou moyenne 



H) 



//,„/.. p. io5, pi. XLVI,fig.7;pl.XXV A , fig. 6. 



— 324 — 

des segments; au delà, ils reculenl de plus en plus vers les sillons inter- 
segmentaires. 

Le faisceau dorsal toujours assez «lish-ml de la ligne tir crochets ven- 
traux contienl en moyenne une dizaine de soirs rectilignes, étroitemenl 
Limbées, terminées en pointe acérée et fortemenl striées longitudinalement. 
Les soies pennées fonl entièremenl défaut. 

Les crochets ont une partie extérieure courte el large, avec 5 dents, 
dont la dernière, au vertex, es! pen distincte, et nne barbule sous-ros- 
Irale s'étalant en éventail sur la grosse dent Inférieure, lunlessous du poinl 
d'émergence, un reullemenl énorme précède la parti*' profonde fortemenl 
recourbée etrétrécie brusquement au-dessous du renflement. 

Je n'ai recueilli, de cette espèce, qu'un seul exemplaire en bon état, mais 
Incomplet malheureusement, à Obock. à mer basse: il mesurait ih milli- 
mètres de longueur, avec une largeur moyenne de o millim. 9; le nombre 
des sétigères était de 1 h. L'animal se construil un tube à paroi mince el 
très friable avec du sable à [pains lins. 

Deux peines possèdent un prostomium en forme de plaque limitée, avec 
des crochets ventraux à Ions les sétigères; ce sont les genres Axiothea 
Malmgren (incl. Clymeneîla Verrill) el Chrysoihemis Kinberg (incl. Sabaco 
Kinberg). Ils se distinguent l'un de l'autre parle pygidium en entonnoir 
garni de cirres dans le premier, fendu latéralement, sans plaque ni enton- 
noir dans le second. Ce caractère ne peut être invoqué ici. Mais, d'après 
Kinberg, les crocbels des trois premiers séti.<;-ères sont, dans le genre Chry- 
solhemis, plus forts que dans les segments suivants, cequi me fait rapporter 
au genre Axiothea ce Maldanien d'Obock. 

Par la forme spéciale de ses crocbels surtout et par leur répartition dans 
les premiers segments, celle espèce d'Obock se sépare nettement des autres 
espèces du même genre qui sont dépourvues, comme elles, de soies pennées 
dans les faisceaux sétigères dorsaux : Praxilla ( Ixiolhea) prœtermissa 
Malmgren (1) , Clymeneîla (Axiothea) ion/nain Leidj (qui se distingue des 
autres espèces du même genre par la collerette du V sétigère), Praxilla 
(Axiothea) polaris Théel , ixiothea campanulata Percy Moore Clymene 
harai [zuka). 

W A.-.I. Malm&rbn, Nordiska Hafe-Annulater, OJv. <;/ Kongl. Vetensk.-Akad. 
Fôrhandl., t. XXII, i865, p. 191. 

ïbid., \nmil;ita Polychaeta, ÔJi). af Kongl. Vetetuh- Ikad. Fôrhandl., t. XXIV, 
1867, p. 1 00, pi. M , li;;- lia. 

Ilj. Tin'.i.i., Les Innélidea Polychètes des mer. de la Nouvelle-Zemble, 
Kongl. Sventka Vetentk. Ikad. Handl, t. XVI, 1878, p. 58, pi. IV, fig. 56, 
56 a, 56 b. 

.1. Pebci Moobe, Polychaeta Fr the Coastal Slope of Japan, and Irom 

Kamchatka, Proceedqfthe Icad. of natur. Se of Philadelphia, igo3, p. 'i S '>- 
pi. XWII. fig. 97-99. 



3-25 



III. Famille des AMPHICTÉNIENS Malingren. 
Gbime l*«*4'(iiiiiri:i Lamarck. 

l'i ctinaria i iipensis Pallas. 

Je rapporte à cette espèce une Pectinaire en excellent état, draguée dans 
le port d'Oboek, par iâ mètres do fond environ , le k mars 190/1: l'animal . 
conservé dans l'alcool, et qui est sans doute assez fortement contracté, 
mesure -2\) millimètres de longueur, avec un maximum de largeur de 
1 i> millimètres. 

Celle espèce, d'après Grube, aurait été décrite et figurée par Bergius 
sou- le nom de Teredo chrysodon; pins lard, Pallas- 2 ', qui examina diffé- 
rents spécimens recueillis au cap de Bonne-Espérance par Vosmaer, la 
désigna sons le nom de Nereis cyltndraria capensis. 

Mac Inlosh^ a signale' récemment la même espèce parmi les Annélides 
du Cap de Bonne-Espérance et en a redonné une description plus complète 
d'après un exemplaire superbe dont la longueur élait de i5o millimètres, 
la largeur, de la, en arrière des palées. Mes observations concordent avec 
celles de cet auteur, sauf sur quelques points. 

Je ne trouve que 10 palées, au Heu de i4, de chaque côté; celte diffé- 
rence peut être en relation avec la titille et l'âge de l'exemplaire considéré. 

Il va bien, en arrière des branchies, 3 faisceaux de soies légèrement 
linibecs, striées, étirées en pointe fine, puis i3 parapodes pourvus chacun 
d'un pareil faisceau de soies semblables aux précédentes, mais plus fortes 
et plus nombreuses (les deux derniers sont moins considérables que les 
autres), et d'une rangée de plaques onciales rétrogressives; cela fait bien 
en lotit 16 faisceaux de soies de chaque côté , comme l'indique Mac Intosb . 
et cela distingue, dit-il. cette forme des autres Peclinaires, qui ont de 
chaque côté 17 de ces faisceaux. Mais l'exemplaire d'Oboek présente en 
outre, sur le bourrelet situé en arrière du i6 n parapode, un tout petit 
faisceau de •?. ou 3 soies capillaires fines: de plus, de chaque côté de la 
portion basilaire dorsale de la scaphe, il existe une rangée, parallèle au 
plan de symétrie, de k soies aciculaires semblables aux palées, mais beau- 
coup plus réduites. 

Dans la Pectinaria (Amphictene) aegyptiaca Savigny, qui ressemble 
beaucoup a la précédente, ii y a également, en arrière du iG' : parapode, 
un 17 lai-eau plus développé relativement que dans l'exemplaire d'Oboek 

(>) [bhand. ier Schw. tkad., deutsch von Kàslner, XXVII, p. 235, Taf. IX. 
Pallas, \titeella71ea Zoohgica, p. 117, Taf. IX, fig. 1. 2. 
\\ . C. Mac Ihtosh, Marine Annelids (Polychaeta) , Marine Investigation» in 
South \frica, «roi. III, igo4, p. 76, pi. VII, fig. 35 ». 35 b, 36. 



— 326 — 

et un îS'an voisinage de l'insertion de La scaphe, semblable au précédent, 
bien différent par conséquent de la rangée de soies paléi formes donl il a été 
question plus haut. En outre, la scaphe ne se termine pas par cette sorte 
de languette mentionnée par Mac Intosh, et dont j'ai constaté la présence 
chez la Pectinaire d'Obock. 



I\ . Famille dks TÉRÉBELLIENS Grube (Mgrn rev.). 

(I. SoUS-FAMILLE DU AMPHITRITEA.) 

Genre l.oinii.i Malmjjren. 

Loimia médusa Savigny. 

J'ai recueilli un assez grand nombre d'exemplaires de ce beau Térébel- 
lien, décrit par Savigny * 1} , en divers points du golfe de Tadjourah : dans 
les sables vaseux situés à l'Ouest delà Résidence, à Djibouti; dans 1rs larges 
canaux de Hircinia echinata Keller, dans les polypiers des récifs des Messa- 
geries, du Pingouin et du Météore, Bonhoure et Ornières (tous deux au 
Nord d'Ambouli), du Grand Récif au large des îles Musha. 

Les plus grands exemplaires mesurent une quinzaine de centimètres de 
longueur. Les tubes sont construits avec des grains de sable assez, volumi- 
neux el des débris de coquilles. 

La teinte générale est d'un beau gris cendré un peu verdâtre, avec de 
grandes barres brun foncé, à chaque anneau thoracique, au niveau 
de l'insertion des faisceaux dorsaux de soies. En outre, les tores ventraux 
du thorax sont soulignés par des bandes noires et par une tache de même 
couleur, au contacl de l'écusson. Les écussons sont colorés en un rouge 
donl la teinte s'accentue d'avant en arrière. Dans l'abdomen, au niveau des 
tores, des rangées de saillies en forme de perles se détachent en blanc sur 
le fond pigmenté en gris. Les tentacules ont des anneaux bruns assez régu- 
lièrement espacés; les bords du sillon de ces appendices sont pigmentes de 
la même façon. 

MM. P. Fanvel (1) et de Saint-Joseph '■ on! donné de nouveaux détails 
morphologiques relativement à cette espèce, qui a été recueillie sur les 
côtes du Sénégal. 



I'. Fauvel, Les Ànnélides Polychèles do la Gasamance rapportées par 
M. Ang. Chevalier, />'»//. </'■ la Soc, linn, de Normandie, ■>' série, t. \, 1901, 

p. 9&, fi;;. 43-Û5. 

(î) Baron dk Saint-Joseph, Sur i|ii<-l<iues In\ertél>ré> marins îles cotes du 
Sénégal; Inn. det Se. nalur., Zool., * c série, l. XII, 1901, p. aa/i, pi. I. 
Bg. 8-9. 



— 327 — 

Si R LES MOLLUSQI ES 
RECUEILLIS PAU LES VEMBBES HE LA MlSSlON FoVBEAU-LaM¥ 

dans le Centre africain (suite), 
pah M. Louis Germain. 

Viviimiîa i nicolor Olivier. 

Cycloitoma unicolor Olivier, Voyage Empire ottoman, iHo'i, III, p. 68, Atlas, 
II, i8o4, pi. XXI, %. 9. 

Paludina unicolor Deshayes, Encycl. inctlnxl., Vers, III, i83a, p. («98; Kùster, 
in Martini el Cbemnitz, Syst. conchyl. Cabinet, (lait. Paludina, 18.");!, p. 21, 
n° îG, Taf. h, fig. 12-1 3. 

Paludina biangulata Kûster, /<»•. cit., 1802, p. '?.b, Taf. V, fig. 11-12. 

Viviparia unicolor Bour guignât, imén. malacol., I, 1 8 5 6 , p. 182; Bourgui- 
gnat, Recens. Vivip. syst. Européen, 1880, p. 33; Bourguignat, Hist. malacol. lue, 
Tanganika, 1890, p. 3g. 

('.cttc \ ivipare du bassin du i\il a été recueillie aux environs de Kouka, 
sur les bords du lac Tchad -> f i janvier 1900). 8 exemplaires absolument 
l\ piques. Le lieutenant Lacoin et les membres de la mission Chevalier ont 
également rapporté cette espèce du Tchad, en nombreux échantillons. 

Bithïnu (Gabbia) Neumanni Martens. 

Bithynia (Gabbia) Neumanni Martens, Beschalte Weichthiere Ost. Afrikas, 
,s t)7- P- l 9*> Taf. 6, %• 33. 

Celle espèce appartient à un groupe de petites Bithynies <|ui paraissent 
très répandues dans tout le centre africain. Telles sont les Bithynia (Gabbia 1 
Alberti Smith (l) , humerosa Martens a) , Slanleyi Sniilh . Wartreti Ger 
main '■', elc . . Ces espèces sont, en général, très voisines les unes des 
autres; elles présentent néanmoins des caractères spécifiques suffisants pour 
les distinguer. Martens a, en outre, montré qu'il existait également, entre 
ces diverses Bithynies, des différences dans la forme et le nombre des dents 
de la radula. 



(1) Smith (E.-A.), Proceed. zool. Society London, 1888, p. 56. 

Mautens (L. von 1. Beschalte Weichthiere Ost-Ajrikas, 1897, p. 190, Taf. VI, 
Gg.3i. 

Smith (E.-A.), Proceed. zool. Soc. London, 1877, p. 717, pi. 7.'), fig. 21. 
Boubguiorat, dans son Hist. malacol. du lac Tanganika (1890, p. 5o) rangé 

tort Cette e^iere i|;it)i le genre Amilicola. 

Gkbmaih (L.), Note préliminaire sur \loll. mission Chevalier, lac Tchad, in 

llull. Muséum l'un», 1<|<i'l. \. p. 'iliX. 
Ml SEUM. XI. 



a 



— 328 — 

Bords du Tchad, près de Suoulou, ia février kjoo, une douzaine 
d'échantillons (n° 8o9) (I) . 

MeLANIA TDBERCl LATA Millier. 

\ i iin tuberculata Millier, Venn. Hist., II. 177Û, p. igi (excl. syn.). 
Welania tuberculata Bourguignat, \ialacol. [Igérie, 11. i864, p. s5i, pi. W. 
fig. !-•■: Bourguignat, Hist. malacol. lac Tanganika, 1890, p. i63, pi. \l. 

fig. r'.(>-27. 

Assez abondant dans les Lagunes el les mares des bords iln Tchad, <l;wis 
les régions de Suoulou et de Kakodo (Tchad Nord-Est). 

Ampullaria speciosa Philippi. 

Ampullaria speciosa Philippi, in Zeitschr. fur Main',., 1869, p. 18; l'liili|i|ii . 
Monogr. Atnpull., 1 85 1 , p. 60, pi. XI, ii;j. •?.-. Bourguigaat, 1879, Holl. 
Egypte, rtc. . ., ji. 3a; Bourguignat, 1889, Mail. Afrique équator., p. 1 G8 ; liil- 
lolte, Bull. Soc. Malacol. France, i885, 11, p. 111: Marions. Beschalte Weichth. 
Ost. Ijrik., 1K97 (par».), p. 1 53. 

Je l'apport»' ;i celle espèce, connue variété globosa , un magnifique échan- 
tillon qui diffère du tvpeparsoo dernier tour, notablement plus globuleux, 
el s;i suture un peu moins netlcmcut canaliculée. Bauteur maxima , 
îo.'l millimètres; diamètre maxima, 99 millimètres; bauteur de l'ouver- 
ture, 8-2 millimètres; diamètre, . r >.*i millimètres. 

Bords «lu Congo, près Stanley-Pool (n°85o, juillet 1000). 

René Billotte a signalé ~ . du Guélidi, une variété major de ['Ampullaria 
speciosa, mesurant io5 millimètres de bauteur pour 97 millimètres de 
diamètre, qui se rapproche de noire variété globosa. 

Ampullahia Wkknei Pbilippi. 

Ampullaria Charmesi Billotte, Bull. soc. m a lue ni. France, II. i885, p. 106; 
Bourguignat, Mail. Afrique équat., mars 1889, page 167. [Ampullaria Charme- 
siana. \ 

\mpullaria Wemei Philippi, Monogr. Ampull., m : Martini et Ghemnitz, Cbn- 
chyl. Cab., i85i, p. 19, Tal'. V, li;;. 5 I el Taf. 17, Gg. 9! Bourguignat, Moll. 
nouv. Hiitf. peu connus, .'>" fasc, décembre i863, p. 7*: Bourguignat, Mb//. 
Afrique équator., mars 1889, p. 168. 

!l > En dehors de ces Viviparidœ, le lac Tchad nourrit un petit CUopaira, bien 
voisin du Cl. bulimoides Olivier, mais qu'un examen plus attentif permet de <lis- 

tinguer. Je donne à cette Forme, qui Bara décrite ''l figurée dans n mémoire 

sur les mollusques recueillis par la mission Chevalier, le nom de Cltopatra 
Tchadiensis. Elle esl extrêmement abondante dans le Tchad, notamment aux 
cm irons de l'archipel Kouri. 

W Billottb (René), in Hall. Sue. malacol. France, II. 1886, |». 111. 



— 329 — 

René Billotte a cru devoir publier n . soucie nom cY Ampullaria Charmes), 
une coquille qui différait de l' [mputtaria \\ ernei : par sa taille plus forte, 
son tesl plus épais el de coloration différente, enfin par son ouverture un 
peu plus développée en hauteur ". L'auteur cite, comme se rapportant à 
-nu espèce, la figure 'i . planche V, de la Monographie de Phiiippi. Or cette 
figure représente un individu de petite taille nV V Ampullaria II ernei, ainsi 
que l'on s'en rend très bien compte en la comparant avec le dessin du type 
\lcrnei donné quelques planches pins loin S) . Bourguignat était beaucoup 
plus près de !;i vérité lorsqu'il considérait . en 187g 1 ''. la ligure l\ 
(planche \ ) de Phiiippi comme représentant un individu minor du type 
Il mm. 

Test épais, vert olive, assez brillant, orné de stries peu régulières, 
devenant fortes et parfois saillantes aux environs de l'ouverture. Hauteur, 
88 '-91 millimètres; diamètre maxima. 7 h ' -80 inillimètres; hauteur de 
l'ouverture, 65 -70 millimètres; diamètre, 43 (5) millimètres. 

3 échantillons : a proviennent des lies de l'Oubangui, en aval du fort 
de Possel (n° 843, la juillet 1900); l'autre a été recueilli entre le Gri- 
bingui et L'Oubangui (n" 8A0, 20 janvier 1900). 

Ampullaria Chevaliehi Germain. 
Ampullaria ChevcUieri Germain, in Bull. Muséum Paris, iqo'i, |). '168. 

I 11 1res bel échantillon de cette espèce a été recueilli au bord du Tchad, 
dans la région d'Arégué (n° 801, aa janvier 1900); il possède les dimen- 
sions suivantes : hauteur, 117 millimètres; diamètre maxima, 97 milli" 
mètres; hauteur de l'ouverture, 80 millimètres; diamètre, 5o millimètres. 

Lanistes Viononi Bourguignat. 

Lanisles Besnardianus Morelet, variété PfeifiFer, Novitales Conchol., 1866, 
p. a86, |>l. LXX, lift. i-h. [Non Ampullaria Besnardianus Morelet.] 
Meladomus Vignogni Bourguignat, Moll. Afrique équat., 1889, p. 177. 

( " BlLLOTTE (R.), loC. cit., l88f>. |). I06-IO7. 

' Remarquons que tous ces caractères sont purement individuels. Les Ampul- 
laires sont tellement polymorphes, qui' l'épaisseur ou la couleur Au test, les petites 
difiérences dans la hauteur de l'ouverture , etc. , ne peuvent guère être considérées 
comme spécifiques. 

l'niMi'PI , loC. cit., iS.'u, pi. 17. Ii;r. 2. 

I*' BouRiiUKiNAT (J.-R.), Mollusques Egypte, Zanzibar, etc ... , 1879, p. .'5i>. 
) Les dimensions de cet échantillon se rapportent à la figure a, pi. 17, de la 
Monographie de Phiiippi. L'individu Gguré par cet auteur possède, en effet, les 
dimensions suivantes: hauteur, 88 millimètres; diamètre, '.'.': hauteur de l'ou- 
verture, 60 millimètres; diamètre, ia million. •">. 

aa. 



— 330 — 

Les 3 exemplaires recueillis p;ir les membres de la mission se rapportent 
très exactement à la figuration de Pfeiffer; la coloration du lest est seule- 
ment plus sombre que sur la planche des Vovitates. 

Celte espèce, qui n'avait encore été signalée que dans la Haute-Guinée, 
habite le lac Tchad, dans la région île Wondi. 



Nodii.aria KaYPTiACA Cailliaud. 

Unio œjryptiaca GaîUiaud, Voy. à Meroë, II, i8a6, pi. LXI, fig. 67; Rceve, 
Conchol. Iran.. XVI, i865, pi. XXVI, (ijr. i3a. 

Noludaria eegyptiaca Simpson, Synopsis of tlie Naïades, in Proceed. oj the Un. 
St. National Mtueum, XXII, 1900, p. 8a 1. 

M. Foureau a recueilli, dans le lac Tchad, une dizaine d'échantillons d'un 
Nodularia, dont je donne ci-dessous ((ig. 2 et 3) les croquis des deux 
Tonnes principales. La ligure t> est une coquille incontestablement très voi- 
sine du Vodularia eegyptiaca; mais la figure 3 se rapporte à un spécimen 
un peu différent, se rapprochant, en outre, fin Sodularia Stuhlmanni Mar- 
tens ' . Le mauvais état des échantillons ne nu; permet pas d'émettre une 
opinion définitive. Le lest, très fortement érodé, présente des stries d'ac- 
croissement saillantes et irrégulières; chez quelques individus, on aperçoit 
d'assez gros tubercules au voisinage des sommets. Longueur, 38 milli- 
mètres; largeur maxima, ■>.<> millimètres: épaisseur maxima, ig milli- 
mètres. 





Fig. •!. — Nodularia œgyptiaca Caill. , 
du lac Tchad. Grandeur naturelle 



Fig. •>. \odularia œgyptiaca Caill. , 
du lac Tchad. Grandeur naturelle. 



Si'atiia Ciiai/ian \ Rang. 

inodonla Chaiziana Rang, taéph. Sénégal, in Nouv. Inn. Muséum, i835, 

p. .:;, pi. WVIII et Wl\. 

\largaron { \nodonta) Chaiziana Lea, Synopii» «/ Vaïade», i85a, p. 'uy. iK'jo 
(éd. •■ 1. p. 79. 



Martbnb, Besehalu Oit-AJrik., iS () 8, p. a4i,Taf. VII, lijf. 1:1. 



— 331 — 

• 

Spatha Chaiziana dessin. Anod., in (swchyl. Cabin.. 1876, p. 187, pi. LXIII, 
fijj. 3-à; Jousseaume, Coq. Baut-Sénégal, in lf«». Soc. 100I. France, XI, 1886, 
p. Ï90; Simpson, Synopsis of Naïades, in Proceed. Unil. Stat. Nation. Muséum, 
XXII, 1900, p. 896. 

Un»' seale valve, bien typique, mais en assez mauvais état, de cette 
espèce caractéristique. 

Begra, bonis de la rivière Komadougou, dans le Bornou | n° 798]. 

Le Spatha Chaiziana, qui n'avait encore été signalé que dans le Sénégal, 
est assez répandu dans le bassin du Ghari | Mission Chevalier |. 

Etheria Cailliai di de Ferussac. 

Etheria Cailliaudi de Ferussac, Mém. Elhér., in Mém. Acad. Se. I, i8->:5, 
p. :;.")9; Gailliaud, Voy. à Méroë, II. 1836, p. aaa, et IV, 1827. p. 261; Allas, 
iS->;:, pi. IAI. fig. l-3; Bourguignat, Mater. Moll. Acéph. Syst. Européen, 1881, 
p. il'.. 

Un exemplaire du Ghari . au village de Mara | n n 81 3 , 28 février 1 900 | . 
et un autre échantillon de la rivière Logone, au village de Koussri | Q°8ao, 
29 mars 1900]. 

/Etheria semili xata de Lamarck. 

Etheria semilunata de Lamarck, in Ann. Muséum Paris, X, 1807, p. /io'i, 
pi. XXXII, fig. 1-2; de Lamarck, Anim. sans vertèbres, VI, i rc part., 1819, 
p. 100: Bourguignat, Mater. Moll. Aceph. Syst. Européen, 1881, p. 70. 

Trois exemplaires recueillis dans le Bornou, sur les bords de la rivière 
Komadougou, près du village de Tselloum [n 05 799 et 799 bis, janvier 
1900]. 



Hydroïdbs récoltés par M. Sevrât aux Iles Gambier, 
par M. Armand Billard. 

Les Hyd roules sonl rares dans les mers chaudes, ainsi que je l'ai déjà 
fait remarquer (1) ; aussi M. Seurat, malgré un séjour prolongé dans l'ar- 
chipel des Gambier, malgré des recherches attentives et multipliées, n'a-t-il 
pu récolter qu'un petit nombre d'espèces, el tontes ont ceci de caractéris- 
tique, leur petite taille. 

Cette liste comprend six espèces; quatre, le Tubularia viridis Pictel ., Ylùico- 
jirllu crenata HarÙ. . le Sertularia gracilis Hassal, le Sertularella indivisa Baie, 

Bull. Mu». Ilist. uat., Paris, tgoA, p. '180. 



— 332 — 

ont été trouvées dans le Pacifique; une. le Campanularia mis; ulula Hcks.. 
est une espèce d'Europe qui n'avait pas été signalée dans ces régions : enfin 
la dernière, I' Iglaophenia Balei Markt., n'avait été rencontrée que dans la 
mer Rouge. 

En outre, il faut joindre à ces six espèces une espèce de Gymnoblas- 
tiquesqui n'a pu être identifiée, les échantillons (Haut réduits à l'bydro- 
caule s;ms hydranthes; cependanl il est probable que cette espèce appar- 
tient au genre liougainrillia. 

Tubularia viimns l*ictet (,) . 

Grâce à l'obligeance de M. Bedot, de Genève, qui m'a envoyé un échan- 
tillon du Tubularia viridis Pictet. j'ai pu identifier l'espèce des ilrs Gambier 
avec l'espèce type. La seule différence qui existe entre les deux formes con- 
siste dans le nombre des tentacules qui est d'ailleurs variable. Dans un 




Fie. i, ;>. 3. — Gonophores médusoïdes du Tubularia viridi» Pict. 

r. Ectoderme. — e' Endoderme. — m. Manubrium. — ». Noyau de l'ombrelle. 

/•. Canaux radiaires. 

bydranthe bien développé, j'ai compté vingt tentacules aboratu et quinze 
tentacules oraux. Leur longueur respective esl dei millim. aetomillim. 35 (î) . 
Le diamètre de l'hydrocaule est plus grand àl'extrémité supérieure (largeur 

Home Suitte deZool., vol. I, 1893, p. 17, pi. I. lij;. 10-11. 
Ces mesures ont été prises sur les animaux fixés qui étaient le mieux 
étendus. 



— 333 — 

moyenne, 65o fx) qu'à L'extrémité inférieure (laideur moyenne, 3oo pt). 
Les colonies sont groupées en bouquet. 

Ce qui est caractéristique, c'est la forme des gonophores qui malheureu- 
sement n'avaient pas été figurés à un assez fort grossissement par Piclet. 
Les ulisi-natioiis suivantes permettent de combler cette lacune. 

Les gonophores jeunes sont arrondis, et de lu. une heure il se produit 
une prolifération ectodermique (noyau de l'ombrelle, Glockenkern) , qui 
force l'endoderme à s'invaginer (fig. 1, ».). Ces celkdes ectodermiques, au 
centre desquelles se trouve un petit espace vide , donneront les cellules 
sexuelles. Elles ne restent pas en amas globulaire; en elï'et, au centre de la 
coupe endodermique. apparaît un diverticule endodermique creux qui repré- 
sente le manubrium du médusoïde (fig. 2 , m.). Ce diverticule comprime le 
noyau de l'ombrelle qui prend la forme dune calotte (fig. 2, ».) à deux 
feuillets : le feuillet externe est nettement séparé de l'ectoderme, comme 
le feuillet interne l'est de l'endoderme. A ce stade , le gonophore médusoïde 
est cordiforme (fig. 3) . et l'on voit très bien, en coupe optique, les cellules 
gcrminatives disposes en fer à cheval. La coupe réelle montre dans cha- 
rnue des saillies apicales un canal radiaire (r.) qui n'avait pas été vu par 
Pictet. Dans les Tubulaires que j'ai eues à ma disposition , les gonophores 
n'avaient pas dépassé ce stade. 

Localité. — Bouée du BancGaveau, Mangareva (Teota); 16 mars 190^. 

ElJCOPELLA CRENATA Haitlailb (1) . 

Les exemplaires que j'ai examinés diffèrent un peu de l'espèce de Hart- 
laub, mais ces différences ne sont pas pour moi des différences spécifiques 
et définissent plutôt une simple variété. Les échantillons des îles Gambier 
ont des dimensions plus faibles, les pédoncules atteignent ay maximum 
2 millim. 5 (contre 5 millimètres dans l'espèce type). La largeur del'hydro- 
thèque est variable et en moyenne de 4oo \i; sa largeur est à peu près la 
même, parfois surpasse la longueur, de sorte que les hydrothèques sont 
plus évasées que dans l'espèce type, dont les dimensions sont aussi 
très variables mais plus grandes. On compte le même nombre de dents 
dans les deux forme* ; de plus, l'épaississement des parois est comparable 
dans les deux cas; également le bord «listai est mince et se plisse facilement, 
de sorte que les dents peuvent s'atténuer ou même s'effacer complètement. 
Dans les hydrothèques âgées à parois fortement épaissies, le bord libre ne 
montre pins que de faibles ondulations (fig. h). 

Les pédoncules sont aunelés à la partie inférieure (7-10 anneaux faible- 
ment marqués), et à la partie supérieure (3-1-7 anneaux fortement accen- 



(1) Zool. Jahrb. ibth.f. Syst., ih 15.1.. 1901, p. 364; Taf. XXII. li;;. 27-31, 
33-35. 



— 334 — 

tués). On compte parfois quelques anneaux dans la région moyenne qui est 
en généra] simplement ondulée. 

Je n'ai pas observé de gonanges. 

Localité. — Ulves de la bouée du banc Gaveau, Mangareva (Teota). 
37 janvier el 16 mars 190 4. 




Fi/;. Ix. — Hydrotlièque âgée à'EucopeUa cfenata Harti. 
Fi/;. ') et 6. — Orifices d'hydrotlièquos du SertnlareUa indivisa Baie. 



Campanularia angulata Hincks. 

Les exemplaires sont plus petits et plus grêles que ceux d'Europe: leur 
hauteur atteint 3 millimètres environ, les entre-nœuds u'out que /ujo \i et 
les pédoncules 175 \x de longueur moyenne. La hauteur de l'hydrolhèque 
est à peu prés la même que sa largeur à l'ouverture (260 fi). 

Les colonies ne portaient pas de gonanges. 

Localité. — Ulves de la bouée du banc Gaveau, Mangareva (Teota); 
27 janvier 190 4. 

Sertularia cracilis Hassall. 

Petites colonies de 4-8 millimètres non ramifiées. L'intervalle entre 
chaque paire d'hydrothèques (depuis le point d'où se détachent les hydro- 
tbèques d'une paire et 1»' fond des hydrothèques de la paire suivante) esi 
variable (175 à 35o fz) mais somme toute assez faible. Les colonies les 
plus grandes montrent, au sommet ou à son voisinage, deux paires d'hydro- 
thèques extrêmement rapprochées el ne laissant entre elles aucun intervalle. 
Certaines montrent à l'orifice plusieurs Btries d'accroissement. 

I ne des colonies Be terminait par un rameau Blolonique. 



— 335 — 

Localité. — Lagon de Marutea du Sud, i" décembre 1908; sur une 
Huître perlière. 

Sertularella indivisa Baie ' . 

Les colonies soûl petites et ne dépassent pas ■>. centimètres; elles portent 
parfois une on deux courtes branches. Une présentait un rameau stolonique 
sur lequel sedressait une petite colonie. L'intervalle compris entre chaque 
hydrothèque est de 220 [J. environ, la Longueur de la partie soudée est de 
a45 fi et celle de la partie libre de 070 ;x. L'orifice des hydrothèques esl 
de forme variable; dans la figure 5 , il est à peu près triangulaire, tandis que, 
dans la figure 6, il est presque quadrangulaire. Cette dernière forme est 
moins commune que la première. Les deux hydrothèques appartenaient à 
la même colonie. Il doit exister quatre valves à l'opercule, mais je n'en ai 
jamais observé plus de trois, la quatrième devanl s'être détachée. 

Localité. — La même que pour la précédente espèce. 

Aglaophenia Balei Marktanner 2) . 

Les exemplaires provenant des îles Gambier présentent de petites diffé- 
rences avec l'espèce type (mer Rouge). D'abord ils sont de plus faible taille 
et ne dépassent pas 2-3 centimètres contre 7 centimètres. Les articles ont 
au plus 260 f* au lieu de 290 ft; la hauteur de l'hydrothèque est aussi un 
peu plus faible. La dent latérale du bord de l'hydrothèque est moins mar- 
quée. Ce bord fait aussi un angle plus aigu avec l'axe de l'hydroclade, de 
sorte que la dent médiane le dépasse un peu plus. 

Les colonies ne portaient pas de corbules. 

Localité. — Lagon de Marutea du Sud, récifs: août 1 <)o3. 



Sun LA PRÉSENCE DU VENIN DANS LUS OEUFS DE VlPERE, 

par M. C. Phisalix. 

Dans une précédente communication, j'ai montré que les œufs de Cra- 
paud contiennent une certaine quantité des principes actifs du venin, el 
j'ai admis (pie ces poisons spécifiques jouent un rôle important dans le 
développement de l'œuf et les phénomènes de l'hérédité. Pour donner plus 
di' valeur ;i celle hypothèse, il était nécessaire fie la corroborer par de nou- 
veaux laits el de rechercher si , chez d'autres animaux venimeux, les prin- 

C> Journ. Hier. Sur., 1881, p. 1 a , pi. XII , fig. 7. ïïartlaub (Abh. 1er. Hamburg, 
XVI Bd., 1900, |t. 71) considère comme synonymes S. solidula Baie, S. indivi- 
ta, S. variabilis Haie, le premier aom ayant la priorité. 

\iut. 1,1,. Hofmus., \ Bd. , 1890, p. 372; Taf. VII, li;;. 19-90. 



- 336 — 

ci|>es caractéristiques du venin se lixaient aussi sur les œufs. Les expériences 
que j'ai faites à ce point de vue sur différentes espèces montrent qu'il en 
est réellement ainsi. La présente note sera consacrée aux résultats obtenus 
avec les œufs (le I ijirru Aspis. 

Chez ce Reptile, l'ovaire commence à fonctionner activement à la fin <l<* 
mars, et, si l'on sacrifie des femelles vers la lin d'avril, on trouve dans 
chaque ovaire un chapelet formé de 5 à 10 ovules de grosseurs différentes 
et dont le grand axe varie de •;>. à l5 millimètres. Après avoir sectionné' la 
membrane \le l'ovule à l'une de ses extrémités, il sullit de presser légère- 
ment à la surface pour faire sortir le contenu; on obtient ainsi une purée 
épaisse, légèrement jaune, à réaction faiblement acide, constituée en 
grande partie par le vitellus. 

Diluée dans l'eau et inoculée au Cobaye, cette purée ovulaire détermine 
des accidents qui ont tous les caractères de ceux de l'intoxication par le 
venin lui-même. C'est d'abord une action locale qui se manifeste par un 
gonflement accentué résultant d'un œdème hémorragique; puis les phé- 
nomènes généraux se succèdent comme dans l'envenimation vipérique : 
abaissement progressif de la température suivi de troubles moteurs et res- 
piratoires qui aboutissent à la mort. 

La substance que produit ces symptômes d'envenimation a des pro- 
priétés physiques identiques à celles du venin; elle ne passe pas à la dia- 
lyse et s'atténue par l'action de la chaleur, comme il résulte des expériences 
suivantes : 

Expérience. — Des ovules de Vipère, entourés de leur membrane d'emoloppe 
intacte, sont mis en macération pendant plusieurs jours dans de l'eau chloroformée. 
Au bout de ce temps on les retire, on en extrait le contenu et on Pinocule au 
Cobaye. Dans ces conditions, la purée \ il ctlinc est aussi toxique que si elle avait été 
fraîchement préparée, tandis qu'au contraire l'eau de macération est complète- 
ment inoffensive. 

Les principes actifs ne dialysent donc pas à travers la membrane d'enve- 
loppe de l'œuf. Aussi ne diffusent-ils (pie très lentement dans les tissus. 
et, quand la dose est suffisante pour amener une mort rapide, on en re- 
trouve la plus grande partie intacte au point d'inoculation : 

Expérience. — -On inocule, dans le péritoine d'un Cobaye de 990 grammes, 
'1 c c. •") d'une émulsion contenant :>. c. c. 5 de vitellus de Vipère. Après la mort. 
qui arrive au l>out de 1 h. -U> , ou retire û centimètres cubes d'épanchement que 
l'on injecte dans l'abdomen d'un Cobaye de iso grammes. La température B'abaisse 
progressivement de 3q°G à B3°a, '■! l'animal succombe au bout de 6 heures avec 
iniis l^s symptômes de l'envenimation. 

Smis l'influence du chauffage, P émulsion vitelline B'atténue d'autant plus 
•pie la température s'élève davantage. Sa virulence o'est pas modifiée à 



— 337 — 

58-6o degivs. Ce n'est qu'à partir de 70 degrés tjue l'atténuation devienl 
manifeste; à 80 degrés, les principes toxiques sonl rapidements détruits: 

Expérience. \ centimètres cubes d'émulsion, contenant -j centimètres cubes 
de vitellus, ont été maintenus dans un bain à 80 degrés pendant 90 minutes, 
nuis inoculés dans la cavité' périlonéale d'un Cobaye de 190 grammes. Or l'animal, 
qui aurait succombé rapidement si l'émulsion n'avait pas été chauffée , n'a éprouvé 
aucun symptôme d'envenimation. 

La quantité de vitellus nécessaire pour déterminer la mort par injection 
sous-cutanée est de ■?. centimètres cubes, et les ovules contenus dans l'ovaire 
(l'une Vipère de taille moyenne fournissent h peu près cette quantité vers 
la fin du mois d'avril. La quantité de sang nécessaire pour produire les 
mêmes effets dans les mêmes conditions est à peu près le double. Les 
ovules fixent donc les principes actifs du venin qui circule dans le sang, et 
la quantité de venin qu'ils accumulent dans leur protoplasma s'accroît à 
mesure qu'ils augmentent de volume. Les petits ovules longs de 2 à h mil- 
limètres n'en contiennent encore qu'une très faible quantité. 

\11cnu antre organe ne fixe ainsi le venin : le foie, le pancréas, le corps 
thyroïde, le thymus, inoculés en quantité équivalente à celle des ovules, 
n'ont déterminé aucun symptôme d'envenimation. 

En résumé, au moment de l'ovogénèse chez la Vipère, les principes 
actifs du venin s'accumulent dans les ovules. Il est probable que d'autres 
substances spécifiques passent aussi du sang dans l'ovule et que ces 
substances, de même que le venin, interviennent dans le développement 
de l'œuf. S'il en est ainsi, les phénomènes mécaniques de l'ontogenèse 
seraient accompagnés de phénomènes chimiques qui joueraient un rôle 
essentiel dans la formation des organes et dans le mécanisme de l'hérédité. 



Deux Stipa de l kébique du Sun 

DÉVELOPPANT UE LAClDK CTÀVHYDE1QUE, 
PAR M. E. BoMAN. 

Il va peu d'années, on ne connaissait pas de Graminées toxiques. M. A.Jo- 
rissen ' . le premier, à démontré que Glyceria aquatica (Lin.) Wahlb. pro- 

ilnii de l'acide cyanhydrique par dédoublement des matières azotées en 

L Jobissbn, Recherches sur la production de. l'acide cyanhydrique dans le 
règne végétal. Bulletin de Y icadémie royale de Belgique, '■'>" série, t. VIII, n° 8. 
Bruxelles; 188Û. 



— 338 — 

réserve dans les cellules de cette plante. Plus tard, MM. Dunstan et Henrj ' 
ont observé le même phénomène chez Sorghum vulgare Pers., qui , d'après 
des informations de l'Egypte, constituait, flans certaines circonstances, un 
danger pour le bétail de ce pays. MM. Dunstan ef Henn attribuent ce 
développement d'acide cyanhydrique à l'action d'une matière identique 
à l'émusine des amandes amères sur un giucoside qu'ils oui isolé et 
<|ii'ils nomment dhurrine. 

Chargé d'études archéologiques sur le haut plateau andin de l'extrême 
\ord-Ouest de la République Argentine, j'ai parcouru en 1900. comme 
membre de la Mission Gréqui Montfort-Sénécha! de la Grange, les parties 
de ce haut plateau qui portent les noms de Puna de Jujuy, et de Terri- 
loirc des Andes ou Puna de Alacama. 

Les Indiens habitant ces régions et les muletiers métis qui m'accompa- 
gnaient attirèrent mon attention sur des plantes toxiques qu'ils nommaient 
Viscachera et qui, d'après eux, constituaient un danger sérieux pour les mu- 
lets de ma caravane; quelques bouchées de ces herbes suffisaient pour tuer 
un mulet. La présence de ces plantes vénéneuses est un grave inconvénient 
pour le voyageur de ces territoires stériles et dépourvus de pâturages, car 
elles l'obligent à une surveillance assidue de ses bêtes qui ne peuvent paître 
en liberté les maigres brins d'herbe durs et siliceux qui poussent ça cl là 
entre les pierres. Pour nourrir ses bêtes, le voyageur est obligé de recou- 
rir au loin sec apporté avec des dépenses considérables de la terre baéfce 
distante de plusieurs centaines de kilomètres. 

C'est par suite de ces circonstances que j'ai été appelé à faire des re- 
cherches sur ces plantes, à en recueillir des échantillons et à réunir des 
renseignements sur elles. 

Les piaules en question sont deux Graminées : Stipa leptostachya Griseb. ^ 
et une espèce se rapprochant beaucoup de Siipa hystricina Speg. t:,) . L'une 
et l'autre sont indifféremment appelées par les indigènes Viscachera ; ce- 
pendant . à Susques ( Puna de Alacama ) , je leur ai entendu nommer la pre- 
mière espèce Viscachera macho («mâle* ) et la seconde Viscachera hembra 
1 cr femelle 1 1. 

Les deux espèces sont sporadiques et assez rares; il \ a généralement 
plusieurs dizaines de kilomètres entre un endroit où l'on trouve des I isca- 
cheras et un autre. Elles poussent toujours au pied (\>^ montagnes ou dans 

1 VV. li. Dunstan and T. A. Hkniiï, Cyanogenesîs în plant-. The great millet 
Sm'ghum vulgare : Proc. Royal Soc, vol. I.W, n" 'ilii. p. 1 53. London, 190a. 

\. Gr'sebagh, Symbolae ad Floram Vrgenlinam. \bhandlungen der Phyuica- 
lischen Classe der Koenigl. Gesellschafl der Wiësenschafien :n Goettingen, Rand 
\\l\. I, p. ••i|i|. Goettingen, 1879. 

C. Spbgazzini, Stipae platenses. [nalet </<•/ Museo Vacional de Montevideo, 
t. IV, Entrega Wll. p. iiâ. Monlcwdco, 1 901 . 



s 



— 339 — 

les étroites vallées formées par elles (quebraias) dans un terrain d'alluvion 
très pierreux. 

La distribution géographique des deux espèces est la suivante : 

République Argentine : toute la Puna de Jujuj el la partie Nord du 
Territoire des bides (Puna de Atacama). 

Bolivie : la partie méridionale du haut platean de cette république à 
partir «lu 20 e latitude Sud. 

Chili: Il est probable que ces Graminées existent dans la partie chilienne 
de la Puna de Atacama. 

J'ai recueilli dans plusieurs endroits de la République Argentine des 
échantillons des deux espèces, et mon collègue le D r Neveu-Lemaire a rap- 
porté de Pampa-Arenal, près de Pulacayo (Bolivie), une espèce de Graminéi 
se rapprochant beaucoup de Stipa kystricina , qui , d'après les renseignements 
qui lui ont été donnés par les Indiens, était vénéneuse. 

Slipa leptostachya esl plus commune dans le territoire argentinque Stipa 
hystricina, tandis que celle-ci paraît être l'espèce la plus répandue en 
Bolivie. Il est probable que S. leptostachya existe uniquement au Sud de ce 

pays. 

Les deux espèces \ivent de 2.. r >oo à 4,000 mètres au-dessus du niveau 

de la nier. 

Stipa leptostachya esl une Graminée dure et rigide, avec des chaumes 
d'environ o m. 5o de hauteur. Les chaumes el les feuilles doivent contenir 
beaucoup de silice. Cette plante forme de grandes touffes dont chacune 
couvre un demi-mètre carré de terrain. Stipa hystricina n'a que m. 20 de 
hauteur; elle est aussi très siliceuse el pousse en petites touffes; les feuilles 
sont assez visqueuses. 

L'effet toxique de ces Graminées est très puissant: les Chevaux, les Mu- 
lets, les Anesquien mangent, meurent deux ou trois heuresaprès en avoir 
pris, mémo en petite quantité. Je ne connais pas de cas de mort de Lamas 
causé par l'intoxication de ces plantes, et les Indiens disent que les Lamas 
aussi bien que les Bœufs peuvent en manger sans danger, mais il esl plutôt 
probable que ces bêtes n'en mangent pas. Ce sont seulement les animaux 
étrangers qui broutent les Viscacheras, cm\ <\u pays n'eu mangent pas; 
c'est une observation que j'ai d'ailleurs eu l'occasion de faire personnellement 
pour d'autres plantes vénéneuses de l'Amérique du Sud, comme, par 
exemple, le Mo-nio (Baccharis coridifolia 1) G.). 

J'ai assisté seulement à un cas de mort occasionné par la Viscachcra. 
C'était à Pucara, dans le déparlement de Riuconada (Puna de Jujuy), à 
3, «00 mètres au-dessus du niveau de la mer. Un Indien, allant en Bolivie, 
y passait la nuit à la belle étoile, au pied d'une colline couverte de touffes 
de Stipa leptostachya. Comme tous les Indiens du haut plateau, il voya- 
geait ii pied, ses bagages chargés sur un Ane. Laissé en liberté pendant la 
nuil. l'Ane mangea de la Viscachcra et mourut: il était originaire d'une 



— 340 — 

partie delà province de Saltaoù la I iscachera n'existe pas. Je vis l'animal dix 
minutes avanl sa mort; il était couché sur le sol, les jambes cl la tête 
raidrs et étendues; on observait de temps en temps des contractions mus- 
culaires assez violentes. La respiration était difficile et irrégulière, les veux 
de l'animal \ilren\ et les pupilles dilatées; tout le corps était mouillé île 
sueur. 

J'ai recueilli et contrôlé, auprès des Indiens et des muletiers métis. avec 
tout le soin possible, de nombreux renseignements sur des cas de mort de 
Mulets, de Chevaux occasionnés par la Viscachera. 

Les roules qui mènent de la République Argentine en Bolivie traversent 
les steppes arides du haut plateau de la Puna de Jujuj ; de nombreux trou- 
peaux de Mulets, portant des marchandises , ou conduits en Bolivie pour y 
être vendus, fréquentent ces routes. A un endroit nommé Barrancas (dé- 
partement de Gocbittoca), on voit le long du chemin beaucoup de Stipa 
hystricina; les muletiers connaissent bien cet endroit et ils font tou- 
jours passer au grand galop leurs bétes pour qu'elles ne mangent pas de 
Viscachera. 

Dans le défilé' qui conduit de la Quebrada de Humahuaca à Ubra-Pampa, 
sur le liant plateau, je suis passé un jour à un endroit nommé Azul-Pampa. 
L'Indien qui habile là me racontait que des muletiers argentins étaient 
arrivés une nuit conduisant 90 Mulets: les conducteurs avaient lâché leurs 
hèles dans une petite vallée entre des montagnes où poussait la Viscachera : 
le lendemain. 75 Mulets étaient morts. Je visitai la petite vallée e| j'y trouvai 
encordes squelettes des Mulets: il y avait, en effet, delà Stipa leptostachya, 
en abondance. 

Un fait curieux est que, dans certaines régions du haut plateau, les Indiens , 
sauvages et méfiants, sont presque entièrement a l'abri des visites des 
étrangers par la Viscachera qui forme une véritable barrière autour d'eux. 
C'est ainsi que les Indiens de Susques (Puna de Alacama ) ont réussi, jus- 
qu'à nos jours, à rester presque indépendants des trois républiques : 
Bolivie, Chili et Argentine, qui, chacune à leur tour, ont prétendu exercer 
leur souveraineté sur eux: il \ a deux ou trois ans encore, ils avaient 
conservé leur communauté indépendante au milieu des labyrinthes deB 
montagnes. 

Dans une très intéressante excursion que j'ai faite ;i Susques. j'ai pu me 
rendre compte des difficultés occasionnées au voyageur par la présence de 
la I iscachera. J'ai dû prendre des mesures sévères pour qu'on me désigne 
une petite vallée où ne polissaient pas ces Graminées, et rendre les Indiens 
responsables de mes Mulets, pour ne pas risquer de me trouver à pied au 
milieu du désert. Des fonctionnaires et leurs escortes se sont trouvés dans 

une situation pire encore. 

Les Viscacheras conservent leur toxicité même lorsqu'elles sont serbes, 
bien que les Indiens prétendent qu'elles soient plus vénéneuses lorsqu'elles 



— 341 — 

sont vertes. Les feuilles et les chaumes son! également toxiques: j'ignore 
si les fleurs el les racines on1 cette propriété. 

Lorsque j'ai questionne les muletiers pour savoir s'il n'y a pas de remède 
pour les animaux empoisonnés, ils m'ont répondu que dans très peu de 

cas il était possible de sauver une hèle qui avail mangé de la Viscachera, 
et seulemenl dans le cas où elle en aurait avalé une très petite quantité. 
I n des muletiers à mon service m'assurait qu'une lois il avail sauvé un 
Mulet en le baignant avec de l'eau froide pendant plusieurs heures. D'autre 
part, les muletiers prétendent qu'on peut prémunir les animaux contre 
l'effet «le ces Graminées en frottant leurs gencives et leurs narines avec de 
la Viscachera triturée, et en leur Taisant respirer la fumée de ces piaules 
après y avoir mis ie feu; ces plantes leur donnent ensuite des nausées. La 
chose est très possible, car j'ai essayé, avec plein succès, là même méthode 
pour préserver les animaux dé l'empoisonnement par Baccharis coridifalia, 
dont j'ai mentionné ci-dessus les propriétés toxiques qui proviennent d'un 
alcaloïde, la baccharine m . 

Au mois d'avril 190/i, M. le professeur (i. Pouchet a bien voulu ana- 
lyser des échantillons de Stipa leptostachya provenant de Pucara, c'est-à-dire 
de l'endroit où j'ai assisté à la mort de l'Âne que j'ai mentionnée antérieu- 
rement, et de Stipa hystricina provenant de Susques. Mes recherches el son 
analyse ont été l'objet d'une communication de mon chef. M. le comte (i. de 
Créqui Montfort, présentée par M. Pouchet à l'Académie de médecine, le 
27 décembre 190/1 (2) . 

Voici ce que m'a communiqué le professeur Pouchet sur les résultats 
de l'analyse : 

-Traitée parla méthode générale de recherches pour l'extraction des alca- 
loïdes, la pfante a fourni une trace d'un produit, présentant les réactions 
et les caractères généraux des alcaloïdes (notamment, précipitation par les 
réactifs de \layer, de Sonnenschein, deSchulz. de Bouchardat, le tannin ): 
mais la proportion de celte suhstance était beaucoup trop l'a il >le pour qu'on 
pût lui attribuer une influence efficace dans l'action toxique. 

"J'ai reconnu que la toxicité devait être attribuée à un glucoside, ana- 
logue ou peut-être même identique à l'amygdaline, qui se dédouble en 
donnant do notables proportions d'acide cyanhydrique. Les inlluences 
hydratantes (élévation de la température en présence des acides ou des 
alcalis), l'action des diastases, provoquent ce dédoublement qui sullil par- 
faitement à expliquer l'influence délétère. Un poids de 5o grammes de 
plante sèche sullil pour obtenir un abondant dégagement d'acide cyanhy- 
drique.» 

(lj Juan A. Dohihgoez, Datas para la Wateria Medica Argentina,p. i5o. Buenos- 
Aires, 1908. 

*> Bulletin <lf V [cadémie il,; médecine, '■'>' x'-rio . 1. LU, n° 43. Paris, 190/». 



— 342 — 

M. Pouchel a trouvé un développement d'acide cyanhydrique |>t us 
abondant chez SHpa leptostachya que chez S. hystricina. 

Postérieurement, le docteur F. Heim ;i l'ait nue nouvelle analyse 
d'échantillons de Sliptt leptostachya de Pucara el d' Azul-Pampa , el de 
S. hystricina de Sn^ipics. Son analyse a été faite en collaboration avec 
M. \. Hébert , et ils en ont (ait des communications à l'Association française 
pour l'avancement des sciences (Congrès de Grenoble, août îyoi) 'et à la 
Société française d'agriculture coloniale (2) . 

Il> rendent compte de leur travail dé la manière suivante : 

ffLes Stipa leptostachya et hystricina contiennent tous deux de l'acide 
cyanhydrique, sous forme d'un composé cyanliydré qui met en liberté le- 
dit acide sons l'influence des acides loris ou uV l'émulsine; ce composé 
cyauéest un glucoside que nous avons isol( ; à l'état presque pur el dont nous 
poursuivons actuellement l'étude, (les deux plantes contiennent un ferment 
soluble qui parait de tous points identique à l'émulsine; mais glucoside 
et ferment sont localisés dans des éléments anatomiques différents, de 
sorte que l'acide cyanhydrique ne préexiste pas dans la plante et n'est mis 
en liberté que par la réaction du ferment sur le «Hucoside. à la suite du bro- 
yage des tissus. Les conditions climatéiïques des stations où croissent ces gra- 
minées influent grandement sur leur teneur en acide cyanhydrique: c'est 
ainsi que, pour Stipa leptostachya , les chaumes cueillis à 2,5oo mètres d'ail i- 
lude. dans une vallée encadrée de hautes montagnes (Azul-Pampa), ne 
renferment que des traces non dosaliles d'acide, tandis que les chaumes 
cueillis ;i 3,8oo mètres d'altitude sur un plateau dénudé (Pucara 1 en ren- 
ferment gr. 09 pour 100 grammes de leur poids sec. Dans ce dernier 
ras. (oui au inoins, la proportion d'acide prussique dans la plante est 
assez forte pour expliquer à elle seule l'intoxication. Il semble donc, bien 
qu'on ne soil pas pleinement en droit de conclure à l'absence d'autre 
principe toxique, que les Viscacheras doivent leur toxicité à un glucoside 
cyané.» 

De même que M. Pouchet, M. Heim a trouvé que la Stipa hystricina 
analysée par lui ne développait que rie faibles proportions d'acide cyan- 
hydrique, Ce qui est curieux puisque celle espèce est connue par les hahi- 

tanlsde la Puna pour être beaucoup plus toxique que L'autre. 

La différence de toxicité des Viscacheras des différentes Localités attire 
tout spécialement l'attention. Cependant je ne crois [tas que ce soit les 
différences climatériques qui L'occasionnent. Pucara et Azul-Pampa ont 



F. Heim el \. Hébbiit, Les Viscacheras, {graminées andtnes productrices d'acide 
cyanhydrique, dans llullriui mensuel de V [ssocialion française pour P avancement 
des sciences, a! 9, nov. iqoA, p. 38a. 

F. Hein el \. Uni. m. Sur la toxicité des deux Stipa (Graminées) Bud-amé- 
1 i<;iinu.s . dans Bulletin de la Société française d'agriculture coloniale, 8 juillet iqo'i. 



— 343 — 

presque le même climat, et le cas «les y.") mulets morts dans ce dernier 
lieu démontre que là aussi, dans certaines conditions, Stipa leptostachya 
peut être tirs toxique. Ne serait-ce pas plutôt la qualité du sol ou la saison 
qui déterminerait celle différence de toxicité? En tout cas. ni l'une ui 
l'autre de ces espèces n'ont toujours la même action toxique. Les Indiens 
superstitieux prétendent que les animaux ne meurent pas de la Viscachera 
si on les voit quand ils en mangent. Le gouverneur du Territoire des 
Andes m'a assuré qu'il a vu un mulet manger de la Viscachera sans que 
celte plante lui fit aucun mal. 

D'ailleurs, le docteur Spegazzini (I parle de Stipa leptostachya d'après 
spécimens de son herbier recueillis dans la Quebrada del Toro et la 
Quebrada del Rio Cachi, deux vallées de la province argentine de Salta, 
situées au sud de la Puna de Jùjuy, qui sont très fréquentées par des trou- 
peaux de mulets étrangers. Je connais très bien la Quebrada del Toro par 
les deux voyages que j'y ai faits, el je peux assurer qu'aucun mulet n'y 
es! mort par l'intoxication de la Viscachera. J'ai recueilli de nombreux ren- 
seignements auprès de personnes habitant les Vallées Calchaquies aux- 
quelles appartient la Quebrada de Cachi, ou qui voyagenl beaucoup dans 
ces contrées avec des mulets; toutes ces personnes ont été d'accord pour 
me dire que le danger de la Viscachera n'y existe pas. M. Spégazzini ne 
connaissait pas les propriétés toxiques de la Viscachera, d'après ce qu'il 
m'a dit. 

On peut donc considérer comme démontré que Stipa leptostachya , dans 
certaines régions, n'est pas toxique. 

Joriss* ii signale l'influence de la lumière sur la production de l'acide 
cy tthydrique dans les graines de Linum usilalissimum Lin. Wicke, d'après 
Joris a démontré que les pousses de certaines rosacées ne fournissent 

cet acide qu'au printemps. Les causes de la variabilité de toxicité des Stipa 
méritent d'être étudiées. 



Liste des Graminées de la Haute-Guinée 
récoltées par m. pobegl'in , 

DÉTERMINÉES PAU M. OtTO StAPF, DU JARDIN ROYAL DE KëW. 

Ges '-pères, toutes récollées aux environs de Kouroussa, représentent le 
plus grand nombre des Graminées fe le fond des \ trahies carac- 

téristiques des plaines nigériennes. La li ti donnée par M.Stapfest th\ plus 
haut intérêt à la fois au point de vue de la statistique florale de la région. 

hoc. cit., p. 106. 
W A. Jomssen , Les phénomènes chimiques de la germination, p. 92. Bruxelles, 
1886. 
« Ibid., p. 83. 

Muséum. — xi. 23 



— 344 — 

qui se trouve être pour cette importante famille poussée plus avant que 
pour aucune autre, cl au point de vue de l'économie fourragère de ce pays 
d'avenir pour la colonisation française. 

On trouvera dans le Journal de Botanique de M. Morot la description 
détaillée de dix espèces nouvelles (l) . 

Numéros. 

Rhytachne gracilis Stapf, nov. s[) /|Ç)6 

.M.vmsuris grahulai s Linn. f. h~'> 

RoniioKi.i.iv iwi . i via Linn. f. 53a 

Elionurus Pobèguini Stapf, nov. sp 5 1 7 

ANDROPOGON BREVIFOL1US S\V 09 3 

GERES] LEF0RMIS Nées OU 

Andropogon trepidarius Stapf no\. sp 5 a i , 5 3 1 

- arrectus Stapf, nov. sp 5 1 9 , > • " 

ÀHSROPOGOR G a unis Kunth 5ao 

— schirensis Hochst )03 , 5l3 

— apricus var. africanus Hack 5o6 , . r ) 1 S 

— BALEPBNSIS Brol >3g 

BIPENNATUS llack J 00 

— nnvri s var. podotrichus Hack 5o8 , . r >i ! \ 

— rufus Kunth? (Ustilagino infestas) 4qj 

Andropogon andiophilus Stapt, nov. sp > " 1 

DiGITARIA EMUS Stapf (= PASPALUM EXILE KiPPISt) 4(J0 

— H0BIZ0BTAX1S Willd '98, Ô'k) 

Paspalum scrobicdlatcm L /j 7 9 ■■ ^7 

Pamici m fm.ciikiii vi Trin > '7 

— DiSTiGHOPHTixuH Trin 'T* 1 

— RAM0SUM L '• 7 S 

— GolonomL •• • • • 48i 

— l.etum Kunth 5a3 

Panicum drosocarpum Stapf, nov. sp > '1 1 

Panicum Dregeani m Nées '"J'' 

Panicum lasiopodum Stapf, nov. sp 5co 

P AH ICI M PROLIFERUM var. LONGIJUBATUM Stapf 'l' S ^ 

HY0SCR0IDE9 R. Br 536, 54l (i. p.) 

Setaria verticillata Beauv 48o 

— aurea A. Br 543, 548 

— GLAICA Beauv |S '.I 

Trichopteryx crinita Stapf, nov. sp !\()-i, 5o5 

Tbicboptbrti mi.iiitiana Stapf. 5o4 

Trichopteryx ternata Stapf, nov. sp - r no 

Aristidv Cl mim.iiw Trin. et Bnpr 54a 

— SlBBERl \n v Trin '•'" 

Sporobolus 1 ksi 1 vi s var. riBBOSDB Stapf. /17'i, 5o6, 575 

— INDU 1 s |(. 15r Û8a ) 545 

W Journal de Botanique, XIX, 1905, p. 98-1081 



— 345 — 

Khagrostis stenoi'iih.h llosclil 485, '197 

TREMILA HOSCht >%0, 029 

— ■ Asi'Eii.v Jacq 5a8, 533 

— INTERRI I'T\ BeaUV •'•'"• > 

GteriuM elegans Kimlli 4g6 

Chloris breviseta Hentli ,)l ' 1 

Eleisine Ixdica Gaertn Û99, 5ai 

Leersia drapanothrix Stapf, no\ . sp «9* 



Note sur quelques Euphorbes nouvelles ou peu connues 

DE LA RÉGION Si'D-OuEST DE MADAGASCAR, RAPPORTEES PAR M. GeàY, 
PAR MM. .1. CoSTANTIN ET I. GaLLAUD. 

Nous avons étudié récemment toute une collection d'Euphorbes recueil- 
lies par M. Geay au cours de sa mission dans la région Sud-Ouesl de Mada- 
gascar. Déjà M. Drake del Gastillo a fait connaître dans une série de notes 
parues dans ce Bulletin (1) un certain nombre d'Euphorbes de cette région 
ou des régions voisines, rapportées par MM. Alluaud , Decorse et Guillaume 
Grandidier. Quelques-unes des espèces que nous avions entre les mains 
nous paraissant identiques ou très voisines des types décrits par M. Drake, 
nous avons entrepris la revision des matériaux étudiés par cet auteur. Ge 
travail a présenté quelques difficultés, car aucun des nombreux éehanlillons- 
Ivpes sur lesquels M. Drake avait établi ses descriptions ne portait d'éti- 
quette; ils étaient le plus souvent conservés dans l'alcool, en fragments 
très minuscules et uniques. Qu'il nous soit permis d'adresser ici nos re- 
merciements à M" ,c V e Drake del Castillo qui a bien voulu nous donner 
communication de ces échantillons, sans lesquels notre travail eut été im- 
possible. 

Il nous a donc fallu recommencer l'identification de toutes les espèces de 
M. Drake. Nous y sommes heureusement parvenus, et cette étude nous a 
montré que si quelques espèces rapportées par M. Geay étaient déjà connues, 
d'autres étaient nouvelles. 

Pour mieux préciser les comparaisons nous avons fait, eu même temps , 
l'étude anatomique d'un grand nombre d'Euphorbes. Nous donnerons 

(1) Drake del Castillo, Noie sur quelques plantes de la région Sud et Sud- 
Ouest de Madagascar. Bulletin du Muséum d'hist. naUjY, 1899, P- ^o5. 

Drake del Castillo, Note sur flntisy de Madagascar. Bulletin du Muséum d'hist. 
nul., VI, 1900, p. 257. 

Drike del Castillo, Note sur les plantes recueillies |>ar .M. Guillaume Grandi- 
dier dans le Sud de Madagascar en 1X98 et 1901. Bulletin du Muséum d'hist. uut., 
IX, 1903, p. 35. 

a3. 



— 346 — 

ailleurs les résultats de cette enquête. Nous nous proposons ici de faire con- 
naître, en même temps que les espèces nouvelles de M. Geay, quelques carac- 
tères non signalés dans la morphologie et l'iinalomie pour quelques espèces 
déjà décrites el pour «elles rapportées par cet explorateur. 

1. Eupoorbla [ntisï Drake. — Echantillons de racines et de rameaux 
jeunes el âgés, recueillis sur les plateaux calcaires entre le Fiherana et 
l'Onilay. 

On connaît la grande importance économique de celle plante qui fournit 
un caoutchouc de liaule valeur 1 1 'i francs le kilogramme, mai ioo5) 
recherché spécialement pour la fabrication des enveloppesde pneumatiques. 
Nous nous sommes attachés à trouver des caractères macroscopiques nets 
permettanl de la distinguer facilement des nombreuses espèces au milieu 
desquelles elle vit, qui présentenl avec elle de fortes ressemblances rie port 
el d'asped . mais qui ne donnent que peu ou pas de caoutchouc. UIntisy, 
qui est un arbre, se reconnaît facilement à ses rameaux terminaux charnus, 
toujours grêles , qui deviennent ligneux dès qu'ils atteignent h millimètres 
d'épaisseur. Outre la lignification précoce, un second caractère très net 
consiste dans l'absence à la surface, des rameaux charnus des cannelures 
longitudinales où se localisent les stomates dans les espèces <pii présentent 
cette particularité. Ici , les stomates , inconnaissables à l'œil sous forme de 
petites taches blanchâtres tranchant sur le fond vert-gris de l'épiderme, 
sont disposés sans ordre déterminé. 

Nous n'insisterons pas sur l'excellence du caoutchouc qu'on retire de 
VIntisy. Nous ferons seulement remarquer qu'il esl possible d'accroître 
encore la valeur commerciale de ce produit, soit en évitant les fraudes parle 
mélange de son latex avec des latex de valeur inférieure (Lombiri , Euphorbia 
stenoclada), soit en employant ^r> méthodes de coagulation qui permettent 
de se mettre à l'abri de l'action nuisible des oxydases. Le produit obtenu 
par M. Geay par ce dernier procédé ses! montré bien supérieur au caout- 
chouc recueilli par les indigènes, d'après les analyses que M. Michelin a bien 
voulu taire faire sur notre demande. 

± Ecphorbia La.ro Drake. — Echantillons de rameaux pourvus de 
feuilles (rameaux stériles), de (leur! ou de fruits, recueillis sur les plateaux 
calcaires entre le Fiherana et l'Onilay, où la plante est connue sous le nom 

de Famata ordinaire. 

UEuphorbia Laro, en dehors des caractères donnés par \!. Drake. peut 
se reconnaître facilement aux cannelures longitudinales de sa tige qui, 
avec l'âge, prennent une teinte noire. Les fruits soûl constitués par une 
capsule à trois loges, arrondie, sur laquelle les lignes de suture des car- 
pelles sont marquées par une faible dépression. Le pédoncule des fruits est 
toujours recourbé à angle droit vers sa hase. Les branches stériles, rami- 



— 347 — 

bée* à de courts intervalles, portent des branches secondaires courtes, 
brusquement effilées, pourvues de feuilles alternes, sessiles, ligulées, 
charnues, atteignant 12 millimètres de longueur sur 4 millimètres de 
large. Ces feuilles sont parfois isolées le long des tiges ou à la base des ra- 
meaux , mais le plus souvent groupées à leur extrémité par trois ou quatre. 
Le produit de coagulai ion d\i latex de celle plante est une masse dure, 
résineuse, oullemenl élastique, d'apparence brun clair, noire par place;, 
qui. d'après M. Michelin, •■••si une résine sans intérêl qui, brûlée sur la 
lame de platine, sent très peu le caoutchouc et qui est comparable au Po- 
tatogum du commerce, qui vaut 7.5 francs les 100 kilogrammes». 

3. Euphorbia Geayi nov. sp. — Echantillons de tiges stériles récoltés 
sur les plateaux calcaires entre le Fiherana et l'Onilay. Nom indigène : 
Famalafoti. 

(.eiie Euphorbe, 1res voisine de la précédente, nous paraît cependant 
distincte. Les cannelures de la tige sonl moins nettement accusées que dans 
YEuph. Laro. Les dernières ramifications des tiges parlent toutes à peu près 
du même point et sont constituées par des liges grêles, allongées, ne s'effi- 
lant en pointe que peu à peu. 

Les feuilles qui subsistent uniquement à l'extrémité de, ces branches sont 
sessiles, bgulées, non charnues et, beaucoup plus étroites que dans ['Euph. 
Laro | 1 '1 millimètres de long- sur a millimètres de large an maximum). 

Ces caractères sont 1res voisins de ceux A'Euph. Tirucalli L., comme 
nous avons pu nous en assurer sur les échantillons de l'herbier du Muséum 
et sur les exemplaires cultivés dans les serres. Bâillon a autrefois décrit 
VEuph. Tirucalli comme appartenant à la Mon; de Madagascar. M. Drake a 
depuis montré qu'il lui èlail étranger et, en lait, il n'existe dans l'herbierdu 
Muséum aucun échantillon provenant de notre colonie. Tous sont originaires 
des Comores ou de la côte orientale d'Afrique. 

h. Euphorbia stenoclada Bâillon. Plante portant des fruits , recueillie 

sur les dunes longea;)! la mer entre Tuléar cl la rivière Manomby. où on 
la connaît sous le nom de Famata-boti-botrilcé. 

'■lie espèce, trouvée souvent parles voyageurs (Famala des Sakalaves), 
est facilement reconnaissable a ses tiges rondes, un peu aplaties par 
endroits, portant un grand nombre de rameaux courts, brusquement ter- 
minés en uni' pointe surmontée d'une épine acérée qui a la valeur mor- 
phologique d'une tige transformée. Les tiges, dépourvues de feuilles, oui 
la surface lisse, sans cannelures. 

M. Gea\ a retiré du latex de celte piaule une substance blanchâtre, d'as- 
peci résineux, facilement étirable, mais revenant très lentement à sa pre- 
mière forme. D'après M. Michelin, -elle fond à 70 degrés, renferme peu 
de caoutchouc et, dan les condition-, actuelles de préparation, n'a qu'une 



— 3A8 — 

faillie valeur industrielle et doit être employée par les indigènes pour 
frauder ». 

5. Euphorbia cirsioides no\. sp. — Échantillons rapportés par 
M. Geay à l'état sec el à l'état vivant, actuellement en culture dans les 
serres. 

Celle Euphorbe buissonnanle a un port de chardon très caractéristique. 
Les tiges très fournies el très rameuses sont charnues, à surface lisse, sans 
cannelures comme XEuph. stenoclada. Elles portent une multitude de ra- 
meaux courts, dressés, terminés par une épine caulinaire très acérée. Les 
feuilles sont absentes, mais l'écorce présente de nombreuses expansions en 
foi nie d'ailes, aplaties dans le plan axial, qui relient la tige à ses rameaux 
et qui donnent à l'ensemble l'aspect d'un Cirsium très toulfu. De là le nom 
à' Euphorbia cirsioides que nous proposons pour celte espèce. Les Heurs et 
les fruits sont inconnus. 

Etude anatomiquc des espèces précédentes. Leurs affinités. — Les plantes 
que nous venons d'étudier présentent les plus grandes ressemblances dans 
le port. Toutes sont charnues, vertes, dépourvues de feuilles ou à feuilles 
très réduites et tombant de bonne heure. Elles ont des tiges cylindriques, 
articulées, sauf cependant les deux dernières où la présence d'épines ou 
d'ailes modifie un peu cette apparence. Ces plantes très caractéristiques. 
qui donnent à la région où elles vivent (brousse à Intisy) son aspect spé- 
cial, doivent évidemment leurs ressemblances à l'effet d'un même climat 
chaud et très sec, sans pluie parfois pendant plusieurs années (trois an- 
nées, d'après M. Geay), qui est celui du Sud et du Sud-Ouest de Madagascar. 

Si on examine la structure anatomique, les ressemblances deviennent 
encore plus frappantes et conduisent à ranger tontes ces espèces très près 
les unes des antres dans une même section, celle dont XEuph. Tirucalli 
est le type. Voici quels sont les caractères anatomiques des tiges qui, mieux 
encore que les caractères de port . pourront servir à définir une sous-section 
du groupe Tirucalli (compris»; dans un sens restreint que nous définirons 
ultérieurement) : 

Epiderme dont les cellules toujours cuticularisées sont souvent en voie 
de division par cloisonnement radial; stomates à fente tantôt longitudinale, 
tantôt transversale, formés de deux petites cellules enchâssées dans deux 
cellules épidermiques modifiées en cellules annexes. Chambre Bous-stoma- 
tique parfois assez vaste. Hypoderme formé de cellules plus ou moins 
allongées langenliellemenl. Ecoree comprenant de nombreuses rangées 
de cellules allongées radialement, bourrées de chlorophylle et de grains 
d'amidon ei ayant en gros l'aspect d'un parenchyme en palissade; au 
voisinage du cylindre central, cellules arrondies à amidon sans chloro- 
phylle. Les laticiferes, très abondants dans celle dernière région, sont 
larges, à parois épaissies; on les retrouve dans toute l'écorce et jusque 



— 349 — 

sous l'épidémie, mais ils sont de diamètre plus réduit. L'écorce est éga- 
lement parcourue par de nombreuses libres rameuses, de structure tout à 
fait spéciale et bien caractéristique. En section transversale, elles présentent 
une première membrane cellulosique mince, à l'intérieur de laquelle se 
trouvent de nombreux épaississements concentriques qui obstruent plus 
ou moins complètement la lumière. Bien qu'elles portent les traces d'une 
évolution très avancée, ces fibres sonl toujours très faiblemenl lignifiées. 
On les retrouve isolées dans les régions périphériques et moyennes de 
fécorce et groupées eu pat/nets de plus en plus gros dans la région pro- 
fonde. Le bois et le liber se présentent de très bonne heure en anneaux 
continus. La moelle est formée de cellules grandes, minces, arrondies, lais- 
sant entre elles des méats où se logent des laticifères et souvent aussi des 
fibres de même structure que celles de l'écorce. 

Ces caractères anatomiques bien spéciaux sont connu uns à toutes les 
Euphorbes précédentes. Nous les considérons comme définissant, au point 
de vue anatomique , notre sous-section des Tirucalli. Les variations d'espèce 
à espèce sont aussi très nettes, permettent de les distinguer aussi sûrement 
que les caractères extérieurs et donnent mieux que ces derniers la mesure 
de leurs affinités. C'est ainsi que nous pouvons de suite mettre à part les 
Euphorbia stenocladu et cirsioides qui, tous deux , ont de très nombreuses 
fibres isolées, à la fois dans l'écorce et dans la moelle, alors que les Euph. 
Tirucalli, Laro, Geayi et Inttsy n'en l'enferment que dans l'écorce. UEuph. 
stenoclada et Y Euph. cirsioides se distinguent à leur tour l'un de l'autre à 
leur épiderme : dans le premier, il est formé de cellules hautes, étroites, 
inégalement saillantes, à cuticule très épaisse et grenue à la surface: dans 
la seconde espèce, les cellules épi dermiques sont isodiamétriques , peu 
bombées à l'extérieur, recouvertes d'une cuticule peu épaisse et lisse. 

Le groupe formé par les Euph. Inttsy, Tirucalli, Laro, Geayi est encore 
plus homogène. Toutefois {'Euph. Intisy se reconnaît à son anneau de bois 
fortement lignifié même dans les parties jeunes, à ses stomates situés dans 
de faibles dépressions, ne constituant pas des cannelures longitudinales 
continues, à ses chambres sous-stomatiques réduites et de forme triangu- 
laire en section transversale, enfin à ses cellules épidermiques isodiamé- 
triques et de petite taille. (A ce propos : Fron, /. d. Bol., 1900, p. 167.) 

Dans les Euph. Geayi, Euph. Laro et aussi dans Y Euph. Tirucalli, les 
différences anatomiques deviennent si faibles, qu'il faut avoir recours aux 
caractères extérieurs que nous avons déjà décrits pour les séparer avec 
sûreté. Entre les Euph. Geagiet Tirucalli, l'idendilé anatomique va si loin, 
qu'il est prudent d'attendre de connaître les fleurs et les fruits à'Eùph. 
Geayi avant de se prononcer de façon définitive sur l'existence rétille de 
cette espèce. Si celte dernière piaule était bien un E. Tirucalli, il faudrait 
admettre sa présence dans la flore malgache, ainsi que le faisait Haillon el 
contrairement à l'opinion de M. Drake de! Castillo. 



350 — 



o 
o 



es 



C3 



S 
u 



X 

— . _^ _j! 

- ; ? >- 1 

? ^ ?c ~ c 

^ 'à. c = 



S 

Q 



fej 6q Bq fci 



a 
o 



a es 
! M 



bq faq 



s 



-g p 
•tft _: 



t. 

eu 
-c 

es 
PQ 



s 
— 



«a a 



ta 

M 

«S 



es 

pa 



a 

i 



bs 's -p 



a 
• — » 

es 

ca 



I 



&g feq Ci; Ci; Ki 



-s 

u 

— 
— 



W 

Cl 

CO 

ta 
s: 
RS 
O 

te) 
a» 

ts 
ESI 

ta 
& 

~ 
O 
j". 
►— i 
CO 

& 

2 



O 

H 



H 

H 
/ 
O 

O 



es 

— 



_3 =_ 



H 
O 

a 



« - 

3 B 



a 

M 

c 

o 



" eu 
a> 

3 = 

. — — 
O 

p-, 



eu 



V fei. C 



es C 

5^ 



— 

X 

eu s 



y o -s J. ■« 



a co 



■M i 



> 
o 

- 



ce 



- 
ta 



o 

c 

3 
eu 



o - 

'Zs CS 

Cl, 

H ^ 

3 x 

-- 



— 

r 

t.- es 

o° - 



- 



~ S. 



OU "3 

— 



- 



.-= ~j .g V, 

Ci. — '— 



3 
te 

n 

-_ 
-. 



_= = 



eu C 

■s - 



3! 
es 



g d 

- o 



eu 

C 



<=- 3 

."3 r 

S 
ta 



9 
- 



e 
eu 



eu 

-3 



o 



S 



3 
eu 

ta 



te 



te 



eu • 
o 

-L • 

Gfl 

^- 

i ■- 

te - 

C .3 

-2 « 

"S c- ■ 



c - 

5 rt 

_^ J 

u 

S 3 

c O 
■H *-* 

- - eu 



M 

- 

■- 

• — 
3 
eu 

ta 



-g «J fl 



en Qi 

o — 



eu 

'CD 



- = = 

~ es 3 

't. — 



— 

ce 

I 



■ = 
eu 

ta 



E 



3 

s. 

eu 

3 
O 



— r. 



a 

-3 



eu 



Ci. 



Ji -= Se - 

— i t- — 

. -. i _ — 

1 -~ a 

-3 3 



= 
o 



3 



g 



t. 3 



eu 

-3 

es 
— 



O 

S-, 






O 

CL, 



- 

te °h 

.-- e 

- 



i 

'- i 

H - 



s -^ 

— -2 
^ "S: 



c 



- 



P -C 
es • ~ 



. — «c 

~ '- 
X g- 





i 






~ 




i 








^ 


e 
— 


- 


r 




- 






■- 


3 


1 


O 


ta 





l'I 'Il IIW'1,1 •] 



— 351 — 






rz 

=3 



« -2 









O 






























u 


es 






o 


aa 




















c 


r 

"o 

sa 

s 

•-— 

5 


£2 


es 
-3 


es 


:s 




a 


c 
y. 


o 


2 


•- 
o 
os 


S 


o 


r~ 








Eq i) t; i; 



aa 



nq 



d 

se 






O 



aa 



5 
aa 



c 
-2 

aa 



ea 









- 

© 



es 

aa 

K 



o 



O d 



fe5 



— 1 


c 


es 


CB 


aa 


> 


. 


3 


M 


QQ 




41 


U 


te 

es 


X 


O-, 


A, 




S^ 


C 






• 


O 



6q 



X 



- 
G) 

B 
« 



O 

3_ 
c 



CO w 



EH 
6C 



X 

"o 



« ; 
'- 3 



I 
X 



I 
eo 



3 
Cl 



= ' S 



.go 

S 

3 
C 



ci 
I 

X 

o 
I 

-3 1 



CD O 

i i « 



« se d 



3 OS 



'© 

— i 

C 
C 

s 

t. 
3 






co 






es 



3 3 



ce 

I 

« ci 



d 

es 



3 
O 



3 
O 



cj vz s? 









I 

oo 



o 

fa 



CI 

X 



3 
© 

fa 



Ci 

a- 



_3 



3 
Cl 



-a 
o 



3 

fa 



"3' 

c 
«s 

te 



2 X 

1 o 

o - 



d Si 



.3 o 

-CI 



s-, 

S d 

- Π

s a, 

C 

2 o 
= là 

'= 1 



< S 
s 



d o 

S 3 



3 v 
-« " " 

-2.2°? 

■a 5-^r 

o 

fa 



en ~> 

3 » 
O 



g, 

s 

Se 



o 



3 
O 



3 
O 
■— 
es 
Oh 



c 
o 

• — • 

s. 

C3 



C 

a 

>■ 



c 

te 

es 

Oh 









-b 






= 5 

6'i 



g en 



DO 

5 

5b 

a 
© 



» CD W I r/- 

co w : — — Efi - 

c> ~ ~ o r~ _~ 

Sp.3 g & S S 

~~.- O - /. 



X! 

3 
O 

O 



Oh 



~~ J 3 ~ 

- -5 ~ 



© 

-3 




3 
to 

c 

s 

es 



I 3 



U 
3 
en 



'«5 

.2 



a 



~s 



3 
Cl 

fa 



•saaKuvii3 NON SaXNVld 
ixnaNon SNOSsma no saisnauv 'sauauy -j[ 



— 352 — 







. 


à 

© 






ci 


. 




g 


c 


_• 














o 






o 




5 


g 


t.' 


°3 


"3 

pq 


t~ 


d 




cb 


c 
_© 


'3 

es 


*3 

es 


■ 

& 


'es 


ce 


PQ 


= 




,5 




— 


' n 




>— ^ 


*ï* 


=0 


a 


B 


■J 


CB 

PQ 


pq 


« 


sa 


33 


oc 


: ~ 


C? 






g 










03 


o 




■* * 


~^ 


"T*> 


s 


• 2 




ï: 


,«c 


r« 


je 


s 


s. 
u 


c 

"S 

o 

s 


S 
eu 


a 


ï 


1, 


1 




•5 
o 






£ 

£ 

& 

« 



ca w w 



bj 



ta Ea 



&3 feq 



-a 



a 

= 



r- r= -= s « 



3 


i 


• 


— 


ce 


"~" 


• 


^ 


«O 


ce 


• 


~ 


-s 

a. 


- 


ce 

V 
ce 


E 

O 




' - 


3 


<A 


te 


ce 
- 


3 


r 

ce 


V 


V 


"ce 


.% 


X 

o 


ce 

- 

CB 
V. 


en 

o 


5. 

a 

c 


o 






2» 






ce 




~^- 




tu 

-3 


© 


ce 


B 




Cfi 


S 


S 


te 
c 


a 


'3 


o 

te 


© 


' 5 


0) 






- 


b 






ta 



CI 



u 

o 



Ce -*^ t^ 

= C -«) 






Oh 



I ,« J | 

2 o S 

r- C Vi 

c 

l ; ia S.l S 
■ - S -g B 

- — • I» S >* 

* c: s a. ° 
S — ' t., O ' r „ 

SPff - S-vi 

.£ © = — 

e=3 ^^ X'S 

$ § £ g.lx» 

•g |» -g J i» w 

ta ta 



= S s 

CD <j} 

^ ••— en 

ce o 

■* I 

o .S: « 

S na «s 

J*S - 

a tu 



■ 



r 
O 

ce 
ce 



£ "3 
O ce 

-O C 

3 S 

es ~ 

■s. 

ce tu 

tu «- 

© "3 

"5. S 

o " 
- S 
«■ ^ 

S <U 






3 °- 
£ £ 

ta ."2 

«S 



Eh 



•y. « 

o "3 "3 

t. t- 

= = O 

> C. -C 



eu 



r= tu 

3 C 



t- 



q 



•e os 

te ci 

x • — ' 

a s 

3 ? 

u — 

.- S» 



* » M 

c es c 
jo -ej _o 

o 



tu ES 

■- »S C 

CL, i ~; .3 

t. 3 S °- 

3 
tu 



= *3 

c r, 



S -^ tu ^ -3 

Œ C "3 c £ C 
d s> tu 3 



es 



lT5 



0O 



r 
tu 
Et, 



3 »^- 

tu tu 



te 

3 

o 



fc. _ "° 

| g..a 



tu ~5 

E.5- 

3> 



C 
O 



o 
"3 



te o> 
,-3 

s ^ 

Cï~ tu 

'te 3 

s" a 



e>" tu 



te 
■— 



— 



tu tu 

_ CSh 



Us 



s'a 

c 
c. oo 

tu ' 
s- s-O 

o - 



a -1-5 



c^ 



-3 s»,— -s 

*■» ^ e* »« 



tu 

fc- 



~ O 

te eu 

c eu 
3T es 

"3>E 

tu 
ta 



•y. «a 

= s 

■= 'ï 

tu 

ta 



CCI 

tu 



« b. 

o-, =« 



c 
os 



£ S 



se te 

CB tu 

es .'=. 



o a o 



CB 

u 
•Q 



= 

o 



» 

^ • 2 
"^ o 
ce R. 

— » 

3 

tu 
ta 



■s -~ 

c S 

:= ,s 

'- S 

tu ^~. 
o 






":V-2î 



-s» H 



S 5 ? --t. 

Èb"| s S 

■/, -~ .- Zl 

4> q» m m 

_ -s; ■**- 
Cl, 



: ==" 
= 5 ~ 

H I 

*•« I 

œ i ; 

cv ; s. 

~ c x 

3 ~-S 
c- t. *■ 

x 5 



ixn:i\!in snossma oo saisauiiv 'sautmy -|| 



— 



— 

1 



353 















eu 

S 



s 



va, 

*4> 



CE 

> 



C. 



"H, 'S» 






ca fei te 



=q 



-S 



es 

a 

tu 






&S 



B 



0> 
es 

E. 

Q 
5 



eu 

es 

— 

a 

s 
S» 






Cî3 



c 
o 



CS 

— 



u 

S 



tel 



cs 



O 



33 

.S 



&q 



eu 



es 
C 
C 

o 

ej 

O) 

- 

"S 
s 



'CD 

-C 
Cl 

o 

s 



-eu 
CL, 



eu 
.S 



3 



â 5 

O 



X 



3 l3 



o 

_3 

O 

;> 

c 

• -H 

-« 

SBD 
O) 

.5 ^z 
% '3 

-3 .a- 1 



* eu i „• 

8 g» S - 
■a, £ £ x 



■— 

=3 


3 
C 


X 
V 

eu 


1 


O 

> 






= 


c 


■*J 


_C3 


S 


»lH 


c 


•S 


















s 


KB 


eu 
-3 


c 


n 






eu 


je 


t. 


-eu 
>-> 


5 






es 




es 


"B 


Ci 


U 



eu 

te 


3 








6o 






c-. 










eu 




1 












. *-# 


-; 


— 




eu 


S 


O 




fc 




'_ 


«5 
















r3 Q- 








3 








eu "35 








Ci, > 








-O) 








-3 









eu 

S 



o 






es 



Cl. 
es 



-O) 

s» 



60 



es 
*3 



ta 

— 

es 



n 
o 



3 



== = 

O) O 

r-r. u 



8 



o 
eu 



eu 

v eu 



O 

3 



eu 

60 



eu 
-3 



eu 

— 



eu 

*eu 



eu 



B 

o 



3 
60 






eu 

3 
3" 

- 
t- 

a- 

eu 

60 



S "X -O) .3° 

.2= S, « re 



•"3 2- 

6=-5 



s S- 



eu 
T3 

S 
cs 

"C 

-3 
co 

C 

o 



3 
60 



eu 

b 

CS 

*3 

es 
w 



.3 

o 
Cl, 

£ g 

- «J O, 
3 -o) 

.2 a 



3 

60 



S 

eu 



-8IQHHTB0 SSIWM 'sastlMNIcIS S39IJ, |[J 



354 — 



es 

u 



E 



eu 

es 

u 

Q 



o 

es 

— 

o 



5 e» 



c 

Q 



-§ -1 "S 
§ î § 



'*" -ii fc3 b2 



eu 

es 

s- 



CS 
O 



O 






eu 

CS 






o 
s 

>-5 



o 

_<: 
CE 

S. 






eu 

-a! 

es 

ta 









ta 



eu 
eo 

(a 

O 



C*3 b3 



eu 

~3 



ce 

>-> 

o 



a 

eo 



vu 






C 

30 



eu 

-3 



3 









3 
o 



3 
"S 



2 



"S C 
eu 

g 5 

GO c~ 

CU </> 

r _= 



o -2 .g 



•3 
c 



te 

eu 






'o 

» 
o 

eu 



t- 
— ■ 



S 

o 
= 



eu eu 
Q- o 

m S 

s- e 



eu 



f 



- 
eu 

J-5 



ce en 

eu eu 

•J *cu 

C '• • 

es O . 

•s a-, . 

c .2 . 

o -a 

M 
a • 

<r. « s 

£ % S 
s .2 



eu 



es 

£ 



— - — 



Sa 






3 



es 



es E 

— eu 

> 

e2 .3 



B 






C/3 



s 

eu 



c £ ~ - — 

es o --<«; 

-3 



eu 



u 
- 



3 



es 



a 

u 
eu 



3 

.- Et, 



= — 



< I 

ce . --« eu 

C C i 

, te 3 

= — _^ 

es H 

S s g 



ta 



eu 
eu 
© 
eu 

- 
Cu 

C 
o 



'eu 



es 



- *s — i. eu 



3 
es 



es 



"- 



H «& 



w i s- . 

a g, g s 

t_ B ° o 



= s. 



en » 



Si 



•sasaaKiciH kom 'sM.is.uvna saoi^ -\] 



— 355 — 
Extrait 

D'ONB \<)TICE GÉOLOGIQUE ET PâlÉONTOLOGIQVE SUR LE CERCLE 1) ' AsALALAYA 

( Madagascar), 

ADRESSÉE ! .1/. LE PROFESSEUR BoDLE , 
PAR M. LE CAPITAINE CoLCANAP M. 

Le cercle d'Analalava situé sur la côte Nord-Ouest de Madagascar, entre 
la province de Nossi-Bé au Nord, celle de Majunga au Sud, et la province 
de Mandrilsara à l'Est, a déjà éveillé l'attention des géologues, des paléon- 
tologistes et des minéralogistes. 

M. Last, le B. Baron et M. Bastard y ont recueilli de nombreux restes de 
Dinosauriens du Jurassique. M. Lacroix a étudié les roches du Nord du 
cercle recueillis par M. Vuilliaume aux environs d'Ankaramy et de la baie 
des Deux-Sœurs ' . 

Au point de vue géologique, le cercle d'Analalava comprend deux ré- 
gions bien distinctes : 

i° Une région montagneuse, à l'Est, faisant partie du massif cristallin 
de l'île, et qui comprend la circonscription administrative de Béalalana. 

2° I ne région de plaines, s'étendant depuis le pied de la chaîne cristal- 
line jusqu'à la mer; cette région, formée de terrains secondaires, est exlrê- 
ment accidentée et souvent bouleversée parla venue au jour de nombreuses 
roches éruptives; elle comprend ies circonscriptions administratives de 
Maromandia, d'Analalava, d'Antsohihy et d'Antonibé. 

Les terrains archéens occupent à peine le cinquième de la superficie du 
cercle et les terrains sédimentaires de 1ère secondaire presque les quatre 
cinquièmes; enfin une faible étendue est couverte par des terrains ter- 
tiaires. 

On sait que le massif cristallin de l'île se termine toujours vers l'Ouest 
par de grands escarpements, des murailles à pic; le fait est frappant dans 
la région qui nous occupe. 

Un voyageur qui remonte la vallée du Maivorano voit, en arrivant vers les 
villages d'Andranofeda ou d'Ambaliha, se dresser devant lui une première 
ligne de hauteurs de 4oo à 600 mètres, composées de gneiss et de gra- 

"' Le Laboratoire de Paléontologie a reçu en 190/i d'importants envois de fos- 
sile du capitaine Colcanap, de l'infanterie coloniale; ils étaient accompagnés d'une 
notice dont il nous a paru important de publier quelques extraits. M. Thevenin 
s'est occupé des fossiles crétacés, M. Paul Lemoine des invertébrés jurassiques , 
M. Robert Douvillé dos Nummuliles. C'est à eux que sont dues les notes infra- 
paginales qui accompagnent cette notice en la précisant (M. Boule). 

' Lacroix (A.), Les Rocbes alcalines de la province d'Ampasindava ( \011r. Arch. 
du Muséum, h' série, t. IV, p. 1-12& , pi. I à X, et t. V, p. 1 71-254 , pi. VII 
à XIV). 



— 356 — 

nite. qui se prolongent vers le Nord sur la rive droite du Mahévahinja , et 
vers le Sud par Bétaïnomby et Andengodroé; c'est le premier gradin de 
la muraille Ouest du massif cristallin. 

En arrière de cette première ligne de hauteurs coule, dans une profonde 
coupure aux murailles à pic , la Maévahinja ; sur la rive gauche de cette 
rivière, la muraille gneissique remonte d'un seul jet à 1.000 ou 
1,200 mètres. En arrière encore, existe une deuxième coupure, celle du 
Sandrakota, parallèle à la première, et présentant les mêmes caractéris- 
tiques : murailles gneissiques à pic de plusieurs centaines de mètres de 
hauteur, présence de nombreuses roches granitiques, aussi bien dans 
la partie supérieure que dans la partie inférieure de la rivière. 

Massif cristallin. 

Je n'ai rencontré jusqu'ici dans le secteur de Bealalana que des roches 
gneissiques; je n'ose y affirmer la présence de micaschistes. Les cipolins 
sont inconnus dans la région. La magnétite est fréquente au milieu de 
ces roches, mais elle se présente toujours en petite quantité. Toutes ces 
collines gneissiques, aux contours arrondis, sont couvertes d'un épais 
manteau rouge résultant de leur décomposition ; sur leurs sommets et leurs 
lianes, on aperçoit souvent des blocs ou des amoncellements de roches 
granitiques affectant la décomposition en forme de houles. 

Roches éruptin es, 

Granités. — Au milieu des gneiss, les traversant de toutes paris, on ren- 
contre de nombreuses variétés de granités, gris, roses, à grain plus ou 
moins fin; quelques-unes donneraient des matériaux de construction de 
toute beauté. 

Ces granités sont extrêmement répandus sur toute la bordure Ouest du 
massif cristallin. Dans le cercle d'Analalava, ils constituent la plus grande 
partie de la ligne des hauteurs courant sur la rive droite du Maévahinja, 
Ion le la région montagneuse comprise dans le triangle Bélaïnomby-lrony- 
Andengodroé, au Sud du Maïvorano; on les retrouve plus au Sud à 
Belangerina,avec des avancées jusqu'au village d'Ampomolra ; à Anjalajala; 
puis au Sud de l'Antsinjomorona, dans les lignes de hauteurs où la Doroa 
et ses affluents de droite viennent prendre leur source. 

Dans les environs de Bétaïnomby, j'ai recueilli, au milieu des granités, 
des pegniatites remarquables par la grandeur des éléments qui les com- 
posent. 

Syénites, — Les syénites couvrent, dans le cercle d'Analalava, à peu près 
tout le Nord du secteur de Maromandia, où leurs allleurements forment 
des chaînons sensiblement parallèles au grand axe île, l'Ile. La limite Sud de 



357 



W 

Vasy-M 

■ * ANAL'ALA^Â ® 




Esquisse des environs d'Analalava. 
Échelle : î/i.soo.ooo". 



— 358 — 

ces affleurements syéniliques est marquée par le cours de l'Andranomalaza, 
d'Ambinony à Maromandia. 

J'ai encore retrouvé des syéniles au pic Méninakoha , au Sud de Bejofo; 
puis en plusieurs points de la vallée du Sandrakota : à l'endroit où passe 
la route de Bejofo à Béalalana. et à 5 ou 6 kilomètres du confluent de 
celte rivière et du Maivorano. 

Basaltes. — Les basaltes sont dès répandus dans le cercle d'Analalava; 
je les ai vus dans le secteur de Béalalana, et dans le .Nord du secteur de 
.Maromandia. 

Ces roches recouvrent encore toute la partie de la presqu'île d'Ankarafa 
située à l'Ouest de la rivière Anjango. Au Sud de la Loza, on les retrouve 
dans toute la région située à l'Ouest de la ligne de collines marquée par le 
Marotaolana, l'Ambohi-Nangy, l'Ankaramybé et le Manasa-Mody; en ce 
dernier point, la muraille basaltique, absolument à pic, domine de plus 
de 4oo mètres la plaine où coule la Sofia. A deux ou trois kilomètres an 
Nord d'Anlonibé, et par conséquent à l'Ouest de la haie de Narinda, on 
observe des basaltes à olivine: au même endroit, on rencontre aussi des 
laves celluleuses. 

Près de Bejofo, au village d'Ambatomaïnty, j'ai ramassé des laves cel- 
luleuses et légères. Enfin, au village de Katsary, sur la rivière Manonga- 
rivo, on trouve des obsidiennes. 

L'activité volcanique , éteinte depuis longtemps dans le cercle d'Analalava , 
n \ a laissé comme dernières manifestations que deux sources d'eau chaude 
(Ranamafana des indigènes): l'une se trouve dans la presqu'île Radama, 
la deuxième . très sulfureuse, à quelques heures a l'Esl île Bejofo, en plein 
massif cristallin. 

Il est assez difficile de déterminer l'âge de ces roches éruptives. Elles 
traversent le Crétacé inférieur, et la nappe de basalte recouvre ce terrain 
en plusieurs endroits, notamment dans la presqu'île d'Ankarafa et au Sud 
de la Loza. 

Trachytes. — Une nappe continue de trachytes recouvre sur presque 
toute sa largeur la péninsule < juï sépare les haies d'Ampasindava et de 15a- 
dama : on retrouve ces mêmes trachj tes blancs en certains points de la baie 
de Radama : à l'embouchure de l'Ambatsivikina, à deux heures au Nord de 
Maromandia, cl sur la route de Mahilsihazo à Maromandia, où ils se pre'- 
sentenl -mis forme de blocs énormes, provenant d'un mamelon très carac- 
térisque situé à quelques centaines de mètres à l'Est du chemin. 

Cette roche foi nie un barrage dangereux dans le lit de l'Andranomalaza, 
au pied de r ingoromy. 



— 359 



TERRAINS SEDIMENTA1RES. 



TERRAINS SECONDAIRES. 



Trias. — Si le Primaire parait faire entièrement défaut dans le cercle, 
les terrains secondaires, en revanche, y sont largement représentés. Au 
pied du massif cristallin, et reposant directement sur les gneiss, on ren- 
contre des formations composées de grès et de schistes. Les grès sont 
blancs ou hlancs jaunâtres, et à grain assez fin: les schistes sont gris 
bleuâtres et assez fissiles. Grès et schistes paraissent stériles ; à part quelques 
débris végétaux, je n'ai pu y découvrir aucun fossile. 

Ces formations s'étendent peu vers l'Ouest, à 10 ou 20 kilomètres au 
maximum. Le calcaire fait défaut au milieu de ces terrains généralement 
attribués au Trias. 

Jurassique. — La découverte de nombreux gisements fossilifères a per- 
mis de fixer avec assez de précision les limites du Jurassique dans le cercle. 
La limite Est de ces dépôts serait jalonnée par les points suivants : Manon- 
garivo, Ambinamy, au confinent de l'Ankingafohy et de l'Andranomalaza; 
Andranofeda, sur le Maivorano; Irony; Maroadabo ; de là elle descend droit 
au Sud pour aboutir à la Sofia, à l'Est de .Maroala. 

\ers l'Ouest, le Jurassique se retrouve dans la baie d'Ambavatobv, aux 
••n virons d'Ankaramy, à Maromandia, à Mahitsihazo, à Andranosamonta, 
puis aboutit à la Loza, près d'Ambendra; il continue ensuite au Sud de 
la Loza en suivant le pied des hauteurs bordant à l'Ouest le bassin de la 
Loza et de la Doroa. 

\u milieu de ces formations jurassiques composées de schistes et de grès , 
il faut signaler une montagne calcaire, l'Angoromy, de 654 mètres d'alti- 
tude, située à deux heures à l'Est de Maromandia. 

Cette formation parait se prolonger jusqu'à la route de Manongarivo à 
Brjofo, car on rencontre, en suivant cette route, des collines calcaires 
qui se terminent brusquement sous forme d'éboulements chaotiques. A 
l'Angoromy, les calcaires sont blancs-jaunâtres ou bleuâtres; le grain est 
très fin, la roche très dure; certains échantillons ont une texture ooli- 
tliiqui'. 

Les roches de l'Angoromy et des environs d'Ankaramy sont exploitées 
pour la fabrication de la chaux. 

Gisements fossilifères. — A Maromandia, j'ai trouvé de nombreuses Am- 
monites, des Bélemnites, des Pihynchonelles, des Trigonies, des Térébratules, 

Muséum. — xi. 2 h 



— 360 — 

des Huîtres (l) ; à l'embouchure de la rivière Ambalsivikina, à deux heures- 
au Nord de Maromandia, diverses Ammonites . 

\ Indranosamonta et aux environs de ce village, on trouve plusieurs ni- 
veaux fossilifères : 

i° Tout à fait à la base, et visibles seulement à marée basse, on trouve 
des schistes noirs avec intercalations de plaques de grès épaisses de 5 à b* 
centimètres au plus; ce sont ces schistes et grès qui constituent le niveau 
inférieur (S) . 

2° Le niveau moven est constitué par des argiles schisteuses surmontées 
d'argiles et de matériaux détritiques : sables grossiers mélangés de débris 
de grès. Les fossiles indiqués comme provenant du chemin Lecreux sont 
également de ce niveau; mais ils ont été ramassés dans une tranchée creusée 
au milieu d'un terrain détritique qui ne doit pas faire partie des assises 
régulières en place de la région. 

Au-dessus de ces argiles (4) , on trouve des grès jaunâtres, puis, tout à 
fait au sommet des collines, à environ 120 mètres, des grès rouges; ces 
divers grès ne renferment pas de fossiles, sauf quelques traces de végé- 
taux. 

Lorsque l'on quitte Andranosamonla pour se diriger à l'Est, vers Béfo- 
taka, le chemin monte d'abord doucement, puis rencontre à 2 kilomètres 
ou 2 kilom. 5oo un éboulis de blocs et de plaques de grès. Cette muraille 
gréseuse se continue à droite e! à gauche de la route. En cet endroit, j'ai 
recueilli une série de plaquettes de grès couvertes de fossiles. 

La route monte ensuite jusqu'au sommet de la colline, à 1 20 mètres envi- 
ron, en ne rencontrant plus que des sables jaunâtres, puis des grès blancs 
friables; sur le sommet de la formation, on trouve, par places, des lambeaux 
de grès rouges pétris de fossiles (5) . 

On rencontre les mêmes formations quand on descend le versant orien- 
tal de la collline pour arriver dans la plaine argileuse qui s'étend jusqu'à 
Béfotaka, sur le Maivorano. 

Les coupes de terrains des environs de Mahitsihazo ou de Maromandia 

(1) Callovien : Reineckia Reissi Steinm (= R. aneeps. Waagen I. PhyUoeera» cf. 
mediterraneum.Nev.vn. Perisphinete» indicus Siémid. /'. balineruis Neumayr. P. Jluc- 
tuosut Pralt. Macrocephalites Maya Sow. , Atpidocerat sp. etc. (P. L.) 
Séquanien-Kimeridgien : Peritphinctes sp. Macrocephalite». (P.L.) 
Séquanien-Kimeridgien : Hecticocmm Kobelli Oppel, ] > iris]>liinctes sp. Ma- 
crocephalites sp. Belemnitet tangameruis Futterer, Beïemnites sp. (P. L.). 

M. Colcanap a méconnu, en ce point, l'existence d'une faille, de telle sorti' 

que les terrains qu'il a observés au sommet sont, en réalité, inférieurs à ceux qu'il 

a observés à la base. Ils appartiennent au Batbonien el contiennent les fossiles dé- 

crits par Newton : Corbula pccttmta J. de G. Sow.. Attarte Baroru Newton, etc. 

Le Callovien manque complètement aux environs d'Andranosamonta. (P.L.) 

M Ces fossiles, surtout des lamellibranbres, paraissent nouveaux [Mytilui, etc.). 



— 361 — 

ne présenteraient pas de différences avec celles d' Andranosamonta ; les 
mêmes formations s'étendent donc parallèlement à la mer. 

J'ai retrouvé, sur la rive gauche de la Doroa, entre Ankaramy-bé et 
Bétomendry, les formations jurassiques présentant les mêmes caractères 
qu'à Andranosamonta; les argiles schisteuses renferment également du 
gypse en plaquettes. Des ammonites et de nombreuses Bélemnites ont été 
recueillies en cet endroit (1) . 

Dinosauriens. — J'ai recueilli de nombreux ossements dans la plaine 
argileuse qui s'étend entre Andranosamonta et Béfotaka: un os Ion;;, 
mesurant 1 m. 35 . n'a échappé aux précédentes recherches que parce 
qu'il était presque entièrement enterre 

\ Vnkinganivalaka , au Sud d'Ambodimadiro, par conséquent sur les 
bords du Maivorano , j'ai trouvé également des restes de Dinosauriens. Une 
dent provient aussi du même endroit. 

\ Antsaonjo, à une heure à l'Ouest d'Antsohihy, sur les bords de la 
Loua, j'ai découvert de nombreux débris d'un autre Dinosaurien (2) . 

Crétacé. — Les terrains crétacés forment, à l'Ouest du Jurassique, une 
bande parallèle à celui-ci. Depuis Antonibé jusqu'à la Sofia , la limiteOuest 
des formations crétacées est tracée par la ligne de hauteurs où prennent 
naissance les affluents de droite de la Tsiribihy. Les terrains situés à 
l'Ouest de ces collines paraissent appartenir au Tertiaire, comme nous 
le verrons plus loin. 

I ii important gisement fossilifère du Crétacé inférieur existe dans la 
presqu'île d'Ankarafa, entre Bérambo et Andaveno, dans des grès ver- 
dâtres (3) . 

Au sommet des collines gréseuses qui bordent à l'Ouest le chemin d'Ana- 
lalava à Andranosamonta, j'ai trouvé des débris de Crioccras (4) de grande 
taille. 

Les terrains situés à l'Ouest de la rivière Anjango sont couverts d'une 
nappe de laves basaltiques qui empêche toute observation, mais au Ma- 
nassa-Mody, au Sud de la Loza, j'ai trouvé également des fossiles (,) . Les 

(1) Jurassique tout ;'i fait supérieur : Duvalia, Bélemnites, Hoplites. (B. L.) 

(2) Tous les ossements de ces divers gisements, parmi lesquels de nombreuses 
vertèbres, deux humérus, un pubis, deux rV-murs, un péroné et de nombreux 
fragments de radius, de cubitus et de tibia, ont appartenu à un grand Sauropode, 
Bothrioxpandjilus incida^ascarien.iis Lyd. 

< 3 ' Albien supérieur : Phylloceras Yrllrdœ d'Orb. , Schlœ'ifmchia acutorinata 
Shum. (= S. cf. [ioissiji d'Orb.), S. Buarquiana Wliil. | = S. cl'. Mirapeîi d'Orb.). 
Desmoceras cf. plamtln tu m , Sow. , Desmoeeras Hrudaiiti , d'( Irb. , Nautilus Bouchard* , 
d'Orb., StraparoUus Martini d'Orb., etc. (A. Th.). 

(4 ) Criocevas cf. Dmali d'Orb. du Barrémien (A. Th.). 

(5 ' Albien : Acanthocerat mamillare Srblot., Desmiceras Beudanli (A. Th.). 



— 362 — 

terrains du Sud de la Loza, à l'Ouest de la ligne de hauteurs qui s'étend 
depuis le Ballon Loza au Nord jusqu'au Manasa-Mody au Sud, présentent 
les mêmes caractères que ceux de la presqu'île d'Ankarafa : mais Les hasaltes 
qui couvrent le pays tendent les observations fort difficiles. 

Tertiaire. — Divers auteurs ont signalé le Tertiaire à Nossi-hé et dans 
l'ilot d'Anosv-Faly, où il est représenté par des calcaires à Nummulites. 
J'ai pu constater que les mêmes formations nummulitiques existaient à 
Nosv-Lava et à Nosy-Soi, en face d'Analalava (l \ ainsi qu'à l'ilot d'Anta- 
n\iuora (î) , à l'extrémité Nord de la presqu'île Radama. 

w Lutétien : Numm. biarritzensis d'Arch. ; F. Carleri d'Arch. Orthophragmina 
nov. sp. (R. D.). 



M 



L'ilot d'Antanymora paraît être identique à celui d'Anosyfaly (P. L.). 




Pages. 

Armand Billard. Hydroïdes récoltés par M. Seurat aux îles Gambier 33 1 

C. Phisai.ix. Sur la présence du venin dans les œufs de Vipère 335 

E. Boman. Deux Stipa de l' Amérique du Sud développant de l'acide cyan- 

hydrique 3^7 

Otto Stapf. Liste des Graminées de la Haute-Guinée, récoltées par M. Po- 

béguin 343 

J. Costaxtin et I. Gallaud. Note sur quelques Euphorbes nouvelles ou peu 
connues de la région du Sud-Ouest de Madagascar, rapportées par 
M. Geay 345 

— Tableau synoptique des Euphorbes de Madagascar 35o 

Capitaine Colcanap. Extrait d'une .Notice géologique et paléontologique sur 

le cercle d'Analalava (Madagascar) adressée à M. le Professeur Boule. 355 



MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE 



BULLETIN 



DU 



MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE 



ANNEE 1905 

N° 6 



PARIS 

IMPRIMERIE NATIONALE 



MDCCCCV 



SOMMAIRE. 



Pages. 

Actes officiels. Nominations. Décès 363 

Correspondance. Dons. Présentation d'/mvrage 365 

K.-T. Hamv. Le crâne de fclétreviÛe ( Eure) 368 

<;. Gbandidibr et M. Nevrd-Lbmaibb. Description d'une nouvelle espèce de 

Tatou, type d'un genre nouVeau | Tolypoïdes bicinctus) 370 

\. Menegai a el C.-E. HeixMATn. Études des espèces critiques et des types 
du groupe des Passereaux trachéophones de l'Amérique tropicale, 

appartenant aux collections du Muséum : >7-.' 

\. Mebegaux. Sur la présence de l'Okapi au Bahr-el-Gaial 38 J 

— Sur la présence «lu Paradoxurus larvatus Temm. et tle Frits Temtnincki 

\ i;[. et Horsf. au Tonkin " 38Û 

R. Authoht. Note préliminaire sur les attitudes et les caractères d'adapta- 
tion des Édentés de la famille des Bradypodidae 385 

P. Lesne. Un Cléride saharien nouveau (OpUo deeertorum nov. sp.) 388 

M. Pic. E numération des Longiconies recueilli- en \-ie par M. de Morgan. .'!<»<> 

6. Nor.iLi. Diagnoses préliminaires de 3A espèces et variétés nouvelles, el 

de 3 genres nouveaux de Décapodes de la Mer Rouge 3û3 

Max Hagedobn. Enumeratio Scolytidarum e Guyana, Venezuela et Golumliia 

nataruni Musei historico-naturalis Parisioruin iia 

J.-G. de M an. Note sur Cailianassa Filholi A. M.-Edw &16 

G. Pobtevix. Troisième note sur les Sylphides du Muséum 4l8 

K. Roubaud. Les Mouka-Fouhi, Simulies nouvelles de Madagascar 'ia4 

Edoiard Ventbillon. Gulicides nouveaux de Madagascar 'i°7 

L. .Iocbin. Note préliminaire sur les Némertiens recueillis par l'expédition 

antarctique française du D r Cliarcot ''3i 

C11. Gravier. Sur deux types nouveaux de Téréielliens 437 

— Sur deux types nouveaux de Serpuliens 445 

— Sur les Annélides Polychètes de la Mer Rouge ''•">' 

Lotis Rodle. Notice préliminaire sur les IVnnalulides recueillies par le 

Travailleur et le Talisman dans l'Océan Atlantique 454 

R. Koehlkb. Éeliinides, Stellérides et Ophiures recueillis par MM. Bonnier 

et Pérez dans la Mer Rouge &58 

— Note préliminaire sur les Échinodermes recueillis par l'expédition an- 
tarctique française *6fl 



( Voir la «wtte i la page 3 de lu couverture.) 



B U L L É T I N 



DU 



MUSÉUM D'HISTOIRE NATURELLE. 



ANNEE 1905. — N° 6. 

NEW YORK 
«+q BOTAN1CAL 

QARDBN. 

85 e réunion des naturalistes du muséum. 

28 NOVEMBRE ÎQOÔ. 



PRESIDENCE DE M. EDMOND PERRIER, 

DIRECTEUR I>U MUSEUM. 



M. le Président dépose sur le bureau le fascicule du Bulletin 
pour l'année 1905, contenant les communications faites dans la 
réunion du 27 juin 1905. 

Par décret du 8 septembre ioo5, le laboratoire colonial de 
l'Ecole des Hautes Etudes près te Muséum d'histoire naturelle a été 
réorganisé. 

Dans sa délibération du 26 octobre 1905, l'Assemble'e des Pro- 
fesseurs du Muséum a décidé de confier une mission gratuite dans 
l'Inde à M. Paul Ledieu, qui se propose de recueillir des collections 
pour l'établissement. 

M. Dantan (Jean-Louis-Edouard), préparateur d'Anatomie com- 
parée au Muséum, est chargé, pour une période de trois ans, à 
dater du 16 octobre 1905, par le Gouvernement persan, de rensei- 
gnement des sciences naturelles à Téhéran. 

Le ik novembre 1905, Sa Majesté le Roi de Portugal visite le 
Muséum d'histoire naturelle et assiste, dans le grand amphithéâtre 

Ml SÉLM. XI. 25 

>- 



— 364 — 

de cet établissement, à cinq conférences d'actualités scientifiques 
faites par MM. II. Becquerel, A. Lacroix. Lipphann et Moissan, 
membres de L'Institut, el Madame Curie, professeur. 

Par arrêté ministériel du 3i août îgoô, M. Mansion (Jules- 
Aimé- Alexandre) a été nommé préparateur de Pathologie comparée 
au Muséum, en remplacement de M. Crosmer de Varigny, démis- 
sionnaire. 

Par arrêté ministériel du ta octobre 190Ô, M. Fritel (Paul- 

Honoré) a e'te' nomme' préparateur de Minéralogie au Muséum, en 
remplacement de M. Daragon, décédé. 

Par arrêté ministériel du 20 octobre 1905, M. Biers (Paul) a 
été nommé préparateur de Botanique (Classifications el familles 
naturelles des Cryptogames). 

Par arrêté ministériel du 3i octobre i<|o5,M. Bknard (Georges) 
a été nommé préparateur d'Entomologie au Muséum, en remplace- 
ment de M. Martin, décédé. 

Par arrêté ministériel du 3i octobre 1905, M. Demoussv (Fran- 
çois-Emile), assistant de la chaire de Physiologie végétale du Mu- 
séum transformée en chaire de Botanique (Classification et familles 
naturelles des Cryptogames) par décret du 3o juin 190/1, est trans- 
féré en la même qualité à la chaire de Physique végétale dudit éta- 
blissement. 

Par arrêté ministériel du 2 novembre 190Ô ont été nommés: 
M. Gallaud (Ernest -Isidore), boursier de stage (2 e année); 
MM. Bierry (Georges-Henri), Brongniart (Marcel-Jean-Désiré). 
Couyat (Jules-Pierre) et Péloirde (Fernand), boursiers de doc- 
torat (2 e année); M. Laurent (Marie-Henri-Armand), boursier 
f ' agrégation (2 e année), el M. Laffite (Jean), boursier de doctoral 
(i re année), près le Muséum d'histoire naturelle, pour l'année iqo5 
1 go6. 

l'ai- arrêté ministériel du 1/1 novembre i»|o.~>, ont été nommes : 
M. le docteur \<;hal\ik. directeur; M. Dubabb, chef des travaux de 



_ 365 — 

Botanique; M. de Romii , chef des travaux de Minéralogie, et M. Tm- 

qi et, préparateur du laboratoire colonial de l'Ecole des Hautes- 
Etudes, près le Muséum d'histoire naturelle. 

Décès. 

M. Daragon (Joseph), préparateur de Minéralogie du Muséum, 
décédé le 1 3 août 1900. 

M. Martin (Joanny), préparateur d'Entomologie au Muséum, dé- 
cède' le '* octobre ujo5. 

M. Oustalet (Emile), professeur de Zoologie (Mammifères et 
Oiseaux) au Muséum, est décédé le a3 octobre 1905, à Saint-Cast 
(Gôtes-du-Nord). 

M. Pierre, correspondant du Muséum, Directeur honoraire du 
Jardin botanique de Saigon, Directeur des travaux de publication 
de la Flore générale de l'Indo-Chine au Muséum, est décédé le 
3o octobre 190Ô, à Paris. 



CORRESPONDANCE. 

Par lettres du 16 août et du 17 octobre 1905, datées de Guen- 
gère (Afrique orientale portugaise), M. Vasse (Guillaume) donne 
des renseignements sur recherches et sur les collections qu'il 
destine au Muséum; il envoie en outre huit rapports et une carte. 



Par lettre du 27 août 1905, datée de Melbourne (Australie), 
M. William H. Nelson donne des renseignements sur le Cercopi- 
thèque patas. 

Par lettre du 12 septembre hjo5, le Président du groupe XVIII 
à l'Exposition universelle de Liège annonce qu'un diplôme d'hon- 
neur a été accordé au Muséum. 



25. 



— 366 — 

Par lettre du •"> septembre 1905, le Ministre de L'Instruction pu- 
blique ries Beaux-Arts et des Cultes transmet un rapport de 
M. Bruwaert, Ministre de France en Uruguay, sur les îles Ilot- 
tantes. 



Par lettre du 27 octobre 1905, M. Grillières, colonel du génie 
eu retraite, à Carcassonne, annonce le décès du lieutenant Gril- 
libres, son fils. 

Par lettre du 18 novembre 1905, datée de Tanger (Maroc), 
M. Bichet (Gaston) annonce l'envoi de douze raisses de collections 
destinées au Muséum. 



Dons : 

Mme Hottot, née Levaillant, 3o, quai du Louvre, à Paris, a lait 
don d'un portrait de son illustre aïeul, le voyageur Lkvaillant. 



Don fait par M. l'abbé Drouard de Lézay. missionnaire aposto- 
lique à kobu (Japon), de magnifiques nids de Guêpes récoltés à 
kobu. 



Don fait par M. A. Mathiaix. chef de la circonscription topo- 
graphique de Fénérive, à Madagascar, de Crocodiles, Caméléons. 
Serpents et Poissons séchés. 

M. Locard (Edmond), docteur en médecine, el Madame Bender, 
sa sœur, ont fait don au Muséum, par acte du 1" juillet 1905, de 
deux collections de Mollusques terrestres, fluvialiles et marins, 
l'une de France, l'autre du Portugal, et d'une bibliothèque com- 
posée de 211 ouvrages traitant de la Malacologie, rassemblés par 
M. Locard (Étienne-Alexandre-Arnould ), en son \i\anl ingénieur 
des Arts et Manufactures. 



M. le l) r Gillot, président de la Société d'histoire naturelle d'Au- 
lun. annonce le décès de M. Hoche (Auguste), correspondant du 



— 367 — 

Muséum, Président honoraire de ladite Société, ami et collabora- 
teur de Renault (Bernard), lequel a légué à notre établissement 
u iir importante et précieuse collection de bois siliciliés, sciés el 
polis, provenant du Gulm et du Permien d'Autun. 



Don fait par M. Guy, Gouverneur des Colonies, d'un Lion, d'un 
(Huit ganté el de Pygargues vivants. 



Don fait à la Ménagerie, par M. le D r J. Decorse, médecin de 
première classe des Colonies, correspondant du Muséum, de deux 
Fennecs vivants. 



Don fait par Mme Séguy, à Orsay, d'un \ne du Poitou. 



Don l'ail par M. Serre (Paul), Consul de France à Batavia, d'un 
Paradoxure vivant. 



Don fait, par M. Redaud, à Boissy-Saint-Léger (Seine-et-Oise), 
(\'wne femelle de Gazelle dorcas. 



Don fait par M" r le Duc d'Orléans d'un Ours blanc et (Tune Pa- 
gophile blanche vivants. 

Don l'ail par M. le lieutenant Breil, de l'artillerie coloniale, d'un 
Lion vivant. 



Don l'ail par M. Ballabet, capitaine du génie, à Kayes (Soudan 
français), d'une Lionne vivante. 



M. <i. Ramond présente, au nom de MM. Aug. Dollot, P. God- 
billk el au -mm. un travail inséré dans les Mémoires (in- U°) de la 
Société géologique de France; il est intitulé : rrLes grandes Plâtrières 



— 3G8 - 

d'Argent eu il ( Seine-et-Oise); historique, genèse et distribution des 
Formations gypseuses de la Région parisienne *'". 

Les Auteurs se sont attachés à donner une description complète 
de la constitution géologique de la Butte d'Orgemont et de ses an- 
nexes. Depuis quelques années, par suite des progrès continus do 
l'exploitation de la Pierre à plâtre, les fronts de taille des grandes 
carrières d'Argenteuil ont subi un recul considérable; il en résulte 
que Y état actuel des coupes de cette région classique ne correspond 
plus avec les descriptions publie'es antérieurement. 

Toutes les strates ont été mesurées à nouveau, et elles ont e'té rat- 
tachées à des repères du nivellement général de la France. Dans 
les figures graphiques qui accompagnent le texte (et qui sont com- 
plétées par des vues photographiques , repioduites en héliogravure), 
on a placé en regard des indications purement géologiques et litho- 
logiques, les appellations industrielles qui ont, d'ailleurs, été l'objet 
d'un contrôle spécial auprès des chefs de chantiers des principales 
exploitations d'Argenteuil. 

En analysant, avec le soin quelle mérite, cette longue série 
d'assises, les Auteurs ont cheiché à retracer dans leurs grandes 
lignes les vicissitudes des lagunes parisiennes à l'époque de l'Eo- 
cène supérieur et de l'Oligocène. 

Us espèrent que ce document pourra être utilement consulté par 
le public spécial qui s'intéresse à ces questions, et par les Elèves et 
les Auditeurs de nos grands Établissements (renseignement supé- 
rieur. 



COMMUNICATIONS. 



Le crâne />/•; Métreville ( Eure), 
par M. le D r ET. Hamv. 

Les recherches récemment entreprises à Métreville, sur la rive gauche 
de ia Seine, par M. Georges Poulain (2) ont amené la découverte, dans un 

) Mémoires de la Société géologique de France; h" Série, Tome I", Mémoire 
n° 1 , in-lx", h pi. et 7 fig. dans le texte. Index bibliographique de 1.87 auméros. 
Cet ouvrage a été présente à l'Académie des Sciences, par \l. \. Di Lappabhit, 
dans l,i séance du 20 novembre 1900. 

'*' <i. Poulain. ComptB-rendu ili-s fouiUe» <l<> Métreville [Eure). [Bull. Sne. 

Norm. il' l'.llldi-s jirrlnsl'fi ii/ors , IQO&, I. \ll . p. 8q-1o6). 



— 369 — 

des deux abris sous roche fouillés par cet archéologue, d'une sépulture 
creusée dans une excavation , en contre-bas de deux amas de cendres et de 
charbon, qui renferment de nombreux silex travaillés et quelques frag- 
ments de poterie grossière et mal cuite, d'aspect néolithique. 

Cette excavation, profonde de o m. 60, était remplie d'un limon très lin 
et de grosses pierres en obstruaient l'accès. Elle renfermait un squelette 
entier, couché le long de la paroi du fond, la tête appuyée en arrière contre 
cette paroi et orientée au S. E. 

M. Le Marchand a bien voulu soumettre cette pièce à mon examen, et 
je résume dans les lignes qui suivent les résultats de cette étude. 

Le crâne de l'abri sous roche de Métreville est celui d'une femme ayant 
sensiblement dépassé l'âge adulte. C'est un crâne d'aspect fort ancien; il 
est mince et relativement léger (il ne pèse avec sa mâchoire inférieure que 
ki-j grammes): ses sutures sont presque fermées, particulièrement en 
avant, et les détails de la base apparaissent généralement adoucis. 

Ce crâne est relativement allongé (diam. ant. post.. 180 millimètres) et 
son indice céphalique (diam. transv. max. , 1 38 millimètres) descend à 76.6. 
Par contre, les dimensions en hauteur sont très sensiblement supérieures 
aux moyennes: le diamètre basilo-bregma tique s'élève à i3q, et comme il 
dépasse quelque peu le transverse, l'hypsisténocéphale se caractérise par 
un indice un peu supérieur à 100 ( 100 . 7). 

La face s'harmonise avec le crâne; elle est tout à la fois longue (87 mil- 
limètres) et étroite (i3o millimètres). Le front est assez large (d. front, 
min. 99 millimètres, biorb. ext. io4 millimètres), bien développé et d'une 
courbe avantageuse. Le nez allongé (53 millimètres) et pincé (22 milli- 
mètres) donne un indice fort leptorhine (^7.1), le dos en est un peu 
relevé vers son milieu , le profil est saillant. La pommette est petite et plutôt 
effacée. Enfin les orbites sont de formes et de dimensions tout à fait ordinaires. 
Les mâchoires, dont presque toutes les dents étaient tombées avant la 
mort du sujet, sont minces et faibles. Le menton est triangulaire et pointu, 
les angles mandibulaires sont peu accusés et l'obliquité générale est des 
plus sensibles, sans qu'il se manifeste d'ailleurs aucune apparence de 
prognathisme. 

En résumé, la tète de Métreville, avec sa voûte régulièrement ovale et 
relativement élevée , sa face longue et étroite , son nez mince et saillant , 
ses mâchoires droites et son menton accentué, reproduit volontiers les 
aspects féminins, un peu atténués, de la race que nous voyons apparaître 
dans nos contrées avec l'âge de la pierre polie et que j'ai essayé d'isoler 
sous le nom de dolichocéphale néolithique. 

J'ai rapproché, dans le tableau qui suit, les mesures principales du 
crâne de Métreville de celles de six crânes, également féminins, de la grotte 
néolithique bien connue de Nogent-les- Vierges (Oise), qui font partie des 
collections du Muséum. 



— 370 — 



NOGKVI- 
MKTREVILLE. LES-VIERGES. 



1 $ 6 $ 

Capacité crânienne i5oo cc i455 cc 

Circonférence horizontale ô î S mm 507""" 

!antéro-poslérieur maximum. ... 180 1 83 

transverse maximum 1 38 i33 

basilo-bregmatique i3g 1 36 

| longueur-largeur 76,6 7 9,6 

Indices.. . I longueur-hauteur 77,2 7/1,3 

( hauteur-largeur 1 00,7 1 02,9 

frontal maximum 117 1 1 h 

, frontal minimum qq qa 

Diamètres. < ..,.,. , 

morbitaire ext 10a g<^ 

bizygomatique 1 3o 120 

Hauteur face 87 82 

Indice facial 66,q 68,3 

\ longueur 53 f>% 

ez ( largeur 22 23 

Indice nasal '> 7, 1 67, q 

\ hauteur 32 32 

()rb,te "-> largeur 38 36 

Indice orbitaire 84,-! 8K,8 



DESCRIPTION h UNE yOUVELLE ESPÈCE DE TATOI . 
TYPE D'UN GENRE NOUVEAU (ToLYPOÏDES BICINCTUs), 

par MM. G. Grandidier et M. Neveu-Lemaire. 

Parmi les collections recueillies au cours de la mission de Créqui Mont- 
fort et Sénéchal de la Grange dans l'Amérique du Sud, se trouvent deux 
carapaces de tatous complètement enroulées et peintes par les Indiens avec 
une couleur jaune orangé et rouge. La tête, les* pattes, la queue et tous 
les organes de l'animal ont été soigneusement enlevés, et il ne reste plus 
que les deux boucliers scapulaire et pelvien, rattachés l'un à l'autre par 
les bandes mobiles. La carapace, ainsi nettoyée et enroulée, ressemble à 
une calebasse. 

Cette faculté de s'enrouler en boule que montrentavec évidence les deux 
exemplaires, n'esl connue jusqu'ici que dans un seul genre de tatous, 
le genre Tolypeutes Illiger. 1 H 1 1 (de ToXvTreveo se rouler eu boule): 
aussi ces animaux ont-ils reçu des indigènes le nom de Lolita (petite boule I; 



— 371 — 

on les appelle aussi mataco; c'est hDasypus apar deCuvier et le Tatu boliia 
d'Azara. 

A première vue, les deux carapaces, dont nous venons de parler, se 
ressemblent beaucoup, mais si on les examine de plus près, on voit que 
l'une d'elle possède 3 bandes mobiles, tandis que l'autre n'en possède 
que 2, sans qu'il y ait aucun artifice de préparation, car, au premier 
abord, nous avions pensé à une supercherie ou à une anomalie. 

Or, l'un des caractères primordiaux du genre Tolypeutes est de présenter 
3 bandes mobiles; aussi l'une de nos carapaces doit-elle être rattachée sans 
aucun doute à ce genre, probablement au T. Muriei; l'antre, à cause de 
la présence de ù bandes mobiles seulement, nous semble devoir rentrer dans 
un genre voisin , mais différent cependant, et nous proposons pour ce nou- 
veau genre le nom de Tolypoïdes (de toXvttï}, peloton, boule, et eihoç. 
apparence). 

Ce genre rentrera, avec le précédent, dans une même sous-famille, la 
sous-famille des Tolypeutinœ . caractérisée comme il suit : 

Carapace composée de 3 bou- \ 

cliers : céphaiïque, scapulaire et 

pelvien; entre ceux-ci. un petit 

nombre de bandes mobiles. 

Ecailles polygonales, variant | ^ 3 bandes mobiles. Tolypeutes. 

de forme suivant la région et ) Tolypeutinœ.. < 

presques toutes hérissées de ' a bandes mobiles. Toi y poules 

tubercules qui s'émoussent 

plus ou moins par l'usure. 
Animaux pouvant s'enrouler en 

boule j 

Le genre Tolypeutes ne comprend actuellement que 3 espèces : 

Tolypeutes tricinctus Linné, 1766. 

Tolypeutes conurus Is. Geoffroy Saint-llilaire, 18A7. 

Tolypeutes Muriei (larrod, 1878. 

Le genre Tolypoïdes ne renferme encore qu'une seule espèce, que nous 
proposons de nommer Tolypoïdes bicinctus, pour rappeler son caractère le 
plus frappant. 

Tolypoïdes bicinctus nov. si). 

Longueur médiane 67""" 

Longueur latérale d'angle à angle 75""" 

Bouclier 1 Distance entre les angles antérieurs 'i5""" 

scapulaire.] Distance entre les angles postérieurs i9t°" n 

Largeur en arrière 1 yo°"" 

Nombre de rangées d'écaillés S 



372 



m m 



-lui 



mm 



m m 



Longueur des bandes mobiles 80 

Nombre de bandes 

Longueur de la i r ' blinde •> 

Bandes ' Largeur de la 1 r * bande 1 70"" 

mobiles . . 1 Nombre des écailles de la 1" bande ai 

| Longueur de la a e bande a V'"" 

[ Largeur de la 9 e bande 1 76 

\ Nombre des écailles de la 9 e bande ao 

Longueur médiane 1 'i<>"" 

Longueur latérale d'angle à angle 79'"" 

Bouclier l Dislance entre les angles antérieurs 1 •-•. 1"" 

pelvien.. . 1 Distance entre les angles postérieurs ^5 

/ Largeur en avant 1 <)"'" 

\ Nombre de rangées d'écaillés 1 <> 

Epaisseur du corps (diamètre) 1 i3 m " 

Circonférence du corps roulé en boule 370"" 

Une description plus complète de cette nouvelle espèce, ainsi que des 
figures, paraîtront prochainement dans le Compte rendu général des résul- 
tats de la mission de Créerai Montfort et Sénéchal de la Grange dans l'Amé- 
rique du Sud. 



Études des espèces critiques et des types du groupe des Passe- 
reaux trachéophoses de l'Amérique tropicale appartenant aux 
collections d< museum, 

par MM. A. Mbnbgaux bt C.-K. Hbllmayr. 

Les collections ornithologiques du Muséum sont très importantes: on 
peut les évaluer approximativement à plus de cent mille exemplaires, tant 
montés qu'en peau, en \ comprenant l'importante collection de M. Bou- 
card, à laquelle vient s'ajouter un dernier don de cinq à six mille échan- 
tillons non encore pris en charge. 

Pour se reconnaître dans une pareille masse de spécimens, il faut des 
manipulations presque journalières, et pour tenir cette collection à la bail- 
leur de la science, qui progresse toujours, il faut un travail constant de 
révision. M. le professeur Oustalêl, malgré tout son labeur, n'a pu effectuer, 
en de Longues années, qu'une faible partie de ce travail si minutieux. 

Avec cette communication, nous commençons la publication d'une série 
de mémoires concernant la revision des Passereaux tracliéophones de 1" \- 
mérique <pii existenl dans les collections du Muséum. Ce grand groupe \ 
est représenté par plusieurs milliers d'échantillons, montés ou en peau, el 
par de nombreux types rapportés par les grands voyageurs de la première 
moitié du siècle dernier (D'Orbigny, Castelnau, Deville, Auguste Sainl 



— 373 — 

Hilaire, etc.). Les résultats de ces voyages, consignés dans de luxueuses 
publications faites aux frais du Gouvernement sont encore maintenant la 
base de nos connaissances sur ces animaux. 

Étant donnée l'époque des voyages, ces savants ont pu rapporter un 
grand nombre de formes nouvelles dont les types, qu'ils ont décrits, sont 
restés dans les collections nationales: mais beaucoup de ceux-ci n'avaienl 
été ni étudiés à nouveau, ni contrôlés depuis, en sorte que, dans les ou- 
vrages récents, on ne tend rien moins qu'à mettre en doute la validité de 
l'espèce qu'ils représentent. 

D'autre part, quelques-uns de ces types, perdus au milieu d'une masse 
de spécimens, ne portaient que les indications du voyageur, sans nom 
scientifique. En tenant compte de l'écriture, des renseignements portés sur 
les étiquettes, de l'année du voyage, du mode de préparation, en recher- 
chant dans le catalogue d'entrée du Laboratoire et en consultant soigneu- 
sement les descriptions originales des auteurs, il nous a été possible d'en 
identifier, avec certitude, un certain nombre qu'on avait cherchés en vain 
jusqu'à présent. La valeur intrinsèque et morale de la collection se trouve 
donc de ce fait notablement augmentée. 

Comme on le remarquera, et comme le dit le titre que nous avons 
adopté, nous avons limité notre tâche, pour ce présent travail, à l'élude des 
espèces critiques et des types, et nous avons laissé de côté bon nombre d'es- 
pèces communes à propos desquelles il ne s'est élevé aucune discussion. 
Leurs noms ne prendront place que dans un catalogue complet ultérieur. 

Pour chaque espèce, dont nous nous occupons, nous n'avons pas seule- 
ment cité l'ouvrage où se trouvent la description originale et celle des soi- 
disant synonymes, mais nous avons toujours vérifié celles-ci avec soin, 
ainsi que tous les renseignements bibliographiques (titre, volume , page, etc.) 
que nous indiquons. De plus, nous ajoutons à la suite la terra typica, la lo- 
calité typique d'où provient le type en question, en tant qu'elle est signalée 
par les auteurs. Nous pouvons donc affirmer que nous n'avons rien négligé' 
pour rendre notre travail aussi précis que possible et pour éviter aux tra- 
vailleurs les inconvénients qui résultent des indications bibliographiques 
erronées. 

A propos des types des espèces décrites en commun par Lafresnaye el 
d'Orbigny, il est de notre devoir de faire ici une remarque qui a une grande 
importance pour le Muséum. 

On sait que la collection du baron de Lafresnaye, de Falaise, fut vendue 
après sa mort, aux Etats-Unis, à la Société des sciences naturelles de Bos- 
ton {Boston Society oj ' Natural History). Avant la mise en vente, les échan- 
gions en furent étiquetés par un marchand. E. Verreaux, qui se chargea 
aussi du catalogue, et c'est ainsi que beaucoup d'exemplaires furent indi- 
qués comme types, qui n'y avaient aucun droit. C'est sur la foi de ces in- 
dications que les ornithologistes américains prétendent que la collection de 



— 374 — 

Lafresnaye renferme les types des diverses espèces décrites par Lafresnaye 
et d'Orbigny dans le travail préliminaire, qu'ils ont publié dans le Mn- 
gasin de zoologie, sur les résultats du voyage de d'Orbigny. 

Mais il est connu, d'autre part, que Lafresnaye. pour sa collaboration. 
a reçu un certain nombre d'Oiseaux qui ne peuvent être que des doubles, 
d'Orbigny ne voulant pas se dessaissir de ses types, puisque, parmi les 
matériau* rapportés par d'Orbigny, les espèces qui n'étaient représentées 
que par un seul exemplaire sont restées au Muséum et n'existent pas dans 
la collection de Lafresnaye. Donc les spécimens du Muséum de Paris doivent 
être considérés comme les vrais types et ceux de Boston ne peuvent avoir 
aucune importance au point de vue de la nomenclature, et surtout pas 
celle que les Américains cbercbent à leur attribuer. 

Ce sont des animaux semblables , mais ce ne sont pas les types qui seuls 
font foi auprès des ornithologistes. C'est sur quoi nous serons plusieurs 
l'ois forcés d'insister dans notre travail, et nous espérons avoir ainsi réduit 
à néant une légende qui tendait à s'acclimater dans le monde scientifique 
au préjudice de la riche collection du Muséum de Paris. 

I. Conopophagidés. 

1. CoNOPOPHAC.A AIRITA (Gm). 

Turdus auritus Gmelin. Syst. nat. I n (1788), p. 827 (earDaubenton, pi. 

eni. 82-2. — Cayenne). 
Pipra leucotis Gmelin, /. c, p. ioo3 (nom fondé sur la même planche). 

a. d ad., de Cayenne, par Poiteau. août 182a. 

b. (5 ad., de Cayenne, rapporté par Fabre en 189 k. 

c. (S ad., bords du Rio Javarri, Brésil, janvier 18/17. P ar ar Castelnau 
et Deville. 

d. (S ad., de Pébas, Pérou, novembre t8&6, par Castelnau et De- 
ville. 

e. 9 ad., bords du Bio Javarri. Brésil, janvier 1867, par Castelnau et 

Deville. 

Tous les exemplaires, excepté l> , sont montes. 

Les Oiseaux de Pébas et du Bio Javarri se distinguent de ceux de Cayenne 
par le milieu de l'abdomen qui est «l'un blanc roussâtre au lieu d'être d'un 
blanc pur, et par les lianes d'un brun beaucoup plus roussâtre. 

Cetic espèce n'a encore été signalée ni au Pérou, ni au Brésil. L'affirma- 
tion de Meneliies. (|ui dit l'avoir renie de Bahia, nous parall douteuse. 

2. OoNOPOPHAGA PERI VIANA Des MuTS. 

Conopophaga peruviana Des Murs in : Voyage Castelnau, Oiseaux (i855), 
p. r»o. pi. \M. 6g. 1 | rrà Pébaz et à Nauta (Haut-Amawrae)»]. 



— 375 — 

a. * \i\ ad., monté, de Pébas, Pérou, rapporté par Gastelnau el De- 
viUe. Type defespèce, figuré dans L'atlas zoologique du voyage do Gastel- 
nau. Aile, 68; queue, 3a; bec, 1 3 millimètres. 

Le type esl un jeune qui a encore la région anale el les sous-caudales 
d'un fauve pâle comme la femelle, mais pour fe reste il porte la livrée du 
mâle. 

C. peruviana est une espèce tout à Tait distincte de C. ardesiaca, dont il 
diffère par sa taille beaucoup plus petite, par la présence de taches fauves 
à l'extrémité des couvertures alaires supérieures et par des écaillures noires 
sur les plumes interscapulaires, enfin par la gorge blanche. 

3. Gonopophaga ardesiaca Lafr. et d'Orb. 

Conopophaga ardesiaca Lafresnaye et d'Orbigny, Syn. \\. I. in Mag. zool., 
18.37. '*'■ D[, p. i3 [crYungas (Bolivie)»]. 

a. c? ad., monté, d'Yungas, Bolivie, par d'Orbigny. Type de l'espèce. 
— Aile. 77.0: queue, 5o: bec, 1 h millimètres. 

'1. Gonopophaga castaneiceps Sel. 

Conopophaga castaneiceps Sclater, P. Z. S., 1857, p. A7, descr. orig. | type 
ex Bogota; voir Cal. Util. Mus., XV, p. 332 ]. 

a. d* ad., monté, de Bogota, par Lindig, en 1862. 

Gette espèce très voisine de la précédente s'en distingue par le sommet 
de la tète roux châtain, et par les parties inférieures beaucoup plus fon- 
cées, sans blanc au milieu de l'abdomen. La taille est la même. 

5. Gonopophaga lineata (Wied). 

Myiagrus lineatus Wied, Beitr. Naturg. Brasil., 3 11 (i83i), p. 10/46 (Ar- 

rayal da Gonquista, Bahiâ). 
Conopophaga vulgaris Ménétriès, \liiu. icad. Sci., Saint-Pétersbourg (6), 

I (Set. Nat. 1, i835, p. 53/i, pi. XIV, fig. 1 (Rio-de-Janeiro et Minas 

Geraës). 

n. Adulte, monté, de Rio-de-Janeiro, août 1826, par Ménétriès, co- 
lype dr C. vulgaris Ménétr. 

b. \dulte, monté, de Rio-de-Janeiro , par Deialande fils, 18 1 6. 

c. Adulte, de Rio (selon pré|).), — Coll. Boucard. 

d. f ad. . de Rio grande do Sul, par Rogers. — Coll. Boucard. 

e. '* ad., de Goya/. 1" avril 1844, par Castelnau et Deville , n° 3a t. 
L'Oiseau de Goyaz diffère des autres par la gorge el la poitrine d'un 

roux beaucoup plus vif. Est-ce une forme géographique? 



— 376 — 

6. CoifOPOPHÀGA MELANOPS MELANOPS | Vieil!). 

Platyrhynchos tneluuops \ ieillol . Nom. Dict. X.XVII (1818), p. \k («rL'Amé- 
rique méridionale». — Le type venait de Rio-tle-Janeiro) descr. 
oiïg. d. 

Conopoplui/ni niiivogenijs Lesson , Traité d'Orn. , l83l, p. 393 (Brésil. — 
Menétriès), descr. orig. d 1 ; Menétriès, Vfém. Icad. Se, St.-Pétersbg. 
I 6) I (Se. Nat.) [i835], p. 536, pi. \\ . fig. . (J) [Rio de Janeiro]: 
Sclater, Cat. Birds, XV (1890). p. 334. 

C. dorsalis Menétriès, Mém. Acad. Se. St.-Pétersbg. (6) I (i835) [Sci. 
Nat.], p. 533, pi. XIV, fig. 2, descr. orig. 9 (Sumidorio près Rio-de- 
Janeiro): Sclater, Cat. Birds Bril. Mus., XV (1890). p. 333 (part. 9). 

(',. Maximiliaui Cabanis et Heine, Mus. Heincan. , II (1859). p. 8 (ccSûd- 
brasilien- 1. 

Myioturdus perspicillatus (nec Lichtenstein!) Wied, Beitr. \aturg. BrasiL, 
3 II (i83i). p. \oh->, (Rio Itabapuana, Belmonte et Mncnri : Espiritu 
Santo). 

11. d'il*, monté, du Brésil (Rio-de-Janeiro), par Delalande lils, type de 
Platyrhynchos melanops Vieil). 

b. d* ad. monté, deRio-de-Janeiro, par Menétriès. Type âe Conopophaga 

nigrogeni/s Le>s. 

c. o* ad. monté, du Brésil, par Caslelnau. 
il. 9 ad. monté, de Rio, par le D r Peixolo. 

e. 9 ad. monté, de Rio-de-Janeiro , août iH$h, par Menétriès. Co-type 
de C. dorsalis Ménétr. 

Jusqu'à présent on a distingué avec raison deux espèces, donl l'une 
C. nigrogenys, du Brésil méridional, a le front roux comme le sommet de 
la tète, et l'autre, C. melanops, de Bahia, qui porte une large bande noire 
sur le front. 

Le Muséum de Paris possédant les types des deux espèces, nous les 
avons trouvés identiques. Ce spécimen original de Platyrhynchos melanops 
VieiH. a été recueilli par Delalande fils près de Rio-de-Janeiro, c'est-à-dire 
près de la même localité que celui de C. nigrogenys , envoyé par Menétriès. 
Le premier est un jeune avec la tête plus pâle, et les grandes couvertures 
alaires supérieures ainsi que les rémiges tertiaires bordées à la pointe d'un 
d'un fauve pâle. Le baut de la poitrine et les flancs sont gris-cendré , de 
telle sorte que le blanc de la gorge et celui du milieu de l'abdomen son! 
nettement sépares. Il est donc nécessaire d'appliquer le nom de melanops 
à la forme du sud du Brésil, el celle de Bahia devra porter le nom île 
(.. perapicillala (Lclil.). 

La femelle de cette espèce se distingue du mâle par I absence de noir sur 
les côtés de la tête et par le dessous du corps qui est d'un ocreux pâle au 
lieu d'être gris cendré. La calotte est plus sombre, d'un brun-roux, et les 



— 377 — 

couvertures supérieures des ailes portenl des bordures d'un fauve paie, bien 
nettement tranchées. C'esl le plumage qui a été décrit par Ménétriès comme 
caractéristique d'une espèce particulière sons le nom de C. vuîgaris. Le co- 

l\ pe du Muséum de Paris (spécimen e de noire liste) s'accorde parfaitement 
avec les femelles de C. meîanops (= nigrogenys auct.), rapportées par 
Natlerer des environs de Hio-de-Janeiro. 

M. Sclater a décrit la lémelle de C. m. perspicillata (de Bahia) comme <J, 
el la femelle de C. m. meîanops (de Rio) comme 9 de C. dorsalis. 

7. CONOI'OPHAGA MELANOPS PEKSPICILLATA (Lcht). 

[îyiolhera perspicillata Lichtenstein , Verz. Dubl. Bêrliner Mus. i8:>.o. p. 43 

(Babia). 
Conopopkaga ruficeps Swainson, Birds Brazil, pi. 67 (c?), 68 (9) [1861. 

— Sans indication de localité]. 
C. meîanops (nec Vieillot!) Sclater, Cat. Birds Brit. Mas. \\ (1890), 

p. 334. 
C. dorsalis (nec Ménétriès) Sclater, /. c, p. 333 (part. : (S). 

a, b, c,d, c ç$ç$ ad., de Bahia. Casteluau et Coll. Boucard. 

f.g. 99, de Bahia, Castelnau et Coll. Boucard. 

h. 9. du Brésil. j>ar de Castelnau (monté). 

Les femelles de cette forme septentrionale se distinguent au premier coup 
d'oeil par le sommet de la tête qui est brun olivâtre comme le dos et par la 
poitrine et les flancs qui sont d'un roux ferrugineux vif, au lieu d'être 
ocreux pâle. Les plumes nasales sont blanchâtres, et non pas roussâtres. 

Il est à remarquer que les femelles de €. m. meîanops et de C. m. pers- 
picillata portent une longue bande sourcilière blanche à peine indiquée, 
chez les mâles. 

Le spécimen h a été décrit par erreur par Tazanowski comme femelle 
de C. peruviana m . 

8. CoRVTHOPIS CAI.CARATA ( Wl'ed I. 

Myiothera calcarala VVied, Beitr. \aturg. Brasil., '.] II ( 1 8 3 1 ) , p. 1101 

('Brésil oriental). 
Muscicapa Delalandi Lesson , Traité d'O m. i83i, p. 392 (sans indication 

de localité). 
(.onopophaga nigro-cincta Lafresnaye et d'Orbigny, Syn. \\. 1 in. : \lag. 

Zoo/. 1837, pi. Il, p. i'3 [r-prov. Chiquitos ( Bolivia)»]. 

a, b. Adultes montés , rapportés de Rio-de-Janeiro , Ih-ésil par Delalaude 
lils, en i8i(i. Types de Muscicapa Delalandi Less. 

Ornith. Pérou, 11. p. <jo. 



— 378 — 

c \dulte i en peau), étiq. : D. 357. Chiquitos. D'Orbigny, i836. Type 
de Conopophaga nigro-cincta L;tfr. el d'Orb. 

d. adulte monté, envoyé de EUo-dc Janeiro , août 1826, par Ménétriès. 

Le type <le C. nigro-cincta Lafr. et d'Orb., espèce qui n'a jamais été 
identifiée, s'accorde par tous ses caractères avec les spécimens originaux 
de M. Delalandi, c'est-à-dire avec C. calcarata typique. Les parties supé- 
rieures sont d'un vert olivâtre, la queue brun-pâle, et la mandibule supé- 
rieure d'un brun-clair. 

a. Aile Oô; queue 5i: bec ik 1/2 inillim. 

b. Aile 05: queue 69: bec \h 1/2 millim. 

c. Aile 64; queue 5o: bec i5 millimètres. 

9. CoRVrHOPIS TORQUATA ANTHOIDES (Pucll.). 

tfuscicapa anthoïdes Pucheran(ex Guvier Ms.), \rch. Mus. Paris Vil (i855), 
p. 334 (Gayenne). 

(Cfr. Berlepsch et Hellmavr, Journ.f. Ornith. 1905, p. 16.) 

a. Jeune oiseau, monté, de Gayenne, acquis en échange de Bâillon en 
1818. Type de M. anthoïdes Puch. 

b. d ad., du Gamopi, Guyane française, par F. Geay, en 1900. 

c. d ad., de Bartica Grove, Guyane anglaise, 12 avril 1880, par 
H. Whitely. — Coll. Boucard. 

d. 9 ad., de Camacusa, Guyane anglaise, 28 mars 1882. par IL 
Whitely. — Coll. Boucard. 

Cette espèce diffère de C. calcarata parce qu'elle a le dos. d'un brun 
olivâtre ou roussàtre, le sommet de la tête plus ou moins foncé, la queue 
noirâtre, enfin la mandibule supérieure noire. 

Le type de l'espèce est un jeune dont les taches pectorales sonl encore 
brunes el non noir-foncé. 

IL Hylactidés. 

Nous avons ici remplacé le nom de Ptéroptochidés choisi par Selater, 
par celui de Hylactidés, parce que le nom de genre Hi/lacies est antérieur 
d'environ un an à celui de Pteroptochos. 

1. SCVTALOI'I S M UiKLI.ANICI S (Gm). 

\fotacilla magellanica Gmelin, Syst. Nat., 1. II (1788) p. 979 1 ex Latham. 

— irin terra de! Fuego»). 
Scytalopus fuscus Gould, P. /. .S.. i836, p. 89 ( -in frelu Magellanico, 

Chili.-)'. 
Scytalopus inaircllaiiicuH Uuslalel, Miss. Scient. Cap lloni, Oiseaux (1891), 
p. 71 (Terre de Feu). 

a. c? adulte, de la baie du Dimanche, juillet i883. 



— 379 — 

b, c. 9 adulte et adulte sans indication de sexe, de la baie Orange, 
mai i 883. 

(I. c? vix adulte, de la baie Orange , avril 1 8 8 3 . 

e. d 1 jr., de la baie Orange, avril i883. 

f. 9 juv. , de la baie Orange , janvier 1 883. 

Ces exemplaires ont été rapportés de la Terre-de-Feu par la mission du 
cap Horn. 

Le spécimen /a encore le plumage du jeune, c'est-à-dire que toutes les 
parties en-dessus et en-dessous sont rayées transversalement d'un brun 
roussàtre et noirâtre, sans qu'il présente aucune trace de blanc sur le 
front. Les cinq autres ont presque toutes les plumes du front, et générale- 
ment aussi du vertex, largement bordées de blanc argenté, même les 
peaux (I et e, qui ont encore quelques restes du plumage du jeune (p. ex., 
une teinte brunâtre sur le dessous du corps, et les flancs rayés de brun et 
de noir). L'échantillon b porte la livrée de l'adulte qui est uniformément 
schistacée. 11 est donc évident que la présence du blanc sur le front est un 
caractère de l'adulte. 

Le nom de Gmelin a été basé sur la description d'un jeune qui prove- 
nait du détroit de Magellan. Comme la série que nous venons d'examiner 
appartient à la forme à front blanc, Pteroptochos albifrons Landb. devient 
un synonyme de S. magcllanicus. 

2. SCYTALOPIS NIGER (Sw). 

Platyurus niger Swainson, inim in Menag. , i838, p. 3a3 (Chili); 
«Mégalonyx? nègre-n Quoy et Gaimard . in : Voyage au pôle Sud, Zool., 
III (i 853), pi. XIX, fig. 5. 

a. Adulte, monté, de Talcahuano, Chili, par V Astrolabe et la Zélée 
I llombron et Jacquinot). Exemplaire figuré dans l'atlas du voyage au pôle 
Sud. 

b. Adulte monté, même provenance. 

Ces Oiseaux représentent l'espèce désignée par les auteurs sous le nom 
de S. magellanicus ; mais comme nous avons démontré ci-dessus que ce 
dernier nom s'applique à la forme à front blanc, il faut donner un autre 
nom à celle qui n'a pas de blanc sur le front. La description de Swainson : 
-Entirely sooty black. Tail short. Inhabits Chili * ne peut se rapporter à 
aucune autre espèce, puisqu'au Chili il n'y a qu'une seule espèce qui soit 
de couleur noire. 

En plus de l'absence de blanc sur le front, celte forme diffère de .S', ma- 
gellanicus par la couleur générait; beaucoup plus noirâtre. Tous les échan- 
tillons provenant de la Colombie et de l'Equateur se rattachent aussi à 
celte forme dont ils ont tous les caractères, et aucun ne présente de traces 
de bordures blanches sur les plumes de la tête. 

Muséum. — xi. al) 



— 380 — 

3. Scytalopus tNDiGOTicus (Wied). 

Myiolhera indigotica Wied. Beitr. Vatg. liras., 3, II (i83i |, p. 1091 (fin 
der Cegend von Bahia»). 

Malacorhynchus albiventris Ménétriès , Mém. Acad. S'-Peterbg, (6),I(i 835 . 
|i. 5a5, pi. MU. fig. 2. (fr Serra d'Estrella, non loin de Rio-de- 
Janeiro». ) 

a. Adulte monté, de Rio-de-Janeiro, Brésil, par Ménétriès. en ittafi. 
Co-type de M. albiventris Ménétr. 

//. \ilulte, de Rio-de-Janeiro, par lVixoto. 

Gomme on l'a toujours admis, M. albiventris ne diffère pas du loul de 
S. mdigoticus Wied. 

h. Meiu LAX1S RHYNOLOPHA ( \\ ied). 

Wyiothera rkynolopka Wied. , Beitr. Saturg. Brasil., 3,ll(i83i), p. io5i. 

(ffAm Flusse Belmonte».) 
Merulaxis rutilus Lesson. Traité d'Orn., i83i, p. 397, descr. orig. ? (sans 

indication de localité). 
Malacorhynchus cristatellus Ménétriès, Mém. Acad. S'-Pétersbg, (6), I, 

(i835), p. 523, pi. XII. (* Serra d'Estrella, près deBio-de-.Ianeiro-.) 

a. d 1 adulte monté, recueilli par -Ménétriès, près de Rio-de-Janeiro, an 
Brésil, en août 1826. C'est un des spécimens originaux de Malacorhynchus 
cristatellus Ménétr. 

h. ? adulte monté, même provenance. C'est le type de Merulaxis rutilus 
Less. l'as cité dans le Catalogue Birds Brit. Mus., XV, p. 343. 

c. j* adulte, de Rio-de-Janeiro, par Peixoto, en i.S.Vi. 

Le Ivpe de Lesson n'est que la femelle de M. rhynolopha 1 Wied . 

5. Ptkroptochos ni becola Kittl. 

Pteroptochos llubecula kittlitz, Mém. Acad. S'-Pélersbg (Sav. '/rangers), I, 

(i83ij, p. 179, pi. II. (La Concepcion. Chili.) 
Megalomjx rubecula Lafr. et d'Orbigny. Syn. \r.. 1 . in : \tag. /no!.. 1 S ^ y , 

cl. II. p. 16. (rRepublica Chilensi».) 
Megalonix rufogularis d'Orbigny, Voyage, 0'iscau.r. pi. VII, 6g. •'». 

a. Monté, rapporté par d'Orbigny, du Chili. Type de M. rufogularis d'( )i l>. 
A. Adulte monté, du Chili, par Ca\. 
c, d. Adultes, du Chili, par Cay. 

G. RlllMM ItVI'TA LANCEOLATA (I. I ii'nllV-S'- 1 lil. I. 

Hhinomya lanceolata 1 -I. Geoflr. et d'Qrb.») I. Geoffiroy-Saint-flilaire, 

)iag. /.oui., II(i8^-> |, el. Il, pi. 3. ("En Patagonie, sur b>> bonis du 
Rio-.\égro-. 



— 381 — 

a. Adulte monté, dePatagonie, février i83i, par d'Orbigny. Type de 
l'espèce. 

h. Jeune, monté, de la même provenance. 



Sun LA PRESENCE DE l'OkâPI If/ BaHR-EL-GàZÂL , 

ru! M. V. Menegaux. 

M. le colonel Marchand qui. comme capitaine, commanda l'expédi- 
tinn Congo-Nil, me communique des détails très curieux sur l'Okapi et qui 
démontrent la présence de cet animal à plusieurs centaines de kilomètres 
au nord du fleuve Semliki, dans la région duquel il fut découvert pour la 
première fois en 1900. Ces renseignements, qui sont de la plus parfaite 
authenticité, me paraissent assez intéressants pour être portés à la connais- 
sance du public savant. 

C'est le 16 juin 1898, dans le voisinage immédiat du 9 e degré de 
latitude Nord et du 27° 3o degré de longitude Est (méridien de Paris), 
en plein dans la vaste dépression marécageuse du Bahr-el-Gazal , (pie les 
officiers de l'avant-garde de l'expédition Congo-Nil, ayant à leur tête le 
capitaine Marchand, rencontrèrent un animal qu'ils prirent pour une An- 
tilope inconnue. 

Voici le passage du journal de route de l'expédition que M. Marchand 
a bien voulu copier à mon intention. Après h jours de navigation sur un 
marais, la petite flottille se dégage enfin d'une infinissable fôret de roseaux 
épineux et peut entrer dans un petit lac. 

tri6 juin, à 11 heures 1/2. - Toutes les embarcations de la flottille 
sont sorties de la grande roselière et rassemblées dans le petit lac. Sa 
largeur ne dépasse pas 12a i4oo mètres; sa longueur, difficilement appré- 
ciable du point où nous nous trouvons, pourrait à l'estime mesurer h à 
6 kilomètres. Sa rive, ou plutôt son périmètre de dessin vaguement trian- 
gulaire, est formé par la bordure du taillis de joncs et de roseaux flottants 
dont nous venons de nous arracher et qui semblent d'ici l'envelopper her- 
métiquemenl. 

ffOn aperçoit cependant un banc de terre ou de boue de couleur blan- 
châtre, sous la forme dune petite île , de 9.0 à 3o mètres de diamètre, com- 
plètement pelée, au milieu du lac, à quelques centaines de mètres en avanl 
de nous. Au delà, sur la rive sud. quelques Eléphants et un troupeau 
d'Antilopes paissant dénoncent également la présence de la terre. 

-Midi 1/2. — Arrêtés contre la petite île pour déjeuner. La couleur 
blanchâtre est fournie par une épaisse couche de guano déposée en ce point 
par les vols innombrables d'Oiseaux aquatiques très occupés, en ce moment 
même, à pécher dans le lac. 

26. 



— 382 — 

tA i heure, nous reprenons notre mouvement. Les tirailleurs de garde 
, : i la première embarcation signalent presque aussitôt parmi le troupeau 
d'Antilopes aperçues tout à l'heure un individu absolument différent dos autres. 
de formes . de robe, et d'allures tout à fait anormales pour l'espèce et pour 
la région. Je ne me rappelle pas avoir jamais rien vu de semblable en 
[frique. J'ordonne à la flottille d'arrêter son mouvement, et. muni d'une 
carabine, je passe dans une pirogue légère au moyen de laquelle je vais 
essayer d'approcher assez de l'étrange animal pour pouvoir le capturer. 
J'ai l'intuition que l'histoire naturelle pourrait être intéressée au succès tir 
ma tentative. 

-Mais le caractère éminemment vaseux de toute cette curieuse région 
lacustre fait varier brusquement les fonds d'une profondeur de 9, 12 et 
parfois 10 mètres, jusqu'à o m. 20 et parfois moins, comme en témoi- 
gne l'île du guano. A 200 mètres environ des Antilopes et de la lisière 
du lac, ma pirogue est pour ainsi dire arrêtée et engluée dans une barre 
de vases épaisses et nauséabondes. Je ne puis plus avancer, et il n'\ a pas 
à tenter de mettre le pied dans ce qui n'est ni terre, ni eau, ni liquide, ni 
solide. 

rrDe ce point je découvre parfaitement le bizarre objet de ma convoi- 
tise. L'animal donne en ce moment des signes manifestes d'énervement et 
d'inquiétude et se serait certainement déjà enfui, si les autres individus du 
troupeau dont il fait partie, moins timides que lui, ne continuaient à 
paître tranquillement les tiges de joncs et d'ambatcb qui forment la végé- 
tation lacustre. 

rrll est grand ! beaucoup plus grand (fue les autres — / m. 00 au moins 
nu garrot. La couleur de la robe, particularité la plus frappante à pre- 
mière vue, est franchement roux feu, avec des taches blanches au poitrail 
que je découvre mal d'ici. 

t N'était une paire d'oreilles énormes, grisâtres à reflets, drôlement dé- 
coupées, et que tout à l'heure j'ai failli prendre pour des cornes de Mouflon 
du Cachemire, on pourrait se croire, pour la forme générale, en pré- 
sence de l'Ane svelte de la région voisine d'Abyssinie: le Zèbre. Mais, par la 
l'orme baudruchee du mufle et de la tke ainsi que par la présence de deux 
curieuses petites cornes ou protubérances au sommet, il rappelle aussi la petite 
Girafe. \ coup sur. celte variété d'Antilope, — si Antilope il y a. — est 
encore inconnue et non décrite dans les collections naturalistes. Klle pa- 
rait même étrangère au troupeau dis autres \ntilopes qu'elle accompagne 
plus qu'elle n'en fait partie. Elle est aussi plus méfiante et plus ombrageuse. 

rr J'enrage de ne pouvoir avancer pour tenter la capture. Mais à suppo- 
ser même que je puisse l'abattre d'un coup de carabine à la distance où je 
me trouve, les profondeurs de vases liquides m'empêcheront toujours 
d'aller relever la dépouille. Je dois me contenter de la \iser. . . , avec ma 
lunette d'approche. 



— 383 — 

- \ ce moment de mon soliloque mental. l'Antilope- Ane-Girafon faussant 
brusquement compagnie à ses compagnons file , — c'est le cas de le dire, 
— comme un Zèbre. Par acquit de conscience et dans un mouvement in- 
stinctif de chasseur, je lui ai lâché une balle qui ne l'a pas atteint. 

-J'ai rejoint, bredouille, la flottille d'où mes compagnons Baratier, 
Emily, Landevoin, Venail avaient assisté, avec un intérêt identique au 
mien, à l'échec d'une tentative où le naturaliste seul était engagé.» 

Il ressort incontestablement de cet extrait inédit que l'animal désigné 
est bien un Okapi, que les individus, peu nombreux d'ailleurs, paraissent 
chercher une sécurité relative au milieu d'animaux moins méfiants et moins 
peureux qu'eux, mais qu'ils se tiennent exclusivement dans les régions 
marécageuses et lacustres, patrie des grands roseaux, des joncs, des papyrus 
et des ambatch. 

Le témoignage du colonel Marchand et celui de ses compagnons de 
mission permettent donc de reculer au minimum de 6 degrés environ, soit 
600 kilomètres vers le Nord , l'aire d'habitat de l'Okapi . qu'on a cru d'abord 
si étroitement localisée près du Semliki. Ce fait est d'ailleurs très facile- 
ment admissible, étant donnée la topographie de la région. M. Marchand 
ajoute même qu'il a des raisons de penser que la limite septentrionale maxima 
des territoires de parcours de l'Okapi doit se fixer entre les 1 2 e et 1 3 e degrés 
de latitude Nord: il est probable que c'est là que finissent cette dépression 
nilotique et les marécages qui la remplissent. 

Une question se pose: est-ce l'Okapi de Johnston ou une autre espèce? 
C'est ce que de nouvelles explorations nous apprendront probablement 
bientôt. 

De cette communication intéressante je tirerai des conclusions élogieuses 
pour les taxidermistes du Muséum qui ont su ('lever leur métier à la hau- 
teur d'un art. La reconstitution faite au Muséum est donc bien l'expression 
exacte de la vérité, pour la pose, la forme du corps, l'allure, le port de la 
tête et des oreilles, puisque c'est d'après la simple reproduction d'une 
photographie (due à M. Manteaux), représentant de face l'Okapi exposé 
aux Galeries, que M. Marchand a reconnu l'animal qui l'avait tant intrigué 
au Bahr-el-Gazal. D'ailleurs, l'expression qu'il emploie, Antilope-Ane-Girafon, 
indique bien qu'une extrême ressemblance avec la Girafe l'a frappé au 
premier coup d'oeil, et ceci justifie complètement la reconstitution quia été 
faite au laboratoire de taxidermie du Muséum par les soins de l'habile chef 
des travaux. M. Terrier. On peut donc affirmer que ce montage ne le cède 
en rien à ceux des animaux dont on connaît jusque dans leurs moindres 
détails les formes et la pose. 



— 384 — 

Scil LA PRESENCE J)E PaHAUOXIJRUS LARVATI S Teuu. 
ET DE FfiLIS TbMMINCKI 1/'.. ET HoRSF. \i ToNKIN , 

pau A. Mènerai \. 

Par l'intermédiaire du D r de Rochebrnne, le laboratoire • 1 • * Mamma- 
logie a reçu de M. V. Démange, de Hanoï, deux peaux du aord du Tonkia : 
l'une de Paradoxurus (Paguma) larvatus Temni. et l'autre de Felis i Cato- 
puma) Temmincki Vig. et Horsf. 

Le premier animal n'était signalé que dans la Chine méridionale et Pile 
Formose. Cet envoi nous permet donc de comprendre définitivement le 
Tonkin dans l'aire de dispersion du Paradoxurus masqué , bien qu'Anderson 
ne le cite pas dans son ouvrage sur la zoologie du Yunnam, car aux gale- 
ries il existe déjà un spécimen monté de cette région, envoyé par le capi- 
laine Bonifacy, un du Moupin et un du Fokien. 

La peau envoyée par M. Démange offre des caractères de robe intermé- 
diaires entre le spécimen du Moupin et celui du Tonkin. Le pelage, moins 
long et duveteux que chez le premier, est plus roussàtre et le ventre plus 
fauve de même que la queue , qui est noirâtre vers l'extrémité. Quant à la ligne 
blancbe frontale et nuquale elle se prolonge jusqu'en arrière des épaules. 

Sun aire de dispersion comprend donc toute la presqu'île indochinoise et 
la Chine jusqu'au Moupin. Il nous reste à en fixer les limites septentrionale-, 
et orientales. 

La peau de Felis Temmincki Vig. et Hors!', était accompagnée de son sque- 
lette complet. Elle provenait de la irhaute rivière Noire, environs de Cho- 
Bo». En la comparant avec l'échantillon du Thibet, rapporté par \1. IV- 
ronne, je lui ai trouvé exactement les mêmes caractères de couleur et de 
dessin et les mêmes dimensions. Malheureusement, elle n'est pas en assez 
bon état pour être montée. 

En annonçant l'emoi. M. Démange ajoute les détails intéressants sui- 
vants : -Mon acheteur de caoutchouc qui habite la région depuis dix-huit 
ans et qui connaît bien les hôtes de la forêt, ne connaît pas ce fauve. Pas 
un seul indigène n'a pu lui donner un nom. . . Il a, parait-il, l'allure de 
tous les Félins, et il doit être adulte, car il a été assez fort pour étrangler un 
jeune Bœuf.» Par l'examen <ln crâne on voil bien, en effet, que c'est un 
adulte. 

De ces renseignements, on peut conclure qu'il est excessivement raie au 
Tonkin. même dans la région montagneuse avoisinanl le Yunnan. 

Ces faits nous apportent donc une preuve certaine de l'existence de 
ce fauve dans toute la presqu'île indochinoise, comme je le faisais prévoir 
dans une précédente note (V. HulL, n° •> , 190F)). Il reste encore à préciser 
les limites de son habitat a l'Est, du rôle de la Chine et au Nord, dans les 
montagnes du Thibet. 



— 385 — 

NoTE l'IiÉl.l MIS AIRE SUR LES ATTITUDES ET LES CARACTERES d'aDAPTATIOÙ 
DBS EdBNTBS DE LA FAMILLE DES BrADYI'ODIDAE , 

par M. R. Anthony. 

Les Bradypodidae communément appelés Paresseux sont, parmi les 
groupes de Mammifères, un de ceux dont ou connaît avec le moins de 
précision la locomotion, les attitudes, l'habitas général en un mot. Dans la 
plupart des livres anciens, dans Bulïon notamment, on prête à ces ani- 
maux des attitudes absolument contre nature, et, si un certain nombre d'au- 
teurs les représentent actuellement dans des attitudes physiologiques et 
exactes, d'autres, encore aujourd'hui, les figurent comme les naturalisas 
d'autrefois. 

Dans les musées de même, on peut encore observer à côté de Bradypo- 
didae montés dans des altitudes véritablement physiologiques, un certain 
nombre d'autres de ces animaux affectant des positions qu'ils n'ont certai- 
nement jamais prises de leur vivant. 

Les documents vrais et précis (et les documents photographiques sont 
seuls dans ce cas) que l'on possède à ce point de vue sur les Bradypodidae 
sont extrêmement rares. Il convient de citer à ce propos la chronophoto- 
graphie d'un pas de CJwlocpus par Muybridge (1) . 

J'ai eu moi-même l'occasion de pouvoir étudier au cours du printemps 
de 1 902 , à la Ménagerie du Muséum , les différentes attitudes d'un Choloepus 
didactylus L. offert par le gouverneur de la Guyane française et qu'on ne 
put conserver vivant qu'une quinzaine de jours environ. 

M'occupant depuis plusieurs années déjà de l'étude des caractères 
d'adaptation des Bradypodidae, j'avais demandé à M. Sauvinet, Assistant de 
la Ménagerie, de vouloir bien me prévenir lorsqu'il recevrait un de ces 
animaux vivants. Un malin, je reçus un télégramme de M. Sauvinet. Je me 
rendis immédiatement à la Ménagerie. Le Choloepus était dans une cage à 
treillage métallique: mais je lus bientôt vivement désappointé en voyant que 
l'animal pour lequel je m'étais dérangé se refusait absolument à faire quelque 
mouvement que ce soit. Il était roulé en boule et accroché, à l'aide de ses puis- 
antes griffes, tout en haut du grillage de sa cage, figurant une sorte de 
masse informe couverte de poils, hors de laquelle n'apparaissaient ni tête 
ni membres. Sa respiration régulière semblait indiquer qu'il dormait très 
profondément, et aucun des moyens que nous employâmes, M. Sauvinet cl 
moi. ne réussit à le faire sortir de sa torpeur et quitter cette position. Au bout 
de peu de temps nous nous rendîmes compte que mieux valait y renoncer, 
et, réfléchissant que les Kdentés sont en général des animaux de mœurs 
nocturnes, je proposais à M. Sauvinet de remettre notre visite à la nuit 

1 Moybridgb, Animais in motion, London , 1902. 



— 386 — 

prochaine: après avoir pris une photographie do l'animal dan6 sa position 
de sommeil, nous nous retirâmes. 

Le soir même à 1 1 heures, nous retournâmes tous deux à la Ménagerie, 
accompagnés de M. N'ogués, Etudiant en médecine et hahile photographe. 

Le Gholoepus avait quitte' la position qu'il occupait dans la journée. 
Cette fois il reposait sur la paille qui garnissait le fond de sa cage, accroché 
au treillage par les griffes de ses quatre membres, les avant-bras dans leur 
extension maximum el la tète repliée sur la poitrine. 11 dormait encore. Après 
l'avoir photographié dans cette nouvelle position, nous n'avons pas eu de 
peine cette fois à le réveiller et nous pûmes arriver sans beaucoup d'efforts 
à le sortir de sa cage. Nous le déposâmes alors sur le sol. Le pauvre ani- 
mal s'y montra absolument dépaysé, ne sachant que faire de ses longs bras 
qu'il jetait lentement à droite, à gauche, sans prendre jamais aucune posi- 
tion stable. On voyait qu'il n'était pas là dans les conditions ordinaires de 
son existence. Nous lui présentâmes alors une large planche tenue inclinée 
à A5 degrés environ sur le sol. Il n'essaya pas de la gravir. Une longue 
branche sèche lui fut ensuite présentée dans la même position, le Gholoepus 
la saisit alors de ses longs bras et s'y suspendit le dos tourné vers le sol. 
Nous pûmes alors prendre plusieurs photographies représentant l'animal 
exécutant l'ascension de la branche. Nous fîmes varier l'inclinaison de cette 
dernière, lui donnant successivement la position verticale, la position hori- 
zontale et toutes les positions intermédiaires. Lorsque la direction de la 
bianche se rapprochait de la verticale, l'animal n'arrivait à son sommet 
que très péniblement, donnant , par les regards qu'il jetait à droite et à 
gauche, des marques indiscutables du trouble dans lequel il se trouvait. 
C'était lorsque la branche était horizontale qu'il se trouvait en somme le 
plus à l'aise. 

Pendant deux heures, nous finies ainsi progresser l'animal le long de 
cette branche, prenant de nombreuses photographies avec l'aide d'explo- 
sions de magnésium. A aucun moment il ne quitta la position ci-dessus 
décrite, c'est-à-dire qu'il resta toujours le dos tourné vers le sol. Ses 
mouvements étaient lents, peu amples, et ses membres semblaient com- 
plètement dépourvus de souplesse. La tète seule se mouvait sans cesse 
ei avec rapidité. De temps en temps il s'arrêtait et prenait alors une 
position un peu bizarre, rapprochant les quatre membres el laissant paraître 
entre eux sa tête. 

Pour soutenir el récompenser sa bonne volonté, je lui offrais de temps 

en temps des bananes qu'il saisissait dans la paume du le ses mains en 

repliant par-dessus ses longues griffes, el qu'il portait ensuite à sa bouche. 
C'était d'ailleurs, parait-il, d'après le dire de son gardien, la seule nour- 
riture qu'il acceptât avec plaisir. 

Ces documents que je fournis ici sur les attitudes du Choloepus sont 
complètement d'accord avec les renseignements «pie j';ii recueilllis auprès 



— 387 — 

de tous ceux qui ont observé ces animaux a l'état sauvage; ils sont d'accord 
aussi avec les observations de Muybridge sur le Bradypus et les représen- 
tations il»' beaucoup d'auteurs actuels. 

Ce qui caractérise en somme, au point de vue ethnologique, les Brady- 
podidae, c'est qu'ils sont arboricoles dans toute l'acception du ternie. Bien 
plus, ils le sont exclusivement, en ce sens qu'ils ne peuvenl se tenir et pro- 
gresser à terre. Ce sonl les plus arboricoles de Ions les animaux. Leur atti- 
tude dans les arbres esl toujours renversée par rapport à ce que l'on observe 
ches les Primates ayant le même genre de vie, c'est-à-dire qu'ils pro- 
gressent en quelque sorte sous les branches, le ventre dirigé en haut et le 
dos en bas. Ils ne peuvent sous aucun prétexte se tenir d'une autre façon. 

Leur existence exclusivement arboricole les oblige naturellement à être 
exclusivement frugivores et pbytophages. 

Ce mode d'attitude qui est absolument particulier aux Bradypodidae a 
produit chez eux l'apparition de caractères morphologiques absolument 
particuliers également. Je vais ici en indiquer brièvement les principaux, 
me réservant d'étudier plus complètement cette question dans un mémoire 
prochain : 

i° C'est d'abord l'orientation spéciale de leurs poils, sur laquelle Kem- 
na (1) vient d'attirer récemment l'attention et que je crois devoir considérer 
comme en rapport avec la direction de la pesanteur. 

Chez le Bradypus cuculliger Wagler. , il se produit une interférence au 
point du corps qui se trouve être le plus inférieur dans l'attitude la plus 
habituelle. Là les poils sont courts et d'une couleur spéciale, qui a fait 
donnera cet animal le nom (Y Aï à dos brûlé. 

•2° La brièveté générale des muscles, et. le peu de jeu des surfaces arti- 
culaires, qui sont des caractères en rapport avec le peu d'amplitude des 
mouvements de membres (pie j'ai pu déterminer d'une façon exacte sur le 
Choloepus ayant vécu à la .Ménagerie. 

3° La réduction des séries digitées et la transformation des pattes en 
véritables crochets. Faute d'usage, les doigts disparaissent, se réduisant au 
nombre de trois et même au nombre de deux en avant chez les Choloepus. 
En même temps les ongles s'allongent, les pièces squelettiques des extré- 
mités souvent même se synostosent, et les muscles extenseurs et fléchis- 
seurs des doigts devenus inutiles s'atrophient progressivement. 

4° A l'inverse des articulai ions des membres, celles du cou sonl très mo- 
biles. Chez les Bradypodidae, la tête est toujours en mouvement, tournant a 
droite et à gauche, se relevant el s'abaissant sans cesse. Cette grande mobilité 
«le la tête semble pouvoir être considérée comme un facteur important, la 
sélection naturelle aidant , delà régression des premières cotes et del'allonge- 

1 Kemna, La disposition des poils chez le Paresseux didactyle. Hall. Soc. Zool. 
el Mai, Belgique, 1903. 



— 388 — 

ment du cou par augmentation du nombre des vertèbres cervicales. (Les 
Bradypodidae sont, on le sait, les seuls Mammifères chez lesquels le nombre 
des vertèbres cervicales soit quelquefois supérieur à sept.) 

Bref, en résumé, les Bradypodidan sont des Arboricoles exclusifs dans 
toute l'acception du terme, et ils semblent tendre, de par leurs conditions 
d'existence, à devenir le terme ultime de l'adaptation à la vie arboricole, de 
véritables masses suspendues par des membres transformés en crochets el 
donl la mobilité se localiserait plus spécialement dans la région cervicale. 
par le fait des mouvements répétés de la tête, en vue, vraisemblablement, 
de la recherche de la nourriture. 



/ Y ClÉRIDR SAHARIEN NOUVEAU (OriLO DBSERTORUM No\ . SI'.). 

PAR M. P. L.RSNE. 

Parmi les Insectes rapportés de l'Air par la Mission Foureau-Lainv li- 
gurail un exemplaire du genre Opilo, crue nous cherchâmes en vain à iden- 
tifier avec les espèces du même groupe déjà connues. M. Sigmond Schen- 
kling, de Berlin, à qui ce Goléoptère fut communiqué, ne le reconnut pas 
non plus pour une espèce déjà décrite; mais il hésita à le faire connaître 
d'après le seul spécimen que possédait le Muséum. Depuis, grâce à l'obli- 
geance de nos collègues de la Société entomologique de France, MM. L Be- 
del etJ. Magnin, nous avons pu examiner deux autres individus de cette 
julie espèce provenant tous deux du Sud algérien. L'étude des trois spéci- 
mens nous a permis de rédiger la description suivante : 

Opilo desertorum nov. sp. 

Long. 1 3-i G millimètres (,) . Elongatissimus , subparallelus, sat depressus . 
corpore supra, femoribus tibiisque setis longis llavescentibus perpendicu- 
lariter erectis hirsutis, capite brunneo, clypeo, prothorace, pectore, di- 
midio basali elytrorum, coxis trochanteribusque rubris, dimidio apicali 
elytrorum uigro, fascia eburnea suturam el marginem externum attingente 
nolalo, abdomine, femoribus tibiisque aigris; antennis, palpis tarsisque 
info brunneis. 

Caput supra dense punctato-rugosum, oculis antice sal profuode emar- 
ginalis, antennis i i-articulalis basem prothoracis haud attingentibus, 

1 Mensuration d<- l'individu d<- l'Àïr : Longueur du prothorax, •> millim. 7: 
longueur (!<■> élytres, S millim. 5; largeur do la tête, yeux compris, 9 millim. 9 : 
largeur du prothorax dans Ba moitié antérieure, a millim. 1; id, au col basilaire, 
1 millim. »'>-. largeur des élytres en arrière des épaules, 9 millim. 8; id. en arrière 
di- Ih fascie claire . a millim. 7. 



— 389 — 

artdculis iuniculi crassts, clava triarliculata , arliculo ultimo pyriformi,apice 
acuminato , latitudine sosquilongiori. 

Prothorax elongatus, lateribus antice fere rectis, subsinualis, ab apice 
osque ad quartam partem basilarem parallelis, dein angustato-rotundatis. 
Pronotum depressum. medio lougitudinaliter impressum, irapressione ca- 
nalicuia longitudinali tertiam partem longitudiuis pronoti attingente medio 
Qotata, disco sparse sal fortiter, circuitu densiore punctato , lateribus medio 
irregulariter plicatis. 





Opilo dexertorum Lesne, spécimen c? provenant do l'Air. 

A. Antenne (les deux premiers articles ne sont 
pas figurés I. — T. Tarse antérieur gauche, vu par la face externe. 

Elytra postice levissime attenuata (spécimen aïrense) aut leviter dilalata 
(specimina algerica), a basi usque ad fasciam eburneam fortiter ac regula- 
riter punclato-striata , inlerstitiis angastissimis , apice fortiter densissirae 
inordiitatira pimctata, margine apicali rétro speclante rolundato , haud 
f-marginato, breviter albo ciliato, angulo suturali recto apice acuto. 

Femora extus obsolète punctata, dense transversim lenuiter pïicata. Tar- 
sorum articuli 2-4 mcmbrana biloba instructi. 

d Segmentum abdominis quintum in latitudinem totam poslice arcua- 
lim profonde emarginatum. Elytra haud foveolata. 

9 Segmentum abdominis quintum poslice medio sinuatum. 

Aïr : Kerouane (Mission Foureau-Lamy, collections du Muséum d'his- 
toire naturelle) , î d\ Sahara algérien : Biskra,en mars (G. Olivier-Dela- 
marche, in coll. L. Bedel), î 9: Biskra (limon, in coll. •/. Magnin), i d*; 
Ouargla (sec L. Bedeiyi 

La fascie blanche des élytres atteint la suture, qui reste brune néan- 
moins sur une très mince épaisseur. Tantôt le front est entièrement ponc- 



if Signalé par Guérin dans les Annale» de la Société entomologique de France 
(année i85g, Bulletin, p. 191), bous le nom de rNoioxus cruentatus Spin.», 
comme reçu d'Ouargla par le général de Valdan. 



- 390 — 

tué-rugueux : tantôt il présente un espace presque lisse au milieu. Les 
înierstries des élytres sont moins larges que le diamètre des points des 
stries. Le sommet de la tète est teinté de rouge chez le spécimen de PAïr. Les 
individus algériens diffèrent en outre de celui de l'Aïr en ce «pie leurs 
élytres sonl sensihleinent dilatés en arrière, tandis que, chez le dernier, ils 
m mi très légèrement atténués. 

\jOpilo desertorum se rapproche surtout de l'O. dorsaUs Lucas, d'Algérie; 
mais il est plus petit, son corps est plus allongé et différemment coloré, et il 
est hérissé de soies proportionnellement plus longues, notamment chez 
led*. sur le dernier segment apparent de l'abdomen. Il en diffère encore par 
l'absence de Fossettes éh traies chez le "S. Le d* de l'O. dorsatis possède 
en effet, sur chaque éïylre, immédiatement en arrière de la fescie blanche, 
nue fossette allongée, ovalaire, densémenl pubescente (l . qui fait défaut 
chez la 9. 



ÈmiMBRATION DBS LoNGICORNBS HECIH.ILI.1S F.\ AsiB 
PAli M. DE Moi\GA\ . 

pab M. \L Pic. 

Les Insectes faisant l'objet de cet article ont été recueillis en 1 90A par 
M. de Morgan; ils proviennent, pour la plupart, de Perse, et appartiennent 
au Muséum de Paris (J) . Pour mieux distinguer les provenances, je sépare- 
rai les espèces provenant de la région caucasique de celles recueillies en 
Perse et régions voisines et, de plus, j'indiquerai pour chacune l'habitat 
précis relevé sur les étiquettes mises aux insectes. 

En complément de cet article, consulter le précédent (Bull, n" ■">. p. 3oo 
et 3oi ) où sont décrites plusieurs espèces el variétés recueillies pendant ce 
fructueux voyage. 

Inst'Cll'S <!«' la région r inr;isii|iii'. 

Pabandba caspica Mén. — Elbourz : Talyche. Ghilan. 
I'kio.m s cobiabid8 L. — Elbourz : Talyche. 

LbPTI Ri BCOTELLATA et Var. OCHBACEIPENNIS l'ic. — Llhourz : Talvrhe. 
Strangalia elboursensis no\. sp. — Elbourz : Talyche. 

Etroit et allongé, peu brillant, en majeure partie noir à macules fauves, 
orné d'une puhescence fauve courte et peu serrée, un peu soulevée; an- 
La présence (l'une semblable l'ussctte est indiquée par Gestro chez l'O. mi- 
nu i.l/i'i. Mus. et», <h G en ova, 1891, p. 761 . Vraisemblablement, il s'agit 
également ici d'un caractère Bexuel. 

i,; Quelques espèces ou variété* font aussi partie de ma collection : Polyar- 
ihnm iniiiuiuin Pic, Leptura Morgan* Pic, Dorcadion var. Morgani et ardebieme 



— 391 — 

tenues grêles, rousses avec le sommet « i«*s articles plus ou moins obscurci, 
1" article très long, 3' aussi, 'r plus court; tête large, portée sur un cou 
long, rousse avec le vertex <'l le fronl noirs: prothorax ooir, lâché de roux 
snr les côtés eo dessous, densémenl ponctué, très long.sinué sur les côtés, 
subgibbenx latéralement, diminué en avant, angles postérieurs saillants et 
presque droits; éiytres bien plus larges à la base que le prothorax, atté- 
nués en arrière, obliquement échancrés au sommet avec les angles externes 
saillants. GnemenI el éparsement ponctués, épaules arrondies et marquées 
en dedans d'une impression allongée: ces organes sont noirs et ornés cha- 
cun d'une tache infra-humérale et. sur le disque, de quatre taches ou 
courtes fascies disposées longitudinalement, isolées entre elles et des bords 
des éiytres. celles-ci fauves; dessous du corps noir avec l'extrémité de l'ab- 
domen un peu roussâtre; pattes grêles, rousses, avec les cuisses plus ou 
moins Foncées ainsi que l'extrémité des tibias et une partie des tarses. Lon- 
gueur, i ■>. millimètres. Une Q des monts Talyche. 

Sans doute voisin de St. inermis Dan. que je ne connais pas en nature, 
en différanl [tac le système de coloration et la disposition des macules ély- 
I raies; je ne pense pas que ce soit une simple variété de l'espèce de Daniel. 

Alosterna scaihlaris Heyd. — Elbourz : Talyche. 
Cerambo hultiplicatcs Mots. — Elbourz : Talyche. 
Akomia mosciiatv var. thoracica Fisch. — Elbourz : Talyche. 
Pdbpi hicf.ni s \\ achanri i Lev. var. — Elbourz : Haute vallée de Chahroun. 
Glvtis arietis var. Lederi Gglb.. — Elbourz : Talyche. 
CsLocLYTis Baktiiolomei Mots. — Elbourz : Talyche. 
— comptes Man. — Elbourz : forêt de Tunekaboun. 
Morimis vERECiNDis Fald. — Elbourz : Talyche, Ghilan, forêt de Tune- 
kaboun. 

Insecte* «le Perse. Lourlstan, etc. 

Prionos sp. (peut-être Balassogloi var. rrkvis Sem. ). — Poucht-é-Kouh : 
Sar-Bézin: Perse : chaîne Bordière de Suse à Ispahan. 

Pbiohus besicanus l'airm. — Perse : chaîne Bordière de Suse à ispahan. 

Polvartmron mini ri m Pic. — Perse : de Suse à Ispahan. 

Macrotoma scutellaris Germ. — Perse : chaîne Bordière de Suse à Is- 
pahan. 

Lbgosoha scabricorne Scop. — Perse et l'oucht-è-Kouh : Sar Bézin. 

Lepti r \ iiim Brull el var. — Ghaldée Persane : Aiernabad, et Poucht-é- 
kouh : Tag\-\lew la. 

Leptuba Morgani Pic. — l'erse : chaîne Bordière de Suse à Ispahan. 

Lepti r \ BCl tei.i.atv 01. — Perse : chaîne Bordière de Suse à Ispahan. 

Gobtodera i hbriperris var. Bosti Pic — Plateau persan occidental : de 
Zendjan à Irdébil. 

Gerambtx CERDG L. var. — Perse : chaîne Bordière. de Suse à Ispahan. 



— 392 — 

Aromia hoschata var. thoracica Fisch. — Perse : chaîne Bordière; Poucht- 

é-Koufa et Lourislan. 
Auomia hoschata var. ambrosiaca Slev. — Plaleau persan, de Hamadan à 

Casvin. 
Osphbahtbria coerulbscens Redl. — Perse : chaîne Bordière, de Suse à 

Ispahan. 
Osphranteria si aveolexs Redt. var. — Poucht-e-Kouh : Meillahandon. 
Sïhomatiim lnicolor Oi. — Plateau Persan : Hamadan. 
Gartalldm EBULDroM var. rikicolle F. — Chaldée persane. Plateau persan 

occidental : Poucht-é-Kouh. 
Pugionotus BoBELAYEl var. Moi /.ai ht, i Pic. — Perse : de Suse à Ispahan. 
(Ilvti s floralis Pall. — -Poucht-é-kouh : Meillahandon. 
(Ilytanthis verbasci var. Faldermanni Fald. — Plateau persan : Hamadan. 
Dobcadion rrinnkicoi.i.i: Kc. 9 var. — Plateau persan, de Hamadan à 

Gasvin. 

La 9, crue je crois devoir rapporter à cette superbe espèce, est très ro- 
buste: elle a les élvtres ornés d'une bande numérale blanche complète el . 
en plus, d'une bande dorsale assez régulière parlant de la base, prolongée 
presque jusqu'à l'extrémité et rapprochée de la bande humérale. 

Quelquefois, chez le d\ le prothorax s'obscurcit et la bande dorsale 
blanche des élvtres manque, tandis que la bande humérale largement effa- 
cée antérieurement est seulement marquée à l'extrémité (v. casvinense m.). 

Dorcadiox talyschense var Morgan i Pic — Plateau persan occidental , de 

Zendjan a Ardebil. 
Dorcadion talyschense var. ardebie.nse Pic. — Plateau persan occidental, 

de Zendjan à Ardebil. 
Dobcadion Plasoni Kr. et var. — Plateau persan occidental, de Hamadan à 

Ardebil. 
D. cingilati m Gglb. et var. — Lourislan et Pouchl-é-kouh. 
I). Helmanni Gglb. var. — Plateau persan occidental, de Zendjan à Ar- 
debil. 
I). scabricolle Daim. var. — Plateau persan occidental, de Hamadan à 

Ardebil: Lourislan. 
D. skmiargentatum Pic — Perse : Azerbeidjan, massif du Sahend. 
D. sp. (peut rire Faldermanni var.). — Plateau persan occidental, de 

Khorrémabad à Hamadan. 
AfiAPAHTHiA coeruleipennis Friv. — Chaldée persane el Lourislan. 
\i.. cABDOi L. — Chaldée persane : Suse et Dehleroun. 
Calamobios iu.i m Pmssi. — Chaldée persane el Lourislan. 
Mallosia ëirabilîs Fald. — Plateau persan occidental, de Hamadan à 

Zendjan et massif du Sahend. 
ComzoïUA Edoehiab Gglb. cf. — Lauristan : Tchahar-Dooul à Kirmanchah. 



— 393 — 

Je crois devoir rapporter à cette espèce une 9 de la Ghaldée persane à 
revétemenl élvtral uniforme et dont voici la description : 

issez ailongé, subparallèle, noir revêtu d'une pubescence jaunâtre dis- 
posée en bandes sur le prothorax et continue sur les élytres;tête moyenne, 
sillonnée sur le front et le vertex, en partie pubescente, à ponctuation 
forte el écartée; antennes noires assez grêles, atteignant presque le somme! 
des élylres, troisième article très long, plus long que le quatrième; protho- 
rax court, à peine plus large sur le milieu, sillonné transversalement près de 
la base qui est relevée, modérément ponctué, à large bande médiane pu- 
bescente el cotés latéraux également pubescents avec quelques grands poils 
dressés; éiytres subdéprimés, un peu atténués à l'extrémité, obliquement 
tronqués en dedans au sommet, à ponctuation en partie mi-voilée par la 
pubescence el plus distincte en avant; pygidium saillant, peu long, élevé 
en carène sur son milieu et impressionné au sommet de chaque côté; 
pattes moyennes, foncées; dessous du corps pubescent de jaunâtre. Lon- 
gueur. 18 millimètres. 

Phytoecia (Misaria) puncticollis Fald. — Plateau persan occidental, de 
Zendjan à \rdébil, etc. 

Phytoecia (Helladia i febrdgata Gglb. var. — Louristan. 

Phytokcia (Hblladia) himeralis Wall. — Ghaldée persane : Suse el Lou- 
ristan. 

Pu. (Helladia ) pretiosa Fald. — Ghaldée persane : Suse. 

Ph. (Helladia) millefolii Adams. — Plateau persan occidental, de Hama- 
dan à Zendjan. 

Phytoecia Pici Reitt. — Plateau persan, de Hamadan à Gasvin. 

Ph. virgula Gbarp. — Ghaldée persane : Tidar. 

Ph. Bangi Pic. — Ghaldée persane : entre Tcham-i-kaw elle Sein-Merreh. 

Oberba erythrocephala Sch. var. — Perse : chaine Bordière, de Suse à 
Ispalian. 



DlAGNOSBS PRELIMINAIRES DE 3â ESPECES ET VARIETES WUVELLES, 
ET DE 2 GENRES SOUVEAUX DE DÉCAPODES in; M 1//./; RoUGE , 

PAR M. G. NoBILI. 

1 Musée de Zoologie ki d'Anatomie comparée, Ti rin. | 

Ces diagnoses sont extraites d'un travail sur la Faune carcinologique de 
la Mer Kouge qui paraîtra au cours de l'année 1906, dans les Annales des 
Sciences naturelles. Dans ce travail seront données les descriptions étendues 

et |c> ligures. 



— 394 — 

Les types de 39 espèces nouvelles appartiennent au Muséum, ceux do 
3 espèces au Musée Zoologique de Turin, celui de i espèce au Musée 
de Modène. 

MT.WTIV 

SERGESTIDAE. 
GrENRK .lc'«'tes Edw. 

Acetes erythraeus nov. sp. 

c? Voisin de icetes japonicus Kish '. Longueur du mâle, 33 millimètres, 
(iarapace moins que un tiers de la longueur du corps, armée d'épines sus- 
oculaires et hépatiques assez fortes: sillon cervical à peine marqué sur le 
dos, sillon gastro-hépatique faible, branchiostégitc avec deux sillons. Rostre 
saillant bidenlé, une autre dent sur la carapace en arrière du rostre. Veux 
gros et obconiques. cornées bien détachées du pédoncule. Pédoncule des 
anlennules dépassant le scaphocérite de moitié environ de son dernier 
article; i e ' article plus que deux fois aussi long- que le 2 e mesuré sur le 
bord interne, plus que deux fois et demie aussi long sur le bord externe; 
•» r article court et légèrement renflé; 3 e article cylindrique non renflé, plus 
que une fois et demie aussi long que le bord interne du 
9 e article, et plus que 3 fois aussi long que le bord ex- 
terne. Gros fouet des antennules du mâle double par 
32 articles environ; des (hux autres fouets, l'un séti- 
forme avec des denticules sur le segment basai, l'autre 
segmenté, avec des appendices sensoriels. Scapbocérite 
plus que quatre fois aussi long que large, à extrémité 
arrondie: épine apicale ne dépassant pas l'extrémité. An- 
tennes à fouet très long , conformées presque comme dans 

'.''' Y m0 ,'~ I . japonicus. mais à poils plus rares. Maxillipèdes externes 

tié du petasma de •' r ,. . 1 \ , ,.„ . , * 

Aeetet erythraeus. non ehv S ls - s:,ns exopode, à 6 article non segmente, 
plus courts que la 3 e paire de pattes. Trois premières 
pattes avec des longues soies, à pinces rudimentaires et microscopiques. 
Pattes de la impaire du mâle avec un Greiforgan formé de petites épines bar- 
belées. Branchies comme dans I. americanus Ortm. Pélasma caractéristique 
voir 6g. i |. 6' article de l'abdomen plus long que 1rs autres. Telson 
plus court que l'exopode des uropodes, sillonne en dessus, cilié, dé- 
pourvu d'épines. Portion ciliée de l'exopode des uropodes ayant plus que 
le tiers et moins que la moitié de la longueur du bord externe. 

Mer Rouge et l'érim (M. Jousseauine). Djibouti, dans la cavité d'une 
Beroë(M. du Bourg de Bozas). \bdelkader, près de Massaouah, et Mas- 
saouali i Musée de Turin i. 

10 Annotât. Zool. Japon, V, pi. I\. igo5, p. i63. 




— 395 — 

Genrb Lucifer Thomps. 

Lucifer Hanseni nov. sp. 

d* 9 Portion céphalique mesurant un sixième de la longueur totale du 
corps et deux fois la longueur de la carapace: i" article du pédoncule des 
antennules plus long que les yeux: pas de phymocérite, scaphocérite plus 
long que les yeux. Bords des segments abdominaux sans épine, 6° seg- 
ment abdominal pourvu de deux épines dans le mâle, saiis épines dans la 
femelle. 

Diffère de L. Reynaudi par la portion céphalique plus longue, par le 
i" article du pédoncule des antennules plus long que les yeux, par 
le 6° segment abdominal de la femelle non armé. 

Longueur, 1 2 millimètres. 

Djibouti (M. Gravier). 

HIPPOLYTIDAE. 
Genre Pasehocarîs nov. gen. 

Mandibules bipartites, à processus incisif bien développé et denté, sans 
palpe; carpe de la 2 e paire de péréopodes divisé en six articles. Une podo- 
branchie à Mil et IX, pas d'arthrobranchies , cinq pleurobrauchies de X 
à XIV. Pas d'épipodes ni d'exopodes aux pattes tboraciques. Type : Hippo- 
lyte paschalis Dell. 

LATREUTIDAE. 
Genre Latrcutes Stimpson. 

Latreutes mucronatus var. multidens nov. sp. 



Rostre armé de — dents dans des exemplaires de la Mer Rouge, de 

— dents dans d'autres de Java; au lieu de- comme dans les exem- 

0-10 6 

plaires du Japon et de la Chine. 



PALAEMONIDAE. 
Genre Brachycarpus Bâte. 

Brachycarpus advena nov. sp. 

Rostre aussi long que le scaphocérite, armé de 8 dents en dessus, dont 2 
sur la carapace et de lx en dessous. Petit fouet des antennules soudé par envi- 
ron 12 articles. Une épine antennale et une épine hépatique. Pattes de la 

paire dépassant le scaphocérite d'une partie du carpe, mérus plus long 



1 



Ml SÉLM. II. .21 



— 396 — 

que le carpe, carpe plus court que la main: paume un peu plus courte que 
hs (Inijvls. Pattes de la 9." paire plus courtes que le corps : méïus armé 
d'une il. Mil subapicale, carpe court obconique, main deux fois aussi longue 
que le mérus, uo peu aplatie: doigts un peu plus courts que la paume. 
Maxillipèdes externes dépassant le pédoncule des antennes de plus que 
moitié de leur avant-dernier article. Dactylopoditei fortement biunguiculés. 

Longueur, 33 millimètres. 

Mer Rouge. 

REPTANTIA. 
Genbjb Scyllarus Fab. (Ardus Dana). 

Scyllarus pumilus nov. sp. 

Voisin de Se. bicuspidatus De Mah et ayant aussi la carapace ornée de 
deux saillies seulement, et faiblement écailleuse sur les régions gastrique 
et cordiale: mais différant par l'extrémité antérieure du sternum nettement 
échancrée et angulaire, par ses pâlies ihoraciques III et l\ non sillonnées 
(ou tout à fait superficiellement ), par les dents du dernier article des an- 
tennes séparées par des petites incisions (les incisions sont profondes et 
plus larges dans S. bicuspidatus). par l'absence de deux petites dents en 
arrière de la 2 e saillie qui s'observent dans hicuspidnlus ( D« M\\, in liU.), 
par la partie calcifiée du toison terminer par deux dénis seulement. 

Mer Uouge (Musée Turin). 

Scyllarus Paulsoni nov. sp. 

Ce nom est donné à Se. Gtaidtachi (!\ai.so\ nec V. Martbhs). Celte 
espèce se reconnaît par la présence de deux fossettes on arrière du rostre, 
par le a° article des antennes externes nettement tridenté sur le bord 
externe, unidenté et denticulé sur le bord interne, et pourvu sur sa sur- 
face de quatre tubercules parallèles au bord externe. V article découpé à 
fextrémité en cinq dents tronquées, bidenté sur le bord interne. Carapace 
rnlièremrnl tuberrnlée. Uicunc créle de l'abdomen n'est particulièrement 

saillante. 

Genre C'alliaiiassa. 

Callianassa (Trypaea) Gravieri no\ . sp. 

Rostre spiniforme atteignant la moitié des cornées. Cornées placées au 
milieu du pédoncule des yeux. Pédoncules des antennules plus longs que 
«•eux des antennes; leur :'.' article presque deux lois aussi long que le a*. 
l'aiies de la «" paire pou Inégales; isekium de la grande patte 1res fin e- 
meiii deniiiul.- en dessous: ntérua oxalaiie aimé de iiois dents, le mitofea 
1res taillant Cerne MibégaJ en longueur è II main entière, non deafti 
Main usée sur les deux bords, doigta un peu bâillants, doigt li\e finement 



^= 307 — 

dentelé, Mi rus de la petite pince avec une seule gpûgse dent un peu en 
a\ant de la moitié, carpe « I ï -s I i 1 1 1 - 1 1 ■ 1 1 1 1 • 1 1 1 plus [ong que la main entière, l'ro- 
pmlile de la I" paire un peu élargi iiifi ; rieiirenieiil , mais non saillant en 
lobe, i" article (le l'abdomen beaucoup plus court (jiio le 2 e , qui est le 
]»llis [ong (h* tous: arlirles ."> B| li plus longs que lit %* quj es( plus court 
que le i cr . Tilson plus pOHPl que I.' 0' segment, aussi long que, l'endopode 
de» uropodes, tronque arrondi au bout, sans crêtes. Kxopode des urnpodes 
avec deux crêtes en ilrssus, endopode lisse. 

Longueur, jô millimètres. 

Obock (M. Cimier), 

GALATHEIDAE. 
Genre dialathea. 

Galathea humilis nov. sp. 

Rostre grêle, mesurant en longueur moins que une fois et demie sa lar- 
geur interoculaire, e1 armé sur les côtés de trois dents seulement, dont 
la 2 e est la plus longue et assez éloignée de la i' e . Surface du rostre con- 
cave et un peu poilue; longueur du rostre entre Je tiers et la moitié de la 
longueur de la carapace. Surface de la carapace sans épines, sillon cépha- 
liquepas particulièrement marqué. Mérus des maxillipèdes externes pourvu 
d'une dent à l'extrémité: œtte dent est entaillée, portant une autre petite 
dent, Chélipèdes grêles, deux fois aussi longs que la carapace; les surfaces 
planes non épineuses: ischium faiblement denté, mérus avec deux épines 
fuites sur le bord interne, à extrémité spiuiforme, la surface dorsale avec 
quelques saillies subspiniformes; carpe avec 2 épines nettes et 1-2 plus 
petites et a-3 aspérités du côté interne: main avec 2 épines sur le bord ex- 
terne, faiblement denticulée sur le bord interne. Main un peu plus que 
deux fois aussi longue que le carpe, environ trois fois aussi longue que 
large; paume un peu plus longue que les doigts. Doigts bâillants, à pointe 
excavée; le doigt mobile a deux grosses dents: le lixe, une. 

Longueur de femelles ovigères. % millim. 5 à h millimètres. 

Djibouti i M. Ooutière). 

PORGELLANIDAE. 
Qgjftë l*«lyouyx Stin. 

Polyonyx pedalis nov. sp. 

Carapace à peine plus longue que large, dépourvue de crêtes sur les 
bords latéraux et de dents épibrancbiales: Iront Large, avec un petit lolie. 
\n milieu, lobes latéraux droits, \11gle orbitaire externe non saillant . 
Lhélipèdes inégaux, à surface externe glabre, à surfne interne poilue. 

27. 



— 308 — 

Mérus sans épine interne-inférieure , ne formant pas de lobe; carpe du 
gros chélipède liés renflé, lisse sur les deux bords, sa largeur ayant les 
deux tiers <le sa longueur, pins court que la main. Main bombée, irrégu- 
lièrement triangulaire: bord inférieur avec mie crête finement denticulée 
eî poilue; doigl mobile fort, crochu, sans dents, plus long que le doigt 
fixe et plus court que la paume; doigl fixe court, à pointe crocbue. avec 
saillie basilaire très large, oblique et dentelée. Petit chélipède plus grêle 
mais d'égale forme. Pattes ambulatoires courtes et poilues, mérus denté à 
l'extrémité de son bord inférieur, propodile denticulé sur le bord inférieur. 
dactylopodite avec h onguiculés, dont le deuxième est plus fort. 

Longueur, 6 millim. 5: largeur, 6 millim. y5. 

Djibouti (M. Jousseaume). 



BRACH1URA. 

OXYSTOMA. 
Genre \ursia Leach. 

Nursia Jousseaumei nov. sp. 

Carapace plus large que longue, bordée par des gros granules sur tout 
son boni, excepté le front. Front concave en dessus, failtlement tridenté, 
à lobe médian très peu saillant. Régions hépatique et ptérygostomienne 
formant un angle saillant et bordées par des granulations. Bords latéraux 
au delà de la facette bépatique courbés: une dent à la jonction avec les 
bords postéro-laléraux. Bords latéro-poslérieurs convergents obliquement 
en arrière, angles postérii urs bien marqués, bord postérieur sinueux avec 
un lobe au milieu. Région gastrique saillante avec un amas de granulations; 
région cordiale encore plus saillante, parfois pédonculée, granulée; la 
saillie gastrique et la cordiale reliées entre elles par des granulations, l'as 
de crête entre le front et la région gastrique, une crête arquée va «le la 
région gastrique à la dent latérale; pas de crête bépatique. ni de crête 
transversale postérieure, ni de crête longitudinale. Régions (excepté les 
saillies) lisses et un peu concaves. Chélipèdes plus courts que la largeur 
de la carapace, linement granuleux; main et carpe avec mie faillie ligne de 
granulations sur le bord interne. Pattes ambulatoires comtes et faiblement 
granuleuses. Avant-dernier article de l'abdomen du mâle pourvu d'une 
toile lient laminaire, un peu recourbée en arrière. 

Largeur de la carapace, c? S millimètres. 9 S millim. y5: longueur de 
la carapace, <$ 6 millim. 5,9 7 millimètres. 

Mer Ronge, Périm et Obock i M. Jousseaume). 

Var. Cornigera nov. sp. 

Bords latéro-antérieurs non arqués, passant en ligne droite dans les angles 



— 399 — 

latéraux qui sonl 1res forts; corniformes el recourbés en haut. Saillie cor- 
diale fortement pédonculée; bord postérieur bilobé. 
Mer Rouge i M. Jousseaume ). 

Genre l'Jsalia Leach. 
Ebalia abdominalis nov. sp. 

Carapace un peu pins longue que large, pourvue de <lenx sillons longi- 
tudinaux médiocrement profonds. Partie antérieure non granulée, les autres 
parties granulées , quelques-unes des granulations perlacées. Front bilobé, 
un peu plus court que le bord épistomien dans les jeunes, plus long dans 
les adultes. Régions sous hépatique et ptérygostoinienne peu saillantes. 
Bords latéraux finement granulés; bord postérieur arrondi uniformément. 
Want-dernier article de l'abdomen du mâle quadrangulaire, beaucoup plus 
large que les autres, plus large que long, et avec un gros tubercule denti- 
forme. Chélipèdes du maie adulte deux lois aussi long que la carapace, 
finement granuleux: carpe avec une ligne de granulations; doigt (ixr 
pourvu sur sa face supérieure d'une ligue de granulations terminée par un 
granule perlacé. Propodite des pattes ambulatoires de la i™ paire du mâle 
[mitant sur le bord inférieur une grosse crête tranchante, bien saillante. 

Longueur de la carapace, 7 millimètres; largeur, 6 millim. 75. 

Mer Rouge, \deu. Périm ( \f. Jousseaume), Djibouti (M. Coutière). 

Ebalia lacertosa nov. sp. 

Groupe de ilgirica el Wood-Masoni. Carapace un peu [dus large que 
longue, presque hexagonale, à sillons longitudinaux très profonds et à ré- 
gions médio-longitudinales bien saillantes, granulées. Front saillant, large, 
sillonné, bilobé, à lobes triangulaires, dépassant l'épistomc. Régions bran- 
chiales bien renflées; bord postérieur de la carapace droit avec les angles 
prononcés. Avant-dernier article de l'abdomen du mâle plus long que 
large. a\ec un petit tubercule arrondi. Chélipèdes plus que deux fois aussi 
longs que la carapace; carpe avec une petite rangée de granulations; main 
lisse, à bord inférieur sinueux; doigl mobile recourbé et pins long que le 
boni supérieui de la paume ; doigts bâillants et dentés à la pointe seulement. 

Longueur, '\ millimètres; largeur, h millim. aH. 

Mer Rouge et Obock (M. Jousseaume). 

0\YIIHIY\4 ll\. 

PARTHENOPIDAE. 
Genre Lainiiriis Leaeh. 

Lambrus (Thyrolambrus) leprosus nov. sp. 

\i>isin de Th. lluihbuni De Man. Carapace à contour pentagonal, longue 



— 400 — 

des trois quarts de sa largeur, à lianes retombant presque verticalement , à 
front large, infléchi, à bord postérieur droit, à bords postéro-latéraux 
bien distincts et convergents en angle obtus. Une dépression irrégulière 
sépare la région gastrique de la cordiale cl des branchiales. Région gas- 
trique saillante, concave en avant vers le Iront; région sous-hépatique tu- 
berculiibrme; région hépatique non séparée de la gastrique et des bran- 
chiales. Vrai bord latéral infléchi divisé en 6-7 lobules arrondis, très peu 
distincts. Front concave, aussi long que large, arrondi au bout. Régions 
branchiales irrégulièrement tuberculeuses, divisibles avec difficulté en trois 
mamelons déprimés. Surface de la carapace irrégulièrement noduleuse, non 
érodée ni réticulée. Fossettes antennaires presque droites. Sternum gra- 
nulé et peu érodé, avec des fossettes irrégulières; avec une grosse cavité 
sur le premier segment, un peu plus large que longue, occupant toute la 
largeur du segment et non divisée par une cloison. Ghélipèdes un peu 
inégaux, le plus gros presque deux fois aussi long que la carapace. Ischium 
granulé avec 3-4 dents tuberculiformes sur le bord antérieur; bras une 
fois et demie aussi long que large , avec quelques tubercules irréguliers 
sur sa surface, 2-3 tubercules sur le bord antérieur et 5-6 tubercules sur 
le bord inférieur; bord postérieur lisse. Carpe granuleux avec 3 tubercules 
sur le bord interne. Main croissant en hauteur vers l'articulation digitale , 
conformée presque comme dans Th. Rathbuni, Doigts courbés, gros, ne 
se joignant pas et sans dents sur la grosse pince, se joignant et faiblement 
dentés sur la petite. Pattes ambulatoires courtes, irrégulièrement granu- 
lées et noduleuses; leurs méropodites n'ont pas les dents en forme de 
grecque de Th. Rathbuni. (Voir De Man, Abh. Senckenb. Ces., XXV. 1902, 
pi. XXII, fig. 35.) 

Longueur de la carapace, 21 millim. 5; largeur, 28 inillim. 5. 

Mer Rouge (Musée de Turin). 

Lambrus (Rhinolambrus) montiger nov. sp. 

Carapace profondément divisée longitudmalemenl en trois zones. Région 
gastrique nettement séparée de la cordiale; légion gastrique portant un 
tubercule, région cordiale rehaussée en gros mamelon conique incliné en 
arrière; régions branchiales portant deux proéminences coniques fortin, 
aussi inclinées en arrière. La surface antérieure de ces proéminences est 
ponctuée, la postérieure tuberculée. Front très long, infléchi, aigu, non 
denté, profondément creusé en gouttière en dessus. Bords branchiaux dé- 
coupés en 7 lobules arrondis. ChéHipèdes inégaux; le plus gros deux fois 
et demi aussi long que la carapace; bras lubcylindrique orné de tuber- 
cules granuleux; main longue croissant de la base à l'articulation digitale, 
où elle mesure en bauteur un tiers de sa longueur; bord externe avec 
3 tubercules granulés, crête de la face supérieure avec 3-4 lobes saillants 



— 401 — 

et festonnas et des tubercules granulés; bord inférieur obtusemenl crénelé. 
Meropodite des pattes ambulatoires non dentés. 

Longueur de la carapace, 10 millimètres; largeur, 9 millim. 5. 

Djibouti 1 M. Coutière). 

C'YCLOJIKTOIM. 

PORTUNIDAE. 
Genre \cptunu* De Haan. 

Neptunus (Hellenus) Alcocki nov. sp. 

Voisin de N. rugosua A. Edw. Carapace non convexe niais très bosselée. 
Région gastrique déprimée, front rehaussé. Parties saillantes couvertes de 
petites granulations plus grosses en arrière. Une grosse crête saillante et 
granulée part de chaque épine latérale. Régions cordiale et intestinale sub- 
divisées en 5 lobes très saillants et granuleux, accompagnés de chaque 
côté par un bourrelet longitudinal saillant aussi. Régions branchiales dépri- 
mées. Angles postérieurs de la carapace spiniformes et très saillants. Front 
divisé en trois dents triangulaires obtuses et peu saillantes, la mitoyenne 
plus courte. Orbites entièrement dorsales. Courbure des bords antérieurs 
à petit rayon; 8 dents alternativement grandes et petites, l'épine courbée 
en avant et plus que trois fois aussi longue que la 8 e dent. Chélipèdes 
granulés. Mérus avec 3 épines à l'extrémité de son bord postérieur et 3 
sur son bord antérieur, carpe granuleux et armé de crêtes avec 3 épines 
et 1 interne médiocre; main granuleuse et ornée de crêtes, armée de 
3 épines. Pattes de la 5" paire sans épines inéropodales. 

Longueur de la carapace, 6 millim. 75 : largeur sans les épines, 10 milli- 
mètres. 

Djibouti (M. Jousseaume). 

Genbe Charybdi* De Haan. 

Charybdis (Goniosoma) heterodon nov. sp. 

Carapace aplatie, longue des deux tiers de la largeur, glabre, finement 
ponctuée, faiblement granulée près des dents latérales. Lignes granuleuses 
faibles; pas de ligne en arrière de la dernière dent. Front divisé en 6 dents; 
les h mitoyennes tronquées-arrondies , réunies en deux groupes séparés par 
une fissure étroite, les 3 externes triangulaires et plus courtes. 2* dent des 
bords latéraux égale à la 1", mais soudée avec elle et libre seulement à la 
pointe en formant une dent unique à 2 pointes; dent suivante lancéolée, 
large, à bord postérieur angulaire; les autres spiniformes, l'avant-dernière 
un peu plus petite. Chélipèdes un peu inégaux; bras armé de 3 épines sur 
le boni antérieur, inerme postérieurement; main à crêtes faiblement gra- 



— 402 — 

nuleuses. avec 5 épines. Méïus de la 5 e paire non sillonné, armé d'épine; 
propodile denticulé. 

Largeur de la carapace, 18 millimètres; longueur, 27 millim. 5. 

Genre Thalamita Lat. 

Thalamita de Mani nov. sp. 

Thalamita invicta, De Man, Zool. Jahrb. Syst., VIII , i8q5, p. 565, 
pi. XIII, fig. 11, nec Th. invicta Thallwitz. 

Front quadrilobé avec les lobes médians larges séparés par une très 
petite échancrure médiane , à lobes externes obliques, à pointe obtuse et 
arrondie. Une ligne saillante sur la partie postérieure de la carapace, plus 
large que le bord postérieur de cette dernière. Bords latéraux armés de 
h dents seulement. Article basilaire de l'antenne externe court. Main armée 
de 5 épines. (Voir la description de De Man (I) .) 

Longueur de la carapace, 8 millim. 5; largeur, i3 millim. 5. 

Djibouti (M. Gravier). Obock (M. Jousseaume). 

Thalamita bandusia nov. sp. 

Carapace peu convexe, longue des deux tiers de sa largeur, glabre, avec 
deux lignes saillantes sur la région gastrique et une entre les dernières 
dents; pas de lignes en arrière. Front découpé en 6 lobes (orbitaires 
exclus), les 9. internes un peu plus saillants, tronqués-arrondis et plus 
étroits, les deux intermédiaires plus larges et tronqués, les externes petits, 
obliques et arrondis au bout. Bords latéraux découpés en k dents, disposés 
comme dans Th. Hanseni Aie. : la 1" et la 6 e grosses et longues, la 3 e très 
petite. Orbites mesurant presque la moitié de la dislance entre les angles 
susorbitaires internes. Cbélipèdes un peu inégaux, finement granuleux; 
bras avec 3 épines sur le bord antérieur, sans épines postérieurement; 
carpe avec 1 épine très forte sur son bord interne et 2 spinules sur sa sur- 
face: main avec k crêtes et 5 épines (1 rudimentaire). Pattes ambulatoires 
très élancées, cerclées de couleur noirâtre; mérus de la 5 e paire avec une 
épine, propodite denticulé. 

Longueur de la carapace, 5 millim. 75; largeur, 8 millim. ^5. 

Périm et Aden (M. Jousseaume). 

!1 > Il v a trop de différences entre la description et les figures de De M an et 
celles de Thallwitz pour admettre l'identité euh.' 1rs deux formes. Le nombre 
dis dents latérales (rai pouvait paraître une anomalie dans le seul exemplaire de 
Atzeh, devienl mi bon caractère, car on le retrouve tel quel dans les individus 
de Djibouti ri d'Obock. Le nombre des dents est d'ailleurs souvent île h dans 
les Thalamites à article basilaire court, telles (pie Cooperi, pilumnoides, Han- 
seni, etc. 



— 403 — 

Genre Thalamitoides A. M. Edw. 

Thalamitoides tridens var. spinigera nov. 

Article basilaire des antennes pourvu de 3-4 épines acérées. Main armée 
de 7 épines seulement. 

Mer Rouge (Musée de Turin). Obock (M. Jousseaume). 

XANTHIDAE. 
Genre Carpilodes \. M. Edw. 

Garpilodes diodoreus' 1 ' nov. sp. 

Carapace notablement bombée, très lobulée et garnie de petites granu- 
lations perlacées , distinctes et isolées, bien que très rapprochées; 5o gra- 
nulations sur le lobe protogastrique externe. Sillons interaréolaires relati- 
vement larges et lisses; aréoles déprimées. Aréole protogastrique divisée 
dans toute sa longueur en a lobes, dont l'externe est presque deux fois 
aussi large que l'interne: celui-ci se fusionne avec le lobe épigastrique 
correspondant. Lobes aF fusionnés avec le front; 4M séparé; région cor- 
diale bien délimitée en avant et en arrière, se confondant latéralement 
avec les régions postérieures; 5L et 6L bien distincts, aL fusionné avec 3L. 
Front infléchi, à lobes médians arrondis et bien séparés. Lobes des bords 
antéro-latéraux arrondis, non saillants, le i er plus long que le a e et sub- 
égal au 3 e . Régions inférieures granuleuses. Ghélipèdes aussi granuleux 
que la carapace, non noduleux; carpe non sillonné, avec deux saillies 
coniques du côté interne. Les granulations sur la paume tendent à se dis- 
poser en lignes longitudinales. Pattes ambulatoires granulées ainsi que la 
carapace. 

Lougueur de la carapace, n millimètres; largeur, 19 millimètres. 

Pi'i'im, Obock, Djibouti (M. Jousseaume). 

Genre Actaea De Haan. 

Actaea sabaea nov. sp. 

Voisine de A. sundaica De Man (type examiné). Carapace environ 1 fois 
et demie aussi large que longue, convexe en sens longitudinal, moins en 
sens transversal. Surface bien lobulée en avant, non lobulée en arrière; 
région protogastrique entièrement divisée, lobe externe un peu plus large. 
Lobes é[)i gastriques bien séparés du front. Front saillant, hilobé, sem- 
blable à celui de sundaica. Lobes latéraux bien nHs: régions séparées par 
des sillons larges et profonds. Rords antéro-latéraux découpés en U lobes; 

A 

( n \ioè'J)pov vfiaos. Ile de Périm. 



— àOà — 

r r lobe plus que 1 fois et demi aussi long- que le 2 e et un peu plus que 
le 3 e : ils sont séparés par des sillons très nets. Bord orbitaire renflé. Cara- 
pace ornée de nombreuses granulations isolées, celles de* Lobules grosses, 
les autres en arrière petites. Granulations des lobes plus petites et plus nom- 
breuses que dans sundaica (i6-a5 sur le lobe prologastrique externe). 
\ivoles P et bord postérieur de la carapace sans les lignes de gros granules 
de sundaica, mais finement granulées. Chélipèdes granulés, plus faiblement 
que dans sundaica, celles de la moitié inférieure de la main disposées en 
série. Couleur rouge pourpre; poils soyeux blonds. 

Longueur de la carapace, 18 millimètres; largeur, 27 millim. 5. 

Périra et Djibouti (M. Jousseaume). 

Actaea pisigera nov. sp. 

Carapace longue des trois cinquièmes de la largeur, glabre. Lobes latéro- 
anlérieurs distincts, bords postérieurs droits. Toute la surface ornée de 
gros tubercules pisiformes, dont ceux près des bords pédoncules. i4 tuber- 
cules sur le lobe protogastrique externe; tubercules plus petits sur les 
régions postérieures, tendant à se fusionner, avec des fossettes entre eux; 
la surface des régions postérieures apparaît ainsi érodée. Tubercules anté- 
rieurs composés à la surface de granules. Lobulation de la partie antérieure 
nette, mais, par suite de la grosseur des tubercules, peu discernable; aire 
protogastrique divisée incomplètement. Orbites entourées de gros tuber- 
cules pisiformes (7 environ). 1" et 9° lobes des bords latéraux arrondis. 
3" et h' lobes saillants. Bords latéro-postérieurs plus longs que les latéro- 
antérieurs. Surface inférieure du cépbalotborax tubereulée et érodée. Ché- 
lipèdes couverts aussi de tubercules pisiformes, pédoncules, formés de 
granules, disposés en rangées sur la main. Pattes ambulatoires granuleuses, 
tuberculées en dehors , ornées de tubercules fongiformes nettement pédon- 
cules sur le bord supérieur. 

Longueur de la carapace, i3 millimètres; largeur, 22 millimètres. 

Actaea rufopunctata var. retusa nov. 

A. rufopunctata De MàN, Not. Leyd. Mus., II, 1880, p. 17».. — Ibid., 
111, 1881, p. <)ti; Abh. Senckenb. des., XXV, 1902, p. O08. 

Lobes médians du front peu saillants, séparés par une faible éebancrurc 
triangulaire et formant avec les lobes externes du front un angle large- 
ment obtus, ou s'y rattachant par une courbe. Premier lobe des bonis 
antéro-latrranx fusionné avec l'angle orbitaire externe; il y a ainsi h lobes 
seulement. Granulation! des lobes de la carapace plus nombreuses et plus 
déprimées : 45-48 granules sur le lol>e externe de la région protogaa- 
trique. 

Mer Rouge (Musée de Turin ). 



— 605 — 



Gerbe Chlorodius. 



Chlorodius lippus nov. sp. 

Carapace 1 fois et demie aussi large que longue, sans trace de régions, 
excepté le sillon en V à l'extrémité de la région mésogaslriquc, grossièrement 
ponctuée, mais sans granules et sans lobulations. Bord orbitaire très 
renflé. Dislance exlraorbitaire plus grande que la longueur de la carapace 
et égale aux trois quarts de la largeur de cette dernière. Front large , à bord 
mince, faiblement échancré, à angles externes prononcés. Ghélipèdes sub- 
égaux: mérus non denté, carpe avec 9. saillies coniques; main lisse avec 
un sillon près du bord supérieur. Doigts plus longs que la paume, excavés. 
Pattes ambulatoires grêles et élancées, presque glabres, lisses; doigts avec 
des spinules cornées comme dans Chl. barbotas Borr. 

Mer Rouge (M. Jousseaume et Musée de Turin). 

Genhe iPilodius Dana. 

Pilodius armiger nov. sp. 

Carapace assez large, bombée, non lobulée, avec des poils longs et 
rares; front large, divisé profondément par une large échancrure triangu- 
laire, visible d'en dessus. Bords latéro-antérieurs arrondis et plus courts 
que les bords latéro-postérieurs, armés de -2-3 tubercules dentiformes. 
Chélipèdes inégaux. Bras tubercule en dessus, armé d'une longue épine à 
l'extrémité du bord antérieur; carpe avec une épine interne et surface 
tuberculée; mains granuleuses et luberculées, les tubercules du bord supé- 
rieur dentiformes; doigts excavés, baillants sur la grosse pince. Pattes am- 
bulatoires médiocres avec des longues soies; méropodites, carpes et pro- 
podites denticulées en dessus, dactylopodites non onguiculés, mais parfois 
denticulés. 

Longueur de la carapace, U millimètres; largeur, 5 millim. 5. 

Mer Rouge, Obock, Djibouti (MM. Jousseaume, Gravier, Coutière). 

Gerbi IMliininiiM Leach. 

Pilumnus eudaemoneus •'' nov. sp. 

Appartient au groupe de glaberrimuë Hasw. , nilidus A. Edw. , etc. Cara- 
pace convexe dans les deux directions, déclive en avant : front non visible 
d'en haut. Surface non lobulée, les lobes épigastriques seuls un peu pro- 
noncés, pourvue de granules arrondis, petits mais bien distincts, très 
espacés entre eux, plus nombreux sur les côtés. Quelques poils sur la caïa- 

O V'vàzipwv 6p\tos. Nom grec de Allen. 



— 406 — 

pace. Front très large, ayant un tiers delà largeur de la carapace, infléchi, 
à bord droit, éehancré au milieu, se continuant sans démarcation avec le 
bord orbitaire. Bords latéro-antérieurs divisés en U dénis (orbitaire com- 
pris) a peine distincts, subégaux, finement granulés-denticulés. Bord supé- 
rieur des orbites sans fissures. Chélipèdes inégaux, carpe 1res granuleux, 
les deux mains couvertes de granules nombreux et relativement gros, dis- 
posés en rangées couvrant toute la surface de la main, avec des poils nom- 
breux et très serrés. Pattes ambulatoires médiocres et poilues, avec le 
mérus denticulé. 

Longueur de la carapace, 6 millimètres : largeur de la carapace, 9 milli- 
mètres. 

Aden et Djibouti (M. Jousseaume). 

Pilumnus spongiosus nov. sp. 

Carapace irh aplatie, divisée en régions aplaties séparées par des 
sillons larges: lobes latéraux antérieurs el régions latéro-postérieures pour- 
vus de petits bourrelets saillants. Toutes les régions et les lobes pourvus 
dïin duvet très court et spongieux, sans poils longs. Rapport entre la lon- 
gueur et la largeur de la carapace comme 1 : 1,33 — Iront ayant le quart 
de la largeur de la carapace, bilobé. à fissure médiane en V, peu profonde; 
extrémité des lobes aigus, pas de vrais lobes externes. Bord frontal avec des 
granulations en double rangée. Bord orbitaire avec a fissures triangulaires, 
granulé. Sur les parties saillantes delà carapace, et parallèlement aux bords 
latéro-postérieurs, il y a quelques granules masqués par le duvet. Bords 
latéro-antérieurs beaucoup plus courts que les bords latéro-postérieurs, 
découpés en k dents, sans compter l'orbitaire; 1" dent petite, triangulaire, 
aiguë, séparée de l'orbitaire par un espace assez long et concave poun a de 
2-3 granules aiguës; des granulations en dessous sur la région sous-hépa- 
tique; a* dent triangulaire, à bord postérieur beaucoup plus long que 
l'antérieur; 3' triangulaire, dirigée en dehors, à bords subégaux; V dent, 
petite et placée en arrière. Chélipèdes inégaux, duveteux sur toute la sur- 
face, sans poils longs. Bord supérieur du bras dépourvu de dents, granulé; 
bord antérieur granulé: carpe avec quelques granules; main entièrement 
duveteuse avec des granules disposés eu deux rangées sur la face supé- 
rieure et quelques autres à l'articulation carpale. Doigts se joignant bien, 
dentés. Pattes ambulatoires très comprimées et duveteuses, longues; mé- 
rus lisse, carpes et propodus bicarénés en dessus, doigts comprimés, plus 

longs que les propodites, avec, une frange de poils plus longs. Sternum 
avec des granules ronds. 

Longueur de la carapace, i3 millim. 5; largeur de la carapace, 18 milli- 
mètres. 

Périm (M. Jousseaume). 




407 



Genre Hctrr»paiio|M* Stimps. 

Hetkropanope pharaonica. 

9 Carapace longue il'* deux tiers de sa largeur, bombée en avant, 
plane en arrière: surface glabre, mais irrégulière et inégale, non lisse 
comme dans les autres Heteropanope , régions peu définies. Région proto- 
gastrique sans lignes saillantes granu- 
leuses, mais avec des rugosités, qui ^y 
s'observent aussi sur les régions antéro- r± 
latérales en arrière et sur 5 L. Des ru- f J - 
gosités granuleuses parallèlement aux \ 
bords latéro-postérieurs. Front saillant, \ 
mince , moins que le quart aussi large \^ 
de la carapace : lobes médiaires séparés 
par une fissure en V étroite, plus Fig. 2. — Contour de la carapace de 
saillants que les lobes externes , et s'y Heteropanope pharaonica Nob. 
rattacbant par une ligne courbe; lobes 

externes arrondis, bien séparés du lobe susorbitaire. Orbites du buitième 
aussi large que la carapace, avec deux petites écbancrures; angle externe 
peu saillant. Distance extraorbitaire ayant la moitié de la largeur de la cara- 
pace. Bords latéro-antérieurs un peu plus courts que les bords latéro-posté- 
rieurs, pourvus de h dents. i"dent large et comprimée, saillante, arrondie, 
à bord antérieur concave, presque deux fois aussi long que le bord posté- 
rieur; 2 e dent comprimée, obtuse, à bord antérieur moitié aussi long que le 
postérieur; 3 e et U e dents aiguës, triangulaires, carénées en dessus; toutes 
les dents irrégulièrement granuleuses sur les bords. Un amas de granulations 
sur la région sous-hépatique; régions ptérygostomiennes et sous-branchiales 
granulées. Crêtes endostomiennes bieu nettes et s' étendant jusqu'au bord 
antérieur du cadre buccal. Chélipèdes inégaux. Bord supérieur du bras gra- 
nulé et armé d'une dent aiguë; bord antérieur granulé. Carpe rugueux avec 
qi lelques nodules. Grosse main ( 9 ) ayant un peu plus de moitié de la longueur 
de la carapace, an peu plus que la moitié aussi haute que longue; surface ex- 
terne médiocrement convexe; finement ponctuée et granuleuse, avec 3 côtes 
incomplètes et lisses: bord supérieur avec deux côtes irrégulièrement et 
grossièrement granuleuses. Doigt mobile sillonné en haut, courbé, faible- 
ment granulé, pourvu d'une grosse dent à la base, non noir. Pattes am- 
bulatoires élancées, une fois un quart aussi longues que la largeur de la 
carapace; dactylopodites tomenteux et plus longs que les propodites; les 
autres articles presque glabres. 

Longueur de la carapace, 22 millimètres: largeur de la carapace, 
.'il millimètres. 

Mer Bouge. (Musée de Modène. I) r Bagazzi.) 



— 408 — 
Gsnbb l<ybta Edw. [Melia Latr.). 

Lybia denticulata nov. s|). 

Très dillérent de L. tesseUata par sa carapace bombée ;i borda latéro-an- 
térieurs divergents en arrière et en dehors, subégaux en longueur aux 

bords latérn-postéïieurs, sans épine à la jonction, mais liiu'in.'ul denti- 
culég; par la surface sur les bords et près du front granulée,, par ses ché- 
lipèdes dont les doigts n'ont que trois dents: par ses pattes ambulatoire* 
très grêles et deux fois et demie aussi longues (pie la largeur de la cara- 
pace, 

Longueur de la carapace, 10 millimètres: largeur de la carapace. 9 milli- 
mètres. 

Mer Rouge (M. Jousseaume). 

c \%tojii:topa. 

GONOPLACIDAE. 
<i i:\kk I'araiiotonyx no\. 

Voisin de Nolony/B et (^nilojila.r. Carapace ressemblant à celle d un 
('nalojila.T, très élargie, bombée, déclive en avant, plus largo M IVflflt 
qu'en arrière, sang régions distinctes, \11gles latéro-antérieurs nuls par la 
courbure du bord antérieur. Carapace marginée tout autour par une crête 
lisse. Bord fronto-orbitaire mesurant les deux tiers de la largeur totale-. 
front un peu arqué en avant, bords postérieurs convergent*, )eux mo- 
biles. Antennuies repliées obliquement dans des fossetles propres : 
fouet de l'antenne placé dans l'orbite. Kpistome bien formé, se rétrécis- 
sant en avant: maxillipèdes fermant entière/lient la bouche. Mérognalhe 
dilaté, dès large, aussi long que l'ischiognatlie; p;dpe fort , awc des longs 
poils au dernier article. 

Paranotonyx curtipes nov. sp. 

9 Carapace linement ponctuée, bord frontal non lisible d'en liaut. Au- 
cune trace de régions. Kront d'un tiers de la largeur de la carapace, légère- 
ment arqué en avant. non échancré: orbites jx'liles, saus iissures. liord 
jM>stérieur de la carapace marginé ainsi que tous les bords de la carapace, 
mesurant les deux tiers de la largeur de celle-ci. Chéli|>ède court . petit. 
poilu; main un peu renflée, avec une crête près du bord inférieur. 
Pattes ambulatoires courtes, linemenl poilues: doigts crochus, mesurant 
la moitié <le la longueur du propodite. 

longueur de la carapace. >i millimètres: largeur de la carapace. I> mil- 
lim. 0. 

Mer Rouge. 



— 409 — 

PINNOTERIDAE. 
Genre OstracoteroN Edw. 

Ostracoteres cynthiae nov. sp. 

9 Carapace plutôt quadrangulaire, aussi longue <{ue large, à bords laté- 
raux droits, un peu élargie en avant, à angles arrondis, à surface arrondie 
et bombée; front bien détaché, laminaire, avancé, faiblement saillant au 
milieu: yeux noirs. Parties déclives latéro-postérieures de la carapace poi- 
lues. Maxillipèdes poilus, ischio-mérognatbe à bord postérieur convexe, 
prognatbite allongé, tronqué obliquement au bout. Chélipèdes assez gros 
et légèrement duveteux; main à contour triangulaire, forte; doigts gros, 
poilus , subégaux à la paume ou un peu plus longs , irrégulièrement 
dentés. Pattes ambulatoires grêles, à peine plus longues que la largeur du 
corps, faiblement poilues, avec des franges sur les carpes et les propo- 
dites. Doigts des 3 premières paires allongés, grêles, ciliés, un peu recour- 
bés à la pointe: doigts de la 4 e paire tordus en forme de yatagan, aplatis 
poilus. 

d* Carapace plus arrondie, chélipèdes plus gros, doigts de la 5 l paire 
peu différents des autres. 

Longueur et largeur de la d, environ 7 millimètres. 

Djibouti, dans la cavité branchiale d'une Cynihia (M. Gravier). 

Genre Pinnoterea» Lat. 

Pinnoteres lutescens nov. sp. 

9 Très voisin de modiolicola Bûrger (type examiné), mais à carapace 
plus large (10 — 7 dans lutescens, 8 — 7 dans modiolicola), à surface plus 
aplatie et irrégulière. Bord postérieur de la carapace lisiblement concave 
(droit dans modiolicola) , chélipèdes plus grêles et plus allongés, paume 
une fois et demie aussi longue que les doigts (presque deux fois dans 
modiolicola), et presque deux fois aussi longue que haute (une fois et 
demie dans modiolicola). à lace externe beaucoup plus convexe, moins 
étroite à la base, et par suite à bord supérieur moins oblique. Doigts plus 
poilus. Dactylopodites de la i rc et a' paires plus courts dans lutescens; pro- 
podite deux fois aussi long que les doigts (une fois et demie dans modioli- 
cola): doigts de la 3 e proportionnellement plus longs. Extrémité du pro- 
gnalhite ;irrondi , daclylus court; iscliio-mérognatliite dépourvu de la 
grosse anllie antérieure de modiolicola. 

Djibouti (M. Coutière). 

Pinnoteres Coutierei nov. sp. 

9 Voisine aussi de modiolicola Biii;;. Carapace plus large (8,5 — 6,5 . 



— 410 — 

palpe des hectognates plus gros, propodus plus allonge, portion palmaire 
de la main seulement un peu plus longue que les doigts: dactylopodites 
de la 3 e paire pas plus longs que ceux delà 1™ et de la 9' paire; doigts de la 
fi° paire longs, slyliformes, poilus, deux fois aussi longs que ceux de 
la 3' paire. 

Djibouti (M. Coutière). 

Pinnoteres Borradailei nov. nomen. 

Ce nom est proposé pour P. ienuipes Bon*, nec Bûrger. 

Pinnoteres Maindroni nov. sp. 

9 Voisine de P. consors Biïrg. Carapace glabre, aplatie, subtrapézoï- 
dale, à bord antérieur large, à angles arrondis mais étroits. Bords latéraux 
obliques, divergents en arrière, non concaves; surface de la carapace avec 
des dépressions étendues , irrégulières et assez profondes. Bord postérieur 
fortement concave. Front et yeux non visibles d'en haut; front apparem- 
ment droit, mais trilobé vu d'en bas, yeux petits et brunâtres. Maxil- 
lipèdes à palpe, gros, à propodus allongé, avec une saillie denliforme à 
l'extrémité tronquée; dactylus allongé, étroit, arrondi à l'extrémité, dépas- 
sant un peu le propodus. Chélipèdes grêles ; main étroite, allongée: paume 
un peu moins que deux fois aussi longue que les doigts. Chélipèdes et 
pattes glabres. Pattes ambulatoires grêles, celles de la 3 e paire plus lon- 
gues: dactylopodites I et II plutôt courts et a peine courbés; dactylopo- 
dites 111 et IV longs, ceux de I\ un peu plus que ceux de III. 

Longueur, 7 millim. 5; largeur. 10 millimètres. 

Obock (M. Maindron). 

Pinnoteres pilumnoides nov. sp. 

9 Carapace cordiforme, élargie en avant, rétrécie en arrière, à bord 
postérieur mesurant à peine les deux cinquièmes de la largeur de la cara- 
pace. Côtés de la carapace et pattes couverts de longs poils feutrés. Une 
dépression faible de chaque côté de la région gastrique et de la cordiale. 
Carapace infléchie antérieurement; front très saillant, bilobé, sillonné, bien 
séparé des orbites. Veux noirs. Pinces très poilues, paume un peu plus 
longue que les doigts: doigts gros, robustes. Pattes ambulatoires courtes 
et trapues, également longues, couvertes de nombreux poils très toullus, 
avec des doigts courts et crochus, tous égaux. Carpe des lieclognalb.es plus 
gros que le propodus: propodus arrondi en avant; dactylos gros, spaluli- 
forme, el plus court que le propodus; tout l'organe très poilu. Abdomen 
avec les premiers articles non visibles <\'i'\\ dessus. 

Longueur de la carapace, 9 millimètres; largeur de la carapace, 



10 millim. 5. 



Djibouti I M. Coutière.) 



— Ml — 

GRAPSIDAE. 
Gbrre < vdo;;r:i|>sus Edw. 

Cyclograpsus lophopus nov. sp. 

9 Carapace bombée, à bords latéraux absolument entiers, à surface 
finement poilue et sans trace de régions: front large, ayant un peu moins 
de la moitié de la largeur de la carapace, à bord antérieur convexe, entier 
•■t visible d'en haut. Pédoncules oculaires gros et pyriformes, aplatis en des- 
sus et renflés en dessous. Chélipèdes égaux; mérus inerme, carpe un peu 
granuleux, main granuleuse avec une crête mince en dessus, doigts denti- 
culés, doigt mobile avec 5-6 dents spini formes en dessus. Pattes ambula- 
toires ressemblant à celles d'un Atcrgads, soit a bords carénés e